Odieux!

Je suis bouche bée. Vraiment.

Pour comprendre il faut lire:

Attaque misogyne encouragée chez les élèves et L’éducation est partout.

ou encore: Un manuel du cours Éthique et culture religieuse fait les délices d’une radio-poubelle…

ou encore: Sylvain Bouchard, du FM 93,3, indigne Françoise David

Inciter à détruire un livre simplement parce que Françoise David y figure, le faire en ces termes — et récompenser le geste en faisant gagner un jeu vidéo. C’est ODIEUX. Tout ça au moment où Polytechnique nous rappellera prochainement de très douloureux souvenirs. A-t-on seulement le droit d’alimenter les délires conspirationnistes à l’égard du féminisme? Je dis NON.

Sans un mea maxima culpa sans équivoque, Sylvain Bouchard ne mérite plus que CJMF lui confie un micro. Évidemment, avec un directeur de programmes qui se comporte de façon aussi lâche et indigne que celui que cite Le Soleil, on peut s’attendre au pire, et qu’il le garde.

«Les propos de Sylvain Bouchard lui sont propres, comme c’est le cas pour l’ensemble des animateurs au 93,3, a-t-il ajouté. Ce n’est pas à la direction d’endosser ou non ces propos-là.»

Si tel devait être le cas, j’ose croire que le maire de Québec — qui a l’habitude d’aller faire son tour à CJMF à l’occasion — s’abstiendra dorénavant d’accorder des entrevues à ces saboteurs de société.

Livre numérique: lentement (s’il le faut) mais sûrement (et avec détermination)

Il faut parfois avoir le sens de l’humour pour affronter la critique. J’ai cette chance.

C’est donc avec le sourire que j’ai lu le texte qu’a publié hier le président de la Fondation Fleur de Lystexte dans lequel il tente de démontrer, par insinuations successives, l’échec de ma précédente mission professionnelle (chez Éditis) et de prédire (à nouveau) l’échec des projets qui m’amènent aujourd’hui à travailler avec plusieurs éditeurs québécois — au sujet desquels j’aurai très bientôt l’occasion de revenir.

Il vaut mieux en rire, certes, et je me suis demandé si je devais en rester là, mais après mûre réflexion, j’ai plutôt choisi de réagir. Voici donc le courriel que j’ai fait parvenir à Serge-André Guay:

—/ début /—
Monsieur Guay,

Vous me prêtez bien trop d’influence! Toute la présence Web d’Editis et des nombreuses maisons d’édition qui composent la société ne peut pas être le fruit de mon travail! N’inventez pas de complot. Respectez plutôt la complexité des entreprises et des milieux humains.

Pensez-y un instant… Editis c’est plus de 2000 personnes, une quarantaine de maisons d’édition dans des lieux différents — avec un mode de gestion très décentralisé (au moins en ce qui concerne le Web) — et près de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires au moment où j’ai choisi de quitter l’entreprise pour revenir au Québec. Les sites d’une entreprise comme Editis sont réalisés tour à tour, sur de nombreuses années, par des équipes différentes, qui ont des points de vue et des compétences diverses — et qui travaillent au sein d’équipes qui désirent garder de l’autonomie les unes par rapport aux autres.  Est-ce normal? Souhaitable? Peut-être pas. Je n’en sais rien. Mais c’est ainsi.

Dans un tel contexte, quand on a pour mission de faire avancer un groupe sur la voie du numérique, on établit des priorités (et pas seul, c’est un complexe arbitrage collectif!), on tente de les respecter au fil des semaines… on se félicite quand on réussit de bons coups… et on se dit que ce sera mieux la prochaine fois quand ça ne va pas comme on l’aurait souhaité.

Surtout, chaque jour, il faut se retrousser les manches, encore et encore, pour faire avancer les gens, un pas à la fois — en tentant de les garder engagés dans la démarche, parce que c’est à la base de tout changement durable. Bien sûr, parfois on se choque, parfois on est découragé, mais on se retrousse encore les manches et on se répète que c’est un leurre de penser qu’on pourrait aller plus vite en faisant à la place des gens, en se substituant à leur jugement et à leurs actions… « Seul, on va plus vite, mais ensemble on va beaucoup plus loin », me répète souvent un ami. J’en suis profondément convaincu. J’ai pour philosophie de toujours travailler dans le respect des gens — en présumant de leur bonne foi et de leur intelligence; en évitant de les juger, en me répétant que s’ils ne comprennent pas, c’est certainement parce que j’ai mal expliqué ou que je n’ai pas su me faire comprendre.

Bien sûr, certains jours on peste contre les petites entreprises qui vont plus vite que nous — on les envie parce qu’on aimerait être comme elles, plus souple, plus réactif.

D’autres jours, heureusement, on apprécie leur présence et on se félicite qu’elles existent, parce qu’elles nous interpellent, nous bousculent, et parce que leurs avancées nous fournissent de précieux arguments pour faire avancer nos idées et nos projets avec nos équipes.

Continuellement on doit se répéter que le monde du livre est un écosystème complexe, très complexe, avec de gros acteurs et de plus petits; avec des silencieux et des plus baveux. Se convaincre aussi que c’est très bien ainsi — et que c’est ce qui nous offre, collectivement, les meilleures chances de réussir.

Reprochez-moi ce que vous voulez, faites peser tous les soupçons d’incompétences que vous voudrez à mon égard — j’assume complètement mon choix d’accompagner en priorité ceux et celles qui ont choisi d’avancer dans une perspective de transformation de leur métier plutôt que dans une logique révolutionnaire. Les enjeux culturels et économiques me semblent beaucoup trop importants pour les jouer à quitte ou double.

Vous avez plutôt choisi d’œuvrer en marge des systèmes existants — c’est tout à votre honneur.

Vous avez aussi choisi d’agir comme le caillou dans le soulier — c’est évidemment votre droit. Je respecte tout à fait cela — plus encore, c’est un rôle nécessaire et, d’une certaine façon, je vous en remercie.

Je vous avouerai en terminant que j’ai longuement hésité quant à la pertinence de répondre à votre texte — parce que je sais bien que, parfois, il vaut mieux laisser s’éteindre d’elles-même les  polémiques inutiles. J’ai finalement opté pour le dialogue, me disant que nous ne gagnerions ni l’un ni l’autre à ignorer le travail et les opinions de l’autre. Je vous invite (je nous invite!) donc à poursuivre cette conversation guidés par le désir de comprendre les motivations, les projets et les contraintes de l’autre plutôt qu’en cherchant à les juger — voire à en faire un procès d’intention.

Cordialement,

Clément

—/ fin /—

Ma participation à la journée sur la persévérance scolaire

logoperseveranceJ’ai participé hier à la journée de concertation régionale sur la persévérance scolaire. J’y ai fait de très agréables rencontres. Tant au point de vue personnel que professionnel. Les gens qui s’engagent socialement dans des dossiers comme celui de la persévérance scolaire sont généralement des gens aussi inspirants que passionnés. On ne perd jamais son temps à les côtoyer — même quand on aurait aussi beaucoup à faire au bureau. Très égoïstement, une journée comme celle-là c’est aussi une sorte de ressourcement, ça (re)ground. Les gens d’affaires devraient y participer plus souvent, en plus grand nombre, et de façon beaucoup plus assidue.

J’ai bien sûr pris quelques notes, mais comme je crois que plusieurs éléments de compte rendu ou de témoignage seront bientôt placés sur le site de l’événement — perseverancecapitale.ning.com — je vais privilégier dans un premier temps de faire dans les prochains jours des liens vers ces documents.

On peut déjè signaler deux textes déjà publiés par des participants à la journée d’hier:

Celui de François Guité: Journée de concertation sur la réussite scolaire
Et celui de Mario Asselin: World Café, concertation et persévérance scolaire

Chose certaine, je lève mon chapeau aux organisateurs, et en particulier à la Conférence régionale des élus de la Capitale Nationale et à Grisvert — la formule de la journée était audacieuse et c’est, de mon point de vue, une grande réussite. Plus de participation, moins d’exposés; plus de partage, moins de réponses toutes faites. On est sur la bonne voie. Merci!

Seul petit bémol — le communiqué officiel est malheureusement très straight et ne rend pas compte de ce qui s’est passé entre les gens, du partage et de l’engagement qui s’est manifesté — je trouve cela un peu dommage. Trop de chiffres, pas assez de passion. J’aurais aussi trouvé pertinent un lien avec Québec Horizon Culture.

Je place plus bas le texte de la courte intervention que j’avais été invité à faire au début de la journée, comme cinq autres personnes, afin de témoigner de mon appui, comme entrepreneur, à la démarche proposée.

Lire la suite de « Ma participation à la journée sur la persévérance scolaire »

Participe Présent et Québec Horizon Culture

Entendu avec plaisir à la radio ce matin: la prochaine édition de Participe Présent sera consacrée à Québec Horizon Culture, avec pour thème: Québec Horizon Culture… Mais quelle culture?

Pour aller plus loin et placer la culture au cœur même du développement économique, il faudra entre autres mobiliser les entreprises privées. Mais autour de quelle vision culturelle? De grands spectacles rassembleurs ou une consolidation des structures de production et de diffusion actuelles?

Une discussion avec Daniel Gélinas, directeur du Festival d’été, Marc Gourdeau, vice-président du Conseil régional de la culture, Dominique Violette, directrice du Carrefour international de théâtre, Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada et Dominique Brown, président-directeur-général de la compagnie de jeux vidéo Beenox.

C’est lundi prochain, au musée de la civilisation.

Et pour se souvenir d’où nous en étions sur la même question en 2005, on pourra réécouter l’édition du 3 octobre 2005, sur le thème: L’avenir de la culture à Québec : les candidats se prononcent.

Qu’aimeriez vous lire dans le journal le 17 février?

J’ai beaucoup d’échos, de vive voix, en rapport avec mon appel à tous au sujet de Québec Horizon Culture; également par courriel, mais très peu publiquement, ici, sur le blogue.

C’est même à croire qu’il n’y a que les médias traditionnels qui s’intéressent à l’événement jusqu’à présent… parce que pratiquement rien n’a été écrit sur le sujet dans la blogosphère — à l’exception de René Audet qui a interpellé publiquement ses collègues du CRILCQ et de l’ITIS: La culture à Québec… et notre engagement alors ? Extraits:

Loin de moi l’idéalisme d’une culture qui puisse exister sans infrastructures, sans soutien gouvernemental. Le financement est chose nécessaire, mais selon quelles orientations ? favoriser un développement général, au petit bonheur?

Quelle orientation pour un développement culturel à Québec ? Pour le dire autrement : qu’y aura-t-il de singulier dans cet élan insufflé à la culture dans la ville de Québec, qui la distinguera des initiatives culturelles de toute autre grande ville de la province, du pays ?

… quelle place souhaitons-nous prendre comme universitaires dans cette économie de la culture?

… comment arrimer la réflexion universitaire sur la culture à un milieu en pleine effervescence ? Comment jouer, comme universitaires et intellectuels, un rôle dans la cité lorsqu’il est question de développement culturel ? On nous donne, par cet événement, un possible droit de parole ; est-ce que nous nous en prévaudrons ?

Constatant cet après-midi que j’étais aussi tombé dans le piège de discuter avec lui de tout ça en privé, dans le confort du courriel, j’ai proposé à René que nous déplacions plutôt notre échange ici afin de permettre à d’autres personnes de prendre part à la conversation.  —  je profite de la même occasion pour lancer, en fin de texte, une idée simple pour brasser des idées en rapport avec Québec Horizon Culture au cours des prochains jours… c’est cette idée qui a inspiré le titre de ce texte.

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De la persévérance scolaire à Québec Horizon Culture

Au moment de planifier la semaine, encore très chargée, qui s’amorce — et un peu plus loin, le mois de février qui se pointe déjà le bout du nez — je prends quelques instants pour réfléchir au sujet de deux événements auxquels j’ai choisi de faire une place dans mon agenda — l’un porte sur la persévérance et la réussite scolaire, l’autre sur le développement de la ville de Québec grâce à la culture.

* * *

Il y aura d’abord, ce mercredi, une journée de concertation sur la persévérance scolaire dans la région de Québec — un événement très important auquel devraient participer près de 300 personnes, et dans lequel je reconnais une philosophie très proche de l’idée de cité éducative :

La nécessité de tenir un tel événement trouve sa source dans les deux constats suivants :

  • les défis associés à la persévérance et la réussite scolaires sont complexes et ne pourront pas être résolus sans un effort concerté de tous les acteurs régionaux;
  • le développement social et économique de la région de la Capitale-Nationale dépendra de la présence d’une relève compétente, éduquée et dotée d’une forte capacité d’innovation. (…)

Près de 300 personnes provenant de commissions scolaires, d’entreprises privées (particulièrement en science et technologie), de cégeps, d’universités, de centres de recherche, d’organismes communautaires, d’organismes de développement régional, etc. Une trentaine d’élèves du secondaire et du collégial participeront également à la journée.

(source: perseverancecapitale.ning.com)

La formule retenue pour l’événement est très ouverte, le site Web contient beaucoup d’information et pourrait servir d’embryon à un réseau qui pourra durer bien au-delà de la journée de mercredi. J’apprécie que l’accent a moins été mis sur la communication — en terme de relations publiques — que sur « la conversation, le partage, l’apprentissage et la mise à profit de l’intelligence collective des gens qui y seront réunit ».  L’animation de la journée, dont au moins une partie a été confiée à mes amis Philippe Dancause et Jean-Sébastien Bouchard, chez Grisvert, devrait aussi être particulièrement stimulante. J’ai vraiment très hâte de vivre cela.

* * *

Cela contraste un peu avec Québec Horizon Culture — auquel je participerai aussi, le 16 février, et qui réunira probablement autant de monde. Dans ce cas, on sent une volonté d’encadrement beaucoup plus forte, tant en ce qui concerne l’organisation que la communication. Ce n’est certes pas un problème en tant que tel — mais c’est néanmoins ce qui m’a amené à lancer un appel à ceux et celles qui s’intéressent à l’avenir de la Capitale nationale du Québec, et à la place que la culture peut/doit prendre dans son développement, afin qu’ils commencent à s’exprimer dès maintenant, sur le Web — en préparation de l’événement.

Je crois qu’il est indispensable que des messages moins institutionnalisés se fassent entendre en prévision de l’événement — parce que Québec demeure une ville où la culture est encore, trop souvent, une affaire d’institutions (je le perçois comme cela, en tout cas).

Je souhaiterais personnellement que des appels très clairs se fassent entendre dans les trois prochaines semaines — et lors de l’événement — en faveur de l’entrepreneuriat culturel, sous toutes ses formes et pour des projets de toutes tailles.

* * *

Ce n’est toutefois pas les différences entre ces deux événements qui motivent la rédaction de mon texte de ce soir. Ce sont plutôt les similitudes que je perçois entre les deux événements, mais pour lesquels je déplore de ne trouver aucune référence.

En consultant la documentation relative à chacun des événements, et leurs sites Web respectifs, on pourrait croire qu’aucun lien n’existe entre eux. C’est probablement vrai en terme d’organisation, mais il me semble évident que plusieurs des thèmes abordés sont très proches — ou très interdépendants.

Dans un cas, on cherche des moyens de garder les jeunes accrochés à l’école — et plus largement à la société en générale.

Dans l’autre, on tente de mettre en place des conditions qui stimuleront la participation des jeunes à la vie culturelle de la région de Québec.

Dans un cas on tente de trouver des moyens pour intéresser les jeunes à l’école en donnant du sens aux activités d’apprentissage, notamment en les inscrivant plus étroitement dans la vie de la Cité.

Dans l’autre, on cherche à développer les publics pour le monde culturel — en particulier chez les jeunes, et notamment en faisant appel à l’école.

Dans un cas, on compte sur un milieu culturellement riche — intellectuellement stimulant — pour donner envie aux jeunes de rester à l’école, à Québec et, plus largement, de s’intégrer harmonieusement dans la société.

Dans l’autre on cherche à développer à Québec un environnement culturel qui sera de nature à donner envie aux jeunes de faire leur vie à Québec et d’y vivre leur créativité, quelle qu’en soit la forme.

Dans un cas on cherche à valoriser les sciences et les technologies à l’école, notamment en les présentant sous de nouveaux visages.

Dans l’autre on cherche à rapprocher le monde de la culture et celui des sciences et technologies pour stimuler l’innovation et le développement économique.

J’arrête là l’énumération, conscient de résumer de façon sans doute un peu simpliste les enjeux identifiés pour chaque événement. Je ne crois toutefois pas trahir l’esprit qui anime les organisateurs, dans un cas comme dans l’autre.

De ce point de vue, il me semble qu’il serait souhaitable que certaines des personnes qui seront présentent mercredi soient invitées à témoigner de ce qui se sera dit lors de cette journée de concertation lors de Québec Horizon Culture — pour qu’on ne perde pas de vue que le milieu de la culture et celui de l’éducation sont interdépendants; et qu’ils se partagent de nombreux acteurs.

Il me semble que ce serait bien que les pouvoirs publics, qui rendent possible les deux événements, s’assurent de les inscrire dans une forme de continuité; qu’ils invitent explicitement les acteurs naturels de chacun à mettre l’épaule à la roue pour relever les défis abordés dans l’autre événement. Les commissions scolaires, par exemple, devraient être interpellées dans le cadre de Québec Horizon Culture. Et, de la même façon, il faudrait suggérer aux organismes et aux institutions qui seront présentes le 16 février de joindre leurs efforts à ceux des signataires de l’entente spécifique pour la persévérance et la réussite scolaires et les cheminements en science et en technologie dans la région de la Capitale-Nationale.

Il faut, pour assurer le développement de notre ville, briser les silos qui nous font aborder les différents axes de notre développement de façon distincte. Il faut miser sur la rencontre des idées. Nous avons avec ces deux événements une occasion en or de le faire — en évitant le piège de trop segmenter éducation et culture.

Je rêve que les politiciens qui s’exprimeront la semaine prochaine, et à la mi-février, fassent preuve d’ouverture et d’audace en rapprochant explicitement les deux événements.

J’aimerais applaudir après les avoir entendus dire qu’on ne peut pas souhaiter améliorer la persévérance et la réussite scolaire sans parler de la place de la culture dans la ville; et qu’on ne peut pas réfléchir à l’avenir de la ville, et à son développement économique, sans se demander comment les institutions et les entreprises culturelles peuvent encore davantage appuyer l’école dans sa mission d’éducation et de socialisation.

Pour avoir les résultats que vous n’avez jamais eus…

Il y a six ans aujourd’hui, le Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD) se choisissait un nouveau chef: Jack Layton.

Parmi les aspirants, un Québécois, beaucoup plus jeune que les autres: Pierre Ducasse — mon ami Pierre Ducasse, avec qui j’ai étudié au cégep, discuté longuement à l’université, passé de longues et stimulantes soirées à refaire le monde… et jamais perdu le contact depuis.

Six ans plus tard, j’ai ressorti, à sa demande, l’enregistrement de ce discours et je l’ai placé sur YouTube — où il aurait dû être depuis longtemps, je crois.

Le discours dure un peu plus de vingt minutes. Il a été divisé en trois parties: ici, ici et .

Une transcription du discours est aussi disponible ici.

Retour sur l’effrayant portrait de Marc L***

MMartin revient sur le portrait de Marc L*** qu’a publié par le magazine Le Tigre — et qui a littéralement fait le tour du monde depuis dix jours, soulevant au passage de nombreuses questions sur les renseignements personnels qu’on laisse plus ou moins volontairement sur notre passage lorsque nous utilisons Internet. J’en avais parlé ici.

La perspective qu’il adopte sur le texte, ainsi les documents complémentaires auxquels il fait référence sont très intéressants. À lire.

« En voulant pointer du doigt « les risques de la confusion vie privée/vie public dans l’usage d’internet », Le Tigre se trompe de cible et pose le débat en terme de menaces/protection plutôt qu’en terme d’apprentissage/découverte. »

Les jeunes dans les réseaux sociaux: la thèse de Danah Boyd est en ligne!

Belle surprise, ce matin, en lisant jill/txt — j’apprends que la thèse de doctorat de Danah Boyd est maintenant disponible en ligne!

Au cours des dernières années, Danah Boyd a été régulièrement citée, partout sur le Web, et jusque dans les plus grands vecteurs de la presse traditionnelle, particulièrement quand FaceBook, Myspace et aux réseaux sociaux ont fait l’actualité. Ses travaux ont d’ailleurs eux-mêmes régulièrement poussé ces sites dans l’actualité.

Les textes de Danah Boyd ne sont jamais monotones. Son style est clair, dynamique, punchy. Lire un texte de Danah Boyd c’est presque chaque fois accepter de changer de perspective — c’est se laisser interpeller par ses trouvailles d’ethnographe (elle a vraiment un extraordinaire sens de l’observation et de l’exemple!) et par son analyse sociologique hors du commun.

Le titre de sa thèse est Taken Out of Context: American Teen Sociality in Networked Publics — c’est un document pdf de 406 pages dont la lecture (ou même un simple survol) promet d’être riche et de provoquer de très nombreuses réflexions et remises en question. J’ai hâte de la lire! En attendant, quelques extraits du résumé:

As social network sites like MySpace and Facebook emerged, American teenagers began adopting them as spaces to mark identity and socialize with peers. Teens leveraged these sites for a wide array of everyday social practices (…) the unchartered nature of these sites generated fear among adults.

This dissertation documents my 2.5-year ethnographic study of American teens’ engagement with social network sites and the ways in which their participation supported and complicated three practices—self-presentation, peer sociality, and negotiating adult society.

My analysis centers on how social network sites can be understood as networked publics (…)

Four properties [of those networked publics] —persistence, searchability, replicability, and scalability—and three dynamics—invisible audiences, collapsed contexts, and the blurring of public and private—are examined and woven throughout the discussion.

As teenagers learned to navigate social network sites, they developed potent strategies for managing the complexities of and social awkwardness incurred by these sites. Their strategies reveal how new forms of social media are incorporated into everyday life, complicating some practices and reinforcing others. New technologies reshape public life, but teens’ engagement also reconfigures the technology itself.

Post scriptum: J’avais commencé ce texte ce matin et, coïncidence amusante, j’ai rencontré au cours de la journée une québécoise qui travaille sur des thèmes apparentés à ceux de Danah Boyd: Sandra Rodriguez.

Le livre se meurt-il?

Ce matin à la radio de Radio-Canada, une discussion sur « la mort du livre » — celle annoncée par certains; que d’autres réfutent.

J’y reviendrai, mais pour permettre aux intéressés d’écouter et de se faire une idée sur le sujet, c’est en cliquant ici. Et les premiers commentaires sur la discussion sont ici…

Aussi, juste avant la discussion sur la mort du livre, une entrevue avec Marie Laberge sur son projet d’édition de cette année, qui prend la forme de lettres envoyées toutes les deux semaines aux lecteurs abonnés. Les commentaires des auditeurs sur ce segment sont là…

Appel à tous pour Québec Horizon Culture

Québec Horizon Culture réunira au Centre des congrès de Québec, le 16 février 2009, le milieu culturel, la classe politique et les gens d’affaires afin de mettre en œuvre une stratégie de développement culturel pour la ville de Québec au cours des cinq prochaines années. (source)

C’est un programme très ambitieux. Un événement nécessaire. Important. Non seulement pour la ville de Québec, mais pour tout le Québec.

J’ai eu envie de lancer un appel à tous… parce qu’il m’apparaît aujourd’hui indispensable de mettre le Web à contribution pour assurer le succès d’un tel événement.

Je rêve qu’on arrive à initier un crescendo de participation sur le Web d’ici le 16 février — sur les thèmes autour desquels l’événement s’articule — ou plus largement, au sujet de la vie culturelle à Québec — dans le but de recueillir et relier entre elles des idées formulées à ce sujet par des jeunes (dans les écoles?) et des moins jeunes, de tous horizons.

Pour le moment, voyez cela comme une bouteille à la mer…


Trois courts extraits du discours d’Obama

Très beau discours de Barack Obama plus tôt aujourd’hui (en anglais | en français). Beaucoup de choses ont déjà été écrites à son sujet. Personnellement, si je ne devais en retenir que trois extraits, ce serait ceux-ci:

« The success of our economy has always depended not just on the size of our gross domestic product, but on the reach of our prosperity; on our ability to extend opportunity to every willing heart — not out of charity, but because it is the surest route to our common good. »

* * *

« … people will judge you on what you can build, not what you destroy… »

* * *

« Our challenges may be new. The instruments with which we meet them may be new. But those values upon which our success depends — hard work and honesty, courage and fair play, tolerance and curiosity, loyalty and patriotism — these things are old. These things are true. They have been the quiet force of progress throughout our history. »

Le plaisir de l’éditeur

J’avais fait référence il y a quelques temps au plaisir de voir se construire une oeuvre, du point de vue d’un auteur.

Sophie Imbault, qui travaille aux Éditions du Septentrion, nous livre aujourd’hui un bel exemple du plaisir de l’éditeur (de l’éditrice!) — celui d’accompagner l’auteur, et de voir le livre prendre forme.

C’est Sous la couverture… avec en prime quelques primeurs sur deux livres à paraître bientôt… dont le très attendu tome 2 des Chroniques d’une mère indigne.

Quand cela fait dix ans qu’on écrit sur le Web…

C’était en juin 1999.

Georges Bush venait tout juste d’annoncer qu’il sollicitait l’investiture du Parti républicain. Bill Clinton était encore président des États-Unis d’Amérique.

Apple venait tout juste de présenter le iMac portable. J’en rêvais ardemment. Le iPod n’existait pas encore.

Personne ne connaissait Napster. Pratiquement personne n’avait encore entendu parler de Google. À l’époque c’est AltaVista qui était imbattable pour faire une recherche sur le Web.

Je travaillais chez Septembre Média. J’étais rédacteur en chef de l’Infobourg et des Chroniques de l’Infobourg — une revue qui allait devenir l’École branchée.

Juste avant les vacances d’été, j’avais écris une lettre à ma fille. Béatrice avait 14 mois.

* * *

Nous sommes en janvier 2009

Barack Obama deviendra demain le 44e président des États-Unis d’Amérique.

Après avoir réinventé l’ordinateur personnel, le monde de la musique et la téléphonie, Steve Jobs vient d’annoncer qu’il se retire temporairement de la direction d’Apple, pour des raisons de santé. J’ai passé la journée entre mon MacBook et mon iPhone.

Napster s’est métamorphosé et le Web tout entier avec lui. Google est une superpuissance telle qu’on ne peut plus imaginer le fonctionnement d’Internet sans lui.

Après bien des péripéties, je travaille à nouveau chez De Marque, où j’ai à nouveau la chance de voir se développer l’Infobourg.

J’ai trois enfants. Béatrice aura bientôt 11 ans.

* * *

Aujourd’hui, Béatrice a cherché son nom sur Google. Elle a trouvé ma lettre. C’était le premier résultat dans le haut de la page.

Presque dix ans plus tard, elle l’a lue.

Elle m’a ensuite écrit un très beau courriel, avec un hyperlien vers la lettre, et quelques mots:

« Merci!!!! Je t’aime beaucoup!!! ».

C’est une belle journée qui se termine.

Une journée inoubliable.

Merci Béatrice.

Moi aussi je t’aime beaucoup!