Bilan provisoire

Je vais laisser retomber un peu la poussière — et reprendre le boulot accumulé dans les dernier jours — avant de commenter ma participation à Québec Horizon Culture, hier (on peut toujours regarder en webdiffusion).

D’ici-là, de tout ce que j’ai lu ce matin, c’est dans le texte de François Bourque que je me retrouve le plus: La nouvelle image de marque.

Ce que l’article oublie toutefois d’évoquer, c’est le grand intérêt de toutes les rencontres qui se font en marge de l’événement, aux hasards des couloirs et des temps un peu moins planifiés.

Un quartier (et une ville) à construire ensemble

Je reprends ici le texte et les images que j’ai utilisés pour la présentation que j’ai faite un peu plus tôt dans le cadre des travaux relatifs à l’orientation 4 du plan d’action de Québec Horizon Culture.

Quelques liens ont été ajoutés dans le texte pour permettre l’exploration de certaines de mes sources d’inspiration. Les crédits photos ont également été ajoutés en annexe aux images projetées.

2009.02.17 — Mise à jour: On peut revoir la présentation sur cette page (cliquer sur Orientation 4, à droite de l’image, puis glisser à 31:14)

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Québec Horizon Culture: c’est aujourd’hui!

Grand jour à Québec, lundi, puisque plus de 700 personnes seront réunies pour parler de l’avenir de la ville dans une perspective culturelle. C’est Québec Horizon Culture.

J’aurai le privilège de faire une très courte intervention (3 minutes) en fin d’après-midi, dans le cadre de l’orientation 4, qui concerne particulièrement le développement du quartier Saint-Roch. Je déposerai ici, tout de suite après, mon texte et les quelques images d’accompagnement.

J’essaierai d’ici là de publier quelques bribes de la journée — en mots et en images. À suivre…

Google, les livres, le Québec: « Prêts, pas prêts… »

J’ai été surpris en lisant ce texte dans Le Devoir de ce matin:

Numérisation de livres – Google présente son offre aux auteurs et aux éditeurs québécois

J’ai été surpris d’abord par le titre de l’article, parce que, si on s’en tient aux faits, on ne devrait pas pas parler d’une offre de Google, mais bien d’un règlement hors cour à la suite d’une poursuite intentée contre Google.

Surpris aussi que Copibec serve ainsi de courroie de transmission pour Google vers les auteurs et les éditeurs, indifféremment [copie de la lettre], sans même prendre position ni même ajouter d’information à celles diffusées par Google, notamment en ce qui concerne les enjeux que soulève cet accord dans le cadre des juridictions canadiennes et québécoises. Est-ce suffisant? Peut-être n’était-il pas possible de faire autrement? Était-ce son rôle? Je ne sais pas, mais je n’en suis pas moins perplexe.

Surpris d’apprendre, par la suite, que plusieurs éditeurs avec lesquels je travaille par ailleurs n’ont pas encore reçu la lettre de Copibec/Google alors que leurs auteurs l’ont déjà reçue et qu’ils commencent, naturellement, à leur communiquer diverses demandes.

Je comprends que l’accord survenu au cours des derniers mois entre les auteurs états-uniens (certains d’entre eux), les éditeurs états-uniens  (certains d’entre eux) et Google affectera éventuellement les éditeurs et les auteurs québécois et canadiens — mais je ne comprends pas qu’on précipite de cette façon tout le monde du livre dans la Gogglesphère, sans autres précautions de communication, préparation, documentation — voire avis ou recommandations. Cela me semble malheureusement préparer des jours difficiles entre les nombreux acteurs de l’écosystème du livre — préparer les affrontements au lieu de favoriser la concertation. Il me semble que c’est une manière de procéder qui ne peut que servir les intérêts de Google.

Que pensent les principales associations professionnelles de cet accord? Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires?

Quelle interprétation fait de cet accord le ministère de la Culture, responsable de l’application de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (l’aussi délicate que célèbre Loi 51)?

Quelle analyse la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) fait-elle de cet accord?

Et là-dessus, entendons-nous bien, je ne suis absolument pas un anti-Google. Bien au contraire! Je suis plutôt plein d’admiration pour le talent, l’audace et le savoir-faire de cette entreprise. Un utilisateur de très nombreux de ses services aussi (en plus de la recherche, évidemment devenue incontournable). Je ne suis pas non plus contre l’apparition de nouveaux modèles économiques pour le livre — bien au contraire, puisque j’œuvre tous les jours à les faire advenir! Mais il ne faut pas perdre de vue la force de Google, sa puissance, son omniprésence — et le fait que ses intérêts ne sont pas forcément toujours les mêmes que ceux d’une petite industrie culturelle — à l’échelle du monde — comme celle du livre au Québec. Il faut être réaliste sur les rapports de forces qui sont en jeu.

Je ne dis pas non plus que les éditeurs ne doivent pas être présents dans le programme Recherche de livres de Google — j’ai d’ailleurs témoigné en ce sens lors d’une réunion de l’UNEQ en décembre — je dis seulement que ce n’est pas parce que Google peut contribuer à faire connaître, avec une très grande efficacité, les livres que nous publions ici qu’il faut pour autant accepter toutes les conditions qui nous sont proposées.

Bien sûr, vous pourrez rappeler, à la lecture de mes prochains textes sur le sujet, que je travaille avec des éditeurs, avec l’ANEL, que je côtoie régulièrement des libraires, des bibliothécaires, des auteurs — c’est toute la richesse de mon travail, que j’adore! — et suggérer que je ne suis pas neutre. C’est vrai — et je l’assume. Cela ne me privera pas pour autant de faire preuve d’esprit critique. Je pense qu’il y a des questions importantes qui doivent être soulevées au regard de cet accord, au moins dans une perspective québécoise, et que si d’autres ne le font pas, je ne me priverai pas pour le faire ici — en invitant ceux qui le souhaitent à réfléchir avec moi et avec ceux qui voudront prendre part à la conversation.

Ça y est la Recherche de livres de Google est vraiment débarquée au Québec. Décidément, la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Maudit crêpage de chignon!

Autres articles portés à mon attention ce matin, dans Le Journal de Québec cette fois, au sujet de Québec Horizon Culture:

Jour de réflexion de 190 000 $

Un cocktail trop fort au goût du maire

La lecture du second texte me met tout simplement en maudit. Je suis déçu que le maire fasse du populisme sur le dos du ministère de la Culture. Encore plus déçu que le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de ville fasse encore pire sur le dos du cabinet du maire. Hé! Ho! on essaie de travailler ensemble — pas de battre sur la place publique avant même que la rencontre n’ait commencée!

Les gens qui ont participé de près ou de loin à des événements de ce type savent que 17500$ pour un cocktail avec 650 personnes ce n’est pas exagéré. Et que payer 500$ par jour pour une organisatrice en chef de premier plan, sur une courte période de temps, ce ne l’est pas non plus. On ne peut quand même pas réunir les gens et que ça ne coûte rien! Come on… est-ce qu’on peut tenir l’événement et régler ses comptes (politiques) après, s’il y a lieu?

La seule qui se sort dignement de cette histoire, à mon avis, c’est la ministre de la Culture. Et ce matin, j’ai envie de lui dire merci de garder la tête froide.

Au-delà des mots, il faudra des gestes concrets

Plusieurs courriels m’invitent ce matin à lire ce texte du Soleil: Québec horizon culture: Labeaume met la table.

Est-ce que cela désamorce la lettre que nous adressions hier au Maire et à la Ministre de la Culture?

Bien au contraire! Je trouve que cela confirme que les préoccupations dont elle veut se faire l’écho sont véritablement partagées par le milieu.

Et je trouve là une incitation additionnelle à la faire circuler et à la faire signer par encore plus de gens — pour maintenir la pression sur le politique afin que des moyens concrets viennent vraiment appuyer ce discours d’ouverture.

Faites circulez, signez: l’union fait la force.

Lettre à la Ministre de la Culture et au Maire de Québec

J’ai beaucoup écrit depuis un mois au sujet de Québec Horizon Culture. Parce que j’y crois beaucoup. Cela m’a par ailleurs permis d’être en contact de nombreux points de vue, d’entendre de nombreuses opinions, d’avoir plusieurs discussions sur le sujet avec des gens aux profils très variés.

À quelque jours de l’événement, j’ai eu eu envie avec quelques amis rêveurs de ville (ou dîneurs fous, selon le point de vue!) de me faire l’écho d’une partie des commentaires et avis entendus au cours des dernières semaines et de témoigner des attentes que suscite Québec Horizon Culture dans mon entourage.

Nous avons donc pris la plume au cours des derniers jours, et voici ce que cela a donné — sous la forme d’une lettre adressée à Madame Christine Saint-Pierre, Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et à Monsieur Régis Labeaume, Maire de Québec.

Nous invitons évidemment tous ceux et celles qui le souhaitent à ajouter leur signature, et quelques remarques, en utilisant le formulaire de commentaire prévu à cet effet — voire à le publier à leur tour sur leur blogue s’ils en ont envie.

Mises à jour du 10 février: Jusqu’à présent, le texte également publié chez Jean-Sébastien, chez René, chez Philippe, chez Michael, …  Il est aussi reprise sur une version préliminaire de remixonsquebec.com (info à venir: adresse à conserver) — qui préfigure l’utilisation souhaitée de remixonsquebec.ning.com (en cours d’élaboration).

Mises à jour du 11 février: Philippe fait un suivi de l’initiative sur son blogue. Carl-Frédéric en parle sur Québec Urbain, …

Mise à jour du 12 février: Philippe tient à jour la liste des signataires qui s’ajoutent ici…

* * *

Madame la Ministre,

Monsieur le Maire,

Vous coprésiderez dans quelques jours Québec Horizon Culture — un rendez-vous auquel ont été conviés artistes et leaders culturels, gens d’affaires et de technologie, citoyens et élus pour échanger sur leur vision et sur les moyens à mettre en place pour favoriser le développement culturel de la capitale.

Jeunes, entrepreneurs, créateurs, travailleurs dans le secteur de la culture, de l’éducation ou des technologies, voyageurs, nous avons été interpellés par votre invitation et plusieurs d’entre nous seront présents au Centre des Congrès lundi prochain. Vous avez suscité chez nous de grandes attentes parce que nous espérons que cet événement marquera le début d’une nouvelle approche du développement de notre ville.

Nous nous réjouirons bien sûr des annonces qui pourront être faites à l’occasion de l’événement, pour l’ensemble de la ville et pour le quartier Saint-Roch, en particulier. Nous ne doutons pas que les institutions et les organismes qui s’en verront gratifiés le méritent, mais nous espérons plus. Nous espérons aussi autre chose.

Nous espérons vous entendre dire que le rôle des leaders politiques et des institutions n’est pas de réfléchir à la place des citoyens, mais de les aider à imaginer et à créer ensemble l’avenir de leur ville. Nous comprenons qu’il vous paraissait nécessaire de procéder dans le secret pour mettre Québec Horizon Culture sur les rails, mais cela nous semble une manière anachronique d’exercer le leadership.

Nous espérons que la négociation institutionnelle et la consultation de vos réseaux d’influence traditionnels sont maintenant achevées et qu’un dialogue direct et continu avec les créateurs, les artistes, les entrepreneurs et les citoyens en général pourra débuter. Nous espérons qu’à l’instar de nombreux leaders modernes, vous vous appuierez notamment sur Internet pour tirer profit de l’intelligence collective des citoyens — et que vous vous inspirerez pour cela des meilleures pratiques en vigueur dans le monde.

Nous espérons que tous les citoyens de Québec seront invités à monter à bord du TGV Québec Horizon Culture et que nous ne découvrirons pas qu’il s’agit seulement d’un nouveau convoi de marchandises à l’allure revampée. Nous espérons aussi que des mécanismes de suivi seront mis en place, dès la semaine prochaine, afin de s’assurer que les attentes suscitées pourront être comblées.

Vous savez tous les deux faire preuve d’une très grande énergie et d’une impressionnante capacité pour lancer des projets. Nous avons de la fougue et de l’énergie et nous souhaitons pouvoir les mettre à contribution pour la mise en œuvre du plan d’action qui sera issu de Québec Horizon Culture — pour autant qu’on puisse s’en sentir partie prenante.

Il ne s’agit pas tant pour nous de trouver à se faire entendre le 16 février. Nous visons plutôt à formuler dès maintenant notre souhait de prendre part à une véritable conversation au sujet de l’avenir de la Capitale. Et, pour cela, nous croyons que l’essentiel est de relier les gens de façon innovatrice, de faire se rencontrer des idées et de permettre l’émergence d’un futur dans lequel nous souhaiterons investir toute notre vitalité et notre créativité — plus encore que d’organiser une autre rencontre au sommet.

C’est sur cette ouverture que nous avons le plus envie de vous entendre et de vous voir poser des gestes — en particulier pour faire en sorte que chacun ait les moyens de prendre part à cette conversation et que survienne la rencontre tant souhaitée des milieux de la culture, de la technologie et des affaires.

Vous pourrez dès lors compter sur nous.

  • Jean-Sébastien Bouchard, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Julie Marie Bourgeois, travailleuse culturelle
  • Michael Carpentier, Associé fondateur, Zengo.ca [blogue personnel]
  • Philippe Dancause, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Clément Laberge, Vice-président Services d’édition numérique, De Marque [blogue personnel]

Et tous ceux qui ajouteront leur nom à la liste des signataires au cours des prochains jours…

Kindle 2, TOC 3 — et moi sur 1 projet

Grosse journée pour l’édition numérique aujourd’hui avec la présentation par Amazon de la deuxième version du Kindle — à laquelle de nombreux médias se sont évidemment déjà fait l’écho. Et c’est sans compter l’autre géant du livre sur Internet, Google, qui nous avait fait une très grosse annonce la semaine dernière…

Grosse journée aujourd’hui aussi (surtout! — de mon point de vue) avec l’ouverture de la troisième édition de TOC: O’Reilly Tools of Change for Publishing Conference — devenu le grand brassage d’idées annuel de l’industrie du livre:

« The third annual TOC Conference will also focus on industry-wide strategic issues, like the changing retail and supply-chain landscape. In addition to « long-view » trends (for instance, what does the fact that there are currently 448 sites for buying mobile ebooks in Japan alone mean for US publishers?), we’ll be supplying practical tales from the trenches from those who are already experimenting and innovating on the digital frontier of paid content. »

Trop occupé à compléter la mise en place d’une première infrastructure collective destinée à accueillir les versions numériques des oeuvres publiées par les éditeurs québécois et à leur servir de tremplin dans le nouveau monde du livre,  je n’ai malheureusement pas eu le temps de me rendre à New York pour l’événement. Pas même de lire les nombreux, et très riches comptes rendus de la première journée d’activités. Faudra me reprendre dans les prochains jours.

Plus d’info bientôt au sujet de ce sur quoi je travaille — c’est promis. Je pense qu’il devrait être possible de communiquer sur tout ça de façon complète et structurée d’ici une quinzaine de jours.

Québec Horizon Culture: Le Forum jeunesse lance un appel aux artistes de la relève

Message reçu un peu plus tôt aujourd’hui du Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale en rapport avec Québec Horizon Culture.

« Le Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale est invité le 16 février prochain à représenter les intérêts des artistes de la relève dans le cadre d’une orientation qui veut faire de Québec la capitale de la relève culturelle et artistique.

Afin de représenter efficacement vos intérêts, vos projets, vos préoccupations et, surtout, vos ambitions, nous vous encourageons à soumettre vos idées directement à l’intention du Forum jeunesse à l’aide d’un outil de remue-méninges collectif : Google Moderator.

Voici les étapes à suivre pour participer… » (texte complet)

Je me réjouis évidemment de cette initiative, mais je trouve dommage qu’elle survienne à moins d’une semaine de l’événement (est-il possible de susciter la participation des gens en si peu de temps?) et qu’elle soit aussi précisément adressée aux artistes de la relève (puis-je formuler des propositions?).

Je trouve particulièrement audacieuse l’utilisation de Google Moderator (un outil très puissant, mais qui me semble complexe, au premier abord, pour une majorité de gens). Je suis très curieux de voir ce que cela pourra donner… parce que j’aimerais beaucoup que ça marche — cela voudrait dire que je pourrais à mon tour l’utiliser dans d’autres contextes semblables.

Bonne chance au Forum jeunesse — j’ai hâte de connaître les conclusions.

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Québec à la manière d’Italo Calvino

Réagissant à mon texte sur la rencontre du rêve de l’invention et de l’imagination, François Bon me mettait il y a quelques jours sur la piste des Villes invisibles, d’Italo Calvino. Une très belle piste, qui m’a amené à explorer toute la diversité des images qui ont servi à illustrer cette œuvre très particulière et dont rend admirablement compte LibraryThing.

Une piste dont s’est également emparé René Audet qui, avec un talent hors du commun, a écrit un texte sur Québec à la manière de Calvino: Une ville invisible.

« Après la longue remontée de l’estuaire marquée par les murmures et les coups de rame du passeur, j’arrive au milieu de la nuit dans la cité de Sophia. Perchée sur un promontoire, résistant au vent comme une colonie de moules sur un rocher battu par les marées, elle se détache de la noirceur par une sorte d’aura verte, relent d’une nature avide de renaître malgré l’hiver bien installé. » (pour lire la suite)

J’apprécie particulièrement l’initiative de René parce que je crois que pour être vraiment fructueux, un débat public ne peut se faire uniquement sur la base de textes qui font seulement appel à la dimension rationnelle de l’intelligence. Le récit, le conte, poésie, le théâtre, la danse et la musique devraient également être mis à contribution, minimalement de manière à mettre l’esprit en appétit.

Merci René pour ce qui me semble, dans cette perspective, une importante contribution aux réflexions entourant la tenue de Québec Horizon Culture. Je ne doute pas que ce texte alimentera nos réflexions bien au-delà du 16 février.

Québec: réseaux ouverts ou réseaux fermés?

Une ville c’est un réseau: de lieux, de personnes, de projets, de rêves. C’est un lieu qui peut être, plus ou moins stimulants selon la manière qu’on a de l’habiter.

Le Web, c’est un réseau: de personnes, d’idées, de projets, de rêves. C’est un réseau qui se superpose à la ville — qui s’y intègre (ou qui devrait s’y intégrer).

La ville de Québec est, un peu trop souvent à mon goût, une culture de réseaux fermés — où les institutions jouent un rôle déterminant et où on peut donner l’Impression de consulter très largement, même sans vraiment ouvrir le jeu. Un environnement où les gens qui sont « rattachés au pouvoir » ne prennent pas la parole publiquement parce qu’ils savent qu’ils sauront bien se faire entendre et où ceux qui ne le sont pas ne s’expriment pas non plus parce qu’ils ont la perception que « de toutes façons » ils ne seront pas écoutés. J’exagère peut-être, mais c’est un peu comme cela que j’interprète le silence constaté sur le Web concernant Québec Horizon Culture.

En comparaison, le Web est un univers que je trouve particulièrement stimulant parce qu’on y trouve, le plus souvent, une culture de réseaux ouverts — où chacun peut avoir voie au chapitre; où les échanges se font au grand jour, ou le partage est la norme. Je ne sais pas qui lit mon blogue, mais tout le monde peut y intervenir — et relancer des discussion ailleurs à partir de ce que je dis. J’ai fait connaissance de dizaines de personnes, à Québec et ailleurs dans le monde de cette façon. Les échanges que j’ai avec ces personnes nourrissent mes réflexions et fertilisent mes projets tous les jours.

Je pense qu’un peu de culture Web ferait le plus grand bien à la ville de Québec. Et plus ma réflexion prend forme en prévision de Québec Horizon Culture, plus j’ai envie de faire porter mon intervention sur cette dimension du développement culturel de la ville — à partir d’exemples et de propositions concrètes. Cela me donne aussi envie de revisiter à cette occasion le sens qu’on donne au mot « culture » dans le cadre de ce rendez-vous — comme je l’avais fait au rendez-vous stratégique de la culture en 2007. Bien entendu, la culture Web, ça ne se passe pas seulement sur le Web, c’est une attitude, un désir d’ouvrir les réseaux; d’ouvrir ses réseaux.

* * *

Je laisse la réflexion en plan pour ce matin (texte écrit dans le bus, mis en ligne entre deux réunions!) — mais j’aurai l’occasion de la poursuivre un groupe d’amis ce midi et de témoigner des conclusions de notre conversation au cours de la fin de semaine.

D’ici là, j’attire votre attention sur quelques textes publiés sur Québec Horizon Culture dans les derniers jours — dans une perspective de culture de réseaux:

Québec Horizon Culture, par Andrée Pelletier — en rapport avec la médiation culturelle, et qui m’a permis de découvrir l’existence du Groupe de recherche sur la médiation culturelle de l’UQAM

Le Soleil – 17 février 2009, par Jean-Sébastien Bouchard, qui a été le seul, à ma connaissance, à répondre à mon invitation d’imaginer l’article du Soleil qui traitera de Québec Horizon Culture le lendemain de l’événement (j’essaierai de le faire à mon tour au cours de la fin de semaine).

(&) Ask for money, you’ll get advice — le sort prévisible de Québec Horizon Culture ?, de René Audet, qui réagit à mon compte rendu de la soirée Participe Présent.

« Ce qui me frappe, c’est la lecture un peu ébahie des acteurs du milieu (…) devant la machine politique qui se met en place pour l’événement Québec Horizon Culture. Une machine à mobiliser de force le milieu des affaires pour l’impliquer dans la survie du momentum culturel que Québec 2008 a pu créer — d’ailleurs un peu à l’étonnement de tous. Et les constats d’un arrimage problématique fusent : qu’en est-il de la médiation culturelle ? du monde de l’éducation ? de la diversité culturelle ?  »

Je rappelle aussi la « revue du Web » de Québec Horizon Culture. C’est ici.

J’attire aussi votre attention, en terminant, sur ce texte d’Hubert Guillaud, dans Internet Actu,  dont j’ai trouvé la lecture extraordinairement stimulante: Comment s’approprier la ville ?

« Le Centre canadien d’architecture, sis à Montréal, propose jusqu’au 19 avril une exposition intitulée “Actions : comment s’approprier la ville ?” qui présente 99 interventions visant à transformer “positivement” nos villes. Architectes, designers et artistes en provenance du monde entier s’intéressent à nos activités anodines (jardinage, recyclage, jeu, marche) et montrent combien l’engagement individuel contribue à façonner la ville et suscite l’engagement d’autres résidents. »

J’aime la dose de subversivité qu’on trouve dans ce texte, et dans l’exposition — entre autre parce qu’un peu de subversivité ne ferait pas de tort non plus à Québec. Une subversivité créative, pas juste réactionnaire…

Ce sera donc une exposition à voir lors d’unde mes fréquents passages à Montréal.

La rencontre du rêve, de l’invention et de l’imagination

Ouf! Les semaines sont chargées par les temps qui courent! Heureusement, elles sont aussi diversifiées, ce qui aide à tenir le coup. Elles me réservent aussi plusieurs belles surprises.

Comme ce matin, où lisant le journal — le vrai, en papier (!) — je découvre que le maire de Québec est à la recherche de rêveurs de ville. Ça me parle: il faudra que je trouve le moyen de le lui dire — d’autant qu’il m’avait en quelque sorte lancé une invitation le printemps dernier. Mais je ne l’interpellerai vraisemblablement pas seul! Rêve.

Plus tard dans la journée, en lisant ce que les flux RSS auxquels je suis abonné m’ont rapporté comme matériaux de veille, je tombe sur ce texte de l’Agence Science Presse: Québec, ville d’inventeurs en 1900. C’est amusant: un texte écrit à Montréal qui me revient par l’hebdo des francophones de Toronto, relayé par Québec urbain. Invention.

Et voilà qu’en soirée, je tombe sur un texte de François Bon, dans lequel il imagine un nouveau musée mobile des coutumes urbaines à partir d’une photo aussi impressionnante qu’amusante. Imagination.

Le rêve, l’invention et l’imagination réunies au coeur de la ville, de ma ville, aujourd’hui: n’est-ce pas de bien belles co-incidences?

Elles le sont tellement que je me suis soudain surpris à rêver que celui qui, de là-bas, imagine aujourd’hui la ville, viendrait demain, ici, l’inventer avec nous. Qui sait?

* * *

Et c’est ainsi que pour terminer cette journée où le rêve, l’invention et l’imagination se sont amusées à me faire des clins d’oeil, j’ai envie de vous suggérer le visionnement de cette vidéo — dans laquelle l’urbaniste brésilien Jaime Lerner nous raconte, avec humour, en mots et en images, son inspirante vision de la ville (c’est en anglais).

Jaime Lerner reinvented urban space in his native Curitiba, Brazil. Along the way, he changed the way city planners worldwide see what’s possible in the metropolitan landscape.

À regarder avec en tête la tenue de Québec Horizon Culture, dans une dizaine de jours…

Une soirée pour préparer Québec Horizon Culture

J’ai assisté ce soir à la soirée Participe Présent qui avait lieu au Musée de la civilisation en prévision de la journée Québec Horizon Culture du 16 février prochain — dans deux semaines tout juste!

Étaient invitées à s’exprimer:

Dominique Brown, président-directeur-général de la compagnie de jeux vidéo Beenox, Daniel Gélinas, directeur du Festival international d’été de Québec, Marc Gourdeau, vice-président du Conseil régional de la culture, Claire Simard, directrice du Musée de la civilisation, Dominique Violette, directrice du Carrefour international de théâtre et Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada.

Je reprends plus bas l’ensemble des notes que j’ai prises au cours de l’événement — en vrac et pratiquement sans révision. Mais de façon un peu plus synthétique (tout en restant spontané):

J’ai aimé:

que quelqu’un déplore la faible implication le milieu de l’éducation dans Québec Horizon Culture alors que c’est à l’âge scolaire qu’on apprend le mieux à entretenir une relation d’engagement avec la culture (plutôt que de simple consommation).

qu’on signale aussi l’importance de soutenir la culture de proximité, dans les quartiers, à partir des bibliothèques, des parcs, etc.: de favoriser la rencontre de la culture au quotidien.

qu’on rappelle que la présence de l’art dans la ville doit s’accompagner d’une médiation permanente qui permette à tout le monde d’apprivoiser, de comprendre et d’apprécier les oeuvres: « il n’y a pas que les bustes et les statues qui doivent être accompagnées d’explications ».

qu’on signale à de nombreuses reprises le rôle essentiel de la diversité dans le développement culturel et économique de la ville et qu’on déplore le manque de diversité à Québec — la culture c’est la rencontre.

entendre dire que la pire méthode pour solliciter la participation des gens d’affaire dans la culture, c’est de leur demander de l’argent. Mieux vaut solliciter leur participation, susciter leur engagement — faire appel à leurs passions. : « Ask for money you’ll get advice, ask for advice you’ll get money. » Je suis bien d’accord: c’est d’abord la main à la pâte qu’il faut souhaiter.

Je retiens particulièrement:

que la clé du succès de Québec Horizon Culture repose probablement sur la mise en place, dès le 16 février, de mécanismes précis pour assurer le suivi de l’événement.

Je reste troublé par cette question — très provocante:

« Est-ce qu’on peut former les créateurs de demain — la relève culturelle, comme le dit le maire Labeaume — dans une ville où il n’y a pas de diversité culturelle? »

Je trouve qu’on a oublié:

de donner la parole aux créateurs eux-mêmes: auteurs, comédiens, musiciens, peintres, etc. — plus encore, je suis intrigué par le silence de ceux qui étaient dans la salle: désintérêt? résignation? cynisme?

de parler du rôle de la presse et des médias et de la façon dont ils traitent de la culture.

de dire qu’il faudrait apprendre à « donner plus souvent la chance au coureur » en présumant qu’une idée proposée est bonne jusqu’à preuve du contraire, et non l’inverse, comme on le fait encore trop souvent. Ouverture d’esprit, je cris ton nom…

Je trouve plus dommage encore:

qu’on ait très peu parlé (voire pas du tout!) du rêve et de l’inspiration, de façon générale — du fait que pour miser sur la culture, une ville doit être inspirante, tant pour stimuler les créateurs que leurs publics.

pas parlé non plus de l’importance de développer l’entrepreuneuriat dans le domaine culturel — pour développer dans la population (et chez les jeunes, en particulier) un regard sur le monde comme quelque chose sur lequel on peut avoir une influence, qu’on peut transformer, pour réaliser ses rêves.

et que rien sur le rôle que les technologies de l’information peuvent jouer pour favoriser la rencontre des personnes, organismes et institutions culturelles dans la région — pourtant évoqués à maintes reprises comme un besoin.

Je suis aussi déçu:

que devant les défis que pose le manque de diversité à Québec, personne n’ait évoqué l’importance de valoriser le voyage et les expériences à l’étranger des citoyens — les jeunes en particulier — comme façon de « rapporter des bribes de diversité », stimuler l’ouverture d’esprit, développer des réseaux et provoquer les rencontres nécessaires à la création et à l’innovation.

* * *

Bien sûr, j’aurais pu aussi me lever et dire tout ça — ou une partie de ça! — mais j’ai préféré prendre des notes et les reformuler ici, afin d’essayer (à nouveau) de susciter des réaction et de solliciter la participation des gens d’ici le 16 février; parce que cela me semble fondamental.

Je m’accorde encore quelques jours pour formuler adéquatement le message que j’aimerais partager avec les participants à Québec Horizon Culture… en étant de plus en plus obsédé par une question que me pose régulièrement Ana-Laura, à peu près en ces termes:

« … bon, c’est bien beau tout ça, mais alors, on fait quoi, concrètement, toi et moi, pour contribuer à ce que cette vision de la ville se réalise ? ».

Elle a raison: ce serait tellement bien d’arriver suggérer quelques propositions simples, qui puissent avoir pour effet de favoriser l’engagement des gens au lieu de leur donner (faussement?) l’impression qu’ils ont été dépossédé de leur influence au profit des institutions culturelles.

Pour le moment, l’idée qui me vient à l’esprit, ce serait de faire un témoignage sous forme de récit — d’incarner mon propos à travers des personnages et des lieux, dans une ville imaginée; inspirante. J’aurais envie d’aller raconter une courte histoire…

* * *

Devant la difficulté de communiquer efficacement ses idées, comment ne pas terminer en avouant ma très grande admiration pour Simon Brault dont toutes les interventions ont été particulièrement saisissantes ce soir. J’ai été vraiment très impressionné par la simplicité et la clarté avec laquelle il s’exprime. Si seulement je pouvais arriver à en faire autant… Il me reste à en faire autant!

Lire la suite de « Une soirée pour préparer Québec Horizon Culture »

D’une folle journée à un quartier fou

Mon amie Michèle portait ce matin à mon attention le site Web de la Folle journée de Nantes en m’annonçant que « cela devrait faire écho à mes préoccupations sur la culture dans la ville et à l’école ». Elle avait bien raison. Extraits:

Événement populaire, La Folle Journée repose (…) sur des bases artistiques exigeantes, clefs de son succès retentissant. Sa plus grande satisfaction est de détrôner les préjugés sur la musique classique, sans briser les valeurs de celle-ci, offrir une proximité unique avec la musique et les musiciens (…) chaque représentation musicale n’excède pas 45 minutes (…)

La Folle Journée se propose ainsi de sortir le concert hors de son cadre conventionnel, en favorisant la formation d’un public nouveau – de jeunes bien sûr, mais de tous les âges – par le bouleversement du rituel immuable et un peu compassé du concert traditionnel. Dans un laps de temps limité, le spectateur navigue entre les différentes salles, chaque lieu ayant une acoustique parfaitement adaptée à chacun des effets musicaux. La profusion des concerts permettant à l’auditeur de renouveler à loisir son « expérience musicale ».

C’est amusant que Michèle m’ait écrit à ce sujet aujourd’hui — alors qu’elle ne savait pas que j’allais justement à un Concert famille de l’Orchestre symphonique de Québec. Pendant que c’était fou à Nantes, c’était le bazar symphonique à Québec!

Le concert était animé par des comédiens aussi intelligents que déjantés, avec la complicité d’un Maestro Moisan en grande forme. Là encore: courte pièces, mises en scène, explications: tout pour faire apprécier aux enfants la musique classique et son omniprésence discrète dans leur vie— jusque dans les films et les jeux vidéos. L’interprétation par l’orchestre de la trame sonore de Super Mario Bros a surpris plus d’un enfant. C’était aussi magique de voir les musiciens dirigés par Darth Vader pour la pièce finale, composée par John Williams pour Star Wars!

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Avant d’entrer dans la salle de concert, les enfants avaient pu essayer, pendant près d’une heure, à peu près tous les instruments de l’orchestre — et rencontrer les musiciens. Ils sont repartis enchantés. Les parents aussi!

« Détrôner les préjugés sur la musique classique », « offrir une proximité unique avec la musique et les musiciens », « sortir le concert de son cadre conventionnel », etc.: Nantes et Québec avaient décidément beaucoup en commun aujourd’hui!

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Après avoir déneigé le toit de la maison (ouf!) et avoir préparé la journée de travail de demain, je viens de m’accorder une petite demi-heure pour lire et écrire quelques idées en rapport avec la tenue prochaine de Québec Horizon Culture.

En relisant que le maire Labeaume souhaitait faire de Saint-Roch « le quartier le plus fou au pays » — je me dis que cette Folle journée pourrait très bien faire partie de nos prochaines sources d’inspiration…