Salon du livre de Paris: plaisirs, objectifs et opportunité

Je suis au Salon du livre de Paris depuis quelques jours. C’est un très grand plaisir de retrouver la ville que j’ai habitée trois ans, encore pleine de souvenirs de vie familiale et professionnelle. Un plus grand plaisir encore de retrouver plusieurs personnes que j’ai tellement aimé côtoyer pendant cette période. Sans compter qu’il n’est pas désagréable du tout de devancer le printemps de quelques semaines.

J’avais deux grands objectifs en planifiant ce voyage. D’abord et avant tout être ici pour échanger le plus spontanément possible des enjeux du numérique avec les éditeurs québécois directement au contact du marché français. Je souhaitais aussi consolider la relation que nous développons depuis plusieurs semaines avec Stéphane Michalon et ePagine — l’objectif étant de faire en sorte que les outils que nous mettons respectivement à la disposition des éditeurs, soient le plus complémentaires possible. D’où la série de présentations que nous avons communément prévu d’animer mardi après-midi.  C’est d’ailleurs ce à quoi je faisais référence en écrivant, le 25 février dernier: « De Marque travaille actuellement à mettre en place des partenariats additionnels afin de permettre l’arrimage de sa plateforme d’édition numérique avec d’autres infrastructures semblables, notamment en Europe francophone. Sa participation au Salon du livre de Paris devrait être l’occasion d’annoncer des développements à cet égard. » Ce sont les deux objectifs qui demeurent au coeur de mon séjour et qui me semblent plus indispensables que jamais.

Une opportunité est toutefois venue bouleverser mon agenda de façon imprévue au cours des derniers jours. Les groupes d’édition français Gallimard et La Martinière nous ont en effet annoncé qu’ils souhaitaient retenir les services de De Marque pour une partie de leurs besoins dans le domaine du numérique — à la manière de ce que nous faisons avec les éditeurs québécois — et nous sommes arrivés à conclure un premier accord dans des délais records. Je suis évidemment très fier de cela. C’est un projet qui aura des effets très structurants pour l’ensemble de nos activités (le communiqué est ici).

J’aurai sans doute l’occasion de revenir sur tout ça mais puisque l’alliance entre Gallimard et La Martinière fait aujourd’hui l’objet d’une annonce, je tiens à remercier dès maintenant ceux et celles sans qui il n’aurait pas été possible d’arriver à saisir cette opportunité. Merci à Jean-François, Geneviève et Nicolas; merci Pierre, Gilles et Suzanne; merci Guy, Christian, Marc et toute l’équipe de De Marque. Merci également, et tout particulièrement, à Luc et Sébastien de Prosemédia, partenaires essentiels de De Marque dans cette aventure vers l’édition numérique. Merci aussi à Vincent et Alban qui ont piloté le dossier pour leurs maisons d’édition respectives.

Certaines étapes ont évidemment été délicates au cours des derniers jours — c’est inévitable, je crois, dans ce genre de passages.  Des étapes qu’il faut bien franchir, malgré les hésitations, et même si on sait que les décisions qu’elles impliquent ne seront pas sans conséquence pour des partenaires et des amis engagés avec moi / comme moi dans l’édition numérique. Des étapes que j’ai souhaité franchir au mieux, avec autant d’humanisme que de détermination.

J’espère y être arrivé.

L’expérience des derniers jours me porte par ailleurs à concevoir plus que jamais mon rôle comme celui d’un médiateur et d’un catalyseur.  Je souhaite contribuer le plus activement possible à provoquer la rencontre des besoins et des idées de l’ANEL, des éditeurs qu’elle représente et de tous les éditeurs québécois; de ceux et de celles de Gallimard et de La Martinière; de ProseMédia, et d’ePagine, aussi. Et bien sûr aussi de ceux et celles qui désireront se joindre à nous pour faire au moins un bout de chemin ensemble.

J’espère qu’ils seront nombreux.

Les éditeurs ne comprennent vraiment rien (croient certains)

C’est parfois bon de se faire secouer un peu, se faire rappeler à l’ordre, voire se faire dire ses quatre vérités — c’est vrai! Mais je n’aime pas qu’on discoure de façon pontifiante au sujet des éditeurs.

À lire certains textes, au cours des derniers jours, j’ai eu l’impression que certains croyaient vraiment que les éditeurs ne comprennent rien à rien: ni au livrel — les appareils —, ni à la commercialisation du livre numérique, ni même à la nature des œuvres, voire aux besoins des auteurs et des lecteurs. Franchement!

Je suis évidemment d’accord pour dire que les éditeurs ne comprennent pas tout, ni individuellement ni collectivement d’ailleurs, mais peut-on pour autant leur faire la leçon sans nuance sans présumer qu’il y a sans doute quelques aspects de leur profession qui nous échappent parfois? Une partie de leur réalité économique aussi? Et qu’ils ne sont pas plus cons que nous et que leurs actions sont aussi guidées par des réflexions — qu’on a par ailleurs tout à fait le droit de ne pas partager.

Pris, plus que jamais, par des développements concrets, en rapport avec des éditeurs qui font face à des défis tout aussi concrets, sur qui comptent des auteurs en chair et en os, qui ont investi tout leur coeur dans l’écriture de leur oeuvre… je manque de temps pour formuler aussi bien que je ne l’aurais souhaité plusieurs des réflexions qui me sont passées par l’esprit au cours de la semaine. Néanmoins…

…j’aimerais dire à Carl-Frédéric que j’ai apprécié qu’il revienne sur son texte au sujet du Kindle 2 pour le nuancer un peu, en interpellant les acteurs du monde du livre de façon un peu plus constructive. Reste que plusieurs des questions posées, notamment aux libraires, apparaîtront probablement candides à plusieurs de ceux et celles qui consacrent leur vie à mettre en contact des lecteurs avec des oeuvres. La prochaine étape, cher cousin, serait de passer en mode proposition. Que suggèrerais-tu à un libraire aujourd’hui?

…j’aimerais dire à Michaël (comme je l’ai fait en d’autres mots, sous forme de commentaires, sur son blogue) qu’il faut arrêter de parler ainsi du livre imprimé, du livre numérique et du lecteur — la réalité est plus complexe: il  y des types d’oeuvres, des types de livres, des types de lecteurs, des contextes de lectures plus variés que jamais, etc. Il y a aussi (surtout?) toute une réalité industrielle derrière le livre dont il faut tenir compte quand on veut comprendre les transformations en cours dans le monde du livre.

…j’aimerais aussi remercier à Hugh pour son précieux témoignage au sujet de son expérience avec Librivox (que j’utiliserai dorénavant en formation). Mais aussi lui dire que je trouve très incomplet son raisonnement sur l’apparente simplicité de la commercialisation du livre numérique:

The old Publisher-Distributor-Retailer model [..] seems to prevail still into the digital age, for reasons that seem to make some sense when someone passionate is explaining them to you insistently. And then you walk away and say: What? That doesn’t make any sense at all! It’s the Internet! It doesn’t have to be like that at all.

Si le raisonnement proposé m’apparaît valable pour de nouveaux éditeurs, pur numérique (et encore!), je ne pense pas qu’il le soit pour les éditeurs dont les équilibres financiers reposent en large partie sur l’édition imprimée (et, cela, pour encore bien des années) — qui ont plus que jamais besoin des libraires notamment — et d’un réseau de librairies, pour assurer la vente des oeuvres qu’ils publient. Et même pour les purs numériques… je me méfie de la concentration de la vente dans un lieu « central ». L’essence d’Internet, ce n’est pas la centralisation, c’est la distribution, l’accès multipoint, la mise à disposition par tous les intermédiaires possibles — ce sont des écosystèmes économiques plus riches et plus diversifiés que le brick and mortar, pas moins! À cet égard, je m’en voudrais de ne pas souligner au passage la (ré)apparition de immatériel.fr — et tout particulièrement la présentation qu’en fait François Bon.

C’est vrai que cela pourrait être tentant de bypasser tous les intermédiaires entre l’éditeur et le lecteur (voire entre l’auteur et le lecteur — une fois partie!) — et c’est peut-être possible dans certains cas… mais je refuse de m’engager dans cette voie. Je préfère miser sur le fait que la diversité des acteurs qui unissent leurs forces pour permettre la rencontre d’une oeuvre et d’un lecteur. Alors oui pour réévaluer les frontières des rôles de chacun ainsi que la manière dont ils se partagent les revenus — et à chacun de trouver la manière de valoriser son expertise — mais je réfute qu’il faille baser notre raisonnement a priori sur la disparition de l’un ou l’autre des acteurs, en faisant l’hypothèse que cela bien mieux ainsi.

Cela peut sembler très abstrait comme raisonnement, mais c’est tout le contraire! C’est au quotidien, dans de petits et de grands choix, que cela se détermine. C’est ce qui explique, par exemple, le choix de De Marque de ne pas opérer un magasin de livres numériques québécois en ligne, mais de mettre plutôt à la disposition de tous les libraires qui le souhaitent un accès équivalent à un entrepôt de fichiers développé collectivement avec l’ANEL — sachant que si tous les libraires ont (potentiellement) accès aux fichiers, nous risquons moins de voir un seul acteur acquérir d’aussi outrageantes parts de marché qu’Amazon a pu le faire aux États-Unis, par exemple.

Attention: je ne plaide pas pour le statu quo! Je reconnais que les rôles doivent évoluer. Je dis seulement que ce la m’apparaît une très mauvaise piste de miser sur un appauvrissement de la chaîne du livre (je reviendrai par ailleurs éventuellement sur cette expression qui me semble désuète) — soi-disant pour simplifier le passage au numérique.

Tout cela est un peu en vrac — je m’en excuse. J’ai néanmoins préféré partager ces quelques traces que de tout garder pour moi dans l’attente d’un improbable meilleur moment pour écrire.

Heureusement, il y a aussi eu cette semaine cette entrevue avec Gilles Pellerin (audio), à Ça me dit de prendre le temps, qui démontre bien qu’il n’y a pas que les éditeurs les plus geeks qui ont une réflexion sur le numérique et sur l’avenir du livre… Merci Gilles!

Déplorable manichéisme

J’avais choisi de ne pas faire écho ici à la déplorable manière dont a pris forme le débat autour de l’organisation de la compétition de patinage extrême dans la Côte de la Montagne — pour ne pas jouer naïvement le jeu du commanditaire qui, non content d’avoir son nom partout sur les murs de la ville pendant quelques semaines, veut en tapisser aussi les médias.

Je souhaite bien sûr le retour de cette activité — mais je n’aime pas tellement la manière dont le maire a organisé le débat: en dressant les uns contre les autres. C’est une forme de leadership que je n’aime pas du tout. J’avais néanmoins décidé de ne pas y faire référence publiquement ici, me disait qu’il faut savoir choisir ses batailles.

Mais ce matin c’en est trop! Je lis dans Le Soleil:

« À la question de savoir s’il n’y avait pas un problème éthique à ce qu’un maire endosse un produit de la sorte, M. Labeaume a semblé hésiter, puis a répondu : « Je n’ai aucun problème avec ça. Ce sont des gens qui investissent ici, et ceux qui parlent contre ça, ce sont peut-être ceux qui n’investissent pas ici et ceux dont on ne fait pas la promotion. » »

Ainsi, c’est parce que nous manquerions d’engagement (économique) dans la région ou par simple jalousie que nous nous interrogerions sur les méthodes du maire ou que nous questionnerons certaines de ces décisions. Franchement! Et moi qui croyais que la discussions, les échanges et le débat étaient l’essence même de la démocratie. En tout cas…

Monsieur le maire, comme David Desjardins il y a quelques jours dans Voir, j’ai envie de vous dire de changer d’attitude. J’apprécie votre capacité à voir les choses autrement que nous l’avons toujours fait à Québec, et toute l’énergie que vous déployez pour dynamiser la ville… mais il n’est absolument pas nécessaire  d’antagoniser vos opposants et de provoquer la frustration, voire la colère, de ceux et celles qui ne pensent pas toujours comme vous et dont l’énergie et les idées sont tout aussi indispensables que les vôtres au développement de la Capitale.

Tout seul — en divisant — on va bien plus vite, et je comprends que c’est une perspective qui vous semble séduisante; mais ne perdez pas de vue qu’ensemble, on peut aller beaucoup plus loin.

Je vous en prie, Monsieur le Maire, relevez vite la tête, fixer les yeux au loin et guidez-nous de façon un peu plus rassembleuse.

Merci à l’avance.

Québec Horizon Culture, suivis et leadership

Québec Horizon Culture: c’était il y a deux semaines — un peu plus même. La poussière retombe, les principaux médias sont déjà passés à d’autres choses. Peu ou pas de suivi de leur part — pas de rencontres avec les acteurs qui bénéficieront des retombées de cette journée d’annonces, par exemple, pour comprendre et présenter les projets aux citoyens-lecteurs. Pas de mise à jour du site de l’événement, pas de mécanismes officiels de suivi non plus. Ça viendra peut-être…

En attendant, je vous suggère:

De revisiter le site de Denis Chiasson, pour ses croquis de l’événement, ici et , (et si vous aimez, laissez-lui donc un mot d’encouragement…)

De vous plonger dans Orientation 4 — et vous laisser envahir par l’énergie de François X Côté. C’est sans doute l’initiative la plus intéressante depuis quinze jours: chapeau!

Et même si nous n’avons pas encore eu le temps de tout mettre en place de façon très satisfaisante — l’interface est encore un peu complexe/rébarbative — pourquoi pas ne pas jeter un oeil et/ou vous inscrire à remixonsquebec.ning.com // ce serait bien de faire naître quelque chose là.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’on peut se réjouir en constatant que de plus en plus de personnes expriment de plus en plus clairement leur souhait de voir le leadership s’exprimer différemment dans leur ville — de façon plus ouverte, moins autoritaire.

Parmi les vecteurs potentiels de la nouvelle dynamique que nous souhaitons voir naître à Québec, je pense qu’on peut compter sur Québec Urbain, sur la Capitale blogue, ainsi que sur la nouvelle station de radio Sortir FM (pas de site Internet pour le moment, alors article du Soleil à son sujet). Mise à jour: le site est ici: sortirfm.com.

Ça fait au moins ça à se mettre sous la dent en attendant plus ou mieux…

P.S. Ah oui, il y a aussi l’Institut canadien de Québec qui annonce deux postes afin de lui permettre d’assurer le suivi de certains des projets présentés lors de Québec Horizon Culture: Responsable de la Maison de la littérature (description détaillée) et Chargé(e) de projet – Programme de développement de la relève en arts littéraires (description détaillée).

Au sujet des pratiques culturelles des jeunes

Le ministère de la Culture de France vient de publier un court document sur les pratiques culturelles des jeunes.

Pratiques culturelles chez les jeunes et institutions de transmission : un choc de cultures ? — Culture prospective, n° 1, janvier 2009, PDF, 8 p.

Si le document n’apporte rien de fondamentalement nouveau par rapport aux classiques du genre (Tapscott, Prensky, etc.), il a néanmoins le mérite de décrire efficacement le contexte dans lequel l’école et les médiateurs culturels traditionnels — ainsi que les créateurs — doivent aujourd’hui repenser leurs actions. Extraits:

la révolution numérique a bouleversé les usages et modes de consommation culturels, particulièrement auprès des jeunes générations, nées dans un univers où l’accès à l’information, au savoir et à la culture est numérique. (…)

Les mutations des modes de consommation – consommation à la demande, convergence des usages sur un même support qui facilite un temps multitâche, développement de l’éclectisme, de la curiosité et de la consommation culturelles – engendrent dans les jeunes générations une redéfinition de la labellisation au détriment de l’institution et au profit de l’individu et des réseaux.

Les instances de transmission culturelle que sont l’école et les équipements culturels sont donc confrontées à des bouleversements affectant les fondements de leur action (…) Elles sont appelées à revisiter leur modèle de médiation pour l’adapter aux jeunes générations, afin de favoriser l’émergence d’une culture de demain et pour permettre la transmission d’un patrimoine culturel, lui-même en voie de redéfinition.

Et à propos de la lecture:

Les générations successives sont de moins en moins lectrices de livres, alors que d’autres formes de lecture s’y substituent, modifiant le modèle implicite qui a été celui de la lecture linéaire, littéraire. Les formes de la lecture se modifient : dans les jeunes générations, la lecture de magazines et de presse se substitue à celle de livres, et l’on a bien du mal à prendre en compte l’ampleur croissante des lectures sur écran. Que l’on songe que les moteurs de recherche, premiers outils utilisés sur l’internet, ont remplacé dans bien des cas la consultation des encyclopédies et ouvrages thématiques, et l’on aura une idée des basculements à l’oeuvre…

Merci à François Bocquet.

Première revue de presse… et lancement de Shortcovers!

Après la rencontre de presse d’hier matin, et ses suites, c’était journée d’entrevues et de questions/réponses par courriel aujourd’hui. Déjà, quelques textes, apparaissent ici et là sur le Web, notamment dans La Presse (En attendant le livrel) et dans Direction informatique (Une plate-forme Web de diffusion pour les livres numériques — au milieu de la page). Je sais que d’autres suivront bientôt.

Il y a aussi eu conversation à l’antenne de CIBL, plus tôt cet après-midi, dans l’émission de Michel Dumais (malheureusement pas de version archivée de l’entrevue disponible en ligne — [2009.03.02 — mise à jour: l’entrevue est ici, en format mp3 — merci *beaucoup* à Michel Dumais], et un très bref passage à la télévision, au Canal Argent, en début de journée (c’est ici). Je ne suis jamais très confortable ni très satisfait avec la radio et la télé — tant de choses que j’aimerais avoir formulées autrement, avoir précisées, ou ne pas avoir dit du tout — mais qu’importe: vu la maîtrise qu’on peut avoir de ces médiums, je suis dans l’ensemble assez content.

Cela dit, il y avait en même temps que tout cela un autre lancement… au moins aussi important pour le monde du livre au Canada (anglophone, pour le moment). C’est en effet aujourd’hui que la chaîne de librairie Chapters/Indigo lançait son service ShortCovers — à découvrir en vidéo ici (en anglais) ou lire le premier test de Xelle.

Des milliers de livres à lire sur son ordinateur, son iPhone ou son Blackberry… dont le premier chapitre est gratuit et (parfois) les suivants à 99 cents chacun (ou le livre entier à acheter en un clic) — et tout cela étroitement lié avec les réseaux sociaux les plus populaires: Facebook, MySpace, Twitter, etc. Et en plus des livres entiers, des extraits, des articles, de courts récits, des poèmes, des discours, etc. Un site très impressionnant à explorer de fond en comble — de quoi remuer encore un peu plus des modèles économiques déjà en profonde transformation. Et je pense que c’est un service qui connaitra vraiment un très grand succès.

Ouf, décidément… chaque grande étape franchie n’est encore qu’un tout petit pas en avant. Alors ce soir je prends le temps d’apprécier les réalisations des derniers mois, parce que demain, déjà, il faudra repartir de plus belle…

P.S. le clin d’oeil du jour: Kindle vs livre imprimé, une bataille? via Aldus 2006.

Le besoin d’un plan numérique pour le Québec

Yves Williams nous interpelle, avec raison, en rapport avec le besoin (de plus en plus urgent) de doter le Québec d’un plan de développement numérique. Extraits:

Alors ne croyez vous pas qu’on pourrait recommencer à talonner les gouvernements, et plus particulièrement celui du Québec pour qu’ils se dotent d’un plan de développement pour une culture et une économie numériques. (…)

…ce qu’il m’apparaît évident, c’est qu’en politique, il n’y a pas de génération spontanée d’intentions et de volonté. Si nous croyons à ce que nous proposons, nous ne devons pas juste en discuter dans nos blogues, nous plaindre de l’inertie gouvernementale (…)

Nous devons amorcer une action plus constructive, plus formelle, plus structurée afin de rendre plus claire et plus forte notre voix. (…)

…notre conviction devra être profonde et le nombre de ces porteurs de ballon nombreux car un Plan numérique aussi beau et bon soit-il, ne servirait strictement à rien s’il n’est pas inscrit profondément dans le projet politique de nos partis politiques

La suite sur son blogue.

Je vous invite évidemment à vous joindre à la conversation.

Rencontre de presse avec l’Association nationale des éditeurs de livres

J’ai participé ce matin à une rencontre de presse qui avait été convoquée par l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) afin de présenter la plateforme d’édition numérique à laquelle nous travaillons ensemble depuis quelques mois. L’ANEL a publié un communiqué pour l’occasion. De Marque a aussi publié son communiqué, dans lequel je tenais notamment à souligner la collaboration de Prosemédia dans ce projet. Merci Luc! Merci Sébastien!

Les journalistes présents ont semblé apprécier la présentation, que nous avions souhaitée brève, simple et sobre. Parce que tout le monde est bien conscient que la transformation du marché du livre est une chose qui se fera de façon progressive et que tout aussi fiers que nous sommes de ce que nous avons réalisé jusqu’à présent, ce ne peut-être qu’une première étape.

Je ne sais pas ce qui ressortira des textes que publieront les journalistes dans les prochains jours, et je ne doute pas qu’ils pourront soulever un certain nombre de questions — auxquelles je pourrai tenter de répondre ici — mais une chose est certaine: on passe maintenant en deuxième vitesse. Et ça m’enchante.

J’ai placé les principaux éléments visuels de la présentation sur Slideshare.

Vos questions et vos commentaires sont plus que jamais les bienvenus.

Lectures numériques matinales

Il y a Michel Dumais qui fait une prédiction, que je suis prêt à partager avec lui:

Et si Apple nous préparait une liseuse?

Il y a Carl-Frédéric qui nous dit que l’essentiel c’est de donner accès à la culture et aux produits culturels en ligne, simplement, pas de tenter de les protéger jusqu’à en restreindre la diffusion:

De la culture canadienne et du CRTC

Il y a Mike Schatkin qui nous parle de la place des monopoles dans l’économie, du rôle des pouvoirs publics et des responsabilités des entrepreneurs dans les écosystèmes/marchés où ils sont présents:

Managing monopolies and dominance in the Net age

Finalement, il y a Pierre Caouette, dans L’actualité, qui aborde à sa manière la transformation progressive de la chaîne du livre à partir de l’exemple du projet de Marie Laberge — Martha:

Martha et moi

Quatre textes qui s’inscrivent très bien dans la dynamique d’une rencontre de presse à laquelle je participerai demain à l’invitation de l’ANEL.

La représentation des métiers du livre

Je découvre au hasard des courriels et des recherches sur le Web, un colloque sur Les représentations du livre et des métiers du livre dans la fiction. L’événement aura lieu ce vendredi, 27 février, à Sherbrooke. J’aurais bien aimé y aller, mais ce ne sera malheureusement pas possible. J’espère qu’on pourra en trouver des traces sur le Web — via Twitter, les blogues, etc.

J’aurais été particulièrement intéressé à entendre la présentation de Pascal Genêt, dont le titre est à la fois intrigant… et d’un humour grinçant:

« Le bon, la brute et le truand » ou l’évolution de la représentation de figures d’éditeur dans la fiction

Plus globalement, le sujet de la recherche de Pascal Genêt (aussi journaliste à Livre d’ici) m’apparaît aussi très intéressant:

La figure de l’éditeur au cœur des défis de la relève et de la succession dans les maisons d’édition indépendantes au Québec (source)

* * *

Et un clin d’oeil en terminant, puisqu’il est question de relève dans le domaine de l’édition au Québec, la conclusion d’un récent (?) article de Livres d’ici, justement:

« Ça peut paraître étonnant, mais j’ai 60 ans, et une de mes préoccupations, c’est la relève dans l’édition, explique Guy Champagne. Et je suis fier d’y avoir contribué à ma manière en permettant la naissance d’Alto. » Du reste, fait-il valoir, l’édition est pour lui davantage une passion qu’une question d’argent : « C’est sûr qu’on a la responsabilité, en tant qu’éditeur, d’être viable financièrement, mais si j’avais voulu faire de l’argent, je ne serais pas en édition »

Pour une politique du dialogue

Dimanche soir de reprise de contact avec ma blogosphère, courriels, médias, etc. C’est fou la distance qu’on peut prendre en deux jours débranché. Et ça fait le plus grand bien!

Parmi les textes lus au cours de la soirée, je retiens particulièrement celui de Gil Courtemanche, dans Le Devoir: Une leçon de démocratie. Et particulièrement ces extraits:

Lévesque ne considère pas le citoyen moyen comme un imbécile. Il croit que, lorsqu’on lui explique quelque chose, le citoyen peut comprendre et s’engager, qu’il soit assisté social ou médecin. Lévesque croyait en la politique, qui dans sa meilleure expression est un dialogue permanent entre le citoyen et son représentant. (…)

Dans ce genre de démarche, il faut croire que le citoyen peut comprendre et il faut trouver le langage, la manière, le style.

C’est aussi le type de politique dans lequel je crois — et que j’aimerais que pratiquent plus souvent les hommes et les femmes qui sollicitent notre confiance à l’occasion des élections.

Il me semble que cela devrait particulièrement être le cas dans la politique de proximité: celle de la ville.

Livre numérique: le moment iTunes?

Le plus récent numéro du magazine The Economist, nous offre un article intitulé Electronic books and newspapers: An iTunes moment? L’intro est très punchy:

THINGS are suddenly hotting up in the rather obscure field of electronic books and their associated reading devices, the best known of which is Amazon’s Kindle. A new, sleeker version of the Kindle was unveiled on February 9th. Just days earlier, Google said it was making 1.5m free e-books available in a format suitable for smart-phones, such as Apple’s iPhone and handsets powered by Google’s Android software. Amazon said it was working to make e-books available on smart-phones as well as the Kindle. Plastic Logic, the maker of a forthcoming e-reader device, said it had struck distribution deals with several magazines and newspapers. The iPhone, meanwhile, has quietly become the most widely used e-book reader: more people have downloaded e-book software (such as Stanza, eReader and Classics) for iPhones than have bought Kindles. Might e-books be approaching the moment of take-off, akin to Apple’s launch of the iTunes store in 2003, which created a new market for legal music downloads?

Et je réponds volontiers « oui! » à la question posée par le journaliste. Oui, le monde du livre se prépare à son iTunes moment — rapidement. Ce qui reste à voir, c’est la forme que prendra ce moment. J’en parlais encore lundi soir, avec deux éditeurs de la région de Québec, en marge de Québec Horizon Culture: l’un pensait que cela prendrait plus de 15 ans avant que plus de la moitié des « achats d’oeuvres » se fasse sous forme numérique; l’autre croyait que cela prendrait plutôt cinq ans. Je pense pour ma part que ce sera certainement plus près de cinq ans que de 15 ans, mais je pense surtout qu’on ne peut pas analyser cela simplement comme une conversion de « ventes d’exemplaires imprimés » en « ventes en formats numériques ». L’exemple récent d’Indigo/Chapters qui a décidé d’offrir la vente de romans, chapitre par chapitre, sur le iPhone, est éloquent à cet égard: ça s’appelle Shortcovers.

Sans compter que ce que l’article de The Economist ne dit pas c’est que ça grouille de projets innovants sur le Web — des projets qui sont en train de déblayer le terrain avec de nouvelles approches — techniques dans certains cas, commerciales dans d’autres — voire éditoriales, carrément. Il faudrait avoir le temps de les décrire sommairement, ensemble, dans les prochaines semaines te les prochains mois, mais en attendant, si vous avez une heure aujourd’hui pour vous laisser bousculer un peu, je vous suggère quinze minutes sur publie.net, quinze autres sur Feedbooks, et encore 15 minutes sur LibraryThings. Et puis tiens, gardez donc le dernier quinze minutes pour témoigner de vos observations dans les commentaires, ci-dessous…

L’article de The Economist vient par ailleurs couronner une semaine très riche en information sur l’évolution du monde du livre numérique, notamment dans le contexte de la conférence TOC, qui se tenait il y a quelques jours à New York — des informations que je tenterai de faire percoler jusque dans ma veille sur le sujet au cours des prochains jours, parce que j’ai vraiment manqué de temps pour l’alimenter rigoureusement dans les derniers temps… trop occupé auprès des éditeurs québécois justement… (on reparlera de cela la semaine prochaine d’ailleurs: première présentation officielle de ce que nous sommes en train de faire ensemble le 25 février).

Mise à jour: Au sujet de TOC — Tools of Change, pour revoir les présentations en vidéos, c’est ici: wow! quelle richesse!

Je m’interroge en terminant: si on est de plus en plus près du iTunes moment pour le livre… est-ce qu’il n’aurait pas été pertinent que les éditeurs québécois, et canadien, se fassent entendre par le CRTC, avec une approche plus prospective, plus constructive, que celles des producteurs de musique et de cinéma/télévision — en amont des « problèmes », plutôt qu’à la suite? Peut-être est-ce que cela a bien été le cas et que Le Devoir ne le mentionne pas? Dans le cas contraire, peut-être est-il encore temps?

Quand Rozon s’inspire de Lepage qui s’inspire d’Édimbourg

« Les festivals qui se déroulent à Québec et dans la région pourraient ressembler à ce qui se passe à Édimbourg. »

— Robert Lepage, le 8 décembre 2008, en prévision de Québec Horizon Culture (aussi, à 37:58 de la vidéo d’ouverture, ici)

« Le mois de juillet à Montréal doit devenir incontournable en Amérique du Nord. Il faut devenir ce qu’est Édimbourg. (…) Québec s’organise, Toronto aussi, faisons-le! »

— Gilbert Rozon, dans Le Devoir, le 18 février 2009, deux jours après Québec Horizon Culture.

Hum…

Rencontres en textes et en images

J’adore quand la vie prend l’initiative de me rappeler que mes intérêts, qui me semblent parfois quelque peu dispersés, sont malgré tout portés par des fils conducteurs forts. C’est ce qui est arrivé ce matin en relevant mon courriel.

Une note m’apprenait que François X Côté (qui est-ce?, me suis-je demandé) venait de s’abonner à mes gazouillis (appellation amusante donnée par plusieurs à ce qu’on place sur Twitter).  Clic! — je vais voir.

Eh ben. Il commence tout juste à gazouiller.

Reclic, vers sont blogue. Eh ben, il parle de Québec Horizon Culture, sous un angle intéressant, pas encore entendu depuis le début de la semaine. Stimulant — et qui me semble confirmer l’intérêt d’idées comme celle que Gilles Herman lançait hier.

Puis, surprise — en ben ma foi… comment est-ce possible que je ne connaisse pas François X Côté? On a une foule d’intérêts en commun! Tous ses textes m’apparaissent intéressants… et, c’est le comble, il expérimente de nouvelles formes d’écriture, notamment à partir de son iPhone, dans ma ville! Dans notre ville — en plein le genre de chose qui m’occupe les neurones depuis mon retour de Paris. Wow!

Il faut que je trouve le moyen de lui parler — de le rencontrer — rapidement… ou au plus tard à la première édition de Québec se livre!

Parlant de rencontres, il faut aussi que je laisse une trace ici de celle que j’ai faite avec Denis Chiasson en fin de journée lundi. Extraordinaire! Il est venu me voir pour me parler des petits dessins que j’avais intégrés dans ma présentation — qu’il avait apparemment trouvée sympathiques. Lui avait un plein cahier de croquis réalisés dans la journée. Un plein cahier!

Denis Chiasson vit à Québec. Il est reporteur graphique. Il est méconnu malgré un talent fou. Du talent pour le dessin, bien sûr (heureusement!), mais aussi pour la synthèse éditoriale, comme vous pourrez le constater à partir de cette première œuvre qu’il publie à la suite de Québec Horizon Culture (je ne l’ai pas mise directement dans le texte, préférant vous réserver la surprise!):

La culture, c’est…

Prenez le temps d’explorer son portfolio — il fait un travail remarquable!

* * *

Comment ne pas commencer la journée avec le sourire quand la lecture des courriels matinaux nous plonge ainsi dans les rencontres?

Québec se livre

Gilles Herman lance une super idée, en marge de Québec Horizon Culture.

Je rêverais qu’une fois par mois, à date fixe, dans un café de la rue Saint-Joseph (Le Cercle quelqu’un ?), se retrouvent les amoureux du livre. Auteurs établis ou en devenir, éditeurs, libraires, bibliothécaires, critiques et, bien entendu, lecteurs, tout ce beau monde pourrait en toute simplicité échanger leurs points de vue sur ce qui les rassemble.

À lire ici: Québec se livre