L’autre campagne…

Au moment où une campagne électorale se met vraisemblablement en marche au Québec, je m’émerveille devant un projet du président fondateur de la revue Le Passant Ordinaire, Thomas Lacoste, et des Éditions de la Découverte, avec qui j’ai le privilège de travailler.

L’autre campagne, c’est un livre — qui permet d’aborder différemment les enjeux de la campagne présidentielle française. C’est aussi un site Web, avec tous les textes du livre; c’est aussi la possibilité de commenter tous ces textes, voire d’en soumettre de nouveaux, complémentaires; ce sont également des rencontres publiques, un peu partout en France. C’est même aussi, depuis quelques jours, une collaboration avec le quotidien Libération, sous forme de blog vidéo, pour donner la parole à des experts sur différents thèmes liés à l’actualité de la campagne.

Tout ça réalisé avec des moyens simples, des outils de blogs, spip, des fils RSS… et de très bons auteurs, engagés dans le développement de leur société.

Il me semble qu’on aurait bien besoin de cela au Québec aussi… pas vous?

C’est fou ce que des jeunes de 9 à 20 ans peuvent faire de la vidéo aujourd’hui!

Wow!

Les productions qui ont été présentées à l’ONF dans le cadre du concours Anime tes clics sont impressionnantes! Remarquables illustrations de ce que des jeunes de 9 à 20 ans peuvent produire avec les moyens technologiques dont ils disposent aujourd’hui. Il faut voir!

J’attire votre attention sur trois productions qui m’ont particulièrement plu: Il danse avec les points (par Marco Purich, 11 ans!), N.B. (de Alexandre Desjardins, 17 ans) et, tout spécialement, Mon ami le dictionnaire, de Marie Valade, 20 ans — la fille d’un ami de Montréal.

N’oubliez pas de voter!

Redécouvrez YouTube avec Mojiti!

Impressionnant ce nouveau service offert par la société chinoise Mojiti: choisissez un vidéo sur YouTube (ou Google Video, ou une foule d’autres sources) et annotez-le visuellement à l’intérieur même de la vidéo.

Imaginons:

  • prendre une vidéo et en faire un « sous-titrage pédagogique »;
  • demander aux élèves de traduire des dialogues (dans des vidéos historiques, par exemple);
  • faire très simplement des tutoriels pour des logiciels;
  • proposer aux élèves des analyses de spots publicitaires;
  • analyser/nuancer des discours politiques pendant les campagnes électorales;
  • et quoi encore?

Et c’est simple comme tout. Accessible à tous. Wow!

Voilà un outil qui pourrait permettre à l’occident de découvrir une partie de la culture visuelle asiatique, et inversemment.

Et François qui nous parlait justement il n’y a pas si longtemps de l’importance croissante de la vidéo en éducation… Je suis impatient de savoir ce qu’il pensera de Mojiti.

Note: au plan économique c’est aussi très bien pensé… voilà une entreprise chinoise qui pourrait éventuellement détourner une part (importante?) du trafic (audience) de YouTube… à très peu de frais: pas d’hébergement des vidéos, très peu de bande passante… Juste un petit service à valeur ajoutée. Génial! Ne reste plus qu’à YouTube à faire de même!

Steve Jobs plaide pour la libre circulation des fichiers musicaux

Si vous n’avez qu’un texte à lire aujourd’hui, ce doit être celui-ci:

Steve Jobs: Thoughts on Music.

Extraits:

«Let’s examine the current situation and how we got here, then look at three possible alternatives for the future. […] »

« The third alternative is to abolish DRMs entirely. Imagine a world where every online store sells DRM-free music encoded in open licensable formats. In such a world, any player can play music purchased from any store, and any store can sell music which is playable on all players. This is clearly the best alternative for consumers, and Apple would embrace it in a heartbeat. »

« Why would the big four music companies agree to let Apple and others distribute their music without using DRM systems to protect it? The simplest answer is because DRMs haven’t worked, and may never work, to halt music piracy. »

« If such requirements were removed, the music industry might experience an influx of new companies willing to invest in innovative new stores and players. This can only be seen as a positive by the music companies. […] »

« Convincing them to license their music to Apple and others DRM-free will create a truly interoperable music marketplace. Apple will embrace this wholeheartedly. »

Quand intolérance rime avec incompétence

Avertissement: il manque sans doute quelques nuances à ce texte, mais c’est comme cela que je le sentais, ce soir, en lisant tous ces actualités, à partir de Paris… bien loin du coeur de l’action.

* * *

Je suis complètement dépassé parce ce que j’entends et ce que je lis dans le désolant dossier dit « des accommodements raisonnables ». Dépassé au point d’en avoir mal au coeur.

Même si c’est toujours désagréable à constater, il n’y a pas malheureusement pas de surprise à (re)découvrir qu’une partie de la population manifeste de l’intolérance — et c’est sans doute pareil un peu partout autour du monde. C’est toutefois une exigence de la vie en société (dans une démocratie, du moins) que de chercher à réduire le nombre des personnes intolérantes. Or, ce qui est stupéfiant depuis quelques semaines, et particulièrement depuis quelques jours, c’est de réaliser qu’il est possible aujourd’hui de tenir des propos comme ceux que l’on entend et que l’on lit sans que cela ne soit très largement condamné. Pire, que de telles inepties puissent faire l’objet de résolutions dûment adoptées dans plus d’un conseil municipal.

Cela révèle bien sûr l’incroyable défi d’éducation citoyenne que nous devrons relever dans les prochaines années, mais aussi le dramatique manque de leadership de nos représentants politiques sur des questions qui sortent en apparence un peu trop des enjeux économiques à court terme.

C’est incroyable de constater qu’apparemment personne au Québec n’a aujourd’hui la stature (vu d’ici, en tous cas) pour prendre la parole et dire que cela a assez duré — annuler les règlements idiots (et certains accommodements qui le sont tout autant) et expliquer pourquoi tout cela n’est pas acceptable dans une démocratie. Et je n’ose pas croire que des politiciens pourront « calculer et négocier leurs convictions » sur un sujet semblable dans les prochains jours et les prochaines semaines uniquement à des fins électorales… Courage messieurs! Courage mesdames!

S’il n’y a évidemment rien de très glorieux à ce que les guignols de Tout le monde en parle aient choisi de se moquer d’un conseiller d’Hérouxville au lieu de profiter du temps d’antenne dont ils disposent pour expliquer que tout cela n’a que bien peu de fondement (ce qui ne doit pas nous empêcher de nous questionner sur le fait qu’un tel degré d’ignorance soit encore possible dans une société en principe plus exposée que jamais à la diversité du monde!);

Ce qui est plus honorant, c’est un jeune russe canadien-français puisse organiser aussi intelligemment la riposte [1] [2] pour tourner la bêtise en dérision, je trouve cela incroyablement rassurant! Voilà une remarquable démonstration du fait que le génie des nouveaux arrivants nous est parfois indispensablement précieux. Merci Greg! Le Québec a besoin de gens comme toi.

Je n’oserai pas pour autant me moquer des gens d’Hérouxville parce que je crois qu’il faut plutôt déplorer le fait que malgré la télé, la radio et Internet, ils n’ont manifestement pas à leur disposition des conditions qui leur permettent de se faire une idée plus adéquate du monde dans lequel ils vivent. C’est le reflet d’un échec de notre société et de son système éducatif — beaucoup trop limité à ce qui se passe à l’école.

D’une certaine façon, c’est de notre incompétent humanisme dont les gens d’Hérouville se trouvent aujourd’hui les malheureux bouc-émissaires.

Difficile d’en rire. J’ai trop mal au coeur.

P.S. Une autre lecture qui me redonne un peu de sérennité avant d’aller me coucher…

P.P.S. Le compte-rendu que Jean-Sébastien fait de sa fin de semaine au Rendez-vous stratégique sur la culture n’est pas trop mal non plus pour me permettre (enfin) d’aller dormir l’esprit un peu plus tranquille…

« Comment on fait pour savoir? »

J’avais gardé cette anecdote pour la famille proche, mais ma désolation devant la tournure des discussions qui ont actuellement cours au Québec sur « les accomodements raisonnables » me donne aujourd’hui le goût de la partager avec vous.

* * *

CONTEXTE: Nous sommes à Paris depuis douze mois. À l’école, les amis des enfants sont vraiment de toutes les couleurs. Or, il y a quelques semaines, au moment du petit-dejeuner:

BÉATRICE (qui s’était fait couper les cheveux et coiffer la veille): « Papa hier je portais une tresse africaine. »

CLÉMENT, intrigué: « ah oui, qu’est-ce que c’est une tresse africaine? »

BÉATRICE: « c’est une tresse française ! Ici ils appelent ca une tresse africaine! »

ÉTIENNE: « pourquoi ils appellent ca une tresse africaine? Il n’y a pas d’Africains ici? »

CLÉMENT, intrigé: « ben oui, il y a des Africains ici… »

ÉTIENNE: « ah bon. »

CLÉMENT: « Etienne, comment tu pourrais faire pour savoir que quelqu’un est africain? »

ÉTIENNE, perplexe: « ben, je sais pas… comment on fait pour savoir? …on ne peut pas savoir… »

Eh non… effectivement… papa était dans l’erreur… le fils avait bien raison: on ne peut pas savoir! Il faut décidément se méfier des apparences. Pour lui, tous les enfants de sa classe sont français, c’est normal! À Québec, les gens sont blancs; à Paris, de toutes les couleurs… Ça fait réfléchir.

L’ordinateur à l’école: indispensable!

Un article dans Le Soleil de ce matin qui fait référence à l’expériences des neufs jeunes québécois qui témoignaient de leur utilisation des blogs et des wikis à Autrans la semaine dernière.

J’en retiens particulièrement deux phrases — la première de Virginie, la seconde de Louis-Étienne:

« [l’ordinateur] est un outil génial ! Ça facilite l’apprentissage, parce qu’avec Internet, on a accès à une foule d’informations. Je serais prête à m’en passer à la maison… mais pas à l’école ! »

« Quand on sait qu’on est lu, ça nous motive à faire plus attention à ce qu’on écrit »

Jouer à l’oracle pour Le Lien Multimédia

Une amie journaliste, Sophie Bernard, m’a demandé il y a quelques jours de « jouer à l’oracle » avec elle pour Le Lien Multimédia. C’est avec plaisir que j’ai saisi cette occasion pour faire un retour sur l’année 2006 — que je n’avais pas encore pris le temps de faire — et pour essayer de me projeter quelques mois en avant dans l’année 2007. Voilà donc mes réponses à ses questions.

Quels sont les changements qui ont le plus marqué le monde numérique en 2006?

Je pense que ce qui a le plus marqué le monde numérique c’est la réalisation de systèmes de rétroaction de plus en plus rapides et de plus en plus efficaces (avec les commentaires, les wikis, les rss et autres outils de suivis… et leurs effets combinés).

Un peu partout sur le Web, dans les médias, dans tous les secteurs, on voit apparaître des idées, des produits, des services, des approches qui ont pour effet de décupler l’effet de feedback : les médias ouvrent des espaces de commentaires et de discussions partout (le cas de Libération est très fort à cet égard), les YouTube, Flickr, Wikipedia et autres deviennent de puissantes caisses de résonnance de ce qui se passe ici et là. Tous ces mécanismes existent depuis bien plus d’un an, mais une masse critique d’utilisateurs les maîtrisent maintenant et les véritables effets ne commencent qu’à se manifester vraiment hors des cercles de geeks.

Le délai entre la « production » de la publication et la « réaction » devient de plus en plus court, avec les exigences et les stress que cela comporte pour tous les acteurs de ce grand jeu de l’évolution des systèmes économiques autour du Web. Certains peuvent avoir l’impression que cela nous retire le droit à l’erreur (ce qui est une erreur d’attitude devant le changement… mais ça c’est une autre question!).

Les secteurs économiques qui étaient habitués à travailler sur « des cycles longs » (l’édition, par exemple) sont particulièrement bouleversés par ce phénomène.

2006 a-t-elle été une année de nouveautés ou de continuité?

C’est une année de continuité, clairement, au sens où nous n’avons pas vu émerger de nouvelles forces qui pourraient influencer le développement du cyberespace. Ce sont les mêmes forces qui sont à l’oeuvre, qu’on comprend un peu mieux, qu’on reconnaît plus facilement, qu’on met en oeuvre plus efficacement.

Quel est le buzz word qui t’a le plus agacé l’année dernière?

Communauté.

C’est un mot très noble, qu’il est toujours bon d’avoir à l’esprit comme une utopie pratique… qui est parfois un raccourci oratoire très utile, mais on en a fait un usage clairement abusif cette année. Il a été utilisé vraiment à tort et à travers. Ce n’est pas parce qu’on permet aux gens de laisser des commentaires à la fin d’un texte ou qu’on leur permet de dire que « lui et lui et elle et encore lui sont mes amis » que nous formons une communauté. Je caricature (à peine!), mais il faudrait retrouver à cet égard le sens de la mesure. On peut être guidé par une idée d’ouverture; on peut souhaiter l’émergence de réseaux entre les gens qui s’intéresse à un sujet, sans pour autant voir naître des communautés.

Je rêve de contribuer à l’avènement d’une communauté autour de l’éducation sur le Web… mais je ne vois toujours pas comment je pourrai y arriver…

Quelle tendance t’a le plus enthousiasmé?

La reconnaissance, et l’adoption croissante, de Creative Commons. Parce qu’il me semble que cela offre un contexte de « réflexion pratique » qui est de nature à recadrer de façon beaucoup plus saine les débats (absolument nécessaires) sur le droit d’auteur.

D’après toi, de quoi sera fait 2007?

Je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre à cette question « de façon générale », néanmoins, par rapport à ce qui m’intéresse particulièrement :

Accentuation des effets de « feedback loop » décrit précédemment… et plusieurs de ceux qui ont pensé s’en garder à l’écart y seront confrontés: encore plus que jamais de rss et autres gadgets du genre (on en verra partout!), plus de formulaires de commentaires, de commentaires d’acheteurs, de wikis, etc. Plus de sites qui se construisent autour de ça… ou qui en intègrent des briques sous une forme ou sous une autre.

L’usage des blogs dans les écoles connaîtra un accroissement considérable parce qu’on comprendra de mieux en mieux que c’est un des moyens les plus efficaces pour permettre des changements durables dans les écoles (parce que cela permet de recréer un contexte où l’ensemble de la « communauté éducative » peut s’impliquer dans les changements désirés et où il est possible de valoriser adéquatement les acteurs de ce changement: jeunes et moins jeunes.

Les premières livraisons de « l’ordinateur à 100 $ » feront l’objet d’une couverture médiatique sans précédent au cours de l’année 2007 et mettront sous pression les gouvernements des pays « trop riches pour y avoir accès » et « trop pauvres pour investir aussi massivement que d’autres » (comme le Québec). On découvrira avec émerveillement en 2008 de nouvelles formes d’utilisation éducative de l’ordinateur dans les pays concernés, qui feront preuve d’une ingéniosité qui pourrait bien devenir le principal moteur des changements que nous attendons dans le domaine scolaire depuis des années (mais là, je suis déjà rendu en 2010… au moins!).

Et dans ce qui m’occupe plus particulièrement à l’heure actuelle :

Après la musique, le cinéma et la télé, le monde du livre prendra la juste mesure des bouleversements auxquels il est convié par la généralisation d’Internet dans la population. On assistera à beaucoup d’expérimentation et d’innovation dans ce domaine (tant dans l’usage des réseaux, qu’au plan matériel avec l’arrivée des premiers eBook, papier électronique, un peu convainquant pour le grand public).

Qu’est-ce qui te rend le plus optimiste pour la prochaine année?

De façon générale :

En dépit de tout le verbiage autour du « Web 2.0 » et de la vision que les médias donnent de cela à partir de quelques exemples démesurés (YouTube, etc.), les forces qui influencent le développement du Web demeurent accessibles « au monde ordinaire ». Il reste possible aujourd’hui aux gens qui ont de bonnes idées de créer des projets « qui feront la différence » avec des moyens raisonnables, un peu d’ingéniosité (et beaucoup de détermination). C’est une condition nécessaire à l’innovation.

Au plan éducatif :

Je pense que les développements du Web rendent inévitable et irréversible « l’ouverture des écoles sur leur milieu ». Idée dans laquelle je crois profondément et qui accélérera sans doute l’intégration du concept de « cité éducative » dans le développement de nombreuses villes et villages [il fallait bien que j’en parle, non?  ;-)].

Qu’est-ce qui aurait tendance à t’inquiéter pour 2007?

Ce qui m’inquiète le plus c’est que grisés par le côté enivrant de toutes ces technologies aussi puissantes que simples, nous négligions d’évaluer tous les risques associés au fait de laisser des informations personnelles un peu partout « sans trop nous en rendre compte ». La banalisation de la diffusion d’information personnelle me préoccupe beaucoup, et, ce, tant chez les jeunes que chez les adultes.

Peut-être y aura-t-il en 2007 des événements pour nous faire prendre conscience des risques associés à cela. Je le souhaite… en espérant que ces événements n’aient pas de répercussions fâcheuses et qu’ils n’auront pas  aussi pour effet de trop effaroucher les gens au fait de contribuer activement au développement du web par leurs commentaires, leurs clics, leurs textes, leurs photos, etc.

Qu’aimerais-tu voir se développer?

J’aimerais beaucoup voir se développer au Québec un mouvement politique qui appuie son discours et ses méthodes sur la possibilité d’engager plus étroitement qu’auparavant les citoyens dans « la vie politique » et ce, non pas seulement au moment des élections, mais au quotidien. Et pas seulement « pour consulter quand ça lui convient » ou pour « mobiliser après avoir pris une décision », mais dans un véritable processus démocratique.

Je fais l’hypothèse que les partis politiques provinciaux et fédéraux n’auront pas le courage d’aller aussi loin aussi rapidement et qu’ils feront tout un autre tour de piste avec des usages exclusivement « marketing » du Web, essentiellement à l’occasion de campagnes électorales.  En conséquence, je pense que les changements que je souhaite se produiront d’abord au niveau municipal… et donc, s’ils commencent à prendre forme en 2007 ne pourront se concrétiser vraiment qu’en 2009. Mais j’aimerais bien en voir poindre quelques signes… déceler quelques encouragements… À suivre.

Colloque de l’APOP

Je viens de terminer une expérience pas mal particulière: la présentation d’une conférence » dans un espace télécollaboratif, à l’occasion du colloque de l’APOP.

J’aimerais d’abord lever mon chapeau (très haut!) à l’équipe de l’APOP pour avoir osé l’expérience d’un colloque de ce type entièrement en mode télécollaboratif. L’organisation a été impeccable! Les communications préalables, les préparatifs, les équipements remis aux participants (webcam, micro, écouteurs, etc.), les formations (documents et séances), etc. Je lève également mon chapeau à l’équipe de SVI dont l’outil, VIA, offre un excellent service.

Je veux ensuite garder une trace de l’impression très étrange (vraiment pas désagréable, mais étrange) que me laisse cette première expérience. J’ai trouvé que c’était beaucoup moins intimidant que de parler « en personne, devant l’auditoire », mais beaucoup plus difficile à la fois — parce que le feedback est vraiment très limité, et qu’il est difficile d’aller chercher même la petite part de feedback possible parce que cela suppose des manoeuvres un peu trop distrayantes. Décidément le « non verbal » est encore plus riche qu’on peut le croire… on en sait des choses en regardant le groupe à qui on s’adresse! Sauf qu’en contrepartie… si on se limitait à cela, je n’aurais pas pu participer à partir de Londres, dans une chambre d’hôtel, entre deux rendez-vous au BETT. Et sans doute la même chose pour certaines personnes de Sept-Îles ou de Rouyn — ou même de Québec, qui ne se seraient pas déplacés à Montréal, par exemple.

Il était d’autant plus important que tout le reste soit irréprochable parce que cette absence relative de feedback rend vraiment difficile les « enchaînements »: lancer la présentation (quand? de quelle façon?), passer d’une section à l’autre (les gens ont compris ou pas?), conclure (oui mais… et est-ce que les gens ont compris? sont contents? ont des questions qu’ils n’osent pas poser?). En conséquence, je ne suis pas particulièrement satisfait de ma prestation, mais les quelques avis recueillis à la fin me permettent de tourner quand même avec la conviction que c’est une première expérience réussie.

C’était évidemment agréable de « revoir » par la même occasion (même si indirectement) une quarantaine de Québécois, donc quelques-uns qui ont contribué à faire naître les quelques idées que j’avais à partager. Merci André, Michel, Robert, Charles-Antoine, Denis…

Une belle expérience qu’il faudra répéter pour apprendre à beaucoup mieux maîtriser ce type de communication.

Merci l’APOP — et bravo à tous ceux et celles qui ont rendu possible cet audacieux colloque.