Mettre l’épaule à la roue

J’ai participé la fin de semaine dernière au congrès du parti québécois. C’était mon premier congrès politique. J’y étais inscrit comme délégué de la circonscription de Louis-Hébert.

J’y suis allé guidé par un profond engagement démocratique. Parce que je pense qu’il y a des limites à déplorer l’état de notre démocratie. Il y a des moments où il faut rejeter le cynisme et mettre l’épaule à la roue pour que les choses changent.

Cela m’a fait le plus grand bien de voir la démocratie en action. Pendant trois jours nous avons débattu des centaines de propositions. Nous avons argumenté, nous avons amendé, nous avons voté; encore et encore. Quelques propositions ont retenu toutes l’attention des médias, mais toutes avaient leur importance.

La démocratie ce n’est pas seulement voter lors des élections. C’est un processus continu. C’est la recherche du bien commun et l’acceptation des compromis qui l’accompagnent inévitablement. Au cours de la fin de semaine, j’ai voté en faveur de plusieurs propositions. J’ai voté contre quelques-unes aussi. Et je suis fier, et solidaire, de l’ensemble.

En revenant de Montréal, j’ai eu envie de redire à mes enfants que la démocratie ce n’est pas le spectacle désolant que nous offrent certains politiciens. La démocratie c’est surtout ce qu’on fait tous les jours, dans nos familles et dans nos milieux de travail, en parlant avec conviction de ce à quoi on croit et quand on se relève les manches pour le voir se réaliser.

C’est dans cet esprit que j’ai repris le travail hier… convaincu que développer une entreprise comme De Marque, c’est aussi une manière très efficace de bâtir un pays.

Livres, marché et politique

Le monde du livre est en effervescence. Rien de neuf là. Cela fait des mois qu’on le dit

Sauf que les débats sont plus vifs que jamais, dans les médias, sur les blogues, sur Twitter. Parce que les enjeux sont plus clairs, sans doute, et parce que les approches adoptées par les  uns et des autres se distinguent de plus en plus, jusqu’à s’opposer parfois. Parce qu’il y a de plus en plus de commentateurs de toute cette activité aussi, alors ça jase — beaucoup.

Les enjeux techniques ont jusqu’à récemment occupé l’essentiel des esprits. Il fallait apprendre à produire adéquatement les fichiers et à les distribuer de façon satisfaisante vers les librairies en ligne et autres types de points de vente. C’est une étape qui est, pour l’essentiel, derrière nous, il me semble.

Une nouvelle étape s’ouvre depuis quelques semaines, et c’est la diffusion qui (re)devient au centre des réflexions de tout le monde. Les éditeurs (et les libraires) doivent (ré)apprendre à faire connaître les livres publiés en versions numériques — ils doivent réapprendre comment les porter à l’attention d’autres (de nouveaux?) lecteurs, par de nouveaux canaux. Et là, tout est à faire.

Les méthodes et les outils de distribution vont évidemment encore devoir s’améliorer, mais dorénavant, ce sont les métadonnées qui accompagnent les fichiers et le savoir-faire marketing qui seront les plus déterminants. Voyons ça comme un premier signe de maturité du marché du livre numérique (déjà!).

On remarque aussi une politisation accrue du marché du livre, en général, et du livre numérique, en particulier — où deux visions s’opposent, avec parfois quelques nuances.

La première affirme que le livre un produit commercial comme les autres, et qu’il faut laisser les détaillants en fixer librement le prix.

La seconde affirme que le livre n’est pas un produit comme les autres, qu’il ne devrait pas être soumis au libre marché et que, par conséquent, son commerce doit faire l’objet d’une réglementation — notamment à l’égard du prix de vente, qui devrait être fixé par l’éditeur.

Ce sont deux visions du marché du livre qui s’affrontent, mais aussi deux façons de voir le rôle de l’État dans le développement de la culture, de façon générale, et des industries culturelles, en particulier.

Résultat: c’est souvent du dialogue — jugé plus ou moins nécessaire — entre le monde politique et le monde des affaires dont il est indirectement question dans nos échanges — gazouillis, blogues, etc. De la place de la solidarité et du chacun-pour-soi dans le développement d’un marché, aussi, très souvent. De ce qui relève du discours de l’action aussi, forcément.

Au début des années quatre-vingt, la France et le Québec (notamment) se sont dotés de lois fondamentales pour encadrer le marché du livre. Trente ans plus tard, on se trouve dans l’obligation d’imaginer des façons pour les mettre à jour, pour les réinventer de façon ingénieuse. C’est fondamental. Abandonner le livre aux lois du marché devant la difficulté de le faire n’aurait aucun sens — c’est mon avis.

* * *

 

Avec quelle énergie faut-il se battre pour défendre nos convictions au regard de pareils enjeux? Comment prennent formes les positions de chacun dans ce type de débat? Comment concilier les besoins immédiats et la poursuite d’objectifs à plus long terme dans le domaine de la culture?

C’est pour répondre à ces questions que j’ai lu cet après-midi Passion et désenchantement du ministre Lapalme, une pièce de Claude Corbo, publiée par les Éditions du Septentrion.

C’est une lecture qui m’a fait beaucoup de bien et qui a renforcé ma conviction qu’il n’est pas possible de voir le développement du livre numérique comme une opportunité d’affaires sans y voir aussi un sujet politique, un projet de société — un projet qui doit forcément être porté par une vision à long terme et qui doit faire appel à notre détermination.

L’entrepreneur et le politique

« …il faut que la politique se fasse aimer de nouveau, qu’elle soit un lieu vivant et chaleureux de renforcement des liens sociaux et des croyances dans les valeurs communes, qu’elle redevienne le creuset de rêves et d’espoirs d’un monde meilleur à construire ensemble. »

C’est une phrase de Florence Piron, tirée d’un texte publié dans Le Devoir du 31 décembre. Un texte que j’ai beaucoup apprécié, et dont la principale qualité est de m’avoir fait découvrir une professeure de l’Université Laval dont le travail me semble particulièrement intéressant — tant par les sujets qu’elle aborde que par l’approche qu’elle adopte et les outils qu’elle utilise (le wiki, notamment).

Néanmoins, tout en étant généralement d’accord avec le propos de Mme Piron,  je déplore l’opposition qu’elle présente entre « le choix de la politique » et « celui de la finance ou des affaires » — d’autant plus qu’elle suggère qu’il s’agirait dans le premier cas « de travailler au bien commun » et dans l’autre « de se consacrer à sa fortune personnelle ». La réalité est évidemment plus subtile.

Je préfère lorsque l’auteure parle du plaisir civique,  pour dire que « cela n’a de sens que dans une démocratie vraiment ouverte à l’intelligence collective de la société civile, aux multiples savoirs des citoyens et à l’expression de leurs aspirations par d’autres formes que par une croix sur un bulletin de vote ». L’entrepreneuriat n’est-il pas justement une manière privilégiée d’exprimer des aspirations? Je le crois. Je crois même que le monde des affaires est un lieu privilégié pour acquérir certains des multiples savoirs utiles (voire nécessaires) à recherche du bien commun.

Je crois qu’il est possible d’être en affaires et de participer à la réhabilitation de la politique — en portant des idées fortes, en réalisant des projets, en défendant des valeurs — parce qu’il faut la faire aimer de nouveau, et pourquoi pas pour mieux l’embrasser éventuellement — avec ceux et celles qui partageront cette autre politique, parce que la politique est forcément une affaire collective — un sport d’équipe.

Au rythme auquel le monde de l’éducation et celui de la culture se transforment aujourd’hui (et celui du livre, particulièrement) sous l’influence des nouvelles technologies et de la globalisation, et vu l’inertie de nos moyens politiques actuels, je me dis qu’il n’est pas bête d’occuper politiquement le champ des affaires dans ces domaines. Je me dis qu’il n’est pas bête de mettre en oeuvre, comme entrepreneur, des projets qui ont pour but de faire en sorte que nous conservions, comme peuple, les moyens d’assurer la diffusion de notre culture — notre façon de voir le monde — et de renforcer notre identité de manière à pouvoir continuer à participer pleinement à l’expérience humaine.

Ce sera ça, plus que jamais, mon défi en 2010 : me souvenir tous les jours que si j’ai choisi d’être en affaires, c’est parce que je suis profondément attaché à la recherche du bien commun et que je suis plus que jamais convaincu que le rythme auquel certains des changements fondamentaux qui affectent le monde du livre, notamment, ne nous permettent pas de nous en remettre uniquement à nos trop lentes institutions pour faire naître les solutions dont nous avons besoin, tant du point de vue culturel qu’économique.

Cela, en continuant à croire à la politique et à investir du temps pour la faire aimer de nouveau. Parce que je pense que croire profondément à la politique, c’est aussi savoir reconnaître dans quel contexte et avec quelle forme d’engagement, on peut y être le plus utile.

Aujourd’hui, j’ai la conviction que, dans mon cas, c’est en étant un entrepreneur engagé dans le domaine de la culture que je suis le plus efficace politiquement. Demain, on verra bien.

Déplorable manichéisme

J’avais choisi de ne pas faire écho ici à la déplorable manière dont a pris forme le débat autour de l’organisation de la compétition de patinage extrême dans la Côte de la Montagne — pour ne pas jouer naïvement le jeu du commanditaire qui, non content d’avoir son nom partout sur les murs de la ville pendant quelques semaines, veut en tapisser aussi les médias.

Je souhaite bien sûr le retour de cette activité — mais je n’aime pas tellement la manière dont le maire a organisé le débat: en dressant les uns contre les autres. C’est une forme de leadership que je n’aime pas du tout. J’avais néanmoins décidé de ne pas y faire référence publiquement ici, me disait qu’il faut savoir choisir ses batailles.

Mais ce matin c’en est trop! Je lis dans Le Soleil:

« À la question de savoir s’il n’y avait pas un problème éthique à ce qu’un maire endosse un produit de la sorte, M. Labeaume a semblé hésiter, puis a répondu : « Je n’ai aucun problème avec ça. Ce sont des gens qui investissent ici, et ceux qui parlent contre ça, ce sont peut-être ceux qui n’investissent pas ici et ceux dont on ne fait pas la promotion. » »

Ainsi, c’est parce que nous manquerions d’engagement (économique) dans la région ou par simple jalousie que nous nous interrogerions sur les méthodes du maire ou que nous questionnerons certaines de ces décisions. Franchement! Et moi qui croyais que la discussions, les échanges et le débat étaient l’essence même de la démocratie. En tout cas…

Monsieur le maire, comme David Desjardins il y a quelques jours dans Voir, j’ai envie de vous dire de changer d’attitude. J’apprécie votre capacité à voir les choses autrement que nous l’avons toujours fait à Québec, et toute l’énergie que vous déployez pour dynamiser la ville… mais il n’est absolument pas nécessaire  d’antagoniser vos opposants et de provoquer la frustration, voire la colère, de ceux et celles qui ne pensent pas toujours comme vous et dont l’énergie et les idées sont tout aussi indispensables que les vôtres au développement de la Capitale.

Tout seul — en divisant — on va bien plus vite, et je comprends que c’est une perspective qui vous semble séduisante; mais ne perdez pas de vue qu’ensemble, on peut aller beaucoup plus loin.

Je vous en prie, Monsieur le Maire, relevez vite la tête, fixer les yeux au loin et guidez-nous de façon un peu plus rassembleuse.

Merci à l’avance.

Québec Horizon Culture, suivis et leadership

Québec Horizon Culture: c’était il y a deux semaines — un peu plus même. La poussière retombe, les principaux médias sont déjà passés à d’autres choses. Peu ou pas de suivi de leur part — pas de rencontres avec les acteurs qui bénéficieront des retombées de cette journée d’annonces, par exemple, pour comprendre et présenter les projets aux citoyens-lecteurs. Pas de mise à jour du site de l’événement, pas de mécanismes officiels de suivi non plus. Ça viendra peut-être…

En attendant, je vous suggère:

De revisiter le site de Denis Chiasson, pour ses croquis de l’événement, ici et , (et si vous aimez, laissez-lui donc un mot d’encouragement…)

De vous plonger dans Orientation 4 — et vous laisser envahir par l’énergie de François X Côté. C’est sans doute l’initiative la plus intéressante depuis quinze jours: chapeau!

Et même si nous n’avons pas encore eu le temps de tout mettre en place de façon très satisfaisante — l’interface est encore un peu complexe/rébarbative — pourquoi pas ne pas jeter un oeil et/ou vous inscrire à remixonsquebec.ning.com // ce serait bien de faire naître quelque chose là.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’on peut se réjouir en constatant que de plus en plus de personnes expriment de plus en plus clairement leur souhait de voir le leadership s’exprimer différemment dans leur ville — de façon plus ouverte, moins autoritaire.

Parmi les vecteurs potentiels de la nouvelle dynamique que nous souhaitons voir naître à Québec, je pense qu’on peut compter sur Québec Urbain, sur la Capitale blogue, ainsi que sur la nouvelle station de radio Sortir FM (pas de site Internet pour le moment, alors article du Soleil à son sujet). Mise à jour: le site est ici: sortirfm.com.

Ça fait au moins ça à se mettre sous la dent en attendant plus ou mieux…

P.S. Ah oui, il y a aussi l’Institut canadien de Québec qui annonce deux postes afin de lui permettre d’assurer le suivi de certains des projets présentés lors de Québec Horizon Culture: Responsable de la Maison de la littérature (description détaillée) et Chargé(e) de projet – Programme de développement de la relève en arts littéraires (description détaillée).

Le besoin d’un plan numérique pour le Québec

Yves Williams nous interpelle, avec raison, en rapport avec le besoin (de plus en plus urgent) de doter le Québec d’un plan de développement numérique. Extraits:

Alors ne croyez vous pas qu’on pourrait recommencer à talonner les gouvernements, et plus particulièrement celui du Québec pour qu’ils se dotent d’un plan de développement pour une culture et une économie numériques. (…)

…ce qu’il m’apparaît évident, c’est qu’en politique, il n’y a pas de génération spontanée d’intentions et de volonté. Si nous croyons à ce que nous proposons, nous ne devons pas juste en discuter dans nos blogues, nous plaindre de l’inertie gouvernementale (…)

Nous devons amorcer une action plus constructive, plus formelle, plus structurée afin de rendre plus claire et plus forte notre voix. (…)

…notre conviction devra être profonde et le nombre de ces porteurs de ballon nombreux car un Plan numérique aussi beau et bon soit-il, ne servirait strictement à rien s’il n’est pas inscrit profondément dans le projet politique de nos partis politiques

La suite sur son blogue.

Je vous invite évidemment à vous joindre à la conversation.

Pour une politique du dialogue

Dimanche soir de reprise de contact avec ma blogosphère, courriels, médias, etc. C’est fou la distance qu’on peut prendre en deux jours débranché. Et ça fait le plus grand bien!

Parmi les textes lus au cours de la soirée, je retiens particulièrement celui de Gil Courtemanche, dans Le Devoir: Une leçon de démocratie. Et particulièrement ces extraits:

Lévesque ne considère pas le citoyen moyen comme un imbécile. Il croit que, lorsqu’on lui explique quelque chose, le citoyen peut comprendre et s’engager, qu’il soit assisté social ou médecin. Lévesque croyait en la politique, qui dans sa meilleure expression est un dialogue permanent entre le citoyen et son représentant. (…)

Dans ce genre de démarche, il faut croire que le citoyen peut comprendre et il faut trouver le langage, la manière, le style.

C’est aussi le type de politique dans lequel je crois — et que j’aimerais que pratiquent plus souvent les hommes et les femmes qui sollicitent notre confiance à l’occasion des élections.

Il me semble que cela devrait particulièrement être le cas dans la politique de proximité: celle de la ville.

Rencontres en textes et en images

J’adore quand la vie prend l’initiative de me rappeler que mes intérêts, qui me semblent parfois quelque peu dispersés, sont malgré tout portés par des fils conducteurs forts. C’est ce qui est arrivé ce matin en relevant mon courriel.

Une note m’apprenait que François X Côté (qui est-ce?, me suis-je demandé) venait de s’abonner à mes gazouillis (appellation amusante donnée par plusieurs à ce qu’on place sur Twitter).  Clic! — je vais voir.

Eh ben. Il commence tout juste à gazouiller.

Reclic, vers sont blogue. Eh ben, il parle de Québec Horizon Culture, sous un angle intéressant, pas encore entendu depuis le début de la semaine. Stimulant — et qui me semble confirmer l’intérêt d’idées comme celle que Gilles Herman lançait hier.

Puis, surprise — en ben ma foi… comment est-ce possible que je ne connaisse pas François X Côté? On a une foule d’intérêts en commun! Tous ses textes m’apparaissent intéressants… et, c’est le comble, il expérimente de nouvelles formes d’écriture, notamment à partir de son iPhone, dans ma ville! Dans notre ville — en plein le genre de chose qui m’occupe les neurones depuis mon retour de Paris. Wow!

Il faut que je trouve le moyen de lui parler — de le rencontrer — rapidement… ou au plus tard à la première édition de Québec se livre!

Parlant de rencontres, il faut aussi que je laisse une trace ici de celle que j’ai faite avec Denis Chiasson en fin de journée lundi. Extraordinaire! Il est venu me voir pour me parler des petits dessins que j’avais intégrés dans ma présentation — qu’il avait apparemment trouvée sympathiques. Lui avait un plein cahier de croquis réalisés dans la journée. Un plein cahier!

Denis Chiasson vit à Québec. Il est reporteur graphique. Il est méconnu malgré un talent fou. Du talent pour le dessin, bien sûr (heureusement!), mais aussi pour la synthèse éditoriale, comme vous pourrez le constater à partir de cette première œuvre qu’il publie à la suite de Québec Horizon Culture (je ne l’ai pas mise directement dans le texte, préférant vous réserver la surprise!):

La culture, c’est…

Prenez le temps d’explorer son portfolio — il fait un travail remarquable!

* * *

Comment ne pas commencer la journée avec le sourire quand la lecture des courriels matinaux nous plonge ainsi dans les rencontres?

Bilan provisoire

Je vais laisser retomber un peu la poussière — et reprendre le boulot accumulé dans les dernier jours — avant de commenter ma participation à Québec Horizon Culture, hier (on peut toujours regarder en webdiffusion).

D’ici-là, de tout ce que j’ai lu ce matin, c’est dans le texte de François Bourque que je me retrouve le plus: La nouvelle image de marque.

Ce que l’article oublie toutefois d’évoquer, c’est le grand intérêt de toutes les rencontres qui se font en marge de l’événement, aux hasards des couloirs et des temps un peu moins planifiés.

Québec Horizon Culture: c’est aujourd’hui!

Grand jour à Québec, lundi, puisque plus de 700 personnes seront réunies pour parler de l’avenir de la ville dans une perspective culturelle. C’est Québec Horizon Culture.

J’aurai le privilège de faire une très courte intervention (3 minutes) en fin d’après-midi, dans le cadre de l’orientation 4, qui concerne particulièrement le développement du quartier Saint-Roch. Je déposerai ici, tout de suite après, mon texte et les quelques images d’accompagnement.

J’essaierai d’ici là de publier quelques bribes de la journée — en mots et en images. À suivre…

Google, les livres, le Québec: « Prêts, pas prêts… »

J’ai été surpris en lisant ce texte dans Le Devoir de ce matin:

Numérisation de livres – Google présente son offre aux auteurs et aux éditeurs québécois

J’ai été surpris d’abord par le titre de l’article, parce que, si on s’en tient aux faits, on ne devrait pas pas parler d’une offre de Google, mais bien d’un règlement hors cour à la suite d’une poursuite intentée contre Google.

Surpris aussi que Copibec serve ainsi de courroie de transmission pour Google vers les auteurs et les éditeurs, indifféremment [copie de la lettre], sans même prendre position ni même ajouter d’information à celles diffusées par Google, notamment en ce qui concerne les enjeux que soulève cet accord dans le cadre des juridictions canadiennes et québécoises. Est-ce suffisant? Peut-être n’était-il pas possible de faire autrement? Était-ce son rôle? Je ne sais pas, mais je n’en suis pas moins perplexe.

Surpris d’apprendre, par la suite, que plusieurs éditeurs avec lesquels je travaille par ailleurs n’ont pas encore reçu la lettre de Copibec/Google alors que leurs auteurs l’ont déjà reçue et qu’ils commencent, naturellement, à leur communiquer diverses demandes.

Je comprends que l’accord survenu au cours des derniers mois entre les auteurs états-uniens (certains d’entre eux), les éditeurs états-uniens  (certains d’entre eux) et Google affectera éventuellement les éditeurs et les auteurs québécois et canadiens — mais je ne comprends pas qu’on précipite de cette façon tout le monde du livre dans la Gogglesphère, sans autres précautions de communication, préparation, documentation — voire avis ou recommandations. Cela me semble malheureusement préparer des jours difficiles entre les nombreux acteurs de l’écosystème du livre — préparer les affrontements au lieu de favoriser la concertation. Il me semble que c’est une manière de procéder qui ne peut que servir les intérêts de Google.

Que pensent les principales associations professionnelles de cet accord? Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires?

Quelle interprétation fait de cet accord le ministère de la Culture, responsable de l’application de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (l’aussi délicate que célèbre Loi 51)?

Quelle analyse la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) fait-elle de cet accord?

Et là-dessus, entendons-nous bien, je ne suis absolument pas un anti-Google. Bien au contraire! Je suis plutôt plein d’admiration pour le talent, l’audace et le savoir-faire de cette entreprise. Un utilisateur de très nombreux de ses services aussi (en plus de la recherche, évidemment devenue incontournable). Je ne suis pas non plus contre l’apparition de nouveaux modèles économiques pour le livre — bien au contraire, puisque j’œuvre tous les jours à les faire advenir! Mais il ne faut pas perdre de vue la force de Google, sa puissance, son omniprésence — et le fait que ses intérêts ne sont pas forcément toujours les mêmes que ceux d’une petite industrie culturelle — à l’échelle du monde — comme celle du livre au Québec. Il faut être réaliste sur les rapports de forces qui sont en jeu.

Je ne dis pas non plus que les éditeurs ne doivent pas être présents dans le programme Recherche de livres de Google — j’ai d’ailleurs témoigné en ce sens lors d’une réunion de l’UNEQ en décembre — je dis seulement que ce n’est pas parce que Google peut contribuer à faire connaître, avec une très grande efficacité, les livres que nous publions ici qu’il faut pour autant accepter toutes les conditions qui nous sont proposées.

Bien sûr, vous pourrez rappeler, à la lecture de mes prochains textes sur le sujet, que je travaille avec des éditeurs, avec l’ANEL, que je côtoie régulièrement des libraires, des bibliothécaires, des auteurs — c’est toute la richesse de mon travail, que j’adore! — et suggérer que je ne suis pas neutre. C’est vrai — et je l’assume. Cela ne me privera pas pour autant de faire preuve d’esprit critique. Je pense qu’il y a des questions importantes qui doivent être soulevées au regard de cet accord, au moins dans une perspective québécoise, et que si d’autres ne le font pas, je ne me priverai pas pour le faire ici — en invitant ceux qui le souhaitent à réfléchir avec moi et avec ceux qui voudront prendre part à la conversation.

Ça y est la Recherche de livres de Google est vraiment débarquée au Québec. Décidément, la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Maudit crêpage de chignon!

Autres articles portés à mon attention ce matin, dans Le Journal de Québec cette fois, au sujet de Québec Horizon Culture:

Jour de réflexion de 190 000 $

Un cocktail trop fort au goût du maire

La lecture du second texte me met tout simplement en maudit. Je suis déçu que le maire fasse du populisme sur le dos du ministère de la Culture. Encore plus déçu que le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de ville fasse encore pire sur le dos du cabinet du maire. Hé! Ho! on essaie de travailler ensemble — pas de battre sur la place publique avant même que la rencontre n’ait commencée!

Les gens qui ont participé de près ou de loin à des événements de ce type savent que 17500$ pour un cocktail avec 650 personnes ce n’est pas exagéré. Et que payer 500$ par jour pour une organisatrice en chef de premier plan, sur une courte période de temps, ce ne l’est pas non plus. On ne peut quand même pas réunir les gens et que ça ne coûte rien! Come on… est-ce qu’on peut tenir l’événement et régler ses comptes (politiques) après, s’il y a lieu?

La seule qui se sort dignement de cette histoire, à mon avis, c’est la ministre de la Culture. Et ce matin, j’ai envie de lui dire merci de garder la tête froide.

Au-delà des mots, il faudra des gestes concrets

Plusieurs courriels m’invitent ce matin à lire ce texte du Soleil: Québec horizon culture: Labeaume met la table.

Est-ce que cela désamorce la lettre que nous adressions hier au Maire et à la Ministre de la Culture?

Bien au contraire! Je trouve que cela confirme que les préoccupations dont elle veut se faire l’écho sont véritablement partagées par le milieu.

Et je trouve là une incitation additionnelle à la faire circuler et à la faire signer par encore plus de gens — pour maintenir la pression sur le politique afin que des moyens concrets viennent vraiment appuyer ce discours d’ouverture.

Faites circulez, signez: l’union fait la force.