Des sujets qu’il ne faudrait pas éviter

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C’est donc un peu avant ou un peu après le 1er octobre que le Parti Québécois aura un ou une nouvelle chef. À deux ans des prochaines élections.

Cela veut dire qu’on s’apprête à vivre presque six mois de débats intenses dans le but de choisir qui dirigera le parti. Ils seront suivis d’environ huit mois de travaux dans les différentes instances du parti, afin de redéfinir son programme qui devra être adopté lors du congrès, probablement en juin 2017 (je souhaite qu’il ne soit pas retardé). Toute une année, donc! Je l’aborde avec un grand enthousiasme.

On discutera de bien des sujets au cours de l’année et je pense, comme je le disais hier, qu’il faut plus que jamais nous montrer ouverts aux idées qui dérangent. Ce sont elles qui nous feront le plus avancer.

Il y aura évidemment des sujets obligés, incontournables. L’éducation et l’environnement en feront partie. La stratégie qui pourra nous mener à l’indépendance aussi.

Mais il y a aussi des sujets qui sont susceptibles d’être négligés, pour toute sorte de raisons. Ce serait pourtant une erreur de ne pas les aborder franchement.

Quelques-uns de ces sujets me viennent à l’esprit ce matin. Je les pose ici avec l’idée d’y revenir — et pour inviter les éventuels candidats et candidates à s’exprimer à leur sujet.

L’influence, profonde, des technologies numériques sur l’avenir du Québec (et sur l’idée même de souveraineté nationale)

Il ne fait pas de doute que le numérique est en train de transformer le Québec. La classe politique en parle pourtant très peu et quand elle le fait, c’est généralement dans des termes très généraux, pour évoquer des opportunités.

Il n’y a toutefois pas que ça. Les défis posés par le numérique sont aussi nombreux: fractures entre les générations, entre les régions, entre les riches et les pauvres, nombreuses législations désuètes (notamment par rapport aux lois du travail, à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée), des secteurs industriels entiers mis à mal, influences croissantes de gigantesques consortiums internationaux qui semblent échapper aux contrôles étatiques (UberX, AirBnB, etc.) ne sont que des symptômes de changements beaucoup plus profonds. Qu’avons-nous à dire à ce sujet? Et comment cela affecte peut-être même l’idée qu’on se fait de l’indépendance?

L’identité québécoise, sa définition, la manière d’en assurer l’épanouissement

Inutile de se le cacher, notre parti est encore traumatisé par le débat sur la Charte des valeurs. Les raisons sont diverses. Il faut avoir le courage d’aborder franchement ce malaise. On ne doit pas éviter le débat sur l’identité québécoise (et en particulier sur la place des cultures autochtones dans cette identité puisque nos sorts sont liés).

Il est indispensable d’avoir les idées claires à ce sujet. Quelle identité? Elle-même composée de quelles identités? Quels moyens pour leur permettre de s’épanouir. Comment on peut aborder les questions associées en reconnaissant les réalités très différentes de Montréal, de la Capitale-Nationale et des autres régions du Québec?

Et si, au lieu (ou en plus?) d’une Charte, c’était en fournissant beaucoup plus de moyens aux artistes et aux créateurs pour témoigner de la réalité du Québec d’aujourd’hui à travers leurs écrits, leurs chansons et leurs films qu’on pouvait le mieux contribuer à l’épanouissement de l’identité québécoise?

Le rôle de l’état, la nature et la forme de ses interventions

Le gouvernement actuel est en train de mettre à mal toute la structure de l’État québécois. En abandonnant des secteurs d’interventions, en retournant des responsabilités à Ottawa, etc. Il serait facile de se contenter de promettre de rebâtir tout ça — de tout remettre en place. On doit avoir plus de courage et d’ingéniosité que cela.

Quelle forme d’État proposerons-nous en 2018? Un État qui intervient prioritairement par des règlements, des sanctions et des taxes? Ou un État qui pose des gestes incitatifs, qui stimule l’entrepreneuriat et qui réserve ses interventions les plus directives au domaine de la solidarité.

Le Parti Québécois est un parti indépendantiste et social-démocrate, bien sûr. Mais est-ce qu’on est bien certain d’entendre la même chose quand on parle d’indépendance et de sociale-démocratie, en 2016?

Il ne faudrait pas passer à travers les douze prochains mois sans s’en être bien assuré.

 

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8 commentaires

  1. Merci Clément, bel article !

    Il y a des idées géniales dans tout ça.

    Donner aux artistes les moyens de faire mieux que la Charte :
    je crois qu’ils ne l’écriront pas vraiment cette charte…

    Mais ils en traceront les contours.

    Les artistes font la culture. Ils voient parfois sans dire clairement.

    Faut les aider, ils seront inspirer. Montrer les ouvertures…

    Je pogne mon mur quand tu dis : « Un État qui intervient prioritairement par des règlements, des sanctions et des taxes ».

    Car l’Etat pour moi c’est ça. Je doute qu’il sache savoir faire plus que ça…

    Reste donc que la puissance (et l’enthropie) du numérique
    pour passer à autre choses.

    Sache que je suis triste de dire que l’Etat ne peux pas faire grand chose…

    Merci de continuer à réfléchir tout haut.

    Je crois que le Québec à une longueur d’avance
    sur absolument tout…

    Non…

    Ce pays a une longueur d’avance sur absolument tout.

    Rester vigilant.

    Tout le temps.

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