Entreprendre durablement au coeur des réseaux…

Jean-Sébastien publie sur son blogue un texte qu’il vient de soumettre à trois quotidiens québécois. J’aime beaucoup le ton et il me semble que son propos est très juste — particulièrement en ce qui regarde la faible prise de conscience de nombreux entrepreneurs par rapport à la société de l’information.

Cela me semble un peu paradoxal que des enterpreneurs se présentent en victimes ou n’imaginent que des solutions qui soient « en dehors d’eux-mêmes ». Cela ne correspond pas tellement à ma conception de l’entrepreneuriat.

Et si l’attititude de certains entrepreneurs et de certaines chambres de commerce faisaient partie des choses à revoir dans « le climat social actuel »? C’est la piste que Jean-Sébastien nous invite à explorer en tous cas…

Laurent Lafforgue sur les technologies à l’école

J’ai eu la chance de participer, il y a une quinzaine de jours, à un petit-déjeuner du Club sénat sur le thème l’éducation et les nouvelles technologies.

Parmi les personnes invitées à prendre la parole lors de cette rencontre se trouvait Laurent Lafforgue, mathématicien émérite, bien connu des Français pour ses prises de positions tranchées sur l’école (et sa démission du Haut Conseil de l’Éducation).

Polémiste conservateur (de mon point de vue), Laurent Lafforgue n’a pas dû décevoir ses partisans en formulant ses opinions sur les technologies à l’école. Extraits:

« Il ne faut surtout pas introduire l’ordinateur et les calculatrices à l’école
primaire. C’est inutile et nuisible à ce stade. »

« [selon une étude] moins les élèves utilisent l’ordinateur à l’école et à la maison, le meilleur ils sont en connaissance de la langue et en mathématiques. »

« Je suis fermement opposé à l’introduction des ordinateurs dans les écoles primaires. »

« Je supplie les responsables politiques de ne pas succomber au vertige de l’informatique. »

« Rien n’est pire que de placer des enfants qui ne savent pas écrire devant un ordinateur : ces enfants ne sauront jamais écrire avec la main. »

Et c’est sans compter que le résumé de la rencontre rapporte plusieurs des propos de Laurent Lafforgue de façon beaucoup plus modérée qu’ils n’ont été prononcés en réalité: « l’école primaire doit être intemporelle, éternelle », « il faudrait bombarder les IUFM », etc.

Je sais apprécier les polémistes lorsqu’ils appuient leurs propos sur des valeurs fortes — une société en a parfois besoin pour provoquer les plus profondes remises en question — mais dans ce cas, je doute que la démarche de Laurent Lafforgue soit très constructive.

Je suis inquiet par la polarisation des débats sur l’école. Il me semble que sur un sujet semblable, même les points de vue extrêmes devraient comporter une dimension dialogique. L’opposition conflictuelle ne convient pas pour résoudre les défis qui se posent aujourd’hui à l’école. Je suis convaincu que les enjeux autour de l’école nous obligent à trouver des manières d’animer le débat qui permetteront de faire entendre davantage les porteurs de propositions que ceux qui se limitent à objecter ou à critiquer.

Peut-être que Laurent Lafforgue adoptera une attitude différente devant un auditoire de pédagogues, à l’occasion des Entretiens Nathan, le 14 octobre prochain. Je le souhaite.

Un candidat à la présidence semonce « les pédagogues »

Nicolas Sarkozy a fait aujourd’hui un très long discours portant essentiellement sur l’éducation. Le texte est fort bien écrit, très vertueux, et sert d’occasion pour semoncer indifféremment tous ceux qu’il appelle « les pédagogues ». Extraits:

Je refuse d’expliquer que le niveau de l’enseignement monte alors qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants qui ne savent ni lire ni écrire, que la méthode globale est une réussite, que la démocratisation de l’enseignement est un succès. […]

Comment croire à la valeur de l’effort si l’école ne l’a pas inculqué ? On ne rend pas service à la jeunesse en détruisant l’autorité du professeur et la légitimité du savoir. […] On ne rend pas service à l’élève de 4e auquel on demande d’écrire une autre fin au « Cid » comme s’il était le rival de Corneille. On ne rend pas service à la jeunesse en lui enseignant que tout se vaut. […]

L’école, dans le primaire et dans le secondaire, ce n’est pas la délibération, ce n’est pas le colloque permanent. L’école c’est la transmission des savoirs, des normes et des valeurs et au premier rang d’entre elles, de celle du respect.

Je veux une école du respect où les élèves se lèvent quand le professeur arrive […]

Je veux dire aux pédagogues que s’il ne faut pas écraser la personnalité de l’enfant, ni étouffer sa spontanéité, qu’il faut l’encourager à développer toutes ses potentialités, il ne faut pas pour autant renoncer à l’instruire.

Je n’ai pas d’opinion sur les candidats à la Présidence et je ne cherche même pas à m’en forger une. Je m’accorde cette fois seulement le droit d’observer, d’analyser, d’essayer de comprendre, d’apprendre. Mais devant pareil discours, sur un sujet aussi déterminant pour l’avenir d’une société, je ne peux qu’être désolé — et un peu inquiet.

Entreprendre

En prenant connaissance des dernières réflexions de Jean-Sébastien j’ai découvert le blog de Zane, dont plusieurs des préoccupations me rejoignent.

J’ai particulièrement apprécié son texte intitulé life and entrepreneurship qui fait écho à quelques éléments d’un texte que j’ai en préparation et dont voici le début:


Déjà six mois

Déjà six mois que j’ai quitté Québec pour relever de nouveaux défis à Paris.

Déjà six mois que je vis éloigné de mes parents et amis — guidé par l’idée:

de découvrir le monde tel qu’il se présente vu d’ailleurs;
de mieux comprendre qui je suis;
d’aller à la rencontre de l’Autre.

…tout ça pour avoir une meilleure idée de ce qu’il faut savoir aujourd’hui — quand on a 33 ans, 32 ans, 8 ans, 6 ans et 4 ans — pour être libre, vivre inspiré par son appartenance à l’Humanité et être pleinement conscient de la solidarité que cela implique.

Alors, qu’est-ce que j’ai découvert jusqu’à présent?

Le bureau, Creative Commons… et Microsoft!

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas fait un billet sur de simples observations… mais aujourd’hui, deux choses m’ont particulièrement renversées:

Ceci, comme quoi une idée simple peut encore révolutionner quelque chose qu’on croyait pourtant « stabilisé », en l’occurence, la métaphore du bureau informatique. Wow!

Et cela… parce qu’au delà des grands discours, ça illustre bien que la manière d’envisager le « droit d’auteur » est véritablement en train de changer. Un move aussi simple que brillant pour Microsoft. Bien joué!

Deux choses très simples, marquantes, alors que je rassemble et j’assemble actuellement un paquet d’informations sur l’évolution du monde de l’édition, ce qui constitue vraiment des menaces, des opportunités, etc. Décidément… il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l’illustration.

Fin d’UpFing 2006

Petit bilan spontané de ma participation à la UpFing 2006 :

– J’aurais beaucoup aimé que plusieurs amis et collaborateurs Québécois et Français puissent participer à cette université de printemps.

– Je pense que mes ex-collègues d’OpossumiXmédiaZengo auraient beaucoup apprécié l’événement (Michaël particulièrement).

– Décidément, dans le champ de la réflexion d’avant-garde sur les usages des technologies dans une perspective de développement de réseaux sociaux, il n’y a que les « survivants du concret » qui ont des discours qui m’inspirent.

– Les témoignages les plus intéressants sont portés par des gens qui arrivent à communiquer à la fois leurs idéaux et à rendre compte simplement de leur engagement sur le terrain et des conclusions qu’ils en tirent. La prospective pure, les envolées théoriques et les nobles intentions m’ont laissées plus indifférent que jamais.

– Mes coup de coeurs sont pour, dans le désordre: Chris Messina et ses Bar Camp (des wiki live!), la puissante simplicité des interventions de Euan Semple, la découverte des travaux de Goffman (merci à Samuel Bordreuil), la découverte des travaux d’Olivier Auber sur la représentation de l’activité d’un wiki et la présentation franchement business de Julien Jacob sur ZDNET… sans oublier le site même de La Baune, où se déroulait UpFing. L’intervention virtuelle d’Howard Rheingold était aussi des plus intéressantes.

– Sur l’éducation en particulier, j’ai ressenti une grande résignation devant le constat que les institutions n’arrivent pas à comprendre (et encore moins à intégrer) les pratiques collaboratives qui apparaissent sur le Web.

– Le manuel scolaire a pris à quelques reprises sa part de baffes, quelques fois pour des raisons justifiables, parfois de façon injuste, le plus souvent sur la base d’une mauvaise compréhension du métier et du rôle de l’éditeur (à mon avis!).

– Je suis par ailleurs très heureux d’avoir pu valider, une fois de plus, bon nombre des conclusions que j’avais pu tirer de mes expériences antérieures.

– Autres moments forts de mon séjour, la rencontre de Christophe Ducamp et de Xavier Moisant (enfin!).

– Me reste plus qu’à rentrer à Paris et à accueillir le cousin demain matin!

UpFing 2006 à Aix-en-Provence

Je profite de quelques instants de calme pour savourer le fait d’être pour deux jours à Aix-en-Provence, pour UpFing 2006, entourés de gens variés, fascinants, utopistes et pragmatiques à la fois.

Pour ceux et celles qui désireraient participer malgré la distance qui les sépare d’Aix (où grâce à elle!), je signal qu’une large part de l’événement est diffusée sur le Web et qu’un wiki doit permettre de rendre compte de toutes les séances — et d’interagir avec les participants avant, pendant ou après chacune d’elles.

J’aurai pour ma part le plaisir d’animer demain un atelier intitulé De la conversation à la connaissance. Toute participation venue du Web est non seulement bienvenue, mais désirée! (ici, sur le Wiki upFing, sur d’autres blogues, etc.)

à+

Mise à jour: il y a aussi des photos de l’événement sur Flickr.

Grosse semaine dans « ma blogosphère »…

Jean-Sébastien quitte à son tour Opossum. Il faut que je lui souhaite bonne chance de ses nouveaux projets. Que je lui dise merci aussi, un très gros merci, pour toutes les réflexions que nous avons passionnément amorcées ensemble et que nous poursuivons maintenant chacun à notre manière, de chaque côté de l’Atlantique.

iXmédia rend accessible sur le site de nosracines une mise en forme remarquable du résultats du travail d’Ana-Laura: deux enquêtes historiques et pédagogiques pas mal intéressantes! À voir.

iXmédia annonce qu’il adopte Québec urbain, un site que j’avais encouragé Francis Vachon à lancer et qu’il a mené avec une main de maître, au point d’assurer sa poursuite malgré son départ de Québec. Chapeau!

Gilles G. Jobin lance un projet audacieux inspiré d’un livre qui m’a toujours fasciné…

Il y aurait aussi tant à exprimer sur tant de textes publiés ici et là…

À+

Chapeau. Et merci!

Grâce au site Web de l’Assemblée nationale, j’ai pu regarder en direct le discours que Pauline Marois vient de prononcer au Salon bleu de l’Assemblée nationale afin d’annoncer son départ de la vie politique. Un remarquable discours.

Je manque de temps, ce soir, pour « ramasser adéquatement mes idées » et expliquer pourquoi sa décision m’attriste. Mais j’ai forcément le temps de lever mon chapeau à cette admirable femme politique.

Il y a son bilan, impressionnant, ses réalisations. Il y a sa façon de faire la politique, il y a son parcours, il y a son caractère de pionnière, il y a sa détermination, son engagement aussi. J’ai le goût de revenir sur les impacts concrets que tout ça a pu avoir sur moi, comme québécois de 32 ans… mais pas ce soir.

Une chose qui me fatigue déjà dans les hommages qui lui sont faits: les phrases du type « …peu de femmes au Québec qui ont fait autant que vous… ». Bordel! C’est vrai… mais peu d’hommes aussi! Son parcours n’est pas exceptionnel parce qu’elle est une femme. Il est exceptionnel. Point.

Heureusement, Jean Charest a finalement bien tourné la chose dans le bref hommage qu’il lui a rendu à la suite de son discours.:

« Un jour, sait-on jamais, peut-être qu’un homme fera la même chose. Permettez-moi d’en douter »

Chapeau Mme Marois. Et merci.

(J’y reviendrai.)

Coïncidences sur le thème « Cité éducative »

Je manque terriblement de temps pour écrire ici aussi souvent que je le voudrais. Mais aujourd’hui, trop de choses ont « curieusement » attiré mon attention pour que je ne prenne pas le temps d’en laisser quelques traces… il me semble que tout m’interpelle pour me rappeler de ne pas oublier que le concept de cité éducative doit rester au coeur de mes réflexions — que c’est ma pierre angulaire.

— Il y a quelques jours un message de Québec, sollicitant ma collaboration sur le sujet…

— En entrant dans le métro ce matin, une affiche: Vivre les villes

— Puis ce soir, toujours dans en entrant le métro: Concours Talents des Cités

— … comme si ce n’était pas assez, en sortant du métro, on me met dans les mains un programme du Festival artistique étudiant "Ici et demain"

— Et en rassemblant tout ces liens, je découvre la Maison des initiatives étudiantes« …parce qu’il est essentiel d’établir un véritable dialogue entre la Mairie et le monde étudiant… »

— Tout ça sans compter un autre message qui m’invitent à prendre contact avec un spécialiste des relations entre musées et citoyenneté. Décidément!

Merci Colonel ! (il faut lire Kafka sur le rivage pour comprendre — un livre aussi superbe qu’étrange)

La région c’est « un » centre du monde

Un autre extrait du texte de Patrice Létourneau:

« La région, c’est le lieu des origines, celui qui façonne et construit. C’est le lieu de l’accueil de l’étrange et de l’étranger, le lieu de l’ouverture aux autres. C’est le lieu centrifuge des œuvres qui partent à la conquête du monde. C’est un milieu de vie, « un » centre du monde où se joue et se déjoue, dans la quotidienneté, l’avenir de l’être humain. »

— Réjean Bonenfant et Gérald Gaudet, dans Dictionnaire des écrivains de la Mauricie (Écrits des forges, 444 pages)

Internet trop peu exploité par les intellectuels

Extrait d’un texte de Patrice Létourneau, dont il faudrait que j’intègre l’idée dans une éventuelle mise à jour de mon texte sur le rôle des intellectuels:

« …la présence sur internet est quant à elle peu exploitée par les intellectuels, écrivains et autres acteurs québécois soucieux de culture. On est maintenant rendu au Web 2.0 : en simplifiant, disons que ça signifie qu’une connaissance précise des langages de programmation n’est plus essentielle pour avoir pignon sur Web, et ça signifie aussi que les contenus deviennent dynamiques. Cette donne fait non seulement en sorte de rendre la publication Web accessible pour tous, mais elle s’accompagne aussi d’une mobilité des contenus pouvant être aisément suivis (et rassemblés) grâce à des fils [6], ce qui fait que la concentration de la diffusion n’a plus la même importance [7] – le façonnement semble davantage être à l’image d’archipels. » (Où sommes-nous?)

Nom d’un chien!

Aujourd’hui: brunch entre amis, à Paris! Super sympathique.

Défilé du nouvel an chinois: couleurs, dragons, musique, pétards, la foule sur le boulevard de Choisy pour accueillir le chien.

Grande promenade au retour sur la rue de Tolbiac. Bouffe.

Activité de correspondance pour les enfants: plus d’une heure à écrire, dessiner, tramer des complicités quelques parents et amis du Québec.

Puis dodo. Et pour moi: lecture (beaucoup); écriture (un peu).

Merci à tous les copains qui bloguent. J’ai été un peu avec vous ce soir. J’ai beaucoup apprécié vos réflexions et vos clins d’oeil. J’aurais aimé tous vous écrire. Ça viendra.

Par ailleurs, je me remets lentement, mais sûrement, à réfléchir avec un peu de recul à l’éducation, de façon générale, et à ce qui m’amène où je suis, en particulier — le projet d’une cité éducative, toujours, ça ne cesse de se confirmer dans mon esprit.

Un projet d’écriture qui sommeillait depuis quelques temps — écriture à quatre mains, au moins, dont celles de Mario! — est d’ailleurs l’occasion de me réactiver les méninges autour de tout cela (et si cette fois ça y était?). À suivre…

Le mot de la fin pour aujourd’hui? Je l’ai trouvé ici:

« Jusqu’à aujourd’hui, notre génération politique a réagi, il nous faut maintenant agir. »

Je ne sais pas si la façon proposée est la méthode la plus efficace de le faire, mais je me réjouis néanmoins de voir l’intention aussi clairement exprimée. Ça aussi, ce sera à suivre…