Lettre à la Ministre de la Culture et au Maire de Québec

J’ai beaucoup écrit depuis un mois au sujet de Québec Horizon Culture. Parce que j’y crois beaucoup. Cela m’a par ailleurs permis d’être en contact de nombreux points de vue, d’entendre de nombreuses opinions, d’avoir plusieurs discussions sur le sujet avec des gens aux profils très variés.

À quelque jours de l’événement, j’ai eu eu envie avec quelques amis rêveurs de ville (ou dîneurs fous, selon le point de vue!) de me faire l’écho d’une partie des commentaires et avis entendus au cours des dernières semaines et de témoigner des attentes que suscite Québec Horizon Culture dans mon entourage.

Nous avons donc pris la plume au cours des derniers jours, et voici ce que cela a donné — sous la forme d’une lettre adressée à Madame Christine Saint-Pierre, Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et à Monsieur Régis Labeaume, Maire de Québec.

Nous invitons évidemment tous ceux et celles qui le souhaitent à ajouter leur signature, et quelques remarques, en utilisant le formulaire de commentaire prévu à cet effet — voire à le publier à leur tour sur leur blogue s’ils en ont envie.

Mises à jour du 10 février: Jusqu’à présent, le texte également publié chez Jean-Sébastien, chez René, chez Philippe, chez Michael, …  Il est aussi reprise sur une version préliminaire de remixonsquebec.com (info à venir: adresse à conserver) — qui préfigure l’utilisation souhaitée de remixonsquebec.ning.com (en cours d’élaboration).

Mises à jour du 11 février: Philippe fait un suivi de l’initiative sur son blogue. Carl-Frédéric en parle sur Québec Urbain, …

Mise à jour du 12 février: Philippe tient à jour la liste des signataires qui s’ajoutent ici…

* * *

Madame la Ministre,

Monsieur le Maire,

Vous coprésiderez dans quelques jours Québec Horizon Culture — un rendez-vous auquel ont été conviés artistes et leaders culturels, gens d’affaires et de technologie, citoyens et élus pour échanger sur leur vision et sur les moyens à mettre en place pour favoriser le développement culturel de la capitale.

Jeunes, entrepreneurs, créateurs, travailleurs dans le secteur de la culture, de l’éducation ou des technologies, voyageurs, nous avons été interpellés par votre invitation et plusieurs d’entre nous seront présents au Centre des Congrès lundi prochain. Vous avez suscité chez nous de grandes attentes parce que nous espérons que cet événement marquera le début d’une nouvelle approche du développement de notre ville.

Nous nous réjouirons bien sûr des annonces qui pourront être faites à l’occasion de l’événement, pour l’ensemble de la ville et pour le quartier Saint-Roch, en particulier. Nous ne doutons pas que les institutions et les organismes qui s’en verront gratifiés le méritent, mais nous espérons plus. Nous espérons aussi autre chose.

Nous espérons vous entendre dire que le rôle des leaders politiques et des institutions n’est pas de réfléchir à la place des citoyens, mais de les aider à imaginer et à créer ensemble l’avenir de leur ville. Nous comprenons qu’il vous paraissait nécessaire de procéder dans le secret pour mettre Québec Horizon Culture sur les rails, mais cela nous semble une manière anachronique d’exercer le leadership.

Nous espérons que la négociation institutionnelle et la consultation de vos réseaux d’influence traditionnels sont maintenant achevées et qu’un dialogue direct et continu avec les créateurs, les artistes, les entrepreneurs et les citoyens en général pourra débuter. Nous espérons qu’à l’instar de nombreux leaders modernes, vous vous appuierez notamment sur Internet pour tirer profit de l’intelligence collective des citoyens — et que vous vous inspirerez pour cela des meilleures pratiques en vigueur dans le monde.

Nous espérons que tous les citoyens de Québec seront invités à monter à bord du TGV Québec Horizon Culture et que nous ne découvrirons pas qu’il s’agit seulement d’un nouveau convoi de marchandises à l’allure revampée. Nous espérons aussi que des mécanismes de suivi seront mis en place, dès la semaine prochaine, afin de s’assurer que les attentes suscitées pourront être comblées.

Vous savez tous les deux faire preuve d’une très grande énergie et d’une impressionnante capacité pour lancer des projets. Nous avons de la fougue et de l’énergie et nous souhaitons pouvoir les mettre à contribution pour la mise en œuvre du plan d’action qui sera issu de Québec Horizon Culture — pour autant qu’on puisse s’en sentir partie prenante.

Il ne s’agit pas tant pour nous de trouver à se faire entendre le 16 février. Nous visons plutôt à formuler dès maintenant notre souhait de prendre part à une véritable conversation au sujet de l’avenir de la Capitale. Et, pour cela, nous croyons que l’essentiel est de relier les gens de façon innovatrice, de faire se rencontrer des idées et de permettre l’émergence d’un futur dans lequel nous souhaiterons investir toute notre vitalité et notre créativité — plus encore que d’organiser une autre rencontre au sommet.

C’est sur cette ouverture que nous avons le plus envie de vous entendre et de vous voir poser des gestes — en particulier pour faire en sorte que chacun ait les moyens de prendre part à cette conversation et que survienne la rencontre tant souhaitée des milieux de la culture, de la technologie et des affaires.

Vous pourrez dès lors compter sur nous.

  • Jean-Sébastien Bouchard, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Julie Marie Bourgeois, travailleuse culturelle
  • Michael Carpentier, Associé fondateur, Zengo.ca [blogue personnel]
  • Philippe Dancause, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Clément Laberge, Vice-président Services d’édition numérique, De Marque [blogue personnel]

Et tous ceux qui ajouteront leur nom à la liste des signataires au cours des prochains jours…

Québec Horizon Culture: Le Forum jeunesse lance un appel aux artistes de la relève

Message reçu un peu plus tôt aujourd’hui du Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale en rapport avec Québec Horizon Culture.

« Le Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale est invité le 16 février prochain à représenter les intérêts des artistes de la relève dans le cadre d’une orientation qui veut faire de Québec la capitale de la relève culturelle et artistique.

Afin de représenter efficacement vos intérêts, vos projets, vos préoccupations et, surtout, vos ambitions, nous vous encourageons à soumettre vos idées directement à l’intention du Forum jeunesse à l’aide d’un outil de remue-méninges collectif : Google Moderator.

Voici les étapes à suivre pour participer… » (texte complet)

Je me réjouis évidemment de cette initiative, mais je trouve dommage qu’elle survienne à moins d’une semaine de l’événement (est-il possible de susciter la participation des gens en si peu de temps?) et qu’elle soit aussi précisément adressée aux artistes de la relève (puis-je formuler des propositions?).

Je trouve particulièrement audacieuse l’utilisation de Google Moderator (un outil très puissant, mais qui me semble complexe, au premier abord, pour une majorité de gens). Je suis très curieux de voir ce que cela pourra donner… parce que j’aimerais beaucoup que ça marche — cela voudrait dire que je pourrais à mon tour l’utiliser dans d’autres contextes semblables.

Bonne chance au Forum jeunesse — j’ai hâte de connaître les conclusions.

Lire la suite de « Québec Horizon Culture: Le Forum jeunesse lance un appel aux artistes de la relève »

Québec: réseaux ouverts ou réseaux fermés?

Une ville c’est un réseau: de lieux, de personnes, de projets, de rêves. C’est un lieu qui peut être, plus ou moins stimulants selon la manière qu’on a de l’habiter.

Le Web, c’est un réseau: de personnes, d’idées, de projets, de rêves. C’est un réseau qui se superpose à la ville — qui s’y intègre (ou qui devrait s’y intégrer).

La ville de Québec est, un peu trop souvent à mon goût, une culture de réseaux fermés — où les institutions jouent un rôle déterminant et où on peut donner l’Impression de consulter très largement, même sans vraiment ouvrir le jeu. Un environnement où les gens qui sont « rattachés au pouvoir » ne prennent pas la parole publiquement parce qu’ils savent qu’ils sauront bien se faire entendre et où ceux qui ne le sont pas ne s’expriment pas non plus parce qu’ils ont la perception que « de toutes façons » ils ne seront pas écoutés. J’exagère peut-être, mais c’est un peu comme cela que j’interprète le silence constaté sur le Web concernant Québec Horizon Culture.

En comparaison, le Web est un univers que je trouve particulièrement stimulant parce qu’on y trouve, le plus souvent, une culture de réseaux ouverts — où chacun peut avoir voie au chapitre; où les échanges se font au grand jour, ou le partage est la norme. Je ne sais pas qui lit mon blogue, mais tout le monde peut y intervenir — et relancer des discussion ailleurs à partir de ce que je dis. J’ai fait connaissance de dizaines de personnes, à Québec et ailleurs dans le monde de cette façon. Les échanges que j’ai avec ces personnes nourrissent mes réflexions et fertilisent mes projets tous les jours.

Je pense qu’un peu de culture Web ferait le plus grand bien à la ville de Québec. Et plus ma réflexion prend forme en prévision de Québec Horizon Culture, plus j’ai envie de faire porter mon intervention sur cette dimension du développement culturel de la ville — à partir d’exemples et de propositions concrètes. Cela me donne aussi envie de revisiter à cette occasion le sens qu’on donne au mot « culture » dans le cadre de ce rendez-vous — comme je l’avais fait au rendez-vous stratégique de la culture en 2007. Bien entendu, la culture Web, ça ne se passe pas seulement sur le Web, c’est une attitude, un désir d’ouvrir les réseaux; d’ouvrir ses réseaux.

* * *

Je laisse la réflexion en plan pour ce matin (texte écrit dans le bus, mis en ligne entre deux réunions!) — mais j’aurai l’occasion de la poursuivre un groupe d’amis ce midi et de témoigner des conclusions de notre conversation au cours de la fin de semaine.

D’ici là, j’attire votre attention sur quelques textes publiés sur Québec Horizon Culture dans les derniers jours — dans une perspective de culture de réseaux:

Québec Horizon Culture, par Andrée Pelletier — en rapport avec la médiation culturelle, et qui m’a permis de découvrir l’existence du Groupe de recherche sur la médiation culturelle de l’UQAM

Le Soleil – 17 février 2009, par Jean-Sébastien Bouchard, qui a été le seul, à ma connaissance, à répondre à mon invitation d’imaginer l’article du Soleil qui traitera de Québec Horizon Culture le lendemain de l’événement (j’essaierai de le faire à mon tour au cours de la fin de semaine).

(&) Ask for money, you’ll get advice — le sort prévisible de Québec Horizon Culture ?, de René Audet, qui réagit à mon compte rendu de la soirée Participe Présent.

« Ce qui me frappe, c’est la lecture un peu ébahie des acteurs du milieu (…) devant la machine politique qui se met en place pour l’événement Québec Horizon Culture. Une machine à mobiliser de force le milieu des affaires pour l’impliquer dans la survie du momentum culturel que Québec 2008 a pu créer — d’ailleurs un peu à l’étonnement de tous. Et les constats d’un arrimage problématique fusent : qu’en est-il de la médiation culturelle ? du monde de l’éducation ? de la diversité culturelle ?  »

Je rappelle aussi la « revue du Web » de Québec Horizon Culture. C’est ici.

J’attire aussi votre attention, en terminant, sur ce texte d’Hubert Guillaud, dans Internet Actu,  dont j’ai trouvé la lecture extraordinairement stimulante: Comment s’approprier la ville ?

« Le Centre canadien d’architecture, sis à Montréal, propose jusqu’au 19 avril une exposition intitulée “Actions : comment s’approprier la ville ?” qui présente 99 interventions visant à transformer “positivement” nos villes. Architectes, designers et artistes en provenance du monde entier s’intéressent à nos activités anodines (jardinage, recyclage, jeu, marche) et montrent combien l’engagement individuel contribue à façonner la ville et suscite l’engagement d’autres résidents. »

J’aime la dose de subversivité qu’on trouve dans ce texte, et dans l’exposition — entre autre parce qu’un peu de subversivité ne ferait pas de tort non plus à Québec. Une subversivité créative, pas juste réactionnaire…

Ce sera donc une exposition à voir lors d’unde mes fréquents passages à Montréal.

La rencontre du rêve, de l’invention et de l’imagination

Ouf! Les semaines sont chargées par les temps qui courent! Heureusement, elles sont aussi diversifiées, ce qui aide à tenir le coup. Elles me réservent aussi plusieurs belles surprises.

Comme ce matin, où lisant le journal — le vrai, en papier (!) — je découvre que le maire de Québec est à la recherche de rêveurs de ville. Ça me parle: il faudra que je trouve le moyen de le lui dire — d’autant qu’il m’avait en quelque sorte lancé une invitation le printemps dernier. Mais je ne l’interpellerai vraisemblablement pas seul! Rêve.

Plus tard dans la journée, en lisant ce que les flux RSS auxquels je suis abonné m’ont rapporté comme matériaux de veille, je tombe sur ce texte de l’Agence Science Presse: Québec, ville d’inventeurs en 1900. C’est amusant: un texte écrit à Montréal qui me revient par l’hebdo des francophones de Toronto, relayé par Québec urbain. Invention.

Et voilà qu’en soirée, je tombe sur un texte de François Bon, dans lequel il imagine un nouveau musée mobile des coutumes urbaines à partir d’une photo aussi impressionnante qu’amusante. Imagination.

Le rêve, l’invention et l’imagination réunies au coeur de la ville, de ma ville, aujourd’hui: n’est-ce pas de bien belles co-incidences?

Elles le sont tellement que je me suis soudain surpris à rêver que celui qui, de là-bas, imagine aujourd’hui la ville, viendrait demain, ici, l’inventer avec nous. Qui sait?

* * *

Et c’est ainsi que pour terminer cette journée où le rêve, l’invention et l’imagination se sont amusées à me faire des clins d’oeil, j’ai envie de vous suggérer le visionnement de cette vidéo — dans laquelle l’urbaniste brésilien Jaime Lerner nous raconte, avec humour, en mots et en images, son inspirante vision de la ville (c’est en anglais).

Jaime Lerner reinvented urban space in his native Curitiba, Brazil. Along the way, he changed the way city planners worldwide see what’s possible in the metropolitan landscape.

À regarder avec en tête la tenue de Québec Horizon Culture, dans une dizaine de jours…

Une soirée pour préparer Québec Horizon Culture

J’ai assisté ce soir à la soirée Participe Présent qui avait lieu au Musée de la civilisation en prévision de la journée Québec Horizon Culture du 16 février prochain — dans deux semaines tout juste!

Étaient invitées à s’exprimer:

Dominique Brown, président-directeur-général de la compagnie de jeux vidéo Beenox, Daniel Gélinas, directeur du Festival international d’été de Québec, Marc Gourdeau, vice-président du Conseil régional de la culture, Claire Simard, directrice du Musée de la civilisation, Dominique Violette, directrice du Carrefour international de théâtre et Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada.

Je reprends plus bas l’ensemble des notes que j’ai prises au cours de l’événement — en vrac et pratiquement sans révision. Mais de façon un peu plus synthétique (tout en restant spontané):

J’ai aimé:

que quelqu’un déplore la faible implication le milieu de l’éducation dans Québec Horizon Culture alors que c’est à l’âge scolaire qu’on apprend le mieux à entretenir une relation d’engagement avec la culture (plutôt que de simple consommation).

qu’on signale aussi l’importance de soutenir la culture de proximité, dans les quartiers, à partir des bibliothèques, des parcs, etc.: de favoriser la rencontre de la culture au quotidien.

qu’on rappelle que la présence de l’art dans la ville doit s’accompagner d’une médiation permanente qui permette à tout le monde d’apprivoiser, de comprendre et d’apprécier les oeuvres: « il n’y a pas que les bustes et les statues qui doivent être accompagnées d’explications ».

qu’on signale à de nombreuses reprises le rôle essentiel de la diversité dans le développement culturel et économique de la ville et qu’on déplore le manque de diversité à Québec — la culture c’est la rencontre.

entendre dire que la pire méthode pour solliciter la participation des gens d’affaire dans la culture, c’est de leur demander de l’argent. Mieux vaut solliciter leur participation, susciter leur engagement — faire appel à leurs passions. : « Ask for money you’ll get advice, ask for advice you’ll get money. » Je suis bien d’accord: c’est d’abord la main à la pâte qu’il faut souhaiter.

Je retiens particulièrement:

que la clé du succès de Québec Horizon Culture repose probablement sur la mise en place, dès le 16 février, de mécanismes précis pour assurer le suivi de l’événement.

Je reste troublé par cette question — très provocante:

« Est-ce qu’on peut former les créateurs de demain — la relève culturelle, comme le dit le maire Labeaume — dans une ville où il n’y a pas de diversité culturelle? »

Je trouve qu’on a oublié:

de donner la parole aux créateurs eux-mêmes: auteurs, comédiens, musiciens, peintres, etc. — plus encore, je suis intrigué par le silence de ceux qui étaient dans la salle: désintérêt? résignation? cynisme?

de parler du rôle de la presse et des médias et de la façon dont ils traitent de la culture.

de dire qu’il faudrait apprendre à « donner plus souvent la chance au coureur » en présumant qu’une idée proposée est bonne jusqu’à preuve du contraire, et non l’inverse, comme on le fait encore trop souvent. Ouverture d’esprit, je cris ton nom…

Je trouve plus dommage encore:

qu’on ait très peu parlé (voire pas du tout!) du rêve et de l’inspiration, de façon générale — du fait que pour miser sur la culture, une ville doit être inspirante, tant pour stimuler les créateurs que leurs publics.

pas parlé non plus de l’importance de développer l’entrepreuneuriat dans le domaine culturel — pour développer dans la population (et chez les jeunes, en particulier) un regard sur le monde comme quelque chose sur lequel on peut avoir une influence, qu’on peut transformer, pour réaliser ses rêves.

et que rien sur le rôle que les technologies de l’information peuvent jouer pour favoriser la rencontre des personnes, organismes et institutions culturelles dans la région — pourtant évoqués à maintes reprises comme un besoin.

Je suis aussi déçu:

que devant les défis que pose le manque de diversité à Québec, personne n’ait évoqué l’importance de valoriser le voyage et les expériences à l’étranger des citoyens — les jeunes en particulier — comme façon de « rapporter des bribes de diversité », stimuler l’ouverture d’esprit, développer des réseaux et provoquer les rencontres nécessaires à la création et à l’innovation.

* * *

Bien sûr, j’aurais pu aussi me lever et dire tout ça — ou une partie de ça! — mais j’ai préféré prendre des notes et les reformuler ici, afin d’essayer (à nouveau) de susciter des réaction et de solliciter la participation des gens d’ici le 16 février; parce que cela me semble fondamental.

Je m’accorde encore quelques jours pour formuler adéquatement le message que j’aimerais partager avec les participants à Québec Horizon Culture… en étant de plus en plus obsédé par une question que me pose régulièrement Ana-Laura, à peu près en ces termes:

« … bon, c’est bien beau tout ça, mais alors, on fait quoi, concrètement, toi et moi, pour contribuer à ce que cette vision de la ville se réalise ? ».

Elle a raison: ce serait tellement bien d’arriver suggérer quelques propositions simples, qui puissent avoir pour effet de favoriser l’engagement des gens au lieu de leur donner (faussement?) l’impression qu’ils ont été dépossédé de leur influence au profit des institutions culturelles.

Pour le moment, l’idée qui me vient à l’esprit, ce serait de faire un témoignage sous forme de récit — d’incarner mon propos à travers des personnages et des lieux, dans une ville imaginée; inspirante. J’aurais envie d’aller raconter une courte histoire…

* * *

Devant la difficulté de communiquer efficacement ses idées, comment ne pas terminer en avouant ma très grande admiration pour Simon Brault dont toutes les interventions ont été particulièrement saisissantes ce soir. J’ai été vraiment très impressionné par la simplicité et la clarté avec laquelle il s’exprime. Si seulement je pouvais arriver à en faire autant… Il me reste à en faire autant!

Lire la suite de « Une soirée pour préparer Québec Horizon Culture »

Odieux!

Je suis bouche bée. Vraiment.

Pour comprendre il faut lire:

Attaque misogyne encouragée chez les élèves et L’éducation est partout.

ou encore: Un manuel du cours Éthique et culture religieuse fait les délices d’une radio-poubelle…

ou encore: Sylvain Bouchard, du FM 93,3, indigne Françoise David

Inciter à détruire un livre simplement parce que Françoise David y figure, le faire en ces termes — et récompenser le geste en faisant gagner un jeu vidéo. C’est ODIEUX. Tout ça au moment où Polytechnique nous rappellera prochainement de très douloureux souvenirs. A-t-on seulement le droit d’alimenter les délires conspirationnistes à l’égard du féminisme? Je dis NON.

Sans un mea maxima culpa sans équivoque, Sylvain Bouchard ne mérite plus que CJMF lui confie un micro. Évidemment, avec un directeur de programmes qui se comporte de façon aussi lâche et indigne que celui que cite Le Soleil, on peut s’attendre au pire, et qu’il le garde.

«Les propos de Sylvain Bouchard lui sont propres, comme c’est le cas pour l’ensemble des animateurs au 93,3, a-t-il ajouté. Ce n’est pas à la direction d’endosser ou non ces propos-là.»

Si tel devait être le cas, j’ose croire que le maire de Québec — qui a l’habitude d’aller faire son tour à CJMF à l’occasion — s’abstiendra dorénavant d’accorder des entrevues à ces saboteurs de société.

Participe Présent et Québec Horizon Culture

Entendu avec plaisir à la radio ce matin: la prochaine édition de Participe Présent sera consacrée à Québec Horizon Culture, avec pour thème: Québec Horizon Culture… Mais quelle culture?

Pour aller plus loin et placer la culture au cœur même du développement économique, il faudra entre autres mobiliser les entreprises privées. Mais autour de quelle vision culturelle? De grands spectacles rassembleurs ou une consolidation des structures de production et de diffusion actuelles?

Une discussion avec Daniel Gélinas, directeur du Festival d’été, Marc Gourdeau, vice-président du Conseil régional de la culture, Dominique Violette, directrice du Carrefour international de théâtre, Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada et Dominique Brown, président-directeur-général de la compagnie de jeux vidéo Beenox.

C’est lundi prochain, au musée de la civilisation.

Et pour se souvenir d’où nous en étions sur la même question en 2005, on pourra réécouter l’édition du 3 octobre 2005, sur le thème: L’avenir de la culture à Québec : les candidats se prononcent.

Qu’aimeriez vous lire dans le journal le 17 février?

J’ai beaucoup d’échos, de vive voix, en rapport avec mon appel à tous au sujet de Québec Horizon Culture; également par courriel, mais très peu publiquement, ici, sur le blogue.

C’est même à croire qu’il n’y a que les médias traditionnels qui s’intéressent à l’événement jusqu’à présent… parce que pratiquement rien n’a été écrit sur le sujet dans la blogosphère — à l’exception de René Audet qui a interpellé publiquement ses collègues du CRILCQ et de l’ITIS: La culture à Québec… et notre engagement alors ? Extraits:

Loin de moi l’idéalisme d’une culture qui puisse exister sans infrastructures, sans soutien gouvernemental. Le financement est chose nécessaire, mais selon quelles orientations ? favoriser un développement général, au petit bonheur?

Quelle orientation pour un développement culturel à Québec ? Pour le dire autrement : qu’y aura-t-il de singulier dans cet élan insufflé à la culture dans la ville de Québec, qui la distinguera des initiatives culturelles de toute autre grande ville de la province, du pays ?

… quelle place souhaitons-nous prendre comme universitaires dans cette économie de la culture?

… comment arrimer la réflexion universitaire sur la culture à un milieu en pleine effervescence ? Comment jouer, comme universitaires et intellectuels, un rôle dans la cité lorsqu’il est question de développement culturel ? On nous donne, par cet événement, un possible droit de parole ; est-ce que nous nous en prévaudrons ?

Constatant cet après-midi que j’étais aussi tombé dans le piège de discuter avec lui de tout ça en privé, dans le confort du courriel, j’ai proposé à René que nous déplacions plutôt notre échange ici afin de permettre à d’autres personnes de prendre part à la conversation.  —  je profite de la même occasion pour lancer, en fin de texte, une idée simple pour brasser des idées en rapport avec Québec Horizon Culture au cours des prochains jours… c’est cette idée qui a inspiré le titre de ce texte.

Lire la suite de « Qu’aimeriez vous lire dans le journal le 17 février? »

De la persévérance scolaire à Québec Horizon Culture

Au moment de planifier la semaine, encore très chargée, qui s’amorce — et un peu plus loin, le mois de février qui se pointe déjà le bout du nez — je prends quelques instants pour réfléchir au sujet de deux événements auxquels j’ai choisi de faire une place dans mon agenda — l’un porte sur la persévérance et la réussite scolaire, l’autre sur le développement de la ville de Québec grâce à la culture.

* * *

Il y aura d’abord, ce mercredi, une journée de concertation sur la persévérance scolaire dans la région de Québec — un événement très important auquel devraient participer près de 300 personnes, et dans lequel je reconnais une philosophie très proche de l’idée de cité éducative :

La nécessité de tenir un tel événement trouve sa source dans les deux constats suivants :

  • les défis associés à la persévérance et la réussite scolaires sont complexes et ne pourront pas être résolus sans un effort concerté de tous les acteurs régionaux;
  • le développement social et économique de la région de la Capitale-Nationale dépendra de la présence d’une relève compétente, éduquée et dotée d’une forte capacité d’innovation. (…)

Près de 300 personnes provenant de commissions scolaires, d’entreprises privées (particulièrement en science et technologie), de cégeps, d’universités, de centres de recherche, d’organismes communautaires, d’organismes de développement régional, etc. Une trentaine d’élèves du secondaire et du collégial participeront également à la journée.

(source: perseverancecapitale.ning.com)

La formule retenue pour l’événement est très ouverte, le site Web contient beaucoup d’information et pourrait servir d’embryon à un réseau qui pourra durer bien au-delà de la journée de mercredi. J’apprécie que l’accent a moins été mis sur la communication — en terme de relations publiques — que sur « la conversation, le partage, l’apprentissage et la mise à profit de l’intelligence collective des gens qui y seront réunit ».  L’animation de la journée, dont au moins une partie a été confiée à mes amis Philippe Dancause et Jean-Sébastien Bouchard, chez Grisvert, devrait aussi être particulièrement stimulante. J’ai vraiment très hâte de vivre cela.

* * *

Cela contraste un peu avec Québec Horizon Culture — auquel je participerai aussi, le 16 février, et qui réunira probablement autant de monde. Dans ce cas, on sent une volonté d’encadrement beaucoup plus forte, tant en ce qui concerne l’organisation que la communication. Ce n’est certes pas un problème en tant que tel — mais c’est néanmoins ce qui m’a amené à lancer un appel à ceux et celles qui s’intéressent à l’avenir de la Capitale nationale du Québec, et à la place que la culture peut/doit prendre dans son développement, afin qu’ils commencent à s’exprimer dès maintenant, sur le Web — en préparation de l’événement.

Je crois qu’il est indispensable que des messages moins institutionnalisés se fassent entendre en prévision de l’événement — parce que Québec demeure une ville où la culture est encore, trop souvent, une affaire d’institutions (je le perçois comme cela, en tout cas).

Je souhaiterais personnellement que des appels très clairs se fassent entendre dans les trois prochaines semaines — et lors de l’événement — en faveur de l’entrepreneuriat culturel, sous toutes ses formes et pour des projets de toutes tailles.

* * *

Ce n’est toutefois pas les différences entre ces deux événements qui motivent la rédaction de mon texte de ce soir. Ce sont plutôt les similitudes que je perçois entre les deux événements, mais pour lesquels je déplore de ne trouver aucune référence.

En consultant la documentation relative à chacun des événements, et leurs sites Web respectifs, on pourrait croire qu’aucun lien n’existe entre eux. C’est probablement vrai en terme d’organisation, mais il me semble évident que plusieurs des thèmes abordés sont très proches — ou très interdépendants.

Dans un cas, on cherche des moyens de garder les jeunes accrochés à l’école — et plus largement à la société en générale.

Dans l’autre, on tente de mettre en place des conditions qui stimuleront la participation des jeunes à la vie culturelle de la région de Québec.

Dans un cas on tente de trouver des moyens pour intéresser les jeunes à l’école en donnant du sens aux activités d’apprentissage, notamment en les inscrivant plus étroitement dans la vie de la Cité.

Dans l’autre, on cherche à développer les publics pour le monde culturel — en particulier chez les jeunes, et notamment en faisant appel à l’école.

Dans un cas, on compte sur un milieu culturellement riche — intellectuellement stimulant — pour donner envie aux jeunes de rester à l’école, à Québec et, plus largement, de s’intégrer harmonieusement dans la société.

Dans l’autre on cherche à développer à Québec un environnement culturel qui sera de nature à donner envie aux jeunes de faire leur vie à Québec et d’y vivre leur créativité, quelle qu’en soit la forme.

Dans un cas on cherche à valoriser les sciences et les technologies à l’école, notamment en les présentant sous de nouveaux visages.

Dans l’autre on cherche à rapprocher le monde de la culture et celui des sciences et technologies pour stimuler l’innovation et le développement économique.

J’arrête là l’énumération, conscient de résumer de façon sans doute un peu simpliste les enjeux identifiés pour chaque événement. Je ne crois toutefois pas trahir l’esprit qui anime les organisateurs, dans un cas comme dans l’autre.

De ce point de vue, il me semble qu’il serait souhaitable que certaines des personnes qui seront présentent mercredi soient invitées à témoigner de ce qui se sera dit lors de cette journée de concertation lors de Québec Horizon Culture — pour qu’on ne perde pas de vue que le milieu de la culture et celui de l’éducation sont interdépendants; et qu’ils se partagent de nombreux acteurs.

Il me semble que ce serait bien que les pouvoirs publics, qui rendent possible les deux événements, s’assurent de les inscrire dans une forme de continuité; qu’ils invitent explicitement les acteurs naturels de chacun à mettre l’épaule à la roue pour relever les défis abordés dans l’autre événement. Les commissions scolaires, par exemple, devraient être interpellées dans le cadre de Québec Horizon Culture. Et, de la même façon, il faudrait suggérer aux organismes et aux institutions qui seront présentes le 16 février de joindre leurs efforts à ceux des signataires de l’entente spécifique pour la persévérance et la réussite scolaires et les cheminements en science et en technologie dans la région de la Capitale-Nationale.

Il faut, pour assurer le développement de notre ville, briser les silos qui nous font aborder les différents axes de notre développement de façon distincte. Il faut miser sur la rencontre des idées. Nous avons avec ces deux événements une occasion en or de le faire — en évitant le piège de trop segmenter éducation et culture.

Je rêve que les politiciens qui s’exprimeront la semaine prochaine, et à la mi-février, fassent preuve d’ouverture et d’audace en rapprochant explicitement les deux événements.

J’aimerais applaudir après les avoir entendus dire qu’on ne peut pas souhaiter améliorer la persévérance et la réussite scolaire sans parler de la place de la culture dans la ville; et qu’on ne peut pas réfléchir à l’avenir de la ville, et à son développement économique, sans se demander comment les institutions et les entreprises culturelles peuvent encore davantage appuyer l’école dans sa mission d’éducation et de socialisation.

Pour avoir les résultats que vous n’avez jamais eus…

Il y a six ans aujourd’hui, le Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD) se choisissait un nouveau chef: Jack Layton.

Parmi les aspirants, un Québécois, beaucoup plus jeune que les autres: Pierre Ducasse — mon ami Pierre Ducasse, avec qui j’ai étudié au cégep, discuté longuement à l’université, passé de longues et stimulantes soirées à refaire le monde… et jamais perdu le contact depuis.

Six ans plus tard, j’ai ressorti, à sa demande, l’enregistrement de ce discours et je l’ai placé sur YouTube — où il aurait dû être depuis longtemps, je crois.

Le discours dure un peu plus de vingt minutes. Il a été divisé en trois parties: ici, ici et .

Une transcription du discours est aussi disponible ici.

Appel à tous pour Québec Horizon Culture

Québec Horizon Culture réunira au Centre des congrès de Québec, le 16 février 2009, le milieu culturel, la classe politique et les gens d’affaires afin de mettre en œuvre une stratégie de développement culturel pour la ville de Québec au cours des cinq prochaines années. (source)

C’est un programme très ambitieux. Un événement nécessaire. Important. Non seulement pour la ville de Québec, mais pour tout le Québec.

J’ai eu envie de lancer un appel à tous… parce qu’il m’apparaît aujourd’hui indispensable de mettre le Web à contribution pour assurer le succès d’un tel événement.

Je rêve qu’on arrive à initier un crescendo de participation sur le Web d’ici le 16 février — sur les thèmes autour desquels l’événement s’articule — ou plus largement, au sujet de la vie culturelle à Québec — dans le but de recueillir et relier entre elles des idées formulées à ce sujet par des jeunes (dans les écoles?) et des moins jeunes, de tous horizons.

Pour le moment, voyez cela comme une bouteille à la mer…


Trois courts extraits du discours d’Obama

Très beau discours de Barack Obama plus tôt aujourd’hui (en anglais | en français). Beaucoup de choses ont déjà été écrites à son sujet. Personnellement, si je ne devais en retenir que trois extraits, ce serait ceux-ci:

« The success of our economy has always depended not just on the size of our gross domestic product, but on the reach of our prosperity; on our ability to extend opportunity to every willing heart — not out of charity, but because it is the surest route to our common good. »

* * *

« … people will judge you on what you can build, not what you destroy… »

* * *

« Our challenges may be new. The instruments with which we meet them may be new. But those values upon which our success depends — hard work and honesty, courage and fair play, tolerance and curiosity, loyalty and patriotism — these things are old. These things are true. They have been the quiet force of progress throughout our history. »

Un regard collectif sur l’assermentation d’Obama

Des millions de personnes sont attendus mardi à Washington pour la cérémonie d’assermentation de Barack Obama.

On imagine aisément que des dizaines de millions de photos seront prises à cette occasion — sur divers appareils photo et téléphones cellulaires.

Et si on en faisait une ouvre collective?

Et si on arrivait à recombiner toutes ces photos pour immortaliser dans un regard collectif ce moment historique? — pour nous permettre de plonger dans l’événement, de l’observer sous tous ces angles, au fil de la journée. Pour permettre à chacun de profiter de l’événement sous tous ses angles — comme si notre cerveau disposait de centaines de milliers d’yeux et d’une mémoire infinie — d’un regard omniscient, presque divin?

J’exagère un peu… mais si peu… puisque c’est le défi que CNN et Microsoft tenteront le 20 janvier sur ce minisite consacré à l’événement.

Tout cela sera possible grâce à la technologie Photosynth? De quoi s’agit-il? Découvrez-le dans cette vidéo d’un peu plus de sept minutes: Photosynth Obama’s inauguration.

Très impressionnant.

Une tradition négligée…

Il y a de ces annonces qui trahissent le manque de perspectives historiques:

  • Le Premier ministre accueillait aujourd’hui la population à l’Assemblée nationale à l’occasion du Nouvel An.
  • Comme l’an dernier son bureau prétend qu’il s’agit là d’une « nouvelle tradition » lancée par le Premier ministre à l’occasion du 400e anniversaire de Québec…
  • …alors que, comme nous le rappelle Gaston Deschênes dans Bonne année quand même!, c’est une tradition qui avait seulement été oubliée depuis une trentaine d’années « par des premiers ministre [un peu trop] montréalais ».

Quoi qu’il en soit, c’est le retour d’une très bonne idée…

Mise à jour de fin de soirée: Le Soleil parle aussi de l’événement, sans plus de perspective.

Un TGV entre Québec et Montréal… vu autrement!

On peut lire dans Le Soleil d’aujourd’hui deux articles en rapport avec le livre Rouler sans pétrole, publié aux Éditions Multimondes. Les textes sont regroupés sur Cyberpresse sous le titre Pierre Langlois, auteur de Rouler sans pétrole: pour la sauvegarde de la planète.

Le schéma de gauche (présent seulement dans l’édition imprimée du Soleil) a attiré mon attention — parce que j’aime beaucoup les idées qui transforment notre façon de voir les choses… et après ces quelques lignes de textes, tout à coup, le projet de TGV qui pourrait relier Québec à Montréal (en une heure!) et plus loin encore, jusqu’à Windsor… n’apparaît plus le même!

« …cela coûterait au moins de 30 à 35 millions $ le kilomètre ici pour implanter un TGV [traditionnel]. Ces coûts s’expliqueraient par la nécessité d’exproprier un corridor pour le train et le nivellement du terrain… [alors] que l’implantation de ce type de monorail coûterait entre trois et cinq fois moins qu’un TGV. « Au lieu de niveler le sol sur la distance entre Québec et Montréal, on aurait à travailler le sol sur quelques mètres carrés pour chaque pylône et à solidifier les structures existantes comme les ponts ». »

On peut feuilleter quelques pages du livre sur le site livresquebecois.com.