Politique

Photo prise le 22 janvier, au sous-sol de l’église Saint-Charles-Garnier.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

C’est la soirée qui a marqué le début de la fin de mon engagement pour le Parti Québécois — après presque dix ans d’implication intensive.

Je cédais ce soir là, la présidence de la circonscription de Jean-Talon. J’allais laisser aussi, quelques semaines plus tard, la présidence régionale. Et j’avais déjà pris la décision de ne pas être candidat pour l’élection du 1er octobre.

J’ai continué à donner quelques coups de main, de diverses façons et jusqu’à récemment, mais le coeur n’y est plus tellement.

Force est de constater que l’éloignement progressif de la sphère partisane a fait le plus grand bien à mon moral.

Je pense que je vais maintenir cette distance.


Extraits de mon journal du 22 janvier:

«Rédaction toute la matinée pour la BTLF (…) Ensuite réunion au ministère de la Culture. Bonne séance de travail au sujet d’une vidéos à produire sur les métadonnées sur les contenus culturels. (…) En soirée: assemblée générale de Jean-Talon. (…) Soulagé. Une page est tournée.»

Créativité

Photo prise le 2 avril.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

Mettre du beau sur les murs c’est bien. En faire soi-même, c’est encore mieux!

Ça fait plusieurs années que j’avais envie de tenter l’aventure de la linogravure. J’ai commencé lentement mais sûrement cette année.

La photo a été prise au jour 1, mes premières expériences. J’en ai fait quelques jours et j’ai tout laissé ça de côté, happé par le quotidien. Et je m’y remets tranquillement depuis quelques semaines. Avec un très grand plaisir. C’est une gymnastique créative très stimulante.

Sans compter toutes les belles création et les sourires que je vois tous les jours sur Instagram après m’être abonné aux fils de plusieurs artistes et centre de création. Ça fait changement des réseaux sociaux hargneux de la politique!

Et je trouve un sens additionnel à cet activité quand je lis les textes de Rob Hopkins sur l’importance de l’imagination pour une société — particulièrement dans un moment de transformation comme celui qu’on traverse.

Le développement de l’imagination et de la créativité, élément imprévu (et important) de la transition écologique? J’y crois.


Extraits de mon journal du 2 avril:

«Journée relaxe. J’ai fait un peu de travail, mais du dessin aussi. J’ai aussi reconfiguré mon lecteur RSS. (…) Pendant ce temps Ana est allée au musée pour préparer l’ouverture du MLab. On est ensuite allé faire quelques courses, dont un ensemble de départ pour la linogravure — cadeau d’anniversaire offert par mes parents.»

Art

Photo prise le 8 août.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

Ça a fait dix ans cette année qu’on est revenu au Québec — après trois ans en France.

Lentement mais sûrement on meuble les murs de la maison de belles choses. Des photos et oeuvres d’art de genres variés.

Cette oeuvre, par exemple, m’a été offerte par Marianne Kugler, qui l’a réalisée à partir d’une vieilles affiches électorales. Le titre: Moutarde… un clin d’œil aux rendez-vous sandwich du vendredi midi, auxquels Marianne a été une des plus fidèles.

On a aussi pris l’habitude de s’offrir du beau en cadeau — au lieu de succomber à la consommation périssable.

Ana m’a offert pour mon anniversaire une oeuvre de Paule Thibault — qui représente le loup de ma fable préférée.

Et j’ai choisi de souligner la fin de mon année de mandat professionnel à Montréal en m’offrant un tableau de Myriam Coulombe-Pontbrilland.

Nous avons évidemment aussi ajouter à notre environnement quelques œuvres de ma mère, Geneviève De Celles.


Extrait de mon journal du 8 août:

«Très belle soirée! Souper avec M. et L. sur la terrasse. Échanges sur tout, sur rien, et sur la politique! Brochette poulet et chorizo + riz (et une tête de moine — tradition oblige!). Mini cupcakes pour finir avec une touche de sucré. Béatrice a fait le dessert et passé la soirée avec nous, ça été l’fun.»

Mandats

Photo prise le 23 août, devant le ministère de la Culture et des Communications, à Québec.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

 

Une autre année comme travailleur autonome. Et j’en suis ravi.

Quand j’ai quitté De Marque, il y a trois ans, je m’étais dit que je ferais six mois à mon compte, le temps de trouver un nouvel emploi.

Puis, d’une chose à l’autre, j’y ai pris goût, j’ai eu la chance d’avoir des contrats stimulants… et j’ai surtout apprivoisé les avantages et les inconvénients de cette situation.

Et trois ans plus tard, j’y vois surtout des avantages. Je vais donc continuer comme ça pour l’avenir prévisible.

En début d’année, j’ai complété un mandat de directeur général par intérim de la BTLF. J’ai ensuite consacré l’essentiel de l’année à coordonner la mesure 111 du Plan culturel numérique du Québec — avec un plaisir renouvelé tous les jours. J’espère que ça se poursuivra en 2019.

Quelques autres plus petits mandats m’ont aussi apporté un peu de variété, toujours très appréciée.


Extrait de mon journal du 23 août:

«J’aborde la journée avec de grandes ambitions d’efficacité. Je crois que ça peut être la journée par laquelle l’automne démarre vraiment. Il fait beau, vent — température pré-automnale.»

Écriture

Photo prise le 28 octobre à la Boîte à pain, à Sainte-Foy.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

Nouvelle habitude cette année: je me suis accordé fréquemment de courts moments d’écriture au gré de mes déplacements. Le plus souvent pour prendre quelques notes dans mon journal quotidien. Du temps repris à Facebook, que j’ai quitté en mars.

Je n’ai manqué aucune journée dans mon journal au cours de l’année. C’est une de mes grandes fiertés de 2018.

J’en suis maintenant à plus de 400 jours consécutifs sans oubli ou négligence. Et plus de 3000 entrées au sujet de 1800 journées depuis six ans. Un trésor.

Je pense que je peux dire avec un bon degré de confiance que l’habitude est prise et que les bénéfices que j’en retire sont suffisants pour penser que je continuerai à le faire toute ma vie.

Le Boîte à pain, c’est mon arrêt de routine du dimanche matin, après avoir déposé Capucine à sa journée de travail.

Un pain romain, un pain aux olives, un autre pain qui varie selon les semaines.

Avec un café pour accompagner l’écriture pendant une trentaine de minutes avant de retourner à la maison pour rejoindre les autres membres de la famille pour déjeuner.


Extraits de mon journal du 28 octobre:

«À la radio j’ai entendu une passionnante chronique sur l’histoire des chats (…) Je me sens entrer dans l’automne avec une certaine zénitude. L’intention de prendre les choses avec une certaine distance. Prendre le temps de mettre de la musique, de lire, d’aller marcher. Prendre du temps pour écrire aussi. (…) C’est un bel automne, malgré la température détestable des derniers jours.»

Étoiles

Photo prise le 16 juillet, au Parc national du Mont-Mégantic.

Ce texte fait partie de la série Mon calendrier de l’Avent 2018.

Fin de semaine en amoureux au cours de laquelle nous avons visité Lac-Mégantic — et pris la mesure de l’ampleur de la catastrophe qui a frappé la ville il y a cinq ans.

Le clou de la fin de semaine est quand même la très belle randonnée que nous avons fait en forêt à flanc de montage.

«Ils ont donc ben l’air heureux ces deux-là», a l’air de dire cette biche. Vous ne trouvez pas?

On a fait des équilibres de roches.

On a regardé les étoiles à travers les éclaircis nuageux.

On a joué au Scrabble.

Et on a très bien mangé.


Extrait de mon journal du 16 juillet:

«La Boulangerie le Pain sur la planche est tenue par un sympathique français qui s’est installé là il y a deux ans et qui a entièrement retapé, avec beaucoup de respect, une vieille maison dans laquelle il y avait eu un dépanneur. La boulangerie est magnifique et ça sent merveilleusement bon quand on y entre. On a pas mal jasé avec le boulanger… qui portait un t-shirt brodé à l’enseigne de l’École de boulangerie et de patisserie de Paris… sous laquelle il avait ajouté deux étoiles au marqueur noir. Je pense qu’il a apprécié que je le remarque. Hier, la France a gagné la Coupe du monde.»

Et pour le dessert?

Au souper, en famille, discussion à bâtons rompus.

— Claude Péloquin est mort aujourd’hui.

— «Vous êtes pas tannés de mourir bande de caves?», c’est lui ça?

— Oui, les paroles de Lindberg aussi.

— Quelle chanson extraordinaire!

(…)

Pas mal plus tard

— On a pas prévu de dessert… quelqu’un a le goût d’en faire un?

— Je pourrais faire des biscuits.

— Ou je fais des crêpes, qu’est-ce que vous en pensez?

La question reste dans l’air, les échanges se poursuivent.

— Alors, des biscuits ou des crêpes?

Je pianote discrètement sur mon iPhone pour mettre une chanson avec le mot cookies dans le titre (pourquoi cookies au lieu de biscuits? je ne sais pas).

Le geste n’est pas remarqué…

Quelques minutes plus tard:

— Voyons, c’est quoi cette musique poche là?

— Je ne sais pas, j’ai cherché des pièces avec cookies dans le titre… parce qu’on parlait de biscuits pour dessert…

— Des chansons avec biscuits dans les paroles… est-ce qu’on en connaît?

Chacun cherche…

Capucine fredonne…

— Ben oui… attend… na na na… mon pot de biscuits… na na na… c’est dans… attends… c’est dans… LINDBERG!

Consternation.

— Lindberg… de Claude Péloquin…

iTunes, les grands succès de Robert Charlesbois et Louise Forestier… Lindberg… play…

— Incroyable! (en coeur)

Dernier couplet:

Puis j’ai fait une chute
Une crisse de chute en parachute
Et j’ai retrouvé ma Sophie
Elle était dans mon lit
Avec mon meilleur ami
Et surtout mon pot de biscuits
Que j’avais ramassé
Sur Québec Air
Transworld, Nord-East, Eastern, Western
Puis Pan-American
Mais j’sais plus où j’suis rendu

Ça c’est passé comme ça pour vrai.

Et finalement on a mangé des crêpes.

Adieu Péloquin!

Mon calendrier de l’Avent

Je trouve que l’année 2018 a été particulièrement généreuse avec moi.

Tellement de beaux moments en famille, avec des amis — et avec moi-même. Tellement d’occasions d’apprendre, de réfléchir, de faire des choix.

Pas toujours à travers des choses faciles, parfois avec quelques frustrations; mais ce sont surtout les meilleurs moments qu’il faut retenir.

Plus que d’autres années, j’ai régulièrement pris le temps de m’arrêter pour apprécier le moment. J’ai même quelques fois pris le temps de faire une photo ou de prendre quelques notes pour pouvoir y revenir.

Alors en cette fin d’année, j’ai eu envie de concevoir un calendrier de l’Avent à partir de quelques-uns des moments qui ont fait de 2018 un grand cru.

J’ai commencé à travailler au projet au cours des derniers jours et je serai prêt pour commencer la publication le 1er décembre.

Une année, 25 photos, 25 courts textes, et beaucoup de très beaux souvenirs.

Pour voir l’ensemble des textes publiés dans la série, c’est ici.

Par-delà la gauche et la droite

De retour d’une journée de travail à Montréal, je me suis fait prendre à écouter deux épisodes de balados sur la politique…. alors que je tente depuis quelques semaines de prendre un peu de recul sur tout ça pour éviter de soupirer inutilement tous les jours. Je suis incorrigible…

Tant dans l’épisode des Engagés publics que dans celui d’Esprit politique, ce qui m’a frappé, c’est l’accent qu’on met encore trop souvent (il me semble) sur le positionnement des partis politiques sur l’axe gauche-droite. C’est une perspective qui me semble pourtant de plus en plus insuffisante pour décrire les résultats électoraux, tant aux États-Unis qu’au Québec.

Je pense qu’on sous-estime largement l’influence de la manière de faire de la politique dans les résultats obtenus par les partis, qu’ils soient plutôt à gauche, plutôt à droite, au centre, fédéralistes ou indépendantistes.

Est-ce que c’est parce qu’il avait un programme trop à gauche ou trop à droite que le Parti Québécois a obtenu les résultats qu’on connaît lors de la dernière élection? Je ne pense pas. Est-ce que ce ne serait pas plutôt parce qu’il s’est constamment laissé distraire? Qu’il a adopté des stratégies de communication qui ont aussi contribué à distraire les électeurs des enjeux pour lesquels le parti avait des propositions structurantes et inspirantes à formuler?

Est-ce qu’on ne devrait pas explorer la possibilité que c’est en cherchant à satisfaire l’insatiable appétit des médias pour l’instantanéité et en succombant à la facilité des réseaux sociaux, que plusieurs partis politiques occidentaux sont en train de courir à leur perte?

Est-ce ces partis n’en viennent pas à banaliser leur prise de parole à force d’avoir une opinion sur tout, à tweeter sur tout et sur rien, à s’indigner à tout vent et en entretenant une impression de calculs tactiques et politiques? Une parole alors condamnée à devenir de plus en plus insignifiante? Comment s’étonner alors de la place croissante occupée par les polémistes?

Je pense que pour continuer à être pertinent et retrouver la confiance des électeurs, le Parti Québécois doit s’interroger aussi sur sa façon de participer au débat public. Peut-être parler moins, mais mieux. Se concentrer sur les sujets où il peut faire la différence.

Être pour quatre ans la deuxième opposition lui offre un contexte idéal pour faire ça.

Concourir avec le Parti Libéral (ou Québec Solidaire) en multipliant tous les jours les déclarations inutiles dans le simple but de donner l’impression d’être la première opposition entretiendrait au contraire les causes de la lente désaffection des électeurs depuis 1995.

Il faut cesser de donner l’impression qu’on accorde plus d’importance à gagner la journée qu’à incarner un projet inspirant.

C’est avec cet état d’esprit que je suggère la lecture du texte suivant à celles et ceux qui participeront au Conseil national de la fin de semaine prochaine:

In Victory, Alexandria Ocasio-Cortez Showed That Authentic Progressive Values Can Redefine Political Reality

À vos marques, prêts, pactez!

Déjà 136 000 personnes ont signé le Pacte pour la transition écologique qui est porté par Dominic Champagne.

Toutes sortes de reproches ont été faits à la démarche, comme c’est probablement normal pour tout projet de masse — et particulièrement dans un univers ultramédiatisé comme le nôtre. Ce serait toutefois dommage de se laisser distraire par quelques critiques et de ne pas profiter de l’élan que nous offre le Pacte pour faire quelques pas de plus dans la luttes contre les changements climatiques et la crise écologique en général.

Parce que par-delà l’inévitable côté «bonne conscience» d’une opération comme celle-là, c’est tout un réseau qui est en train de se tisser: une liste d’adresses courriels, une capacité de mobilisation — comme au printemps érable.

Imaginez la force politique que ça pourra représenter de pouvoir rejoindre rapidement un million de personnes au Québec pour susciter des actions en rapport au sujet de l’environnement. C’est un potentiel de mobilisation dont la dimension échappe complètement aux partis politiques. François Legault l’a très vite compris: il est bien préférable de se servir de l’énergie du mouvement que de l’ignorer, voire de lutter contre celui-ci.

***

Sur le fond, il me semble toutefois qu’une dimension devrait être ajoutée au Pacte.

Parce qu’entre les actions individuelles, rapides mais parfois éphémères, et les actions gouvernementales, puissantes mais lentes et complexes à mettre en place, il existe un troisième champs d’action, qui est peut-être même le plus important et qui me semble négligé: la mobilisation locale.

Par-delà les gestes quotidiens, il faut qu’on donne aux personnes qui sont déjà engagées dans leur milieu les moyens de faire plus, de faire mieux et de rejoindre plus de monde: les comités de quartiers, les initiatives zéro-déchets, les groupes communautaires, etc. Et même (surtout même!) ceux dont les projets ont parfois l’air utopiques. Il est là le levain de la transition écologique.

Il faut encourager les gens à s’engager dans ces groupes, ces comités, ces micro-organisations. Pas qu’en donnant un chèque: en fournissant aussi un peu d’huile de coude un peu, ne serait-ce que trente minutes par mois.

Parce que c’est en se retroussant les manches, sur des projets concrets qui ont du sens dans notre milieu immédiat, que tout le reste trouve son sens et que nos comportements peuvent changer de façon durable. C’est ce qu’illustrait très bien les films Demain et Qu’est-ce qu’on attend?

Consacrer une heure par mois à un groupe écologique, ça a un impact sur soi-même et un effet d’entraînement encore bien plus grand que de manger un cheeseburger de moins par semaine ou que de mettre toujours plus de plastique au recyclage.

La potentiel transformateur de cette forme d’engagement, concret, et au coeur des communautés, devrait d’ailleurs être beaucoup mieux reconnu et soutenu par le gouvernement — qui devrait même la mettre au coeur de sa stratégie environnementale.

Faire confiance au monde, reconnaître que c’est dans chaque communauté que naissent généralement les meilleurs solutions, et déployer les moyens nécessaires pour que l’action collective soit au coeur de la transition écologique.

Voilà ce qui est, de mon point de vue, le rôle le plus indispensable d’un gouvernement devant le défi de la transition écologique.

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J’ai signé le Pacte et je m’engage à compléter bientôt ce geste en m’impliquant concrètement dans les activités d’un organisme environnemental près de chez moi.

Et vous, avez-vous signé?

Forum Xn, jour 3

La dernière journée du Forum Xn a commencé avec une autre série de conférences inspirationnelles.

La présentation de Nathalie Guay sur les principaux enjeux liés à la protection de la diversité culturelle dans le nouvel accord de libre échange États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) m’a semblé très importante.

Mais je retiens tout spécialement la présentation de panora.tv par Mia Desrochers et Anne Hébert. Il s’agit d’une plateforme de distribution de documentaires télévisuels réalisée par Radio-Canada/CBC et qui m’a semblé vraiment très très bien pensée. Le travail de modélisation légale et tarifaire qui a été nécessaire pour arriver à simplifier le processus de vente et de distribution m’a vraiment beaucoup impressionné. Je vais suivre le développement de panora.tv avec beaucoup d’intérêt au cours des prochains mois.

Nous sommes ensuite retournés en ateliers pour prioriser une des suggestions d’action que nous avions formulées hier après-midi. Dans notre cas, pour tenter de favoriser la découvrabilité des contenus culturels.

Nous avons retenu l’idée de créer un outil de diagnostic de la découvrabilité qui serait destiné aux créateurs et aux producteurs de contenus culturels de tous les types.

Les créateurs et les producteurs pourraient entrer dans cet outil un certain nombre d’informations au sujet de leur production, et de leur présences sur le web ainsi que dans les différentes plateformes spécialisées. Ils obtiendraient rapidement un portrait de leur découvrabilité à partir d’un tableau de bord et d’un simulateur de moteur de recommandation. Des pistes actions concrètes pour améliorer la situation et/ou d’aide à solliciter leur serait présentées du même coup. L’outil aurait donc à la fois une dimension pédagogique et une dimension d’encouragement à passer à l’action.

La somme des portraits ainsi obtenus pourrait aussi permettre aux pouvoirs publics de mieux comprendre les besoins réels de l’industrie, dans chaque secteur, et de guider leurs actions pour favoriser la découvrabilité des contenus culturels.

Ce projet a donc fait partie des douze qui ont été présentés lors de l’assemblée plénière. L’avenir nous dira si notre projet aura suffisamment intéressé les gens qui seraient susceptibles de contribuer à sa réalisation.

***

Après le dîner, les participants ont pu échanger pendant plus d’une heure avec Monique Simard et Pierre Trudel, qui représentaient l’ensemble des membres du Groupe d’examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications à Shawinigan.

J’ai pris beaucoup de notes pendant les échanges, mais je ne suis pas encore prêt à en faire une synthèse. J’ai besoin d’un peu de temps pour organiser mes réflexion sur certains des enjeux qui ont été soulevés au cours de la conversation. Mais l’ampleur et l’importance du mandat qui a été confié au groupe ne me sont jamais apparus aussi clairement qu’aujourd’hui. J’y reviendrai donc, forcément, au cours des prochains jours.

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Bravo aux organisatrices qui étaient en première ligne de la réalisation du Forum Xn, ainsi qu’à tous ceux et celles qui l’ont rendu possible. De mon point de vue, ça a été un franc succès.

Forum Xn, jour 2

La formule du Forum Xn de cette année fait une belle place à des conférences inspirationnelles: des séquences de présentations d’une quinzaine de minutes. Je trouve que c’est une très bonne idée, même si elles sont évidemment d’intérêt inégal, selon les goûts des participants.

Hier matin, j’ai trouvé particulièrement stimulant que Mohamed Zoghlami nous présente le rôle central du numérique et de la culture dans le développement économique de l’Afrique. En l’absence d’une couverture médiatique québécoise de l’Afrique (et de l’international en général), ce genre de présentation est vraiment très importante pour nous éviter d’adopter toujours les mêmes perspectives et de se tourner toujours vers les mêmes partenaires. C’est un sujet qui a aussi été abordé en après-midi par Julien Cangelosi. Ça aide aussi à mettre nos défis en perspective…

En après-midi, la présentation des travaux du LATICCE, par Jean-Robert Bisaillon et Guy Philippe Wells, était aussi intéressante. La conclusion, avec sa liste des dix chantiers qui devraient attirer notre attention en rapport avec les métadonnées et enjeux associés, était particulièrement frappante. On peut prendre connaissance de la présentation à partir de ce lien.

Ce sont deux présentations qui semblent avoir aussi suscité particulièrement l’intérêt de Philippe Papineau, du Devoir. Il en parle dans l’édition de ce matin.

Le projet de maison d’édition 100% numérique Miniminus, présenté par Yuri Kruk, a également piqué ma curiosité. La réflexion d’ensemble et le modèle technique sont intéressants, mais je suis resté avec de nombreuses interrogations sur le modèle d’affaire. On s’est parlé brièvement au souper, on se reverra dans les prochaines semaines.

La présentation d’Éric Lefebvre sur les efforts du Partenariat du Quartier des Spectacles pour exporter l’art public interactif québécois était aussi très intéressante parce que très concrète.

Voilà pour les conférences inspirationnelles… qui constituaient évidemment la partie facile de la journée.

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L’essentiel du travail des participants a évidemment été consacré aux ateliers, en petits groupes. Je participais pour ma part à l’atelier Comment assurer la découvrabilité du contenu sur les différentes plateformes numériques? Et j’ai été vraiment très agréablement surpris par la richesse de nos échanges. On est beaucoup plus dans le pragmatisme qu’à la dernière édition du Forum, je trouve. Les quelques post-it ci-dessus en témoignent.

Dans une première séance de travail, nous avons énuméré des freins/ancrages à lever, puis des vents favorables, et enfin des risques et éléments auxquels porter une attention particulières. Sans être d’accord sur tout, la convergence des points de vue était évidente.

Une deuxième séance de travail nous a permis de formuler des suggestions d’actions à poser, d’en débattre entre nous et de les soumettre aussi aux participants d’autres ateliers dans le but de les améliorer.

Ce matin nous devrons finalement prioriser nos suggestions en fonction de leur impact et de leur faisabilité afin de n’en retenir qu’une seule qui sera présenté à la plénière, juste avant le dîner.

Avec 12 ateliers, ça donnera donc 12 actions suggérées, sur autant de sujets. J’ai hâte d’entendre ça.

La journée se terminera vers 14h30 avec une présentation d’une partie des membres du Groupe d’examen du cadre législatif en matière de radiodiffusion et de télécommunications. Ça promet.

***

Et comment passer sous silence qu’une bonne partie de l’intérêt d’un forum comme celui-ci se trouve entre les moments informels et pendant les repas? Là non plus, je n’aurai pas été déçu par le Forum.

J’ai fait plusieurs rencontres très stimulantes (tant avec des personnes que je connaissais qu’avec d’autres que je m’étonne de ne pas avoir connu avant!) et je repartirai avec plusieurs nouvelles idées.

Forum Xn

Je participe cette semaine à la deuxième édition du Forum Xn, un événement destiné aux acteurs du monde de la culture et du numérique. La première édition, il y a 18 mois, avait été très inspirante, j’espère évidemment la même chose pour aujourd’hui et demain.

On a commencé hier soir par un cocktail (aussi appelé «activité de réseautage») — auquel je souligne la présence de la nouvelle ministre de la Culture et des Communication — qui a été suivi par un entretien avec Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS.

Ça a été un moment étonnant, avec un personnage lâché lousse, qui tournait parfois les coins très ronds et qui ne fuyait surtout pas la provocation. Ça en a déboussolé plus d’un… Mais si on accepte qu’il faut toujours en prendre et en laisser — même (surtout?) d’un exubérant érudit! — ça pouvait aussi avoir un côté rafraîchissant. Je pense que son message était, en gros, le suivant: arrêtons de parler des tuyaux et de la technique quand on parle de numérique, parlons des relations entre les humains. Ce à quoi j’avais envie de répondre: oui, bon, ok, bien sûr, mais une fois qu’on a dit ça, concrètement, on fait quoi? Et là, pas de réponse… dommage.

J’ai donc plutôt pris cet échange comme une invitation à la liberté de parole. En effet, si tous les participant.e.s pouvaient ajouter ne serait-ce que 10% de la liberté de parole de Dominique Wolton dans leurs interventions des deux prochains jours on pourrait probablement faire beaucoup plus de chemin qu’en mettant toujours des gants blancs.

Ce matin on entreprend les ateliers de travail… avec comme toile de fond la puissance des géants d’Internet et les défis à la fois techniques et politiques que cela pose à tout le monde. Je participerai pour ma part à la série d’atelier qui s’articulent autour de la question suivante: Comment assurer la découvrabilité du contenu sur les différentes plateformes numériques?

À ce sujet, je ne peux pas terminer ce texte sans souligner la publication d’un excellent texte sur le blogue de Josée Plamondon au sujet des métadonnées dans le domaine culturel:

Projets de données: quel impact sur la transformation numérique en culture

C’est un texte qui décrit très bien le contexte dans lequel s’inscrit mon travail de coordonateur de la mesure 111 du Plan culturel numérique du Québec depuis quelques mois (voir le bilan de juin — un nouveau bilan sera publié bientôt).

Nous serons probablement quelques-un.e.s à partager quelques notes et réflexions sur Twitter au cours de l’événement. Le mot-clic à utiliser est #ForumXn.

La polémique comme stratégie politique

Trump n’a pas gagné ses élections malgré ses propos outranciers. Il les a gagnées grâce à ses propos outranciers. Il va falloir finir par le comprendre!

Même chose pour Bolsonaro au Brésil, Doug Ford en Ontario et peut-être bientôt Maxime Bernier, qui a très bien compris ça.

Certains animateurs de radio de Québec utilisent la même stratégie depuis des années et ça marche aussi, encore et encore!

Aucun de ces hommes ne croit tout ce qu’il dit. Ils ne sont pas cons, ils ont juste trouvé un moyen redoutablement efficace pour neutraliser leurs adversaires: en les distrayant, tout simplement!

Pendant que les polémiques enflamment les médias et les réseaux sociaux, leurs opposants n’ont plus d’espace pour présenter leur vision de la société et le projet politique qui l’accompagnent… et c’est ainsi qu’ils deviennent lentement mais sûrement de moins en moins pertinents, jusqu’à l’asphyxie.

N’est-il pas normal de reconnaître plus de leadership à ceux qui maîtrisent aussi bien les ressorts de la communication à l’ère des médias sociaux qu’à ceux qui tombent systématiquement dans le panneau en réagissant chaque fois avec la même indignation sans réaliser qu’ils s’enfoncent dans un lent suicide politique?

Chaque fois que des progressistes s’indignent des propos d’un polémiste de droite il faudrait leur rappeler qu’ils sont encore en train de tomber dans le panneau et qu’ils sont en train de réunir les conditions de leur propre perte. Dont feed the troll!

La plus indispensable compétence d’un.e. leader aujourd’hui c’est d’être capable de désamorcer une polémique et de reprendre le contrôle de la conversation et de l’espace médiatique. Pour être capable de présenter un autre projet de société.

Si on n’apprend pas ça rapidement il va falloir se faire à l’idée de voir de plus en plus souvent des trolliticiens remporter les élections.

C’est une perspective bien peu réjouissante… dont on aura été complices si on se laisse trop souvent porter par une vaine indignation.

Qu’est-ce que le nationalisme?

La section Duel politique de La Presse+ d’hier nous proposait de réfléchir à ce que ça signifie d’être nationaliste aujourd’hui.

Je trouve que les points de vue proposés ne sortaient pas tellement des sentiers battus. Les résultats des dernières élections nous démontrent pourtant clairement le besoin de renouveler notre façon d’aborder cette question.

Je ne me résigne pas à devoir choisir entre le multiculturalisme postnational de Justin Trudeau et la défense du modèle québécois.

Je suis las de ces conceptions désincarnées du nationalisme qui ont en commun de croire que ce sont les gouvernements qui déterminent les rapports que les peuples entretiennent avec le monde. Je n’y crois pas.

Je crois que le nationalisme, c’est d’abord et avant tout faire confiance au monde. Faire confiance au peuple — faire confiance aux citoyens et travailler à organiser l’espace politique de manière à favoriser leur expression et l’efficacité de leurs actions.

Être nationaliste, c’est utiliser l’État dans une perspective émancipatrice — aux plans individuels et collectifs.

Être nationaliste, c’est éviter autant que possible les lois et les règlements qui briment les initiatives ou qui contraignent l’innovation.

C’est avoir confiance dans l’avenir plutôt que de se réfugier dans le statu quo ou la nostalgie.

Dans cette perspective, un gouvernement nationaliste est un gouvernement qui consacre prioritairement ses ressources à l’éducation: pour aider les citoyens à réfléchir de façon autonome, à cultiver leur esprit critique et à développer leur goût d’entreprendre.

C’est aussi un gouvernement qui aborde spontanément les enjeux identitaires sous l’angle de la culture, en misant sur les artistes et des personnalités inspirantes dans tous les domaines (scientifiques, historiens, gens d’affaires, etc.) pour développer la fierté nationale.

J’aimerais qu’on revienne à la base: être nationaliste, c’est reconnaître son appartenance à un peuple qui partage une histoire, dont on est fier, et à qui ont fait confiance pour inventer des façons d’assurer sa survivance.

Être nationaliste, c’est avoir confiance en nous.

Être un gouvernement nationaliste, c’est agir de façon positive, comme un catalyseur des forces vives de la nation, dans tous les domaines, plutôt que multiplier les contraintes et de cultiver les peurs.

C’est à cette forme de nationalisme là que j’ai envie de m’associer en tout cas.