Synthetica

Nuit de vadrouille à la recherche des souvenirs perdus.

Ici et là. Et où encore? Qui sait?

Is this my life?

Marche dans la ville. La nuit. Les néons. La foule.

Taxi! Plaça Reial. Thanks.

À l’arrivée, cette jolie fille qui monte dans la voiture que nous laissons.

Sur son t-shirt:

« Never let your dreams go out »

La voie pénétrante d’Emily Haines. Partout. La musique de Metric. Omniprésente.

Synthetica sur la Rambla. Et nous. Et nous.

I’ll shut up and carry on.

Hors du temps

C’était la semaine dernière. Ou il y a cent ans.

Seuls quelques détails avaient pu changer: les marques des voitures, le niveau de bruit, la qualité de l’air. Pour le reste, la continuité.

Haut-de-forme. Queue-de-pie. Col empesé. Chaussures vernies.

Et les gestes. Lents. Élégants. Cérémoniaux, même.

Des gestes efficaces, surtout: le trottoir est impeccable. Depuis toujours. Tous les jours.

C’était à quelques minutes de Kaiserstraße, à Francfort. Ou peut-être ailleurs.

Une expérience hors du temps et de l’espace.

Les deux pieds sur terre.

— Taxi sir?

Cafe Luna

C’était l’été dernier, en famille, à Boston. Tout près du MIT Museum. Déjeuner-brunch en famille. Une journée magnifique en prologue à une semaine fabuleuse à Cape Cod.

Le cerne de la tasse de café sur la nappe de papier du Cafe Luna est vite devenu un soleil levant.

Un soleil qui a eu tôt fait de provoquer un déferlement de couleurs sur la table, pour le plus grand plaisir de la serveuse émerveillée et des autres clients.

Il devrait toujours y avoir des nappes de papier et des crayons de couleur dans les restaurants.

No Speed Limit (vraiment?)

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Paris. Capitale de la Francophonie. Grande ville de littérature.

L’espace où je suis accueilli dans les bureaux de la société américaine est dépouillé. Rien de luxueux.

Sur les murs il n’y a que des affiches de business psycho pop probablement destinées à motiver les employés. Toutes en anglais. Je suis perplexe, les employés ne font que passer en coup de vent.

À gauche de la porte par laquelle je suis entré, celle-ci attire particulièrement mon attention:

NO SPEED LIMIT — Speed matters in business. Many decisions and actions are reversible and do not need extensive study. We value calculated risk taking.

Si je suis d’accord avec la fin de l’affirmation, je suis perplexe sur tout le reste, et en particulier sur le titre donné à cette valeur de l’entreprise.

Je pense que le rythme auquel on fait les choses n’est pas sans influence sur le résultat qu’on obtient.

Et que quand on ne prend même pas le temps de s’adapter à la langue des gens à qui on désire s’adresser, on ne se donne pas de chance pour réussir à long terme.

Susciter l’enthousiasme et pouvoir compter sur une incroyable puissance commerciale c’est bien, certes — mais ça ne peut pas remplacer le respect qui est nécessaire à toute relation de confiance.

That’s why there needs to be some speed limitations.

Jambon

On s’est arrêté là quelques instants: rue Santa Anna, près de la Rambla.

C’était un tout petit restaurant où on peut arrêter prendre une bouchée en fin de journée — partager avec un ami une assiette de jambons et de fromages, avec un verre de vin. C’est ce que nous avons fait.

Le décor était moderne et tout était fait pour mettre en valeur les pattes de jambon qui étaient suspendues à l’entrée telles des œuvres d’art. Petites tables en inox, musique électronique de bon goût, on passait un bon moment, hors du temps.

Jusqu’à ce que cette femme s’assoit à la table voisine, superposant ses jambes élégantes à celles des cochons.

Je me suis retrouvé instantanément plongé dans Truismes, de Marie Darrieussecq. Ça m’a coupé l’appétit.

Nous avons vidé nos verres et repris notre marche vers Plaça Espanya.

Le lapin blanc

Nous avons suivi notre guide dans la pénombre jusqu’à la clôture. Il n’avait pas quitté des yeux son GPS. Il y avait bien une rue devant nous, mais aussi une barrière, qui était fermée, ce que Gertrude n’avait pas prévu… Nous avons dû rebrousser chemin.

C’est à ce moment que je l’ai vu. Le lapin blanc. Juste là! Nous l’avons suivi.

Traboulidon.



C’était sombre. Il faisait chaud. Une odeur de viande grillée et d’épices embaumait la pièce. Le plafond était doré. Des cartes à jouer y étaient collées, comme si elles avaient été projetées et que le temps s’était arrêté avant qu’elles ne retombent.

Aucun visage connu. Personne ne semblait parler français. Personne ne semblait être surpris d’être là. Sauf nous.

Au fond de la pièce, nous avons vu un homme consulter le menu du restaurant à la lumière d’une lampe de poche.

Je pense qu’il s’agissait en réalité d’un vieux pirate qui décrivait sa route sur la carte de l’île au trésor.

Kuala Lumpur


Je devais partir lundi soir de Québec pour Francfort, mais je suis plutôt parti le vendredi midi vers Barcelone, de façon imprévue, pour rejoindre un ami. Je repartirais de là pour me rendre à Francfort.

Il faisait très beau dimanche matin. On s’est baladé à la recherche d’une buanderie, mais tout était fermé. On s’est donc plutôt arrêté sur une petite terrasse pour prendre nos courriels et travailler un peu

Bing!

En ouvrant l’ordi, une fenêtre de Facebook laissée ouverte m’interpelle. Il y a du réseau et une amie m’envoie un message par la messagerie instantanée:

— Salutations de Kuala Lumpur! Quel temps fait-il à Québec?

— Salut! Je suis sur une terrasse à Barcelone! Et je serai à Francfort dans deux jours.

— Eh ben! Alors, on se voit à Québec dans dix jours? J’arriverai à Ottawa un peu plus tôt.

— Très bien, on se racontera nos pérégrinations!

Je ferme Facebook, fais quelques courriels, ferme ensuite l’ordinateur et je prends le journal abandonné sur la table d’à côté par un client précédent.

International Herald Tribune, Tuesday, October 9, 2012

Je lis la une. Je tourne la page.

Et paf!

Je découvre une presque pleine page de pub de Invest KL (Kuala Lumpur)

J’ai commandé une autre bière. Pour savourer l’instant. Et réfléchir un peu à tout ça.

Je note: les défis auxquels nous sommes confrontés sont de plus en plus grands à mesure que le monde devient petit.

Automne

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Je pense que depuis sept ans j’ai pris une photo semblable chaque année, au même endroit. Entre deux rendez-vous, à la Buchemesse de Francfort — le plus souvent en terminant un hot-dog garni d’oignons frits.

Certaines années les feuilles sont plus vertes, ou plus rouges, mais chaque fois elles me reconnectent avec le Québec pendant un instant.

Elles me rappellent que l’automne s’achève à la maison, que ce sera bientôt l’hiver, qu’il faudra bientôt préparer le terrain, changer les pneus, s’habiller beaucoup plus chaudement.

Et ça me fait du bien.

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.

— Gilles Vigneault

Das Blaue Sofa

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Il y a la ville. Il y a la gare, les trams, la rue des putes qu’on emprunte pour se rendre au restaurant indien et les deux restos italiens. Il y a les interminables couloirs, les escaliers roulants, et les contrôles de sécurité à l’entrée du hall 8. Les hot-dogs et la bière aussi.

Mais le vrai symbole de la Buchemesse c’est la scène au sofa bleu qui occupe l’entrée principale du hall 6.

Les entrevues s’y succèdent presque sans interruption pendant quatre jours. Il y a presque toujours un attroupement qui déborde dans le passage. Parce que tout le monde veut écouter.

Je ne comprends rien de ce qu’on y raconte, mais je sais que c’est intéressant. Je sais que les gens qui sont invités à s’asseoir sur le sofa bleu sont des passionnés. Je me nourris de leur regard et de l’écoute attentive de la foule à laquelle je me mêle toujours au moins quelques instants dès le premier jour de la Foire.

Un jour j’aurai un sofa bleu.

Écrire, l’automne, dans le train

Des kilomètres d’écriture.

Québec, Montréal, Québec, Montréal…

Ce qui est merveilleux avec le train, c’est qu’on peut vraiment apprécier le paysage, s’en faire un décor. On peut se voir écrire aussi — la page se confondant avec les feuilles dans le reflet sur la fenêtre.

Ce matin-là, le décor a aspiré/inspiré mon texte.

Les feuilles automnales sont même un instant devenues l’écran sur lequel étaient projetés les mots à mesure que je les écrivais dans la fenêtre du logiciel de traitement de texte.

C’est ça écrire, l’automne, quand les feuilles tombent.

Ne reste alors que le texte. Et quelques questions.

Rappels

Un ami me rappelle aujourd’hui qu’en renommant mon blogue, le 27 décembre, j’avais fait le projet d’écrire plus souvent, sans trop réfléchir — et plus souvent à partir d’images. Comme un exercice d’écriture — plus que de réflexion.

C’est vrai. Et je vais m’y remettre.

Il faut quand même dire que je n’ai pas chômé sur l’écriture. J’écris tous les jours, plusieurs fois par jour — en privé. Comme me l’avait suggéré un autre ami. Ce n’est pas la même chose.

Merci aux amis pour les rappels.

P.S. je reviendrai aussi sur le projet de club de lecture, qui n’est pas oublié (loin de là), mais qui a été un peu engloutis par toutes sortes d’imprévus automnaux.

Au-delà des mots, un éloge de la folie

J’avais gardé pour ce soir la lecture du texte que le Devoir consacrait samedi à Alberto Manguel.

Je n’ai pas été déçu. C’est un excellent texte, qui offre de riches pistes de réflexion sur la lecture, sous toutes ses formes.

Je pourrais en reprendre des extraits. Je ne le ferai pas. Il faut lire le texte en entier

…avant de lire bientôt son plus récent livre Éloge de la folie.

Une histoire du Québec racontée par Jacques Lacoursière

J’ai terminé ma lecture de Une histoire du Québec racontée par Jacques Lacoursière — premier livre qui a été choisi pour notre Club de lecture. Je l’ai lu essentiellement pendant des déplacements, sur mon iPhone.

J’ai beaucoup apprécié relire notre histoire de cette façon, sous forme d’un récit — racontée par, c’était très bien choisi comme titre.

Sans faire une analyse exhaustive de mes notes, disons que ce qui m’a le plus frappé au cours de la lecture, c’est jusqu’à quel point notre histoire semble s’être écrite « en réaction » à des décisions ou des gestes posés par d’autres — le plus souvent les Anglais, puis les Canadiens anglophones. Cela ne m’avait jamais autant frappé que dans cette version de notre histoire. Est-ce essentiellement dû à la perspective adoptée par Jacques Lacoursière? ou cela correspond-il à quelque chose de plus fondamental? Je ne sais pas — il faudrait en parler.

Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment eu l’impression tout au long de la lecture que, pendant des siècles, nous n’avons essentiellement fait que réagir, et que, progressivement, au XXe siècle, nous avons peu à peu appris à prendre les devants, à proposer, à initier des choses — à prendre le leadership de notre histoire. Et que c’est peut-être dans ces moments là — trop rares — que nous avons réalisé les seules véritables avancées déterminantes pour le développement de la société québécoise.

Devant ces constats/impressions, je me suis donc demandé ce qu’il en était aujourd’hui. Le livre se termine en 2000, alors que s’est-il passé depuis?

Je pense qu’on vient de traverser une décennie où nous avons aussi été essentiellement en réaction — où nous avons moins travaillé à définir un projet de société qu’à adapter ce que nous sommes en réaction à diverses influences, essentiellement fondées sur les thèses du néolibéralisme. On a transformé certains de nos programmes sociaux parce que… on a réduit les impôts parce que… on a augmenté des tarifs parce queparce qu’il le fallaitparce que sinonparce que les marchés…  Nous avons très rarement réalisé quelque chose en fonction d’un projet, ou d’une aspiration. Nous avons rarement fait preuve d’une attitude progressiste.

Je veux croire qu’on se prépare à entrer dans une nouvelle phase de notre histoire, où nous retrouverons le goût de faire autre chose que de simplement réagir. Je croise les doigts (et un peu plus, quand même — parce qu’il faut y travailler! — et n’est-ce pas d’ailleurs là un des objectifs poursuivit en mettant en place ce club de lecture? je le crois).

J’ai évidemment aussi été frappé au cours de la lecture par la continuité des revendications pour plus de droits, plus de pouvoirs et plus d’autonomie pour le Québec — jusqu’à l’indépendance, parfois — comme on le sait. Et à cet égard, il me semble plus que jamais, au terme de cette lecture, que le moratoire proposé par la Coalition Avenir Québec sur les revendications du Québec est, en ce sens, en complète rupture avec notre histoire.

* * *

Quelques extraits choisis:

Une citation de William Pitt: « Les sujets français, déclare-t-il, se convaincront ainsi que le gouvernement britannique n’a aucune intention de leur imposer les lois anglaises. Et alors ils considéreront d’un esprit plus libre l’opération et les effets des leurs. Ainsi, avec le temps, ils adopteront peut-être les nôtres par conviction. Cela arrivera beaucoup plus probablement que si le gouvernement entreprenait soudain de soumettre tous les habitants du Canada à la constitution et aux lois de ce pays. Ce sera l’expérience qui devra leur enseigner que les lois anglaises sont les meilleures. Mais ce qu’il faut admettre, c’est qu’ils doivent être gouvernés à leur satisfaction ».

Remplacez le gouvernement britannique par les défenseurs du néolibéralisme économique, et on se retrouve assez aisément projeté dans l’actualité récente, non? J’ai eu cette impression en tout cas.

* * *

Le premier ministre Laurier, répondant à Henri Bourassa, fondateur du quotidien Le Devoir, et petit fils de Louis-Joseph Papineau: « Mon cher Henri, la province de Québec n’a pas d’opinions, elle n’a que des sentiments ».

N’a-t-on pas eu, parfois, cette impression au cours des derniers mois?

* * *

« L’emprise de Louis-Joseph Papineau est de plus en plus forte. Il est le leader, parfois contesté, il est vrai, des membres du Parti canadien. Une certaine opposition vient de personnes de la région de Québec qui trouvent que Papineau commence à être trop radical. »

Les premières manifestations du « mystère Québec »? (concept que je rejette par ailleurs).

* * *

EN CONCLUSION — Les questions que j’aimerais approfondir:

1. Est-ce que l’importance de la réaction est bien réelle dans notre histoire?

2. Si tel est le cas, quelles sont les conditions qui ont permis l’avènement de phases plus progressistes?

3. Comment peut-on décrire le contexte actuel par rapport aux deux questions précédentes?

* * *

Un point de détail en terminant: je dois dire que j’ai constaté quelques césures erronées dans le texte (version epub)… elles seront sans doute corrigées dans une prochaine mise à jour. Gilles?

Et une suggestion pour l’éditeur aussi: pourquoi ne pas faire une version numérique enrichie d’une décennie de plus? Ce ne serait sans doute pas très compliqué, ni très coûteux, et ça pourrait susciter un nouvel intérêt pour la diffusion du livre.

* * *

Je réunirai ci-dessous, dans les prochains jours, l’ensemble des liens vers les autres textes publiés par les participants du Club de lecture pour réfléchir à notre société (auquel il faudrait trouver un nom d’ailleurs — n’hésitez surtout pas si vous avez des idées!).

Un club de lecture pour réfléchir à notre société

L’idée d’un club de lecture axé sur la compréhension de notre société et sur le dialogue semble faire son chemin. Plusieurs personnes s’y sont déjà associées au cours de la journée — après avoir lu mon texte de ce matin — et j’en suis ravi.

Nous avons donc déjà commencé à en discuter, par divers moyens, et voici où nous en sommes pour le moment.

  • Adopter une formule légère: il ne faut pas compliquer les choses.
  • Un livre suggéré au début de chaque mois, par Marie-Hélène Vaugeois, sur la base des suggestions des participants: et pas que des essais, aussi de la fiction, du théâtre, de la poésie — adoptant des points de vue variés — parce qu’il faut sortir de nos zones de confort.
  • L’invitation à publier au cours du mois nos réflexions sur ce livre: sur son propre blogue, ou sur celui d’un autre participant qui acceptera de les accueillir.
  • Une rencontre « en personne » pour ceux qui le souhaitent, au début du mois suivant, pour pouvoir discuter du livre autour d’une bière ou d’un verre de vin… et pour découvrir le livre à partir nous réfléchirons collectivement dans les semaines suivantes.

Même si je ne sais pas si je pourrai toujours y être, je prendrai en charge la coordination de cette rencontre mensuelle pour la région de Québec. Tant mieux si quelqu’un souhaite en organiser de semblables à Montréal ou ailleurs (simultanément ou pas).

Question de pouvoir tester rapidement la formule, nous avons tenté d’identifier un livre à partir duquel le club pourrait débuter son existence — en utilisant le mois de septembre comme période d’échauffement.

Nous avons cherché un livre qui nous aiderait à prendre un peu de recul sur les plus récents événements de la politique québécoise, un livre qui donnerait de la perspective à nos prochaines lectures, sans être trop complexe ou didactique.

Notre choix s’est arrêté sur Une histoire du Québec racontée par Jacques Lacoursière.

Le livre est disponible facilement en version imprimée et en version numérique, dans toutes les librairies et pour toutes les types de tablettes et de liseuses.

Si vous souhaitez participer à ce club de lecture naissant, je vous invite donc à inscrire votre nom au bas de ce texte, dans les commentaires, ou à m’écrire par courriel (claberge arobas remolino.qc.ca). Vous vous assurerez de cette façon de recevoir les prochaines informations.

Cela fait, il ne vous restera plus qu’à commencer la lecture du mois de septembre…

…et à indiquer dans ce tableau vos disponibilités pour la rencontre du début du mois d’octobre si vous souhaitez y participer.

Autres informations à suivre… au fur et à mesure que le projet se précisera.

Lendemains d’élection

Ça m’a pris quelques jours pour retomber sur mes pattes après cette élection aux étranges résultats. Mais ça y est.

Ma brève rencontre avec Jean-Paul L’Allier, jeudi midi, a contribué à me remettre sur pieds. Sa fierté, son humilité, sa passion et sa confiance dans l’avenir étaient palpables — et inspirantes.

Je me réjouis en constatant que plusieurs personnes semblent maintenant ressentir le besoin de s’engager davantage dans les débats sociaux — de façon moins polarisée, plus pédagogique. C’est un défi pour lequel il faudra vraisemblablement sortir de l’instantanéité, en se donnant du temps — un temps nécessaire pour que de véritables dialogues prennent formes.

Or, il n’y a rien comme les livres pour nous sortir de l’instant, et de l’instantanéité.

Je rêve ce matin d’un club de lecture axé sur la compréhension de notre société et sur le dialogue — avec peut-être un regard particulier, plus concret, sur la région de Québec.

Un club de lecture qui pourrait être nourri par les suggestions d’une libraire (Marie-Hélène?), dont les participants témoigneraient de leurs réflexions sur leurs blogues (ou sur celui d’un autre participant), et pour lesquels des échanges entre les participants par blogues interposés (ou autres moyens), seraient valorisés. Avec des rencontres in situ — avec du vin! — à l’occasion, évidemment.

Un livre tous les quinze jours — avec des suggestions plus ciblées à l’intérieur de chaque livre, pour ceux et celles qui auraient moins de temps. Pas que des livres évidents portés par l’air du temps, et pas que des essais… de la fiction aussi, du théâtre aussi — et de la poésie. De la variété surtout, pour sortir des sentiers battus, pour nous forcer à réfléchir hors de nos zones de confort.

Qui serait partant?

On commence quand?

Mise à jour: Le projet prend forme…