Possible ou probable

Le récit, la fiction, l’anticipation… autant d’outils de formation, de stimulation de l’imaginaire et de mise en état de créativité et d’action.

C’est en tous cas ce que nous avons souhaité exploîter en préparant, avec l’équipe de Francis Grosjean, la vidéo suivante, dans le but de susciter la discussion au sein du groupe Editis (depuis un mois) et maintenant bien au delà.

Cela illustre aussi à quel type de nouveaux environnements mes collègues et moi devons préparer les éditeurs et leurs équipes.

Au plaisir d’en discuter.

Réseaux sociaux et identité — sentiment d’urgence

Bien que je sois particulieusement silencieux ici depuis quelques temps, je reste évidemment très actif sur le Web et plus que jamais en mode exploration, découverte et réflexion sur de nouveaux usages du Web.

J’explore notamment Facebook, avec autant d’émerveillement que d’angoisse — il faut bien le dire! Et même un peu plus d’angoisse que d’émerveillement, pour tout dire.

En conséquence, je ne peux m’empêcher de relayer ici ce texte de Virginie Clayssen, qui s’appuie sur le travail toujours exceptionnel de Danah Boyd (et sur un résumé remarquable de Olivier Ertzscheid), qui résume bien tout le défi que représente « les réseaux sociaux » dans une perspective éducative.

Il m’apparaît de plus en plus évident que ce dossier de « la gestion de l’identité » sera LE chantier des prochaines années.

Sommes-nous prêt à y faire face? De toutes évidences, non…

…et avec Internet on n’a plus besoin d’éditeurs!

J’ai rédigé il y a quelques semaines un texte sur l’édition des ressources éducatives numériques pour une revue qui a finalement choisi de ne pas le publier.

J’ai donc choisi de le publier plutôt sur le blogue du Canal numérique des savoirs (CNS), que je préside, en espérant qu’il pourra donner lieu à la discussion qu’il avait pour objectif de susciter.

C’est ici: « … et avec Internet, on n’a plus besoin d’éditeurs! »

Renouvellement de l’espace politique

Cela fera une semaine demain qu’André Boisclair a remis sa démission comme chef du Parti Québécois. Juste une semaine.

Je ne suis pas tout à fait certain que ce qui s’est passé depuis est tout à fait sain. J’avais personnellement exprimé le souhait que le choix d’un nouveau chef soit précédé de discussions sur le projet de société qu’incarne le Parti Québécois, mais au bout du compte le résultat me convient très bien et je suis persuadé que Pauline Marois saura animer la mise à jour du projet qui pourrait un jour donner lieu à la naissance d’un nouveau pays — non comme une fin en soi, mais comme un moyen de réaliser certains éléments essentiels de ce projet. C’est ce projet qu’il faut faire naître, d’abord et avant tout. J’avais cru en Pauline Marois en 2005. J’y crois toujours — et plus encore — parce que je crois que les circonstances sont bien meilleures et qu’elles lui permettront bien mieux d’exploiter ses forces et ses talents.

Il faut être fait fort pour faire de la politique aujourd’hui… et les blogueurs sont particulièrement impitoyables. Avant même qu’elle ne soit officiellement nommée cheffe certains, dont Mario, doutent déjà de la longévité de Pauline Marois à la tête du Parti Québécois — certains allant même jusqu’à formuler des hypothèses frôlant le mépris (que ceux-ci me pardonne, je le pense sincèrement!) selon lesquelles Mme Marois serait aujourd’hui seulement choisie parce que les membres du parti « veulent se faire pardonner pour la dernière fois ». Franchement! Est-ce qu’on ne peut pas lui reconnaître ses compétences, lui laisser sa chance… et la juger sur ses résultats?

Bien entendu que ce parti est impitoyable pour ses chefs! Bien entendu qu’il n’est pas normal d’oublier, pour ainsi dire, un chef en moins d’une semaine; bien entendu que Pauline Marois pourrait aussi être dévorée par le parti (est-ce qu’elle ne l’a pas déjà été quelques fois?). Et alors? N’est-il pas normal qu’un parti qui défend auprès des Québécois un projet aussi ambitieux que de fonder un pays soit aussi exigeant avec ses chefs? Bien sûr! Et c’est une évidence que le rôle de chef du Parti Québécois est plus exigeant que celui de chef du parti libéral ou de l’ADQ. Heureusement, aie-je même envie de dire!

Je l’ai dit hier dans un commentaire sur le blogue de Mario: je souhaite que ce qui ressemble de plus en plus à un couronnemment ne nous privera pas de discours importants — suivis d’actions concrètes — sur le plan de l’éducation, sur la place de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans le développement économique, sur l’environnement, sur les relations internationales, etc. Il ne faut pas que le consensus qui s’est exprimé cette semaine ait pour effet de reléguer au second plan l’expression des points de vue — même divergents (surtout divergents!) — et qu’il autorise, au contraire, des échanges encore plus approfondis.

Je compte d’ailleurs pour cela sur Mme Marois — notamment afin trouver la meilleure manière de faire appel à Joseph Facal, qui vient de passer à deux doigts de replonger dans la vie politique.

Ces deux là sont, de mon point de vue, deux des plus indispensables acteurs du renouvellement de l’espace politique québécois.

Apprendre comme on court?

Marc, sur son blogue, au sujet du demi-marathon international de Québec:

« Durant les 10 derniers kilomètres, l’énergie revient, le pas s’accélère. Et quel plaisir de courir […] le long du fleuve St-Laurent […] Ce qui m’est venu en tête à ce moment, c’est comment pouvons-nous associer ce besoin de dépassement aux jeunes à travers des communautés virtuelles ? […]

Dans une future édition, et dans l’esprit d’une cité éducative, des activités plus développées pour les enfants seraient sans doute intéressantes. Il y a des centaines d’enfants sur place […] »

Le blogue de Joseph Facal

C’est un départ pour Joseph Facal… qui hisse la voile pour explorer la blogosphère — et il n’arrive pas les mains vides, nous offrant d’un seul coup presque quatre ans d’archives!

Je suis évidemment ravi d’avoir modestement pu contribuer à rendre possible cette aventure (dont André Parent et Jean-Sébastien ont pris la relève)… mais plus encore, je suis rassuré de constater qu’un nombre croissant de personnalités politiques de premier plan font l’expérience directe de ce que représente l’univers des réseaux — un univers tellement étranger à une certaine vision de la politique, fondée sur le contrôle de l’information.

…une vision de la politique qui a d’ailleurs encore une fois triomphé dans les derniers jours avec l’élection de Nicolas Sarkozy qui est passé maître dans cette manière de faire la politique.

Je rêve du jour où une majorité d’élus auront leur blogue parce que je crois que cela permettra un arrimage plus dynamique entre « ceux et celles qui représentent » et « ceux et celles qui sont représentés » — une dynamique qui sera profitable à tout le monde et qui revalorisera le rôle de député, de conseiller et de maire.

Malgré son caractère utopique, je crois plus que jamais dans la pertinence du manifeste pour l’indépendance politique que j’avais esquissé il y a quelques mois.

…et j’aime croire que, comme d’autres avant lui, le blogue de Joseph Facal nous permet de faire encore un petit pas dans cette direction.

Faire parler les livres…

Jean-Sébastien y fait référence, je l’ai lu avec délectation.

Ceux et celles qui veulent comprendre ce qui m’occupe à Paris le comprendront en lisant ce texte de Frédéric Kaplan: Si les livres pouvaient parler.

Ce que je fais à Paris? Essayer de faire cheminer, concrètement, chacun à leur rythme, les différents acteurs qui composent un grand groupe d’édition dans la direction décrite par Kaplan: les éditeurs, des auteurs, les financiers, des patrons, des webmestres… des plus convaincus aux plus sceptiques — en assurant la cohérence de l’ensemble.

La prospective de Kaplan, c’est mon quotidien… avec en plus la réalité: la nécessaire gestion qui accompagne toute entreprise de changement.

C’est aussi exigeant que stimulant. Chaque jour est un nouveau défi. Tout est à réinventer, lentement, mais sûrement: parce qu’il n’y a pas de révolution possible dans ce domaine… seulement des évolutions, dont la forme et le rythme, distingueront les différentes maisons d’édition.

Cela implique de lire beaucoup, d’expérimenter autant, de faire preuve de beaucoup de pédagogie (j’y trouve un plaisir sans cesse renouvelé) et de mettre en oeuvre les habiletés politiques qui sont nécessaires pour évoluer dans un écosystème complexe de concurrences et de partenariats, de pouvoirs publics et d’entreprises privées, de personnalités et d’ambitions diverses.

Le monde de l’édition est un monde vraiment fascinant par les temps qui courent.

La collaboration dans les services publics

Voilà qui est intéressant… et qui devrait intéresser Jean-Sébastien:

« Le think tank britannique Demos vient de publier un nouveau rapport qui s’interroge sur la manière dont le travail collaboratif peut transformer les services publics. Avec force exemples et cas concrets, le rapport explore l’usage de la collaboration – entre organismes publics, avec des entreprises et surtout, avec les usagers – comme principe de conception et/ou de fonctionnement des services publics.  »

Source: L’État collaboratif, dans Internet Actu

Document original (pdf): The Collaborative State: How working together can transform public services

Mon conseil d’administration virtuel…

C’est fait! J’ai finalement convoqué une réunion de mon conseil d’administration virtuel. Treize invitations ont été (virtuellement) lancées pour une réunion qui se tiendra au cours des prochaines semaines. J’avais l’intention de le faire depuis bien longtemps, mais ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pris le temps de le faire… Dire que Mario a déjà eu le temps de tenir deux rencontres avec le sien depuis le temps qu’on en parle…

Comme je ne sais pas encore quelle sera la teneur des échanges (virtuels) que nous aurons au cours de cette rencontre (virtuelle), je ne m’engagerai évidemment pas en publier le procès verbal ici, ou même un résumé de celui-ci, mais comme je m’y étais un peu engagé, voici néanmoins la liste des personnes qui ont été convié à la première réunion de mon CA virtuel — dans l’ordre où ils ont pris place autour de la table (virtuelle).

En rappelant que c’est un exercice imaginaire…

Lire la suite de « Mon conseil d’administration virtuel… »

Pour une vision plus communautaire du leadership

Jean-Sébastien attire notre attention ce matin sur une courte entrevue réalisée par Jacinthe Tremblay avec Henry Mintzberg pour La Presse.

Si le mot communautéship proposé par Mintzberg et sur lequel insiste Jean-Sébastien m’apparaît intéressant, je trouve dommage que l’article l’explique aussi peu et qu’il ne soit présenté essentiellement que par la négative, par opposition à une vision déformée du leadership. Je retiens d’ailleurs de l’article plutôt ces quelques passages sur les paradoxes que contient aujourd’hui l’idée de leadership:

« Ces prétendues analyses occultent la complexité des organisations ainsi que de l’importance de leur culture, de leur histoire et surtout, de l’engagement – ou du désengagement – des hommes et des femmes qui les composent.

En liant tous les succès et les revers à la personnalité d’un ou de quelques dirigeants, on en vient à construire des organisations totalement dépendantes d’initiatives individuelles. En prétendant responsabiliser les leaders, on déresponsabilise tout le monde. […]

Dans les deux cas, on oublie que le leadership est contextuel. On confond leader et leadership. […]

La caractéristique la plus importante du leadership est la légitimité.

Les vrais leaders […] sont des gestionnaires tranquilles, dont la présence inspirante suscite l’engagement des individus qui composent leur organisation. »

Cela dit, pour aller un peu plus loin dans l’exploration de l’intéressant concept de community-ship, je me suis rabattu sur le texte dans lequel Mintzberg a introduit ce concept, publié l’automne dernier dans le Financial Times de Londres, dont la conclusion illustre bien l’ambition du changement de perspective auquel il nous convie:

« …let us get rid of the cult of leadership, striking at least one blow at our increasing obsession with individuality. Not to create a new cult around distributed leadership, but to recognize that the very use of the word leadership tilts thinking toward the individual and away from the community. We don’t only need better leadership, we also need less leadership.

How about if we challenge every single speech, programme, article, and book using the word “leadership” that does not give equal attention to “communityship” in one form or another? This could have profound implications, not only for the effectiveness of our organisations, but also for the democracy of our societies. »

Quel sens donner aux TIC à l’école?

Encore d’excellentes pistes de réflexion, par Bruno Devauchelle:

« C’est à une nouvelle vision du monde scolaire que ces constats nous amènent. Cette nouvelle vision repose sur l’idée que l’appropriation d’un monde par les jeunes est un des éléments clés de l’apprentissage et non pas l’inverse. […] L’exemple de l’appropriation sociale des TIC, pendant que l’école se pose la question de sa place par rapport à ce phénomène, montre qu’il ne suffira pas de cours d’informatique ou de sensibilisation dans les disciplines pour développer cette vision renouvelée que l’école, selon moi devrait porter. Il est temps d’inventer un « vivre avec » qui permette de dépasser cette approche de la seule méfiance […] Or pour l’instant […] on ne cherche pas un sens collectif à l’action dans ce domaine. On attend peut-être trop du ministère, des dirigeants, alors que c’est au plus près du quotidien que doivent pouvoir se penser ces [nouveaux] « projets éducatifs ».