Engagement social, éducation et politique

Je suis tiraillé depuis quelques semaines au sujet du temps et de l’intérêt que je porte au monde de l’éducation et au monde politique. Parce que pour une foule de raisons, ces deux univers convergent actuellement, au coeur même de mon quotidien. Et je ne vois pas qu’il en soit autrement dans les prochains mois. Or, dans la vie, il faut savoir faire des choix, le temps étant limité.

Je m’interrogeais particulièrement depuis quelques jours…

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Blogues et politique

Jean-Pierre Cloutier a publié dans les derniers jours un texte au sujet d’une étude du New Politics Institute intitulée Emergence of the Progressive Blogosphere: A New Force in American Politic (aussi disponible en format pdf). L’étude analyse en profondeur 250 blogues politiques, de toutes tendances.

Je retiens particulièrement la fin de son texte, qui fait référence à une annexe de l’étude qui s’adresse aux candidats à des postes électifs…

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Apprendre à écrire en public

Dans un texte remarquable intitulé Weblogs: Learning in Public (format pdf), Jill Walker raconte son expérience d’utilisation des carnets Web (blogues) avec les étudiants de l’Université de Bergen, en Norvège.

Tenant elle même un carnet Web depuis plusieurs années, elle a été en mesure de rassembler des observations particulièrement intéressantes. De brillantes conclusions aussi. Surtout.

Je pense que le texte éclairera particulièrement ceux et celles qui s’interrogent sur la place des carnets Web dans les écoles. Il pourra aussi donner l’heure juste aux pédagogues inquiets des difficultés qu’il est possible de rencontrer lorsqu’on fait tomber les murs de l’école. Parce que pour Jill Walker, c’est bien de ce dont il s’agit quand on parle des carnets Web dans un contexte éducatif. Ce avec quoi je suis évidemment en parfait accord.

La question principale qui guide le texte est la suivante:

« Is it ethical not to provide students with opportunities to perform [write] in public? My eight year old has been learning to play the violin for just over a year, and has already played at five public concerts. Why should learning writing or thinking be different? »

Si vous n’avez pas le temps de lire le texte en entier (9 pages) je vous suggère au moins de survoler ce collage d’extraits du texte, présentés dans le désordre, en fonction de la lecture que j’en ai faite.

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Le territoire que l’on construit soi même…

Je reprends, pour archivage, de larges extraits d’un texte de Bruno Devauchelle, animateur au CEPEC Craponne (France). J’ai, par ailleurs, découvert avec plaisir que celui-ci tenait maintenant un carnet Web dans lequel il regroupe (enfin!) ses principaux textes.

Celui-ci s’intitule Internet, une arme de guerre

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Que pensent-ils de l’éducation

Il y a quelques jours, Pier-André Bouchard Saint-Amand réfléchissait tout haut sur son carnet Web en rapport avec la présente course à la chefferie du Parti Québecois.

Comme il a été très engagé au sujet de l’éducation au printemps (il était président de la FEUQ au moment de la grève étudiante), je me suis permis de suggérer à la suite de son texte qu’il pourrait être intéressant de formuler collectivement une série de questions sur l’éducation et de l’adresser par la suite à l’ensemble des candidats. Cela nous permettrait peut-être de les forcer à aborder les thèmes qui nous sont chers… et, pourquoi pas, de faire éventuellement une grille de leurs réponses.

L’idée semble lui avoir plu, alors j’ai réactivé l’espace wiki d’Opossum (un peu fouetté par la réactivité exemplaire de Sacco, dans un autre dossier, plus tôt cette semaine!) et j’ai préparé une page destinée à recevoir les idées de chacun. C’est ici.

Ma première contribution a pris la forme d’une courte liste de thèmes qu’il me semble important d’aborder. Je poursuis par ailleurs ma réflexion au sujet des questions, parce que je souhaite que nous soyons à la fois originaux et audacieux à cet égard: il me semble qu’il faut à tout prix éviter une approche trop conventionnelle!

Code vestimentaire dans les écoles…

Je me réjouis de la réaction de Jean-Marc Fournier et de Pauline Marois au délire des Jeunes libéraux du Québec.

Selon Le Soleil de ce matin, le ministre de l’Éducation et la critique de l’opposition en matière d’éducation (et candidate à l’investiture du Parti Québécois) estime que des décisions sur des sujets semblables reviennent aux conseils d’établissement, où siègent des parents, des professeurs, les directions d’école et des élèves au secondaire (voir aussi Cyberpresse à ce sujet).

Voilà: à chaque milieu de se doter d’un cadre réglementaire qui correspond à ses valeurs, à ses défis propres et à ses priorités d’interventions.

Investir d’abord dans les enfants

La dernière lettre de Louis Bernard m’a séduite. Le texte est simple, le point de vue innovateur, la prise de position claire et courageuse.

« …on continue malheureusement de penser que les CPE ont été créés pour les parents (on parle encore de «garderies»), alors que c’est d’abord pour les enfants que ce réseau existe. Les CPE ne sont pas des services de garde, mais des services essentiels d’éducation.

Les CPE doivent donc cesser d’être les parents pauvres du système pour en devenir le secteur privilégié. Le même raisonnement vaut pour le niveau primaire : c’est durant les premières années de scolarisation que l’on peut donner aux enfants l’aide dont ils ont besoin pour développer leurs capacités d’apprendre. […]

Un peuple qui croit en son avenir se doit d’investir d’abord dans ses enfants. »

On entre peut-être (enfin) dans la période où les candidats à l’investiture du Parti Québécois proposerons des idées concrètes! Je le souhaite.

Modifications au calendrier scolaire

J’ai appris aux nouvelles ce soir qu’à l’instar de quelques écoles albertaines, l’école Roberta Bondar, d’Ottawa, a adopté cette année un calendrier scolaire où les vacances sont réparties autrement: un mois l’été, trois semaines à Noël, et plusieurs pauses de deux ou trois semaines en cours d’année.

La décision aurait été prise pour faciliter l’apprentissage aux enfants, qu’un congé estival de deux mois ne servirait pas (perte du rythme, oublis, etc.).

Je me demande si des écoles québécoises ont fait semblable réflexion. Je m’interroge aussi sur ce que ça implique d’un point de vue logistique.

Je fais l’hypothèse que notre calendrier scolaire est basé sur les périodes où les familles avaient besoin des enfants pour les travaux de la ferme. Est-ce correct? Est-ce encore un calendrier pertinent? Pour quelles raisons?

Quelques textes choisis

Quelques-uns des textes que j’ai écris au cours des trois dernières années me semblent particulièrement bien illustrer mes principaux champs d’intérêts ainsi que ma façon d’aborder ces sujets.

À ce jour, je retiens particulièrement ceux-ci:

Le rôle des intellectuels: le devoir de proposer (22 mars 2003)

L’histoire a maintes fois démontré que les êtres humains ont besoin de rêver […] Or, n’est pas donné à tout le monde de pouvoir formuler un projet, de donner forme à des idées, de faire naître les rêves inspirants qui rassemblent les peuples. […] Si les intellectuels ne sont pas là pour tenir ce genre de discours, personne d’autre ne le fera à leur place. De ce fait, il est de leur responsabilité de formuler des projets de société et de les soumettre au débat public. Cette responsabilité constitue en quelque sorte la contrepartie de l’éducation qu’ils ont reçue.

Québec: une vision d’avenir qu’il presse de formuler (6 octobre 2002)

Au moment où le gouvernement du Québec est sur le point de rendre public un nouveau modèle d’organisation économique pour la région de la Capitale-nationale, il me semble que la ville de Québec a grandement besoin d’une vision plus claire de son développement. Un projet concret et rassembleur. Comme acteur potentiel de ce développement, j’en aurais personnellement besoin en tout cas…

Faire de Québec une cité éducative: et comment! (22 mars 2003)

…il existe actuellement à Québec une réelle opportunité de formuler, à court terme, un projet de société basé sur l’apprentissage et l’innovation. (…) Pour être le levier de développement socio-économique que nous souhaitons, le projet de faire de Québec une cité éducative doit être plus qu’un slogan ou qu’une marque de commerce. Il devra s’incarner rapidement par la réalisation d’initiatives précises, ancrées dans la réalité du milieu.

Le raisonnement derrière l’idée d’une cité éducative (2 octobre 2004)

… je consigne ici les éléments essentiels du raisonnement qui décrit mon engagement dans ce projet de faire de Québec une cité éducative.

De l’économie du savoir à l’économie de l’apprentissage (2004)

…je crois profondément qu’à l’instar de centaines de villes qui réfléchissent actuellement aux moyens dont nous disposons pour revoir les rapports traditionnels entre la ville et l’éducation, il faut adopter l’idée que nous vivons dans une « économie de l’apprentissage » plutôt que dans une « économie du savoir » et nous laisser inspirer par une conception de la ville comme une « cité éducative ».

Essai sur la cyberpédagogie (2 octobre 2002)

…je suis à la recherche d’une école dont les principaux acteurs connaissent suffisamment les nouvelles technologies pour comprendre que les enjeux éducatifs actuels sont d’abord et avant tout culturels et que la cyberpédagogie n’a rien à voir avec la maîtrise d’un ensemble particulier de logiciels. Je cherche une école qui prendra les moyens nécessaires pour habiliter de petits êtres humains à se côtoyer de façon libre et solidaire […] Et si elle n’existe pas cette école, eh bien, il faudra l’inventer !

Façonner sa vision du monde avec les TIC (10 décembre 2003)

Ce n’est pas par élitisme qu’il faut insister sur l’importance des technologies à l’école, c’est par humanisme. Parce que nous savons dorénavant que ces nouvelles technologies offrent aux élèves de nouveaux moyens d’aller à la rencontre de l’autre, d’apprendre à travailler en communauté, de multiplier les occasions de partager de l’information et de créer ensemble. […] Façonner sa vision du monde, c’est beaucoup plus qu’interpréter le monde tel qu’il est, c’est aussi acquérir sur lui un pouvoir d’action, et pour cela être capable de l’imaginer autrement.

Priorité au développement du Québec

Un texte intéressant soumis au Devoir par les membres de l’équipe éditoriale de la publication Les Cahiers du 27 juin.

Lors de son congrès de juin dernier, le Parti québécois s’est engagé à solliciter, lors de la prochaine campagne électorale, le mandat de tenir un nouveau référendum sur l’accession du Québec à la pleine souveraineté […] les membres du comité éditorial des Cahiers ont souhaité soumettre au débat public une autre vision du développement du Québec. »

À cogiter au cours de mes prochains jours de vacances…

L’école communautaire: le défi de la souplesse…

Je continue à réfléchir sur l’école communautaire dans les suites du rapport du comité de travail dont il a été question la semaine dernière. Ma réflexion se nourrie notamment de celles de François et Stéphane (dans les commentaires de ce texte) ainsi que de Jean Trudeau, dont le texte des derniers jours me semble un peu sévère, mais assez juste.

Une chose me semble d’ores et déjà certaine: l’idée même d’école communautaire est contraire à la normalisation. Elle commande de la souplesse, de l’adaptabilité, des ajustements, des cas particuliers, etc. Et c’est là que le système scolaire, comme institution, aura les plus gros défis à relever pour apprivoiser, et mettre en application le modèle de l’école communautaire. Et ce, quelle que soit l’interprétation qu’on en donnera.

Croire dans l’école communautaire, c’est forcément accepter que le système devra pouvoir « se mettre au service des communautés » au lieu de faire en sorte que les communautés « se soumettent aux normes du système ». Est-ce que nos réflexes ultranationalisateurs en matière d’éducation (même s’ils sont un peu moins absolus que ceux de nos cousins français!) nous permettront un tel exercice? Je le souhaite.

Reste à savoir comment. Et c’est sur cette piste que je vais poursuivre ma réflexion.