Bonjour Dominic,

Bonjour Dominic,

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt ta première chronique politique dans le Placoteux.

Je suis ravi de savoir qu’on va pouvoir lire régulièrement tes commentaires sur l’actualité. J’insiste sur le verbe lire parce que je pense que l’écrit nous permettra de toucher autre chose que ce que tu nous offres déjà à la radio et la télévision.

Tu conclus ton texte en confessant (c’est comme ça que je l’ai ressenti) avoir toi-même fait de la politique partisane en poussant parfois le bouchon:

«On va loin pour plaire à nos militants. Mais pourquoi? Doit-on toujours être dans l’affrontement, dans la guérilla parlementaire et sociale?»

Je pense que c’est une interrogation que de plus en plus de monde partage. Parce que de plus en plus de monde est fatigué de cette façon de faire de la politique.

Mais comment faire autrement?

Comment les partis d’opposition pourraient / devraient agir pour éviter le piège de toujours tout dénoncer et d’affirmer continuellement des certitudes?

Qu’est-ce que tu en penses? As-tu des suggestions à formuler?

***

En lisant le palmarès des 100 personnes les plus influentes du magazine Time, je me suis interrogé: quelle forme de leadership convient le mieux aux défis de notre époque?

Faire preuve de leadership;
Être charismatique;
Être déterminé.e;
Être influent.e;
Être inspirant.e;

Est-ce que c’est la même chose? Qu’est-ce qui est plus important? Comment ces caractéristiques se complètent?

Qu’est-ce que tu en penses?

J’espère que ce sont des questions au sujet desquelles on aura la chance de te lire bientôt.

Au plaisir de te lire,

Clément

Le plus beau voyage

«Comme voyageuse, je veux garder confiance.»

À la lecture du Devoir hier matin, je me suis dit que je devais lire sans tarder le plus récent livre de Josée Boileau: J’ai refait le plus beau voyage. Je l’ai acheté dans l’après-midi et j’en ai aussitôt commencé la lecture — que je viens de terminer.

La description que Dominic Tardif en a faite était assez juste: «un portrait affectueux mais pas jovialiste du Québec contemporain».

Josée Boileau dit avoir commencé à rédiger le livre à un moment où «collectivement, je n’avais pas le moral». Je trouve que c’est une très belle expression, dans laquelle je me suis d’ailleurs aisément reconnu. Ça ressemble beaucoup à l’état d’esprit qui m’a amené à rédiger il y a quelques mois mon histoire personnelle du Québec de 1989 à 2019.

«J’ai eu très envie de me brasser la morosité.»

En une douzaine de courts chapitres, Josée Boileau nous amène explorer, très simplement, ce qui pourrait révéler certains des traits de caractère les plus fondamentaux de la nation québécoise.

J’ai terminé la lecture de J’ai refait le plus beau voyage dans une curieuse sérénité. Je dis curieuse parce que c’est un sentiment qu’il n’est pas commun de ressentir au contact de l’actualité, où on porte plus volontiers attention sur les sources de tensions et sur ce qui va mal.

Je me suis demandé en tournant la dernière page si la lecture me laissait sur ma faim, ou si c’était autre chose qui me laissait ainsi sur une impression d’être comme en suspens.

Est-ce que ça va si bien au Québec? Qu’est-ce qui va bien? Est-ce que ce qui va mal exige qu’on y porte autant d’attention? Est-ce que l’auteur est complaisante par rapport à la situation? Et moi, le suis-je? Ou, au contraire, est-ce que je laisse trop mon regard être guidé par les polémiques médiatiques? Au risque de perdre de vue l’essentiel?

Qu’est-ce qui distingue le Québec aujourd’hui? Qu’est-ce qui nous rassemble? Est-ce que ça reste plus fort que ce qui nous sépare? Je le crois — et plus fermement qu’avant d’entreprendre la lecture. J’en remercie l’autrice.

Et à quoi tient donc la «cohabitation tranquille» à laquelle nous tenons tant, et que les visiteurs apprécient spontanément? Si je devais résumer en quelques mots, au terme de ma lecture, je dirais: convivialité, saisonnalité, solidarité et résistance. À méditer.

J’ai refait le plus beau voyage n’est pas un livre qui dit quoi penser; c’est un livre qui nous invite à nous interroger sur le regard qu’on porte quotidiennement sur la société québécoise. C’est une perspective qui surprend — ce qui démontre bien à quel point c’est devenu important.

«Si les gens s’attendent à des prises de position extrêmement fermes, ce n’est pas le bon livre pour eux.»

Ouverture, fermeture

Réflexion sur une extrait du livre «Dialogue sur la nature humaine», de Boris Cyrulnik et Edgar Morin, cité sur le blogue de Sébastien Provencher.

Je suis d’accord avec les auteurs: une société doit continuellement chercher un équilibre entre l’ouverture et la fermeture — et qu’il est préférable de miser sur l’ouverture, parce que cela permet à la société de s’enrichir.

Je suis aussi d’accord que la refermeture (le mot est de Cyrulnik et Morin) représente une menace pour une société. Je trouve toutefois déplorable qu’on en fasse porter la responsabilité sur ceux qui en expriment le besoin.

Quand Cyrulnik et Morin accusent le fragment de la société qui prône «le renfermement culturel, national et religieux [et qui] oublie la solidarité avec les voisins et, plus largement avec toutes les autres sociétés humaines» (rien que ça!), je pense qu’ils pointent injustement du doigt des citoyens qui ne font qu’exprimer des craintes qui peuvent s’expliquer par toutes sortes de raisons.

Pour qu’une société puisse durablement miser sur l’ouverture, elle doit arriver à cultiver la confiance dans l’avenir chez tous les citoyens — un avenir enrichi par la diversité.

Quand une partie de la population n’a plus confiance dans cet avenir il ne faut pas s’étonner qu’elle soit tentée par la fermeture. Et ce n’est alors pas de sa seule faute. C’est aussi le résultat de choix collectifs — de choix éducatifs, économiques et politiques — qui ont pu créer chez-eux un sentiment de vulnérabilité devant l’avenir.

Dire à des gens qui expriment des craintes devant l’ouverture, qu’ils ont tort, pire, qu’ils sont racistes, ne permet pas d’améliorer la situation.

Je pense que leur opposer «le discours du rassemblement, de la connexion, de la communication et de l’empathie, de la communauté et de la communion» ne sera guère plus efficace.

Il faut plutôt reconnaître que nous sommes collectivement responsables de cette perte de confiance et de se retrousser les manches pour cultiver à nouveau le goût de l’ouverture chez une plus grande partie de la population.

Tout cela prend forcément du temps, des années, une génération peut-être. Le Québec l’a déjà fait avec succès avec la Révolution tranquille. On peut recommencer. On doit recommencer.

Mais il se peut qu’entretemps il faille répondre aux craintes par une certaine fermeture dans le but de maintenir la structure sociale, comme l’évoquent d’ailleurs Cyrulnik et Morin.

Pour cette raison, si je peux comprendre certaines critiques qui sont faites au projet de loi 21 (et j’en partage quelques-unes), je trouve déplorable que plusieurs opposants offrent pour seule alternative de ne rien faire du tout.

Nier les craintes ne m’apparaît pas une solution pour nous aider à retrouver, collectivement, le goût de l’ouverture et de la diversité. Je crains plutôt que ça ait l’effet inverse.

Photo prise au Musée des beaux-arts de Montréal, 2019

L’Entre-deux-mondes

« Écrire son journal, c’est avant tout écrire sur son époque. »

J’ai lu avec un beaucoup de plaisir cette semaine L’Entre deux mondes — Journal des années 2016-2018, de Dominique Lebel.

Dès les premières pages, j’ai apprécié l’écriture: très personnelle, concise, engagée. Il faut dire que pratiquant moi-même le journal personnel depuis plusieurs années, j’ai pu aisément m’associer à la démarche de l’auteur… et apprécier le défi que cela représente de tenir journal avec autant d’aisance (ça m’a d’ailleurs fait aussi réfléchir sur ma propre écriture).

« Lorsqu’on écrit, tout semble en lien avec tout. »

Il faut dire que les années qui sont racontées dans ce livre ne sont pas banales: élection de Trump aux États-Unis, apparition de Macron en France, référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, démission de Pierre-Karl Péladeau, élection de Valérie Plante, élection de Jean-François Lisée comme chef du Parti Québécois, triomphe de la CAQ, effondrement du PQ… entre autres choses.

Passant élégamment de l’observation sociale et politique à l’introspection, le texte trace à la fois un portrait de notre époque, de son auteur et du rôle ambitieux qu’il s’y voit jouer.

« Il est l’homme qui sait parler à la fois à l’oreille des politiques et à celle des gens d’affaires. Une espèce en voie de disparition. » (Au sujet de Vernon Jordan, ancien conseiller de Bill Clinton)

Le style est naturel. Décomplexé. Pas de fausse humilité ici. J’aime.

J’ai craint un moment que la description de l’univers social très privilégié dans lequel évolue Dominique Lebel et son choix de citer abondamment les grands auteurs puissent nuire à son propos en empêchant plusieurs lecteurs de s’y reconnaître ou de s’y associer, mais ce n’est pas le cas. Je pense que le pari est réussi: la qualité littéraire du livre porte avec succès le récit qui nous est proposé. À mesure qu’on avance dans la lecture, l’auteur devient naturellement le personnage d’un récit qui nous est familier.

Il y a deux ans j’avais lu Dans l’intimité du pouvoir, du même auteur.

L’entre-deux-mondes m’a semblé bien supérieur, tant sur la forme que sur le fond. J’en recommande la lecture sans hésitation.

« Les « entre-deux-rendez-vous » sont très présents dans ma vie. Cette vieille peur d’être en retard, de ne pas être au bon endroit. Le monde entier semble en ce moment « entre deux ». »

Image: modification d’un extrait de la couverture du livre.

Briser le casting (avec un simple micro)

La période difficile que traversent les médias les amène parfois à offrir une vision simpliste de la politique. C’est le cas quand ils se contentent de rapporter les événements sans apporter de nuances ou sans mettre l’information en perspective. La pression du direct est très forte et les ressources sont de plus en plus rares.

Les conséquences de ça sont multiples:

des événements prennent parfois une importance médiatique sans rapport avec leur importance réelle;

la complexité des délibérations et des arbitrages qui conduisent à ces décisions sont souvent occultées;

les motivations, et les hésitations, des acteurs impliqués ne sont pratiquement jamais expliquées.

C’est sur ces bases qu’on se met sans trop s’en rendre compte à décrire la politique comme une partie d’échec, où chaque parti politique déplace froidement ses pièces et où les politicien.nes s’affrontent en suivant des modèles bien précis.

Et pourtant, ce n’est pas ça du tout.

La politique est un monde d’hésitations, de doutes, de compromis et, parfois, de ruptures. Malgré leurs convictions et leurs déterminations, les meilleurs politicien.nes sont souvent pétris d’ambivalence et de dilemmes. Ce n’est pas simple de concilier ses convictions avec les exigences de la démocratie — pire, avec l’exercice du pouvoir. C’est d’ailleurs ce que Jean-Claude Labrecque avait exceptionnellement réussi à mettre en lumière avec À hauteur d’homme.

Tout ça pour dire que quand les médias rapportent simplement, un beau samedi matin, qu’un jeune délégué au conseil national du Parti Québécois a démissionné avec fracas, on peut facilement avoir l’impression que ça été un geste impulsif motivé par la volonté de faire un coup d’éclat.

La couverture médiatique peut aussi facilement créer l’impression que Catherine Fournier souhaite forcément l’échec du conseil national (et qu’elle y travaille en coulisse), puisqu’elle a démissionné du caucus quinze jours plus tôt.

Le casting médiatique (inconscient, sans doute) fait de l’un, un trouble-fête et de l’autre une conspiratrice. Un récit prend insidieusement forme autour de ce casting, qui va servir à relier les événements à mesure qu’ils prennent formes.

Et pourtant, très souvent, ce n’est pas ça du tout comme ça que ça se passe. Il suffit d’écouter l’épisode spécial de la balado des Engagés publics ont produit sur le conseil national du Parti Québécois pour le constater.

Toute la fin de semaine Denis Martel a interrogé, très simplement, un micro à la main, les principaux acteurs du conseil national: celles et ceux qui ont fait des interventions remarquées; Félix, le jeune qui n’a pas démissionné sur un coup de tête; Véronique Hivon et Harold Lebel; et même Catherine Fournier (par téléphone), qui a admirablement témoigné de la difficile réflexion qui l’a menée à prendre la décision de quitter le Parti Québécois. On peut aimer ou pas ce qu’ils disent. On ne peut pas douter de leur sincérité.

François Larouche a fait un brillant montage qui donne à tout ça des allures de documentaire.

La simplicité des moyens techniques et le caractère artisanal de la démarche permet ici à la baladodiffusion de témoigner de la dimension humaine de la politique bien plus efficacement que toutes les autres formes de médias ont pu le faire.

La baladodiffusion, à la manière des Engagés publics, permet de découvrir l’envers du décor, de briser le casting créé par les médias traditionnels et de comprendre les motivations des acteurs de l’actualité politique.

Je trouve que c’est une forme de média dont les partis politique auraient tout avantage à exploiter davantage et dans laquelle ils ne devraient pas hésiter à partager leurs ambivalences, à reconnaître leurs hésitations et à expliquer leurs décisions. Parce que l’ambivalence est aussi présente dans la population — les gens sont rarement pour ou contre quelque chose sans nuance (et si ce n’est pas le cas, il est d’autant plus important de les exposer ces nuances).

Je suis de plus en plus convaincu que la crédibilité et la légitimité politique passe de plus en plus par la reconnaissance de ses propres ambivalences.

C’est à ce prix que les citoyen.ne.s vont pouvoir (re)commencer à avoir confiance aux partis politiques qui ont trop longtemps fait semblant de n’avoir que des certitudes.

Il ne faut pas confondre certitudes et convictions.

Merci aux Engagés publics de nous rappeler de façon aussi éloquente la puissance de l’authenticité.

Miroir, miroir, dis-moi…

Une chose me frappe en lisant les chroniques qui portent sur le conseil national du Parti Québécois en fin de semaine: elles sont fidèles à ce à quoi on a assisté sur place, mais peut-être pas pour les raisons prévues par les scribes…

Par-delà les mots, la plupart des chroniques témoignent de la même résistance à l’égard de la jeunesse que nous avons vu s’exprimer au Conseil national. L’ensemble témoigne aussi remarquablement du déséquilibre générationnel dans l’espace médiatique. Les propos de Richard Martineau à la télévision hier, ceux de Denise Bombardier (particulièrement imbuvables ce matin), et même ceux de Michel David, auraient très bien pu être entendus en plénière la fin de semaine dernière.

À Trois-Rivières, les jeunes ne se sont pas comportés «avec une insolence d’enfants-roi» — ils ont simplement revendiqué pour les moins de 40 ans un pouvoir qui correspond au poids qu’ils représentent dans démographie québécoise (âge médian 42 ans). Ils ont raison de dire qu’il faut arrêter de tout réfléchir en fonction du membership du parti et recommencer à penser en fonction du pays.

Et ça m’amène à une réflexion complémentaire: c’est peut-être parce que le Parti Québécois agit comme un miroir un peu trop fidèle des tensions qui animent la société québécoise (démographie, rapport à l’identité, rapport à l’innovation, etc.) que les Québécois en détournent leur regard, pas trop fiers de ce que le miroir leur retourne comme image?

Si c’est le cas, ça pourrait aussi rapidement redevenir une force… parce qu’une fois qu’on aura pu dompter ces tensions, non en les niant, mais en les transformant en quelque chose de positif, les Québécois pourraient soudainement vite avoir envie de s’y regarder à nouveau.

Crédits photo: Denis Martel, pour les Engagés publics.

Réflexion sur le conseil national

14h00 — le conseil national vient de se terminer. Quelques notes spontanées pour conserver l’esprit du moment… et le partager avec les personnes qui ne sont pas à Trois-Rivières et qui m’ont dit pendant la fin de semaine qu’ils appréciaient que je le fasse.

Première chose : je suis ravi d’avoir été ici pour assister (j’étais observateur) à ce point tournant dans l’histoire du Parti Québécois. On s’engage maintenant (enfin) courageusement dans la voie d’un renouvellement en profondeur.

Deuxième chose: je tiens à lever mon chapeau aux jeunes, et à leur présidente, pour leur leadership tout au long du conseil national. C’est à eux qu’on doit le succès de la fin de semaine. C’est de très bon augure pour la suite et pour le congrès. Toutes leurs propositions n’ont pas été adoptées, mais l’essentiel y est, et on ne peut pas toujours tout gagner — ça fait partie de la game, comme on dit.

Troisième chose: j’avais formulé un souhait ce matin et je peux dire qu’il a été amplement exaucé. Sylvain Gaudreault et Véronique Hivon ont clairement appuyé les demandes des jeunes et exprimé l’importance d’adopter une nouvelle attitude. Harold Lebel est aussi très habilement intervenu, dans le même sens, à un moment délicat des échanges. Et Pascal Bérubé a lui aussi montré qu’il a entendu les messages les plus importants de la fin de semaine.

Quatrième chose: la couverture des médias… Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la une de La Presse à 14h: «Les jeunes péquistes essuient une rebuffade». Et le choix de la photo (un jeune qui avance dans la pénombre tête baissée) ajoute au pathos. Ça ne rend pas du tout compte de ce qui a été vécu dans la salle.

MAIS, MAIS, une fois qu’on a dit ça, et même si c’est très tentant, il ne faut pas se remettre dans un état d’esprit de victime des médias. Ça nous replongerait dans la bouette dont on a enfin commencé à se sortir en fin de semaine.

À partir de maintenant, on (re)prend le contrôle du destin de ce parti.

La seule chose qui compte c’est de redonner envie aux gens de s’intéresser à nous, et ce n’est pas en chiâlant contre les médias qu’on va y arriver.

Si on aime pas l’image que les médias donnent de nous, alors communiquons nous même, plus et mieux, et de façon plus ingénieuse. Réinvestissons les blogues, utilisons les podcasts, développons nos idées là où elles trouveront des terrains fertiles.

Crédit photo: Denis Martel, les Engagés publics.

Un souhait

Je me suis levé très enthousiaste ce matin en repensant à la journée d’hier au Conseil national [matin; après-midi]. Y’a du pain sur la planche, c’est le moins qu’on puisse dire, mais j’ai la vive impression qu’il s’est enfin passé quelque chose de déterminant pour la suite des choses. On s’est enfin regardé dans le miroir et on a arrêté de chercher ailleurs les causes de nos problèmes.

Le mouvement indépendantiste a pas mal plus de chance de renaître en s’appuyant sur la détermination qui s’est manifestée chez les jeunes hier (celles et ceux du CNJPQ, mais aussi de l’exécutif national) qu’en continuant à chercher qui veut la peau du Parti Québécois.

Plus encore que d’expliquer les causes de nos échecs passés, il faut se rendre à nouveau attrayant. Et ce n’est pas en dénigrant les autres partis politiques qu’on va y arriver. Il faut donner envie au monde de s’intéresser à ce qu’on a à proposer (qu’on a maintenant huit mois pour définir plus clairement). Il faut aussi recommencer à écouter, avec plus d’ouverture, celles et ceux qu’on avait pris l’habitude de qualifier un peu vite de dissidents alors qu’ils n’étaient en fait que des critiques, le plus souvent bienveillants.

C’est ma fête aujourd’hui, alors je vais me permettre un souhait:

J’aimerais beaucoup entendre les élu.e.s du Parti Québécois dire clairement qu’ils ont compris le message des jeunes et qu’ils adapteront en conséquence leur action à l’Assemblée nationale: sur le fond, mais aussi sur la manière.

Je souhaite un discours rassembleur, positif, déterminé, par delà les clivages gauche-droite, en faveur de l’indépendance. L’enjeu est là, bien plus que dans le fait de gagner la journée.

Un PQ avec le sourire, quoi. Parce que s’il n’y a pas de fun, il n’y a pas de victoire possible.

Conseil national — 2

C’était huis clos au Conseil national du Parti Québécois cet après-midi, je vais donc rester discret sur les détails, mais quand même, quelques notes.

L’adoption du budget pour la prochaine année a été faite sans trop de débats. Je retiens surtout des échanges qu’un militant a fait valoir l’ingéniosité dont Option nationale a su fait preuve par le passé. Il y avait une certaine audace là… mais je pense qu’il a eu raison de le faire.

On a ensuite abordé la proposition de tenir un congrès extraordinaire en novembre pour poser les bases d’un nouveau Parti Québécois. C’était le point le plus chaud de la fin de semaine… et ça a donné lieu à deux moments très importants.

D’abord la manifestation d’appui des jeunes, qui se sont immédiatement alignés au micro Pour et qui ont exprimé tour à tour leur appui à la démarche proposée. Une démonstration de force très habile et très ordonnée.

Ensuite, la prise de parole de Jérémi Lepage, suivi de William Fradette, qui ont fait preuve d’un aplomb remarquable en s’adressant à l’assemblée pour dire chacun leur tour quelque chose comme:

«Je suis un des signataires de la lettre des jeunes qui appuient les constats formulés par Catherine Fournier. [silence] Je veux que vous sachiez que depuis que je suis arrivé ici je sens qu’on m’associe au côté obscur de la Force… pis je trouve ça ben plate. Je ne suis pas ici pour faire la plante verte. Je suis ici pour me retrousser les manches, pour dire ce que je pense, et ça ne m’empêche pas d’être au micro Pour

Et après un petit silence, ils ont recueilli des applaudissements chaleureux.

De mon point de vue, c’est la franchise de leurs interventions qui a été le moment tournant de la journée. C’est ça qui a dénoué le malaise qui polluait l’atmosphère péquiste depuis dix jours. À partir de là, les choses ont été plus simples.

Au terme du vote — unanime en faveur de l’organisation du congrès spécial! — l’exécutif national a même pris la peine de remercier les jeunes:

«Vous avez le droit de critiquer le parti et de ne pas être d’accord sur tout. On vous remercie d’être avec nous. Si on est ensemble, c’est ici que ça va se passer.»

Je retiens deux choses de l’après-midi:

1. Le travail aussi discret que rigoureux que de l’exécutif national a réalisé au cours des dernières semaines a été reconnu par le Conseil national.

Mais surtout:

2. Le leadership dont on avait besoin pour passer à travers la journée est venu des jeunes. J’aurais aimé entendre aussi les élu.e.s.

De mon point de vue, les jeunes ont montré qu’ils méritaient qu’on leur fasse confiance pour la suite.

J’ai hâte à demain.

Photo: Thomas Gaudreault, sur Twitter.

 

Conseil national — 1

Vu le contexte, j’ai choisi de remettre l’épaule à la roue et de prendre part au Conseil national du Parti Québécois, qui a lieu cette fin de semaine à Trois-Rivières.

Quelques observations de la première matinée:

  • La couverture médiatique donne l’impression que ça se passe dans le chamaillage, mais ce n’est pas du tout ce que je ressens ici.
  • Les jeunes avec qui j’ai parlé sont très sincères. Ils sont ici parce qu’ils veulent contribuer à la suite. Je me suis inquiété un moment du niveau d’écoute qui leur était réellement accordée, mais la rencontre entre Pascal Bérubé et Jérémi Lepage me semble être un bon signe (voir ici).
  • Le bilan sans complaisance de la période 1995-2019 qui a été présenté aux militants était nécessaire, pointant les nombreuses incohérences qui ont brouillé, à répétition, l’image du parti. Le survol du contexte international dans lequel les partis politiques sont forcés de se redéfinir était aussi très pertinent.
  • Je trouve qu’on consacre encore trop d’énergie à dénigrer les autres partis. Dans le contexte actuel, ça nous détourne de l’objectif de redonner le goût aux gens de s’intéresser au Parti Québécois. Comme l’a dit un militant: «Il faut convaincre les gens d’être avec nous autres, pas contre les autres».

Et comme il se dit vraiment beaucoup de choses dans un conseil national (discours officiels, interventions dans la salle, échanges en coulisses, etc.) je me suis donné un critère pour guider ce à quoi je vais consacrer de l’attention pour la suite.

C’est très simple:

Si la même chose aurait pu être dite, souvent à l’identique, en 2004, 2009, 2012 ou 2015… je n’en tiens pas compte.

Ce qui m’intéresse c’est ce qui n’aurait pas pu être dit avant, ou qui est formulé tout autrement. Parce que je pense qu’il n’y a que ça qui compte si on veut éviter de refaire les mêmes erreurs que par le passé.

Le discours de Frédérique Saint-Jean, présidente du CNJPQ, était particulièrement intéressant de ce point de vue.

Un an sans Facebook

Ça fait un an aujourd’hui que j’ai quitté Facebook [1] [2] [3]

Au début j’ai senti un certain vide. Même un réflexe physique contrarié plusieurs fois par jour. J’ai eu peur de manquer des informations importantes, de ne pas savoir ce qui arrivait à mes amis, de ne pas être dans l’coup dans les prochaines rencontres de groupes.

Mais tout ça s’est apaisé, rapidement, pour laisser place à une grande bouffée d’air frais.

Et je n’ai jamais regretté.

Ce qui a été le plus compliqué? Trouver une alternative à Messenger comme messagerie instantanée. Ça a finalement été Telegram, que j’utilise avec encore plus de plaisir. Merci à celles et ceux qui m’ont accompagné dans ce changement.

Ce qui a été le plus difficile? Perdre la grisante rétroaction instantanée des j’aime et des commentaires lorsqu’on publie un texte ou une photo: le sevrage de la dopamine. Écrire sur un blogue c’est bien, mais les réactions sont plus rares et beaucoup plus longues à venir. Le lectorat est plus limité aussi, mais les échanges auxquels la publication donne lieu sont généralement de bien meilleure qualité.

Et ce qui a fait le plus de bien? Sortir de la bulle, du buzz, des mèmes et des trolls — de l’espèce d’humeur contre laquelle on ne peut rien, qui agit sur nous comme une forme de météo psychologique. Aussi, et ce n’est pas banal: la satisfaction de ne plus être complice d’un système qui est devenu nocif pour la démocratie, et dont les dirigeants continuent de nous mentir effrontément.

Au fil des mois, je me suis progressivement rebâti une liste de blogues, je me suis abonné à quelques médias (oui, payants) et je me suis inscrit pour recevoir plusieurs excellentes infolettres. J’ai aussi fait le grand ménage de mes abonnements Twitter — notamment pour en évacuer beaucoup de politique partisane. J’y trouve maintenant des choses à la fois plus variées et plus stimulantes.

Un an plus tard, je peux dire sans hésitation qu’en quittant Facebook j’ai retrouvé un bien meilleur contrôle de mon attention et de mon humeur. Et je ne pense pas avoir manqué grand-chose.

Je lis plus, j’écris plus, et je pense que je le fais beaucoup plus librement.

Des questions? Ça va me faire plaisir d’y répondre!

 

La tentation marketing

Il y a encore des gens qui pensent que c’est avec une bonne job de marketing que le Parti Québécois va se redonner meilleure allure. Et je ne fais pas référence qu’à la question du nom du parti. Je parle surtout de la façon d’aborder la question nationale.

J’entends encore des gens dire qu’il va falloir trouver de nouvelles façons pour mieux expliquer aux jeunes pourquoi l’indépendance est importante.

Je pense que ce type de raisonnement est au coeur même du problème que rencontre aujourd’hui le Parti Québécois.

Je pense que pour survivre, il va falloir renverser complètement cette façon de penser.

Si les vieux indépendantistes veulent que la majorité des jeunes adhèrent éventuellement à l’idée de l’indépendance (un impératif démographique), ils devront accepter de se mettre au service des aspirations des jeunes. Et je m’inclus dans cette catégorie: je suis un jeune vieux indépendantiste.

Il va falloir qu’on accepte de tout reprendre à partir des aspirations des jeunes et arrêter d’essayer de les convaincre des bienfaits du pays auquel nous avons rêvé depuis les années soixante, soixante dix, quatre-vingts ou quatre-vingt-dix.

La priorité à partir de maintenant doit être d’aider les jeunes à prendre confiance en eux — de les aider à acquérir les compétences et les ressources pour se réaliser. Qu’ils rêvent à gauche ou à droite, n’a aucune importance du moment qu’ils développent la conviction d’avoir leur destin bien en main. Parce que personne ne prend le risque de fonder un nouveau pays s’il n’a pas d’abord confiance en lui / elle.

Si on est indépendantiste, c’est parce qu’on pense qu’il sera plus facile pour les jeunes de se réaliser dans un pays que dans une province — et qu’ils seront à même de le constater, et que c’est incontournable.

Je suis personnellement convaincu que les jeunes réaliseront rapidement qu’il faut que le Québec soit un pays pour pouvoir aller au bout de leur rêve. Mais j’accepte l’idée que si ça n’arrive pas, ça voudra dire que l’indépendance n’a plus la même pertinence qu’autrefois.

Je crois qu’il faut accepter cette possibilité pour recommencer à rassembler.

On ne fait pas l’indépendance pour se faire plaisir, on la fait pour aider ceux et celles qui nous suivent à vivre mieux — en harmonie avec leur histoire, leur culture et les enjeux de leur époque. S’ils n’en voient pas l’intérêt, on ne doit pas leur imposer.

Si on n’est pas prêt à prendre le risque de mettre l’indépendance entre les mains des jeunes, c’est parce qu’on pense mieux savoir qu’eux-mêmes ce qui sera bon, pour eux, dans le futur.

C’est une attitude qui ne donnera envie à personne de s’associer au Parti Québécois…

…et qui en décourage déjà plusieurs de s’engager à nos côtés — même pour des sujets qui les motivent et pour lesquels on a toutes les raisons de croire que notre programme est le meilleur.

Cher Jean-François

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Cher Jean-François,

J’ai évidemment lu le texte que tu publies sur ton blogue et dans Le Devoir ce matin. J’admire ta plume et ta détermination, mais tu sais très bien que pour réussir à réaliser ses projets en politique, il ne suffit pas d’avoir raison, il faut réussir à mobiliser autour de soi.

Tu dis croire que «rien [n’est] plus utile que de faire la guerre aux clichés et aux fausses perceptions [au sujet du PQ], qui,  malheureusement, semblent dominer le discours».

Rien de plus utile? Vraiment? Il me semble qu’il y a une meilleure manière de redonner le goût au monde de (re)venir militer avec nous. Même moi je suis profondément lassé par ce type de discours…

Je suis d’accord avec toi que certains préjugés nous nuisent mais les gens n’auront pas le goût de revenir simplement parce qu’on travaille à éliminer des préjugés. Il faut plutôt travailler à leur permettre de se former un nouveau jugement, un jugement favorable, basé sur des faits nouveaux, sur l’avenir.

Tu le sais, après dix ans comme président de diverses instances, deux fois candidat et même co-président de la campagne de financement du Parti Québécois, j’ai choisi il y a un an de prendre une pause d’implication. J’en avais besoin, j’étais épuisé, politiquement parlant.

Mais comme on ne sort pas la politique du gars aussi facilement… j’ai continué à observer, à réfléchir et à me demander quelle forme prendrait mon engagement social dans l’avenir. Je ne me suis pas totalement désintéressé du Parti Québécois, mais ça s’en venait bien… lentement mais sûrement. Jusqu’à lundi dernier.

De mon point de vue, le départ de Catherine est la meilleure chose qui pouvait arriver au PQ. On va enfin pouvoir (devoir) sortir du ronronpatapon des dernières années. On est peut-être enfin rendu au moment que je désespérais voir arriver. Un débat, un vrai, sur l’avenir du parti. Je m’en suis même réjoui publiquement…

Et là il s’est passé quelque chose de fascinant: j’ai vu la bulle péquiste se manifester pour tenter de neutraliser ce point de vue qu’elle ne voulait pas entendre: Catherine avait tort, et moi tort de lui donner raison (lui avais-je même donné raison?), ce n’est pas comme ça qu’il fallait voir ça, les statistiques montrent autre chose, l’influence indue des médias, et patati et patata. Plus facile de réagir que d’écouter.

On a beaucoup parlé depuis quelque temps des invraisemblables bulles qui regroupent sur les réseaux sociaux les flat-earthers, et les anti-vaccins, par exemple. Des bulles qui amènent les gens à croire que tout le monde pense comme eux parce qu’ils ne sont presque jamais en contact avec le reste du monde. Tu me suis? Eh bien cette semaine j’ai encore une fois eu l’impression que la bulle péquiste était elle aussi vraiment très très forte, et que son comportement rend le parti de plus en plus repoussant pour beaucoup de monde.

Ce que je trouve dommage avec ton texte de ce matin, c’est que cette bulle va se régaler de tes propos… et que cette bulle risque d’être presque leur seule audience. Résultat: malgré tes bonnes intentions, on s’éloigne d’une solution. Et le Parti Québécois continue à se refermer sur lui-même.

Il faut arrêter de se raconter des histoires: le Parti Québécois s’est servi du rapport de Paul Saint-Pierre Plamondon bien plus qu’il ne l’a accueilli dans la réalité. Ça a été un succès technique parce que la machine a réussi à le faire aboutir sans que cela n’amène trop de changements de fond. Mais le mouvement auquel ça devait donner lieu n’a pas eu lieu. Comment s’en étonner? Paul n’a même pas eu la parole au dernier congrès. On a préféré neutraliser son influence que de s’en faire une force, avec tout ce que cela aurait impliqué.

Tout ça pour dire que j’ai une faveur à te demander Jean-François: est-ce que tu pourrais profiter d’un peu de ton temps médiatique pour aider à faire émerger de nouvelles voix, de nouvelles idées, pour ouvrir les horizons autour du Parti Québécois? Je pense que ce serait plus utile que de nourrir la bulle.

Tu as déjà montré dans le passé que tu es très bon pour sortir des sentiers battus. C’est pour ça qu’on a besoin de toi aujourd’hui.

Amicalement,

Clément

 

 

Espaces de réflexion

Court texte pour mentionner que je suis en train de réorganiser tranquillement mes différents espaces de réflexion:

www.remolino.qc.ca continuera à recevoir des réflexions et des opinions variées — des textes plutôt longs, toujours accompagnés d’une image qui comporte souvent un clin d’œil en écho au texte.

www.clementlaberge.com a sera de plus en plus souvent utilisé pour partager, beaucoup plus spontanément, des liens vers des choses qui suscitent mon intérêt et des réflexions généralement beaucoup plus courtes.

Je suis aussi sur Twitter, mais relativement peu actif, parce que je trouve que la nature de cette espace nous amène trop souvent à se contenter d’amplifier le bruit de fond (d’une partie) de l’opinion publique.

Je participe aussi à l’occasion aux enregistrement des Engagés publics, un format qui me fait sortir un peu plus de ma zone de confort… et c’est très agréable!

J’écris évidemment un peu chaque jour dans DayOne, pour garder des traces de mes réflexions quotidienne qui ne trouvent pas leur chemin vers aucun des espaces précédents. Mais ça ça reste privé… ou ce sera pour un usage ultérieur!

L’art de la table

Le Parti Québécois a rendu publique mardi une proposition de plan d’action dans le but de mettre sur pied un nouveau Parti Québécois aussi tôt qu’en novembre 2019. C’est très ambitieux.

Malgré l’adversité dans laquelle la démarche est présentée, j’ai encore une fois envie d’y croire. D’autant plus que la proposition correspond, à bien des égards, à des souhaits que j’ai déjà exprimés au cours des derniers mois.

Je veux y croire, mais j’ai peur que cela se révèle encore une fois des vœux pieux parce que les dernières heures ont démontré à quel point ce sera difficile pour plusieurs militants d’accepter ce que ça représentera en terme d’ouverture aux points de vue d’autrui (c’est vrai à tous les niveaux de l’organisation).

Le parti dit aujourd’hui:

«Hormis l’indépendance, tout doit être sur la table.»

«Nous convions tous les indépendantistes du Québec à participer à ces chantiers.»

«…aménager des espaces de discussion ouverts à tous.»

Ce sont toutes de bonnes intentions, que je partage, sauf que pour que ça marche il va falloir faire plus que le dire. Il va falloir que ça s’incarne dans des gestes concrets.

Pour avoir une belle tablée ça ne suffit pas de tout mettre sur la table, il faut aussi donner le goût au monde de prendre place autour cette table.

Il faut aussi savoir faire preuve de bonnes manières.

Et ce n’est pas gagné. On est même assez loin du compte, je trouve.

Les 48 dernières heures n’ont certainement pas donné envie à beaucoup de monde de se joindre à notre gang pour le repas.

***

Si le parti est sérieux dans son projet de métamorphose, il doit dès maintenant en faire son unique priorité.

Huit mois pour réinventer un parti qui décline depuis vingt ans, ça va demander qu’on y consacre toutes nos énergies et toutes nos ressources. Si on ne fait pas ça, c’est qu’on y croit pas vraiment ou qu’on n’est pas prêt à y consacrer toutes les énergies nécessaires.

Il faut arrêter de perdre de notre temps à critiquer la CAQ, QS et le PLQ. Ce n’est clairement pas la priorité pour les huit prochains mois.

Il faut arrêter de se laisser distraire par mille et un sujets, par Twitter et par l’agenda médiatique. Il faut surtout arrêter d’être obsédé par l’idée de gagner la journée.

À partir de maintenant, la priorité de tous les jours, de toutes les heures, devrait être de donner envie au monde de venir participer avec nous à la création d’un nouveau Parti Québécois.

Pour ça il va falloir se rendre fréquentable.

Réapprendre à être accueillant.

Inviter, écouter, accepter de débattre.

C’est uniquement à ça que devraient se consacrer tous ceux et celles qui sont en position de leadership dans ce parti — à commencer par les élus.

Il faut arrêter de sermonner, de bouder ou de faire de l’esprit aux dépens des gens qui expriment des points de vue qui ne vont pas dans le sens prévu ou souhaité.

***

C’est bien beau de plaider la nécessité d’une nouvelle grande coalition autour du Parti Québécois — et j’y crois aussi — mais pour être crédible et légitime il va falloir qu’on commence par démontrer qu’on est capable de faire preuve d’un véritable esprit de coalition.

Ça presse.