Les médias et le numérique

En fouillant dans les archives de mon blogue, un peu plus tôt aujourd’hui, je suis retombé sur ce texte de Michel Dumais, publié en 2003.

Téléphones portables, débats éthiques et foules intelligentes

Juste un extrait, pour le plaisir de constater à quel point le temps passe vite :

«…l’impact des communications sans fil sera même beaucoup plus important que celui qu’a eu l’ordinateur dans nos vies au cours des années 1980-2000. L’espace d’un coup de fil, d’une communication, de l’envoi d’un message textuel ou la réception d’une photo numérique, [les phototéléphones] risquent de changer le tissu social et de bouleverser les relations humaines telles que nous les connaissons. Il n’y a qu’à voir la popularité des messages textes (SMS) auprès des jeunes pour se rendre compte de leur impact profond.»

La relecture de ce texte m’a fait réaliser qu’à cette époque Le Devoir offrait à ses lecteurs une pleine page hebdomadaire en rapport avec les enjeux associés aux nouvelles technologies. Je pense que d’autres grands médias en faisaient autant.

Vous pouvez m’aider à m’en souvenir? Quels médias? quels chroniqueurs/chroniqueuses? Sur quelles périodes?

Qu’en reste-il aujourd’hui?

À votre avis est-ce qu’au Québec aujourd’hui la couverture médiatique de ces phénomènes est, globalement, meilleure ou pire qu’à cette époque? Pourquoi?

Le monde politique devant le numérique

C’est en janvier 2016 que Dominique Anglade a été nommée ministre responsable de la Stratégie numérique.

C’est finalement ce matin que la ministre a dévoilée cette stratégie.

Je trouve que le document témoigne d’une démarche sincère en rapport avec les enjeux numérique au sein du gouvernement et des différents ministères. C’est un document qui, comme tout énoncé de politique, peut évidemment être critiqué. C’est normal et c’est même souhaitable vue l’importance du sujet.

Or, je constate qu’aucun parti d’opposition ne s’est encore donné la peine de le faire. Ça me surprend et ça me déçoit. Je suis bien prêt à croire que c’est dans le but de bien analyser le document et les propositions qu’il contient (même s’il faut bien reconnaître est assez rare qu’ils adoptent aussi unanimement cette attitude pour d’autres sujets… surtout quand il est question d’une annonce de plus d’un milliard de dollars).

On ne le répètera jamais assez: l’avènement du numérique (depuis bientôt 25 ans!) soulève des enjeux absolument essentiels pour l’avenir de la société québécoise. Tout autant que la langue, la culture, l’éducation, la santé, l’emploi et l’économie, à titre d’exemples. Le numérique s’est irréversiblement introduit dans tous ces sujets, et de façon déterminante.

On le constate tous les jours: il n’est plus possible d’aborder de façon crédible les questions de langue, de culture, d’éducation, de santé, d’emplois et d’économie sans tenir compte de l’impact des bouleversements numériques.

Pour cette raison, il m’apparaît essentiel que tous les partis politiques s’expriment clairement au sujet de la stratégie numérique qui a été présentée aujourd’hui.

Ça peut attendre en janvier, bien sûr, mais c’est absolument indispensable qu’ils le fassent.

Apprivoiser la bête

Dans une chronique particulièrement alarmiste publiée le 11 décembre dans Le Devoir, Louise Beaudoin appelle à des interventions vigoureuses de l’État afin de protéger la diversité culturelle et linguistique, qui serait gravement menacée de disparition au cours des cinq prochaines années. Comme les baleines noires.

Le problème c’est que les actions qu’elle propose afin de répondre à cet imminent danger risquent de se révéler inefficaces si elles ne tiennent pas compte de l’ADN du numérique, c’est-à-dire des mécanismes sur lesquels il s’appuie.

À titre d’exemple, on ne peut plus se contenter de dénoncer que «la tuyauterie et les algorithmes des multinationales américaines déterminent déjà largement ce que nous regardons et écoutons.» Il faut aussi s’interroger sur les raisons qui expliquent cette situation. Et quand on le fait, on est rapidement forcé de constater que les industries culturelles québécoises ont aussi leur responsabilité dans cette situation.

En effet, à défaut de fournir aux algorithmes qui organisent le web des renseignements adéquats sur nos productions culturelles (des métadonnées de qualité) il ne faut pas s’étonner qu’elles restent inconnues. Elles sédimentent naturellement au fond des disques durs de la Silicon Valley, sans aucune découvrabilité. Il n’y a pas de complot là-dedans, c’est le résultat logique d’un manque d’information. Et cela décrit malheureusement assez bien la situation actuelle. L’Observatoire de la Culture et des Communications du Québec a d’ailleurs consacré un rapport à cette question il y a quelques mois.

La réalité c’est que même si on exigeait dès demain un quota de pièces musicales québécoises sur la page d’accueil de iTunes, Apple ne serait probablement pas en mesure de le faire. Pas parce que Goliath ne le veut pas, mais parce que les métadonnées qui accompagnent les fichiers musicaux sont trop pauvres. Elles ne permettent souvent même pas de savoir s’il s’agit d’une chanson québécoise. — Ben t’sé, franchement, Pierre Lapointe, c’est évident que c’est un québécois! — Ben non… pas pour un algorithme! Il faut savoir le dire dans le langage des ordinateurs, à partir de normes et des standards internationaux. Et c’est souvent là que le bât blesse.

Est-ce que de meilleures métadonnées régleront tout, certainement pas. Mais elles apparaissent de plus en plus comme une condition préalable à toute ambition dans le monde culturel numérique. Tout le monde doit bien le comprendre, et en tout premier lieu les producteurs, qui ont la responsabilité de produire ces métadonnées, et les pouvoirs publics qui soutiennent la production culturelle. C’est heureusement de plus en plus le cas.

L’évolution du droit d’auteur, la transformation des circuits de diffusion, la dissolution des produits culturels dans diverses formes d’abonnement à des services culturels et l’apparition de puissants outils d’auto-production sont aussi des éléments essentiels de la nouvelle dynamique culturelle. On ne peut plus réfléchir les enjeux de la diversité culturelle sans en tenir compte.

Je suis tout à fait d’accord avec Louise Beaudoin quand elle dit qu’il est urgent de réguler la mondialisation culturelle. Sauf que pour réussir à le faire efficacement il faudra tenir compte des particularités de ces nouveaux espaces culturels. Il faudra d’abord apprivoiser la bête.

Photo: extrait d’une oeuvre de Pascale Marthine Tayou, vue au Musée de la Fondation Louis Vuitton, à Paris, à l’été 2017.

Aux commandes (sauf que)

Un courriel reçu en réaction à ce texte m’a ramené à l’esprit quelques autres souvenirs de mon baptême de l’air, à bord d’un Cessna, autour de 1990.

Je me souviens particulièrement bien du moment où le pilote (qui avait le même âge que moi) m’a proposé de prendre les commandes.

— T’es pas sérieux?

— Ben oui… tiens, maintenant c’est toi le pilote!

Nous étions au dessus du fleuve, en direction de l’Île d’Orléans.

Ce n’est pas la peur qui m’a envahi à ce moment là. C’est l’impression d’avoir soudainement perdu tous mes repères.

À cette hauteur, au dessus du fleuve, comment on fait pour savoir si on monte? Si on descend? Si on tourne beaucoup on le sent tout de suite, l’avion s’incline, mais si c’est un mouvement très faible? Comment savoir quoi faire pour se rendre où on veut aller? Il n’y a pas de rues dans le ciel, pas de signalisation non plus.

Il y avait bien sûr que tous ces cadrans devant moi, mais je n’y comprenais strictement rien. Louis semblait pourtant pouvoir en faire une lecture précise:

— Tu as tendance à monter un peu, tu vois? (pointant un cadran, mais lequel?)

— (…)

— Dirige-toi maintenant vers la Chute Montmorency.

— (facile à dire… à cette hauteur…)

J’étais aux commandes, mais j’étais totalement désemparé. Incapable d’interpréter mon environnement et d’utiliser l’information qui était mis à ma disposition.

J’écris ça et je me dis que c’est probablement comme ça que bien des élu(e)s doivent se sentir quand vient le temps de concevoir de nouvelles lois et d’adopter des règlements pour tenir compte du numérique.

Il y a une certaine ivresse à avoir les commandes, c’est vrai, mais je me suis senti beaucoup plus en confiance après avoir redonné les commandes à celui qui savait lire les cadrans.

Je n’aurais évidemment pas osé improviser un atterrissage.

Heureusement, de plus en plus d’élu(e)s semblent avoir le réflexe de faire la même chose.

Poésie (autour de 1990)

J’ai récemment remis la main sur une série de poèmes que j’ai écrits entre 1990 et 1995 — pendant la fin de mon secondaire, mon cégep (surtout) et mon université. Je me souviens d’avoir trouvé beaucoup de plaisir dans cette forme de création. Je m’y remettrai peut-être un de ces jours, qui sait?

Pour le moment je me contenterai de partager, pour le plaisir, le texte que j’ai rédigé au retour de mon baptême de l’air, à bord d’un tout petit avion au-dessus de la ville de Québec.


Noctambule impénitent
les célestes diaprures
étaient mon unique horizon
jusqu’au crépuscule magique
où un fragile vaisseau
m’emporta sur le nocturne
océan

vertigineuse découverte
le miroitement diaphane
des espaces humains

la vermeille cryptographie de
la vie
s’offre à mon regard
comme seules les
constellations l’avaient fait

funambule, je découvre
l’orfèvre cité.

La gare

Hall de la gare du Palais, à Québec. Et la valise comme trait d’union avec l’image précédente.

La photo a été prise de la mezzanine. Je pourrais me tenir là pendant des heures et regarder les gens entrer et sortir de la gare. Parfois très relaxe, parfois pressés, voire inquiets — comme cet homme, au premier plan, qui regarde sa montre (alors qu’il y a une très belle horloge juste au dessus de sa tête!).

C’était le 11 décembre 2013 et ce n’est pas pour prendre le train que j’étais à la gare ce jour-là. Plutôt pour une réunion, dans une petite salle qui était autrefois occupée par la billetterie de la gare. Je m’en souviens très bien. C’était une réunion compliquée. Sur la photo complète ont peut d’ailleurs voir trois des participants à la réunion qui tiennent un conciliabule (j’adore ce mot) à l’entrée de la salle.

Je suis repassé dans ce hall hier après-midi, l’esprit beaucoup plus léger.

La globalisation, oui mais…

Dans un texte intitulé L’avenir de la culture, Simon-Pierre Savard-Tremblay exprimait hier son inquiétude au sujet de l’avenir des expressions culturelles devant le rouleau-compresseur de l’American Way of Life.

«…l’empire américain a envahi les ondes et les écrans et règne sans partage. Il arrive cependant que des industries culturelles d’autres pays parviennent à exporter leurs produits culturels à condition qu’ils soient pensés et mis en marché à travers le prisme de la standardisation américaine.»

SPST reconnaît néanmoins que certaines industries culturelles réussissent pourtant à s’exporter efficacement:

«Il arrive cependant que des industries culturelles d’autres pays parviennent à exporter leurs produits culturels à condition qu’ils soient pensés et mis en marché à travers le prisme de la standardisation américaine.»

Ainsi, pour lui, c’est le mimétisme qui serait dorénavant le secret du succès (commercial?) des productions culturelles.

Je ne nie pas que ça puisse être un élément du succès, mais je pense que c’est une explication nettement insuffisante. Une explication qui, surtout, passe à côté de l’essentiel: la transformation des mécanismes de diffusion de la culture.

Les circuits traditionnels de diffusion de la culture sont en train de se transformer en profondeur. La télé n’est plus ce qu’elle était, la radio non plus. Le Web bouffe les intermédiaires. Les acteurs ont changé.

Dans ce nouvel espace, les états-uniens ne gagnent pas seulement parce que leurs productions culturelles sont attrayantes. Ils gagnent aussi parce qu’ils ont inventé les règles du jeu et qu’ils ont (donc) été les premiers à les maîtriser.

Au coeur des nouveaux circuits de diffusion, il y a les métadonnées qui accompagnent les productions culturelles, c’est à dire les informations qui permettent aux ordinateurs de bien connaître les fichiers qui circulent. Il s’agit d’informations précises, destinées à être comprises par des ordinateurs, dans le but de leur permettre de les organiser adéquatement, de les décrire et les recommander aux personnes intéressées et aux consommateurs.

Si on ne fournit pas ces informations aux ordinateurs, avec le bon vocabulaire et dans la bonne forme, il ne faut pas s’étonner que nos productions restent inconnues. Normal: les ordinateurs par lesquels elles transitent ne pourront pas les mettre en valeur parce qu’ils ne les connaîtront pas suffisamment. Résultat… ces oeuvres mal décrites (ou pas du tout) vont naturellement sédimenter, oubliées par tous les algorithmes qui structurent désormais le Web. Pas de fatalité globalisante là-dedans, juste une mauvaise compréhension des mécanismes techniques qui président aujourd’hui à la diffusion de la création.

S’inquiéter de l’impact de la globalisation et de l’omniprésence des productions culturelles américaines c’est bien. Et c’est sans doute nécessaire. Mais c’est aussi nettement insuffisant.

Par-delà les dénonciations, il va aussi (surtout!) falloir être pragmatique et réclamer haut et fort des investissements publics et privés pour décrire adéquatement le travail de nos créateurs — parce que c’est devenu une condition sine qua non à leur rayonnement.

J’aime Hydro

Hier soir je suis allé voir J’aime Hydro à la Bordée. J’en suis sorti émerveillé.

3h40 de théâtre documentaire intelligent, sensible, drôle. Une véritable prouesse.

Christine Beaulieu a amplement mérité le Prix Michel-Tremblay pour ce texte.

Et quel jeu! De Christine Beaulieu elle-même, bien sûr — elle incarne parfaitement son texte! — mais aussi de Mathieu Gosselin (qui interprète pas moins que 28 personnages!).

Je crois (j’espère?) qu’avec le recul, dans vingt ans, on dira que cette pièce a marqué un moment important dans l’histoire du Québec; qu’elle aura été un des révélateurs d’une prise de conscience et d’un changement d’état d’esprit qui étaient nécessaires pour entreprendre une nouvelle révolution tranquille.

***

Il ne reste malheureusement pas de billets pour Québec (et apparemment bien peu pour les représentations annoncées ailleurs au Québec), mais il est possible d’acheter le texte, publié par Atelier 10 (ce que j’ai évidemment fait dès la sortie de la salle!).

Et, croyez-le ou non, il est aussi possible d’écouter la retransmission en direct (audio) de la pièce chaque fois qu’elle est jouée en salle (oui oui!).

À défaut d’avoir des places pour voir la pièce, ne vous privez pas de ce plaisir.

Défilé

Du manche du parapluie à la canne. Le 6 janvier 2013. À Montevideo.

Jour de défilé dans les rues de la villes. De la musique, des fanfares, des tambours, des drapeaux de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Du monde. Beaucoup de monde! Pas de chars tirés par des camions bruyants et polluants… rien de très compliqué ou de très coûteux. La fête, spontanée et sans prétention. Et pourtant, il s’en dégageait une énergie incroyable, inoubliable.

Cet homme est mon souvenir le plus vif de ce défilé. Sa démarche aux limites de la danse, son intense présence, sa poésie politique. C’est peut-être l’homme du Monopoly, le riche banquier? Une représentation de l’exploiteur de la nature? Les branches dans sa valise. Le haut-de-forme métallique. La chemise blanche et le veston noir qui constrastent avec les couleurs de la fête? Sa présence attirait tous les regards. Les deux photographes visibles sur la photo en témoignent.

Le peuple qui acclame en riant un symbole de l’économie capitaliste? Remarquez… peut-être que je délire.

En arrière-plan, sur le mur, on devine une injonction: Attention! Et la présence de cet arbre, au centre de l’image.

Quoi qu’il en soit, c’est une image qui m’interpelle de façon toute particulière à un moment où je fais le choix de décrocher progressivement de la politique partisane à laquelle j’ai cru et dans laquelle j’ai investi tellement d’énergie au cours des dernières années.

Je regarde cette image et je me dis que le Québec mise parfois trop sur le spectacle et pas assez sur la fête. Qu’on confond peut-être l’événement et sa mise en scène. Qu’on se demande trop souvent de quoi ça aura l’air à la télévision plutôt que si c’est une bonne idée pour le vrai monde.

En politique, et plus largement aussi.

Résistance

C’est une scène que j’ai photographiée sur l’esplanade devant le Centre Pompidou, à Paris, en 2007. C’est une photo que j’affectionne particulièrement et qui est liée à la précédente par l’ordinateur, qui est au centre de l’image dans les deux cas.

C’est un aimant placé sur le frigo, qui a été imprimé à partir d’Instagram il y a quelques années, qui l’a ramenée à mon esprit ce matin. En sortant le pot de lait pour me faire un bol de céréales, à 4h45, pour tout dire.

C’est une image qui représente bien ce qui est en train de devenir ma résolution de fin d’année 2017: éviter les polémiques.

Éviter d’y porter trop d’attention, bien sûr (ce qui est déjà un défi, dans l’environnement médiatique dans lequel on est ), mais aussi — surtout! — éviter de les alimenter (ne serait-ce que presque malgré moi, par un usage trop spontané des réseaux sociaux).

Rester à l’abri des polémiques donc, pour protéger mon attention et diriger mon énergie intellectuelle là où ça peut faire une véritable différence. Là ou des résultats sont possibles.

La polémique est une arme de distraction massive.

Le parapluie un symbole de résistance.

Loin?

Du gilet rouge à la chemise rouge, me voilà à Paris, en 2006 ou 2007, dans notre appartement de la rue de Dijon, dans le XIIe.

Je travaillais (manifestement très concentré!) sur je ne sais quel dossier. Probablement quelque chose en rapport avec l’arrivée du Kindle d’Amazon (dont on a souligné les dix ans la semaine dernière).

Devant moi, c’est mon fils qui joue à Coco Crazy avec une de ses cousines… à distance! C’était possible grâce à une des premières webcam de Apple. Les temps ont bien changé… elles sont maintenant miniaturisées et intégrées jusque dans le plus petit appareil. Le geste que fait Étienne, en tournant la tête, pour montrer le contenu de l’œuf à sa cousine sans le voir lui-même, me semble encore plus adorable aujourd’hui.

À cette époque, on savait par coeur les jeux qui pouvaient se jouer à distance et ceux pour lesquels ce n’était pas possible.

Chaque séance de jeu donnait lieu à de très beaux moments de communion entre les enfants.

Et dire que tout cela leur semblait naturel.

Lentement

C’est l’escalier qui me servira cette fois de trait d’union.

Dans la photo précédente c’est avec empressement que l’escalier était descendu. Dans celle-ci, c’est plutôt avec une lenteur imposée par la fatigue… mais aussi avec une grande sérénité et une attitude contemplative.

La photo a été prise en 2015, après une longue visite en famille au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

L’ambiance de cette photo correspond pas mal à mon état d’esprit aujourd’hui… et à comment je me sens au moment d’aborder le dernier droit de l’année 2017.

La course

Les orteils d’enfants qui dévalent l’escalier à la recherche d’œufs en chocolats. Victoriaville, 2012. Il y en avait partout, partout. La magie opérait encore. Et je pense qu’elle opérerait encore cinq ans plus tard! Les enfants croient plus longtemps au chocolat de Pâques qu’au Père Noël.

En 2010, on avait même eu affaire avec un œuf d’autruche. Un vrai!

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, dit-on. Je ne sais pas si l’expression reste aussi appropriée si on parle d’œuf d’autruche. Faudrait demander à Gulliver.

Ou à Kim Yaroshevskaya, dont je viens tout juste d’acheter le livre. Elle nous inventerait sans aucun doute une très belle histoire autour de ça.

L’écriture nous réserve décidément bien des surprises.

Je réalise que je suis passé du kayak, hier, à Kim Yaroshevskaya, aujourd’hui… de façon totalement imprévisible!

J’aime ça.

Un après-midi sur les lacs

J’utilise le kayak de l’œuvre de Torres comme passage vers le souvenir d’un superbe après-midi sur les lacs Laberge, à la base de plein-air de Sainte-Foy. Au bout de la rue Laberge. C’était en juillet 2012.

Le bruit des pagaies qui remuent la surface de l’eau.

Les gouttes froides sur les pieds.

Le plastique chaud.

Les voix qui s’éloignent et se rapprochent.

Le ciel bleu.

Le chant des oiseaux.

Le confort de l’ombre sous les saules.

La crainte d’échapper mon iPhone.

Les fonds vaseux.

Les ménés.

La complicité.

Et les fesses mouillées.

Beauté plastique

Des bidons, il y en a aussi dans l’œuvre de José Luis Torres. Ici, lors d’une de ses participations aux Passages insolites, à Québec.

Des bidons, mais aussi toutes sortes d’autres objets de plastique coloré: kayak, glissade, poubelles, paniers, cônes. Autant d’autres témoins de la globalisation, de la (sur)consommation et de notre dépendance au pétrole.

Décembre approche. C’est la période de l’année où on consomme le plus: pour décorer, pour recevoir, pour offrir des cadeaux et faire plaisir.

Un Noël sans plastique, en 2017, est-ce que ça se peut? Probablement pas, mais ça peut — ça doit! — certainement être un objectif à poursuivre.

Autrement, l’appréciation des oeuvres de Torres et Hazoumè serait presque indécente.

The medium is the message.