2012

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La parole à Stéphane Laporte, qui formule, à mon sens, les meilleurs voeux pour 2012:

« Et si, en 2012, c’était ça, notre résolution: s’en trouver une? Une belle, une vraie, une grande. On l’accomplira en 2013, en 2014 ou en 2025, mais au moins on l’aura trouvée. Cette résolution collective sur laquelle nous pourrons bâtir.

Il n’y a que le 31 décembre, à 23heures 59 minutes et 59 secondes, que nous réalisons que l’avenir est dans une seconde. Pourtant, l’avenir est toujours dans une seconde. À nous d’en faire quelque chose. »

Source: 2012, et puis après?

Penguin et les bibliothèques: ce qu’il faut savoir

Depuis que j’ai présenté pretnumerique.ca au congrès des milieux documentaire, il y a une dizaine de jours — et en particulier depuis la publication de ce texte — on me parle beaucoup de la décision qu’aurait prise l’éditeur étatsunien Penguin de retirer ses livres numériques des bibliothèques américaines. Chacun interprète à sa façon cette décision, au point où c’est un exemple qui est en train de servir à un peu toute les sauces.

Voici ce que je pense qu’il faut savoir à ce sujet :

Les faits:

Le printemps dernier Amazon et Overdrive annoncent un partenariat pour faire en sorte que les utilisateurs de Kindle puissent emprunter les livres des bibliothèques américaines (qui utilisent Overdrive) en utilisant leur Kindle.

Amazon Partnering With OverDrive To Bring Kindle Library Lending To 11,000 Libraries Across The US

Overdrive y trouve son compte parce que cela simplifie beaucoup le processus d’emprunt de ses livres, et donc que cela devrait simplifier le processus du point de vue des bibliothèques (et donc diminue potentiellement le soutien aux usagers).

Amazon y trouve évidemment son compte, parce qu’une fois que les gens achètent un Kindle pour emprunter des livres dans leur bibliothèque… où achèteront-ils leurs livres? chez Amazon, évidemment!

Mais les bibliothécaires ne sont pas dupes et certaines s’expriment vertement contre ce partenariat. Voir notamment:

Le 20 avril… au moment de l’annonce, des questions:

Questions we should be asking about Kindle Library Lending

La même bibliothécaire, le 18 octobre, un cri du coeur:

Libraries Got Screwed by Amazon and Overdrive

Autour du 20 novembre, Penguin annonce qu’il retire ses livres d’Overdrive en restant assez imprécis sur les raisons qui le motivent à faire cela, se limitant à parler de « préoccupations sur d’éventuels problèmes de sécurités ». Il est clair pour les observateurs que a décision est liée au programme Kindle Library Lending en partenariat avec Overdrive.

Les problèmes de sécurités n’ont vraisemblablement rien à voir avec les DRM ou les verrous numériques (et certainement pas avec ceux d’Adobe, qui ne sont pas utilisés dans ce programme — les fichiers étant « prisonniers » de l’infrastructure d’Amazon.

La plupart des analystes estiment que les enjeux sécuritaires évoqués sont plutôt en relation avec les modalités d’emprunts des livres dans ce programme. En gros, le fonctionnement habituel d’Overdrive exige des usagers qu’ils se rendent sur le site Web des bibliothèques et s’identifient comme usagers avant de pouvoir emprunter un livre numérique. Or, dans le système mis en place avec Amazon, cela ne serait plus absolument nécessaire, et il deviendrait difficile (voire impossible) pour les bibliothèques — et indirectement par les éditeurs — de s’assurer que seuls les usagers de la bibliothèque ont accès à ces livres. Concrètement, Penguin aurait reproché à Overdrive de mettre les livres qu’il lui confiait jusqu’alors à la disposition d’Amazon en contravention avec les modalités définies dans le contrat qui liait Penguin et Overdrive.

Le 21 ou le 22 novembre Penguin annonce qu’elle remet ses livres disponibles aux bibliothèques après que Overdrive et Amazon aient accepté d’analyser les problèmes de sécurité évoqués et d’y remédier rapidement. Penguin dit qu’elle attendra que ces correctifs aient été apportés avant de rendre disponibles ses nouveaux livres.

Penguin Restores E-Book Access Amidst Amazon Negotiations

Penguin e-books are back at the library – for now

Analyse

Une des meilleures analyses de tout cela que j’ai pu lire est ici — et ce n’est pas qu’en faveur du discours des éditeurs, mais cela explique bien les tenants et les aboutissants:

Living in the Jungle: Amazon and Penguin

« Overdrive inadvertently alerted publishers that the potential market for ebook lending through libraries was significantly larger than it had been previously, and simultaneously they drove an increasing amount of traffic to publishing’s bête noire, Amazon. As Eric Hellman observed in his blog post, “When Overdrive was distributing content to libraries on their own platform, the publishers were able to view Overdrive, and libraries in general, as a counterweight to Amazon. But the extension of Overdrive lending to the Kindle flipped libraries into the Amazon column.” It also flipped Overdrive, seemingly, into another category. »

Je pense que quiconque veut citer le cas de Penguin en rapport avec les enjeux associés au prêt de livres numériques en bibliothèque devrait en faire une lecture attentive — notamment pour comprendre les enjeux qui sous-tendent la lutte entre Penguin, d’une part, et Amazon et Overdrive, d’autre part — enjeux qui dépassent largement le seul cas des bibliothèques.

Le texte suivant va dans le même sens, en restant un peu plus général:

Library Wars: Amazon and Publishers Vie for Control of E-Book Rentals

En complément, je suggère un dernier texte — qui va un peu plus loin, suggérant même aux bibliothèques de s’engager plus activement (et très concrètement) dans la redéfinition en cours du marché du livre (suggestion qui est presque sacrilège du point de vue de plusieurs, mais j’y  je crois profondément — et je crois que le Québec devrait être audacieux dans ce domaine!).

It’s Not About Libraries, It’s About Amazon

Aucun système n’est parfait ni infaillible, mais je pense qu’on peut raisonnablement penser que Penguin serait plus confortable dans un système du type de celui que nous sommes en train de mettre en place pour le Québec — autour de pretnumerique.ca — que dans celui qu’Overdrive et Amazon tentent de lui imposer.

C’est ma conviction en tout cas.

Sous béton

Cela fait une très étrange impression de lire Sous béton, de Karoline Georges, le matin du 11 septembre.

C’est l’histoire d’un enfant qui vit depuis sa naissance enfermé dans un minuscule appartement au 5969e étage d’une immense tour de béton: l’Édifice. Toute sa vie est strictement régulée: de l’absorption quotidienne des nutriments aux périodes de sommeil en passant par les périodes où son cerveau est enserré au distributeur du Savoir. Toutes ses réflexions sont aussi contrôlées. Jusqu’à ce que.

C’est un roman dur. Un récit pessimiste. Une histoire qui force à s’interroger sur le monde dans lequel on vit et sur la liberté.  Un livre que je classe spontanément avec 1984 et Le meilleur des mondes.

Dès les premières pages, j’ai été happé par l’efficacité de l’écriture de Karoline Georges qui nous plonge instantanément dans une univers étouffant. J’ai beaucoup aimé Sous béton… à l’exception des quinze dernières pages qui m’ont donné l’impression de conclure cette oppressante allégorie par une homélie aussi absconse qu’inutile.

J’aurai nettement préféré que le livre termine à la fin de la sixième section, avec ce retentissant « Enfin, presque. » qui, à mon sens, marque de toute façon la véritable fin de l’histoire et qui aurait forcé le lecteur à forger lui-même un sens à cet extraordinaire récit.

À lire, vraiment.

La culture à la carte: de Drapeau à Bono

Pour préparer la réunion de mon conseil d’administration virtuel, j’ai entrepris de relire Les années qui viennent, un livre qui a été publié par les Éditions du Boréal en 1987 et qui regroupe des chroniques que Jean-Paul L’Allier avait écrites pour Le Devoir au cours des années précédentes.

Plusieurs des chroniques sont d’une étonnante actualité.

Je reprends ci-dessous de larges extraits d’une de ces chroniques, parce qu’elle me semble apporter une réponse intéressante à la question que Stéphane Baillargeon pose à la une du Devoir de ce matin dans Pro bono publico:

À l’ère des mégaspectacles, des festivals et des superproductions, la culture est-elle condamnée à se justifier par le discours économique?

Elle me semble ajouter aussi une perspective historique importante au texte que Marie-Andrée Chouinard consacrait hier à la place de la langue française dans le Festival d’été de Québec.

* * *

Culture à la carte

Durant toutes ses années de vie politique, l’ex-maire de Montréal aura été, avant tout, un homme fasciné par les grands événements, les super-spectacles, les projets ayant un commencement, une apothéose et, pour la plupart, qu’il le veuille ou non, une fin. (…)

Les coûts de touts ordres n’ont que peu d’importance pourvu que le spectacle soit eau, si les gens l’aiment et si, de jeux en événements, on crée des images, des présomptions que l’on prend ensuite pour des certitudes.

Précurseur et intuitif, il se voit aujourd’hui confirmé dans ses choix par les élus de beaucoup de villes de tous les pays qui réagissent ainsi aux réflexes télévisuels des citoyens-spectateurs-consommateurs. D’autant plus que s’ils sont bien organisés et bien montés, on peut toujours prétendre que ces événements s’autofinancent par le décompte de toutes les retombées économiques et de toutes les taxes qu’ils génèrent et qu’ils apportent.

C’est la culture à la carte, un magazine vivant et, toutes dimensions de la culture déjà faite, une sorte de fantastique « Reader’s Digest » de l’Art.

Pour avoir l’impact souhaité et ne pas devenir le gouffre financier dont tous ceux qui se pressent pour l’inaugurer s’éloignent comme la peste au fur et à mesure de l’impression d’échec, l’événement doit être spectaculaire, original, grandiose et, à priori, populaire. (…)

Il ne s’agit pas, bien sûr, d’opposer d’une part la culture mondiale dans ses pointes d’excellence et dans ce qu’elle peut avoir produit de mieux, et d’autre part, les prétentions que l’on pourrait avoir ici, à partir de faibles ressources, de nos petites institutions et d’une population aussi restreinte, d’atteindre les mêmes sommets.

Ce qu’il faut retenir de cette culture à la carte, que l’on cherche de plus en plus à offrir puisqu’elle correspond à une formule gagnante, aux habitudes et aux goûts de la population, c’est que seule l’excellence des contenus, de la programmation, de la présentation, du marketing et de l’accueil sont des gages du succès.

Le Québécois consommateur de culture s’habituera vite à avoir accès à ce qui se fait de mieux et il est prévoir que les exigences monteront de plusieurs crans au cours des années à venir.

(…) la masse des consommateurs tendra plutôt à s’accroître, l’éducation culturelle n’en sera certes pas la cause puisqu’elle est virtuellement inexistante. C’est l’événement lui-même qui prime.

Dans ce contexte, il est à craindre que les gouvernements, toujours sensibles aux mouvements de l’opinion publique et aux modes autant qu’aux tendances nouvelles, cherchent maintenant à concentrer leurs interventions et les orientations de leur planification, lorsqu’elles existent, autour de l’événement. Quelle aubaine: il a des retombées positives sur le plan culturel, il en met plein la vue et peut même ne coûter à peu près rien à ceux qui, plastron en avant, l’inaugurent en propriétaire en notre nom à tous.

Leurs interlocuteurs ne seront donc plus d’abord les créateurs, les artistes et ceux que l’on a traditionnellement appelés « gens de culture » mais les promoteurs, concepteurs et vendeurs d’événements. (…)

Comment faire en sorte que ces « happenings » de la culture soient autre chose que des feux d’artifice et contribuent à consolider chez noues bases de toute première qualité en matière d’innovation et de création culturelle? Comment en assurer le suivi autrement que de fête en fête?

Comment faire pour que ces blocs de culture qui nous viendront presque toujours d’ailleurs, à de rares exceptions près (…) soient une formidable occasion d’éveil, de recherche d’excellence et de dépassement non seulement pour le monde de la culture, mais pour ceux qui ont la responsabilité de l’éducation à la culture, de l’organisation de la vie ou de la gestion des ressources gouvernementales?

Ne gâchons pas la fête. (…) Tant mieux si cela ne doit pas se faire au détriment de nos propres foyers de création et de nos institutions déjà souvent en retard.

Montréal a déjà fait la preuve qu’elle pouvait être un foyer original d’accueil et de diffusion extrêmement séduisante pour toute l’Amérique du Nord. À moins qu’il ne réussisse parallèlement et rapidement à démontrer qu’il peut aussi être un foyer de création et d’excellence tout aussi important pour les gens d’ici dans leur recherche de création et de dépassement, avec tous les coûts que cela suppose, toute la patience, toute la compréhension et toute la tolérance des femmes et des hommes publics, nous n’aurons fait que bouger sur place sans avancer, bien au contraire.

Pour un peuple comme pour les individus, c’est là toute la différence que de pouvoir écrire « la culture » en deux mots ou « l’aculture » en un seul ot. Le mot n’est peut-être pas encore au dictionnaire, mais la réalité l’emporte maintenant sur l’imaginaire.

Toucher à l’Histoire

À lire dans La Presse d’aujourd’hui, le portrait de Lucie Tremblay, qui a récemment été nommée infirmière de l’année par le Collège canadien des leaders en santé. « Mme Tremblay travaille depuis 13 ans au Centre gériatrique Maïmonides Donald Berman de Montréal, un immense CHSLD de 385 places dans le quartier Côte-Saint-Luc. »

D’emblée, la principale intéressée souligne qu’elle est une « passionnée de personnes âgées ». « Les aînés ont tracé notre chemin. Je leur voue un grand respect. Ici, je côtoie des gens qui sont des survivants de l’Holocauste. Ils ont des numéros tatoués sur les bras. Je touche à l’Histoire tous les jours », dit-elle, les yeux brillants.

Eh que ça fait du bien de lire des portraits comme ceux-là!

Partager le regard

De tous les « réseaux sociaux », mon préféré, c’est Instagram. Un peu trop clos sur l’univers Apple/iOS, un peu trop réservé à ceux et celles qui ont un iPhone — mais combien riche, fascinant et inspirant.

Instagram est souvent présenté comme un réseau de partage de photos. Je pense que c’est une erreur. Pour moi, c’est essentiellement un espace de partage de regards.

Les photos sont d’une qualité technique très variable, souvent mauvaises, mais cela n’a que peu d’importance dans l’espace instagram, où chaque photo témoigne d’abord et avant tout du regard de celui qui l’a prise, ici, maintenant.

Le fait que l’appareil qui saisit ce regard est particulièrement mobile, toujours disponible — qu’il est presque l’extension naturelle du bras de celui qui regarde — rend le témoignage du regard particulièrement sincère.

Ouvrir Instagram, c’est découvrir le monde dans le regard de l’autre — le petit monde, celui de la réalité quotidienne, de l’ordinaire, du banal — celui qu’on ne voit plus parce qu’on l’a trop vu — celui qui s’avère pourtant extraordinaire quand on emprunte le regard de l’autre.

Instagram, c’est un rappel — celui d’ouvrir les yeux, vraiment — de rejeter l’habitude, de porter attention à la lumière, aux ombres, aux perspectives, au cadre du regard, à la magie de l’instant.

Le regard de Joanne Fournier (@jfournier), et celui de Jean-François Frenette (@dezjeff) m’inspirent particulièrement depuis quelques mois — je les en remercie.

Le regard que Jean-François porte sur la ville de Québec me semble spécialement intéressant. Il renouvelle franchement le portrait qu’on fait de Québec, très sage (trop sage) et d’une esthétique vieillotte. On découvre grâce à ses yeux une capitale avec des accents d’intrigue, des airs kafkaïens et une géométrie ludique qui contrastent, pour notre plus grand plaisir, avec les images convenues qu’utilise trop souvent l’Office de tourisme.

Québec, vue du toit de l’édifice Beenox — Source: Dezjeff

Québec by Limoilou — Source: Dezjeff

Le goût du pouvoir public

Je lis depuis quelques jours (sur mon iPhone, lors de mes déplacements et dans les transports en commun) Guy Coulombe, le goût du pouvoir public — un livre de Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre, publié par les Presses de l’Université du Québec.

Je connaissais le nom ce grand commis de l’État, mais pas beaucoup plus. C’est en lisant quelques textes publiés à l’occasion de son décès, la semaine dernière, que j’ai eu envie d’en apprendre davantage à son sujet — et que j’ai découvert ce livre publié tout récemment par les PUQ.

Les auteurs rendent d’ailleurs hommage à Guy Coulombe dans Le Devoir d’hier matin — en présentant notamment ce qu’étaient pour lui les quatre grandes qualités que tout haut dirigeant doit posséder. Une synthèse à lire.

Je n’en suis encore qu’au tiers du livre, mais déjà, je découvre un personnage très inspirant, tant par son parcours professionnel atypique que par le regard qu’il porte sur l’évolution de la société québécoise.

Où j’en suis dans la lecture, je retiens particulièrement l’importance que Guy Coulombe accordait au choix des gestes qu’on pose — parce qu’il faut « choisir ses batailles ».

« …[il faut] savoir distinguer entre l’essentiel et l’accessoire à chaque niveau de responsabilité. Ce qui est essentiel pour un cadre intermédiaire ne l’est pas pour un cadre supérieur. (Le Devoir)

« Il y avait tellement de données détaillées que s’il avait fallu que je commence à lire tout, j’aurais perdu mon temps. Je me suis rendu compte que non seulement c’était pratique d’aller toujours à l’essentiel, mais c’était essentiel de le faire ». (PUQ)

Je retiens aussi l’approche systémique, et l’importance de la planification — pour éviter les conséquences de l’arbitraire.

« …[c’est sous la direction de Michel Bélanger et de Guy Coulombe] que toutes les structures financières d’un État moderne ont été mises en place par l’application du système budgétaire de « planification, programmation et préparation du budget. » (PUQ)

Je trouve habilement formulé le constat qu’il fait sur le Québec des années soixante:

« … il faut dire qu’au Québec, à l’époque, […] il y avait de la place pour ceux qui avaient des ambitions ». (PUQ)

(et me dit qu’on gagnerait à affirmer plus clairement notre volonté de réunir des conditions semblables aujourd’hui).

J’ai aussi surligné à plusieurs endroits dans le texte des passages qui, d’une façon ou d’une autre, mettre en relief la place du pragmatisme dans l’utopie.

« … [parce que] c’est bien beau d’avoir des rêves, mais il faut que ce soit concret, que ce soit appuyé sur une réalité ». (PUQ)

C’est une lecture qui fait le plus grand bien dans cette période où les décisions arbitraires et l’improvisation semble régner dans une multitude de dossiers où on attendrait un fort leadership politique; où les champs d’action (de responsabilités) des fonctionnaires et des élus sont remis en question et où on a parfois l’impression d’avoir perdu tout « point de repère dans le temps » (des objectifs et des projets qui donnent de la perspective aux actions — qui les inscrivent dans le cours de l’histoire et qui nous évitent de succomber aux charmes de la dernière idée à la mode).

C’est un livre qui nous rappelle que  la politique ce n’est pas seulement le vaudeville  que nous en présentent parfois les médias — c’est aussi des hommes et des femmes qui, chacun à leur manière, orientent le développement du Québec, en donnant forme à des idées grâce à des budgets, des programmes — des actions planifiées guidées par des valeurs fortes.

« Quelles valeurs vous guident ? » — voilà une question qu’on devrait plus que jamais oser poser aux gens qui aspirent à nous représenter.

Et s’il vous plaît, ne nous dites pas seulement ce que vous comptez faire… — dites-nous aussi pourquoi vous souhaitez le faire, et sur quoi se fonde votre décision de le faire de cette façon.

* * *

C’est un livre qui peut à première vue paraître aride, mais qui ne l’est pas — c’est tout le contraire! J’en suggère particulièrement  la lecture à tous ceux et celles qui s’intéressent à la tournure politique que le Québec semble être en train de prendre.

Écrire

Des projets personnels aux échanges avec les amis, en passant par le blogue d’Éric Chevillard (texte repéré par René: merci!), jusqu’au coffre de Pierre Gagnon dans Mon vieux et moi*, tout m’invite à écrire plus ici.

Je l’ai déjà dit. Je ne l’ai pas toujours fait. Cette fois peut-être.

C’est pourquoi : tout homme sera tenu désormais de fixer dans un livre la forme de son esprit ; au programme de toute existence désormais, cette obligation contractuelle, un livre…

Source: 1030, Éric Chevillard.

 

* * *

 

* Mon vieux et moi, de Pierre Gagnon, publié chez Autrement. J’ai adoré ce court roman: beau, triste et drôle à la fois. Un véritable coup de coeur. Pour le découvrir, visionner ceci, ou lisez ces textes, presque tous enthousiastes.

 

Mise à jour: Oups… on me souligne que le livre a précédemment été publié au Québec, aux Éditions Hurtubise. On peut donc se le procurer facilement dans toutes les librairies, notamment ici.  L’éditeur parle d’ailleurs du succès du livre en France ici.

De Québec en toutes lettres à la bibliothèque du XXIe siècle

Comment passer sous silence le dévoilement plus tôt aujourd’hui des préparatifs de la première édition de Québec en toutes lettres — « un festival littéraire thématique, accessible, urbain et participatif ».

C’est un très gros projet auquel j’ai la chance d’être associé comme membre du Conseil d’administration de l’Institut canadien de Québec — organisme responsable de la gestion du réseau des bibliothèques publiques de la ville de Québec.

* * *

Mon engagement en faveur des bibliothèques m’a également amené à m’exprimer dans les derniers jours à l’occasion de la consultation qui est en cours à Montréal sur la bibliothèque du XXIe siècle. Le document de consultation est disponible ici.

Je reprends ci-dessous le court texte que j’ai rédigé en prévision de l’audience de jeudi soir.

—/ début /—

From: Clément Laberge ‪

Date: 2010/5/28

Subject: Consultation sur la bibliothèque du XXIe siècle

To: commissions@ville.montreal.qc.ca

Bonjour,

Je tiens à exprimer mon appui aux orientations qui sont formulées dans le document La bibliothèque du XXIe siècle, et tout particulièrement celles qui concernent le développement des ressources électroniques dans le réseau des bibliothèques publiques de Montréal.

Mes activités professionnelles comme Vice-président responsable des services d’édition numérique chez De Marque et mon engagement bénévole dans le monde de l’éducation et de la culture, m’ont offert à maintes occasions la chance de constater l’innovation dont sait fait preuve l’équipe des bibliothèques publiques de Montréal dans le domaine du web et des réseaux sociaux. L’audace et le savoir-faire de cette équipe rayonnent d’ailleurs déjà largement dans la Francophonie.

Je suis convaincu que, fortes de cette rare expertise, les bibliothèques publiques de Montréal disposent de toutes les conditions nécessaires pour s’engager dans le développement de l’offre de ressources numériques que les usagers réclament avec insistance croissante. Le développement de services numériques est devenu une absolue nécessité pour que les bibliothèques continuent à assumer leur rôle d’éducation dans toute son ampleur et sous toutes ses formes.

C’est en tirant profit des technologies numériques que la bibliothèque pourra être au coeur de la cité éducative que le XXIe siècle nous amène à construire ensemble.

Le Québec a plus que jamais besoin du leadership des bibliothèques de Montréal dans le domaine du numérique. C’est pourquoi je pense que les orientations qui seront retenues dans le cadre de cette consultation constitueront un puissant message pour les auteurs, les éditeurs, les libraires et les bibliothécaires de tout le Québec — ainsi qu’aux citoyens, lecteurs de tous les âges. Un message à l’effet qu’un projet nouveau projet culturel est en train de prendre forme et que le moment est venu pour eux de s’y engager aussi.

Cette consultation vous offre l’occasion d’indiquer la voie dans un domaine essentiel au développement de la vie citoyenne au XXIe siècle — et, cela, pour tout le Québec — en plus de répondre plus adéquatement aux besoins actuels des citoyens de Montréal.

Le document La bibliothèque du XXIe siècle est important et ses orientations à l’égard des ressources électroniques sont stimulantes. Il faut les appuyer sans réserve.

—/ fin /—

Les bibliothèques de la ville de Québec s’engagent également dans cette voie — comme bien d’autres ailleurs au Québec. Le numérique: c’est le moment d’y aller… ensemble!

Carl Dair on reading habits (1949)

Après midi en famille au Musée national des beaux-arts du Québec. Au programme: Haute couture, design québécois, oeuvres de Riopelle et de Stéphane Larue.

J’ai beaucoup aimé les oeuvres fascinantes de Stéphane Larue.

Je retiens aussi, particulièrement, ce paragraphe de Carl Dair, dans le troisième numéro de la revue Les Ateliers d’arts graphiques (1949), présenté dans l’exposition 75 ans de design au Québec:

the eye of the reader becomes addicted to certain reading habits, and being only habits they are not incapable of change. once our phonetic alphabet represented sounds, and we identified words from the component sounds. today we read words as units — or perhaps the pattern group is more extensive; do we now tendtoread whole groupsofwords atonce so that we nolonger need spaces betweenthewords, but betweengroups.

Je suis resté longtemps devant la magnifique double page, très colorée, de cette revue. J’aurais tant aimé voir les autres… Quel écho magnifique elle offre à tous les travaux qui sont actuellement faits pour adapter l’écriture (et la lecture) à l’apparition de nouveaux médias. (tiens tiens… ça aurait été intéressant de lire Carl Dair sur la gestion des espaces avec la contraintes des 140 caractères de Twitter!).

J’avais heureusement pu voir vendredi dernier quelques autres pages d’autres numéros de cette extraordinaire revue, à la Grande bibliothèque, à Montréal, dans le cadre de l’exposition qui est actuellement consacrée à Roland Giguère: Artisan du rêve. C’est une exposition vraiment merveilleuse sur l’un des plus  artistes québécois (j’avais souligné ici sa mort). Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte si vous aimez la poésie et/ou les arts graphiques et que vous passez par Montréal.

Les prix des Prix…

Amusantes observations cette semaines autour des Prix littéraires.

D’abord le paradoxe de voir que le Prix Goncourt, remis à Marie Ndiaye, une auteure française, est distribué en numérique grâce à une plateforme technique québécoise; alors que le Prix Médicis, remis à Dany Laferrière, un auteur québécois, est distribué en numérique grâce à une plateforme technique française.

Ainsi, si vous achetez Trois femmes puissantes, publié par Gallimard, sur le site de la FNAC, c’est grâce à une infrastructure opérée à partir de Québec que vous obtiendrez le fichier.

Alors que si vous achetez L’énigme du retour, publié par Boréal à Montréal (et par Grasset à Paris) sur jelis.ca, c’est par une infrastructure opérée à partir de Paris que vous obtiendrez le fichier.

Pour mémoire, les prix aujourd’hui sont les suivants:

Trois femmes puissantes

Prix, version imprimée, site de la FNAC: 18,05€ (environ 28$)

Prix, version imprimée, site de bibliosurf.fr: 18,05€ (environ 28$)

Prix, version imprimée, site de la librairie Pantoute: 35,95$

Prix, version imprimée, site d’Archambault.ca: 35,95$

Prix, version imprimée, site de Renaud Bray.ca: 35,95$

Prix, version numérique (ePub), sur le site de la FNAC: 16,50€ (environ 25$)

Prix, version numérique (ePub), site de bibliosurf.fr: 16,50€ (environ 25$)

Conclusion, il est plus économique de lire Trois femmes puissantes en version numérique, mais il faut pour cela l’acheter dans une librairie en ligne française.

L’énigme du retour

Prix, version imprimée, site de la FNAC: 17,10€ (environ 26$)

Prix, version imprimée, site de bibliosurf.fr  17,10€ (environ 26$)

Prix, version imprimée, site de la librairie Pantoute (édition Boréal): 24,95$

Prix, version imprimée, site d’Archambault.ca (édition Boréal): 24,95$

Prix, version imprimée, site de Renaud Bray.ca (édition Boréal): 24,95$

Prix, version imprimée, site de mosaique.qc.ca (édition Boréal): 24,95$

Prix, version numérique (ePub), sur le site de la FNAC: 16,25€ (environ 25$)

Prix, version numérique (ePub), sur le jelis.ca (édition Grasset): 24,95$

Conclusion, quelle que soit la librairie ou le format, il en coûte environ 25$ pour lire le prix Médicis 2009.

* * *

Et pendant ce temps, Philippe Laperle, directeur, achats et mise en marché, d’Archambault, révèle que « les ventes de livres numériques représentent déjà 10% de leur équivalent papier ».

Ça promet…

Des livres qui nous accompagnent

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Retour de voyage. Home sweet home.

J’étais parti pour Rome avec un exemplaire du Monde qui titrait, à la une, « Amazon lance son Kindle à l’assaut de la planète ».

En correspondance pour Montréal, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, hier, j’ai vu mes deux premiers Kindle en véritable situation d’usage. C’est l’image d’entête de ce texte: un homme et une femme qui lisent, lui sur le Kindle DX, elle sur le Kindle 2. Personne ne s’étonnait tant leurs appareils se confondaient parmi les Nintendo DS, iPod Touch, iPhone et autres gadgets en vogue. J’ai d’ailleurs été fasciné de voir à quel point la posture des gens est identique quelque soit l’appareil qu’ils ont entre les mains. On pourrait les interchanger sur des photos sans que cela n’y paraisse — sinon d’un point de vue sociologique (des jeunes avec des livres? des vieux avec des consoles de jeux vidéos?). Pourtant, pour l’essentiel, chacun tient un récit, plus ou moins interactif, entre ses mains.

Entre temps, j’aurai aussi vu des livres merveilleux dans le cadre d’une exposition sur les instruments scientifiques de la collection du Vatican — une exposition qui passait sous silence d’obscène façon le sort réservé pendant des siècles aux astronomes, et en particulier à Galilée, mais qui offrait à voir des objets et des livres absolument merveilleux.

J’ai été particulièrement étonné par ces livres, du XVIe siècle, dont les pages se dépliaient de savantes façons pour rendre compte avec précision des reliefs de la surface de la lune, ou du mouvement des planètes. Des pages dont des illustrations s’animaient grâce à un ingénieux système de superposition de feuilles reliées par des ficelles. Des oeuvres qui n’ont rien à envier aux PopUp Book modernes que j’ai pu voir à Francfort — le caoutchouc et les pouet pouet en moins.

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J’ai aussi pu m’étonner de retrouver Cory Doctorow par hasard dans une cafeteria de Rome, le dernier jour de notre voyage — lui qui avait pris part à la conférence d’ouverture de Tools of Change, à Francfort. Pas lui en personne, bien sûr, mais une de ses oeuvres. En effet, en levant les yeux entre deux gorgées de capucino, j’ai découvert le premier chapitre de son dernier livre en italien sur un support destiné à accueillir des cartes postales publicitaires — comme il y en a partout au Québec. Un beau petit livre, d’un seul chapitre, bien présenté, qui se termine par « continua in libreria… », comme il se doit!

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Il y avait aussi d’autres premiers chapitres de livres — et pas tous du même éditeur — dans ce présentoir. Je ne sais pas si cela s’est déjà fait au Québec et que j’ai manqué quelque chose, mais j’ai trouvé que c’était une très bonne idée. Introduire le livre là où les gens se trouvent, dans les restos, dans les bars, dans les dépanneurs — comme La courte échelle le fait avec Epizzod à l’intention des ados.

Notre aventure de livres en voyage a aussi été ponctuée par la lecture, pour Ana, de The Lost Symbol, de Dan Brown, sur la PRS-600, et pour moi de Terre des Hommes, de Saint-Exupéry, sur la PRS-505.

Et elle s’est terminée par un amusant clin d’oeil, avec la lecture d’un texte de Jean-Sébastien Trudel, un voisin — et papa d’amis des enfants — que j’ai découvert tout à fait par hasard dans le magazine d’Air Canada à vingt minutes de Québec. Intitulé À la pêche, le texte s’est mérité le second prix dans la catégorie Nouvelles, aux Prix littéraires Radio-Canada en 2008. Un texte d’une seule phrase qui, comme un voyage, est fait de méandres, d’incises et d’élisions.

Un voisin qui nous accueille, de retour de voyage, sans même le savoir, et avant même qu’on ait  mis les pieds au sol —  c’est aussi ça la magie littéraire!  Je pense que Saint-Exupéry aurait apprécié cette histoire d’avion, de mots et d’amitié.

* * *

Après une bonne nuit de sommeil, il reste beaucoup de lavage à faire, le réfrigérateur à remplir, une visite d’école secondaire à effectuer, des devoirs et des leçons avec les enfants, des centaines de photos à classer, des courriels à survoler (mes ambitions à cet égard sont assez minces — faudra être patient!), beaucoup du rattrapage médiatique (incroyable ce qu’il peut se passer en deux semaines à l’étranger!) et la lecture de tous les blogues qui ne se sont évidemment pas arrêtés en mon absence (en particulier pour rendre compte du colloque Génération C, organisé par le CEFRIO, que j’aurai manqué avec beaucoup de peine).

Et pendant ce temps, il y a les enfants qui rient en jouant dans ce qu’il reste de la première neige…

Le livre numérique de plus en plus tendance

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Le livre numérique devient décidément un sujet de prédilection pour les médias québécois.

Dimanche matin, titre à la une du journal Le Soleil et deux pleines pages à l’intérieur sous la plume de Daphnée Dion-Viens.

Un e-book sous le sapin? (ce texte a été le plus populaire sur le site du Soleil au cours de la journée)

L’abc du livre numérique

Et on en annonce autant pour lundi (mise à jour de ce billet à prévoir).

Et je sais qu’il y a aussi des reportages en préparation à la radio de Radio-Canada.

Si le sujet est de plus en plus chaud, c’est évidemment que les gens s’y intéressent aussi de plus en plus (l’éternel cercle vertueux/vicieux des médias), mais également parce que plusieurs découvrent ce qui se déroule en sous-terrain depuis quelques mois.

Qui aurait cru, par exemple, que quelques mois après son ouverture, Shortcovers représenterait presque 5% des ventes d’Indigo, le plus grand libraire au Canada? Tout pendant que plusieurs continuent de penser que lire sur un écran, « c’est une affaire de geeks ».

Il n’y avait peut-être pas tant de monde qu’espéré cette semaine à Montréal pour les premières Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique (E-PaperWorld), mais les rencontres ont été très riches et je pense que cela aura contribué à éveiller les journalistes encore un peu plus sur les bouleversements qui sont en cours dans le monde du livre. Bravo à Éric Le Ray et à l’ensemble des personnes qui ont rendu ces rencontres possibles.

Comment ne pas mentionner au passage que De Marque s’est vu reconnaître à cette occasion comme « la société qui offre la meilleure solution numérique (édition, presse) », pendant que le PRS 600 de Sony se voyait reconnaître comme le meilleur eReader et milibris comme le meilleur logiciel.

Il faudrait maintenant organiser rapidement un événement qui aborde les mêmes thèmes en accordant davantage d’espace aux auteurs, aux éditeurs et aux lecteurs — en particulier à de jeunes lecteurs…

Pourquoi pas à Québec?

Pourquoi pas pendant l’année littéraire qui se prépare?

J’entends déjà des gens évoquer des dates… quelque part en février 2010… (à suivre!)

Et pourquoi pas en faire aussi l’occasion d’un happening comme le 24hr Book Project qui se termine actuellement à Londres?

De l’éducation au programme d’Antenne A

Au terme d’une semaine très chargée, je participais hier à une table ronde organisée dans le cadre du festival Antenne A sur le thème Mon enfant 2.0: Le point sur les technologies d’apprentissage. Les autres intervenants étaient Mario Asselin, Patrick Plante et François Guité. C’est Hélène Rioux qui dirigeait les échanges et François X Côté était le coordonnateur de l’événement.

Une table ronde sur l’éducation, un vendredi soir d’automne, sans aucune polémique préalable… et il y avait une quarantaine de personnes dans la salle! Mieux, une trentaine ont participé à distance en visionnant en direct et/ou en réagissant par l’entremise de Twitter. Vrai, vrai! Impressionnant.

Toute l’information et tous les documents présentés ou évoqués au cours des échanges ont été regroupés sur cette page Flickr.

Un enregistrement vidéo de qualité sera bientôt rendu disponible sur YouTube.

Et mes collègues rendront probablement aussi compte de leur expérience sur leur blogue respectif.

Une bien belle expérience en tout cas — et merci à Antenne A et à Télé-Québec pour avoir fait une petite place à l’éducation dans leur programmation.

Produire un livre numérique en famille

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J’ai deux amis de 8 et 10 ans qui font l’école à la maison. Je salue Pénélope et Marc-Antoine.

Avec leurs parents, Nathalie et Michel, ils ont produit un livre unique, sous forme d’une application pour iPhone/iPod Touch. Je vous présente Papiko 1 (un deuxième tome est déjà en préparation!).

Ce livre est pour eux une grande étape, il donne un sens à leur projet familial, dont rendait récemment compte Taïeb Moalla dans le Journal de Québec.

Satisfaites votre curiosité, encouragez mes quatre amis, téléchargez Papiko… 0,99$ ce n’est pas cher pour découvrir un tout nouveau type de livres pour enfants!