Objet 5

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J’ai utilisé hier l’expression branler dans le manche pour décrire d’inutiles hésitations. J’en profite pour présenter cet autre objet qui me suit depuis une vingtaine d’années. Un panneau routier indiquant l’entrée de la petite ville de Saint-Jules de Beauce.

J’ai récupéré cette enseigne avec mon ami Bernard, une nuit où nous allions prendre des photos astronomiques.

Nous avions suivi ensemble un cours d’astrophysique au cégep de Sainte-Foy. Le cours était probablement terminé et nos travaux remis depuis plusieurs semaines, mais nous avions pris goût à ces expéditions — et nous avions identifié le secteur de Saint-Jules comme le plus susceptible de nous offrir des conditions idéales pour l’absence de pollution lumineuse.

Nous y sommes allés plusieurs fois. Un peu plus d’une heure pour y aller, quelques heures couchés dans le champ le regard dirigé vers ciel, une heure pour le retour, et parfois un détour par la Terrasse Dufferin pour assister au lever du soleil en buvant le fond de nos thermos de café.

Ce devait être vers 1995. C’était encore l’époque des films argentiques. Il fallait d’ailleurs avertir les studios de développements que nos films contenaient des photos d’étoiles parce qu’autrement, ils nous revenaient inévitablement non-imprimés avec pour seule note: flou ou sous-exposé.

Un soir, en arrivant à Saint-Jules, nous avons remarqué qu’un nouveau panneau d’accueil avait été installé, et que l’ancienne enseigne, beaucoup plus modeste, était maintenant négligée. Bernard a spontanément rangé sa Toyota Tercel en bordure de la route et mis les quatre-flashers. Nous nous sommes greyés de clés anglaises et sommes descendus dans le fossé pour détacher le panneau du poteau où elle allait autrement être oubliée. C’est ainsi qu’elle a fait son entrée dans notre patrimoine.

Il y avait à cette époque à Saint-Jules une usine de manches à balais (d’où le lien avec le texte précédent!). Elle était située juste avant l’embranchement qui nous amenait au champ où nous nous installions clandestinement. L’usine était devenu le signal que nous étions enfin sur le point d’arriver  aux étoiles.

De mémoire, cette usine a été détruite par le feu il y a quelques années, mais une recherche rapide sur Google me fait croire qu’elle a depuis été reconstruite.

Heureusement pour la suite de l’exploration spatiale.

 


De la série Sur mon (nouveau) bureau

 

 

 

Objet 4

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Une tranche d’arbre.

Et pas n’importe lequel. Un platane parisien. Souvenir de nos trois ans passés en France.

C’était en mai 2008, je crois. On était dans les dernières semaines de notre épopée parisienne. On venait probablement de traverser le parc, côté Cour Saint-Émilion, passant saluer les canards en sortant du métro. Un espace extraordinaire, presque surréaliste, au coeur de Paris.

C’est au moment de traverser la rue Joseph-Kessel, à l’intersection de la rue Paul-Belmondo, qu’on a vu les ouvriers. Ana m’a suggéré d’aller demander une tranche du tronc d’un platane: «ça ferait un beau souvenir de Paris!». Les enfants étaient très enthousiastes. J’étais un peu gêné… je branlais dans le manche… hésitant. «Ça fait pas un peu bizarre d’aller demander ça? ». N’attendant même pas la fin de mes tergiversations, Ana s’est dirigée vers l’émondeur d’un pas décidé. Je n’ai pas entendu ce qu’ils se sont dit, mais j’ai vu le visage de l’homme s’illuminer, la scie rugir… et Ana se retourner, tout sourire, avec son trophée.

Les enfants étaient fiers… de leur mère! Et j’ai immédiatement compris que je venais de me faire servir une remarquable leçon d’initiative — dont j’entendrais probablement parler chaque fois que j’allais à nouveau m’enfarger dans des hésitations inutiles.

Cette tranche de platane élégamment placée dans le haut de la bibliothèque, c’est un souvenir de Paris, bien sûr, mais aussi un rappel de cette importante leçon.

Merci Ana.

 

 


De la série Sur mon (nouveau) bureau

Objet 3

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Un livre tiré de la bibliothèque qui est à ma droite. La désobéissance de l’architecte, une sorte de biographie de Renzo Piano par le biais d’une conversation avec Renzo Cassigoli.

J’ai acheté ce livre en 2007. Fraîchement traduit. Je l’avais lu très rapidement. Curieusement assez peu annoté.

J’avais découvert l’oeuvre de Renzo Piano en visitant le port de Gênes, en 2004 — à l’occasion d’un congrès de l’Association internationale des villes éducatrices. La ville de Québec venait tout juste d’adhérer à cette association dans la foulée du forum annuel de la Chambre de commerce de Québec, qui avait pour thème cette année-là «Faire de Québec une cité éducative», et dans lequel j’avais joué un rôle important.

Tout dans ce voyage avait été fascinant pour moi: de nouvelles perspectives sur l’éducation, côtoyer Jean-Paul L’Allier quelques jours, la découverte de l’Italie, les rues extrêmement étroites des plus vieux quartiers de Gênes… et l’extraordinaire expérience de son port fraîchement réaménagé, par Renzo Piano — dont j’ai découvert par la suite l’étendue de l’oeuvre et l’influence.

J’ai trouvé fascinant de de réaliser que plusieurs de mes notes de l’époque se trouvent d’ailleurs dans les archives de mon blogue:

AIVE 2004 | Archives de mes notes

Sortant le livre de la bibliothèque, j’ai trouvé un signet à la page 31 — vraisemblablement pour marquer ce passage:

«J’aime le chantier. C’est un lieu extraordinaire, où tout est toujours mouvement, découverte continuelle, invention. Tout ne tient pas dans le projet, c’est faux. C’est le chantier qui te dit où sont les priorités, les choix à faire pour des décisions qui, sur le papier, te semblaient peut-être insignifiantes. Un chantier n’est jamais fini; il est à l’image des bâtiments et de la ville, qui sont des réalisations in-finies ou non finies. […] L’organisation du chantier, en ce sens, au-delà des aspects purement techniques, est devenue partie intégrante de la rencontre entre l’ancien et le nouveau. Là-bas, je n’allume même pas mon ordinateur, alors que, dans mon travail à l’atelier, j’ai besoin de cet outil moderne.»

Cette distinction entre le projet, le chantier et l’atelier, me semble toujours aussi importante.

Ma mère me rappelle parfois qu’enfant, je confondais le mot chantier et le mot sentier.

Mais, justement, sont-ils si différents?

 


De la série Sur mon (nouveau) bureau

 

Objet 2

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Lorsque j’ai publié la photo de mon nouvel espace de travail, quelqu’un m’a demandé «mais qu’est-ce là, sur ta droite? Un taille-crayon?». Bien sûr que non. C’est une vieille caméra!

Kodak Hawkeyes Instamatic Movie Camera Model B

La poignée sous l’appareil contient deux piles AA et peut être repliée. Un seul bouton pour déclencher la captation du film. Une lentille 14mm qui se tourne en fonction de la lumière ambiante, selon les suggestions inscrites au verso de la poignée — gros soleil, soleil, nuageux, beaucoup de nuages, intérieur. En ouvrant l’appareil, un espace pour une Kodak Super 8 Film Cartridge.

Made in Rochester, N.Y., U.S.A. by Eastman Kodak Co. * REG. U.S. PAT. OFF.

C’est un appareil qu’Ana a dû acheter au marché aux puces pour ajouter à notre collection paresseuse de vieux appareils photos et caméras. Pour le plaisir des belles choses ingénieuses et des traces de l’évolution technologique. Parce qu’on est bien loin du iPhone et d’iMovie

On tombe dans un monde fascinant quand on fait des recherches sur ce genre d’objet.

J’ai évidemment trouvé des appareils semblables sur eBay, pour 5$ à 40$. Et même des cartouches de film inutilisées. Je me demande si j’arriverais à les faire développer.

J’ai aussi trouvé au fil de mes recherches des versions pdf de très vieux manuels d’utilisation de caméras fixes (jusqu’aux environs de 1880). Fascinant! Curieusement, je n’en ai trouvé aucun qui offre des suggestions pour faire de bon selfies. Dommage.

On peut lire fréquemment dans ces guides:

When pushing the exposer lever, hold the breath for the instant. 

C’est pour des raisons de santé publique qu’on devrait faire la même chose aujourd’hui.

 


De la série Sur mon (nouveau) bureau

Objet 1

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Sculptée. Par la nature? Par un humain?

Une mitaine? Un paysage? (je devrais peut-être me mettre à sa recherche)

Je l’ai toujours trouvée très belle en tout cas. Et intrigante.

Son poids et sa texture la rendent aussi très agréable à manipuler. Inspirante.

Il me semble qu’elle a toujours fait partie de mon environnement. Elle était sur la tablette d’une petite étagère dans la maison familiale. Je crois que c’est ma mère qui l’a trouvée à l’occasion d’une promenade sur la grève, à Rimouski — où je suis né.

C’est un souvenir. Précieux.


De la série Sur mon (nouveau) bureau

 

Mon (nouveau) bureau

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J’ai publié un peu plus tôt sur Instagram et sur Facebook cette photo de mon nouvel espace de travail à la maison — celui dans lequel j’entreprendrai dès janvier un nouveau cycle de ma vie professionnelle. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des encouragements, mais aussi quelques remarques, parfois taquines, parfois intriguées. Notamment de quelques personnes apparemment étonnées par le dénuement des lieux.

Pas sûr que les lieux resteront éternellement aussi zen — parce qu’il faut bien faire une place au chaos créatif. Mais d’un autre côté, je dois dire que je suis très fier des efforts que j’ai faits dans les derniers mois pour maintenir un certain dépouillement dans mon environnement intellectuel, tant physique que numérique. Plus d’ordre dans les courriels, meilleur classement de mes documents (merci Evernote!), moins de papier. Moins de distraction, meilleur focus.

Néanmoins, les commentaires m’ont donné une idée. Je vais essayer d’écrire un court texte (presque) chaque jour pendant le temps des Fêtes pour présenter un objet qui se trouve à une longueur de bras de mon poste de travail dans ce nouvel espace. Ça me permettra aussi d’apprivoiser l’espace et d’en saisir les influences.

Pour le plaisir, comme un exercice d’écriture.

Ça commence demain.

Mise à jour — les textes sont rassemblés ici: https://remolino.qc.ca/category/objets/

Dix ans

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Amusant de tomber un peu par hasard sur cette photo, à la veille de commencer ma dernière semaine complète chez De Marque.

C’était une autre époque. Mon bureau chez Editis, à Place d’Italie.

C’était en 2006, le jour de mon anniversaire. Mon ami Daniel était de passage à Paris et on était allé déjeuner (dîner!) ensemble. Il avait aussi pris quelques photos des enfants. Il me les a données il y a quelques semaines. De beaux souvenirs.

La fenêtre de mon bureau donnait sur le toit vitré des espaces commerciaux du Centre commercial Italie 2. Étagère, armoire, bord de fenêtre, bureau: du papier partout, partout, partout! Des céderoms aussi. Et une souris, deux boutons, avec un fil, qui atteste du fait qu’on m’avait proposé un ordinateur roulant sous Windows… j’avais toutefois objecté que je conserverais plutôt mon ordinateur portable Mac… parce que je ne m’adaptais pas au clavier AZERTY. Argument pragmatique, efficace.

Il y a aussi sur le bureau une grosse tasse Google, qui est encore dans mon bureau et que je rapporterai pour la poser maintenant sur le nouveau bureau que j’ai acheté hier et j’irai chercher la semaine prochaine au nouveau centre de dépôt d’Ikea à Québec.

Un nouveau cycle pourra commencer.

 

Déconnecté?

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La chronique de Joseph Facal dans le Journal de Montréal d’aujourd’hui me laisse perplexe.

Un homme déconnecté | Joseph Facal | 7 décembre 2015

Pas tant parce que je ne serais pas d’accord avec ses conclusions sur Justin Trudeau, mais parce que je m’interroge sur sa proposition selon laquelle:

« Pour moi, un leader politique «de son temps» est quelqu’un qui voit clairement les enjeux du moment, qui comprend ce qui préoccupe vraiment ses concitoyens.»

Qui voit clairement les enjeux du moment, bien sûr.

Sensible à ce qui préoccupe vraiment les citoyens, bien sûr.

Mais est-ce pour autant forcément la même chose?

Je ne sais pas si c’est ce que Joseph Facal suggère — c’est bien ce qui m’embête.

Parce que s’il ne fait pas de doute que «l’enjeu qui s’est hissé au premier rang de l’agenda des pays qui comptent» (un concept sur lequel je m’interroge par ailleurs) n’est «ni le réchauffement climatique, ni les finances publiques» — que c’est «indiscutablement la lutte au terrorisme», je ne crois pas que cela soit suffisant pour affirmer qu’il s’agit de l’enjeu du moment — «le combat d’aujourd’hui et non le combat d’hier», pour reprendre l’expression de Facal. Ce qui préoccupe les citoyens, oui. L’enjeu du moment, par voie de conséquence? Dans une perspective partisane, aucun doute. Avec de la perspective, et par-delà les impératifs électoraux, je suis moins sûr.

Je peux difficilement accepter qu’on présente «la lutte au terrorisme et la question de notre sécurité» comme l’enjeu du moment sans intégrer dans le périmètre de «l’enjeu du moment» une forte dimension d’éducation. Il est impossible de se sortir véritablement des enjeux de sécurité sans accroître les ressources que nous accordons à l’éducation. Il faut le dire, sans quoi on passe à côté de l’essentiel.

Pour moi, un leader politique «de son temps», c’est quelqu’un qui comprend ce qui préoccupe vraiment les citoyens — qui sait, bien sûr y répondre adéquatement — mais qui sait aussi s’en dégager pour pouvoir travailler sur ce qui excite peut-être un peu moins les instincts, mais qui détermine plus durablement les « combats d’aujourd’hui » de la génération suivante.

 

 

Tout va bien (ou presque)

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Il n’y a rien comme écrire un bon texte à l’allure rassurante dans une période d’instabilité pour être cité et partagé encore et encore sur les réseaux sociaux. La recette marche à tous les coups.

Le dernier en liste à avoir utilisé ce bon vieux truc est le CEO de Hachette, Michael Pietsch. Dans un billet rédigé pour The Wall Street Journal, le président nous dit que malgré les apparences ça va bien, globalement, pour l’édition — et que les bouleversements provoqués par le numérique restent, sommes toutes, marginaux.

Hachette CEO Michael Pietsch on the Future of Publishing | WSJ | 1er décembre 2015

« I’ve been hearing about the demise of book publishing since the first day I stepped through the doors of a publisher back in 1978. […] The most recent variant of the death watch: A digital revolution would cause e-books to replace printed ones. [But] print books have proved durable because, as a format, they’re simply hard to improve on. »

Qui plus est, de son point de vue, le métier d’éditeur devrait rester, pour l’essentiel, inchangé. Alors pourquoi s’en faire?

« Publishers’ essential work will remain the same—identifying, investing in, nurturing, and marketing great writers. »

Ça fait du bien à lire. Ça rassure. Ça peut même justifier un certain retour du conservatisme. Alors on partage généreusement. C’est la photo de chat faite discours. Et on like, on repartage, on tweete«Vous voyez, je vous l’avais bien dit…»

Sauf qu’il y a quand même un petit hic dans tout ça… Michael Pitsch ne le cache d’ailleurs pas — mais ce n’est pas le passage le plus cité de son texte:

« At the same time, publishers will need to innovate and challenge assumptions about every aspect of the business. »

Eh ben voilà le chat qui sort du sac… tout va bien MAIS les éditeurs vont devoir innover et se remettre en question dans toutes les dimensions de leurs activités! Il y a même une courte (!) liste de quelques uns des défis qui attendent les éditeurs:

« The abundance of titles readers have come to expect will continue to gush forth. Pictorial storytelling will increase in popularity, and comic versions of novels and nonfiction will become commonplace. More titles will be published for children and young-adult readers, including books blended and layered with games. Beloved best-selling writers, living and dead, will publish books more frequently, often with help from co-writers. (Especially the dead ones.) Self-publishing will continue to grow, and appetites unnoticed by mainstream publishers, like the erotica explosion that began in online fan fiction, will find, well, satisfaction. New forms will emerge for mobile devices, as millions abandon e-readers with phones already in their pockets.

Ever-larger retailers and wholesalers bring significant margin pressure, which will lead to continued conglomeration. Social media will continue to expand the writer’s ability to connect with readers; publishers will deepen their relationships with writers, but they’ll also create content of their own. As runaway books sell ever-larger numbers, publishers will earn more on their biggest sellers—which will keep driving up the advances they pay for potential hits. »

Rien que ça…

Alors, ça va toujours? Encore rassurés? Le chat prend soudain des allures de tigre, vous ne trouvez pas?

Quand le gros, le puissant, celui qui a eu les moyens de faire des expériences, celui qui a l’argent pour acquérir les startups les plus innovatrices, celui qui a déjà complètement intégré sa chaîne de production, de distribution et de mise en marché — quand il dit, ce géant que tout va bien dans l’édition, et que les éditeurs ne devraient pas trop s’inquiéter… eh bien moi, je pense qu’il faut se méfier.

Ce qu’il nous dit ce géant, c’est qu’il a un plan de match… et les moyens de le réaliser.

Les petits, ceux qui n’ont pas les mêmes moyens que lui, ceux qui s’essoufflent à faire le minimum, qui n’ont pas les moyens d’innover parce qu’ils trop occupés à survivre — eux, ils ne devraient peut-être pas trop se réjouir de la confiance manifestée par le géant.

Le défi ne prendra peut-être pas la forme prévu, c’est vrai, mais il n’en sera pas moins grand.

Quand tout va bien ou presque — tout est dans le presque.

Une ville sensible (donc numérique)

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Québec numérique publie depuis quelques jours une série de textes sous la forme de regards croisés autour de thèmes qui devraient inspirer nos réflexions sur l’avenir de la ville de Québec.

Le regard proposé par Vincent Routhier, fondateur et président de SAGA,  publié hier — autour du concept de communauté intelligente — me rejoint particulièrement:

« On associe souvent le terme ville intelligente à ville technologique. Pour moi, une ville intelligente est une ville sensible. Le mot sensible a une signification large, qui peut inclure la technologie dans les moyens, mais le résultat devrait être une ville qui comprend ses citoyens.  (…) 

« Une ville sensible devrait également favoriser les rencontres humaines, les surprises, la poésie et l’émerveillement. » 

Son texte nous interpelle avec raison, il me semble, que:

«Les places publiques de Québec sont ennuyantes. Souvent des lieux de passage, et non de destination,  elles pourraient, dans une vision de ville intelligente/sensible, devenir beaucoup plus rassembleuses, animées, interactives.» 

Je partage tout à fait son appel à imaginer la ville hors silos et des secteurs:

«…une ville sensible est une ville en réseau, où les citoyens, entrepreneurs, artistes et politiciens travaillent au même niveau. (…) nous gagnerions collectivement à utiliser davantage un processus ouvert comme ceux des hackathons, Fab Labs et Living Labs, tout en prenant soin de garder ces démarches accessibles et invitantes pour tous.»

Ça peut sembler un peu romantique comme vision du développement aux yeux de certains. Je crois que c’est pourtant bien plus avec ce genre de projections inspirantes qu’on pourra mobiliser les gens et faire du développement social et économique à l’aide des technologies numériques.

Et  pour cette raison, les feuilles de route de l’économie numériques et autres documents et gouvernementaux inévitablement arides gagneraient à s’appuyer sur ces visions — se mettre explicitement à leur service, plutôt que d’aspirer à être elles-mêmes source de mobilisation. L’État en véritable appui — plutôt qu’en illusoire initiative.

Je pense que les visions sont de plus en plus claires et partagées. Le défi à partir de maintenant, c’est surtout de trouver des façons pour en accélérer la concrétisation.

*

Tout cela est pas mal convergent avec l’intervention que j’avais fait en 2009 dans le cadre de l’événement Québec avenir 2025 — dont j’ai retrouvé les notes par hasard hier en faisant le ménage de mon bureau en prévision du 31 décembre.

Ma présentation à Québec Avenir 2025

Le contexte de la présentation, en mai 2009

Je pense qu’il faut que je replonge plus activement dans tout cela, moi aussi au cours des prochains mois. Les changements professionnels qui se préparent pour moi en seront peut-être l’occasion.

Mon départ de De Marque le 31 décembre: fierté et confiance

 

Données et santé publiques

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Les données issues de l’administration de l’État (notamment) devraient être rendues disponibles à la population. Parfois avec des précautions essentielles, bien sûr, mais le principe devrait être la publication systématique des données. C’est de plus en plus une condition d’une livraison efficace des services publics, une question de démocratie et même un moteur économique indispensable. Les données doivent aujourd’hui être considérées comme une véritable ressource naturelle.

Carole Beaulieu publiait la semaine dernière dans L’actualité un texte percutant concernant les données issues de la Régie de l’Assurance Maladie du Québec:

Libérez les données de la RAMQ! 

Extraits:

«Dans les serveurs de la Régie de l’assurance maladie du Québec dorment des milliards d’informations qui peuvent aider le Québec à améliorer la qualité des soins et à mieux surveiller l’augmentation des coûts. 

Pourtant, Québec refuse de laisser des chercheurs analyser ces données. Le printemps dernier, la Régie en a même refusé l’accès… au Collège des médecins, dont l’un des mandats est de s’assurer de la pertinence des choix cliniques de ses membres!» 

Quatre jours plus tard, toujours dans L’actualité, Damien Contandriopoulos publiait un autre article sur le même sujet:

Santé: cinq milliards dépensés dans le noir

Extraits:

«Au Québec, pour tous les soins offerts dans le système public, un seul organisme paie les services médicaux. (…) Cela constitue une base de données d’une incroyable richesse pour comprendre comment la manière dont sont payés les soins influence les pratiques cliniques et ultimement les soins reçus par la population. C’est une mine d’or potentielle (…) mais dans les faits, l’exploitation du potentiel d’information que constituent ces données pour mieux comprendre, décider et intervenir est presque impossible. (…) 

Sur le fond, et quelles qu’en soient les causes, cette impossibilité à utiliser les données pour analyser la performance du système de santé est désespérante pour un chercheur. Sans données détaillées, il est impossible de faire des modélisations sophistiquées, de tester des hypothèses en contrôlant pour des facteurs confondants, et ainsi de répondre à des questions socialement et scientifiquement importantes.» 

C’est avec ces textes en tête que je découvre ce soir sur le fil Twitter d’Etalab la publication suivante:

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C’est impressionnant… prenez le temps d’y jeter un coup d’oeil:

Cancer de la prostate : A quoi ressemblera le parcours de soin en 2030?

«Construire un nouvel hôpital suppose d’anticiper ce que sera le parcours de soin pour différentes pathologies dans les 5, 10 ou 15 ans à venir. On ne construit pas un hôpital de la même manière si on prévoit une hausse de la surveillance active des patients ou au contraire une permanence des soins lourds. Dans le premier cas, on suit le patient régulièrement en soins ambulatoires alors que dans le second cas, il est nécessaire de pouvoir héberger le patient à l’hôpital.(…)

…cet outil montre la richesse potentielle de l’analyse des données sémantiques. Cette exploration de la littérature scientifique pourrait avoir de nombreuses autres applications dans d’autres domaines de la recherche. Les travaux sont désormais rendus publics sur la plateforme Data.gouv.fr pour favoriser des collaborations avec des partenaires publics et privés autour de cette innovation.»

Et tant qu’à y être, prenez donc quelque instants pour découvrir la Mission Etalab:

Mission sous l’autorité du Premier Ministre, chargée de l’ouverture des données publiques et du développement de la plateforme française @datagouvfr

Blog de la mission Etalab.

On en est pas là au Québec… c’est le moins que l’on puisse dire!

Montrer la voie

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Le gouvernement libéral a présenté il y a quelques semaines une feuille de route pour l’économie numérique — et une consultation pour l’accompagner. Une consultation tout ce qu’il y a de plus classique: un formulaire en ligne, avec des questions dirigées, et une improbable diffusion des résultats (ou vraisemblablement dans une forme guidée par des intentions précise et plus ou moins explicite).

Devant cette situation, un groupe d’acteurs du monde de l’économie numérique (ou qui se perçoivent comme tel — j’en suis) ont proposé une consultation plus informelle, moins dirigée, pour ouvrir un peu la démarche. C’était vendredi dernier, à Montréal + une diffusion sur le Web pour les personnes qui ne pouvaient se déplacer (ce qui était mon cas).

À ma connaissance, deux textes ont aussi été publiés spécifiquement sur la rencontre:

Il faut aussi noter que d’intenses échanges courriels se poursuivent depuis vendredi entre certains des participants et un cercle élargi d’acteurs du numérique (et certains le déplorent). Ces échanges sont clairement teintés par la déception… qui tend à la résignation et même à la colère pour certains. Cela fait tellement longtemps qu’on parle de tout ça. La rencontre de vendredi n’a clairement pas permis de renouveler l’approche, et d’espérer obtenir des résultats différents. D’où la frustration, je pense. C’est la lecture que j’en fais en tout cas.

Devant ce constat, je me permets de partager quelques réflexions:

Réussir à réunir pendant trois heures un vendredi après-midi autant de gens avec autant d’expertise et de vision dans le domaine du numérique est sans aucun doute un tour de force.

Mais tenir une telle rencontre sans échanges préalables, ou documents de départ qui permettraient de structurer la réflexion, m’apparaît être une erreur qu’il faudrait éviter de reproduire. C’est beau les non-conférences, mais ça donne trop souvent aussi des non-résultats.

Je ne comprends pas qu’on tombe encore aussi facilement dans le piège de penser que c’est en asseyant le bon monde ensemble qu’on va forcément y arriver. Il faut plus que ça. Il faut une vision, du leadership (partagé), des actions nombreuses et variées, de la coordination et du temps, bien sûr. On a pas réuni ces conditions vendredi — ni depuis longtemps d’ailleurs, je pense.

Je ne doute pas de la conviction de chacun devant les efforts nécessaires pour accompagner la société québécoise devant les nombreux défis associés au numérique. Et je ne pense pas qu’il faut juger les choix de champs d’action et de priorités de chacun. Mais je constate qu’on arrive pas encore à se faire une force de cette diversité — et que c’est peut-être là notre principal défi.

J’ai parfois l’impression qu’on a un réflexe un peu prénumérique en essayant de centraliser nos démarches pour en faire quelque chose d’unique, la manifestation d’une revendication, un rapport de force. C’est peut-être une erreur. On oublie de s’appliquer la logique qu’on réclame par ailleurs.

Devant l’échec de nos maladroits efforts de centralisation, il est normal d’avoir le réflexe de revenir chacun à nos affaires, avec pour résultats une complète décentralisation de nos actions — chacun travaillant de son côté — et une incroyable perte d’efficacité collective.

Je crois qu’on a perdu de vue quelque chose de fondamental: la clé de la culture numérique repose sur l’existence d’un mode de fonctionnement alternatif, qui se situe entre la centralisation et la décentralisation: la distribution. Un fonctionnement qui ne repose sur aucun noeud central, dont les éléments peuvent fonctionner indépendamment les uns des autres de façon cohérente, grâce à une synchronisation efficace.

Cela m’amène à faire l’hypothèse qu’on fonde trop d’espoir et qu’on consacre trop d’énergie à tenter de se rallier dans un mouvement commun, et qu’on devrait plutôt travailler à mieux synchroniser nos actions respectives: en partageant plus régulièrement et plus efficacement, en s’interpellant les uns les autres, avec transparence et confiance, pour suggérer des ponts entre nos actions respectives, en s’invitant à la collaboration.

On a peut-être trop cédé à une dynamique de l’instant et négligé par le fait même le temps qu’il faut pour laisser des traces de nos réflexions et de nos actions, bons et mauvais coups, de les partager — de créer un véritable réseau entre nous. Et si on échouait dans cette démarche en faveur du numérique parce qu’on était nous-mêmes à côté de la coche? Un cas de cordonniers mal chaussés?

Une approche distribuée pour accompagner l’évolution de la société québécoise en s’appuyant sur le numérique, ça prête bien sûr un peu moins aux jeux de coulisses, à l’égo-leadership, au lobbying et à l’influence des boys clubs, ou même aux manifestes et aux écrits plus lyriques (ce peut être, pour cela, une approche moins sexy aux yeux de certains) — mais ça aurait  le mérite de nous rendre plus cohérent avec nos revendications. Et comme les autres approches ont (maintes fois) fait la démonstration de leur inefficacité…

Alors si au lieu (ou en plus) de faire des rencontres improvisées, des diffusions sur YouTube, des Google Docs, des publications Twitter et des statuts Facebook — chaque fois avec la meilleure des intentions — on s’engageait plutôt à mettre en place un répertoire d’expertises et d’expériences, qu’on s’engagerait à documenter adéquatement, et entre lesquelles on tentait de créer des liens, pour faire émerger quelque chose de nouveau, de stimulant, d’inspirant?

Quelque chose qui donne le goût de bouger et des pistes d’actions concrètes à toutes sortes de monde — et aussi à nos gouvernements qui sont encore bien plus désemparés que bornés ou malintentionnés par rapport à tout cela.

C’est un exemple. Mais c’est aussi une proposition. Parce que je crois que la suite commence par nous, par un changement d’approche.

Parce que, plus j’y pense, plus je suis convaincu qu’il est impératif de sortir de la dynamique revendiquer et offrir notre aide pour s’inscrire plutôt dans une dynamique exemplaire. Il faut montrer la voie.

Ce billet a été rédigé d’un seul jet, sans trop anticiper les réactions. Je le dépose ici en étant bien conscient des limites de l’exercice. Je le fais  dans le but de laisser des traces, d’ouvrir le jeu, de proposer quelque chose — et de tisser des liens avec ceux et celles qui souhaiteront poursuivre la discussion.

*

P.S. La rédaction de ce texte m’a permis de retrouver un texte que j’ai écrit il y a treize ans, à la demande d’Hervé Fischer, et qu’il me semble pertinent de lier ici, pour une certaine actualité, mais aussi parce qu’il m’a fait réaliser à quel point le temps passe, et comment le numérique n’est plus un concept nouveau.

Je mets aussi un lien ce bref coup de gueule d’il y a trois mois:

 

 

Paris

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Les journaux vont rester sur le coin de la table ce matin. Pas envie de les lire. La télévision va aussi rester fermée.

Et je vais probablement fermer les réseaux sociaux pour quelques heures. Overdose d’instantanéité.

Trop convaincu que cela fait partie du plan des barbares de nous synchroniser, tous, par la peur, à partir des mêmes images, des mêmes témoignages, vus, entendus, encore et encore, qui deviendront des codes à partir desquels nous réagirons à l’unisson. Je refuse d’être ainsi reprogrammé.

Grand besoin de me déconnecter un peu de la matrice — pour donner sa chance à l’humanisme.

Très grosse accolade et voeux de courage à mes amis Français, mais pas que. On va en avoir besoin ici aussi de courage.

Et bienvenue aux réfugiés syriens. On comprend mieux que jamais l’horreur que vous fuyez.

Boulevard Saint-Michel

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J’étais à Paris au début de la semaine.

Un soir, au retour d’une réunion, j’ai pris une longue marche en direction de mon hôtel.

Descendant le boulevard Saint-Michel, un peu avant la Sorbonne, j’ai dû contourner un jeune sans-abri manifestement installé pour la nuit, sur un matelas, avec son chien. Il était en train de lire un roman à la lumière d’une liseuse. Ça m’a beaucoup ému.

Le contraste était fort: la lecture concentrée et l’indifférence des gens qui passaient autour de lui. Je me suis arrêté un peu plus loin pour prendre discrètement une photo. Et je suis retourné lui porter les quelques euros de monnaie que j’avais au fond de ma poche. En m’excusant de l’avoir dérangé dans sa lecture. Il m’a souri.

Je suis ensuite allé manger dans une petite pizzeria et j’ai beaucoup pensé à lui. Qu’est-ce qui avait bien pu le conduire à la rue? Que lisait-il?

Au moment de payer, j’ai demandé à la serveuse une autre pizza — pour apporter. Et je suis retourné la lui porter.

J’en ai profité pour me présenter, lui dire que j’avais été très touché de le voir lire, dans le dépouillement le plus total, au milieu des passants.

Je lui ai souhaité bon appétit et, le plus important, je lui ai serré la main. Un moment clairement aussi précieux pour l’un que pour l’autre.

Une belle rencontre, qui doit son existence à un livre.

Quelle vision du numérique?

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Je me suis rendu à la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone mercredi dernier pour assister à l’activité Le Devoir de débattre, qui avait cette fois pour thème: AirBnB, Uber et compagnie, les effets bénéfiques et pervers de l’économie du «partage». Voici le compte-rendu qu’en a fait la journaliste Isabelle Porter:

L’économie du partage, entre peur et colère | Le Devoir | 22 octobre 2015

Je connaissais déjà assez bien les points de vue de Martine Ouellet, Ianik Marcil et Michelle Blanc sur ce type de sujets. Pas du tout celui de Guillaume Blum. Pas de très grandes surprises dans les échanges, donc. J’en retiens tout de même quelques observations:

Une grande difficulté à définir de quoi on parle quand il s’agit d’innovation du type AirBnB ou UberX. Si les intervenants semblaient partager la même compréhension de ces phénomènes, au moins pour l’essentiel, je ne suis pas certain que les personnes présentes dans l’auditoire avaient le même niveau de compréhension — par delà les préjugés régulièrement lus ou entendus dans les médias. Il y a un grand besoin de vulgarisation si on veut pouvoir aborder ces enjeux, sociaux et économiques, de façon démocratique.

L’absence de méthode ou de modèle critique pour aborder l’innovation économique. Les échanges sont pas mal restés au niveau des opinions. De bons échanges, des opinions bien exprimées, mais guère d’informations factuelles. Pas beaucoup plus de références à ce qui se passe ailleurs. Or, nous ne sommes pas les seuls à s’interroger sur les manières de réagir. Il aurait été utile d’y faire référence, avec des exemples concrets. On doit absolument sortir des réactions émotives, souvent défensives, devant l’innovation.

Une vision limitée des formes d’actions possible pour un État. Je suis d’ailleurs intervenu lors de la période de questions pour signaler que les intervenants avaient souvent fait référence à des sanctions, à de la répression, à la taxation — qui sont tous des moyens d’interventions légitimes et souvent nécessaires, mais qui ne sont pas les seuls. Il ne faut pas oublier qu’un État peut aussi exercer son influence par des mesures incitatives, en imposant des normes et des standards, en utilisant son propre pouvoir d’achat, etc. Cela me semble d’autant plus important de ne pas le perdre de vue que les pouvoirs coercitifs des États ont été progressivement encadrés (j’allais dire affaiblis) par différents traités de libre-échange, notamment — alors que le champ des mesures incitatives reste plus accessible, pour qui veut s’en saisir. Mais on a besoin pour cela de femmes et d’hommes politiques audacieux et courageux.

Protéger les gens touchés par les effets néfastes de l’innovation, c’est bien, c’est même nécessaire, mais cela ne peut pas suffire. Il faudra aussi aller au-devant, apprendre à profiter des opportunités liées à ces innovations.

Alors, au moment où le gouvernement du Québec met à l’étude un projet de loi destiné à encadrer l’hébergement illégal…

Québec dépose un projet de loi visant Airbnb et l’hébergement illégal | Branchez-Vous | 23 octobre 2015

…et où il lance une ixième consultation pour guider ses réflexions et ses actions sur le numérique…

Le premier ministre Philippe Couillard, le ministre Jacques Daoust et le député André Fortin annoncent la création d’un groupe conseil et le lancement des consultations | Communiqué | 23 octobre 2015

…je suis absolument sidéré par la déclaration du premier ministre qui plaide la nécessité ne pas aller trop vite (!) dans ce domaine.

Stratégie numérique: Québec veut prendre son temps | La Presse | 23 octobre 2015

Comme je l’ai dit sur Facebook un peu plus tôt cette semaine:

Le gouvernement du Québec veut prendre son temps…?!??!? On regarde passer le train assis sur une chaise longue depuis des années et tout ce qu’on trouve à faire c’est de relever un peu le dossier pour éviter d’avoir le soleil dans les yeux?  Non, sérieux… ce qu’il faut c’est se lever debout et sauter dans l’train… c’est urgent. Urgent.

Sans un gouvernement avec une vision claire des enjeux liés au numérique dans le développement de la société québécoise, je pense qu’il va falloir que la société civile s’engage beaucoup plus directement dans ces enjeux. Comment? Je ne le vois pas encore clairement, mais il faudra manifestement commencer à y penser encore plus sérieusement.