L’importance du regard

L’importance du regard est un des thèmes importants de mes réflexions depuis quelques jours — et en particulier la nature du regard qu’on porte sur notre milieu de vie et l’influence que cela peut avoir dans la compréhension de ce qui s’y déroule.

Un article publié cette fin de semaine dans le Globe&Mail illustre remarquablement l’importance du regard dans la politique — et comment les politiciens (certains politiciens?) souhaitent contrôler notre regard, notre façon de voir le monde.

Harper spins a new brand of patriotism

Stephen Harper is working to recast the Canadian identity, undoing 40 years of a Liberal narrative and instead creating a new patriotism viewed through a conservative lens.

Restoring the “royal” prefix to the navy and air force this week is just part of the Prime Minister’s attempt at “creating a new frame” for Canada and Canadians.

En nous imposant — avec de puissants moyens — une nouvelle façon de voir les choses, c’est une grille d’analyse que les Conservateurs souhaitent introduire dans notre esprit, et c’est progressivement en fonction de cette manière de voir et de cette grille d’analyse que nous nous mettrons à réagir aux événements, à comprendre ce qui se passe autour de nous, et à appuyer ou condamner les actions de certains politiciens plutôt que d’autres.

C’est un véritable enjeu pour un politicien comme Stephen Harper de modifier rapidement ce sur quoi on fonde notre image du Canada — de transformer la trame narrative dans laquelle s’inscrivent les événements. C’est ce que Christian Salmon appelle le storytelling (aussi sur le même sujet). C’est probablement dans cette direction qu’il faut regarder pour comprendre les images d’une scénarisation fascinante de la dernière campagne électorale.

Ce que le texte du Globe&Mail met en évidence, c’est l’ampleur des efforts qui sont/seront vraisemblablement déployés pour tourner la page sur « l’image du Canada » que les libéraux ont progressivement élaborée au cours des quarante dernières années — celle qui nous a amenés à juger les conservateurs comme « très à droite », « rétrogrades », etc. S’ils arrivent à « reformater » nos esprits dans les prochaines années, à introduire dans nos esprits de nouvelles références et de nouveaux points de repère, ils pourront aspirer à devenir le parti dont les politiques s’inscrivent dans la logique du récit, de l’histoire du Canada — alors qu’aujourd’hui ils doivent encore souffrir de l’image de politiciens qui vont contre le sens de l’histoire.

Si on accepte, comme citoyens, de se faire imposer ces récits savamment construits, et les grilles d’analyse qui les accompagnent — celles des Conservateurs, mais pas seulement — on se condamne à adopter un comportement de réaction aux actions programmées par les politiciens. Nous deviendrons des personnages dans leur histoire. Alors que la démocratie voudrait que ce soit eux qui s’inscrivent dans notre histoire et qui coordonnent leurs actions en fonction de notre conception du monde.

Il est urgent de reconquérir notre regard — par tous les moyens.

La culture à la carte: de Drapeau à Bono

Pour préparer la réunion de mon conseil d’administration virtuel, j’ai entrepris de relire Les années qui viennent, un livre qui a été publié par les Éditions du Boréal en 1987 et qui regroupe des chroniques que Jean-Paul L’Allier avait écrites pour Le Devoir au cours des années précédentes.

Plusieurs des chroniques sont d’une étonnante actualité.

Je reprends ci-dessous de larges extraits d’une de ces chroniques, parce qu’elle me semble apporter une réponse intéressante à la question que Stéphane Baillargeon pose à la une du Devoir de ce matin dans Pro bono publico:

À l’ère des mégaspectacles, des festivals et des superproductions, la culture est-elle condamnée à se justifier par le discours économique?

Elle me semble ajouter aussi une perspective historique importante au texte que Marie-Andrée Chouinard consacrait hier à la place de la langue française dans le Festival d’été de Québec.

* * *

Culture à la carte

Durant toutes ses années de vie politique, l’ex-maire de Montréal aura été, avant tout, un homme fasciné par les grands événements, les super-spectacles, les projets ayant un commencement, une apothéose et, pour la plupart, qu’il le veuille ou non, une fin. (…)

Les coûts de touts ordres n’ont que peu d’importance pourvu que le spectacle soit eau, si les gens l’aiment et si, de jeux en événements, on crée des images, des présomptions que l’on prend ensuite pour des certitudes.

Précurseur et intuitif, il se voit aujourd’hui confirmé dans ses choix par les élus de beaucoup de villes de tous les pays qui réagissent ainsi aux réflexes télévisuels des citoyens-spectateurs-consommateurs. D’autant plus que s’ils sont bien organisés et bien montés, on peut toujours prétendre que ces événements s’autofinancent par le décompte de toutes les retombées économiques et de toutes les taxes qu’ils génèrent et qu’ils apportent.

C’est la culture à la carte, un magazine vivant et, toutes dimensions de la culture déjà faite, une sorte de fantastique « Reader’s Digest » de l’Art.

Pour avoir l’impact souhaité et ne pas devenir le gouffre financier dont tous ceux qui se pressent pour l’inaugurer s’éloignent comme la peste au fur et à mesure de l’impression d’échec, l’événement doit être spectaculaire, original, grandiose et, à priori, populaire. (…)

Il ne s’agit pas, bien sûr, d’opposer d’une part la culture mondiale dans ses pointes d’excellence et dans ce qu’elle peut avoir produit de mieux, et d’autre part, les prétentions que l’on pourrait avoir ici, à partir de faibles ressources, de nos petites institutions et d’une population aussi restreinte, d’atteindre les mêmes sommets.

Ce qu’il faut retenir de cette culture à la carte, que l’on cherche de plus en plus à offrir puisqu’elle correspond à une formule gagnante, aux habitudes et aux goûts de la population, c’est que seule l’excellence des contenus, de la programmation, de la présentation, du marketing et de l’accueil sont des gages du succès.

Le Québécois consommateur de culture s’habituera vite à avoir accès à ce qui se fait de mieux et il est prévoir que les exigences monteront de plusieurs crans au cours des années à venir.

(…) la masse des consommateurs tendra plutôt à s’accroître, l’éducation culturelle n’en sera certes pas la cause puisqu’elle est virtuellement inexistante. C’est l’événement lui-même qui prime.

Dans ce contexte, il est à craindre que les gouvernements, toujours sensibles aux mouvements de l’opinion publique et aux modes autant qu’aux tendances nouvelles, cherchent maintenant à concentrer leurs interventions et les orientations de leur planification, lorsqu’elles existent, autour de l’événement. Quelle aubaine: il a des retombées positives sur le plan culturel, il en met plein la vue et peut même ne coûter à peu près rien à ceux qui, plastron en avant, l’inaugurent en propriétaire en notre nom à tous.

Leurs interlocuteurs ne seront donc plus d’abord les créateurs, les artistes et ceux que l’on a traditionnellement appelés « gens de culture » mais les promoteurs, concepteurs et vendeurs d’événements. (…)

Comment faire en sorte que ces « happenings » de la culture soient autre chose que des feux d’artifice et contribuent à consolider chez noues bases de toute première qualité en matière d’innovation et de création culturelle? Comment en assurer le suivi autrement que de fête en fête?

Comment faire pour que ces blocs de culture qui nous viendront presque toujours d’ailleurs, à de rares exceptions près (…) soient une formidable occasion d’éveil, de recherche d’excellence et de dépassement non seulement pour le monde de la culture, mais pour ceux qui ont la responsabilité de l’éducation à la culture, de l’organisation de la vie ou de la gestion des ressources gouvernementales?

Ne gâchons pas la fête. (…) Tant mieux si cela ne doit pas se faire au détriment de nos propres foyers de création et de nos institutions déjà souvent en retard.

Montréal a déjà fait la preuve qu’elle pouvait être un foyer original d’accueil et de diffusion extrêmement séduisante pour toute l’Amérique du Nord. À moins qu’il ne réussisse parallèlement et rapidement à démontrer qu’il peut aussi être un foyer de création et d’excellence tout aussi important pour les gens d’ici dans leur recherche de création et de dépassement, avec tous les coûts que cela suppose, toute la patience, toute la compréhension et toute la tolérance des femmes et des hommes publics, nous n’aurons fait que bouger sur place sans avancer, bien au contraire.

Pour un peuple comme pour les individus, c’est là toute la différence que de pouvoir écrire « la culture » en deux mots ou « l’aculture » en un seul ot. Le mot n’est peut-être pas encore au dictionnaire, mais la réalité l’emporte maintenant sur l’imaginaire.

Une nouvelle façon de faire de la politique?

J’ai publié il y a un peu plus de six ans l’ébauche d’un manifeste — auquel je n’ai pas retravaillé depuis.

Le manifeste pour l’indépendance politique

Je relu ce texte ce matin après avoir fait la lecture du Devoir, où les appels à une nouvelle culture politique sont nombreux, comme ils l’ont été toute la semaine — après une quinzaine politique complètement folle.

Je mettais notamment en évidence dans ce texte l’influence directe et indirecte des médias dans la politique qu’on déplore. Je pense que c’est toujours d’actualité — et je me dis que le moment est venu de se pencher à nouveau sur ce texte, avec ceux et celles qui le souhaiteront.

Qui a le goût d’y travailler avec moi?

Le prix n’est certainement pas la seule chose qui compte

J’ai participé le 10 avril à une table ronde sur le livre numérique dans le cadre du Salon international du livre de Québec. Les autres intervenants étaient Hervé Foulon, président directeur général des Éditions Hurtubise et François Bon, écrivain. La discussion était animée par Stanley Péan, président de l’Union des écrivains québécois.

Didier Fessou, chroniqueur au quotidien Le Soleil, était manifestement présent dans la salle. Il revient sur l’événement dans un texte publié aujourd’hui: Le iPad détrônera le Kindle.

Le texte est provocateur. Il interpelle directement les écrivains — injustement, de mon point de vue. Il aborde un peu trop simplement plusieurs questions complexes aussi. Comme dans cette phrase, qui m’a particulièrement fait réagir:

Pendant une heure, ils ont brassé des idées mais pas une fois ils n’ont évoqué la seule chose qui compte : combien coûtera un livre téléchargé sur un livre électronique?

La seule chose qui compte? Sérieusement! Bien sûr que la question du prix est importante, mais poser ça dans ces termes, c’est balayer sous le tapis tous les autres enjeux associés à la transformation du monde du livre dans le contexte, beaucoup plus large, d’un environnement culturel de plus en plus numérique (ce qui dépasse largement la question de la simple dématérialisation du livre).

L’affirmation suivante me choque aussi:

le livre électronique n’a pas besoin d’imprimeur, de distributeur et de libraire. À eux trois, c’est 80% du prix d’un livre.

Cela me choque parce qu’il est faux de dire que le livre électronique n’a plus besoin de tous ces gens. Leurs métiers sont bouleversés, ils devront s’adapter, mais pour se vendre, les livres numériques auront encore besoin qu’on les fasse connaître, qu’on les recommande, qu’on y assure un accès équitable et, parfois qu’on puisse les imprimer. Les libraires, en particulier, ont un rôle culturel indéniable qu’il m’apparaît indispensable de réaffirmer.

Sans le travail du libraire, l’accès à la culture est menacé. La diversité culturelle aussi.

Que ceux qui pensent que Amazon, Google et Apple pourraient suffire pour permettre l’épanouissement du monde littéraire (au sens large) se détrompent. Je les invitent à réfléchir au fait que ces géants choisissent ce qu’ils veulent bien vendre (ils nous l’ont d’ores et déjà démontré). Le jour où ils seront responsables d’une trop grande proportion du commerce des livres, et où ils auront de facto droit de vie ou de mort sur un projet éditorial, nous en serons tous à la fois plus mal et plus faibles.

Alors, moins cher le livre numérique? Assurément, mais dans quelle proportion? Et y aura-t-il même un seul prix pour une oeuvre numérique? ou plutôt de nombreuses formules tarifaires qui donneront accès aux oeuvres? Et de toute façon, ne perdons pas de vue que ce sont les lecteurs — et en particulier ceux qui achètent des livres — qui le détermineront, en fonction de ce qu’ils se montreront prêts à payer.

Une chose me semble bien plus importante que le prix du livre… C’est de réaliser que les métamorphoses actuelles du livre constituent une occasion en or pour réaffirmer que le livre n’est pas un produit comme les autres — qu’il n’est pas un simple produit de consommation — et que c’est le moment ou jamais pour le replacer au coeur d’un grand projet culturel — et plus encore, au coeur d’un véritable projet de société.

* * *

Ces points soulevés, je ne m’attarderai pas davantage sur le reste du texte de Didier Fessou, sinon pour déplorer le fait que le chroniqueur a manifestement choisi de donner aux lecteurs du Soleil l’impression qu’il existait un conflit idéologique entre Hervé Foulon et moi alors qu’il n’en est rien.

Pas de conflit lors de la table ronde. Pas de conflit non plus au cours des nombreux échanges que nous avons eus sur les mêmes sujets au cours des jours suivants. Toujours des échanges constructifs, comme l’ensemble des acteurs du monde du livre ont d’ailleurs aussi pu avoir lors d’une journée interprofessionnelle sur le livre numérique organisée par l’Association des libraires du Québec jeudi dernier.

Je me réjouis bien sûr que Didier Fessou ait consacré une chronique entière au sujet du livre numérique — et que les points de vue que j’ai exprimés lors de la table ronde lui aient apparemment plu — mais je trouve dommage que celui-ci n’ait pas rendu compte du fait que le milieu du livre québécois réfléchit bien plus ensemble, en concertation, que presque partout ailleurs dans le monde. Je souhaiterais pour ma part que les auteurs y prennent une part encore plus active, mais cela viendra sans doute dans les prochaines semaines.

Que le iPad ait plus ou moins d’avenir que le Kindle m’importe somme toute assez peu. Ce qui m’importe davantage c’est de tout faire pour qu’il y ait au Québec (et ailleurs) de plus en plus d’écrivains et de lecteurs — et, cela, quel que soit le support qu’ils choisiront pour écrire et pour lire tous ces récits et toutes ces réflexions qui sont indispensables à notre identité.

Édition numérique: quand les médias s’emparent du sujet

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Je m’accorde quelques jours de vacances au retour de Francfort. Direction Rome. J’y vais pour la première fois. Au moment où j’écris ces lignes, je n’y suis que depuis quelques heures, mais déjà, la ville est envoûtante. Quelques images.

Il me reste une drôle d’impression de ma troisième expérience à la Frankfurter Buchmesse — comme si, encore une fois, personne dans l’industrie du livre ne voulait montrer de signes d’inquiétude même si tout indique que de profondes transformations de l’industrie sont bel et bien en cours. On se cache derrière toutes sortes de prétextes pour ne pas prendre les devants ou à tout le moins pour faire preuve de leadership devant ces changements.

Si en France comme au Québec, les éditeurs consacrent de plus en plus de ressources au numérique, on est encore bien loin d’avoir véritablement pris le taureau par les cornes. Tout reste à faire… sans quoi nous ferons la vie bien trop belle/facile à Amazon, Google, Apple et quelques autres géants pour s’accaparer le monde du livre. J’en reviens plus convaincu que jamais.

Et pendant qu’on aimerait ne pas trop avoir à en parler, ce sont évidemment les médias qui s’emparent de l’affaire et qui choisissent les angles pour traiter ces sujets, forgeant du même coup l’opinion publique au regard des efforts (insuffisants) déployés par les éditeurs — et pas toujours de façon très heureuse.

Comme dans Le Monde que j’ai pu attraper à l’aéroport ce matin, à la une — c’est l’image en entête du présent texte — et l’article est à l’intérieur. Pareil dans l’article que Le Devoir publiait au même moment presque sur le même sujet.

Drôle de façon de partir en vacances tout ça… les réflexions m’accompagnent littéralement dans l’avion, je les poursuivrai en me baladant d’une fontaine à l’autre cette semaine…

Restera ensuite à me retrousser à nouveau (encore plus) les manches, dès mon retour la semaine prochaine.

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Le livre numérique de plus en plus tendance

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Le livre numérique devient décidément un sujet de prédilection pour les médias québécois.

Dimanche matin, titre à la une du journal Le Soleil et deux pleines pages à l’intérieur sous la plume de Daphnée Dion-Viens.

Un e-book sous le sapin? (ce texte a été le plus populaire sur le site du Soleil au cours de la journée)

L’abc du livre numérique

Et on en annonce autant pour lundi (mise à jour de ce billet à prévoir).

Et je sais qu’il y a aussi des reportages en préparation à la radio de Radio-Canada.

Si le sujet est de plus en plus chaud, c’est évidemment que les gens s’y intéressent aussi de plus en plus (l’éternel cercle vertueux/vicieux des médias), mais également parce que plusieurs découvrent ce qui se déroule en sous-terrain depuis quelques mois.

Qui aurait cru, par exemple, que quelques mois après son ouverture, Shortcovers représenterait presque 5% des ventes d’Indigo, le plus grand libraire au Canada? Tout pendant que plusieurs continuent de penser que lire sur un écran, « c’est une affaire de geeks ».

Il n’y avait peut-être pas tant de monde qu’espéré cette semaine à Montréal pour les premières Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique (E-PaperWorld), mais les rencontres ont été très riches et je pense que cela aura contribué à éveiller les journalistes encore un peu plus sur les bouleversements qui sont en cours dans le monde du livre. Bravo à Éric Le Ray et à l’ensemble des personnes qui ont rendu ces rencontres possibles.

Comment ne pas mentionner au passage que De Marque s’est vu reconnaître à cette occasion comme « la société qui offre la meilleure solution numérique (édition, presse) », pendant que le PRS 600 de Sony se voyait reconnaître comme le meilleur eReader et milibris comme le meilleur logiciel.

Il faudrait maintenant organiser rapidement un événement qui aborde les mêmes thèmes en accordant davantage d’espace aux auteurs, aux éditeurs et aux lecteurs — en particulier à de jeunes lecteurs…

Pourquoi pas à Québec?

Pourquoi pas pendant l’année littéraire qui se prépare?

J’entends déjà des gens évoquer des dates… quelque part en février 2010… (à suivre!)

Et pourquoi pas en faire aussi l’occasion d’un happening comme le 24hr Book Project qui se termine actuellement à Londres?

Première revue de presse… et lancement de Shortcovers!

Après la rencontre de presse d’hier matin, et ses suites, c’était journée d’entrevues et de questions/réponses par courriel aujourd’hui. Déjà, quelques textes, apparaissent ici et là sur le Web, notamment dans La Presse (En attendant le livrel) et dans Direction informatique (Une plate-forme Web de diffusion pour les livres numériques — au milieu de la page). Je sais que d’autres suivront bientôt.

Il y a aussi eu conversation à l’antenne de CIBL, plus tôt cet après-midi, dans l’émission de Michel Dumais (malheureusement pas de version archivée de l’entrevue disponible en ligne — [2009.03.02 — mise à jour: l’entrevue est ici, en format mp3 — merci *beaucoup* à Michel Dumais], et un très bref passage à la télévision, au Canal Argent, en début de journée (c’est ici). Je ne suis jamais très confortable ni très satisfait avec la radio et la télé — tant de choses que j’aimerais avoir formulées autrement, avoir précisées, ou ne pas avoir dit du tout — mais qu’importe: vu la maîtrise qu’on peut avoir de ces médiums, je suis dans l’ensemble assez content.

Cela dit, il y avait en même temps que tout cela un autre lancement… au moins aussi important pour le monde du livre au Canada (anglophone, pour le moment). C’est en effet aujourd’hui que la chaîne de librairie Chapters/Indigo lançait son service ShortCovers — à découvrir en vidéo ici (en anglais) ou lire le premier test de Xelle.

Des milliers de livres à lire sur son ordinateur, son iPhone ou son Blackberry… dont le premier chapitre est gratuit et (parfois) les suivants à 99 cents chacun (ou le livre entier à acheter en un clic) — et tout cela étroitement lié avec les réseaux sociaux les plus populaires: Facebook, MySpace, Twitter, etc. Et en plus des livres entiers, des extraits, des articles, de courts récits, des poèmes, des discours, etc. Un site très impressionnant à explorer de fond en comble — de quoi remuer encore un peu plus des modèles économiques déjà en profonde transformation. Et je pense que c’est un service qui connaitra vraiment un très grand succès.

Ouf, décidément… chaque grande étape franchie n’est encore qu’un tout petit pas en avant. Alors ce soir je prends le temps d’apprécier les réalisations des derniers mois, parce que demain, déjà, il faudra repartir de plus belle…

P.S. le clin d’oeil du jour: Kindle vs livre imprimé, une bataille? via Aldus 2006.

Lectures numériques matinales

Il y a Michel Dumais qui fait une prédiction, que je suis prêt à partager avec lui:

Et si Apple nous préparait une liseuse?

Il y a Carl-Frédéric qui nous dit que l’essentiel c’est de donner accès à la culture et aux produits culturels en ligne, simplement, pas de tenter de les protéger jusqu’à en restreindre la diffusion:

De la culture canadienne et du CRTC

Il y a Mike Schatkin qui nous parle de la place des monopoles dans l’économie, du rôle des pouvoirs publics et des responsabilités des entrepreneurs dans les écosystèmes/marchés où ils sont présents:

Managing monopolies and dominance in the Net age

Finalement, il y a Pierre Caouette, dans L’actualité, qui aborde à sa manière la transformation progressive de la chaîne du livre à partir de l’exemple du projet de Marie Laberge — Martha:

Martha et moi

Quatre textes qui s’inscrivent très bien dans la dynamique d’une rencontre de presse à laquelle je participerai demain à l’invitation de l’ANEL.

Odieux!

Je suis bouche bée. Vraiment.

Pour comprendre il faut lire:

Attaque misogyne encouragée chez les élèves et L’éducation est partout.

ou encore: Un manuel du cours Éthique et culture religieuse fait les délices d’une radio-poubelle…

ou encore: Sylvain Bouchard, du FM 93,3, indigne Françoise David

Inciter à détruire un livre simplement parce que Françoise David y figure, le faire en ces termes — et récompenser le geste en faisant gagner un jeu vidéo. C’est ODIEUX. Tout ça au moment où Polytechnique nous rappellera prochainement de très douloureux souvenirs. A-t-on seulement le droit d’alimenter les délires conspirationnistes à l’égard du féminisme? Je dis NON.

Sans un mea maxima culpa sans équivoque, Sylvain Bouchard ne mérite plus que CJMF lui confie un micro. Évidemment, avec un directeur de programmes qui se comporte de façon aussi lâche et indigne que celui que cite Le Soleil, on peut s’attendre au pire, et qu’il le garde.

«Les propos de Sylvain Bouchard lui sont propres, comme c’est le cas pour l’ensemble des animateurs au 93,3, a-t-il ajouté. Ce n’est pas à la direction d’endosser ou non ces propos-là.»

Si tel devait être le cas, j’ose croire que le maire de Québec — qui a l’habitude d’aller faire son tour à CJMF à l’occasion — s’abstiendra dorénavant d’accorder des entrevues à ces saboteurs de société.

Participe Présent et Québec Horizon Culture

Entendu avec plaisir à la radio ce matin: la prochaine édition de Participe Présent sera consacrée à Québec Horizon Culture, avec pour thème: Québec Horizon Culture… Mais quelle culture?

Pour aller plus loin et placer la culture au cœur même du développement économique, il faudra entre autres mobiliser les entreprises privées. Mais autour de quelle vision culturelle? De grands spectacles rassembleurs ou une consolidation des structures de production et de diffusion actuelles?

Une discussion avec Daniel Gélinas, directeur du Festival d’été, Marc Gourdeau, vice-président du Conseil régional de la culture, Dominique Violette, directrice du Carrefour international de théâtre, Simon Brault, vice-président du Conseil des arts du Canada et Dominique Brown, président-directeur-général de la compagnie de jeux vidéo Beenox.

C’est lundi prochain, au musée de la civilisation.

Et pour se souvenir d’où nous en étions sur la même question en 2005, on pourra réécouter l’édition du 3 octobre 2005, sur le thème: L’avenir de la culture à Québec : les candidats se prononcent.

Retour sur l’effrayant portrait de Marc L***

MMartin revient sur le portrait de Marc L*** qu’a publié par le magazine Le Tigre — et qui a littéralement fait le tour du monde depuis dix jours, soulevant au passage de nombreuses questions sur les renseignements personnels qu’on laisse plus ou moins volontairement sur notre passage lorsque nous utilisons Internet. J’en avais parlé ici.

La perspective qu’il adopte sur le texte, ainsi les documents complémentaires auxquels il fait référence sont très intéressants. À lire.

« En voulant pointer du doigt « les risques de la confusion vie privée/vie public dans l’usage d’internet », Le Tigre se trompe de cible et pose le débat en terme de menaces/protection plutôt qu’en terme d’apprentissage/découverte. »

Le livre se meurt-il?

Ce matin à la radio de Radio-Canada, une discussion sur « la mort du livre » — celle annoncée par certains; que d’autres réfutent.

J’y reviendrai, mais pour permettre aux intéressés d’écouter et de se faire une idée sur le sujet, c’est en cliquant ici. Et les premiers commentaires sur la discussion sont ici…

Aussi, juste avant la discussion sur la mort du livre, une entrevue avec Marie Laberge sur son projet d’édition de cette année, qui prend la forme de lettres envoyées toutes les deux semaines aux lecteurs abonnés. Les commentaires des auditeurs sur ce segment sont là…

Lectures inspirantes dans La Presse: Obama et l’hiver

Survol rapide de La Presse ce matin. Très rapide. Néanmois, deux articles retiennent immédiatement mon attention. J’ai le goût de les partager avec vous:

  • En prélude à la semaine qui sera marquée par l’arrivée de Barack Obama à la présidence des États-Unis, un très beau récit de Stéphane Laporte: Le conte de fées ne finira pas.
  • Parce qu’il a fait froid toute la semaine et que, malgré cela, il faut l’aimer notre climat: Vivre l’hiver, par Nathalie Collard.

Le déni de l’hiver, c’est partout au Québec, et encore plus à Montréal, c’est vrai. Mais en ce qui me concerne: vive l’hiver! …je m’en étais beaucoup ennuyé à Paris!