Quand Rozon s’inspire de Lepage qui s’inspire d’Édimbourg

« Les festivals qui se déroulent à Québec et dans la région pourraient ressembler à ce qui se passe à Édimbourg. »

— Robert Lepage, le 8 décembre 2008, en prévision de Québec Horizon Culture (aussi, à 37:58 de la vidéo d’ouverture, ici)

« Le mois de juillet à Montréal doit devenir incontournable en Amérique du Nord. Il faut devenir ce qu’est Édimbourg. (…) Québec s’organise, Toronto aussi, faisons-le! »

— Gilbert Rozon, dans Le Devoir, le 18 février 2009, deux jours après Québec Horizon Culture.

Hum…

Rencontres en textes et en images

J’adore quand la vie prend l’initiative de me rappeler que mes intérêts, qui me semblent parfois quelque peu dispersés, sont malgré tout portés par des fils conducteurs forts. C’est ce qui est arrivé ce matin en relevant mon courriel.

Une note m’apprenait que François X Côté (qui est-ce?, me suis-je demandé) venait de s’abonner à mes gazouillis (appellation amusante donnée par plusieurs à ce qu’on place sur Twitter).  Clic! — je vais voir.

Eh ben. Il commence tout juste à gazouiller.

Reclic, vers sont blogue. Eh ben, il parle de Québec Horizon Culture, sous un angle intéressant, pas encore entendu depuis le début de la semaine. Stimulant — et qui me semble confirmer l’intérêt d’idées comme celle que Gilles Herman lançait hier.

Puis, surprise — en ben ma foi… comment est-ce possible que je ne connaisse pas François X Côté? On a une foule d’intérêts en commun! Tous ses textes m’apparaissent intéressants… et, c’est le comble, il expérimente de nouvelles formes d’écriture, notamment à partir de son iPhone, dans ma ville! Dans notre ville — en plein le genre de chose qui m’occupe les neurones depuis mon retour de Paris. Wow!

Il faut que je trouve le moyen de lui parler — de le rencontrer — rapidement… ou au plus tard à la première édition de Québec se livre!

Parlant de rencontres, il faut aussi que je laisse une trace ici de celle que j’ai faite avec Denis Chiasson en fin de journée lundi. Extraordinaire! Il est venu me voir pour me parler des petits dessins que j’avais intégrés dans ma présentation — qu’il avait apparemment trouvée sympathiques. Lui avait un plein cahier de croquis réalisés dans la journée. Un plein cahier!

Denis Chiasson vit à Québec. Il est reporteur graphique. Il est méconnu malgré un talent fou. Du talent pour le dessin, bien sûr (heureusement!), mais aussi pour la synthèse éditoriale, comme vous pourrez le constater à partir de cette première œuvre qu’il publie à la suite de Québec Horizon Culture (je ne l’ai pas mise directement dans le texte, préférant vous réserver la surprise!):

La culture, c’est…

Prenez le temps d’explorer son portfolio — il fait un travail remarquable!

* * *

Comment ne pas commencer la journée avec le sourire quand la lecture des courriels matinaux nous plonge ainsi dans les rencontres?

Québec se livre

Gilles Herman lance une super idée, en marge de Québec Horizon Culture.

Je rêverais qu’une fois par mois, à date fixe, dans un café de la rue Saint-Joseph (Le Cercle quelqu’un ?), se retrouvent les amoureux du livre. Auteurs établis ou en devenir, éditeurs, libraires, bibliothécaires, critiques et, bien entendu, lecteurs, tout ce beau monde pourrait en toute simplicité échanger leurs points de vue sur ce qui les rassemble.

À lire ici: Québec se livre

Bilan provisoire

Je vais laisser retomber un peu la poussière — et reprendre le boulot accumulé dans les dernier jours — avant de commenter ma participation à Québec Horizon Culture, hier (on peut toujours regarder en webdiffusion).

D’ici-là, de tout ce que j’ai lu ce matin, c’est dans le texte de François Bourque que je me retrouve le plus: La nouvelle image de marque.

Ce que l’article oublie toutefois d’évoquer, c’est le grand intérêt de toutes les rencontres qui se font en marge de l’événement, aux hasards des couloirs et des temps un peu moins planifiés.

Québec Horizon Culture: c’est aujourd’hui!

Grand jour à Québec, lundi, puisque plus de 700 personnes seront réunies pour parler de l’avenir de la ville dans une perspective culturelle. C’est Québec Horizon Culture.

J’aurai le privilège de faire une très courte intervention (3 minutes) en fin d’après-midi, dans le cadre de l’orientation 4, qui concerne particulièrement le développement du quartier Saint-Roch. Je déposerai ici, tout de suite après, mon texte et les quelques images d’accompagnement.

J’essaierai d’ici là de publier quelques bribes de la journée — en mots et en images. À suivre…

Maudit crêpage de chignon!

Autres articles portés à mon attention ce matin, dans Le Journal de Québec cette fois, au sujet de Québec Horizon Culture:

Jour de réflexion de 190 000 $

Un cocktail trop fort au goût du maire

La lecture du second texte me met tout simplement en maudit. Je suis déçu que le maire fasse du populisme sur le dos du ministère de la Culture. Encore plus déçu que le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de ville fasse encore pire sur le dos du cabinet du maire. Hé! Ho! on essaie de travailler ensemble — pas de battre sur la place publique avant même que la rencontre n’ait commencée!

Les gens qui ont participé de près ou de loin à des événements de ce type savent que 17500$ pour un cocktail avec 650 personnes ce n’est pas exagéré. Et que payer 500$ par jour pour une organisatrice en chef de premier plan, sur une courte période de temps, ce ne l’est pas non plus. On ne peut quand même pas réunir les gens et que ça ne coûte rien! Come on… est-ce qu’on peut tenir l’événement et régler ses comptes (politiques) après, s’il y a lieu?

La seule qui se sort dignement de cette histoire, à mon avis, c’est la ministre de la Culture. Et ce matin, j’ai envie de lui dire merci de garder la tête froide.

Au-delà des mots, il faudra des gestes concrets

Plusieurs courriels m’invitent ce matin à lire ce texte du Soleil: Québec horizon culture: Labeaume met la table.

Est-ce que cela désamorce la lettre que nous adressions hier au Maire et à la Ministre de la Culture?

Bien au contraire! Je trouve que cela confirme que les préoccupations dont elle veut se faire l’écho sont véritablement partagées par le milieu.

Et je trouve là une incitation additionnelle à la faire circuler et à la faire signer par encore plus de gens — pour maintenir la pression sur le politique afin que des moyens concrets viennent vraiment appuyer ce discours d’ouverture.

Faites circulez, signez: l’union fait la force.

Lettre à la Ministre de la Culture et au Maire de Québec

J’ai beaucoup écrit depuis un mois au sujet de Québec Horizon Culture. Parce que j’y crois beaucoup. Cela m’a par ailleurs permis d’être en contact de nombreux points de vue, d’entendre de nombreuses opinions, d’avoir plusieurs discussions sur le sujet avec des gens aux profils très variés.

À quelque jours de l’événement, j’ai eu eu envie avec quelques amis rêveurs de ville (ou dîneurs fous, selon le point de vue!) de me faire l’écho d’une partie des commentaires et avis entendus au cours des dernières semaines et de témoigner des attentes que suscite Québec Horizon Culture dans mon entourage.

Nous avons donc pris la plume au cours des derniers jours, et voici ce que cela a donné — sous la forme d’une lettre adressée à Madame Christine Saint-Pierre, Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et à Monsieur Régis Labeaume, Maire de Québec.

Nous invitons évidemment tous ceux et celles qui le souhaitent à ajouter leur signature, et quelques remarques, en utilisant le formulaire de commentaire prévu à cet effet — voire à le publier à leur tour sur leur blogue s’ils en ont envie.

Mises à jour du 10 février: Jusqu’à présent, le texte également publié chez Jean-Sébastien, chez René, chez Philippe, chez Michael, …  Il est aussi reprise sur une version préliminaire de remixonsquebec.com (info à venir: adresse à conserver) — qui préfigure l’utilisation souhaitée de remixonsquebec.ning.com (en cours d’élaboration).

Mises à jour du 11 février: Philippe fait un suivi de l’initiative sur son blogue. Carl-Frédéric en parle sur Québec Urbain, …

Mise à jour du 12 février: Philippe tient à jour la liste des signataires qui s’ajoutent ici…

* * *

Madame la Ministre,

Monsieur le Maire,

Vous coprésiderez dans quelques jours Québec Horizon Culture — un rendez-vous auquel ont été conviés artistes et leaders culturels, gens d’affaires et de technologie, citoyens et élus pour échanger sur leur vision et sur les moyens à mettre en place pour favoriser le développement culturel de la capitale.

Jeunes, entrepreneurs, créateurs, travailleurs dans le secteur de la culture, de l’éducation ou des technologies, voyageurs, nous avons été interpellés par votre invitation et plusieurs d’entre nous seront présents au Centre des Congrès lundi prochain. Vous avez suscité chez nous de grandes attentes parce que nous espérons que cet événement marquera le début d’une nouvelle approche du développement de notre ville.

Nous nous réjouirons bien sûr des annonces qui pourront être faites à l’occasion de l’événement, pour l’ensemble de la ville et pour le quartier Saint-Roch, en particulier. Nous ne doutons pas que les institutions et les organismes qui s’en verront gratifiés le méritent, mais nous espérons plus. Nous espérons aussi autre chose.

Nous espérons vous entendre dire que le rôle des leaders politiques et des institutions n’est pas de réfléchir à la place des citoyens, mais de les aider à imaginer et à créer ensemble l’avenir de leur ville. Nous comprenons qu’il vous paraissait nécessaire de procéder dans le secret pour mettre Québec Horizon Culture sur les rails, mais cela nous semble une manière anachronique d’exercer le leadership.

Nous espérons que la négociation institutionnelle et la consultation de vos réseaux d’influence traditionnels sont maintenant achevées et qu’un dialogue direct et continu avec les créateurs, les artistes, les entrepreneurs et les citoyens en général pourra débuter. Nous espérons qu’à l’instar de nombreux leaders modernes, vous vous appuierez notamment sur Internet pour tirer profit de l’intelligence collective des citoyens — et que vous vous inspirerez pour cela des meilleures pratiques en vigueur dans le monde.

Nous espérons que tous les citoyens de Québec seront invités à monter à bord du TGV Québec Horizon Culture et que nous ne découvrirons pas qu’il s’agit seulement d’un nouveau convoi de marchandises à l’allure revampée. Nous espérons aussi que des mécanismes de suivi seront mis en place, dès la semaine prochaine, afin de s’assurer que les attentes suscitées pourront être comblées.

Vous savez tous les deux faire preuve d’une très grande énergie et d’une impressionnante capacité pour lancer des projets. Nous avons de la fougue et de l’énergie et nous souhaitons pouvoir les mettre à contribution pour la mise en œuvre du plan d’action qui sera issu de Québec Horizon Culture — pour autant qu’on puisse s’en sentir partie prenante.

Il ne s’agit pas tant pour nous de trouver à se faire entendre le 16 février. Nous visons plutôt à formuler dès maintenant notre souhait de prendre part à une véritable conversation au sujet de l’avenir de la Capitale. Et, pour cela, nous croyons que l’essentiel est de relier les gens de façon innovatrice, de faire se rencontrer des idées et de permettre l’émergence d’un futur dans lequel nous souhaiterons investir toute notre vitalité et notre créativité — plus encore que d’organiser une autre rencontre au sommet.

C’est sur cette ouverture que nous avons le plus envie de vous entendre et de vous voir poser des gestes — en particulier pour faire en sorte que chacun ait les moyens de prendre part à cette conversation et que survienne la rencontre tant souhaitée des milieux de la culture, de la technologie et des affaires.

Vous pourrez dès lors compter sur nous.

  • Jean-Sébastien Bouchard, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Julie Marie Bourgeois, travailleuse culturelle
  • Michael Carpentier, Associé fondateur, Zengo.ca [blogue personnel]
  • Philippe Dancause, Associé fondateur, Grisvert [blogue personnel]
  • Clément Laberge, Vice-président Services d’édition numérique, De Marque [blogue personnel]

Et tous ceux qui ajouteront leur nom à la liste des signataires au cours des prochains jours…

Québec Horizon Culture: Le Forum jeunesse lance un appel aux artistes de la relève

Message reçu un peu plus tôt aujourd’hui du Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale en rapport avec Québec Horizon Culture.

« Le Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale est invité le 16 février prochain à représenter les intérêts des artistes de la relève dans le cadre d’une orientation qui veut faire de Québec la capitale de la relève culturelle et artistique.

Afin de représenter efficacement vos intérêts, vos projets, vos préoccupations et, surtout, vos ambitions, nous vous encourageons à soumettre vos idées directement à l’intention du Forum jeunesse à l’aide d’un outil de remue-méninges collectif : Google Moderator.

Voici les étapes à suivre pour participer… » (texte complet)

Je me réjouis évidemment de cette initiative, mais je trouve dommage qu’elle survienne à moins d’une semaine de l’événement (est-il possible de susciter la participation des gens en si peu de temps?) et qu’elle soit aussi précisément adressée aux artistes de la relève (puis-je formuler des propositions?).

Je trouve particulièrement audacieuse l’utilisation de Google Moderator (un outil très puissant, mais qui me semble complexe, au premier abord, pour une majorité de gens). Je suis très curieux de voir ce que cela pourra donner… parce que j’aimerais beaucoup que ça marche — cela voudrait dire que je pourrais à mon tour l’utiliser dans d’autres contextes semblables.

Bonne chance au Forum jeunesse — j’ai hâte de connaître les conclusions.

Lire la suite de « Québec Horizon Culture: Le Forum jeunesse lance un appel aux artistes de la relève »

Québec à la manière d’Italo Calvino

Réagissant à mon texte sur la rencontre du rêve de l’invention et de l’imagination, François Bon me mettait il y a quelques jours sur la piste des Villes invisibles, d’Italo Calvino. Une très belle piste, qui m’a amené à explorer toute la diversité des images qui ont servi à illustrer cette œuvre très particulière et dont rend admirablement compte LibraryThing.

Une piste dont s’est également emparé René Audet qui, avec un talent hors du commun, a écrit un texte sur Québec à la manière de Calvino: Une ville invisible.

« Après la longue remontée de l’estuaire marquée par les murmures et les coups de rame du passeur, j’arrive au milieu de la nuit dans la cité de Sophia. Perchée sur un promontoire, résistant au vent comme une colonie de moules sur un rocher battu par les marées, elle se détache de la noirceur par une sorte d’aura verte, relent d’une nature avide de renaître malgré l’hiver bien installé. » (pour lire la suite)

J’apprécie particulièrement l’initiative de René parce que je crois que pour être vraiment fructueux, un débat public ne peut se faire uniquement sur la base de textes qui font seulement appel à la dimension rationnelle de l’intelligence. Le récit, le conte, poésie, le théâtre, la danse et la musique devraient également être mis à contribution, minimalement de manière à mettre l’esprit en appétit.

Merci René pour ce qui me semble, dans cette perspective, une importante contribution aux réflexions entourant la tenue de Québec Horizon Culture. Je ne doute pas que ce texte alimentera nos réflexions bien au-delà du 16 février.

Québec: réseaux ouverts ou réseaux fermés?

Une ville c’est un réseau: de lieux, de personnes, de projets, de rêves. C’est un lieu qui peut être, plus ou moins stimulants selon la manière qu’on a de l’habiter.

Le Web, c’est un réseau: de personnes, d’idées, de projets, de rêves. C’est un réseau qui se superpose à la ville — qui s’y intègre (ou qui devrait s’y intégrer).

La ville de Québec est, un peu trop souvent à mon goût, une culture de réseaux fermés — où les institutions jouent un rôle déterminant et où on peut donner l’Impression de consulter très largement, même sans vraiment ouvrir le jeu. Un environnement où les gens qui sont « rattachés au pouvoir » ne prennent pas la parole publiquement parce qu’ils savent qu’ils sauront bien se faire entendre et où ceux qui ne le sont pas ne s’expriment pas non plus parce qu’ils ont la perception que « de toutes façons » ils ne seront pas écoutés. J’exagère peut-être, mais c’est un peu comme cela que j’interprète le silence constaté sur le Web concernant Québec Horizon Culture.

En comparaison, le Web est un univers que je trouve particulièrement stimulant parce qu’on y trouve, le plus souvent, une culture de réseaux ouverts — où chacun peut avoir voie au chapitre; où les échanges se font au grand jour, ou le partage est la norme. Je ne sais pas qui lit mon blogue, mais tout le monde peut y intervenir — et relancer des discussion ailleurs à partir de ce que je dis. J’ai fait connaissance de dizaines de personnes, à Québec et ailleurs dans le monde de cette façon. Les échanges que j’ai avec ces personnes nourrissent mes réflexions et fertilisent mes projets tous les jours.

Je pense qu’un peu de culture Web ferait le plus grand bien à la ville de Québec. Et plus ma réflexion prend forme en prévision de Québec Horizon Culture, plus j’ai envie de faire porter mon intervention sur cette dimension du développement culturel de la ville — à partir d’exemples et de propositions concrètes. Cela me donne aussi envie de revisiter à cette occasion le sens qu’on donne au mot « culture » dans le cadre de ce rendez-vous — comme je l’avais fait au rendez-vous stratégique de la culture en 2007. Bien entendu, la culture Web, ça ne se passe pas seulement sur le Web, c’est une attitude, un désir d’ouvrir les réseaux; d’ouvrir ses réseaux.

* * *

Je laisse la réflexion en plan pour ce matin (texte écrit dans le bus, mis en ligne entre deux réunions!) — mais j’aurai l’occasion de la poursuivre un groupe d’amis ce midi et de témoigner des conclusions de notre conversation au cours de la fin de semaine.

D’ici là, j’attire votre attention sur quelques textes publiés sur Québec Horizon Culture dans les derniers jours — dans une perspective de culture de réseaux:

Québec Horizon Culture, par Andrée Pelletier — en rapport avec la médiation culturelle, et qui m’a permis de découvrir l’existence du Groupe de recherche sur la médiation culturelle de l’UQAM

Le Soleil – 17 février 2009, par Jean-Sébastien Bouchard, qui a été le seul, à ma connaissance, à répondre à mon invitation d’imaginer l’article du Soleil qui traitera de Québec Horizon Culture le lendemain de l’événement (j’essaierai de le faire à mon tour au cours de la fin de semaine).

(&) Ask for money, you’ll get advice — le sort prévisible de Québec Horizon Culture ?, de René Audet, qui réagit à mon compte rendu de la soirée Participe Présent.

« Ce qui me frappe, c’est la lecture un peu ébahie des acteurs du milieu (…) devant la machine politique qui se met en place pour l’événement Québec Horizon Culture. Une machine à mobiliser de force le milieu des affaires pour l’impliquer dans la survie du momentum culturel que Québec 2008 a pu créer — d’ailleurs un peu à l’étonnement de tous. Et les constats d’un arrimage problématique fusent : qu’en est-il de la médiation culturelle ? du monde de l’éducation ? de la diversité culturelle ?  »

Je rappelle aussi la « revue du Web » de Québec Horizon Culture. C’est ici.

J’attire aussi votre attention, en terminant, sur ce texte d’Hubert Guillaud, dans Internet Actu,  dont j’ai trouvé la lecture extraordinairement stimulante: Comment s’approprier la ville ?

« Le Centre canadien d’architecture, sis à Montréal, propose jusqu’au 19 avril une exposition intitulée “Actions : comment s’approprier la ville ?” qui présente 99 interventions visant à transformer “positivement” nos villes. Architectes, designers et artistes en provenance du monde entier s’intéressent à nos activités anodines (jardinage, recyclage, jeu, marche) et montrent combien l’engagement individuel contribue à façonner la ville et suscite l’engagement d’autres résidents. »

J’aime la dose de subversivité qu’on trouve dans ce texte, et dans l’exposition — entre autre parce qu’un peu de subversivité ne ferait pas de tort non plus à Québec. Une subversivité créative, pas juste réactionnaire…

Ce sera donc une exposition à voir lors d’unde mes fréquents passages à Montréal.

La rencontre du rêve, de l’invention et de l’imagination

Ouf! Les semaines sont chargées par les temps qui courent! Heureusement, elles sont aussi diversifiées, ce qui aide à tenir le coup. Elles me réservent aussi plusieurs belles surprises.

Comme ce matin, où lisant le journal — le vrai, en papier (!) — je découvre que le maire de Québec est à la recherche de rêveurs de ville. Ça me parle: il faudra que je trouve le moyen de le lui dire — d’autant qu’il m’avait en quelque sorte lancé une invitation le printemps dernier. Mais je ne l’interpellerai vraisemblablement pas seul! Rêve.

Plus tard dans la journée, en lisant ce que les flux RSS auxquels je suis abonné m’ont rapporté comme matériaux de veille, je tombe sur ce texte de l’Agence Science Presse: Québec, ville d’inventeurs en 1900. C’est amusant: un texte écrit à Montréal qui me revient par l’hebdo des francophones de Toronto, relayé par Québec urbain. Invention.

Et voilà qu’en soirée, je tombe sur un texte de François Bon, dans lequel il imagine un nouveau musée mobile des coutumes urbaines à partir d’une photo aussi impressionnante qu’amusante. Imagination.

Le rêve, l’invention et l’imagination réunies au coeur de la ville, de ma ville, aujourd’hui: n’est-ce pas de bien belles co-incidences?

Elles le sont tellement que je me suis soudain surpris à rêver que celui qui, de là-bas, imagine aujourd’hui la ville, viendrait demain, ici, l’inventer avec nous. Qui sait?

* * *

Et c’est ainsi que pour terminer cette journée où le rêve, l’invention et l’imagination se sont amusées à me faire des clins d’oeil, j’ai envie de vous suggérer le visionnement de cette vidéo — dans laquelle l’urbaniste brésilien Jaime Lerner nous raconte, avec humour, en mots et en images, son inspirante vision de la ville (c’est en anglais).

Jaime Lerner reinvented urban space in his native Curitiba, Brazil. Along the way, he changed the way city planners worldwide see what’s possible in the metropolitan landscape.

À regarder avec en tête la tenue de Québec Horizon Culture, dans une dizaine de jours…

Aider l’école

Dans Je tire ma langue au chat, Mario Asselin nous invite à réfléchir sur les causes de la soi-disant diminution de la maîtrise de la langue française par les jeunes. Il ne la nie pas. Il plaide seulement pour qu’on ne fasse pas porter l’odieux de cette situation uniquement sur les jeunes:

« il me semble que les jeunes (…) ont le dos large en s’il vous plaît quand vient le temps de chercher des coupables sur ces questions de langue et d’effort. »

Je comprends du discours de Mario que, pour lui, l’école ne peut pas non plus être tenue responsable de tout quand vient le temps de développer les valeurs « effort » et « qualité de la langue »:

« …je reste convaincu (…) qu’une communauté cohésive et conséquente (famille, équipe-école ou collectivité territoriale) est la seule «assurance» de pouvoir conserver en haut de liste ces deux valeurs. »

Je suis d’accord avec lui — l’action de l’institution scolaire ne peut pas être efficace si elle ne trouve pas un écho significatif à la maison. Les enfants n’accordent généralement pas plus de valeur aux enseignements de l’école que la perception qu’ils ont de la valeur que leurs parents accordent à ces mêmes enseignements. Heureusement, les enfants s’accrochent parfois aussi à la perception d’autres adultes importants pour eux — qu’ils côtoient réellement ou dont l’image s’avère inspirante, stimulante — et ils arrivent à développer une perception de l’école différente de celle à laquelle leur milieu immédiat les aurait normalement amenés à adhérer. En ce sens, l’éducation est forcément une mission collective.

C’est un peu, je crois, ce qu’évoque un poème africain que j’adore « il faut tout un village pour élever un enfant »; c’est ce que Seymour Papert appelle la résonance culturelle, et qui est pour lui une condition essentielle à la réussite de l’école; c’est aussi ce qui m’amène à croire autant au concept de cité éducative — et qui m’amène à m’engager avec autant de conviction, depuis plusieurs années, dans le projet de faire de Québec une cité éducative.

Parce qu’au fond, même si on peut discourir très longuement de ce qu’est une cité éducative (et j’adore le faire!), dans sa formulation la plus simple on peut dire qu’une cité éducative, c’est un milieu où les valeurs que l’école a pour mission de transmettre trouvent un écho favorable; un milieu où les citoyens comprennent qu’ils ont un rôle à jouer — une responsabilité dans la réussite de l’école. Un milieu où la vie quotidienne n’est pas contradictoire avec le message que l’école a pour mission de porter aux enfants — mieux encore, c’est un milieu dont les acteurs agissent comme des alliés de l’école — et surtout pas une école sanctuaire.

Il ne s’agit pas non plus que l’école ne soit que le reflet de la société — parce que l’école a évidemment aussi un rôle de transformation sociale. C’est plutôt l’inverse qu’il faut viser, il me semble — que l’organisation de la Cité, et les valeurs qui y sont véhiculées, soient en accord avec celles que nous avons collectivement choisi de confier à l’école.

Dans la démocratie on élit des gouvernements qui ont pour responsabilité de déterminer et de mettre à jour le programme de l’école — et d’y investir en conséquence une partie de notre richesse collective — mais on oublie trop souvent que cela restera profondément inefficace si la Cité — c’est à dire Nous, collectivement, au quotidien — n’accompagnons pas concrètement les réformes ou les renouveaux scolaires.

Depuis trente ans, je me suis fait dire, comme enfant, comme ado, comme jeune adulte, puis comme nouveau travailleur: « la société change, l’école doit s’adapter — et toi aussi, par le fait même ». C’est vrai. Mais je réalise de plus en plus que ce message est incomplet.

Ce message aura été incomplet s’il n’a pas aujourd’hui un prolongement qui continue de m’interpeller, mais cette fois pour me dire « maintenant que ta génération s’apprête à prendre les rênes de la société, n’oublie pas d’adapter aussi tes valeurs, ton comportement et ton environnement au projet de l’école — celui d’aujourd’hui; pas celui qui était en vigueur quand tu étais sur les bancs de l’école! N’oublie pas d’aider l’école, à ta façon.

Parce qu’on l’a adapté l’école! Jean-Pierre Proulx le rappelle ici avec humour!  Et on ne l’a pas fait à courte vue; on l’a fait avec de la perspective — heureusement!. Mieux : on en a fait un véritable projet de société. Le projet d’une société plus créative et plus solidaire, notamment. Et je trouve que nous n’y sommes vraiment pas trop mal arrivés! Je nous félicite — et je remercie ceux et celles qui ont piloté ces changements pour nous.

Je me demande toutefois si nous avons investi suffisamment dans l’adaptation conséquente du milieu à ces changements de l’école — à ce projet de société.

Je me demande si au lieu d’ajouter des heures d’enseignement du français à l’école, nous ne devrions pas mieux outiller les familles et les milieux de travail afin que la qualité de la langue soit davantage valorisée, si on ne devrait pas investir pour faire des bibliothèques publiques lieux de rassemblement pour les jeunes (encore plus qu’elles ne le sont aujourd’hui) : pour les y accueillir vraiment. Même chose pour les musées.

Je me demande si on ne devrait pas revoir les horaires de l’école — en particulier ce délire des horaires sur neuf jours — afin de faciliter la participation de la communauté aux activités de l’école — et favoriser l’apprentissage in situ, dans la Cité, à tous les âges.

Je me demande si on ne devrait pas exiger bien davantage des médias — presse, radio, télévision — en terme d’éducation informelle et de culture.

Je me demande si nous ne devrions pas publier chaque semaine quelques textes en anglais et en espagnol dans les journaux — pour que nous côtoyons ces langues au quotidien.

Je me demande si nous ne devrions pas écrire un petit guide à l’intention des citoyens qui désirent aider l’école dans sa mission, par de petits gestes, chaque jour — un mot dit à un enfant, une exigence transformée dans son milieu de travail.

Ce ne sont que des exemples.

De la même façon que Mario nous disait qu’il trouvait que les enfants ont parfois le dos large quand on parle d’éducation, je trouve que l’école, comme institution, a aujourd’hui le dos très large. Cela me semble injuste (et inefficace, voire contre-productif) de reprocher à l’école seule une situation qui la dépasse largement — et qui tient aussi au fait que nous ne l’appuyons pas suffisamment comme citoyen — non par nos impôts, mais en mettant la main à la pâte — comme participant à la vie de la Cité.

On peut bien sûr reprocher des choses à l’école, comme institution. Mais il me semble que nous devrions nous obliger, chaque fois que nous le faisons, à formuler des propositions complémentaires qui permettraient d’incarner dans la Cité les valeurs et les exigences qu’on aimerait voir renforcées dans l’École. Des propositions qui nous concernent, comme citoyen. Des propositions formulées à la première personne.

C’est ce devoir de cohérence qui m’amènera à participer à la journée de concertation régionale sur la persévérance et la réussite scolaires, le 28 novembre prochain, à l’Espace Dalhousie.

Un TGV entre Québec et Montréal… vu autrement!

On peut lire dans Le Soleil d’aujourd’hui deux articles en rapport avec le livre Rouler sans pétrole, publié aux Éditions Multimondes. Les textes sont regroupés sur Cyberpresse sous le titre Pierre Langlois, auteur de Rouler sans pétrole: pour la sauvegarde de la planète.

Le schéma de gauche (présent seulement dans l’édition imprimée du Soleil) a attiré mon attention — parce que j’aime beaucoup les idées qui transforment notre façon de voir les choses… et après ces quelques lignes de textes, tout à coup, le projet de TGV qui pourrait relier Québec à Montréal (en une heure!) et plus loin encore, jusqu’à Windsor… n’apparaît plus le même!

« …cela coûterait au moins de 30 à 35 millions $ le kilomètre ici pour implanter un TGV [traditionnel]. Ces coûts s’expliqueraient par la nécessité d’exproprier un corridor pour le train et le nivellement du terrain… [alors] que l’implantation de ce type de monorail coûterait entre trois et cinq fois moins qu’un TGV. « Au lieu de niveler le sol sur la distance entre Québec et Montréal, on aurait à travailler le sol sur quelques mètres carrés pour chaque pylône et à solidifier les structures existantes comme les ponts ». »

On peut feuilleter quelques pages du livre sur le site livresquebecois.com.

Une ville de rêves

Ma contribution au projet 400 ans 400 blogues sera assez brève; et très personnelle.

Juste quelques mots pour dire et me souvenir que ça a été une expérience extraordinaire de revenir à Québec cet été — au coeur de la fête — et de redécouvrir ma ville; notre ville.

Quelques mots pour dire que je suis heureux d’être de retour; heureux d’avoir choisi de me réinstaller à Québec après ces presque-trois-ans passés à Paris — une autre ville extraordinaire.

Quelques mots pour témoigner du fait que nous avons choisi Québec parce que c’est une ville de taille humaine, où la vie quotidienne (familiale et professionnelle) est plus simple que dans de plus grandes villes et que cela nous laisse, concrètement, beaucoup plus de temps pour réaliser nos projets… et pour rêver sans cesse à ceux qui suivront. Nous l’avons choisi aussi parce que c’est une ville inspirante; une ville phare d’une culture dont nous sommes fiers.

Quelques mots pour dire que je suis fou de Québec quand elle est une ville créative, une ville d’idées; une ville de projets — une ville d’où on se projette dans l’avenir. Une ville éducative. Je suis fou de Québec parce que c’est une ville qui, forte de son histoire (dont il a été trop peu question cet été), est encore à inventer. Comme le pays dont elle est la capitale.

Quelques mots pour dire que j’aime rêver à Québec.