« Le réseau va trop vite pour intervenir efficacement dans la vie politique »

Le réseau en fait trop, il aborde trop de choses, il cite trop de points de vue, il se met trop vite à jour pour intervenir dans la vie politique de façon apaisée et aboutie. […]

Le jeu démocratique a tout d’un jeu vidéo dans les moments d’emballement du réseau. Tweets, retweets et bataille de hashtags. Les réactions immédiates des internautes croyant relever des écarts et des excès des responsables politiques s’inscrivent dans un flux qui tient autant de l’électricité que du débat. La participation à un mouvement d’opinion est si facile – il suffit le plus souvent de taper sur un bouton – que le niveau de motivation demandé est très faible, mais l’impact reste d’une portée relative : les mouvements collectifs ne durent pas assez pour se structurer. Le réseau est un territoire propre à l’expression de la révolte, pas à la construction de la révolution.

Pour une foule, le pire mal, c’est le trop grand nombre. C’est le cas sur le réseau, où la révolution numérique mobilise trop d’internautes, trop vite pour bâtir un processus politique influent et durable […]

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Extrait de: La Condition numérique, de Jean-François Fogel et Bruno Patino, Grasset.

Source: La Condition numérique, dans Le Monde, vendredi le 5 avril 2013.

Du cynisme à l’espoir en passant par un iPad oublié

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J’ai passé la semaine en Europe — Espagne et France. Très occupé, mais je prends quand même toujours le temps de suivre un peu l’actualité quand je suis à l’étranger, pour découvrir d’autres points de vue et d’autres enjeux.

Et cela a été une dure semaine de ce côté, en France particulièrement: entre l’Affaire Cahuzac, le Offshore Leak — et les ramifications de tout ça. Avec les révélations de la Commission Charbonneau au Québec et le reste, il n’y a pas de quoi se réjouir. Le cynisme est vraiment à son maximum.

* * *

Je suis allé courir ce matin avant de reprendre l’avion pour Québec. Un peu plus de 11 km, de Place d’Italie à Notre-Dame, en passant par le Parc de Bercy et retour en passant par le Jardin des Plantes. J’écoutais WoodKid en pensant à tout ça: à la politique, tellement malmenée et pourtant tellement nécessaire. Mais comment? Quelle politique? Avec quels genres d’hommes et de femmes politiques? Qu’est-ce qui est acceptable, qu’est-ce qui ne l’est pas? Et comment éviter de se draper inutilement dans une illusoire vertu? Se raconter des histoire en prétendant vouloir laver plus blanc que blanc?

Au travers de ces réflexions, j’ai aussi croisé la misère.

Sur les quais, juste après le pont qui mène à la gare de Lyon, j’ai vu un homme, pieds nus, se laver à l’eau d’une fontaine. Il faisait 2 degrés Celcius.

Et devant le Jardin des Plantes, j’ai vu un homme hébété assis sur un petit banc à côté de sa tente effondrée sur le terre-plein entre trois voies de circulation particulièrement passantes. Les pigeons picorraient le reste de son repas, manifestement trouvé dans les poubelles. Le regard vide, il n’a même pas réagi à mon passage.

Après une douche, j’ai pris le taxi pour l’aéroport.  J’ai discuté avec le chauffeur de la situation politique. Ses propos dégoulinaient de cynisme. Il croyait à l’existence d’une solution, mais tout semblait se confondre dans son esprit: le mariage gai, la présence des Roms, la corruption, la mode, et quoi encore? Nous étions tout de même d’accord sur la place importante de la morale (laquelle?) dans la solution.

Après sept heures de vol, longue escale à Montréal en attente du vol vers Québec. J’en profite pour lire Le Monde de vendredi. Déprimant.

Avec la fatigue, j’ai l’impression de sombrer: non mais quel monde politique pourri!— et quelle dérive morale. C’en est invraisemblable. Et Le Devoir ne semble guère me réserver beaucoup mieux. Je sais pourtant que les gens honnêtes et dévoués sont nombreux en politique — comme ils doivent souffrir de se voir ainsi condamnés par association — et de voir le cynisme faire ainsi le lit de tous les extrémismes, de droite comme de gauche.

— une autre bière madame s’il vous plaît.

* * *

C’était jusqu’à ce que j’arrive à la page 18:

Conte de printemps.

L’histoire (vraie) d’une journaliste du Monde qui a oublié son iPad dans le panier d’un vélib — et qui le retrouve quelques jours plus tard grâce à la générosité de deux hommes au destin absolument incroyable. J’en ai eu les larmes aux yeux.

Didier Janus et Patrice Balzac m’ont redonné espoir.

J’ai repensé aux deux poqués que j’ai croisés ce matin sur les quais de la Seine et je me suis dit qu’il ne fallait pas succomber au cynisme — on a pas le droit de leur faire ça — et qu’il fallait de toute urgence se retrousser les manches (encore un peu plus) pour réhabiliter la politique et ceux qui s’y engagent avec sincérité — envers et contre tout.

Parce qu’il n’y a pas de solution collective sans la politique.

L’écriture au coeur de la ville

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Parce que plusieurs choses m’amènent depuis quelques jours à réfléchir à la place de la lecture et de l’écriture dans la société — et à l’importance de créer des espaces et des moments de rassemblement qui peuvent contribuer à donner un sens à la lecture et à l’écriture — et à l’apprentissage de celles-ci…

Parce que si on souhaite que des projets voient le jour, il faut bien préalablement partager quelques idées…

Et, finalement, parce que, passant devant la Librairie Vaugeois, lundi soir… j’ai été interpelé par Nelligan (photo ci-dessus)…

Voici donc quelques traces de certains projets que je trouve particulièrement inspirants dans ce domaine — et que j’aimerais beaucoup voir prendre forme au Québec, et à Québec, en particulier — et pourquoi pas sur la rue Saint-Joseph? Ou sur la rue Maguire? Ou Myrand? Qu’importe…

En commençant par l’extraordinaire 826 Valencia, qu’il me semble indispensable de faire connaître largement (le créateur en fait une présentation en vidéo ici — en une vingtaine de minutes de pur plaisir).

Aussi un de ses émules: 826 NY (plus d’explications).

Pourquoi faire de Québec un nouveau membre du réseau 826 — en y apportant notre originalité?

Sinon, il y a aussi le modèle du Labo des histoires que j’aime vraiment beaucoup… quelle fraîcheur!

Il me semble que ce genre de lieu serait aussi de nature à mobiliser pas mal de monde ans le quartier Saint-Roch… à favoriser les rencontres intergénérationnelles, du monde des technos, de l’éducation et de la culture…

Éditeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants, auteurs, gens de théâtre, artistes, créateurs, journalistes… de Saint-Roch et d’ailleurs, ça vous tente?

Ce serait un bien beau projet, il me semble…

L’économie du savoir et les conditions de l’innovation

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Je me suis réjoui de lire dans Le Devoir de lundi un billet d’Éric Desrosiers intitulé L’économie du savoir — dans lequel celui-ci nous invite à élargir l’idée qu’on se fait de ce concept qui est malheureusement de plus en plus utilisé pour dire un peu tout et n’importe quoi. Extraits:

La fameuse économie du savoir ne se limite pas aux sciences et technologies, ni à ses spécialistes. Elle est le domaine de presque tous les champs de l’activité commerciale humaine et elle peut être le fait d’ingénieurs, de comptables, de sociologues, de gestionnaires en ressources humaines, d’artistes ou d’éducateurs.

Dans ce contexte, l’université constitue évidemment un lieu privilégié non seulement pour apprendre toutes sortes de connaissances générales et techniques, mais aussi, et peut-être surtout, pour apprendre à apprendre, et apprendre à inventer à partir des nouvelles technologies qui viendront, des problèmes auxquels on sera confronté, et des occasions qu’on saura reconnaître et saisir.

[Et] notre réflexion ne doit pas s’arrêter là. Si l’on dit que ce qui fera le succès des économies et de la carrière des gens dépendra de leur capacité d’adaptation et d’innovation dans un monde en changement constant, on comprend qu’il y sera à tout le moins essentiel de savoir lire, écrire, communiquer, pianoter sur un ordinateur et penser.

Je suis évidemment d’accord avec tout ça — et cela rejoint, très directement, ce que j’ai déjà exprimé dans ce texte, où je proposais d’ailleurs d’adopter le terme « économie de l’apprentissage » plutôt que « d’économie du savoir ».

C’est également à la base de ce qui m’amène à croire un peu plus chaque jour, depuis plus de dix ans, à l’importance de penser le développement des villes comme des cités éducatives.

Une invraisemblable coïncidence

Quand il semble y avoir tout à coup autour de nous toutes sortes de coïncidences, c’est généralement qu’on a l’esprit plus alerte, plus éveillé que d’habitude. C’est parce qu’on est là, l’esprit ouvert, dans un contact privilégié avec notre environnement — avec la vie.

Ce n’est pas parce qu’il y a vraiment plus de coïncidences dans ces moments-là. C’est une illusion. C’est seulement parce qu’on les remarque plus facilement. Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’une coïncidence — si ce n’est l’association fortuite de deux phénomènes distincts qui se trouvent soudainement liés par une idée plus ou moins mûre qui germe dans notre esprit?

J’adore ces moments-là.

Ils sont pour moi le signe qu’il se passe quelque chose. Que c’est un moment important. Que quelque chose est en train de prendre forme — même si je ne peux pas encore le définir clairement.

***

Je dinais ce midi avec Samuel Matteau. Ça fait des mois que Carl-Frédéric me dit que nous devions faire connaissance. C’est la mise en ligne de Limoilou, la semaine dernière, qui nous avait enfin donné l’occasion de prendre rendez-vous.

J’avais fait référence à Limoilou dans ce court billet, en signalant notamment une scène du court-métrage où les enfants défilent dans une ruelle, passant devant un camion coloré — dont j’avais retenu l’image pour illustrer mon texte.

Quittant Le Cercle vers 13h15, je sers la main de Samuel, on se promet de garder le contact, lui part vers l’Ouest et moi vers l’Est… et quelques pas plus loin… qu’est-ce que je ne vois pas arriver vers moi sur la rue Saint-Joseph? Le camion coloré!

Le camion coloré: celui du film. Le même! Celui qui était sur l’image que j’avais choisie parmi des centaines de possibles quelques jours plus tôt!

Il est passé devant moi. J’étais ébahi. J’ai eu tout juste le temps d’en faire une photo.

Si je n’avais pas pris cette photo, je n’y croirais déjà plus ce soir.

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En faveur de la lecture

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Il y a eu plusieurs réactions au texte d’Antoine Robitaille dans Le Devoir du 18 février. Il faut s’en réjouir. J’ai également eu plusieurs commentaires à la suite de la publication de Un mouvement en faveur de la lecture.

Je retiens pour le moment de tout ça les pistes de réflexion suivantes :

  • J’ai un doute sur l’appellation «grands lecteurs» en opposition à «petits lecteurs». Il me semble que nous devrions imaginer une étiquette qui s’appuie davantage sur le type d’oeuvres lues, ou sur le type de lecture, plutôt que sur les lecteurs eux-mêmes. En athlétisme on parle bien de coureurs de sprints et de coureurs de marathons, et non pas de petits athlètes et de grands athlètes.
  • Il faut aussi tenir compte du fait qu’il y a des types de lecture: le survol et l’approfondissement — qui ne sont pas forcément opposés — au contraire même.
  • Cela dit, il faut reconnaître que les aperçus et les occasions de survoler des textes prolifèrent, et que l’idée de stimuler des lectures de fonds est importante, voire indispensable.
  • Il ne faut pas perdre de vue non plus que l’habileté à lire en profondeur, de faire de grandes lectures, prend naissance dans l’enfance, et que, pour cela, on insistera jamais assez sur l’importance «d’apprendre à lire tôt pour ensuite lire pour apprendre, longtemps», pour reprendre l’habile formule de Marc Saint-Pierre. Et, pour cette raison, la situation épouvantable dans laquelle sont la plupart des bibliothèques scolaires ne devrait pas nous laisser indifférents.

Je retiens aussi l’idée que:

  • Le mouvement désiré en faveur de la lecture passe inévitablement par les bibliothèques et les librairies, dont les activités s’inscrivent déjà, à l’évidence, dans une perspective de développement de la lecture, mais qu’il faudrait voir sortir plus régulièrement de leurs murs pour investir plus fortement la ville — par des moyens qui restent à imaginer, mais que nous sommes probablement mieux d’inventer avec elles, plutôt que de chercher à réinventer inutilement la roue.

Et si c’était le rôle des bibliothèques et des librairies que nous étions en train de re-découvrir? ou d’adapter à ce début de XXIe siècle.

* * *

Le Devoir a innové de belle façon avec sa page hebdomadaire Le Devoir de philo — peut-être pouvons-nous imaginer un nouvel espace destiné à stimuler la lecture; hors de la forme classique du cahier Livres (qu’il ne s’agit évidemment pas de remplacer: bien au contraire!).

Pour le centenaire du Devoir, nous avions eu droit à une très agréable série de portraits de lecteurs du journal. Pourquoi ne pas inviter, de la même façon, de «grands lecteurs» (avec toutes les réserves exprimées plus haut pour cette appellation) à présenter leur lecture du moment en prévoyant un espace sur le site du Devoir afin de permettre à ceux et celles qui le souhaitent d’approfondir, collectivement, cette lecture?

Des bibliothécaires et des libraires pourraient être mis à contribution dans cette page / cet espace, dans le but de suggérer des lectures complémentaires voire de les prolonger par des rencontres — et pour inviter les gens à fréquenter davantage ces indispensables lieux de culture.

Je lance ça comme ça…

Vous m’avez dit…

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Rue Sainte-Marguerite, près de l’intersection avec la rue Vallière: un mur de béton soutient brutalement la montée de la rue des Prairies qui sépare la haute-ville et la basse-ville.

J’y remarque quelque chose de nouveau. Depuis quand? Je ne sais pas. Je ne passe pas à cet endroit très régulièrement.

C’est un cadre doré, et un graffiti.

Je m’approche.

Mise en scène de musée sur mur de béton. Cadre classique, signature urbaine.

Et une petite fiche, sur laquelle j’ai pu lire, en me mettant sur la pointe des pieds:

Travail No. 4 – Wuek (2012)
Vous m’avez dit de faire des toiles

J’aime quand la ville me parle.

Limoilou et les cerfs-volants

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Je me suis fait plaisir ce soir en prenant le temps de regarder attentivement, plusieurs fois, la dernière réalisation de Samuel Matteau, dans la série La cité.

Magnifique Limoilou.

Les images sont belles, colorées, poétiques. On peut y voir simplement le jeu des enfants d’un quartier — ou une référence à nous tous, et aux derniers mois de la société québécoise.

J’ai été particulièrement touché par les images des enfants qui défilent d’un pas déterminé dans la ruelle; par celles des cerfs-volants et des machines à laver; par l’attroupement des enfants sur la rive bétonnée devant l’usine aussi.

J’ai partagé avec plusieurs amis par courriel.  Je le fais ici aussi.

J’ai aussi pu échanger quelques idées-de-fin-de-soirée avec Samuel via Facebook — échanges que nous allons essayer de poursuivre dans les prochaines semaines. On verra bien où pourront nous mener ces cerfs-volants.

Un mouvement en faveur de la lecture

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J’aimerais que l’éditorial qu’Antoine Robitaille consacre ce matin à la diminution du nombre de « de grands lecteurs » ait un effet semblable à celui qu’Omer Héroux signait dans Le Devoir du 3 avril 1930. Cet éditorial avait joué un rôle déterminant pour sonner le réveil de la société québécoise en ce qui concerne l’importance de la science.

Saisissant l’occasion, les Frères Marie-Victorin et Adrien Rivard allaient par la suite participer à la fondation des Cercles des jeunes naturalistes — un mouvement qui allait recueillir un succès absolument fulgurant et qui aura eu une importance capitale dans le développement de nombreuses vocations scientifiques. Pauline Gravel rappelait d’ailleurs tout cela dans un texte publié le 24 avril 2010: Le Devoir à l’origine des cercles des jeunes naturalistes.

J’ai déjà écrit à plusieurs reprises mon souhait de voir un tel mouvement se reproduire pour favoriser l’avènement d’une approche plus ouverte de l’éducation — pour favoriser l’avènement d’une cité éducative. Je l’avais notamment fait il y a cinq ans, en réaction à un texte de Michel Dumais. C’est ici: L’utopique (mais pourtant nécessaire) cité éducative.

La lecture est évidemment fondamentale dans un tel projet — et dans celui, plus large, de bâtir une société du savoir, une société éducative — où l’apprentissage est l’affaire de tous, tous les jours.

Alors donc… comment est-ce qu’on répond à l’invitation que nous lance Antoine Robitaille en conclusion de son texte

« Si vous vous êtes rendu en bas de ce texte, il y a des chances que vous soyez une grande lectrice ou un grand lecteur. Ceux qui se reconnaissent dans cette étiquette devraient peut-être former des clubs, des groupes, afin de s’entraider, s’entraîner. Qu’en pensez-vous ? »

Des personnes intéressées par ce chantier?

Iglesia del Cristo Obrero

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Elle était fermée. Pourtant, elle me reste en tête. L’église Cristo Obrero, d’Atlántida.

On dit que tous les étudiants en architecture de l’Uruguay la visitent: c’est l’église sans poutres. L’oeuvre de Eladio Dieste.

Matériaux humbles, surfaces sensuelles, espaces escheriens: la lumière y danse, le regard s’y amuse.

C’est comme ça que je l’imagine en tout cas.

Nous nous sommes contenté d’en admirer l’extérieur et nous avons repris notre route en direction de la Bodega Bouza.

Patience

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Une dizaine de minutes pour écrire. Souvenir du fauteuil inconfortable où j’ai pris quelques notes. Décor seventies. Bruits de verres, de roues de valises, des conversations, en anglais, en français, en espagnol. Des rires aussi. L’homme devant moi lisait Les frères Sisters pendant que la femme assise à côté de moi bâillait constamment. Jusqu’à l’appel: « Le vol AC871 à destination de Paris est maintenant prêt pour l’embarquement ».

J’enfile mes écouteurs. Bulle musicale. Ane Brun — Do you remember?

Je me souviens.

Je me souviens de ces autres notes, prises quelques jours plus tard, assis sur une autre chaise inconfortable, dans un motel de Drummondville.

C’est quand tout se précipite qu’il faut être le plus patient.

Se répéter que si tout seul on peut souvent aller plus vite, ensemble on va généralement plus loin.

Les portes

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Une fois passé les grandes portes vitrées nous nous sommes trouvés devant une multitude de portes métalliques, apparemment identiques. Chacune devait cacher un ascenseur. C’est du moins ce dont j’ai présumé.

Nous avions été naturellement guidés vers un petit piédestal placé au point focal du petit hall. Deux boutons: monter, descendre. Et attendre qu’une des portes s’ouvre pour y entrer. Avec une curieuse impression de choix lorsque plus d’une porte s’ouvraient à peu près simultanément.

Fallait-il prendre la première qui s’offrirait à nous? Et ces gens qui en descendaient, d’où venaient-ils? Et si ces portes n’allaient pas tous au même endroit — chacune déterminant un avenir différent à ses passagers (n’est-ce pas toujours le cas?).

Les portes d’Alice!

Et ce morceau de gâteau dans ma main gauche, dont il me restait étrangement une bouchée. Coïncidence? Et cette fontaine, un peu plus loin sur la droite. De l’eau? Aurait-il fallu en boire?

Peut-être allions-nous sortir profondément transformés par ce rendez-vous?

Assez d’hésitation: Il fallait y aller. Foncer. Ce fut donc la troisième porte. Nous n’avons même pas eu le choix de la destination…. quelqu’un appuya pour nous sur le bouton qui allait la déterminer.

Il a fallu faire confiance. Nous répéter que n’étions pas là par hasard.

Nous sommes redescendus une heure plus tard par un autre ascenseur, probablement un peu plus grands que lorsque nous étions entrés.

Le lapin blanc nous a remis nos valises et nous avons repris notre route.

Nous avons par la suite manqué notre avion… mais ça, c’est une autre histoire!

Ou peut-être pas…

…me suis-je dit en repensant à la feuille de la vitrine, Place Saint-Germain des Prés?

« Il vous est peut-être déjà arrivé de manquer un train…»

 

Place Saint-Germain des Prés

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Je me dirigeais d’un bon pas vers la petite Place du Québec quand mon regard a été attiré par cette vitrine. Je n’avais jamais remarqué qu’il y avait une boutique Vuitton à cet endroit, sur la droite, juste avant les Deux Magots.

Des piles de papier, des plumes et quelques dactylos, dans une mise en scène chic et de bon goût. Du grand Vuitton. Je me suis approché.

Le texte inscrit sur la première feuille qui a attiré mon attention commençait par:

Il vous est peut-être déjà arrivé de manquer un train…

J’ai repris ma route en imaginant la suite.

Par ici les photos…

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Rallye Instagram été 2011. Le premier. Mon dernier. Pourtant, j’avais eu  beaucoup de plaisir à le faire. Manque de temps.

Il y avait plusieurs thèmes. Résultat: quelques bonnes photos — pour l’esthétisme, parfois; pour les clins d’oeil, le plus souvent.

Un défi créatif, surtout — pour susciter l’attention, faire de la lumière un matériau. Un puissant moyen de rester à l’affût.

Comme il est de plus en plus clair que c’est dans mon blogue que je souhaite conserver les traces de mes créations — plutôt que sur Instagram, dans Facebook, Twitter ou ailleurs — je (re)publierai ici dans les prochaines semaines certaines des photos que j’ai pu prendre avec Instagram au fil du temps. En me donnant la peine d’y ajouter quelques mots, une autre dimension.

Et, de la même façon, j’essaierai de publier dorénavant ici certaines des photos prises avec mon iPhone — que j’aurais autrement déposé uniquement dans Instagram ou ailleurs. Le plus librement possible.

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P.S. texte à lire, mettre en parallèle, avec cet autre texte, écrit il y a quelques semaines… contradictoire? Je ne pense pas. Cela témoigne plutôt d’une réflexion toujours en cours… Instagram, oui, mais pas qu’Instagram.

100 000

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Cent vingt-cinq mois. Un peu plus de dix ans.

Plus de 1300 textes. Très variés. Sur l’édition numérique, bien sûr; sur l’idée de faire de Québec une cité éducative, surtout; sur la politique aussi. De l’amitié, souvent, des idées sans suite, parfois… et quelques autres qui se sont bien installées. Sans oublier de nombreuses anecdotes.

Quelques mois avec plus d’un texte par jour. Plusieurs mois sans aucun texte.

De la suite dans les idées? Je pense.

Dans tous les cas: des images et des textes qui sont pour moi de précieux témoignages de mes réflexions dans toutes sortes de moments de ma vie — dans des conditions différentes, des emplois différents, des pays différents. De tout et de rien. De la vie. La mienne.

Et le plaisir de pouvoir m’y replonger à l’occasion — comme ce soir, en constatant tout à fait par hasard que c’est demain que mon blogue franchira le cap des 100 000 visites.

Fier de ce chiffre? Je ne sais pas. Fier d’avoir déposé ici tous ces textes? Ça oui!