Wiki et service clientèle

Je suis abonné à Neuf Telecom pour mon accès à Internet, au téléphone et à la télévision — un marché où la lutte est très féroce en France, en particulier dans les grandes villes. Les entreprises qui offrent ce genre de services le font à grands renforts de publicités, d’innovations technologiques, de promotions, etc. La clientèle est très variée, avec des clients « ordinaires » et des « geek » qui veulent tout savoir de leur modem, de sa programmation, etc. C’est fascinant.

C’est fascinant, par exemple, de savoir qu’une société a été créée, indépendamment de Neuf Telecom, pour servir les intérêts de ses abonnés actuels ou futurs — il s’agit de JustNeuf, dont les forums comptent aujourd’hui 20 000 membres, et qui se paie vraisemblablement par la publicité — notamment celle… de Neuf Telecom, qui trouve largement son compte dans toute l’opération! À quand un service semblable pour les abonnés de Videotron, par exemple?

Cela dit mon émerveillement aujourd’hui vient plutôt de la découverte du wiki que JustNeuf a mis en place pour réunir toute l’information de nature pratique sur les équipements et services de Neuf Telecom. L’usage d’un wiki dans ce contexte est évidemment très bien, mais c’est le niveau de maîtrise de l’outil qui me surprend agréablement.

À observer: le choix de MediaWiki, la licence CreativeCommons pour le contenu, l’équilibre entre les pages vérouillées et les « nouvelles pages » soumises par les visiteurs, l’usage des espaces « discussion » de chaque page pour permettre la suggestion de modification, la qualité des explications sur chaque type de page et des invitations à collaborer à la documentation de différents sujets, etc.

Un exemple dans son genre à mon avis. Vous connaissez d’autres usages des wiki de ce type pour des produits « grands publics » — de consommation générale?

Lettre à Marcel Grenier, 10 ans plus tard

À peu de choses près la lettre envoyée il y a quelques minutes par courriel à Marcel Grenier, directeur général de la municipalité de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

Je la reproduis ici pour mémoire, mais aussi pour partager un peu plus largement les remerciements que j’ai eu envie de lui transmettre de tout coeur.

—/ début /—

Bonjour M. Grenier,

Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi, mais je me souviens très bien de vous. J’ai été responsable il y a dix ans (déjà!) d’un camp de jour technologique qui avait été organisé pour une trentaine d’élèves des écoles « du bas et du haut de la côte » de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Cela avait été une extraordinaire expérience, qui conserve une place très particulière dans mon vécu pédagogique avec les TIC. La collaboration de la ville avait été indispensable pour rendre possible la tenue du camp de jour, mais votre complicité avait encore plus importante pour lancer les activités — comme celles de plusieurs autres Catherinois, d’ailleurs, et notamment celle  de M. Robitaille, de l’auberge Juchereau-Duchesnay. Cette expérience me suit encore tous les jours, partout où je vais, et je reste motivé par l’idée de la ville comme une « cité éducative » — un possible que j’ai pour la première fois « senti » à Sainte-Catherine.

C’est la lecture de cet article dans Le Soleil qui m’offre l’occasion de vous écrire aujourd’hui:

Le papier? Fini au conseil municipal!

J’ai eu envie de vous écrire à la lecture de ce texte parce que j’y ai reconnu encore une fois votre conception visionnaire de la ville et votre audace de précurseur — deux qualités qui ont été très inspirantes pour moi il y a dix ans et qui pourront sans aucun doute encore l’être encore pour bien des jeunes de votre coin de pays (et d’ailleurs!). Je vous en remercie car ce sont des qualités dont il est essentiel d’offrir aux jeunes (et aux moins jeunes) des exemples concrets.

C’est de Paris, où je travaille (toujours dans le domaine de l’éducation et des technologies) que j’ai pu lire le texte dans la version électronique du Soleil, mais je compte bien passer vous voir un de ces jours afin de vous féliciter et pour vous remercier de vive voix, parce que c’est un peu l’expérience que nous avons vécu ensemble — au tout début de ma vie professionnelle — qui m’a porté jusqu’ici.

Encore merci.

Très cordialement,

Clément 

—/ fin /—

La liste edu-ressources est malade!

La liste edu-ressources est en convalescence. Très mal en point. Parmi les plus anciennes encore actives au Québec, cette listes de discussion a évidemment vu son propos évoluer au fil des ans. Normal: à sa naissance on ne connaissait presque rien d’Internet, alors que maintenant elle réuni novices et experts patentés, pionniers et simples observateurs — du Québec et d’ailleurs. C’est une grande liste.

On devrait donc se réjouir, célébrer le fait que nous avons enfin un espace pour discuter sérieusement de sujets complexes liés aux technologies, entre pédagogues et avec une audience importante (combien d’abonnés?), dans une perspective d’ouverture et d’échange de points de vue. Au lieu de cela, on évacue les sujets chauds. On les déporte, vers des listes moins populeuses, moins en vue. Par peur de « perdre le contrôle »? Par crainte que les « opposants à la réforme » n’obtiennent trop de visibilité « grâce à un outil gouvernemental »? ou quoi d’autre encore? D’ailleurs, quelque soit la raison, ça me chagrine. Pire: ça me choque. Je pense que nous sommes devant une situation où « le mieux est l’ennemi du bien ». S’il fallait agir pour contrôler la liste (ce qui reste à voir) ce n’était pas, à mon avis, de la façon dont on tente de le faire depuis une semaine.

J’avais néanmoins choisi de ne rien dire, la semaine dernière, quand la décision a été prise de fermer la liste aux débats pour la limiter au partage de bonnes adresses où trouver des ressources éducatives numériques. Après-tout, qui suis-je pour juger de la manière dont le ministère de l’éducation gère ses espaces de discussion?

Mais aujourd’hui je ne peux plus me taire. La situation m’apparaît trop ridicule.

Réagissant à un message publié plus tôt aujourd’hui dans la liste en rapport avec l’impact des TIC sur l’enseignement et l’apprentissage, il semble que j’ai enfreint les règles — qu’il m’aurait fallu faire preuve d’une plus grande modération. Il aurait en d’autres termes été préférable que je retienne mon commentaire pour plutôt aller le porter dans une liste à laquelle je n’étais pas abonné… Voilà qui est bien en théorie et confortable pour ceux qui tiennent absolument à encadrer les débats par crainte que les bavards n’accaparent l’espace… mais en pratique, n’est-ce pas un peu la mort de la liste que l’on signe? Parce que dans ces conditions, tous les sujets qui relient les gens, qui invitent à l’échange, qui provoquent la discussion, seront forcément sacrifiés…

Bien sûr, j’aurais aussi pu publier mon commentaire sur mon blogue. Mais pourquoi? Mon blogue c’est mon espace de réflexion, ce n’est pas un espace particulièrement bien conçu pour des discussions avec de grands nombres d’intervenants… Alors que dans mon esprit, c’était précisément la raison d’être d’une liste de discussion. Pas la bonne liste, me direz-vous? Peut-être… Alors pourquoi m’entêter? Eh bien parce que, merde, il y a là sur cette liste une foule de gens qui se sont rassemblés depuis plusieurs années et que remettre en place un espace public de ce type relève encore trop souvent du tour de force!

Qu’on ait voulu rediriger vers d’autres espaces les gens qui ne parlaient pas du tout de technologies (et notamment de tout dans la réforme sauf de l’usage des TIC) est une chose (j’oserai même m’en réjouir), mais qu’on cherche à faire de cette liste un espace sans débat, strictement porté sur l’information… alors là, je ne suis plus du tout!

À ce compte là, j’aurais préféré qu’on offre aux abonnés de meilleurs outils de gestions des messages (filtres, etc. des outils qui existent si on se donne la peine de les implanter sur les serveurs) au lieu de « sortir de la liste » ceux qui discutaient d’autres choses. Ou encore qu’on subdivise la liste afin de diffuser par d’autres voies l’existence de nouvelles ressources éducatives numériques (a-t-on vraiment besoin d’une liste de DISCUSSION pour cela? est-ce qu’il n’y a pas déjà mille et une autres sources d’informations de ce type?).

Les gens qui me connaissent savent que je ne fais pas souvent des sauts d’humeur de ce type et que je suis généralement peu enclin à m’emporter. Alors pourquoi maintenant? Eh bien parce que je trouve absolument incroyable qu’on en soit rendu à se demander collectivement si tel ou telle opinion est à sa place dans la liste, si elle ne devrait pas plutôt être ailleurs, etc., (comme si c’était en soit un sujet de discussion!). Il me semble qu’on a bien d’autres sujets plus essentiels à débattre!

Une liste de discussion, ça vit avec les gens qui y interviennent. Si on ne veut pas reconnaître cela… eh bien tant pis, laissons-la mourir. Mais ne nous faisons pas à croire que les gens départageront systématiquement eux-mêmes dans quelle petite boîte aller porter chacune de leurs idées, opinions, etc. Si on valorise les échanges, eh bien acceptons les digressions, voire le désordre, qui accompagnent inévitablement par moment la conversation. À vouloir tout encadrer on risque de faire taire bien des gens dont les points de vue et les idées pourraient nous être bien utiles. Nous gagnerons bien sûr en confort… mais sans doute également en indifférence…

Ah, et puis zut. Pardonnez-moi — je ne me fais simplement pas à l’idée d’être au chevet d’une liste de discussion à laquelle je suis abonné depuis ses tous débuts. Il me semble que nous avons grand besoin de cette liste… malgré ses périodes de fouillis… ou surtout pour celles-ci justement!

Faut-il être élu pour parler de politique?

Certains, dont Michael, ont louangé l’ouverture de Gilles Duceppe la semaine dernière. Bien. Mais quand je lis des choses comme cela, ça me désespère:

« Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part invité Justin Trudeau à sauter dans l’arène politique en se faisant élire s’il veut débattre de questions politiques. » (Source: Cyberpresse)

Comment est-il possible de dire des énormités comme cela? Tout le monde a le droit (le devoir?) d’exprimer des opinions à haute voix, non? N’est-ce pas un peu le sens de la démocratie? À la base… avant même l’idée de « démocratie représentative ».

Je déplorais déjà qu’on accordait beaucoup trop d’importance aux élections dans la vie démocratique du Québec et du Canada, par rapport à l’animation du débat public… alors là, ça dépasse vraiment les limites de l’acceptable à mon avis. Personne n’a le droit d’imposer le silence à quelqu’un de cette façon.

Je ne partage pas l’avis de Justin Trudeau, mais je lui souhaite la bienvenue dans la discussion — surtout s’il peut s’y engager autrement que sous forme de clip publicitaire.

Resaisissez-vous M. Duceppe, on vous sait être un meilleur debater que cela.

Québec sans fil

« Pour faire de Québec une ville Internet sans fil d’ici les fêtes du 400e, Gilles Duceppe entend proposer au gouvernement fédéral de créer un projet pilote avec un fonds de soutien pour les projets de ville sans fil. Québec pourrait ainsi profiter d’une vitrine exceptionnelle, où les visiteurs découvriraient le mariage harmonieux entre la splendeur du patrimoine et le dynamisme de la modernité qui la caractérisent. »

Source: intervention finale de Gilles Duceppe dans le cadre de Québec, carrefour international

Ça avance! Restera bientôt plus qu’à le faire!

Quelques questions pour les blogueurs du jour

Quelques blogueurs de la région de Québec s’étaient donc donné rendez-vous aujourd’hui au Loews Le Concorde pour l’événement Québec carrefour international. Ils ont beaucoup publié, quelques personnes ont commenté leur texte au fur et à mesure (j’ai fait plus que ma part, diront certains!), plusieurs autres le feront sans doute dans les prochaines heures et les prochains jours. C’est ce qui est bien avec les blogues, nous rappelait justement Michael Carpentier, c’est un medium qui permet très bien à la fois le direct et le différé.

J’ai envie de poser quelques question à ces blogueurs au terme de cette très intense expérience:

1. Quelle était votre intention lorsque vous avez choisi de consacrer votre journée à cet événement politique? Quelle était votre principale motivation? Pourquoi était-ce important pour vous d’être là?

2. Qu’est-ce qui a été le plus difficile au cours de la journée? Qu’est-ce qui devrait être amélioré dans une future expérience de ce type?

3. Qu’est-ce qui vous a le plus étonné au cours de la journée?

4. Participeriez-vous à nouveau à un événement de ce type dans une perspective de journalisme citoyen?

5. Comptez-vous assurer un suivi à ce dossier? poursuivre les échanges sur le sujet avec les bloggeurs et lecteurs de vos blogues qui en mnifesteront l’intention? Si oui, de quelle façon?

Et tiens, une petite dernière, encore plus ouverte:

6. Que pensez-vous que les organisateurs de l’événement retiendront de cette expérience?

Québec carrefour international

Événement politique innovateur à Québec aujourd’hui.

En effet, à l’occasion d’un colloque d’une journée organisé dans le but de promouvoir « des projets incontournables pour l’avenir de la ville de Québec » le Bloc québécois invite quelques blogueurs à rendre compte de l’événement sur le Web dans le but de permettre à un plus grand nombre de personnes d’y prendre part et à favoriser la poursuite des discussions au terme de la journée. C’est ici que ça se passe: Québec, carrefour international.

Je lève mon chapeau au Bloc québécois pour avoir pris cette initiative audacieuse… d’autant plus que j’ai toutes les raisons de croire qu’il l’a fait avec la bonne attitude, en assumant les risques que cela comporte et en misant sur l’intelligence des citoyens et des internautes.

Je connais bien les blogueurs invités, pour lesquels j’ai le plus grand respect sachant qu’ils n’ont jamais fait preuve de complaisance dans leurs écrits sur le Web. Si les recherchistes du Bloc ont bien fait leur travail, ils savent très bien que ce ne sont pas des gens dont les opinions politiques leurs sont acquises — loin de là. Et c’est bien la raison pour laquelle je pense que l’expérience sera intéressante.

Je lève aussi mon chapeau aux six personnes qui ont accepté de consacrer leur dimanche à une expérience comme celle-ci parce qu’ils apporteront une importante contribution dans le sens de la réinvention des lieux où les débats — qui sont au coeur de la démocratie — peuvent prendre forme à l’ère des réseaux.

Merci Mario, merci Michael, merci François, merci Audrey et François, merci Francis. Et merci à tous ceux qui commenteront leurs écrits au fil des heures.

Et à défaut d’être présent physiquement, je serai de coeur et d’esprit avec vous.

Participer au colloque de l’APOP… à partir de Paris!

Je me suis fais plaisir il y a quelques jours en acceptant d’animer un atelier dans le cadre de l’ambitieux projet de colloque à distance de l’APOP, qui aura lieu les 10 et 11 janvier 2007. J’animerai donc un atelier à parir de Paris, avec des participants qui seront physiquement situés un peu partout au Québec (et ailleurs, qui sait?).

Le programme présente la version courte de la description d’atelier, mais je reprends ici la version un peu plus longue pour le plaisir.

Du cyberespace à la cité éducative

Les établissements scolaires ont la forme qu’on leur connaît aujourd’hui parce qu’ils permettent de réunir en un seul endroit un vaste ensemble de ressources destinées à faciliter l’apprentissage: équipements, bibliothèques, enseignants, spécialistes, etc.  L’école est une concentration des ressources éducatives de la cité.
Dès lors que les réseaux informatiques permettent de donner accès aux ressources éducatives sans pour autant devoir les réunir en un seul endroit quel sens doit-on donner à l’école? Comment expliquer aux jeunes adultes qu’ils doivent aller à l’école alors qu’ils peuvent parcourir le monde du bout des doigts?
Et si l’école, libérée sa fonction de « lieu d’accès à la connaissance » devenait surtout, grâce aux TIC, un  lieu d’apprentissage de la citoyenneté — d’une citoyenneté plus ouverte, plus active et plus solidaire que jamais? Et si les technologies étaient avant tout pour l’école des outils pour s’ouvrir au monde ?
Et si nous nous étions trompé et qu’au lieu de chercher à initier les élèves aux nouvelles technologies le rôle de l’école était plutôt de les aider à passer du cyberespace à la cité éducative?
 
* * *
 
Cet atelier sera l’occasion d’explorer — à partir d’exemples concrets — comment les TIC nous obligent à développer une nouvelle conception de l’école et du matériel éducatif ainsi qu’à repenser lentement, mais sûrement, le rôle du prof qui, loin d’être marginalisé, devrait s’en trouvé fortement revalorisé.
 
Au programme : très courte introduction, série d’exemples commentés, courte conclusion et échange — surtout des échanges! Et peut-être même une réalisation collective au terme de l’atelier.

Et tiens… ça me fait penser que je n’ai pas encore rassemblé ici mes notes sur le congrès de l’Association internationale des villes éducatrices, qui s’est tenu à Lyon à la mi-septembre. J’y reviendrai dès que possible. J’en suis revenu à la fois ravi et très fier. À suivre

Entreprendre durablement au coeur des réseaux…

Jean-Sébastien publie sur son blogue un texte qu’il vient de soumettre à trois quotidiens québécois. J’aime beaucoup le ton et il me semble que son propos est très juste — particulièrement en ce qui regarde la faible prise de conscience de nombreux entrepreneurs par rapport à la société de l’information.

Cela me semble un peu paradoxal que des enterpreneurs se présentent en victimes ou n’imaginent que des solutions qui soient « en dehors d’eux-mêmes ». Cela ne correspond pas tellement à ma conception de l’entrepreneuriat.

Et si l’attititude de certains entrepreneurs et de certaines chambres de commerce faisaient partie des choses à revoir dans « le climat social actuel »? C’est la piste que Jean-Sébastien nous invite à explorer en tous cas…

Laurent Lafforgue sur les technologies à l’école

J’ai eu la chance de participer, il y a une quinzaine de jours, à un petit-déjeuner du Club sénat sur le thème l’éducation et les nouvelles technologies.

Parmi les personnes invitées à prendre la parole lors de cette rencontre se trouvait Laurent Lafforgue, mathématicien émérite, bien connu des Français pour ses prises de positions tranchées sur l’école (et sa démission du Haut Conseil de l’Éducation).

Polémiste conservateur (de mon point de vue), Laurent Lafforgue n’a pas dû décevoir ses partisans en formulant ses opinions sur les technologies à l’école. Extraits:

« Il ne faut surtout pas introduire l’ordinateur et les calculatrices à l’école
primaire. C’est inutile et nuisible à ce stade. »

« [selon une étude] moins les élèves utilisent l’ordinateur à l’école et à la maison, le meilleur ils sont en connaissance de la langue et en mathématiques. »

« Je suis fermement opposé à l’introduction des ordinateurs dans les écoles primaires. »

« Je supplie les responsables politiques de ne pas succomber au vertige de l’informatique. »

« Rien n’est pire que de placer des enfants qui ne savent pas écrire devant un ordinateur : ces enfants ne sauront jamais écrire avec la main. »

Et c’est sans compter que le résumé de la rencontre rapporte plusieurs des propos de Laurent Lafforgue de façon beaucoup plus modérée qu’ils n’ont été prononcés en réalité: « l’école primaire doit être intemporelle, éternelle », « il faudrait bombarder les IUFM », etc.

Je sais apprécier les polémistes lorsqu’ils appuient leurs propos sur des valeurs fortes — une société en a parfois besoin pour provoquer les plus profondes remises en question — mais dans ce cas, je doute que la démarche de Laurent Lafforgue soit très constructive.

Je suis inquiet par la polarisation des débats sur l’école. Il me semble que sur un sujet semblable, même les points de vue extrêmes devraient comporter une dimension dialogique. L’opposition conflictuelle ne convient pas pour résoudre les défis qui se posent aujourd’hui à l’école. Je suis convaincu que les enjeux autour de l’école nous obligent à trouver des manières d’animer le débat qui permetteront de faire entendre davantage les porteurs de propositions que ceux qui se limitent à objecter ou à critiquer.

Peut-être que Laurent Lafforgue adoptera une attitude différente devant un auditoire de pédagogues, à l’occasion des Entretiens Nathan, le 14 octobre prochain. Je le souhaite.