Sortir des discours moralisateurs

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J’ai lu avec un grand intérêt le texte que La Presse a consacré ce matin aux propositions de Paul Saint-Pierre Plamondon au sujet de l’environnement.

Bien sûr parce que l’environnement est un sujet indispensable pour juger quiconque aspire à être chef d’un parti politique en 2020 (probablement le plus indispensable de tous!).

Mais aussi parce que l’état d’esprit qui se dégage de la proposition me plaît beaucoup: il faut aborder le défi environnemental de façon proactive, en mobilisant les citoyens, de façon constructive — et pour cela, abandonner les discours moralisateurs ou, pire, culpabilisateurs.

« Je propose une approche renouvelée en environnement où l’on parle des solutions environnementales avec aplomb, de manière rafraichissante et rigoureuse et en insistant constamment sur les succès qu’ont connus d’autres pays comparables en la matière. Il faut en effet sortir du discours moralisateur et orienter la discussion vers les meilleures pratiques dans le monde. »

Il faut de l’ambition, du pragmatisme, et un discours rassembleur — même (surtout!) avec les gens qui ne pensent pas comme nous.

Je pense que PSPP a raison de souligner que malgré un très bon programme environnemental, le Parti Québécois n’a pas réussi à se faire entendre efficacement sur cette question au cours des dernières années — et que pour y arriver, il va falloir faire les choses différemment. Il va falloir une nouvelle forme de leadership.

J’ai déjà salué certaines prises de position de Sylvain Gaudreault sur l’environnement. Et j’ai hâte d’entendre les propositions concrètes qu’il formulera à ce sujet dans le cadre de la course à la chefferie. J’espère qu’elles comporteront aussi une forme de rupture sur les manières de faire que le PQ a adoptées au cours des dernières années.

Je crois que les candidats à la chefferie ne doivent pas avoir peur de remettre en question ce qui a été fait dans les dernières années — dans tous les domaines.

De mon point de vue, la course est d’abord et avant tout une occasion pour démontrer qu’ils peuvent incarner une nouvelle forme de leadership.

À ce sujet, un texte me revient à l’esprit: Sur le leadership (2011) — et cette phrase, en particulier:

« I wish we had more dynamic following around here. That’s were the real energy of an organisation comes from. »

Je suis profondément convaincu que le Québec a plus que jamais besoin de leaders qui mobilisent; qui peuvent rallier, largement; qui favorisent une participation dynamique de tout le monde; qui acceptent les remises en question et qui acceptent de donner leur chance à des idées nouvelles.

Même si ça dérange. Surtout si ça dérange.

Un an plus tard, au PQ…

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J’ai eu une semaine un peu folle (que dire, un mois… un trimestre même!). Mille fois je me suis répété un jour à la fois, une chose à la fois même… J’ai néanmoins réussi à prendre chaque jour de petites notes personnelles. Ça fait maintenant partie de mon hygiène mentale.

Ces petites notes me permettent aussi de constater le temps qui passe — dans la vie en général, et dans ma vie en particulier. Comme aujourd’hui, où elles me rappellent ce texte écrit il y a un an: Et toi, tu ferais quoi avec le PQ?

Ça allait mal pour le PQ il y a un an. Très très mal. Un ami m’avait invité à exprimer ce que je ferais moi, pour lui redonner de la vigueur.

Et je dois dire qu’un an plus tard, je dois lever mon chapeau à celles et ceux qui ont tenu le fort — beaucoup de choses ont été faites, et plusieurs de mes souhaits ont été réalisés:

  • Le parti a adopté une Déclaration de qui énonce simplement les principes essentiels qui doivent rallier ceux qui adhèrent au parti.
    • …et comme plusieurs de éléments que j’évoquais s’y retrouvent, ça me plaît beaucoup.

Je pense que quand on se donne le droit de critiquer, il faut aussi prendre le temps de le dire quand ça va bien: la dernière année a été, globalement, très bonne pour le Parti Québécois.

***

La suite — le rythme et la manière de faire les choses, concrètement, au quotidien, devra être débattu dans le cadre de la course à la chefferie, et c’est tant mieux! La transformation doit se poursuivre…

Je continue de penser qu’on peut se donner du temps, ne pas chercher à plaire à tout le monde, cultiver de l’ambition, réfléchir avec de la perspective — et fixer l’horizon au-delà de la prochaine élection.

D’autant plus que je trouve que le gouvernement de la CAQ fait, de façon générale, un travail pas pire pantoute — et que je constate qu’une grande majorité des Québécois et des Québécoises pensent la même chose.

Je recommence à trouver la dynamique politique québécoise positive et inspirante — et je trouve ça encourageant.

Amitié

Le repas entre amis sont aussi une des belles choses qui ont marqué mon année 2019 — et que je souhaite poursuivre en 2020.

Des repas simples, parfois improvisés, préparés ensemble et savourés en discutant simplement du quotidien… en riant, autant que possible. Pas des événements, juste des rencontres et de la complicité. Comme ici, à Montréal, avec l’ami Simon.

C’est de plus en plus facile de le faire à mesure que les enfants vieillissent: le vendredi ou le samedi soir — ou pourquoi pas les soirs de semaine?

S’agit de le souhaiter… d’accepter l’improvisation et de garder ça simple!

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Écrire

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Dans les derniers jours, chaque membre de la famille a tenté de définir la décennie qu’il se souhaitait — en un seul mot! Pas facile!

J’ai choisi écrire.

Et question de commencer ça du bon pied, j’ai entrepris le 30 décembre un projet d’écriture pour 2020.

Le point de départ est décrit ici…

Le projet devrait se déployer progressivement au cours des prochains mois à l’adresse clementlaberge.com. J’en rendrai également compte sur Twitter. Il est également possible de s’abonner pour recevoir chaque texte par courriel (pour ça: cliquez sur le petit menu, dans le coin en haut à gauche de la page, et inscrivez votre adresse courriel dans le bas de la section qui apparaîtra).

***

2019

Et dans le même esprit, voici un petit récapitulatif de mon année d’écriture (plus simplement que je ne l’ai fait en 2018):

Nombre de textes publiés sur mon blogue: 46

C’est beaucoup moins que dans les deux années précédentes… mais je compte bien inverser la tendance cette année!

Nombre de jours où j’ai publié au moins un texte dans mon journal personnel: 365

Cela fait maintenant 857 jours que je publie sans interruption au moins un court texte dans DayOne, et plus de sept ans que j’ai commencé à le faire régulièrement — c’est une grande source de fierté.

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Cuisine

 

Aujourd’hui, une photo prise au cours de l’automne.

En 2018 on a rénové la cuisine. En 2019 on en a pleinement profité. Vraiment! Pour cuisiner, bien sûr, mais aussi de pour partager de très beaux moments en famille et avec des amis. Il y en a eu du temps passé autour de cet ilot!

Cet espace est aussi celui de la transformation progressive de notre alimentation. De moins en moins de viande, déjà depuis quelques années, mais de façon accélérée depuis quelques mois — pour de multiples raisons, mais particulièrement pour l’environnement et la santé. Capucine nous précède de quelques pas sur cette route, je l’en remercie.

Suggestion de visionnement sur ce sujet: The Game Changers, sur Netflix.

C’est d’ailleurs aussi dans l’esprit du nouveau Guide alimentaire canadien, qui a été publié au début de 2019.

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Créativité

Aujourd’hui, une photo de mars 2019.

Une de mes satisfactions de l’année qui s’achève est d’avoir consacré un peu plus de temps à la créativité.

En début d’année ça a été surtout avec la linogravure — à laquelle je compte bien me remettre bientôt (d’autant qu’Ana et moi avons fait un cours ensemble, il y a quelques semaines, à la Maison des métiers d’arts).

Et en cette fin d’année c’est surtout par des collages — une activité que j’ai le plaisir de partager avec Capucine, ma cadette. Depuis quinze jours, on prend chaque jour chacun un exemplaire dans ma pile de New Yorker et on fait tous les deux un collage exclusivement avec ce qu’on trouve dedans. Une belle contrainte créatrice. J’ai vraiment beaucoup de plaisir… assez pour partager mes créations sur Instagram. J’ai même regroupé mes collages ici (il faut cliquer sur les images pour les voir en entier).

Stimuler l’imagination m’apparaît de plus en plus déterminant pour relever les défis qui nous attendent dans les prochaine années — il y aura donc encore plus de d’activités de créativité en 2020. Vous embarquez?

Une suggestion de lecture à ce sujet: From What Is to What If, de Rob Hopkins.

«The thought that keeps me awake at night is that the further we get into the big challenges of Now — economic inequality, climate change, the very real risk of the collapse of many of the key aspect of the economy we depend on, mass immigration ans so on — the less we are to imagine a way out of them.»

«When the future disappears from our imagining, when we get struck in the present or in the past, we’re in trouble.»

«What if we created the optimal conditions (…) for the imagination to flourish?»

 

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Féminisme

Photo prise le 1er mai.

Avant de se rendre à Copenhague, nous avons passé quelques jours à Stockholm où nous avons visité de très nombreux musées.

Au Nationalmuseum, j’ai été fasciné par ce tableau d’une femme qui peint un homme. La peinture de Jeanna Bauck a marqué mon année 2019.

Le tableau a été peint en 1870, une période où les femmes ont apparement occupé une place très importante dans l’art suédois, avant que leur contribution ne disparaisse à nouveau.

«In Sweden women artists and writers managed in the 1870s and 1880s to carve out considerable space for themselves on the public art scene, shaking the male norm of the artist to its foundation. The 1890s brought a counter reaction, a backlash.»

Ça a été un choc de réaliser que je ne me souvenais pas d’avoir vu la représentation d’une femme peignant un homme — ni même d’avoir remarqué cette absence dans les musées. Et pourtant, on en a visité des musées au fil des ans! Ça me semble encore invraisemblable.

Je trouve que c’est là un remarquable rappel que les biais d’une société sont souvent invisibles si on n’y porte pas attention. Et qu’il n’est pas suffisant d’attendre que celles et ceux qui en sont victimes se manifestent avant d’agir pour les corriger.

C’est aussi une belle occasion de saluer l’engagement des femmes qui, autour de moi, sortent des sentiers battus, ouvrent grandes les fenêtres et apportent une grande bouffée d’air frais aux façons de faire qui s’étaient installées en leur absence.

Ou tiens donc… encore mieux que des bravos: faites-moi signe si vous pensez que je peux vous donner un coup pouce en 2020.

Je le ferai avec d’autant plus de plaisir que tout le monde y gagnera!

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

La politique…

Aujourd’hui, une photo du 10 mai.

Je crois profondément à l’importance de la politique partisane. Je m’y suis même colletaillé pas mal au cours des dernières années — jusqu’à constater cette année que j’en avais perdu le goût. Fatigue? Résignation? J’ai pourtant bien essayé de combattre le cynisme…

Mais j’ai l’impression que c’est devenu trop dur d’avoir du fun dans cette politique-là. Trop de trop vite, trop à peu près, tout le temps. Pas d’espace ni de temps pour respirer. Encore moins pour réfléchir. Il faut toujours faire ce qu’on peut tout en sachant que ce sera trop peu… et tout ça sous l’impitoyable jugement des médias sociaux. Évidemment, les conditions qu’on impose aux élus finissent par déteindre sur tout le monde qui s’engagent à leurs côtés. Ça use…

Je me souviens encore d’un texte que Florence Piron avait publié dans Le Devoir le 31 décembre 2009. J’y avais fait référence sur mon blogue quelques jours plus tard dans un texte qui avait pour titre L’entrepreneur et le politique. Je pense qu’il est important d’y revenir, parce que le besoin de faire appel au plaisir civique m’apparaît plus important que jamais.

Il faut ramener le fun dans la chose politique sans quoi on ne s’en sortira pas. C’est le sourire aux lèvres qu’on pourra combattra le plus efficacement les changements climatiques — et relever tous les autres défis auxquels ont est confronté. Et c’est évidemment la même chose si on aspire faire du Québec un pays.

C’est d’ailleurs pour ça que je m’intéresse aujourd’hui beaucoup plus aux nouvelles manières d’organiser la démocratie et aux nouvelles formes de partis politiques — qu’aux vaines polémiques qui accaparent quotidiennement nos médias.

Et c’est pour ça que j’étais ravi, ce jour là, que notre grande marche nous amène, totalement par hasard, sur cette petite place de Copenhague, où avait lieu une manifestation d’Alternativet — un mouvement politique danois auquel je m’intéresse depuis plusieurs mois et qui m’inspire beaucoup.

Je suis de plus en plus convaincu que ce n’est ni la gauche, ni la droite, ni le fédéralisme, ni l’indépendantisme qui peuvent rallier les gens — c’est le plaisir de l’engagement, en lui-même.

Recréer au Québec des conditions favorables à l’expérience du plaisir civique: c’est à ça qu’on doit travailler en priorité.

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Culture et numérique dix ans plus tard

Aujourd’hui, une photo du 17 septembre, prise à Montréal.

Je travaille à mon compte depuis quatre ans. Et depuis presque deux ans mon principal mandat est de coordonner la mesure 111 du Plan culturel numérique du Québec. Un mandat exigeant, mais tellement stimulant!

Pour faire cette coordination j’ai notamment à animer les réunions de 5 comités sectoriels (patrimoine, musique, arts de la scène, cinéma et audiovisuel, livre) ainsi qu’un comité transversal. Les réunions se déroulent généralement à la fois à Montréal et à Québec, en visioconférence. Et même si j’habite Québec, je suis le plus souvent à Montréal, avec le plus grand groupe. J’ai donc eu cette vue, pendant 2h, à peu près 36 fois cette année. Chaque fois avec un plaisir renouvelé.

En relisant le texte que j’ai publié sur mon blogue il y a dix ans — Québec, Paris et Copenhague — je constate le chance que j’ai de réaliser ce mandat. Je continue de travailler à la transformation du secteur culturel du Québec, mais après avoir consacré plus de dix ans spécifiquement au monde du livre, j’ai maintenant une vue beaucoup plus large, sur l’ensemble des secteurs. C’est fascinant. Vertigineux aussi… parce qu’on n’est pas sorti du bois! On n’a pas fini de devoir s’adapter!

C’est très satisfaisant de constater, dans ce contexte, que le ministère de la Culture et des Communications a maintenant bien intégré dans son plan stratégique l’importance du numérique pour la diffusion de la culture québécoise. Bravo.

Amusant aussi de relire en parallèle comment les éditeurs québécois se préparaient à l’arrivée du numérique en 2010… et de se rappeler qu’on espérait que De Marque soit, dix ans plus tard (donc aujourd’hui), le plus important distributeur de livres numériques de la Francophonie (je pense bien que c’est le cas).

***

Comment ne pas souligner par ailleurs que mon texte du 6 décembre 2009 rappelle aussi que les changements climatiques étaient déjà dans l’actualité il y a dix ans… et que les résultats de la COP 25, qui s’est terminée hier, ressemblent beaucoup à ceux de la COP 3, qui venaient alors de se conclure.

Presque tout le monde le monde était d’accord pour dire que les résultats étaient insuffisants. Pareil aujourd’hui.

Alors, qu’est-ce qu’on attend?

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Famille

L’an dernier j’ai publié un texte tous les jours du mois de décembre — ça a été mon calendrier de l’avent 2018.

Cette année, je n’ai rien publié depuis le 9 septembre. Trop gros automne. Mais le blogue m’a beaucoup manqué et je compte bien reprendre ça plus régulièrement en 2020.

D’ici-là… je vais profiter des quinze jours qui restent en 2019 pour réfléchir un peu sur l’année qui se termine en utilisant, comme l’an dernier, quelques photos spontanées comme points de départ de chaque texte.

***

Pour aujourd’hui: une photo du 11 octobre, à New York.

Ana et moi marchions derrière les enfants à la fin d’une journée de déambulations où ils avaient été particulièrement complices. Une journée de pur bonheur. Nos regards se sont croisés: il fallait garder la trace de cet instant: clic!

C’est la première photo parce que c’est très certainement le haut fait de mon année: le plaisir de voir s’épanouir ces trois jeunes adultes. Nos trois jeunes adultes.

Ils sont sortis chacun leur tour de leurs zones de confort, ils ont su relever de nouveaux défis avec confiance et bonne humeur. Bravo!

Et ils l’ont fait ensemble, dans les taquineries, avec des activités et des projets communs. Qu’est-ce que des parents peuvent demander de plus?

Leurs idées et leurs parcours nous stimulent chaque jour et nous amènent à voir le monde un peu différemment. Et les repas sont des moments encore plus riches, agréables et précieux.

On en veut encore en 2020!

Note: Ce texte fait partie de la série Fin d’année 2019

Les médias, la culture et les géants du Web

À la lecture des nombreuses chroniques publiées depuis quelques jours en rapport avec la culture, les médias et les géants du Web, je sens le besoin de souligner le caractère complémentaire de trois éléments… qui m’apparaissent même indissociables.

1- Il est évidemment nécessaire de s’assurer que les géants du Web paient des impôts sur les revenus qu’ils font au Canada et au Québec — comme le font toutes les entreprises canadiennes et québécoises.

C’est une question d’équité fiscale.

Mais ça ne réglera pas les problèmes que les secteurs des médias et de la culture rencontrent aujourd’hui — qui sont essentiellement liés à l’obsolescence des modèles d’affaires.

2- Il est tout aussi nécessaire d’explorer des façons d’imposer aux géants du Web un cadre législatif et réglementaire qui permettra aux médias locaux et aux productions culturelles locales de coexister avec les offres internationales — voire d’être favorisées dans le but de soutenir la diversité des expressions culturelles.

C’est un principe qui est reconnu par la Convention sur la diversité des expressions culturelles, qui a été ratifiée par 145 pays, dont le Canada, et le Québec, en 2005.

Mais cela ne suffira pas si les les principaux intéressés s’entêtent par ailleurs dans des comportements auto-destructeurs dans l’univers numérique.

3- Il est par dessus tout indispensable que les médias (et les acteurs culturels, mais qui ont une longueur d’avance, dans ce cas) modifient leurs rapports schizophréniques avec les géants du Web.

Parce qu’il est faux de dire que les géants du Web vampirisent les contenus des médias — ce sont les médias qui font actuellement tout pour que Google et Facebook mettent plus et mieux en valeur leurs contenus. Ce sont eux qui les codent pour qu’ils soient bien indexés par Google, qui déposent eux-mêmes tous leurs contenus sur Facebook, qui s’assurent qu’ils soient le plus largement partagés, qui envoient leurs lecteurs commenter et débattre sur Facebook et Twitter, etc. Certains produisent des émissions en direct sur Facebook seulement… On en voit même accepter maintenant de l’argent de Facebook pour produire des contenus exclusifs!

Par conséquent,

Tant que les comportements par rapport aux géants ne changeront pas;
Tant que les modèles d’affaires ne changeront pas;
On aura beau adopter toutes les lois, les règlements et les quotas qu’on voudra…
Et même si on prélève (enfin) toutes les taxes et impôts de façon équitable…

…les problèmes qu’on déplore aujourd’hui ne trouveront pas de solutions durables.

La seule façon de réussir, c’est de faire tout ça à la fois.

Qui est le plus con?

Un politicien dit une connerie.
Les journalistes font des articles.
Les chroniqueurs font des chroniques.
Les internautes réagissent aux chroniques.
Les plateaux de télé se passionnent pour le sujet.
Le politicien explique sa connerie.
Les journalistes font des articles.
Les chroniqueurs font des chroniques.
Les internautes réagissent aux chroniques.
Les plateaux de télé se passionnent pour le sujet.
Le politicien s’excuse de sa connerie.
Les journalistes font des articles.
Les chroniqueurs font des chroniques.
Les internautes réagissent aux chroniques.
Les plateaux de télé se passionnent pour le sujet.
Le politicien savoure un jour ou deux. Il a gagné.
Le politicien dit une connerie…

États-Unis 2016.
J’ai souhaité que les médias en tirent des leçons.
Malheureusement, non. Ça continue.

Ici aussi.

Mise à jour du 8 septembre: Dans un tweet surréaliste, Donald Trump se trouve à reconnaître ce fonctionnement…

Ce que je fais (et pourquoi)

À ma grande surprise, Patrick Tanguay a fait référence il y a quelques jours, sur Twitter, à un texte que j’ai écrit il y a plus de dix ans: L’utopique (mais pourtant nécessaire) cité éducative.

Je lui ai demandé comment il était retombé sur ce texte… et sa réponse m’est revenue comme une sorte de défi:

«J’ai trouvé ton billet dans ta page «L’auteur» [de ton blogue], en me demandant ce que tu faisais dernièrement et comment tu définissais ton travail. (Sans succès 😉.)»

Je lui ai donc promis de prendre quelques instants pendant la fin de semaine pour répondre à ses questions. Voilà donc:

Qu’est-ce que je fais dernièrement?

Professionnellement, je suis à mon compte depuis bientôt quatre ans. Au cours des derniers mois, j’ai consacré l’essentiel de mon temps à un mandat qui m’a été confié par le ministère de la Culture et des Communications.

À titre de coordonnateur de la mesure 111 du Plan culturel numérique, je suis responsable de plusieurs comités de travail sectoriels qui visent à favoriser une meilleure utilisation des données sur les contenus culturels québécois — notamment dans le but d’en améliorer leur découvrabilité.

C’est un mandat dans lequel j’apprends énormément de choses sur des secteurs culturels que je connaissais moins bien que le domaine du livre. C’est fascinant — et j’adore ça!

Je réalise aussi parfois quelques petits mandats en marge de celui-là — quand le temps le permet.

Comment je définis mon travail?

Spontanément, je dirais que ce qui définit le mieux mon travail, dans tous mes mandats, c’est:

  • une forme d’accompagnement;
  • à la fois pédagogique et politique;
  • fortement inspirée par le concept de zone proximale de développement;
  • qui vise généralement à rassembler les conditions nécessaires pour amorcer un changement de nature systémique;
  • et qui voit dans les technologies numériques de puissants outils pour transformer durablement la manière dont les gens et les organisations interagissent les unes avec les autres.

Quel sens je donne à mon travail?

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, c’est la volonté de participer concrètement à transformation de la société dans laquelle je vis qui est au coeur de tous mes engagements. Avec l’utopie comme source de motivation et le pragmatisme comme mode d’action.

Je crois que ce n’est pas décrire le monde idéal qui est le plus difficile, c’est d’initier un mouvement collectif et solidaire pour que tout le monde contribue, à sa manière, à la réalisation de cette vision.

Pour y arriver je pense qu’il faut toujours prioriser l’empowerment de toutes les personnes concernées (on a tous la capacité de contribuer), développer la confiance et combattre la peur, le cynisme et la résignation.

C’est quand je suis au cœur de cette dynamique que tout ce que je fais trouve le plus naturellement son sens.

C’est ce qui m’a amené à m’intéresser à la fois à l’éducation, à l’entrepreneuriat et à la politique.

Culture et numérique (2)

Je souhaite revenir quelques instants sur le texte que j’ai publié dimanche — et qui a suscité de nombreuses réactions au cours des dernières heures.

Ça va bientôt faire 25 ans que je travaille dans le domaine de la culture et du numérique. Ça me passionne toujours autant. Et je suis plus convaincu que jamais que la culture québécoise a tout à gagner dans le développement du numérique.

Mais on ne va quand même pas se mentir: j’ai eu plus souvent à affronter des réflexes conservateurs que des réflexes avant-gardistes au cours de toutes ces années.

Comme bien d’autres, j’ai dû apprendre à composer avec le fait que le milieu de la culture est un milieu prudent, qui préfère généralement un tiens à deux tu l’auras. Je sais que c’est un milieu qui défend plus spontanément ses acquis qu’il ne réclame des moyens pour explorer de nouvelles façons de diffuser ou de distribuer ses créations.

Dans ce contexte, je salue évidemment la campagne que la Coalition pour la diversité des expressions culturelles a mise en place à l’occasion de l’élection fédérale qui s’amorce. C’était important de le faire. Essentiel même.

Si j’ai écrit Culture et numérique, c’est parce qu’il m’apparaissait tout aussi important d’éviter que la campagne ne nourrisse indirectement les réflexes conservateur du milieu culturel. Parce que ce serait contreproductif.

La CDEC a raison de souligner que les pouvoirs publics ont le devoir d’intervenir pour assurer une meilleure distribution des revenus qui découlent de l’exploitation commerciale des productions culturelles.

Mais pour que cela soit entendu, je pense qu’il faut aussi dire, haut et fort, que c’est pour innover que le milieu culturel a besoin de plus de moyens, et que c’est aussi pour cette raison qu’il est nécessaire de mettre en place un nouvel environnement fiscal et réglementaire plus équitable pour tous les acteurs.

Il faut que ce soit très clair que les revendications qui sont mises de l’avant à l’occasion de la campagne électorale n’ont pas pour but de défendre le statu quo, les modèles économiques d’avant le Web et la belle époque où la culture évoluait dans un écosystème protégé par Ottawa.

Il ne faut pas hésiter à dire que dans une période de transformation comme celle que nous traversons, ce sont les acteurs qui font le choix d’innover qui méritent un soutien accru de l’État — pas ceux qui résistent au changement. Ça ne veut pas dire d’abandonner tout ce qui a été fait par le passé, au contraire, mais ça suppose d’accepter de le remettre en question.

Je suis convaincu que cet optimisme, cette volonté d’embrasser le numérique, est une condition essentielle pour que la population (et donc les hommes et les femmes politiques) portent attention à nos demandes… et qu’ils vont y répondre éventuellement de façon positive.