Réenchanter la politique

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L’auteur Yvon Rivard publiait une lettre coup de poing dans Le Devoir du 10 juin.

« Ce matin, je ne perçois plus que la face sombre du destin québécois (…) Je ne vois plus qu’un pays qui s’enlise dans l’insignifiance et l’incohérence…»

«La question que je me pose depuis des années et qui resurgit violemment ce matin est la suivante: comment se fait-il que le Québec des cinquante dernières années ait développé tant de compétences dans tous les domaines (artistiques, intellectuels, économiques, etc.), ait favorisé l’émergence d’une véritable conscience sociale, écologique, féministe, et que tout cela aboutisse à tant de médiocrité politique et morale?»

Le jugement est très dur. Mais je dois admettre qu’il me rejoint, moi, l’optimiste. Et ça fait mal. Ça me rappelle un peu Le Québec me tue d’Hélène Jutras, en 1994.

Mais comment reprocher à Yvon Rivard ce sentiment quand on voit l’actualité des dernières semaines? Pire: quand on constate l’outrecuidance du premier ministre, chef du Parti Libéral, qui s’entête à vouloir nous convaincre que ça ne va pas si mal. Et même que ça va bien.

C’est complètement ridicule, et c’est la cerise sur le sundae du désastre, mais ce n’est malheureusement pas tout.

Il y a aussi une forme de négligence de tous les autres partis politiques, qui contribuent à cette ambiance en s’enlisant, jour après jour, dans des jeux partisans qui ont maintes fois démontré leur insignifiance — et qui, dans les faits, ne font qu’entretenir le statu quo.

Quand je lis dans un article placé à la une du Devoir que «la campagne d’idées de Jean-François Lisée vient brouiller les cartes [dans la course à la chefferie au Parti Québécois]», je me dis que ça résume admirablement le malaise dans lequel nous sommes plongés: le vide.

Nous sommes devant un dur constat: au Québec, les calculs partisans ont depuis trop longtemps pris le dessus sur les idéaux… dont le monde politique devrait pourtant être l’indispensable porteur. Et ce n’est certainement pas le seul fait du Parti Québécois. C’est toute notre vie démocratique qui sombre trop souvent dans la mise en scène.

Il m’apparaît important de rappeler, à cet égard, un passage du texte d’Hélène Jutras:

«Il y a, bien sûr, des gens de mon âge que la politique enthousiasme. Je ne les comprends pas. Sur le plan théorique, oui, la politique m’intéresse, mais dans la pratique, la campagne électorale me fait bâiller. J’aurais une idée pour améliorer le tout: j’interdirais à tous les candidats de parler de leur adversaire pour le critiquer. Ils ne parleraient plus du tout. Car, à quoi bon critiquer l’autre, quand on pourrait parler des idées qu’on défend plutôt que de celles qu’on désapprouve?»

C’est une remarque qui me semble tout aussi pertinente, sinon plus, vingt ans plus tard. Et ce n’est pas étranger au choix que je fais aujourd’hui de m’accrocher, de toutes mes forces, à la possibilité de faire la Politique autrement. Ça me semble nécessaire pour ne pas sombrer dans le cynisme, pour pouvoir continuer à militer, comme président du Parti Québécois pour la circonscription de Jean-Talon et pour la région de la Capitale-Nationale. Parce qu’il faut continuer. Parce que c’est plus indispensable que jamais.

Je suis convaincu que ce n’est pas en faisant seulement un peu mieux, et même de façon beaucoup plus charismatique, le même genre de politique que nous avons fait depuis quinze ans que nous arriverons à obtenir des résultats différents. Il faut absolument remettre très clairement de l’avant nos idéaux, proposer des idées qui sortent des sentiers battus et donner forme à des projets concrets. On doit réenchanter la politique.

C’est une nécessité si on veut intéresser à nouveau celles et ceux, jeunes et vieux, ici depuis toujours et arrivés depuis peu, qui se sont désintéressé de la politique au fil des ans, notamment — il faut bien l’admettre — devant l’entêtement du Parti Québécois à ressasser d’inutiles débats sur le meilleur moment pour tenir un troisième référendum (qui ne sera pourtant jamais plus qu’un moyen pour conclure une démarche de rassemblement national autour d’un projet de société particulièrement ambitieux).

Pour se sortir du bourbier collectif décrit par Yvon Rivard, il faut que nous trouvions les moyens pour redonner confiance aux citoyens dans le monde politique. Il faut leur redonner le goût de s’y intéresser, et éventuellement de s’y engager.

Sans ça, on risque fort de continuer à s’enliser dans l’insignifiance et l’incohérence.

Le 7 juin, trois années et un ballon

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J’ai commencé à écrire ce texte dans le train Montréal-Québec. Mon iPhone m’indiquait que nous roulions à 145 km/h. Ça va vite. Mais ce n’est tellement rien. Tout va tellement plus vite que ça… surtout en politique!

La preuve, si on recule un peu:

7 juin 2015 — Il y a exactement un an. C’était jour d’élection partielle dans la circonscription de Jean-Talon. J’étais candidat. Mon principal adversaire était Sébastien Proulx, devenu ministre de l’Éducation depuis. Le travail de toute l’équipe nous avait permis d’obtenir un excellent résultat, en forte progression sur l’élection précédente, mais évidemment pas assez pour gagner. Pierre Karl Péladeau était fraîchement élu chef du Parti Québécois. Si, si, je vous assure, c’était il y a un an!

Et si on recule encore un petit peu plus:

7 juin 2014 — C’était jour de Conseil National des Présidents et des Présidentes du Parti Québécois, à Drummondville. Mon journal personnel indique: «Discours d’adieux très intelligent et très touchant de Mme Marois». Deux mois après une terrible défaite électorale (où j’étais aussi candidat) dont le parti n’a malheureusement pas encore tiré toutes les conclusions. Deux ans seulement… même si tellement d’eau a coulé sous les ponts depuis!

Retour vers aujourd’hui:

7 juin 2016 — aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le Parti Québécois est à nouveau plongé dans une course à la chefferie. J’ai passé la soirée à recueillir des signatures pour la candidature de Véronique Hivon. Cela m’a donné l’occasion de discuter avec pas mal de monde. Il est un peu passé 23h, je suis content. Notre mouvement est vigoureux.  Je pense que je peux le dire avec encore plus de confiance que l’an dernier à pareille date.

Je crois que les conditions d’une véritable refondation du Parti Québécois sont enfin réunies. Je l’espère. Sur quelles bases est-ce que ça va se faire? Je ne le sais pas encore. Je crois qu’il est encore beaucoup trop tôt pour le dire.

Plusieurs options s’offrent aux membres. Elles peuvent sembler bien différentes les unes des autres, mais au moins trois me semblent avoir un point commun important:

  • Alexandre Cloutier propose que le Parti Québécois continue dans la même voie, mais en faisant mieux;
  • Martine Ouellet propose de forcer le rythme en faveur de l’indépendance;
  • Jean-François Lisée propose plutôt de remettre prioritairement sur pied l’État québécois;

J’ai plus de mal à décrire la proposition de Paul Saint-Pierre Plamondon (s’il arrive à être candidat), parce que je ne le connais pas encore suffisamment.

De mon point de vue, aucune de ces propositions ne remet fondamentalement en question les dogmes autour desquels se déploie notre espace politique depuis quarante ans. Je pense qu’on pourrait aussi dire la même chose de la proposition de Nicolas Marceau, Alain Therrien, Mireille Jean et Catherine Fournier — mais j’ai besoin d’y réfléchir encore un peu avant de me faire une idée définitive à ce sujet.

J’ai l’impression que c’est comme si on jouait au ballon dans une cour d’école depuis tout ce temps et que, constatant que le jeu a perdu pas mal d’intérêt parce que ce sont toujours les mêmes qui gagnent, Alexandre, Martine et Jean-François se contentaient de proposer de changer les équipes de côté de terrain. Comme si ça pouvait modifier le résultat de la partie suivante.

Jean-François Lisée me répondrait probablement que mon analogie est injuste, parce qu’à la différence des autres, lui saura convaincre quelques joueurs de changer d’équipe pendant le déplacement et que cela lui donnera de meilleures chances de gagner. C’est peut-être vrai, mais ça ne me semble pas très stimulant comme stratégie.

Je trouve que la proposition de Véronique Hivon est radicalement différente.

Je pense que Véronique est celle qui a le mieux  compris que les résultats du jeu politique québécois sont devenus tellement prévisibles qu’il a perdu tout intérêt pour pas mal de monde. À preuve, il y a de plus en plus de joueurs qui choisissent de rester sur les lignes de côté et qui se contentent de crier de temps en temps.

C’est pour ça qu’il faut aborder les choses autrement, incarner une autre façon de faire la politique, réformer le système électoral, stimuler la démocratie locale,  favoriser la participation des citoyens, etc., sans jamais renier notre désir de faire du Québec un pays — parce que ce n’est pas une coquetterie, c’est une nécessité.

La proposition de Véronique ne consiste pas à changer l’heure du match, la couleur du ballon ou le côté de terrain occupé par chacune des équipes. Elle consiste à transformer le jeu pour qu’il favorise l’engagement d’un plus grand nombre de joueurs, pour leur redonner progressivement le goût de gagner… et de le faire avec nous!

C’est sans doute un peu plus abstrait au départ, un peu difficile à expliquer et un peu plus long à mettre en place, mais je pense que c’est une approche qui est à la fois plus stimulante et plus prometteuse si on veut vraiment sortir du cycle des défaites.

***

Le texte lu par Guillaume Vigneault à l’occasion de l’inauguration du local de campagne de Véronique Hivon s’inscrit, lui aussi, il me semble, dans cette perspective:

Y’a une photo, dans le fond d’une boîte… | 5 juin 2016

La dignité

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Le contraste est fort. L’un a tout, l’autre presque rien. À moins que ce ne soit le contraire.

Gaétan Barrette est riche. Il est en santé. Et il a du pouvoir. Un pouvoir dont il se sert de façon autoritaire en maniant plus souvent l’insulte que la raison. Patrick Lagacé trace son portrait dans La Presse.

Gaétan Trump | La Presse | 26 mai 2016

François Marcotte est pauvre. Son corps est malade. Tout est de plus en plus difficile pour lui depuis quinze ans. Isabelle Porter trace son portrait dans Le Devoir.

Recourir au socio-financement pour se laver | Le Devoir | 26 mai 2016

Pendant que le premier, puissant ministre, a choisi de r’virer de bord boutte pour boutte le système de santé québécois sans jamais porter attention aux critiques, le deuxième reçoit de moins en moins de soins.

Pendant que Gaétan parle de la santé et des services sociaux comme Kafka évoquait le Château, personne n’a le temps de laver le dos et les pieds de François plus d’une fois par semaine.

Pendant que le premier fait de la politique de la façon la plus indécente qui soit, le deuxième reste est un exemple de dignité. Regardez-le sur ces photos. Ce regard fier et déterminé c’est celui de mon ami.

Nous étions impliqués, François et moi, au Bureau d’Action et d’Information Politique au Cégep de Sainte-Foy il y a de cela… 25 ans! On a fait le party ensemble. On a ri comme des fous. On a jasé pendant des heures en marchant dans les rues de Sainte-Foy. On a refait le monde, plusieurs fois. On avait le même genre de vie. Le même genre d’intérêts. Puis la vie, dans toute sa cruauté, nous a fait suivre des trajectoires bien différentes.

Aujourd’hui François fait appel à moi. Il fait appel à nous. Il a besoin de 25000$ pour s’offrir des choses que la majorité d’entre nous tenons pourtant pour acquises: la propreté, la mobilité, des activités variées. Des moyens pour continuer d’être engagé dans la société aussi (surtout, peut-être).

Douches et kilomètres | François Marcotte | GoFundMe

J’ai évidemment fait une contribution à sa campagne de financement, au nom de toute la famille. Ça va de soi étant donnée la chance que nous avons. Mais je dois dire que je l’ai fait avec une bonne dose de colère et de honte.

Avec colère, parce que ce n’est pas vrai que le Québec n’a pas les moyens d’offrir de meilleurs soins à des personnes comme François. Ce n’est pas normal que je doive sortir ma carte de crédit pour qu’il ait accès à ce qu’il demande.

Je pense qu’il faut le dire franchement: si François fait appel au sociofinancement aujourd’hui, c’est parce que les gouvernements que nous avons élus dans les dernières années ont décidé qu’il y avait des choses plus importantes à faire avec notre richesse collective que d’offrir des soins de qualité à des gens comme lui. Et ça me choque, profondément.

De la honte aussi parce que malgré l’indéfendable attitude du ministre de la Santé, ce serait trop facile de lui faire porter seul la responsabilité de la situation.

Il faut être honnête: si les choses sont telles qu’elles le sont, c’est parce que nous préférons généralement ne pas les voir, parce que nous ne nous indignons pas, parce que nous ne protestons pas, parce que nous faisons preuve, comme citoyens, de beaucoup d’indifférence. Parce que nous sommes trop occupés à regarder ailleurs et parler d’autres choses.

***

Je connais assez François pour savoir qu’il n’a pas fait cet appel à tous pour se plaindre. Encore moins pour susciter la pitié. Il l’a fait, humblement, parce qu’il n’avait pas d’autres choix. Il ne l’a pas fait seulement pour lui non plus.

J’espère évidemment qu’il réussira à amasser tout l’argent dont il a besoin. Mais je sais que ce qu’il souhaite, plus que tout, c’est que son témoignage nous ouvre grand les yeux sur la situation de toutes celles et ceux qui partagent sa condition.

Je sais que François serait bien malheureux de savoir que j’en reste à la colère et à la honte. Il préfère assurément que je convertisse, comme il l’a fait, ces sentiments négatifs en gestes concrets pour que les choses puissent changer. Et c’est très certainement ce que je vais continuer de faire, notamment à travers mon engagement politique.

Merci François pour ce douloureux, mais combien inspirant, rappel.

Et bon courage pour la suite mon ami.

 

Photo: extrait d’une oeuvre cinétique de Humans Since 1982, vue à l’entrée du Cooper-Hewitt Museum en mai 2016.

Éviter le piège

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Je suis ravi par la direction que Véronique Hivon a donnée jusqu’à présent à sa campagne vers la chefferie du Parti Québécois. Elle fait ce qui est nécessaire pour qu’on puisse (enfin!) relancer le débat sur la question nationale sur de nouvelles bases. Et elle le fait avec un plaisir évident. Ça fait du bien!

Ce sont les forces du statu quo qui ont réussi à définir les termes du débat depuis plus de vingt ans: en imposant des thèmes, en faisant tout tourner autour de la tenue d’un référendum et canalisant tous les débats dans la sphère partisane. On a déjà joué dans ce jeu-là. Et on a appris que les dés y sont pipés. Je ne comprends pas que certains aient encore envie de s’y engager.

Il faut éviter ce piège. Il faut remettre la question de l’avenir du Québec dans les mains de la population québécoise. Et, pour ça, il m’apparaît nécessaire de revoir le mode de scrutin, le rôle de député, la pratique parlementaire et de créer de nouveaux espaces de démocratie. L’assemblée constituante en est un bel exemple.

Véronique Hivon promet une grande réforme démocratique | L’action | 24 mai 2016

Hivon propose une assemblée constituante | Le Devoir | 25 mai 2016

Je suis profondément convaincu qu’un programme comme celui-là menace bien plus le statu quo que tous les discours qui s’inscrivent dans le paradigme référendaire, même les plus enflammés et les plus pressés. Ceux qui ont un intérêt dans le régime fédéral actuel ont démontré qu’ils savent très bien comment gérer un parti politique indépendantiste qui réserve son action pour les travaux de l’Assemblée nationale — à plus forte raison quand il est occupé à gérer les affaires de l’État. Ce sera pas mal plus compliqué pour eux de contrôler un mouvement citoyen qui aspire à l’émancipation.

Le texte de Claude Castonguay publié dans La Presse d’hier me semble très révélateur à cet égard: certains sentent déjà le besoin de nous ramener sur le terrain de jeu où ils savent comment gagner. «Si les candidats à la direction croient vraiment dans l’option de l’indépendance, ils doivent (…) s’engager à tenir dans un délai d’un an un référendum sur l’indépendance». Eh bien non, justement. Merci de nous avoir présenté aussi clairement le piège à ours. Je préfère personnellement emprunter le sentier qui permet de le contourner.

Après ce début de campagne marqué par des engagements forts en faveur d’une démocratie plus vivante, j’espère que Véronique Hivon pourra maintenant s’engager sur la même voie pour parler d’économie. Parce qu’il y a beaucoup à faire, là aussi, si on veut redonner confiance à la population.

Il faut éloigner l’idée que l’économie est quelque chose qu’on devrait subir, contre quoi on ne pourrait presque rien et à quoi il faudrait docilement s’adapter. Il faut rappeler que l’économie est un des plus puissants leviers pour accéder à la liberté — tant au plan individuel que collectif. Il faut en parler avec enthousiasme et ambition. Avec un préjugé favorable pour l’innovation aussi.

C’est d’autant plus vrai à cette époque où les technologies numériques sont en train de transformer très rapidement et en profondeur l’économie du Québec. Si on ne s’approprie pas ces leviers maintenant et qu’on les abandonne aux mains des gigantesques multinationales qui sont en train de prendre forme et qui tentent d’imposer leurs règles, on risque de se retrouver rapidement devant le constat que l’idée même de souveraineté nationale nous aura peut-être échappée.

Si l’avenir du Québec passe par une démocratie plus vivante, il passe aussi par une économie plus innovante et plus vigoureuse, qui devra être portée par une culture entrepreneuriale de plus en plus forte.

Photo: Blossom, de Stanford Biggers, vu au Brooklyn Museum.

Lire aussi, en rapport avec la course à la chefferie:

En finir (d’abord) avec le fatalisme

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Ma fille aînée aura 20 ans au moment de la prochaine élection au Québec. Mon fils aura 18 ans. Tous deux exerceront donc pour la première fois leur droit de vote à des élections provinciales. Leurs groupes d’amis aussi.

Partant de l’hypothèse que c’est autour de 15 ans qu’on commence à s’intéresser davantage à la chose politique, je me suis interrogé sur ce qu’ils auront eu comme expérience de la politique québécoise. À partir de quels événements auront-ils construit leur conception de l’utilité de la politique et des raisons de s’y intéresser (ou pas)? De l’intérêt de faire du Québec un pays, aussi, évidemment.

Il y aura eu:

  • Le printemps érable — et le refus du gouvernement d’entrer en dialogue avec les jeunes.
  • La fragilité du gouvernement minoritaire de Pauline Marois.
  • Les audiences de la Commission Charbonneau et toutes les allégations associées.
  • La création d’une escouade anticorruption et l’entrée de ce mot dans le vocabulaire courant des médias.
  • Les démissions et arrestations de maires, de députés et d’autres personnalités politiques influentes.
  • Des compressions budgétaires à répétition, notamment en éducation.

En remontant un peu dans le temps, à partir du même raisonnement, je réalise que ceux et celles qui sont nés après 1981 ont connu leur éveil politique après l’arrivée du gouvernement de Lucien Bouchard, en 1996.

Il n’ont donc vécu que sous le dogme du déficit zéro — c’est-à-dire dans une époque où les gouvernements ont généralement pour rengaine: «on fait ça parce qu’on n’a pas le choix, parce qu’il faut réduire le déficit ». Pour ces jeunes, la politique est un espace où le fatalisme règne en maître.

Pour ces jeunes, la politique est un monde où ce qui a été créé pour eux est sujet à être démantelé — avant même que leurs enfants ne puissent à leur tour en profiter.  Ma plus grande a été parmi les premières à être inscrites dans un CPE. Elle entend depuis quelques mois que c’était un projet trop ambitieux, dont le Québec n’aurait pas les moyens.

Ces jeunes ont aussi grandi à l’ombre de l’influence croissante des multinationales, notamment celles de l’économie numérique. Ces entreprises sont devenues tellement géantes qu’on prétend aujourd’hui qu’elles échappent au contrôle des États. De Seattle à Paris, en passant par Québec, aucune mobilisation citoyenne ne semble avoir d’effet sur cette perte de contrôle. Il faudrait aussi s’y faire.

Leur expérience de la politique est tout le contraire de celle que j’ai eue avant de voter pour la première fois, en 1994 — année de l’élection de Jacques Parizeau. Une période où il était permis d’avoir de l’ambition, où la politique était un monde de possibles.

Je pense qu’il faut retrouver cette énergie avant de penser faire un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec.

Il faut d’abord rompre avec la culture politique actuelle et le cynisme qui l’accompagne.

Il faut en finir avec le fatalisme.

C’est pour ça que je pense qu’on devrait proposer aux Québécois un très vaste chantier de refonte de notre vie démocratique, lors de la prochaine élection: refonte du mode de scrutin, vaste décentralisation, référendums d’initiatives populaires, introduction de processus de révocation des élus, réduction de la ligne de parti, etc.

Parce qu’il faut, par tous les moyens:

  • rapprocher le pouvoir des citoyens;
  • redonner un sens à l’engagement social;
  • offrir de nouvelles raisons de croire dans l’efficacité de l’action politique.

Il me semble que ce sera pas mal plus facile de convaincre les gens — et en particulier les jeunes! — de l’utilité de faire du Québec un pays, s’ils sont convaincus qu’ils auront une influence réelle sur la forme que prendra ce nouveau pays et sur la conduite des affaires de ce nouvel État.

Parce qu’au fond, pourquoi on ferait du Québec un pays si c’est pour élire des gouvernements (ou même de super bons gouvernements) qui, une fois élus, passeront leur temps à dire qu’ils n’ont pas le choix. L’avenir de la nation québécoise n’est pas dans le plus à gauche, ou dans le plus à droite, mais bien dans le plus de pouvoir pour les citoyens.

Prochaine étape, donc, dans la marche pour faire du Québec un pays: en finir avec le fatalisme. C’est indispensable, même si ça prendra vraisemblablement  un peu plus de temps que les déjà convaincus par l’indépendance pourraient le souhaiter.

 

Lire aussi:

 

Le changement commence par nous-mêmes

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Je l’ai dit hier: je ferai campagne aux côtés de Véronique Hivon dans la course à la chefferie du Parti Québécois. Parce que je crois que le Québec a besoin d’un profond changement de culture politique. Parce que ce changement est absolument nécessaire si on veut réussir à faire du Québec un pays.

Pour un changement de culture politique | 14 mail 2016

Sauf que ce n’est pas assez de demander un changement de culture politique. Pour que le changement soit possible, il faut en être nous-mêmes partie prenante. C’est une condition pour la cohérence de notre discours et de nos actions. Et donc de notre réussite.

Si on dit qu’il faut:

  • Redonner du pouvoir aux citoyens;
  • Valoriser la parole publique;
  • Changer la dynamique de confrontation;
  • Réduire la ligne de parti;

Et, plus généralement, qu’il faut se concentrer sur les solutions au lieu de chercher constamment à trouver la faille permettant de ridiculiser l’adversaire.

Alors il faut faire campagne en conséquence.

Ça ne veut pas seulement dire de respecter les adversaires ou d’être plus gentils ou amicaux. Cela veut surtout dire qu’il faut arriver à rester calmes, rigoureux et exigeants.

Par conséquent, la précipitation, la logique des rapports de forces, la polarisation, les gestes de pure partisanerie et les techniques de spin dans les médias et les médias sociaux sont des pièges qu’il serait préférable d’éviter. Tout cela brouille notre message — notre appel au changement de la culture politique.

Pour cette raison, j’invite toutes celles et ceux qui croient dans la priorité de ce changement à ne pas se limiter à partager ou de retwitter les messages de campagne de Véronique. C’est en ajoutant au moins un petit mot qui explique pourquoi vous relayez ces messages que vous participerez le plus activement au changement. Se contenter de faire du spin, c’est entretenir le système qu’on souhaite voir changer.

Écrire un court texte, passer un coup de fil à un ami ou prendre votre carte de membre du Parti Québécois pour être en mesure de voter pour Véronique sont tous des gestes encore bien plus puissants que dix, vingt ou même cent clics sur j’aime, partager, ou retweeter.

Si vous souhaitez contribuer au changement: prenez la parole. Exprimez-vous. Dites ce qui est important pour vous. Quel pays vous souhaitez voir naître. Ne vous contentez pas de relayer les idées des autres, même si ce sont celles de Véronique. N’attendez pas non plus de savoir ce qu’elle pense. Dites ce que vous pensez.

Après tout, on n’est pas obligés de tous penser pareil pour travailler ensemble.

C’est même ça la clé du changement.

 

Lire aussi:

Pour un changement de culture politique

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Je croyais, profondément, qu’il fallait qu’il y ait une course à la chefferie du Parti Québécois. Avec l’arrivée d’Alexandre Cloutier dans la course, on en a maintenant officiellement une. Et si on se fie aux rumeurs, il y aura probablement un ou deux autres candidats. C’est encore mieux.

Une course à la chefferie est toujours un exercice très particulier. D’une part parce qu’on est, comme militant, forcément d’accord avec la très grande majorité des propositions de l’ensemble des candidats. Et d’autre part, parce que les camps opposent, pendant un temps, des alliés d’hier et de demain.

J’ai beaucoup écrit sur ce blogue à la suite du départ de Pierre Karl Péladeau. Puis j’ai fait une pause de quelques jours parce que j’ai senti les esprits s’échauffer (y compris le mien) — comme aspirés par une sorte de frénésie partisane, à mesure que les différents camps se mettaient en place. Attention, danger.

Je me suis levé tôt ce matin. Pour repenser calmement à tout ça. Prendre un peu de recul.

J’ai lu les journaux. J’ai été ravi de voir qu’Alexandre, comme Véronique, a réussi à éviter le piège du calendrier référendaire lors de son lancement. Ouf! J’ai aussi été touché par le témoignage du député de Sherbrooke et ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, dans La Tribune (je trouve le titre de l’article sur le Web déplorable, je lui préfère donc le titre de l’édition imprimée dans Le Soleil).

Un ministre au bout du rouleau | La Tribune/Le Soleil | 14 mai 2016

Et c’est devenu soudainement très clair pour moi: l’enjeu déterminant dans cette course à la chefferie, c’est la sorte de culture politique qu’on souhaite voir guider notre vie démocratique. Ça fait tellement longtemps que je le crois!

En 2003, je me suis réjoui sur ce blogue du choix du député Sylvain Pagé de rompre avec la mise en scène des démonstrations partisanes à la période des questions.

Le député qui n’applaudit pas | 28 septembre 2003

En 2005, exaspéré par le contexte politique, j’ai osé proposer un manifeste pour l’indépendance politique, où je faisais du voeu de proximité la clé d’une autre façon de vivre la politique.

Ébauche d’un manifeste | 23 mai 2005

En 2011, j’ai dévoré le manifeste de Sylvain Pagé en faveur d’une nouvelle culture politique. Je l’ai redécouvert dans les dernières heures avec une immense satisfaction. Je vous invite d’ailleurs à le lire, parce qu’il y a là beaucoup de matière à réflexion: sur la politique, bien sûr, mais aussi sur les médias et sur notre propre rapport, comme citoyens, à tout cela.

Manifeste pour une nouvelle culture politique | Sylvain Pagé | 2011

Et mardi dernier, j’ai spontanément écrit le paragraphe suivant en réponse à l’interpellation d’un ami:

Je pense que tout ce qui est de nature à redonner du pouvoir aux citoyens, qui leur permet de se prendre en main, d’avoir confiance en eux (et au fait que l’État ne les laissera pas tomber s’ils sont dans le besoin) et, surtout, de sentir qu’ils ont prise sur leur destin, nous rapproche du jour où nous aurons un pays. Tout ce qui va dans le sens contraire nous en éloigne. 

Une affaire de confiance (et de retroussage de manches) | 10 mai 2016

Tout ça va dans le même sens.

Et ce sens là, c’est celui de la proposition politique que porte Véronique Hivon dans la course à la chefferie du Parti Québécois. L’appui que Sylvain Pagé a offert à sa candidature est, à cet égard, un élément très important à mes yeux.

Je pense qu’on n’arrivera jamais à faire du Québec un pays si les citoyens n’ont pas, individuellement et collectivement, une beaucoup plus grande confiance en eux. Et pour ça, je pense qu’il est indispensable de changer notre culture politique. Je pense que ce sont les mécanismes politiques autour desquels s’articulent nos débats qui constituent les plus grands obstacles à l’indépendance du Québec.

J’ai, avec cette course, un rendez-vous avec mes convictions les plus profondes.

C’est pour cette raison que je vais faire campagne aux côtés de Véronique.

 

Lire aussi:

Une affaire de confiance (et de retroussage de manches)

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(Texte écrit en réponse à cette lettre de mon ami Mario)

Salut Mario,

J’ai été ravi de constater que mon texte d’hier t’avait donné envie de réagir. Tu vois, ce n’est pas de la frime quand je dis que je souhaite des débats. Il faut des débats vigoureux au sein de mon parti, bien sûr, mais d’autres aussi, beaucoup plus largement, au sein de la société québécoise. Parce que je pense qu’on est d’accord sur un constat important toi et moi: si rien ne change, le Québec va poursuivre sa trajectoire vers une impasse aussi inévitable que prévisible.

C’est d’ailleurs pour ça que les textes des chefs d’Option nationale et de la CAQ, m’ont fait réagir hier soir. Parce que je suis convaincu qu’il faut qu’on se parle et que de profiter de la première occasion pour se fermer la porte sur les doigts ne nous fait pas avancer dans la bonne direction. Je crois au dialogue qui va rendre possible convergence des forces souverainistes et je crois également à un dialogue, tout aussi nécessaire, entre le Parti Québécois et la CAQ.

Tu me dis dans ta lettre que tu souhaites qu’il y ait des débats de fond au Parti Québécois (ce que je mettais en doute dans mon texte) «mais que si c’est comme d’habitude, on va continuer de tourner autour du même sujet sans être clair.» Tu ajoutes qu’à défaut de clarté (sur la question nationale) tu crains que le Parti Libéral puisse encore nous définir comme le parti des référendums en 2018 et possiblement gagner l’élection sans même devoir expliquer la vision du Québec qui l’anime. Je doute un peu que cela t’attriste vraiment (sinon comment comprendre tous les efforts que vous mettez à entretenir, vous aussi, cette image ?), mais je suis tout de même d’accord avec toi sur le risque que ça représente.

Alors, quoi faire pour éviter ça ? Ben être franc et honnête, quoi d’autre ? C’est la seule façon de faire de la politique qui m’intéresse, de toute façon. Le défi avec ça c’est que parfois la réalité franche et honnête, c’est que ce n’est vraiment pas encore tout à fait clair. Comme c’est le cas, je pense, en ce début de course à la chefferie… qui n’était absolument pas prévue il y a à peine dix jours.

Je comprends que les journalistes (et les adversaires politiques) aimeraient obtenir des candidates et des candidats des réponses « par oui ou non » (ou mieux : une date précise pour le prochain référendum !), mais il va probablement falloir qu’ils acceptent que ce ne sera pas immédiatement le cas. Les réponses des candidates et des candidats doivent évidemment être franches, claires, et aussi directes que possible, mais ça ne m’apparaît pas dramatique qu’elles laissent place à un peu de flexibilité. Il en sera bien sûr tout autrement à l’élection de 2018.

Là, je t’entends déjà me dire que c’est bien beau tout ça, « mais toi Clément, qu’est-ce que tu en penses? Qu’est-ce que tu aurais répondu à la place de Véronique Hivon au micro de Paul Arcand? »

Je ne sais pas ce que j’aurais répondu « à la place de Véronique Hivon » — parce que je n’aspire pas à être chef du Parti Québécois et je ne connais pas toutes les contraintes associées à cette ambition. Mais une fois que j’ai dit ça, je peux te dire que ma conviction (personnelle, donc), c’est que pour convaincre les Québécois de s’offrir un pays, il faut d’abord leur redonner confiance en eux-mêmes. Il faut qu’ils sentent que tout ne se décide pas sans eux, sous le contrôle de l’État ou de multinationales dont l’influence échapperait à toute forme de contrôle. Il faut que les citoyens sachent qu’ils peuvent prendre des initiatives, et que c’est la somme de ces initiatives qui contribueront à définir ce pays — pas des décisions prises à leur insu.

C’est pour ça qu’il faut repartir de la base, localement, des groupes, des communautés, des petites et des moyennes entreprises. Il faut parler au monde. Il faut faire de l’éducation une priorité absolue. Il faut simplifier l’administration de l’État pour la rapprocher des gens, éliminer les réglementations inutiles ou désuètes, stimuler l’entrepreneuriat, offrir de meilleures protections aux gens vulnérables, assurer la solidarité des uns et des autres, redonner sa place à la culture. Il faut repartir des aspirations des gens et refaire la démonstration qu’il sera plus facile de les réaliser dans un Québec Pays que dans un Québec Province. Est-ce que ma réponse est assez claire?

Je pense que tout ce qui est de nature à redonner du pouvoir aux citoyens, qui leur permet de se prendre en main, d’avoir confiance en eux (et au fait que l’État ne les laissera pas tomber s’ils sont dans le besoin) et, surtout, de sentir qu’ils ont prise sur leur destin, nous rapproche du jour où nous aurons un pays. Tout ce qui va dans le sens contraire nous en éloigne.

Il faut évidemment que je reconnaisse que c’est tout un programme que je décris là, et que ça va vraisemblablement prendre des années pour y arriver. Ce n’est pas une mince affaire, mais c’est un maudit beau défi. Très concret.

Dans ce contexte, est-ce qu’il y aura un référendum avant 2022 ? Très franchement, moi, personnellement, ça ne m’embête pas du tout de dire que non, il n’y en aura pas. On a beaucoup trop de travail à accomplir dans la structuration du projet d’indépendance avant que ça devienne possible de le soumettre formellement aux Québécoises et aux Québécois d’ici là. Voilà. C’est dit.

Est-ce que Véronique Hivon, ou d’autres candidats diront autre chose ? C’est possible. Et ça ne me dérange pas. Je n’ai pas besoin d’être d’accord sur tout avec quelqu’un pour travailler avec elle ou avec lui (et c’est bien ce qui me permet de croire qu’il serait même possible de travailler avec la CAQ sur de nombreux sujets, s’il y avait un tant soit peu de volonté de part et d’autre).

Une chose est certaine toutefois: ce n’est certainement pas en mettant le projet d’indépendance en veilleuse qu’on va y arriver. C’est seulement en en parlant, tous les jours, calmement, qu’on va pouvoir y arriver. Ce n’est pas parce qu’on en fait une obsession qu’on doit en parler tous les jours mais parce qu’on estime que c’est profondément structurant pour le développement de la société québécoise, et de chacun des citoyens qui la composent.

Mettre de côté la question de l’indépendance le temps de régler d’autres choses, comme la CAQ le propose, c’est demander aux citoyens du Québec d’accepter encore longtemps qu’il y a des pans entiers de leurs vies qui leur échappent. C’est leur demander d’accepter que d’autres soient plus aptes qu’eux-mêmes à décider de ce qui est bien pour eux. Je n’ai pas le goût de ça moi. Je veux que le parti politique au sein duquel je milite porte un projet qui met au coeur de son projet le développement de la confiance en soi de chacun des citoyens, en toutes circonstances.

C’est ça qui doit guider les propositions que le Parti Québécois doit soumettre à la discussion au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Elles seront nombreuses, ne t’en fais surtout pas pour ça.

Le pays imaginaire auquel tu fais référence Mario, ce n’est pas le Québec pour lequel des millions de Québécois sont prêts à se retrousser les manches, c’est le Québec-fort-dans-un-Canada-Uni que la CAQ nous fait miroiter… en omettant d’évoquer toutes les renonciations qu’il suppose.

Je vais te donner raison sur une chose en terminant, cher ami. Tu as raison de me suggérer de laisser faire François Legault et Sol Zanetti. Ce n’est pas aux partis politiques ou à leurs représentants officiels qu’on doit s’adresser ou accorder le plus d’attention par les temps qui courent, c’est aux personnes qui, individuellement, sont préoccupées par la mauvaise posture dans laquelle se retrouve leur pays.

C’est dans cet esprit que j’ai rédigé cette réponse, et qu’on pourra poursuivre le dialogue.

Amitié réciproque,

Clément

 

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Débattre c’est (re)prendre des forces

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J’ai été en réunion une bonne partie de la journée. Je n’ai donc pas pu suivre à la minute près l’annonce de Véronique Hivon cet après-midi.

À 18h j’embarque dans le train à Montréal pour revenir à Québec. J’accède au réseau, j’ouvre Facebook et qu’est-ce que je vois?

  • Sol Zanetti qui dénonce avec force le manque de courage de Véronique Hivon qui ne s’est pas engagé à réaliser l’indépendance dans un premier mandat. (source)
  • Et François Legault qui nous refait le coup de l’obsession du PQ pour un référendum alors qu’il est le premier obsédé par cette idée à laquelle il s’accroche comme à une bouée. Make Quebec Great Again, propose-il, l’air gaillard, bien installé sur le dos d’une licorne. (source)

La campagne n’est même pas commencée que l’artillerie se déchaine.

Je m’interroge.

Certains diront que c’est de bonne guerre. Mais là, non. Je ne suis pas d’accord. Je pense que ça relève du pur aveuglement partisan. Rien à voir avec l’intérêt public et le sain débat démocratique. C’est de la pure partisanerie.

C’est moi le meilleur. Ne l’écoutez pas! Ni celui-ci ni celle-là… bla bla bla… c’est moi qui ai raison. Inutile de l’écouter, il/elle dit n’importe quoi. Surtout, ne l’écoutez pas, ça pourrait changer votre opinion!

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Ne cherchez pas pourquoi ça va mal!

Franchement. C’en est même presque drôle.

La sortie de Sol Zanetti, quelques heures à peine après la candidature de Véronique Hivon, est tout à fait inutile. À plus forte raison quand il s’agit de taper sur une des figures emblématiques de la convergence des forces souverainistes. N’en déplaise aux plus pressés, le mouvement souverainiste est un mouvement pluriel au sein duquel il est contreproductif d’adoper un discours aussi pontifiant. Le débat n’est pas malsain, c’est une force. Il ne faudrait pas perdre de vue que nous sommes tous ensemble dans cette lutte que nous croyons essentielle. Inutile de chercher à avoir raison. C’est le résultat qui compte.

Quant à François Legault qui nous chante une fois de plus les charmes d’un monde idéal où les demandes du Québec trouveraient soudainement un accueil favorable du gouvernement fédéral (sans jamais dire comment il ferait pour retourner ainsi le cours de l’histoire), il sait très bien qu’on a déjà joué dans ce film-là. Stéphane Gobeil le sait aussi.

S’il est vraiment guidé par l’intérêt supérieur du Québec comme il le prétend, le chef de la CAQ devrait reconnaître qu’il est souhaitable qu’il y ait un véritable débat au sein du Parti Québécois au cours des prochains mois, plutôt que de se lancer dans une campagne de dénigrement ultra-intéressée.

* * *

Il y a manifestement des gens qui craignent que le Parti Québécois redevienne une véritable force politique.

L’après-midi m’a fait réaliser à quel point il y a des gens qui n’ont pas intérêt à ce que les militants du Parti Québécois brassent des idées et arrivent enfin à poser autrement les bases d’un véritable débat sur l’avenir de notre société, de nos institutions et de notre avenir national.

Je prends ça comme une nouvelle preuve que c’est plus que jamais nécessaire de le faire.

Alors à tous les futurs candidats à la chefferie: merci d’être là!

 

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Des sujets qu’il ne faudrait pas éviter

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C’est donc un peu avant ou un peu après le 1er octobre que le Parti Québécois aura un ou une nouvelle chef. À deux ans des prochaines élections.

Cela veut dire qu’on s’apprête à vivre presque six mois de débats intenses dans le but de choisir qui dirigera le parti. Ils seront suivis d’environ huit mois de travaux dans les différentes instances du parti, afin de redéfinir son programme qui devra être adopté lors du congrès, probablement en juin 2017 (je souhaite qu’il ne soit pas retardé). Toute une année, donc! Je l’aborde avec un grand enthousiasme.

On discutera de bien des sujets au cours de l’année et je pense, comme je le disais hier, qu’il faut plus que jamais nous montrer ouverts aux idées qui dérangent. Ce sont elles qui nous feront le plus avancer.

Il y aura évidemment des sujets obligés, incontournables. L’éducation et l’environnement en feront partie. La stratégie qui pourra nous mener à l’indépendance aussi.

Mais il y a aussi des sujets qui sont susceptibles d’être négligés, pour toute sorte de raisons. Ce serait pourtant une erreur de ne pas les aborder franchement.

Quelques-uns de ces sujets me viennent à l’esprit ce matin. Je les pose ici avec l’idée d’y revenir — et pour inviter les éventuels candidats et candidates à s’exprimer à leur sujet.

L’influence, profonde, des technologies numériques sur l’avenir du Québec (et sur l’idée même de souveraineté nationale)

Il ne fait pas de doute que le numérique est en train de transformer le Québec. La classe politique en parle pourtant très peu et quand elle le fait, c’est généralement dans des termes très généraux, pour évoquer des opportunités.

Il n’y a toutefois pas que ça. Les défis posés par le numérique sont aussi nombreux: fractures entre les générations, entre les régions, entre les riches et les pauvres, nombreuses législations désuètes (notamment par rapport aux lois du travail, à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée), des secteurs industriels entiers mis à mal, influences croissantes de gigantesques consortiums internationaux qui semblent échapper aux contrôles étatiques (UberX, AirBnB, etc.) ne sont que des symptômes de changements beaucoup plus profonds. Qu’avons-nous à dire à ce sujet? Et comment cela affecte peut-être même l’idée qu’on se fait de l’indépendance?

L’identité québécoise, sa définition, la manière d’en assurer l’épanouissement

Inutile de se le cacher, notre parti est encore traumatisé par le débat sur la Charte des valeurs. Les raisons sont diverses. Il faut avoir le courage d’aborder franchement ce malaise. On ne doit pas éviter le débat sur l’identité québécoise (et en particulier sur la place des cultures autochtones dans cette identité puisque nos sorts sont liés).

Il est indispensable d’avoir les idées claires à ce sujet. Quelle identité? Elle-même composée de quelles identités? Quels moyens pour leur permettre de s’épanouir. Comment on peut aborder les questions associées en reconnaissant les réalités très différentes de Montréal, de la Capitale-Nationale et des autres régions du Québec?

Et si, au lieu (ou en plus?) d’une Charte, c’était en fournissant beaucoup plus de moyens aux artistes et aux créateurs pour témoigner de la réalité du Québec d’aujourd’hui à travers leurs écrits, leurs chansons et leurs films qu’on pouvait le mieux contribuer à l’épanouissement de l’identité québécoise?

Le rôle de l’état, la nature et la forme de ses interventions

Le gouvernement actuel est en train de mettre à mal toute la structure de l’État québécois. En abandonnant des secteurs d’interventions, en retournant des responsabilités à Ottawa, etc. Il serait facile de se contenter de promettre de rebâtir tout ça — de tout remettre en place. On doit avoir plus de courage et d’ingéniosité que cela.

Quelle forme d’État proposerons-nous en 2018? Un État qui intervient prioritairement par des règlements, des sanctions et des taxes? Ou un État qui pose des gestes incitatifs, qui stimule l’entrepreneuriat et qui réserve ses interventions les plus directives au domaine de la solidarité.

Le Parti Québécois est un parti indépendantiste et social-démocrate, bien sûr. Mais est-ce qu’on est bien certain d’entendre la même chose quand on parle d’indépendance et de sociale-démocratie, en 2016?

Il ne faudrait pas passer à travers les douze prochains mois sans s’en être bien assuré.

 

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Les idées qui dérangent

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Les journaux de ce matin regorgent évidemment d’analyses sur l’invraisemblable actualité politique de la semaine. Du meilleur et du pire.

J’en retiens un qui me semble particulièrement important. Il est signé par Léo Bureau-Blouin et Jocelyn Caron, dans Le Devoir.

Une « primaire ouverte », la meilleure des approches | Le Devoir | 7 mai 2016

Je ne suis pas certain de partager l’enthousiasme des auteurs pour une «primaire ouverte», du moins pas à ce stade. Mais on peut certainement en débattre. J’ai décrit hier ma vision de la forme que devrait adopter la course à la chefferie.

Une course innovante svp! | 6 mai 2016

Le texte de Léo Bureau-Blouin et Jocelyn Caron a néanmoins le mérite de poser clairement la nécessité absolue pour le Parti Québécois de sortir des sentiers battus, en acceptant de se remettre profondément en question. Il faut plus que jamais être ouvert aux idées qui dérangent. C’est celles qui nous feront le plus avancer. Si cette course n’est qu’un concours de popularité, on aura tout bonnement choisi d’aller tout droit dans le mur.

Les auteurs du texte s’interrogent:

Une réforme du mode de scrutin doit-elle être promue [par le Parti Québécois]?

Je dis bien sûr! Le parti devrait s’engager formellement, à ce que le système uninominal à un tour soit abandonné dès un premier mandat. Que l’élection de 2018 soit la dernière dans ce système. Et pour être crédible, il faut proposer sans tarder une démarche limpide en ce sens. Je préparais la semaine dernière, avec quelques collègues présidents de circonscription, un lettre d’opinion très concrète à ce sujet. La semaine n’aura pas été propice à sa publication, mais ça viendra plus tôt que tard.

Les auteurs poursuivent:

Quant à la question nationale, doit-on se hâter de répéter une troisième fois le même scénario et espérer un résultat différent? Comment évoluer sur un terrain politique que la Constitution de 1982 a contribué à façonner à notre désavantage? Comment, tout simplement, commencer à progresser sur ce front?

Je me réjouis en constatant que la question est déjà pas mal mieux posée ainsi que nous avons pu le faire au cours des derniers mois. Il faut, en effet, prendre acte du contexte et proposer une voie alternative à la stérile opposition entre les «pressés et les pas pressés». Il faut trouver le moyen de formuler des propositions qui permettront au Québec d’avancer avec une détermination renouvelée sur la voie de l’indépendance, sans pour autant sacrifier notre lucidité dans un élan d’aveuglement partisan.

À cet égard, il faut d’ailleurs bien méditer la conclusion de la chronique de Michel Hébert, ce matin, dans Le Journal de Québec:

…les Québécois n’ont pas envie de réécouter les 50 nuances de la démarche péquiste vers l’indépendance. Non pas qu’ils s’opposent au projet de pays, mais la fatigue finit par gagner les meilleurs… 

* * *

Une petite note en terminant. J’ai constaté à nouveau au cours des derniers jours à quel point les nuances se perdent parfois dans le feu de la couverture médiatique.

C’est ainsi que sous la plume et au micro de plusieurs journalistes et chroniqueurs, la démarche du PQ de Jean-Talon pour inviter Véronique Hivon à se lancer dans la course à la chefferie s’est transformée en appui formel à sa candidature. C’est le genre de raccourci qui m’apparaît déplorable pour la qualité du débat public, mais qui ne me surprend pas outre-mesure. Je pense qu’il faut l’accepter.

Cela ne me découragera certainement pas de continuer de m’exprimer fréquemment dans la course à venir. Je compte être très actif dans cette campagne et bien faire entendre les préoccupations de la Capitale-nationale. Je compte également continuer à faire preuve d’esprit critique même lorsque j’aurai éventuellement confirmé un appui formel à un candidat ou à une candidate.

Je peux d’ailleurs dire dès maintenant que la capacité de composer avec des points de vue divergents, et de pouvoir bâtir des consensus à partir de cette diversité, est un élément très important dans ma courte liste de critères pour le choix du prochain chef du Parti Québécois.

 

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Une course innovante svp!

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Maintenant que les risques d’un couronnement ou d’un conclave des députés semblent écartés, je prends quelques instants pour réfléchir à la forme que devrait prendre la course à la chefferie — en espérant alimenter les travaux du Conseil exécutif national du Parti Québécois qui se réunira ce soir pour en discuter.

Comme pas mal tout le monde semble s’entendre sur le fait que la course devrait être beaucoup plus courte que la précédente, je ne m’étendrai pas sur le sujet. Je pense qu’il faut que fin septembre, début octobre tout au plus, nous ayons un ou une nouvelle chef.

C’est plutôt le cadre dans lequel les candidats et candidates seront invités à démontrer leur capacité de leadership qui m’intéresse. Et quelle forme de leadership nous souhaitons mettre particulièrement en valeur au cours de l’exercice.

J’observe que cela fait plusieurs années que l’idée de «faire de la politique autrement» est omniprésente dans notre mouvement politique. Les personnes dont les noms sont actuellement évoqués pour briguer la chefferie ont toutes d’ailleurs exprimé cette prétention d’une manière ou d’une autre.

Je crois qu’il nous faut donc prévoir une course qui leur permettra de démontrer leur capacité d’incarner réellement une nouvelle façon de faire de la politique. Et non pas seulement l’habileté d’en parler.

Or, la formule classique des débats sur une scène devant les caméras est clairement insuffisante pour ça. Cette épreuve est le plus souvent inutilement manichéenne et permet surtout de démontrer la capacité d’un candidat à polariser les débats, voire à diviser l’assistance. C’est une compétence qui est bien sûr parfois nécessaire en politique, mais elle est certainement insuffisante pour se révéler un grand leader. Particulièrement dans un contexte où il apparaît important de pouvoir rassembler bien au-delà des limites de notre seule formation politique.

Je propose donc qu’en plus des inévitables débats qui devront être prévus à Montréal et à Québec, le parti demande aux candidats et aux candidates d’organiser, chacun de leur côté, au moins un événement ouvert au public, dont ils pourront librement déterminer la forme. Cet événement devrait leur permettre d’illustrer leur capacité à rassembler, particulièrement autour des enjeux qui sont déterminants pour notre projet politique. Les sujets de chaque événement pourraient être laissés au choix des candidats ou tirés au hasard parmi une liste établie par la Commission politique.

Je suggère aussi d’imposer aux candidats un exercice de résolution de problème, concret, sous la forme d’une mise en situation. Décrivez-nous comment, devenu chef, vous aborderiez la situation suivante. Le scénario soumis devrait être le même pour tous les candidats et candidates, qui auraient quelques jours pour retourner leur copie. Les militants pourraient alors comparer les approches retenues par chacun.

Personne ne peut nier que la résolution de problèmes est une dimension essentielle de l’exercice du pouvoir, alors autant la mettre en valeur.

À ce sujet, je suggère d’ailleurs la lecture de ces deux textes:

En terminant, j’ai envie de reprendre la citation d’un ami, qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis lundi.

Ce n’est pas la question nationale qui renouvellera la façon de faire de la politique, c’est une nouvelle façon de faire de la politique qui va renouveler la question nationale.

Si on croit à cela, je pense qu’il faut que cela paraisse jusque dans la forme de la course à la chefferie dans laquelle on est sur le point de s’engager.

Voilà pourquoi je demande à l’Exécutif national d’oser sortir des sentiers battus.

C’est l’audace et la confiance qui doit nous guider.

 

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Une course svp!

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Je suis fier du parti dans lequel j’ai choisi de m’engager. Après l’invraisemblable choc du début de la semaine, il me semble retomber très rapidement sur ses pattes. Les personnes à qui j’ai parlé dans les dernières heures restent motivées et s’affairent déjà à inventer la suite, chacun à leur façon.

Plusieurs façons de voir les prochaines étapes s’expriment déjà. Et c’est très bien, même si certaines me semblent un peu cyniques, voire pusillanimes.

Je pense en particulier aux appels au couronnement, voire à un arrangement entre les députés pour choisir le prochain chef, notamment sous prétexte que nous n’aurions pas les moyens financiers d’une nouvelle course.

Je ne suis pas d’accord. Du tout. Si on n’a plus les moyens de permettre aux militants de choisir celui ou celle qui dirigera le parti, autant tout arrêter parce qu’on n’aura certainement pas non plus les moyens de convaincre la population du projet politique qu’on leur propose. Les militants ne sont pas là seulement pour les campagnes de financement. Ils doivent être au coeur de la réflexion du parti.

C’est pour ça que je crois qu’il faut souhaiter une course à la chefferie. Beaucoup plus courte que la précédente, certes, mais une course qui suscitera de réels débats. Éviter ces débats serait que passer à côté de l’opportunité qui se cache dans la tempête. Les éviter sous prétexte qu’on n’en aurait pas les moyens, ce serait bien pire, ce serait commencer à renoncer au projet qui nous rassemble.

Pourquoi faudrait-il craindre d’une course entre Alexandre Cloutier et Véronique Hivon, comme certains le laissent entendre? Et les autres candidats potentiels, d’ailleurs. Tous ceux et celles qu’on évoque depuis quelques jours font partie de la relève de notre mouvement politique. Une relève dont on peut être très fiers, et dont tous les autres partis aimeraient pouvoir s’enorgueillir. Il faut avoir le goût de les entendre! Il faut leur permettre d’exprimer ce qui distingue leurs idées et leurs approches. Il faut les amener à tracer ensemble notre prochaine trajectoire. Je veux les entendre moi, en tout cas!

C’est bien pour cela d’ailleurs que j’étais très fier, mardi soir, quand l’exécutif du Parti Québécois de Jean-Talon, que je préside, a choisi d’exprimer par une résolution son souhait de voir Véronique Hivon s’engager dans la course à la chefferie.

Page Facebook du Parti Québécois de Jean-Talon | 4 mai 2016

Nous avons ainsi souhaité lui dire clairement que nous apprécions beaucoup sa manière d’aborder la politique et que nous souhaitons que cette approche fasse partie des options qui seront offertes aux militants pour la suite.

Un appui précipité, m’ont dit certains hier après-midi. Précipité pour quoi? Pour appeler la candidature d’une personne qu’on apprécie dans la course qui se prépare? Pour poser les gestes qu’on croit nécessaires pour réduire la possibilité d’un couronnement? Je ne crois pas.

L’essentiel, à ce stade, c’est de réunir les conditions d’une course stimulante. Au terme de cette course, chacun pourra bien sûr choisir d’appuyer la personne de son choix. Au sein de l’exécutif de Jean-Talon aussi. Il faut que tous les membres du Parti Québécois aient cette chance. C’est ce que je souhaite, d’abord et avant tout.

N’ayons pas peur des idées, des prises de position et des débats, même vigoureux. C’est l’énergie qui porte notre mouvement politique depuis toujours — chaque fois qu’on l’a oublié, la réalité s’est d’ailleurs chargée de nous le rappeler.

Confiance!

 

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Se définir par l’audace

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Je lis beaucoup de choses depuis le départ de Pierre Karl Péladeau. Ben ben du monde qui a ben ben des conseils à nous donner. Conseils parmi lesquels il faudrait notamment remiser notre discours indépendantiste, au moins le temps de gagner la prochaine élection. Cela faciliterait une hypothétique alliance nationaliste.

Remarquez, je ne suis pas forcément contre cette idée… mais j’aimerais qu’elle émerge de nos propres discussions. Pas de la rumeur des gérants d’estrade.

Le Parti Québécois est pris dans un double piège depuis quelques mois:

  1. Tellement facile de critiquer les Libéraux qu’on peut se satisfaire de cela;
  2. Le calendrier du congrès commençant en septembre, on peut continuellement reporter à plus tard les débats.

Et pendant ce temps, les autres partis ont repris le terrain des idées et des propositions. Encore ce matin, la CAQ prend la défense de Télé-Québec, après avoir brassé les enjeux d’éducation, notamment, dans les dernières semaines. Allo? On est où, nous autres, là-dedans?

Il est urgent qu’on occupe à nouveau l’espace public par nos propositions. Quitte à parfois se contredire les uns les autres. La population sait bien que tout le monde ne doit pas penser la même chose dans un parti politique — et encore moins dans une coalition comme le Parti Québécois. Faut arrêter de faire semblant.

J’ai parfois l’impression qu’on a tellement peur de se faire dire qu’on est un parti de chicanes qu’on préfère avoir une image aseptisée. On s’est laissé définir par nos adversaires.

Pareil au sujet de l’indépendance. Si on suit la route que les commentateurs sont en train de définir pour nous, on va se déchirer rapidement entre le camp des «premièrement l’indépendance» et celui des «remettre le Québec sur pied d’abord». Comme si c’était les deux seules voies possibles.

Je pense que notre défi est précisément d’éviter cette dichotomie. Il faut réussir à poser le problème autrement.

Un ami m’a dit hier soir:

Ce n’est pas la question nationale qui renouvellera la façon de faire de la politique, c’est une nouvelle façon de faire de la politique qui va renouveler la question nationale.

Je pense que c’est très sage. Et inspirant.

C’est sur ça qu’il faut travailler, d’urgence.

Il reste 880 jours avant la prochaine élection. C’est beaucoup plus qu’il n’en a fallu à Justin Trudeau pour transformer la carte politique au Québec et à Bernie Sanders pour bousculer le Parti démocrate et l’ensemble de la politique américaine.

Dans les deux cas, ils ont dû, pour y arriver, sortir des sentiers battus, quitter les zones de confort de leurs mouvements politiques et mettre des débats audacieux sur la place publique.

Le plus grand danger qui nous guette, c’est de ne pas avoir la lucidité et le courage de faire la même chose.

 

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Les distractions qu’on nous prépare…

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Je trouve que Mario Asselin confond les fantasmes et l’analyse dans sa dernière chronique des Spin Doctors.

La CAQ voudra combler le vide | Journal de Québec | 3 mai 2016

C’est un peu normal parce que c’est le concept même de cet espace du Journal, mais disons qu’il fait dans le sport extrême encore plus que d’habitude!

  • Le PQ se retrouverait devant rien;
  • La possibilité que Régis Labeaume soit candidat;
  • Le transfert de Stéphane Gobeil aurait été le début de quelque chose dont le départ de PKP est la suite;
  • Des transfuges du PQ prochainement vers la CAQ, et même vers QS.
  • etc.

Je comprends que les adversaires politiques ont intérêt à échafauder toutes sortes de scénarios et à en parler sur toutes les tribunes, pour distraire les élus et les militants du Parti Québécois pendant qu’eux tentent de profiter de la situation. C’est de bonne guerre.

Sauf qu’ils savent très bien que c’est dans l’adversité que le Parti Québécois a toujours été le meilleur. Et que c’est en retournant sur le terrain des idées et des propositions concrètes qu’il a su le mieux rallier.

Et que ça adonne bien… parce que c’est en plein là qu’on s’en va.

  • Non, le défi n’est pas de trouver un nouveau sauveur;
  • Ni d’élaborer des stratégies politiques des genre billards à trois bandes;
  • C’est de parler simplement, franchement, de la société qu’on propose.

 

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