L’autre bord de la track

Juste un court texte ce soir pour faire une mise à jour sur ma participation à l’atelier d’écriture estival organisé par François Bon.

J’ai complété aujourd’hui la dixième étape d’écriture — concluant ainsi le cycle d’ouverture, qui s’intitulait un retour.

Il y aura maintenant quelques jours de pause avant qu’un nouveau cycle commence sous le thème errances. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre…

Une chose est certaine, j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à écrire ces quelques textes. J’espère que c’est un plaisir partagé à la lecture.

Rappels:

  • La page qui regroupe mes textes est ici.
  • La page qui regroupe les propositions à partir desquelles ils ont été écrits est là.

L’image ci-dessus donne aussi quelques repères pour situer, sur une carte contemporaine, l’emplacement des lieux qui ont inspirent les textes.

On peut aussi utiliser Google Maps pour explorer le secteur — il s’agit de suivre ce lien.

Un atelier d’écriture estival

Ça y est, je me suis lancé… avec un petit trac… et comme si ce n’était pas assez… je partage ça avec vous, sans même trop savoir où ça me mènera! Qu’importe (ou justement pour ça!).

Eh oui, j’ai décidé de participer à l’exercice estival d’écriture proposé par François Bon:

L’atelier d’été | construire une ville avec des mots

«Chaque année j’ai essayé une forme différente, et depuis 2 ans la vidéo a démultiplié l’échange, de même que l’édition de livres associés. Cet été je me propose le défi suivant : tout au long de l’été, une série de brèves vidéos proposant chaque fois un exercice pris au creative writing US, en explorant la vaste collection des livres writer’s help. (…)

Evidemment, aucune contrainte que vous répondiez tous les jours. À votre rythme, quand ça vous chante. Mais ça peut être une formidable opportunité d’avancer et d’explorer ensemble. Une belle opportunité aussi d’une sorte de stretching quotidien d’écriture. Et vous y consacrerez le temps que vous voulez, la vidéo n’excèdera pas les 6 ou 10 minutes, et ça pourra être fait en 20 minutes.

Bien sûr, je mettrai en ligne les contributions reçues. J’en lirai aussi des extraits. Progressivement, chaque participant.e construit une ville qui lui est propre…»

Pour suivre l’aventure, vous pourrez lire ici les textes que les propositions de François m’auront inspirés:

La page qui regroupe mes textes

La liste des propositions qui inspirent les textes

Si vous êtes encore plus curieux, vous pourrez aussi jeter un œil sur le carnet de bord du projet ainsi que sur le sommaire des contributions de l’ensemble des participant.e.s.

Vos commentaires sur mes textes seront évidemment toujours les bienvenus: ci-dessous ou par courriel.

Photo: Fragment de The Flux and the Puddle, une oeuvre de David Atlmejd qui peut être vue au Musée national des beaux-arts du Québec.

Marie-Victorin et Lionel Groulx

Je prends le temps de revenir rapidement sur un texte que j’ai écrit le 5 mai: je suis Marie-Victorin.

Je réagissais alors à un texte Luc Chartrand, Êtes-vous Marie-Victorin ou Groulx?, publié dans Le Devoir. Ce texte avait suscité quelques autres réactions dont celle de Charles Philippe Courtois, déplorant le manichéisme de l’exercice de Chartrand et un «collage de clichés et d’amalgames».

«En somme, pour mieux comprendre une oeuvre comme celle de Groulx, mais aussi l’évolution du Québec au XXe siècle, il convient d’éviter les caricatures et les oppositions trop binaires.»

C’est aussi ce que m’avait dit Louis Germain dans un aimable courriel quelques jours auparavant. Je le reprends ici in extenso avec sa permission:

–/ début /–

Salut,

Je viens tout juste d’avoir le temps de lire cet article qui m’a beaucoup appris sur ces deux hommes dont je ne savais que trop peu de choses (à ma courte honte).

Je puis dire « Je suis Marie-Victorin » mais je trouve ça un peu court, dans le contexte de l’article du Devoir.

Je n’aime pas la dichotomie clairement énoncée à la fin de l’article. Nationalisme « ouvert », avec sa contrepartie induite, le nationalisme « fermé ».

C’est comme si le fait de vouloir préserver l’essence du « jardin » culturel » signifiait l’exclusion. Cela est particulièrement évident dans tout le dernier paragraphe et notamment lorsque Chartrand écrit « On les [les nationalistes ouverts] retrouve également dans la jeunesse québécoise qui est en rupture avec l’angoisse de sa disparition nationale. » C’est comme si ceux qui balaient du revers de la main les préoccupations de ceux qui s’interrogent sur la pérennité d’un fait national francophone en Amérique possédaient de ce fait un esprit « ouvert », un nationalisme de bon aloi.

Dans ce même paragraphe, il parle des « entreprises qui se démarquent sans complexe dans une société mondialisée ». Et c’est là tout le problème, l’absence de qualification de ce qu’est une société mondialisée. Oui, pour la mondialisation. On n’a pas le choix, de toutes façons. Mais comment articuler les composantes culturelles de cette humanité mondialisée ? C’est là que se situe le défi des nations.

Aujourd’hui, ce qui prime, c’est le manichéisme dans cette discussion qui n’en est pas une, justement. Il s’agit plutôt d’une confrontation entre deux vertus auto-proclamées.

La dernière phrase de Chartrand exprime bien ce vide. « Il serait toutefois pertinent de voir s’articuler une pensée claire contemporaine de ce nationalisme ouvert à une époque où l’autre courant parle haut et fort. » Je reprendrais cette phrase sans son jugement lapidaire contre « l’autre courant ». Une pensée claire contemporaine doit puiser aux deux sources et se libérer de leurs deux excès : l’une, son repli, l’autre, son effusion.

Belle conversation à tenir, lors de notre prochaine rencontre.

Amitiés,

–/ fin /–

J’assumais personnellement le côté forcément réducteur d’un exercice consistant à comparer la pensée de deux géants de l’histoire du Québec en une seule page de journal, dans un style simple. Ça ne m’avait pas particulièrement choqué, même si c’était forcément un peu injuste.

Ce que j’avais apprécié du texte de Chartrand, c’était surtout l’invitation à revisiter certaines des sources des courants politiques actuels pour voir quelles autres idées leurs étaient associées — et quel type de vision du monde prenait forme autour de chacune d’elles.

Une réflexion à poursuivre dans les prochains mois donc.

C’est noté Louis!

Dissimuler son passé?

Catherine Perrin animait ce matin à Médium Large une discussion sur le thème Politique: comment gérer son passé numérique?

J’y reviens parce que j’ai trouvé que la conversation est malheureusement restée en surface, accordant trop d’importance aux polémiques et pas assez à ce que celles-ci révèlent au sujet des candidats.

Un peu plus et on affirmait tout bonnement que la duplicité était devenue plus importante que l’authenticité pour gagner une élection.

***

Je ne pense pas que les électeurs accordent tant d’importance qu’on l’a dit aux archives des réseaux sociaux des candidats en tant que tels. Je crois que les gens sont prêts à pardonner bien des erreurs de jeunesse, des erreurs de jugement, et même des changements d’idées ou d’affiliation partisanes (plus facilement que jamais même!).

Plusieurs personnes verront même probablement une forme de courage dans le fait d’assumer des prises de positions qui apparaissent, après coup, en contradiction avec le programme du parti qu’un candidat souhaite défendre.

Les commentateurs devraient cesser d’infantiliser les électeurs en faisant comme s’ils interprétaient tout au premier degré.

Je crois que ce à quoi les gens accordent beaucoup d’importance, en contrepartie, c’est au tempérament que le passé numérique des candidats révèle. Ce n’est pas une simple nuance: c’est un changement fondamental de perspective.

Est-ce que la personne qui veut que je vote pour lui est un loose canon? Est-ce un opportuniste vire-capot? Un impulsif qui semble incapable de réfléchir avant de parler? Un accroc aux likes prêt à dire n’importe quoi pour avoir sa dose? Un intransigeant? Quelqu’un qui manque de discernement?

Les électeurs veulent connaître les gens pour qui ils vont voter, les aimer, les comprendre, et surtout savoir s’ils peuvent leur faire confiance. C’est normal.

Des gens qui font des erreurs? Pourquoi pas? C’est même attachant!

Des gens qui changent d’idées? Pourquoi pas? Qui n’a jamais changé d’idée?

Des polémistes? Pourquoi pas? Il fait oser dire les choses après tout…

Encore faut-il être en mesure de comprendre leur raisonnement, de croire à leur parcours, et que cela nous inspire confiance.

Dans cette perspective, le défi pour les partis politiques ne devrait pas tant être de chercher l’aiguille dans la botte de foin: une déclaration qui peut retrousser dans cinq, dix ou vingt ans d’archives.

Le défi devrait plutôt être de prendre le temps de connaître suffisamment la démarche intellectuelle et le parcours des candidats qui les représenteront.

***

Quand j’ai été candidat pour la première fois, en 2014, on m’a demandé de faire le tour de tout ce que j’avais publié sur mon blogue (plus de 1500 textes depuis 2001!) et mes réseaux sociaux pour effacer tout ce qui pouvait être sujet de controverse.

Je n’en ai rien fait. J’étais prêt à assumer tout ce que j’avais écris. Je faisais confiance à la cohérence de ma réflexion, avec des détours et ses contradictions. J’étais prêt à tout expliquer et à le défendre au besoin.

Je refuse de croire que notre passé sur le web et les réseaux sociaux est un handicap. Il doit être une force. Les partis devraient d’ailleurs le voir comme tel.

On ne peut pas aspirer à diriger une nation en 2018 si on perçoit le web et les réseaux sociaux comme une menace avant d’y voir une opportunité. C’est vrai aussi au moment de choisir des candidats.

Il faut le dire, clairement: la démocratie gagne à ce que les gens s’expriment publiquement, sur une longue période, et qu’ils laissent des traces de leur réflexion. C’est un moyen privilégié pour les gens de connaître celles et ceux qui aspirent à les représenter.

Les électeurs veulent d’abord et avant tout voter pour des gens authentiques — et franchement, nettoyer son passé juste avant une élection c’est le contraire de l’authenticité.

J’aurais aimé l’entendre ce matin.

De l’avantage d’être né (à un moment précis)

Il y a dix ans, j’ai été marqué par la lecture de Outliers — de Story of Success, de Malcom Gladwell.

Gladwell explique dans ce livre que les raisons habituellement données pour expliquer le succès exceptionnel de certaines personnes sont trompeuses. Selon lui, les avantages qu’un contexte très particulier a pu procurer à ces personnes expliquent souvent beaucoup mieux leur succès que des talents innés.

« In Outliers, I want to convince you that these kind of personal explanations of success don’t work. People don’t rise from nothing. (…) in fact they are invariably the beneficiaries of hidden advantages and extraordinary opportunities and culturels legacies that allow them to work hard and make sens of the world in ways others cannot.»

L’auteur donne notamment l’exemple du hockey, dont les meilleurs joueurs sont, dans une proportion anormale, nés dans les deux ou trois mêmes mois de l’année. Évidemment parce que le processus de sélection avantagent indûment les enfants nés à cette période de l’année… un avantage qui se répète tous les ans pendant toute leur formation. C’est un peu la même chose avec l’école, d’ailleurs, ajoute-t-il.

De la même façon, plusieurs des créateurs des plus grandes entreprises informatiques actuelles sont nés autour de 1955: Bill Gates et Paul Allen, pour Microsoft, le regretté Steve Jobs, pour Apple, et Eric Schmidt, pour Novell et Google, par exemple.

Pourquoi sont-ils milliardaires aujourd’hui? Parce qu’ils ont eu la chance d’être ados quand l’ordinateur est devenu accessible et que leurs conditions familiales leur ont permis d’y avoir accès rapidement. Ils étaient juste assez âgés pour pouvoir y passer des dizaines d’heures chaque semaine, et pas assez pour avoir déjà des obligations, familiales ou professionnelles, contraignantes. Ils ont évidemment quand même le mérite d’avoir su profiter de cet avantage, mais sans celui-ci, malgré leurs talents, il en aurait sans doute été autrement.

Cela n’empêche donc absolument pas de s’émerveiller du parcours et des réalisations de ces personnes, cela nous invite seulement à les apprécier différemment. Avec une perspective un peu plus sociologique.

Je me souviens qu’il y a dix ans, la lecture d’Outliers m’avais plongé dans une intense réflexion sur les conditions dans lesquelles j’ai grandies — et sur les conditions dans lesquelles je vivais / je vis.

***

Ce sont ces réflexions qui me sont revenus à l’esprit au cours des derniers jours en lisant De l’avantage d’être né, de Jacques Godbout. Le Devoir en faisait d’ailleurs une bonne description samedi.

L’auteur trace dans ce livre le récit anecdotique de sa vie («un inventaire systématique de ma vie publique»), au cours duquel on voit littéralement le Québec se transformer d’une année à l’autre (généralement pour le mieux).

La première chose qui m’a frappé au cours de la lecture, c’est la très grande proximité des acteurs de cette transformation. Dans cette version de l’histoire, tout semble possible au Québec. Il s’agit s’asseoir les bonnes personnes autour de la table, d’ouvrir une bouteille de vin, de proposer une idée… et d’oser la réaliser.

L’ouverture (mieux: l’accueil) que fait l’Europe aux Québécois est aussi étonnante. La possibilité, nouvelle, pour ces quelques inventeur du Québec d’aller y chercher fréquemment inspiration, réseaux de contacts et d’influence et essentielle au parcours de l’auteur.

J’avais ressentis un peu même chose lors d’un déjeuner avec Claude Morin et Pascal Assathiany il y a quelques années: le Québec moderne s’est bâti dans un cadre beaucoup plus souple/simple qu’il ne l’est aujourd’hui — où les relations amicales et les complicités intellectuelles étaient probablement bien plus déterminantes qu’elles ne le sont aujourd’hui. Pour le meilleur et pour le pire.

La conclusion de son livre démontre avec éloquence que Jacques Godbout est très conscient de la chance que le lieu et le moment de sa naissance lui a offert pour exprimer ses talents.

***

J’ai beaucoup apprécié la lecture de De l’avantage d’être né — même si je suis un peu resté sur ma faim au moment de tourner la dernière page.

J’aurais aimé que Jacques Godbout ajoute un chapitre pour élaborer un peu sur l’interprétation qu’il fait du contexte actuel en comparaison de celui dont il a eu la chance de profiter.

Concrètement, le dernier chapitre du livre s’intitule de l’avantage des octogénaires. J’aurais aimé en avoir un autre pour lire ses réflexions au sujet de l’avantage des quadragénaires (à tout hasard!) en 2018.

Peut-être faudra-il que l’écrive moi-même ce chapitre finalement.

Être patriote en 2018

On célèbre aujourd’hui la Journée nationale des Patriotes — un jour férié qui a été institué en 2002 par le premier ministre Bernard Landry:

«Nous avons choisi d’honorer de cette manière la mémoire des hommes et des femmes qui, depuis l’implantation des institutions parlementaires, en 1791, ont milité pour les droits de la majorité, dont celui du peuple à se gouverner lui-même ».

J’ai vu passer beaucoup de messages sur les réseaux sociaux depuis ce matin pour honorer le combat des patriotes pour libérer le Québec de l’occupation britannique — et ça mérite très certainement d’être souligné puisque sans leur combat, la présence francophone au Canada aurait vraisemblablement été compromise.

Toutefois, ma réflexion personnelle aujourd’hui consiste plutôt à m’interroger sur ce que ça signifie d’être patriote en 2018. Qu’est-ce que cela signifie de militer pour le droit du peuple à se gouverner lui-même?

La réponse facile est évidemment de dire que cela signifie de militer pour l’indépendance du Québec. J’en suis — mais ça me semble une réponse un peu simpliste si on ne s’interroge pas en parallèle sur les véritables obstacles à cette autonomie politique.

Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui le peuple québécois de se gouverner lui-même réellement? C’est à dire de faire des choix propices à son épanouissement?

Est-ce que c’est la monarchie britannique? Le gouvernement fédéral? Le contrôle trop centralisé de notre économie? La corruption? L’influence croissante des médias sociaux sur notre façon de comprendre le monde? Les inégalités sociales croissantes? Le désintérêt des citoyens pour la politique? La perte de confiance dans le pouvoir du gouvernement?

Je crois personnellement que le dernier facteur est le plus lourd. J’aurais même tendance à croire que la liste présente les facteurs en ordre croissant — et que l’histoire ancienne est peut-être un mauvais guide par les temps qui courent.

Cela me fait penser que s’ils nous rendaient visitent aujourd’hui, les Patriotes nous inviteraient probablement à travailler prioritairement sur notre confiance en nous — parce que l’indépendance politique ne peut pas se faire avec des citoyens fatalistes.

Pour cette raison, il me semble qu’être patriote en 2018, c’est proposer des solutions concrètes pour:

  • aider les gens à gagner plus de confiance en eux (l’éducation, la culture, l’entrepreneuriat, un filet social rassurant, etc.);
  • concrétiser les pouvoirs du gouvernement du Québec — c’est à dire à démontrer réellement son utilité pour permettre l’épanouissement du peuple québécois;
  • démontrer le contrôle effectif de la population sur ce gouvernement.

***

Il y a deux ans j’ai écrit ceci — dans le contexte d’une course à la chefferie du Parti Québécois:

«[J’ai la conviction] que pour convaincre les Québécois de s’offrir un pays, il faut d’abord leur redonner confiance en eux-mêmes. Il faut qu’ils sentent que tout ne se décide pas sans eux, sous le contrôle de l’État ou de multinationales dont l’influence échapperait à toute forme de contrôle. Il faut que les citoyens sachent qu’ils peuvent prendre des initiatives, et que c’est la somme de ces initiatives qui contribueront à définir ce pays — pas des décisions prises à leur insu.

C’est pour ça qu’il faut repartir de la base, localement, des groupes, des communautés, des petites et des moyennes entreprises. Il faut parler au monde. Il faut faire de l’éducation une priorité absolue. Il faut simplifier l’administration de l’État pour la rapprocher des gens, éliminer les réglementations inutiles ou désuètes, stimuler l’entrepreneuriat, offrir de meilleures protections aux gens vulnérables, assurer la solidarité des uns et des autres, redonner sa place à la culture. Il faut repartir des aspirations des gens et refaire la démonstration qu’il sera plus facile de les réaliser dans un Québec Pays que dans un Québec Province. (…)

Je pense que tout ce qui est de nature à redonner du pouvoir aux citoyens, qui leur permet de se prendre en main, d’avoir confiance en eux (et au fait que l’État ne les laissera pas tomber s’ils sont dans le besoin) et, surtout, de sentir qu’ils ont prise sur leur destin, nous rapproche du jour où nous aurons un pays. Tout ce qui va dans le sens contraire nous en éloigne.

Je trouve que ça correspond finalement assez bien à ce qui est, pour moi, la forme la plus indispensable de patriotisme au Québec en 2018.

 

Photo: Nos joyeux étés, oeuvre de Myriam Coulombe-Pontbrilland.

Écoles, solidarité et contraintes

Je prends quelques minutes pour revenir sur un commentaire qu’a suscité le texte que j’ai écrit ici le 21 avril au sujet des Ateliers éducatifs Angus.

Dans ce commentaire, Marc St-Pierre partage une réflexion générale sur le projet qui a soulevé la polémique. Il l’a fait avec une prise de recul préalable, dont je le remercie. J’ai fait la même chose avec sa propre réaction.

Il me semble ressortir de tout ça qu’il est important de s’assurer que les écoles restent solidaires les unes des autres parce que les réalités éducatives — et les besoins particuliers de certains enfants — ne s’arrêtent pas aux limites d’un quartier ou d’un territoire. Les coûts engendrés par ces besoins doivent aussi être plus largement partagés.

Je retiens particulièrement la phrase suivante: «ce qui m’importe (…) c’est l’intégration [d’une école] au réseau des écoles publiques (…) au-delà des structures de commission scolaire.»

Je partage tout à fait sa conviction: la solution aux enjeux éducatifs auxquels le Québec est confronté ne se trouve assurément pas dans un plus grand isolement des écoles. Je pense qu’elle est plutôt dans la définition d’une nouvelle forme d’interdépendance — dans laquelle les contraintes essentiellement administratives occuperont moins de place qu’à l’heure actuelle (je ne crois pas qu’il s’agisse uniquement d’une perception de ma part). Les promoteurs des Ateliers éducatifs Angus me semblent d’ailleurs dans le même état d’esprit.

Je pense qu’il est utile de revenir particulièrement aussi sur la question des horaires, qui me semble déterminante. Marc précise, avec raison, qu’il y a déjà quelques variations dans le réseau scolaire. Quelques (rares) écoles ont effectivement opté pour des horaires sur dix jours, par exemple. Je m’en réjouis.

Toutefois, ce qui est le plus important, de mon point de vue, c’est de savoir pourquoi on adopte un type d’horaire plutôt qu’un autre. Et si on évalue bien les impacts de chacune des options sur l’environnement éducatif qu’on offre aux enfants.

Si on croit à la richesse des échanges entre l’école et sa communauté (c’est mon cas), alors je pense qu’il faut privilégier un horaire qui facilite la participation communautaire désirée.

Je suis convaincu qu’on pourrait changer en profondeur la dynamique scolaire en adoptant un horaire sur cinq jours, plus conforme à la réalité du reste du monde.

Ça me semble une évidence: quand le cours de science est toujours le jeudi après-midi, on peut plus facilement prévoir la participation d’un scientifique aux activités de la classe, par exemple. Ou la présence d’un parent pour une séance de lecture. Même chose pour l’implication d’organismes ou d’entreprises dans les activités éducatives.

On donnerait ainsi accès aux enseignants à un grand nombre de ressources additionnelles, souvent très simplement et sans aucun frais: des personnes engagées, des modèles (féminins et masculins), qui ne demandent pas mieux que de donner un coup de main… dans la mesure où cet implication peut s’inscrire de façon réaliste dans leurs autres contraintes professionnelles (ce qui est très compliqué quand les présences/participations doivent changer de jour de la semaine d’une fois à l’autre).

On pourrait ainsi plus facilement envisager la persévérance scolaire comme un défi collectif au lieu de le voir comme le problème de l’école.

Je pense que parmi tous les gestes qui pourraient être posés pour améliorer le fonctionnement des écoles et transformer la dynamique éducative, le changement d’horaire est certainement un de ceux qui a le plus fort potentiel.

J’ai hâte d’entendre politicien.ne.s proposer de commencer par là, de façon très pragmatique, plutôt que de miser sur de grands discours ou sur l’imposition de programmes ou d’approches éducatives uniformes, qui seront encore plus contraignantes.

Il faut libérer les écoles des contraintes inefficaces, pas en ajouter encore plus.

Alexandre, Jacques et Miley

Dimanche matin, petite pluie, pas d’obligations: un temps parfait pour un Lapsang Souchong (dans ma tasse Things Could be Worse), un peu de lecture et d’écriture.

La lecture de La Presse+ de ce matin était particulièrement riche et stimulante. On peut bien critiquer les journaux tour à tour pour leurs travers respectifs — il faut quand continuer de remercier ceux qui nous aident tous les jours à réfléchir, qui nous font apprendre et nous émerveillent par leurs textes et leurs images.

Côté politique, plusieurs amis m’ont demandé ce que je pensais de l’arrivée d’Alexandre Taillefer au PLQ. Pour le dire simplement: je m’en réjouis sur le fond, je m’en désole sur la forme.

Je m’en réjouis parce que je trouve que le monde politique québécois manque cruellement de capacité à «penser hors de la boîte» — à faire preuve d’une pensée réellement innovatrice. Je nous trouve collectivement bien embourbé. Je suis convaincu qu’Alexandre contribuera à améliorer ça, et que cela forcera les autres partis à sortir aussi un peu plus des sentiers battus. C’est donc un plus pour tout le monde, je trouve.

Je m’en désole toutefois sur la forme, parce que je trouve absurde qu’il soit nécessaire de faire toutes ces génuflexions (jusqu’à l’absurde!) en guise d’acte de loyauté pour accéder au cénacle d’un parti. Je présume qu’il a jugé que le jeu en valait la chandelle, je respecte ça, et je souhaite qu’il puisse contribuer à changer cette culture partisane malsaine (sans doute pas propre au PLQ, mais particulièrement forte là, à l’évidence!). J’ai l’impression de partager pas mal l’opinion de Marc Séguin, et celle de Boucar Diouf, là-dessus.

L’élection du 1er octobre est importante, certes, mais l’avenir du Québec ne se jouera pas en un seul vote. Et tout ce qui peut contribuer à amener des propositions neuves et stimulante dans nos débats qui ont trop souvent à mon goût des allures obsolètes, m’apparaît positif à plus long terme.

J’ai aussi commencé la lecture du plus récent livre de Jacques Godbout: De l’avantage d’être né, publié par Boréal. Toujours avec l’intention de donner un peu de perspective à mes réflexions.

J’ai aussi retenu de ma lecture du cahier Lire du Devoir d’hier, qu’il fallait que je lise aussi Miley Cyrus et les malheurs du siècle, de Thomas O. St-Pierre, chez Atelier 10.

Bon dimanche.

Photo: Mondrian et Duchamp, oeuvre de Boris Bućan, vue au Musée d’art contemporain de Zagreb à l’été 2017.

La politique devrait être plus positive

J’ai lu ce matin ce texte de l’école de gestion du MIT:

Don’t Get Caught in a Cycle of Correcting Employee Weakness — Instead, temper the influence of time and fear to enter the flow…

J’y retrouve beaucoup de choses auxquelles je crois profondément, mais j’y vois aussi la description d’un des grands malheurs qui frappent la politique québécoise depuis plusieurs années.

On se concentre trop sur ce qui va mal.

On ne prend pas assez le temps de dire ce qui va bien — ce sur quoi on peut construire, ce qui est inspirant dans nos réalisations collectives des dernières années. Ce n’est motivant pour personne, alors on se désintéresse de la politique, ou on s’y intéresse comme à une bataille de ruelle.

On n’a pourtant pas tout mal… même que globalement ça va bien au Québec! En mettant un peu les choses en perspective je pense qu’on peut même dire que ça va de mieux en mieux.

Tout n’est pas parfait, bien sûr — loin de là! — mais il me semble qu’on a posé depuis soixante ans des bases solides pour bâtir le Québec.

Mais justement, quelles sont-elles ces bases du point de vue des politiciens qui sollicitent notre appui? On ne l’entend pas assez souvent.

Qu’est-ce qui devrait nous donner confiance dans l’avenir? Et nous donner envie de se retrousser les manches pour relever les nombreux défis auxquels on fait face? Et de croire qu’on peut réussir dans l’avenir?

«To be a positive leader, Mühlfeit said, a manager first must understand themselves and their own strengths, then harness that insight to be able to identify and cultivate other people’s talents. Doing so can allow synergies to form more easily between colleagues, drawing on each other’s strengths while supporting their weaknesses.»

L’expérience de Jan Mühlfeit chez Microsoft nous rappelle avec raison qu’on réussit rarement à susciter l’adhésion et à motiver une équipe pour réaliser de grands objectifs en adoptant un discours négatif.

Une élection, ce ne devrait pas seulement être l’occasion de choisir un gouvernement, ça devrait aussi être un exercice positif, dont tout le monde pourrait ressortir plus confiant et plus engagé dans la suite des choses.

Une occasion de faire de la population une équipe prête à travailler ensemble pendant quatre ans sous la direction d’un.e coach qui a un plan de match et qui a su nous convaincre que c’est possible de réussir. Ensemble.

Il n’est peut-être pas trop tard… je reste optimiste!

Photo: une oeuvre de Raoul Hausman, vue au Centre Pompidou, à Paris, à l’été 2017.

Infographies.Québec

Je m’intéresse depuis toujours aux représentations originales de différentes oeuvres, informations ou concepts.

J’ai par exemple dans mon salon une représentation d’Alice au pays des merveilles à travers sa ponctuation. Une mise en forme originale aussi du discours de John F. Kennedy qui annonce qu’un être humain posera son pied sur la lune avant la fin de la décennie (voir la photo: un cadeau de Marc, à mon retour de Paris). Et je suis très tenté par cette mise en forme du dialogue de Galilée repérée par Charlotte.

C’est avec le même intérêt que j’ai découvert le nouveau projet de Septentrion et de Gilles Laporte: infographies.quebec.

C’est un site qui regroupe des infographies historiques et sociales sur le Québec — une trentaine pour le moment, sur des sujets très variés. On peut les commander en version numérique et en version imprimée (elles seront alors imprimées à la demande et livrées en quelques jours, pour un prix plus que raisonnable).

Je trouve ça ben l’fun de voir enfin apparaître ici des services semblables. C’est simple, efficace et basé sur des moyens d’impression et de distribution modernes et économiques.

Je souhaite un grand succès à Septentrion avec cette expérience, qui devrait, il me semble, inspirer musées, ministères, entreprises…

Raconter des histoires

La lecture de Sentiers a encore une fois été très riche cette semaine. Le numéro 32 est ici.

Je retiens particulièrement trois textes qui se font d’ailleurs particulièrement bien échos les uns les autres:

Why humans need stories

What Are Snapchat, Instagram, and Facebook ‘Stories’?

Twitter history walk threads

Je ne sais pas si Patrick avait réalisé que l’utilisation des «threads» de Twitter qu’il cite en exemples sont la forme la plus proche des «stories» que permet Twitter — probablement, même si c’est resté implicite.

En tous cas, tout ça m’a convaincu de tenter l’utilisation de cette forme de publication sur Twitter au cours des prochaines semaines. À suivre.

Bon lundi!

Je suis Marie-Victorin

La lecture indispensable dans Le Devoir de ce matin est signée par Luc Chartrand dans la page Le Devoir d’histoire.

Êtes-vous Marie-Victorin ou Groulx?

Marie-Victorin et Lionel Groulx ont incarné deux courants — souvent divergents — de la pensée nationale qui continuent de coexister de nos jours

J’ai souvent fait référence au Frère Marie-Victorin sur mon blogue (exemples en 2002 et en 2016) et dans différentes interventions publiques (exemple en 2003).

C’est un homme que je trouve très inspirant. Je lui ai d’ailleurs déjà dit…

La lecture du texte de Luc Chartrand m’a amené à replonger dans quelques-uns de mes livres sur Marie-Victorin (grosse matinée dans ma bibliothèque!) et à analyser avec une nouvelle perspective certains des inconforts que j’ai parfois pu ressentir au cours des dernières années de mon engagement en politique partisane (maintenant en mode pause).

De la bien bonne matière pour alimenter une réflexion à poursuivre.

Ce serait aussi intéressant que Luc Chartrand approfondisse cette réflexion au-delà d’une simple page dans Le Devoir.

Ça bouge dans le monde du livre

Le monde du livre peut être évidemment être analysé sous l’angle de la création, comme un enjeu culturel. Mais c’est aussi une industrie très importante.

Peu de gens en sont conscients, mais la vente de livres est le principal secteur de consommation culturelle au Québec, bien devant le cinéma, la musique, les arts de la scène, etc.

Je trouve que c’est une industrie absolument fascinante et pourtant les médias parlent assez peu de la dimension économique du monde du livre — probablement parce que c’est une industrie plutôt stable.

Cette stabilité rend toutefois encore plus intéressants, voire intrigants, les moments où les choses bougent rapidement, comme cette semaine… alors que Hachette Canada, Interforum Canada, Socadis et ADP sont au cœur d’annonces importantes — probablement les plus déterminantes pour le secteur du livre au Québec depuis une vingtaine d’années.

Communiqué de ADP concernant Hachette

Article de Actualitté concernant Interforum et Socadis (je n’ai pas trouvé de référence plus officielle).

Ça prendra du temps de bien comprendre tout ce que ces changements peuvent impliquer, mais pour essayer de donner un peu de perspective à l’analyse, j’ai pris le temps de plonger dans quelques livres ce matin (photo).

De mes lectures, les pages 195 à 207 de La pieuvre verte, de Frédéric Brisson, m’ont semblé particulièrement éclairantes.

Elles expliquent la création d’Hachette Canada au début des années 2000 et l’influence que cette décision a pu avoir sur l’organisation de tout le secteur du livre.

On comprend aisément en lisant ce court récit que c’est une page importante de l’histoire du livre au Québec qui est en train de tourner… et un tout nouveau chapitre qui est vraisemblablement sur le point de commencer.

La face cachée de la photo

J’observe (et j’admire) le travail de Francis Vachon depuis de nombreuses années. Son travail de photographe, son travail de chroniqueur/blogueur et aussi son travail de pédagogue.

Francis vient de publier La face cachée de la photo — prendre et diffuser des images en toute légalité, chez Septembre Éditeur. À une époque où on publie tous des photos de tous bords tous côtés, c’est une lecture pertinente pour pas mal tout le monde.

Le livre est pratique, facile et agréable à lire, plein d’exemples concrets, récents et bien choisis. Il est, en plus, rédigé avec une pointe d’humour que j’ai beaucoup appréciée. Je l’ai lu d’un couvert à l’autre, mais il pourrait aussi s’utiliser comme un ouvrage de référence — sur le droit d’auteur de façon appliquée, en particulier.

Exemples tirés de la table des matières:

  • Est-ce que j’ai le droit de prendre une photo ici?
  • Que puis-je prendre en photo dans un lieu public?
  • Que puis-je prendre en photo dans un lieu privé?
  • Qu’est-ce que le droit à l’image?
  • Facebook et les autres réseaux sociaux: le droit à l’image à l’ère numérique
  • Qu’est-ce que le droit d’auteur?
  • Les exceptions au droit d’auteur
  • Violer des droits d’auteur, est-ce vraiment grave?
  • S’inspirer des photos, plagiat ou contrefaçon?
  • Les dix pires excuses pour utiliser des images illégalement
  • À qui appartiennent les droit d’auteurs sur les photos postées sur les médias sociaux?
  • Que faire en cas d’utilisation non autorisée de l’une de vos photos?
  • Des photos qui ne coutent rien, ça existe
  • Une photo de banque d’images, c’est bien, mais pas toujours

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J’ai écrit un autre texte ce matin dans lequel j’ai souligné le parcours inspirant de Samuele et Colombe St-Pierre. Celui de Francis l’est tout autant.

Extrait de son introduction:

«Rien ne me destinait à être photographe. Je le suis devenu à 31 ans alors que je gagnais bien ma vie en informatique.

Rien ne me destinait à développer une connaissance particulière du droit à l’image ou du droit d’auteur. C’est arrivé par la force des choses.

Rien me me destinait à devenir auteur. Demandez à tous les enseignants de français de toutes les écoles que j’ai fréquentées.

J’ai toujours été un piètre étudiant en ce qui a trait à la syntaxe et à l’orthographe, mais j’ai toujours aimé écrire. Ainsi, lorsque j’ai décidé de changer de vie en quittant mon emploi de programmeur pour retourner à l’école en photojournalisme, j’ai naturellement voulu documenter le processus sur un blogue. (…) Ce livre c’est un peu de tout ça (…) c’est tout cela résumé en trente quelques mille mots.»

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Et finalement… il serait inutile de cacher l’immense plaisir que j’ai eu en découvrant dans les remerciements, cette phrase de l’auteur:

Merci à Clément Laberge, sans qui je ne serais pas photographe et sans qui ce livre n’aurait pu exister.

J’ai reçu ces remerciements ça comme un précieux rappel d’à quel point il est important d’être généreux d’encouragements et de faire tout ce qu’on peut pour montrer de la confiance dans les gens qui nous entourent. On ne mesure jamais vraiment sur le coup l’importance que de bons mots peuvent avoir pour quelqu’un.

Alors tiens! Pour souligner ça, je vous invite à acheter un exemplaire du livre, à écrire quelques bons mots dedans et à l’offrir en cadeau à une personne dont vous appréciez le regard — et les photos qu’elle partage sur les réseaux sociaux!

Allez savoir quel effet ce geste pourra avoir sur la suite des choses!

Deux femmes inspirantes

J’ai manqué de temps pour écrire ici au cours des dernières semaines. Tout va trop vite. Et dans ce temps-là je réserve mon temps d’écriture pour mes notes personnelles, dans DayOne — laissant des traces spontanées de choses sur lesquelles je pourrai éventuellement revenir.

Ça va trop vite parce que je termine mon mandat de directeur général par intérim de la BTLF dans quelques jours (je dois fermer les dossiers, accompagner mon successeur, etc.) et que j’ai déjà commencé le mandat qui suivra… alors ouf! Mais j’ai beaucoup de chance, tout va bien, j’ai beaucoup de plaisir et je crois profondément dans l’importance de ce que je fais.

Mais il faut garder la discipline d’écriture et de partage aussi, alors je vais essayer de consacrer un peu de temps en fin de semaine à écrire quelques textes pour mon blogue. Simplement — sans trop me casser la tête.

Le premier sera pour partager quelques suggestions de lecture tirées du Soleil de ce matin — sur deux créatrices que je trouve très inspirantes:

Samuele (dont j’ai déjà parlé dans ce texte):

La grosse année de Samuele

(Il ne faut surtout pas manquer de lire la dernière partie: «un spectacle pour les sourds» — spectacle (et vidéoclip) dont il est aussi question ici et ici.)

Et Colombe St-Pierre:

Le combat de la cheffe St-Pierre

En particulier la section intitulée «autodidacte» — qui nous rappelle avec raison que l’école n’est pas la seule façon d’acquérir les compétences qui nous permettront de nous épanouir. Il faut aussi voir le site de son restaurant (et la considération dont elle fait preuve pour ses fournisseurs).

Il devrait y avoir plus de textes de ce type dans les journaux. Tous les jours.