Les Ateliers éducatifs Angus

Qu’est-ce qui fait le caractère public d’une école?

C’est une question manifestement plus complexe qu’elle en a l’air.

C’est en tout cas ce que je me dis depuis le début de la semaine en lisant les réactions au projet des Ateliers éducatifs Angus.

Je savais que le projet susciterait des réactions, puisque j’y ai modestement contribué au cours des derniers mois et qu’il est évident depuis le début que le projet allait sortir des sentiers battus.

Pour moi, ce projet est exemplaire notamment parce qu’il assume pleinement la nécessité d’inscrire concrètement les activités éducatives dans un milieu de vie précis — en tenant compte de toutes ses particularités. C’est un projet qui aspire à faire cela tout en tenant compte de l’ensemble des exigences de la Loi sur l’instruction publique, ainsi que du programme de l’école québécoise. Le projet ne cherche d’ailleurs pas à s’exclure de la Commission scolaire de Montréal — il s’en trouve plutôt exclu de facto.

Il s’agit d’un projet d’école de quartier gratuite, sans test d’admission, qui se soumet à toutes les exigences pédagogiques fixées par le gouvernement du Québec. Rien à voir avec les écoles à charte qui servent d’épouvantails à certains opposants depuis le début de la semaine.

C’est un projet profondément ancré dans les exigences de solidarité éducative et sociale. Bien plus que la plupart des écoles à vocations particulières ou des programmes d’éducation internationale qui se sont taillés une place dans les commissions scolaires dans les vingt-cinq dernières années (qui bénéficient régulièrement d’exceptions pour imposer des tarifs, dans l’application des conventions collectives, etc.) — et dont on ne questionne pourtant pas (ou très peu) le caractère public.

«…l’école est pensée comme un lieu d’enseignement et de socialisation pour tous les publics qui la fréquentent : enfants, parents, enseignants, communauté locale. Ainsi, l’école sera ouverte le jour, le soir, les fins de semaine et l’été, afin d’accueillir des activités associées à la réalisation de la mission de l’école, mais aussi au développement de la communauté.»

Je pense que ce qui dérange le plus dans ce projet, c’est la priorité qu’il accorde à la cohérence du milieu d’apprentissage par rapport aux exigences et contraintes administratives.

Est-ce qu’une école est publique parce qu’elle s’engage à respecter tous les objectifs et les exigences fixées par le ministère de l’Éducation (accueil de tous les enfants, mixité, neutralité religieuse, programmes, etc.)?

ou

parce qu’elle s’intègre à un système administratif unique — les commissions scolaires — avec des horaires contraignants, des conventions collectives, etc.?

Est-ce qu’une école qui désirerait, par exemple, organiser ses activités en fonction d’un horaire sur cinq jours (au lieu de neuf), pour faciliter les interactions avec le milieu de vie, garderait son caractère public?… même si cela aurait pour effet de compliquer l’application des conventions collectives des enseignants?

Rien n’empêcherait les Ateliers éducatifs Angus d’être être rattachés à la Commission scolaire de Montréal si celle-ci était en mesure de faire preuve de la souplesse administrative nécessaire.

Gabriel Nadeau-Dubois a dit cette semaine que cette école ne devait pas rompre avec le principe d’un réseau public et universel. Je suis évidemment d’accord… si on n’entend pas par là «un réseau unique et uniforme».

Le projet des Ateliers éducatifs Angus explore de nouvelles façons d’organiser des services éducatifs publics et universellement accessibles. C’est un projet qui reste en évolution — à l’écoute du milieu.

Et comme c’est une proposition qui soulève des enjeux fondamentaux pour l’évolution du réseaux scolaire québécois, il est normal qu’il suscite de vigoureux débats.

Je me réjouirais d’ailleurs que l’éducation occupe une place centrale dans la prochaine campagne électorale.

Quelques textes sur le sujet:

Photo: Extrait de Hommage à Marcel Duchamp, une oeuvre de Jirí Kolár, vue au Centre Pompidou, à l’été 2017.

Plus on est de fous…

L’émission Plus on est de fous, plus on lit!, de la radio de Radio-Canada, nous réserve souvent de belles surprises, comme le 8 mars, avec Comment réussir une béchamel, avec Éric Dupont, ou le 9 mars, avec le code secret des notices nécrologiques, avec Mathieu K. Blais. Des moments magiques.

Mais l’édition de vendredi dernier était particulièrement remarquable, fallait que je le dise — que je vous invite à l’écouter.

La musique en studio de Urban Science Brass Band.

Plusieurs lectures qui font honneur aux jeunes qui nous parlent avec intelligence et émotions.

Le discours rafraîchissant de Rachida Azdouz.

Et tant d’autres choses: regardez la richesse de la documentation publique de cette émission, au bas des pages, c’est fantastique! Merci!

Photo: prise à l’exposition Leonard Cohen, au Musée d’art contemporain de Montréal.

De Messenger à Telegram

Je poursuis mes efforts pour sortir de l’environnement Facebook, auquel je n’ai plus confiance. Il me restait à trouver une alternative à la messagerie instantanée Messenger dont je n’arrivais pas à me sortir aisément. Après plusieurs essais, j’ai finalement trouvé hier. Ce sera Telegram.

Telegram est une application disponible pour iOS, Android, Mac OS, Windows, etc. Elle peut fonctionner en parallèle sur plusieurs appareils et son interface me plaît beaucoup. Elle permet évidemment des communications de groupes, et des communications sécurisées, cryptées de bout en bout, au besoin. Seul inconvénient, est nécessaire de posséder un téléphone cellulaire pour pouvoir créer un compte.

Je délaisserai donc progressivement Messenger dans les prochains jours, et pourrai probablement supprimer définitivement mon compte Facebook dans quelques semaines.

Le courriel et le SMS complèteront les moyens pour me rejoindre.

***

En complément, The Guardian a publié il y a quelques jours un texte très intéressant d’Evgeny Mozorov dans lequel il nous propose de profiter de la prise de conscience actuelle autour de la protection des renseignements personnels pour repenser la dimension politique de tout cela.

«Finally, we can use the recent data controversies to articulate a truly decentralised, emancipatory politics, whereby the institutions of the state (from the national to the municipal level) will be deployed to recognise, create, and foster the creation of social rights to data.»

Je vous en suggère la lecture.

Clin d’œil: c’est Ana qui l’a porté à mon attention après l’avoir vu relayé par Stéphane Roche sur Facebook!

Semaine inspirante

Quelques notes en vrac sur les derniers jours:

Les retombées du scandale Facebook/Cambridge-Analytica continuent à se déployer… jusqu’au Québec — avec des questions précises maintenant adressées à nos partis politiques. Je me réjouis de constater que le sujet ne semble pas vouloir être trop facilement remplacé par autre chose dans l’actualité (il a même survécu au budget!). La question est fondamentale: c’est de notre démocratie qu’il s’agit.

Cela dit, il faudra du temps pour démêler toutes les ramifications de l’affaire… et jusque dans les médias — qui devraient éviter de trop se poser en gardien de la vertu. Ce tweet de Dan Backer l’illustre remarquablement bien. Ce texte d’Infopresse aussi…

Il ne faut pas perdre de vue que l’essentiel derrière tout ça, c’est la littératie numérique de tout le monde: il est urgent de mieux comprendre les rouages du monde numérique dans lequel on se trouve: l’utilisation croissante des renseignements personnels dans toutes sortes de domaines, la place des algorithmes dans un grand nombre de processus décisionnels (jusque dans l’administration des services publics), le rôle croissant de l’intelligence artificielle, etc.

Je crois qu’on ne pourra bientôt plus prétendre pouvoir diriger un pays sans disposer de bonne compréhension de tout cela (si c’est même encore possible).

Aussi…

J’ai fait plusieurs rencontres vraiment très stimulantes cette semaine: le milieu de la culture est un monde vraiment merveilleux. Des gens que je ne connaissais pas avant cette semaine, des gens que je n’avais pas vu depuis longtemps, des gens que j’admire depuis longtemps et qui sollicitent maintenant mes conseils — je ne m’y fais pas, mais je le savoure pleinement.

Parmi ces rencontres — de groupe, celle-là — il y a eu Marc Séguin, qui était hier au MNBAQ pour une rare projection de son film Stealing Alice (bande annonce). L’échange avec l’auditoire après la présentation était très riche.

J’en retiens surtout sa conviction que toutes celles et ceux qui ont accepté de s’embarquer dans ce projet un peu fou l’ont fait pour prendre part à un projet hors-normes (au sens littéral), qui s’inventait au fur et à mesure, en réaction aux événements et en tirant profit de la contribution de chacun. Un projet dans lequel l’imprévisible joue un rôle central et que seule la confiance dans le projet (et son leader) permettait d’accepter. Les anecdotes de tournage sont incroyables, presque invraisemblables! Et ça marche! (et avec Fanny Mallette comme personnage principal, que demander de plus?!)

Ça m’a fait réaliser que les projets les plus mémorables auxquels j’ai pris part (et dont j’ai parfois été l’initiateur) avaient aussi cette dimension très artistique.

À retenir pour la suite.

Pas de Facebook, plus de Twitter

Bloguer avec un petit b, ça veut aussi dire écrire sans forcément attendre d’avoir des tonnes de choses à dire. Voire même surtout pour susciter les échanges (parce qu’il n’y a évidemment pas que sur Facebook qu’on peut jaser). N’hésitez donc pas à commenter au bas du texte — j’essaie de toujours répondre (parfois avec un peu de retard… mais un peu moins d’instantanéité ce n’est pas mal non plus!)

Alors pour ce soir je vais surtout noter que ça fait un peu plus d’une semaine que j’ai quitté Facebook et que je ça ne me manque pas tellement (pas encore?).

Quelques amis ont tenté de me convaincre d’y revenir, notamment parce que mes idées méritent (disent-ils) de profiter d’une portée que seul Facebook pourrait leur offrir. J’ai apprécié leur démarche, mais je vais plutôt chercher d’autres façons de faire circuler mes idées.

D’autant que plus les jours passent, et les révélations se succèdent, plus je suis convaincu que j’ai pris la bonne décision — et qu’il est urgent d’interpeller nos gouvernements pour qu’ils agissent dans le domaine de la protection des renseignements personnels. Lire à ce sujet l’excellent éditorial de Pierre Asselin, dans Le Soleil de ce matin.

Ah oui, aussi… J’ai eu à expliquer à quelques reprises que je n’utilise plus Facebook, mais que je n’ai pas encore supprimé mon compte. C’est comme ça essentiellement parce que ne peux pas me passer du jour au lendemain de Messenger, dont l’utilisation est lié à un identifiant Facebook.

Et je conclus en disant que je retrouve par ailleurs un grand plaisir à utiliser plus intensivement Twitter.

Photo: Oeuvre de Chéri Samba (et d’un visiteur, agencé!), vue au Musée de la Fondation Louis-Vuitton, à Paris, à l’été 2017.

Quitter Facebook

J’ai annoncé il y a quelques jours que je faisais une pause de Facebook. Dans ce contexte, il faudra bien que je partage mes photos de chats ailleurs… alors voilà, ça commence ce matin! :-)

Plus sérieusement, à la suite de ce texte, le Journal de Québec/Montréal m’a proposé de développer un peu ma réflexion pour la partager avec les lecteurs du journal. Ça donné lieu à ce texte, intitulé Quitter Facebook, qui est publié dans l’édition de ce matin.

Au cours de mes recherches, je suis retombé sur quelques textes que j’avais déjà publiés ici, et qui font bien sourire plus de dix ans plus tard:

9 juillet 2007 — Réseaux sociaux et identité: sentiment d’urgence

18 juillet 2007 — Facebook, non merci!

7 août 2007 — Identité et communautés virtuelles

Je continuerai à réfléchir dans les prochaines semaines aux autres outils que j’utilise quotidiennement: Google, Gmail, Messenger, Twitter, etc.

Tout cela en continuant à croire que le plus important c’est de faire remonter ces enjeux dans l’espace public — et de forcer nos gouvernements à arrêter de parler de ces enjeux au futur pour enfin passer à l’action.

bloguer, avec un petit b

J’ai annoncé hier soir que je faisais une pause de Facebook jusqu’à nouvel ordre. Le temps de bien réfléchir au fait de supprimer définitivement mon compte ou pas (je reprends les explications publiées sur Facebook, ci-dessous). Vingt quatre heures plus tard, je ne regrette pas du tout ma décision — à plus forte raison au regard des nouvelles informations qui ont émergées aujourd’hui au sujet du laxisme de Facebook et du machiavélisme de Cambridge Analytica. C’est révoltant.

Je vais profiter de cette pause pour réapprivoiser l’utilisation de Twitter (que j’avais négligée au cours des derniers mois) et d’Instagram (bien que ça appartienne à Facebook!) et possiblement faire évoluer l’utilisation de mon blogue.

Le hasard faisant bien les choses, un des articles présentés dans Sentiers #26, une infolettre éditée par Patrick Tanguay, fournit de la bonne matière à réflexion à ce sujet:

Small b blogging

«Small b blogging is learning to write and think with the network. Small b blogging is writing content designed for small deliberate audiences and showing it to them. Small b blogging is deliberately chasing interesting ideas over pageviews and scale. (…)

most people would be better served by subscribing to small b blogging. What you want is something with YOUR personality. Writing and ideas that are addressable (i.e. you can find and link to them easily in the future) and archived (i.e. you have a list of things you’ve written all in one place rather than spread across publications and URLs) and memorable (i.e. has your own design, logo or style). Writing that can live and breathe in small networks. »

À cogiter dans les prochains jours donc.

PHOTO: un cadeau de Louis Germain, qui m’a fait plaisir en m’écrivant ceci:

«Marchant, l’autre jour, j’ai aperçu cette borne-fontaine, toute pimpante dans un coussin de neige toute blanche. Ça a évoqué chez moi ces photos dont tu coiffes tes billets de blogue.». Merci pour la complicité!

—/ début du texte publié sur Facebook /—

PAUSE DE FACEBOOK

On sait depuis longtemps qu’en utilisant Facebook, on accepte de lui confier une grande quantité d’informations à notre sujet. Pas confortable… mais bon.

Un dossier publié par The Guardian vient de faire passer l’inconfort à un autre niveau. On y découvre à quel point nos données sont vulnérables entre les mains de Facebook:

https://www.theguardian.com/news/2018/mar/17/data-war-whistleblower-christopher-wylie-faceook-nix-bannon-trump

Pire encore, on constate à quel point les dirigeants de Facebook minimisent complètement la portée de ces révélations:

http://www.businessinsider.com/facebook-data-breach-reactions-executives-response-twitter-2018-3

Pour moi, la confiance est brisée. Je dois remettre en question ma présence ici.

Quelques amis ont déjà complètement effacé leur compte.

Je préfère pour ma part prendre un peu de recul avant de poser un geste irréversible — mais c’est la direction que prend actuellement ma réflexion.

D’ici-là, je serai absent de Facebook — pour au moins un mois.

Vous pourrez communiquer avec moi au besoin (ou pour le plaisir) par un des moyens indiqués sur cette page de mon blogue:

https://remolino.qc.ca/ailleurs-sur-le-web/

(et possiblement par Messenger, dont je poursuivra l’utilisation encore quelques temps).

***

Pour un résumé synthétique de l’importance de la situation qui prévaut actuellement autour de Facebook, je vous suggère ce dernier texte:

https://www.axios.com/cambridge-analytica-scandal-highlights-chaos-at-facebook-cf1122bd-27f9-4ab5-8eb4-38be29cbdf10.html

Et pourquoi pas celui-ci, une fois parti:

https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/mar/18/facebook-extremist-content-user-data

Ciao!

—/ fin du texte publié sur Facebook /—

Ce que j’ai pensé du livre de Sébastien Proulx

J’ai lu dans les derniers jours Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire. Le livre a suscité quelques réactions positives, mais également de nombreuses critiques assez dures.

J’ai pour ma part apprécié la candeur (un certain abandon des précautions politiques habituelles) avec laquelle le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur s’adresse au lecteur. Je trouve que c’est un choix cohérent avec une phrase importante, qui ne vient que très tard dans le livre: «J’affectionne la philosophie et les gens qui réfléchissent à voix haute».

C’est tout à l’honneur du ministre d’avoir osé réfléchir à son tour à voix haute — en sachant forcément très bien qu’il allait être critiqué pour les incohérences entre le caractère vertueux de son propos et certaines des actions du gouvernement dont il fait partie. Il a osé. Trop peu d’élus le font (et encore moins lorsqu’ils sont ministres). Je pense qu’il faut souligner cela.

Il se trouve des pistes prometteuses dans les propos de Sébastien Proulx, en particulier:

  1. sur l’importance de développer le goût de la lecture au plus jeune âge, de maintenir cet intérêt tout au long de la vie (notamment en valorisant beaucoup plus les auteurs et les autrices)
  2. et sur l’importance de laisser beaucoup plus de latitude aux milieux dans la conduite de l’éducation.

«Le Ministère [doit] mieux soutenir les initiatives du terrain (…) Il doit apprendre à mieux connaître les acteurs et à aller à leur rencontre. Et faire confiance.»

«…il faudra inévitablement s’engager dans une démarche de révision du régime pédagogique, notamment pour y revoir les contenus, mais aussi pour revoir sa structure actuelle, qui ne donne aucune flexibilité au milieu.»

J’ai été par ailleurs étonné par l’importance que l’avènement de l’intelligence artificielle semble prendre dans la réflexion du ministre au sujet de la culture générale. C’est un point sur lequel j’aurais apprécié qu’il développe davantage. Dans un autre contexte peut-être (et pourquoi pas semblable à celui-ci, mais avec un perspective plus «éducative»? une idée pour La Sphère?).

Cela dit, les deux principaux reproches que j’ai envie de formuler à l’auteur sont:

  1. de sous-estimer les conséquences des inégalités socio-économiques en éducation — et le rôle de l’école pour tenter de les surmonter (et, à plus fortes raisons, les ressources que cela exige).
  2. de ne pas suffisamment élaborer (ne serait-ce que sous forme de pistes de réflexion) sur ce que les valeurs et les convictions qu’il plaide pourraient signifier dans la réalité concrète du milieu scolaire. Ça manque d’exemples, de mises en application.

C’est également cette déception (une certaine frustration même) que j’ai eu l’impression de retrouver au cœur du texte publié ce matin dans Le Devoir par deux bibliothécaires scolaires.

Je déplore aussi que le livre ne traite pratiquement que de l’éducation «scolaire». On y trouve très peu de choses sur l’éducation tout au long de la vie, et en particulier pendant notre parcours professionnel — même s’il effleure parfois le sujet, comme dans ce passage:

« Nous sommes dans un contexte favorable aux employés mobiles et aptes à se perfectionner et à apprendre rapidement. Hélas, le Québec compte des milliers de personnes qui sont dépendantes de leur emploi actuel et qui sont fragilisées face à la modernité, au numérique et à l’innovation. »

Ça me semble trop peu vu l’importance du sujet — particulièrement dans le contexte des transformations technologiques qu’il évoque (intelligence artificielle, robotisation, etc.), mais aussi des aspirations de la classe moyenne à améliorer son sort, notamment par de meilleurs salaires et des responsabilités plus stimulantes.

***

En conclusion, c’est un livre dont je recommande la lecture sans hésitation parce qu’il invite à la réflexion, suscite des réactions et — plus encore — parce qu’il peut stimuler l’engagement en faveur de l’éducation.

Toutes des choses dont la société québécoise a plus que jamais besoin.

Intelligence artificielle et services publics

J’ai lu ce matin quelques-uns des textes suggérés par Patrick Tanguay dans sa lettre hebdomadaire Sentiers.

Parmi les liens qui ont particulièrement retenu mon attention, celui-ci, co-rédigé par Jean-Noé Landry, de qui j’ai eu le plaisir de faire connaissance dans les dernières semaines:

AI in government: for whom, by whom?

Le texte soulève des questions essentielles au sujet de la place que l’intelligence artificielle est appelée à prendre dans le développement des villes — et des services publics de façon générale.

Après avoir partagé le texte sur Facebook, j’ai reçu un commentaire de Patrick Lozeau qui portait à mon attention un texte qui témoigne de l’avancement de cette réflexion au sein du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.

Responsible Artificial Intelligence in the Government of Canada

J’ai trouvé l’introduction de la section Policy, Ethical, and Legal Considerations of AI  particulièrement intéressante.

Et le plus beau dans tout ça… c’est qu’il s’agit d’un document en cours de rédaction (sous format Google Doc) — dont les différentes versions sont décrites en début de document, ainsi que la liste des changements qu’il reste à y apporter. On peut même le commenter. Bravo!

Ça m’a rappelé le neuvième élément de l’ébauche de manifeste que j’avais rédigé en 2011. Plusieurs personnes m’avaient exprimé leur doute qu’on y arrive un jour («est-ce même possible, dans notre système politique?») — eh bien en voilà (enfin!) un bel exemple. Peut-être qu’il en existe de nombreux autres et qu’ils m’avaient simplement échappés?

J’espère que c’est une pratique qui se multipliera rapidement — et pas qu’au gouvernement fédéral!

***

Je profite du fait que les lecteurs de ce textes seront probablement particulièrement intéressés par l’intelligence artificielle pour poser à nouveau une question que j’ai soulevée quelques fois au cours des dernières semaines — sans réussir à obtenir une réponse:

Est-ce qu’il existe un répertoire des décisions qui sont prises, en tout ou en partie, sur la base d’un procédé algorithmique dans l’administration des services publics québécois?

Mise à jour: une amie porte à mon attention cette conférence de René Villemure au sujet de l’éthique et l’intelligence artificielle. Condensée en 3 min 32 secondes… c’est parfait comme un premier survol des enjeux.

Réfléchir, communiquer… le livre, le web, etc.

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Beaucoup de choses me font réfléchir à la part de la communication dans l’engagement politique depuis quelques temps.

D’abord ma décision de faire une pause d’engagement militant — qui m’amène à garder un grand devoir de réserve (en particulier dans les médias sociaux) au sujet ce qui se déroule dans l’actualité. Ce n’est pas toujours facile, mais j’ai tellement de respect pour celles et ceux qui continuent d’être au front que je ne voudrais surtout pas avoir l’air d’être donneur de leçons.

Je crois que cette grande discrétion est importante aujourd’hui, mais elle aura évidemment une fin. J’aurai envie de reprendre plus activement part au débat public — dans quelques mois peut-être, et possiblement sous d’autres formes. Alors je réfléchis à la forme que ça pourra prendre.

C’est dans ce contexte que j’ai lu cette semaine Avant, je criais fort, de Jérémie McEwen, publié chez XYZ. J’ai aimé, même si le sujet de la communication dans l’espace public ne s’y trouve finalement que très peu abordé (du moins directement).

« L’opinion, dans les médias des cinquante dernières années, ne laisse pas l’auditeur penser par lui-même. On gave l’auditoire d’idées toutes faites et de phrases commodes au lieu de présenter des outils permettant la réflexion autonome. »

C’est aussi dans ce contexte que j’ai entrepris de lire Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire, du ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, publié par Septentrion. Je n’ai pas fini la lecture encore, mais l’éditeur m’a fait promettre d’en faire un commentaire sur mon blogue «que j’aie aimé ou pas», alors j’y reviendrai.

« Le conformisme n’est plus possible au département des idées pour changer le Québec et lui permettre de poursuivre son développement. Ce conformisme dans lequel il est facile de s’enliser et qu’il faut continuer à combattre. »

Ces deux livres font d’ailleurs parler d’eux dans le cahier Lire du Devoir de ce matin. Sous la plume de Fabien Deglise (De la cassette au livre) et de Louis Cornellier (Friction intellectuelle).

Le plus récent texte de Normand Baillargeon dans le magazine Voir, intitulé Aux futurs ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, aborde lui aussi les mêmes thèmes.

«Au Québec, l’heure n’est plus aux rapiéçages, aux idéologies, aux approximations ou à la défense d’intérêts particuliers.»

Sans compter qu’il n’y a pas seulement le texte pour s’exprimer, témoigner et prendre position. Les remarquables reportages photo de Renaud Philippe au sujet de la crise humanitaire des Rohingyas, dans Le Devoir (Persécutés au Myanmar, indésirables au Bangladesh) et dans le Globe and Mail (Living in Limbo), nous le rappellent avec force.

Catherine Dorion fait aussi référence au travail de Renaud Philippe dans sa chronique dans le Journal de Québec: Nous ne sommes pas impuissants.

Bref… beaucoup de bois dans l’poêle cette semaine.

 

 

Éviter l’asphalte

Une question m’occupait l’esprit à mon réveil ce matin: est-ce vraiment utile de prendre des photos pour témoigner de l’état du chemin Sainte-Foy en février 2018 comme je l’ai fait cette fin de semaine [1] [2]? Sous prétexte de pouvoir y revenir dans dix, quinze ou vingt ans? Comme le fait très bien Le Soleil avec sa série d’hier à aujourd’hui, par exemple.

Parce qu’au fond, quand on y pense bien, on peut maintenant utiliser Google StreetView pour faire ça — et depuis déjà plusieurs années. Google nous donne même accès aux archives de ses photos, comme je l’avais montré dans un texte écrit pour l’École branchée il y a quelques mois.

Autant s’y faire: dans dix ans on pourra probablement référer encore plus facilement à tout ça. Et dans vingt ans on devrait même pouvoir réaliser de façon automatique de petits films de type stop motion qui permettront de rendre compte de la transformation de n’importe quel coin de rue de n’importe quelle ville.

Alors pourquoi prendre ces photos et les publier sur mon blogue?

Il y a bien sûr les souvenirs qui se manifestent à travers la démarche, que le geste du photographe est sûrement plus efficace à faire remonter à la mémoire que la simple utilisation de Google StreetView (comme François Bon me l’a d’ailleurs spontanément souligné dans un commentaires sur Facebook).

Mais à force de retourner cette question dans tous les sens au cours de la journée, et d’échanger avec des amis, c’est autre chose qui a fini par me frapper: l’automobilisation du regard — et les risques que cela amène pour notre mémoire collective.

En effet, si on se fie à Google pour pouvoir illustrer l’évolution de la ville, nous aurons pour le faire uniquement des points de vue automobiles: les immeubles tels qu’ils sont vus à partir de la route, les paysages comme on les voit en circulant. Rien qui ne soit pas accessible en auto.

C’est une idée que je trouve choquante: comme si l’automobile n’avait pas déjà assez transformé nos villes (et pas que pour le mieux!)… voilà que c’est autour d’elle que pourrait s’organiser une partie de notre mémoire collective?

Le regard que Google pose sur la ville — à partir d’une automobile — pourrait constituer une sorte de référence patrimoniale, une forme d’archives populaires?

Ce n’est certainement pas suffisant!

Et c’est là que le sens de la démarche que j’ai commencé il y a deux jours s’est rapidement précisé dans mon esprit.

Il ne s’agit pas de prendre des photos de ce que je vois, de ce que j’aime ou de ce qui m’inspire à partir de la rue (ou du trottoir) mais de m’extraire des parcours automobiles pour témoigner d’autres points de vue — qu’il faudra que je (ré)apprenne à repérer.

Il faudra que j’emprunte des ruelles trop étroites pour les autos, des sentiers, les passerelles autour desquels se s’est défini mon quartier, pénétrer dans les parcs, passer derrière les bâtiments, monter sur les buttes — et pourquoi pas sur les toits?

On parle beaucoup depuis quelques temps de l’influence indue de Facebook et de Google ont probablement sur la nature de l’information qui alimente le débat public.

Je réalise qu’on devrait peut-être parler aussi de l’influence de ces géants — de Google, dans ce cas — sur notre façon de percevoir et de comprendre notre milieu de vie.

Ma réflexion ne fait bien sûr que commencer mais je sais qu’elle va déjà influencer le parcours de mes prochaines promenades et la nature des photos que j’en rapporterai ici.

Marcher (2)

Ça fait déjà un peu plus de deux ans que j’ai choisi d’être travailleur autonome. Pourtant, je commence tout juste à savoir profiter de la latitude que ça me procure — au moins certains jours — pour profiter du beau temps, comme cet après-midi, par exemple.

J’avais commencé à travailler à 7h30, je n’avais presque pas pris de pause pour le dîner… alors quand j’ai vu toute l’eau qui coulait du toit et le soleil qui faisait briller la neige, j’ai décidé d’aller prendre une petite marche. Une journée de printemps au coeur de l’hiver: fantastique! Et fort de mon expérience d’hier, j’ai décidé de marcher dans la direction opposée avec l’idée de rapporter une autre série de photos-témoignages sur l’allure de mon quartier en 2018.

Vingt minutes vers l’est, sur le chemin Sainte-Foy, en fin de journée hier. Vingt minutes vers l’ouest, toujours sur le chemin Sainte-Foy, cet après-midi. Avec quand même un petit croche dans la paroisse Saint-Benoît pour me rendre au Second Cup — travailler une petite demi-heure devant un café.

Tout au long de cette promenade: réflexion sur le temps qui passe… et, surtout, surtout sur le temps à venir… sur le futur proche — à la recherche des choses qui pourraient changer dans les prochaine années, et dont il pourrait être intéressant de témoigner aujourd’hui.

Réflexion aussi sur les contextes, tellement variés, dans lesquels j’ai parcourus ces trottoirs depuis 40 ans.

Élève au primaire, en route pour la tabagie Delta ou pour le Rendez-vous, où on achetait des bonbons à une cenne en plongeant nos mains directement dans le plats.

Élève au secondaire, pour prendre le bus vers le Vieux-Québec pour rencontrer des amis ou assister à un spectacle au Festival d’été.

En vélo, dans le traffic, à travers les bus, le jour comme la nuit, pour me rendre au cégep et à l’université… ou pour me rendre au Temps Perdu.

L’hiver, l’été, sous la pluie, sous la neige — en écoutant de la musique grâce à un Walkman, un Discman, un iPod, un iPhone…

En campagne électorale, pour faire du porte-à-porte, aussi.

Et aujourd’hui, au beau milieu de l’après-midi, en réfléchissant, à travers tout ça, au texte que Le Devoir consacrait ce matin aux slasheurs / les adeptes du pluritravail — ce que je suis, moi aussi, d’une certaine façon.

***

En portant autant attention à mon environnement visuel, j’ai été forcé de constater qu’il ne s’est pas amélioré depuis quinze ou vingt ans. Et j’ai beaucoup de difficulté à m’expliquer ça.

C’est un secteur bien situé, dans une ville en pleine santé économique, une zone parfaite pour l’accueil des immigrants (qui l’adoptent d’ailleurs en grand nombre), bien desservi par les transports en commun, à proximité de bonnes écoles, etc. C’est un coin de la ville qui a tout pour lui… et pourtant, on n’a pas l’air d’avoir le goût d’en prendre soin.

Sans oublier que le chemin Sainte-Foy est une des routes les plus déterminantes dans l’histoire de la ville. Je ne comprends pas comment on peut le laisser aussi négligé, comme s’il n’avait vocation qu’à être une simple track d’asphalte. C’est dommage.

La ville devrait apporter plus de soins aux axes importants de la ville, comme le chemin Sainte-Foy: y mettre du beau, donner envie d’y marcher. Surtout quand ils traversent les quartiers résidentiels.

***

J’ai pris les photos en repartant du Second Cup en route vers la maison — pour éviter le contre-jour.

Première photo, rue de la Pérade: je découvre qu’on détruira bientôt le Jardin Mobile pour le remplacer par des condos locatifs. Je pense que c’est de la densification intelligente (à défaut qu’elle soit très esthétique).

Deuxième photo: la rue Bégon, par laquelle je retourne au chemin Sainte-Foy.

Troisième photo: le Poulet Frit Kentucky: à peu près inchangé depuis 40 ans. Et ses montagnes de neige sale.

Quatrième photo: la Giroflée, épicerie santé, mon premier emploi comme étudiant — où j’ai tellement appris, avec des gens tellement sympathiques. Auparavant, ça avait été le restaurant El Picador.

Un peu plus loin il y a le petit centre commercial Place Beshro, où est situé le Salon Michel, où je vais me faire couper les cheveux depuis que j’ai cinq ans, ou à peu près. Le fleuriste qui a accompagné naissance, décès, Saint-Valentin et tant d’autres occasions aussi. Et la pâtisserie Denis Tannous.

Cinquième photo: le local du Centre du bicycle, qui a fermé l’an dernier, où mes parents m’ont probablement acheté mon premier vrai vélo — et où nous avons acheté nos sapins de Noël pendant tant d’années.

Sixième photo: le terrain d’une ancienne station service, qui est laissé en friche depuis une bonne dizaine d’années.

Septième photo, l’immense terrain de l’ancien Marie-Antoinette (dont le bâtiment a été détruit l’an dernier après avoir été occupé pendant des années par un resto-bar aux allures très louches). C’est dans ce Marie-Antoinette que j’ai mangé une délicieuse tarte aux pommes après être monté sur scène pour la première fois (pour réciter la fable Le Loup et le chien, en guise d’épreuve finale d’un cours de diction).

Huitième photo: un garage de mécanique qui est là depuis au moins quarante ans et qui est notamment mentionné dans un roman de Jacques Côté, publié chez Alire (voir ce texte).

Neuvième photo: le centre commercial où j’ai eu mon premier compte de banque, à la Caisse populaire de la Colline, et où était situé le Buffet de la Colline, tout premier restaurant de la famille Germain (qui était devenu un Normandin quand nous avons aménagé à Québec, et dont le local est inoccupé depuis environ cinq ans).

Et à droite du centre commercial, de l’autre côté de la rue Duchesneau: l’immeuble qui a remplacé le Speed and Sport.

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Ces quelques notes pour partager quelques réflexions — et comme traces pour pouvoir poser un autre regard sur tout ça dans dix ou vingt ans. En espérant que ça aura changé… pour le mieux!

Mais quand on pense que certains bâtiments sur ce bout de rue sont à l’abandon depuis plus de 35 ans sans que la ville ne fasse rien… (voir la huitième photo d’hier, un immeuble auquel j’avais déjà fait référence en 2012) il ne faut rien tenir pour acquis.

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En rouge, le segment du chemin Sainte-Foy que j’ai parcouru aujourd’hui. En bleu, celui que j’ai parcouru hier.

Marcher

Je suis allé prendre une marche en après-midi, sur le Chemin Sainte-Foy, tout près de chez-moi. C’est un secteur de la ville que je connais très bien parce que ça fait presque 40 ans que je l’habite (mis à part trois années passées à Paris).

Certains immeubles n’ont pas beaucoup changé, d’autres ont été remplacés, certains sont à l’abandon, parfois depuis très longtemps. On est dans un secteur de Québec qui change beaucoup depuis quelques années… mais disons que c’est un bout du chemin Sainte-Foy qui aurait besoin d’un peu d’amour (et depuis longtemps!). C’est aussi ici que l’attentat du 29 janvier 2017 au Centre Culturel Islamique de Québec s’est déroulé.

Après un petit café chez le boulanger, j’ai repris ma route vers la maison et je me suis dit que ce serait intéressant de conserver quelques images pour témoigner de l’état des lieux en février 2018: de l’hiver rigoureux que nous avons (même s’il fait très doux aujourd’hui), de la saleté de la ville à ce moment de l’année, des immeubles qui vont probablement bientôt disparaître, etc.

Ma promenade m’a aussi rappelé que je vieillis… Impossible de le nier en constatant à quel point j’aurais des choses à raconter au sujet de chacune des photos que j’ai prises. Des bouts d’histoire, des anecdotes et des choses qui appartiennent aux légendes de mon enfance. Juste au sujet ce petit bout de route qui prend une vingtaine de minutes à parcourir, je pourrais écrire de longues pages… mais je n’ai pas le temps ce soir. Je dis «je vieillis» avec beaucoup de sérénité: franchement, j’aime avoir cette connaissance des lieux que seule l’expérience (l’âge) peut offrir.

Pour le moment je vais me contenter de conserver ces quelques photographies comme des matériaux qui pourront éventuellement servir à d’autres textes.

Lire, voir et écrire

Ça fait un bout que je n’ai pas écrit ici. Je ne sais pas trop pourquoi — si ce n’est que mes journées sont particulièrement chargées par les temps qui courent. Mais je prends quand même le temps de lire et d’écouter/visionner, toutes sortes de choses, alors je pourrais aussi prendre le temps d’écrire un peu.

J’explore entre autre le monde des youtubeurs, auquel je n’avais pas vraiment porté attention — même si connaissais son importance. Et je trouve ça vraiment très stimulant. Il y a là beaucoup de variété (le meilleur et le pire, évidemment), mais surtout beaucoup de spontanéité. J’aime beaucoup la liberté que je trouve là. C’est très inspirant.

Je ne me lancerai pas dans la vidéo parce que ça demande trop de temps (tournage, montage, diffusion, etc.) mais il se pourrait bien que ça influence un peu la façon dont je vais aborder l’écriture ici dans les prochaines semaines et les prochains mois.

En attendant, voici des liens vers quelques textes qui ont attiré mon attention dans les derniers jours:

Attention Éric Chevillard est fou

Je connais un peu Éric Chevillard. Je le lisais dans Le Monde des livres, notamment, mais je n’avais pas pris l’ampleur (et la régularité) du travail sur son blogue. Impressionnant! Et sous la forme de ce livre?! Ça laisse bouche-bée.

Je suis très fier d’écrire presque tous les jours quelques notes dans DayOne, et d’écrire plus ou moins régulièrement ici… mais il y a encore clairement de la place pour faire mieux / partager plus. La spontanéité est peut-être une des clés de l’affaire, justement.

John Perry Barlow’s 25 Principles of Adult Behavior

Il faut toujours prendre avec un grain de sel toutes ces listes qui ont souvent une forme dimension psycho-pop… mais quand je tombe sur une bonne liste (comme c’est le cas ici) j’aime bien prendre le temps de me demander ce dans quoi je me reconnais le plus.

Ma sélection des plus importants dans la liste de Barlow? Les voici:

 1. Be patient. No matter what.

3. Never assume the motives of others are, to them, less noble than yours are to you.

4. Expand your sense of the possible.

7. Tolerate ambiguity.

8. Laugh at yourself frequently.

10. Never forget that, no matter how certain, you might be wrong.

16. Reduce your use of the first personal pronoun.

Et vous lesquels?

Maxime Catellier et Robert Lévesque en duo

«J’ai fait ma spécialité de la digression. J’écris quelque chose et, en l’écrivant, un mot me donne une idée, je tourne, je reviens. Je procède à sauts et à gambades, comme dirait Montaigne.

 C’est ce qu’on appelle écrire en prenant son temps. Tu pars pour écrire quelque chose et tu finis par écrire autre chose. C’est ça l’essai : réfléchir avec un souffle.»

Noémie Leclerc et Hubert Lenoir: soif de liberté

J’ai d’abord été charmé par la photo, puis par le texte, et finalement par les premières notes que j’avais pu écouter à partir de La Presse+.

L’album joue en boucle depuis une semaine. J’ai acheté le livre hier — les premières pages me plaisent déjà beaucoup.

Et l’audace rafraîchissante, l’ambition naïve, de leur projet me séduit beaucoup.

Revue de presse

Pour le plaisir de partager quelques pistes de réflexion, voici certains des textes qui ont attiré mon attention au cours de la dernière semaine:

La solitude mine la santé psychologique et physique

«Le Royaume-Uni vient de créer un ministère consacré à la solitude, une réalité aujourd’hui considérée comme un problème de santé publique aussi criant que le tabagisme ou la cigarette. (…) L’interaction sociale est la pierre angulaire de l’espérance de vie et a plus d’impact sur la santé que la génétique, l’argent, le type d’emploi ou même le taux de cholestérol. »

Fausse route identitaire: le problème ce n’est pas la Burka, c’est le GAFA

«Notre culture et notre langue sont actuellement davantage menacées par le GAFA que par la burqa. C’est la puissance des géants du GAFA, Google, Apple, Facebook, et Autres géants du web (Amazon, Netflix, Spotify) et l’imposition de leurs contenus culturels américains qui menacent profondément notre identité francophone. (…) Il est là, le principal et plus fondamental enjeu identitaire pour l’avenir du Québec français.»

La commission Parent, œuvre inachevée

«…le retard des Québécois francophones en éducation demeure. (…) On ne veut pas sombrer dans l’alarmisme ou le pessimisme. D’immenses progrès ont été accomplis depuis les années 60. Mais l’utopie derrière le rapport Parent reste inachevée. Ce serait d’ailleurs un beau projet pour un parti qui se cherche un programme électoral…

L’automatisation n’est pas une réponse à la pénurie de main-d’œuvre

«à la réalité démographique vient se greffer la montée de l’automatisation, qui pourrait provoquer « l’élimination, la réduction et la réaffectation partielle ou totale de 1,4 million de postes au Québec d’ici 2030 ». Ainsi, le prochain rapport des inégalités n’opposera plus mieux et moins bien nantis, mais plutôt ceux qui peuvent et ne peuvent pas travailler.»

Mon collègue le robot

«Les travailleurs qui ne s’interrogent pas sur la façon dont leur tâche, leur employeur ou l’ensemble de leur secteur sera affecté pourraient avoir de bien mauvaises surprises. (…) L’éducation doit remonter dans la liste des priorités. (…) Le rapport propose une piste intéressante : un compte individuel permanent pour la formation, dans lequel chaque travailleur pourrait accumuler des épargnes, du financement extérieur et même du temps de son employeur pour se perfectionner tout au long de sa carrière.»

Vers le lobbying automatisé?

«Des outils d’analyse de données, très coûteux, qui se présentent comme un complément du lobbying traditionnel, venant encore un peu mieux armer ceux qui avaient déjà le plus de moyens pour défendre leurs intérêts.»

La politique autrement

«Si vous voulez faire de la politique autrement, cessez de parler contre les autres. (…) Dites-nous ce que vous avez à nous proposer, expliquez-nous vos compétences, donnez-nous de l’espoir. (…) Si les politiciens veulent que le peuple les respecte, qu’ils commencent par se respecter entre eux. Ce n’est pas en passant son temps à démontrer que tous les autres sont des croches, que vous allez nous convaincre que vous n’en êtes pas un. (…) Vous trouvez ça utopique ? Ce l’est. Mais le rêve devient réalité quand la réalité n’a plus le choix. Et on est rendu là.»

Le canari dans la mine (sur le mont Royal)

«On aurait tout avantage à considérer les patinoires comme les canaris dans la mine du dérèglement climatique. Ces oiseaux dont la mort, jadis, prévenait les mineurs qu’ils étaient en danger. (…) La Ville de Montréal (…) ne doit pas uniquement lutter contre les changements climatiques (…) elle doit aussi, avec empressement, chercher à s’y adapter.»