Bidon

Du panier d’oranges, j’emprunte la sphère colorée.

Et je passe à cette photographie d’une oeuvre de Romuald Hazoumè.

Notre parcours dans l’exposition du Musée de la Fondation Louis Vuitton nous avait permis d’apprécier d’autres oeuvres de cet artiste qui utilise fréquemment des bidons d’essence pour fabriquer des masques.

«[les bidons d’essence], cet ustensile au centre de tous les échanges et les trafics des métropoles africaines…», disait une note.

Regroupés sous la forme d’une mappemonde de plus de 2 mètres de diamètre, les masques forment ici une portait saisissant d’une planète devenue dépendante du pétrole.

* * *

Quel autre concept, ou quelle réalité, est-ce qu’on pourrait résumer ainsi, par une habile accumulation d’un seul objet? De quel objet?

Et si je devais résumer la dernière semaine par un seul objet, quel serait-il? La dernière année?

La prochaine année? En cinq objets? Et pourquoi?

Ça fait beaucoup de questions tout ça…

Mais alors, c’est quoi l’objet qui incarnerait le mieux une question?

De quoi pourrait bien avoir l’air une accumulation de questions?

C’est quoi, au fond, l’essence d’une question?

Question bidon?

Peut-être.

Qu’importe, si on s’amuse!

D’une image à l’autre

Deux photos sans lien apparent, pour lequel un élément, plus ou moins évident, servira de fil conducteur. Et chaque fois, se servir de l’image comme un déclencheur — pour écrire quelque chose, parfois même sans rapport avec la photo.

Pour pour amorcer l’exercice, une photo prise l’été dernier à Trogir, en Croatie. Une ville extraordinaire, faite d’un labyrinthe de ruelles et d’un collier de fenêtres. Une ville pleine de surprises et d’invitations.

Comme ce panier d’oranges qui, à plus de 40 degrés celcius, avait des allures d’oasis.

Ce matin, Le Mondepublie à la une le cri d’alarme de quinze mille scientifiques sur l’état de la planète.

La Terre est bleue comme une orange.

Leçon pour faire apparaître (ou disparaître)

Le visionnement de la Leçon pour faire disparaître les gens, de François Bon, m’a spontanément fait penser à une histoire… d’apparition! Une histoire que j’avais racontée à l’occasion d’une conférence prononcée en 2003.

L’extrait:


«J’étais l’été dernier au chalet d’un ami dans la région de Victoriaville. Par une journée splendide, sur le bord du lac, je me suis amusé à essayer de pêcher l’écrevisse… tant bien que mal. Parce qu’après m’être bricolé un filet avec un sac de plastique et une branche et m’être roulé dans la boue plusieurs fois… tout ce que j’ai réussi à faire, c’est un fou de moi ! Il a fallu plus de deux heures pour que j’attrape enfin l’écrevisse tant convoitée.Comme un ami avait enregistré quelques images de toute cette catastrophe pour mon honneur, j’ai entrepris, une fois les enfants couchés, de faire un petit montage pour conserver un souvenir de la journée…

Mais le lendemain matin, quand j’ai présenté la vidéo à ma plus grande fille, et qu’elle m’a vu arriver sur le bord du lac, plonger le filet à l’eau et en ressortir miraculeusement, du premier coup, une écrevisse… elle a très bien compris qu’il y avait là mystification… et que ça ne s’était pas passé comme ça du tout ! Ce jour-là, elle a compris qu’elle ne pouvait pas se fier aux images que la télévision lui présentait… qu’il était possible de réécrire l’histoire avec des moyens très simples, une caméra vidéo, un ordinateur et quelques minutes.

Je pense que c’est en multipliant ce genre d’expérience, en donnant l’occasion aux élèves de faire de la vidéo numérique et de constater ce que la technologie permet de réaliser, qu’on pourra outiller les enfants pour qu’ils se façonnent une vision du monde bien personnelle au lieu d’accepter comme telle celle que d’autres pourraient leur offrir toute faite… avec peut-être une petite idée derrière la tête… Contre la téléréalité, ce sont des ateliers de créations vidéo qu’il faut opposer, pas davantage de discours théoriques sur la télévision elle-même.»


Tsé… quand une vidéo te fait penser à une vidéo, au sujet de la puissance (éducative) de la vidéo.

Bon dimanche!

Photo: fragment d’une oeuvre de Goran Trbuljak, vue au Musée d’art contemporain de Zagreb, à l’été 2017.

Collier

Écrire plus souvent, plus spontanément (et peut-être sur des sujets moins sérieux). Pour remettre la machine en marche, utiliser quelques prétextes. Comme une photo tirée des archives, presque au hasard.

C’était le 11 novembre 2014 — il y a trois ans.

Mikado s’était invité à la maison depuis à peine plus d’une semaine. On venait de décider de l’héberger. On croyait qu’il allait accepter de porter un collier. C’était mal le connaître.

On a dû lui acheter trois colliers, dont il s’est chaque fois débarrassé très rapidement.

— Pas de collier! Je ne vous appartiens pas. Je n’appartiens à personne. Je serai avec vous tant que j’aurai envie d’être avec vous.

Depuis ce temps, on lui ouvre la porte chaque fois qu’il le souhaite, sans poser de questions. Et il revient chaque fois. Parce qu’il a faim, évidemment, mais peut-être aussi parce qu’il a envie de nous revoir. Je l’espère.

C’est une des seules photos que nous avons de Mikado portant un collier.

Je m’en réjouis.

Le loup et le chien. Version féline.

Pause

Depuis plusieurs semaines je me dis qu’il faut me remette à écrire un peu plus fréquemment (et plus spontanément!) sur mon blogue. Eh bien voilà: je profite d’une accalmie de fin d’après-midi pour mettre par écrit une décision que j’ai déjà partagée avec plusieurs collègues et amis.

Je prendrai bientôt une petite pause de la politique.

En effet, j’ai décidé de ne pas solliciter de nouveau mandat comme président du Parti Québécois de Jean-Talon (en janvier prochain), ni comme président régional (au mois de mars). Je ne serai pas non plus candidat en 2018, comme je l’ai été à l’élection générale de 2014 et à l’élection partielle de 2015.

Je poursuis néanmoins mes mandats jusqu’à leur échéance et je resterai toujours disponible pour apporter mon soutien.

Je prends cette décision très sereinement, essentiellement parce que mes contraintes professionnelles font en sorte que j’ai de moins en moins de temps à consacrer aux instances que je préside… alors que l’année électorale qui s’amorce exigerait que j’en consacre de plus en plus.

Je me dis que parfois, faire preuve de leadership c’est aussi savoir laisser sa place. Surtout quand on peut partir l’esprit tranquille et laisser la suite des choses entre les mains d’équipes de confiance.

C’est donc ce que je m’apprête à faire.

Pour en finir avec le cynisme systémique


Note: Ce texte est publié à l’occasion du 52e rendez-vous sandwich. Pour un rappel de l’origine de cette démarche, on peut cliquer iciLes cosignataires sont présentés au bas du texte.

POUR EN FINIR AVEC LE CYNISME SYSTÉMIQUE

Le Québec souffre d’un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.

Que faire devant ce constat? S’indigner chacun notre tour sur les réseaux sociaux? Se réfugier dans une partisanerie pire que celle qui nous irrite? Décrocher complètement pour se replier dans un confortable chacun-pour-soi? 

Il y a un an, une série d’événements nous a fait sortir de nos gonds: écoeurantite aiguë. Nous avons cru nécessaire de nous engager dans une démarche exutoire. 

Depuis un an, nous nous sommes réunis chaque vendredi devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich en cherchant à résoudre ce dilemme.  

C’est une démarche exigeante, que l’on pourrait juger futile, mais que nous croyons utile, parce que la recherche d’une solution s’avère déjà une première façon de rester actifs et engagés. De ne pas sombrer. C’est un symbole. 

Toute l’année, les raisons de s’indigner se sont succédé, chaque semaine, l’une remplaçant la précédente… à un rythme si effarant qu’il fallait probablement un rendez-vous hebdomadaire pour le constater. L’année a été un feu roulant de raisons capables d’entraîner quelqu’un dans la lassitude et la perte de confiance dans le monde politique. Mais nous avons tenu bon.  

Chaque semaine, nous avons fait l’effort de transformer notre indignation en quelque chose de plus positif: en échangeant, en adoptant d’autres perspectives, en cherchant la lumière au bout du tunnel. C’est un rendez-vous qui nous a fait du bien, duquel nous sommes chaque fois repartis revigorés, et un peu plus sereins. Du même coup, nous avons un peu moins chialé sur les réseaux sociaux — ce qui est déjà pas mal comme résultat, parce que cela ne mène le plus souvent à rien. 

Après trente semaines, nous avons publié un texte pour interpeller élus et journalistes. Un texte qui a eu bien peu d’échos. Nous nous sommes parfois demandé s’il fallait en publier un autre, choisir des mots plus forts, plus polémiques ou provocateurs. Nous avons choisi de ne pas le faire pour ne pas alimenter les mécanismes négatifs que nous déplorons. 

Vingt-deux semaines plus tard, cette année de rendez-vous aboutit sur le constat que la dynamique politique est dans une impasse partisane au Québec et que la manière dont les médias (et notre usage des médias sociaux) s’en font l’écho a pour effet d’empirer la situation.  

Au moment où nous mettons un terme à cette séquence de cinquante-deux vendredis sandwich, on se dit qu’il serait peut-être utile d’envisager la mise sur pied de quelque chose comme une commission sur le cynisme systémique. Il est urgent de comprendre pourquoi notre désabusement prend plus de place dans l’espace public que nos espoirs et les projets qui sont censés les incarner.  

Autrement, le Québec court le risque de s’embourber de plus en plus profondément dans des débats qui n’ont rien à voir avec les défis réels auxquels nous sommes confrontés. La lassitude et le désengagement sont toxiques pour notre avenir. 

Vivement que des hommes et des femmes politiques assument un leadership dans cette nécessaire reprise en main de notre santé mentale collective. L’apport des médias est également indispensable pour que cette reprise en main soit possible. 

Mais il ne faut pas seulement attendre que le changement vienne des autres. Le réveil citoyen veut aussi que chacun de nous consacre un peu plus d’énergie à soutenir des projets inspirants et un peu moins à s’époumoner sur les sujets qui nous enragent. 

Vivement qu’on fasse de l’espace dans nos vies pour ces projets inspirants et que chacun d’entre nous puisse recommencer à se mobiliser POUR quelque chose plutôt qu’uniquement CONTRE quelque chose. 

C’est dans cet esprit que nous vous invitons à vous joindre à nous pour un dernier rendez-vous sandwich, le vendredi le 10 novembre, de 12h à 12 h 30 devant l’Assemblée nationale.  


LES SIGNATAIRES: 

Clément Laberge
Marie-Claude Côté
Marianne Kugler
Étienne Ferron-Forget
Louis Germain
Benoît Tardif
Marie-Claude Perron
Martine Rioux
Nathalie Perreault
Lynda Cloutier
Annie Morin
Marie Lavoie
Marjorie Ramírez
Marie-Hélène Vaugeois
Sylvain Bérubé

Et une vingtaine d’autres personnes qui sont venues manger un sandwich avec nous au moins une fois au cours des douze derniers mois. 

52e rendez-vous demain


Il y a un an, un énième scandale de corruption faisait irruption dans l’actualité. Cette semaine là, c’était celui de la Société immobilière du Québec (qu’est-il devenu, justement, ce scandale, un an plus tard?). Particulièrement choqué, j’exprimais mon ras-le-bol à ma fille de 15 ans:

— Bon ben là, ça va faire! Je pense que je vais aller manger un sandwich devant l’Assemblée nationale demain pour montrer mon indignation!

— Ok, mais fais-le si t’es vraiment sérieux!

C’est comme ça que le rendez-vous sandwich du vendredi midi a commencé.

Des personnes variées s’y sont rapidement jointes — pour un midi, ou deux, ou trois… avec quelques réguliers. Une dizaine de personnes, qui sont pratiquement devenues des amis.

Et ça fait déjà un an de ça! 52 semaines! Par beau temps, mauvais temps: il n’y a pas eu une semaine sans un petit attroupement autour d’un sandwich devant l’Assemblée nationale.

Nous nous sommes rencontrés chaque vendredi, à midi, pour trente minutes d’échange sur l’actualité politique de la semaine. Pour ventiler nos frustrations, chercher du positif où il y en a, retourner nos humeurs et repartir un peu plus sereins (ou seulement un peu moins découragés, selon les semaines). Pour réfléchir à la démocratie, au Québec, en 2017.

Un an, déjà… je n’arrive pas à y croire. Au départ, personne ne l’aurait cru d’ailleurs! Mais ça s’est fait assez naturellement, une semaine à la fois.

Mais il faut bien que ça se termine un jour… Et surtout qu’on invente de nouvelles façons de montrer notre indignation et (plus important encore) des façon de transformer cette humeur en quelque chose de plus constructif.

C’est là que nous sommes rendus.
Nous soulignerons demain la 52e édition du rendez-vous sandwich en publiant un texte aux allures de conclusion (ouverte, évidemment!). Nous le faisons avec une grande fierté. Et avec la confiance que cette démarche inattendue pourra prendre de nouvelles formes (encore imprécises) au cours des prochains mois.

Parce que c’est nécessaire. Parce qu’il faut vraiment arrêter de chiâler et recommencer à bâtir.

C’est une urgence.

Pour la liste des textes que j’ai écrit au sujet des rendez-vous sandwich sur mon blogue, c’est ici.

Collaborer avec l’improbable


J’ai terminé hier la lecture du plus récent livre d’Alexandre Jardin, Ma mère avait raison. C’est un hommage inspirant à une femme qui a su apprêter le réel et la fiction avec une aisance inouïe. Une femme à l’histoire invraisemblable, il va sans dire.

«Pour toi [maman], vivre c’est collaborer avec l’improbable.» 

«La vérité réside toujours dans le roman que l’on se raconte pour parvenir à vivre. Le vrai réel, c’est l’histoire qui nous constitue, pas les faits.»

En terminant le livre, j’ai spontanément décidé d’écrire à l’auteur — en adoptant la deuxième personne du singulier qui m’avait bercée pendant plus de 200 pages. Voici ce que ça a donné.

J’ai rencontré ta mère.

C’était à Montréal, dans une boutique au coin des rues Saint-Denis et Mont-Royal.

J’avais quitté ce matin là un emploi rêvé, très bien payé, pour lequel je venais même d’obtenir une promotion, mais qui ne me rendait plus heureux. 

Vertige. Trois enfants à la maison. Mais quoi de plus important à leur offrir qu’un geste de liberté? Mes parents m’avaient tous les deux donné l’exemple. C’était à mon tour de le faire.

La voix de mon père guidait mes pas à la sortie du métro. J’entendais comme un écho les vers de Lafontaine qu’il m’avait récités des centaines de fois. Le loup et le chien.

— Attaché? dit le Loup: vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? — Pas toujours; mais qu’importe
— Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.

Je suis entré dans la boutique avec l’idée de me faire tatouer.

Il y avait un autre monde derrière cette porte. Le décor mélange de gothique et de burlesque; le son des dermographes sur les peaux dénudées; l’odeur de l’encre et des peurs qui s’envolent en fumée. Je me suis senti bien.

Pendant une heure on s’est parlé, pour se connaître un peu. Normal avant de laisser quelqu’un nous marquer à jamais. 

Elle avait été funambule, dans un cirque, en France. Son corps ne lui permettait plus, mais elle n’en était pas si loin, m’a-t’elle confié. Le tatouage lui faisait côtoyer tous les jours des gens qui souhaitaient que l’encre les aide à vaincre un vertige.

Elle a bien compris mon projet, mais elle a refusé de faire sur mon épaule, comme je le lui demandais, une petite reproduction du loup, illustré par Grandville, tel qu’on peut le voir dans la première édition des Fables.

Elle a plutôt insisté pour en exécuter un grand format, qui couvrirait tout mon biceps — et qui serait forcément visible lorsque je porterais certains vêtements courts.

— Ce n’est certainement pas la coquetterie qui t’a amené ici: c’est un cri du cœur. Si tu n’es pas prêt à l’assumer va-t’en.

Quand le dermographe s’est arrêté une heure plus tard, je l’ai entendue me dire:

— Bienvenue chez les tatoués.

Je ne peux pas en être sûr, mais je pense que c’était ta mère.

 

Entrevue (imaginaire) avec Denis Gravel


La liberté d’expression, ce n’est pas quelque chose qu’il faut défendre juste quand ça fait notre affaire. Même CHOI RadioX semble parfois l’oublier.

Désirant réagir à un segment de son émission d’hier, j’ai proposé d’aller en parler en studio, cet après-midi, avec Denis Gravel. Malheureusement, on m’a fait savoir que ça ne l’intéressait pas de me recevoir.

Alors, à défaut, je transcris ici la conversation telle que je l’avais imaginée.

***

— On reçoit maintenant Clément Laberge, qui est président du Parti Québécois pour la région de Québec. Salut!

— Salut, merci de me recevoir en studio!

— Je pense qu’on s’était déjà parlé il y a quelques années, ça s’peux-tu?

— Oui, j’ai été candidat pour le PQ deux fois et on avait fait une entrevue ensemble, probablement en 2015. On avait fini l’entrevue en se tutoyant, on peut reprendre ça tout de suite…

— Ok, Ça l’air que tu n’as pas apprécié le montage de Rich hier sur le congrès du PQ? On l’a pourtant trouvé très drôle ici! (rires en studio) (on entend un extrait du montage) (rires en studio)

— Tsé, c’est pas que vous vous moquez du PQ qui m’a ben ben dérangé… je suis pas mal habitué. Faut avoir la couenne pas mal épaisse, pis les convictions pas mal fortes pour militer pour le PQ à Québec. C’est parce que je crois à la liberté d’expression, comme vous, que ça m’a choqué. C’était cheap…

Vous avez retenu cinq ou six interventions un peu plus spéciales, caricaturales, parmi des centaines. Pis là, vous riez gras et vous terminez en disant quasiment qu’on aurait pas dû donner la parole à ce monde là. C’est quoi ça?

— C’est pas vraiment ça qu’on a dit… on est pas une émission d’analyse politique… on fait du divertissement, on a juste trouvé ça très drôle!

— Au congrès du PQ, il y a avait 2000 personnes, on a travaillé dans sept ateliers de six heures chacun, avec des centaines d’interventions au micro. Après ça, il y avait six heures en plénière, que le PQ a eu la transparence de diffuser entièrement sur le Web, en direct et sans censure. Il y a eu des interventions pour et contre presque tous les sujets. Tous ceux qui le souhaitaient ont pu aller s’exprimer au micro. Êtes-vous en train de nous reprocher qu’on laisse le monde parler?

— Pas du tout!

— Tu vas sûrement être d’accord avec moi que si on ouvre les micros à un groupe de 2000 personnes, il y aura forcément toutes sortes d’interventions. Parce qu’il y a là des gens de tous les âges, niveaux d’éducation, de richesse, du monde des régions, du monde de Montréal et même du monde de Québec… même au PQ! Ce serait vrai dans un groupe de 2000 de tes auditeurs, des auditeurs de Radio-Canada ou d’ailleurs. Vous le savez, il se passe toutes sortes de choses quand on part les lignes ouvertes.

— C’est sûr! (rire en studio)

— Le montage était malhonnête. Il ne représentait pas du tout le déroulement du congrès…

C’est pas parce que vous avez un ou deux animateurs dont les propos sont parfois maladroits, excessifs, ou dépassent leur pensée, que CHOI devrait perdre son permis de radiodiffusion. Right?

— Right!

— Me semble que je vous ai même déjà entendu plaider ça devant le CRTC… Right?

— Right!

— Moi ce que je défends aujourd’hui c’est que la liberté d’expression, c’est d’accepter que tout le monde ait le droit de parole, pas juste les gens qui pensent comme nous.

Pis le monde qui ont des convictions, même s’ils ont peut-être plus de mal à s’exprimer… pis qui osent quand même se lever pour aller s’exprimer au micro d’un congrès et de voir leur face en format géant sur les écran pour dire ce qu’ils pensent, moi j’admire ça. Je n’accepte pas qu’on les traite de façon méprisante comme vous n’accepteriez pas qu’on le fasse avec vos auditeurs.

Je veux qu’ils aient le droit de s’exprimer, même s’ils le font maladroitement et même quand je ne suis pas d’accord avec eux.

Pis hier vous défendiez le contraire. Vous vous moquiez du PQ parce qu’il a donné la parole à ces personnes.

À CHOI FM, la radio Liberté!

C’est ça qui m’a choqué, Denis. Surtout que Jeff a fait la même chose avant vous hier matin.

— (silence)

— Ça fait des années que je dis qu’il faut arrêter de parler du «Mystère Québec», je te l’avais dit la dernière fois qu’on s’est vus. Je dis aussi à tout le monde qu’il ne faut pas parler de radio-poubelle… mais hier, ce montage là, c’était de la radio-poubelle. C’était tout le contraire de ce que vous défendez constamment.

— J’vois pas ça d’même.

— Je ne suis pas venu ici pour faire de la politique partisane. Je n’essaierai pas convaincre les auditeurs de voter pour le PQ, mais je trouvais important de vous donner une bine… Te dire que c’est plus important de défendre la liberté d’expression, que de taper sur le PQ. Même si ça donne l’occasion de rire un bon coup.

— On rit aussi des autres tsé…

— Je m’en fous un peu. C’est pas mon point. Ce que je dis c’est que vous ne pouvez pas demander aux partis politiques d’être ouverts à tous les points de vue et les ridiculiser quand quelqu’un parle maladroitement ou dit quelque chose de façon caricaturale.

Vous ne pouvez pas demander aux partis politiques de ne pas tout gérer en coulisses, dans le secret, et les ridiculiser quand ils tiennent leur débat publiquement, en direct sur le Web. C’est trop facile.

— Faut pas capoter non plus, c’est juste du divertissement. On fait un peu comme Infoman… c’est notre façon d’intéresser les gens à la politique.

— (rire aux éclats) Franchement! Je ne te demande pas de dire du bien du PQ. T’as le droit de penser tout ce que tu veux de notre programme. Mais défendre la liberté d’expression, ça, franchement, je pense que vous n’avez pas le choix…

— On l’a toujours fait. Je pense que tu donnes trop d’importance au montage d’hier. 

On n’est pas d’accord, mais c’est quand même tout à ton honneur d’être venu en parler en studio. J’aime ça.

— Merci de m’avoir reçu, autrement j’aurais été obligé de me contenter d’écrire tout ça sur mon blogue.

— On aime autant pas! (rire en studio)

— Merci en tout cas! Ça été courageux de me recevoir. C’est tout à votre honneur.

(…)

— À la circulation, sur Henri IV… la 40 direction ouest… la Capitale… bouchée… les ponts… c’est compliqué…

***

Pendant que j’écris ce texte, Denis Gravel rediffuse, rediffuse et rediffuse le montage, reconnaissant maintenant du bout des lèvres que «c’était bien sûr le pire de ce que le PQ avait à offrir au cours de la fin de semaine», évoquant au passage «l’appel d’un haut-gradé du PQ qui trouvait que le montage n’était pas drôle…» 

— On lui a expliqué que c’était notre façon de parler de politique en riant, parce que c’est l’après-midi…» 

Heureusement à 17h10 le chroniqueur Jonathan Trudeau a pu exprimer, in extremis, et très brièvement, certaines des nuances dont j’avais souhaité débattre avec l’animateur. 

Une coincidence sidérante


En juillet j’ai publié un court texte inspiré d’une photo que j’avais prise à bord d’un train. J’y réfléchissais sur ce que la photo pouvait révéler du contexte dans lequel elle avait été prise.

Ce matin, un commentaire s’est ajouté au bas du texte. Il a été rédigé par un ami ingénieur civil qui venait de voir mon texte et la photo (pourquoi aujourd’hui? allez savoir!):

Salut Clément, ta photo parle plus que tu penses… la petite pancarte blanche à gauche me dit que tu étais au point milliaire 102.38 de la subdivision Drummondville…c’est-à-dire peu à l’est du rang 7 à Saint-Germain de Grantham.

Pas mal!

Une heure plus tard je reçois un SMS du même ami, accompagné d’une photo:

Incroyable! J’ai été pris dans le train cette semaine à cause d’un accident et j’ai pris une photo du train qui attendait derrière le mien.  Regarde mon commentaire sur ton blogue à propos de ta photo du mois de juillet, puis regarde ma photo… à côté du train à gauche…

Non… c’est pas possible… que je me suis dit.

Eh ben oui! Les deux photos ont été prises à quelques mètres une de l’autre!

Bernard qui découvre aujourd’hui mon texte sur une photo prise il y deux mois… y repère une minuscule affiche blanche… réalise qu’il a pris une photo dans le train cette semaine… vérifie s’il y a une affiche semblable dans sa photo… les compare… et… bingo!

Je n’en reviens tout simplement pas!

C’était quoi les probabilités que le train s’arrête là, que Bernard soit dans le wagon de queue, que la présence inhabituelle d’un autre train l’amène à prendre une photo, qu’il découvres mon texte, remarque l’affichette, retourne à sa photo, y trouve une affichette semblable dans le cadrage, et que les deux soient lisibles…?

Merci Réjean Ducharme


C’est à travers le théâtre que j’ai découvert l’oeuvre de Ducharme. À travers les personnages d’Ines Pérée et d’Inat Tendu. J’avais été particulièrement ébloui par la mise en scène de cette pièce par Frédéric Dubois, en 2010. 

Je reprends ci-dessous le courriel que j’avais adressé à Frédéric, ainsi qu’à sa complice du Théâtre des Fonds de tiroirs, Julie-Marie Bourgeois, à mon retour à la maison.

En hommage à l’œuvre de Ducharme. 

Merci.

—/ début /—
Frédéric, Julie Marie,

Grand merci à vous deux pour cette extraordinaire soirée de théâtre — une soirée d’émotions, belles et fortes.

J’avais rencontré Ines une première fois en 1999, sous les traits d’Evelyne Rompré — dans une spectaculaire mise en scène de Jean-Pierre Ronfard. Scène centrale, décors tout en blanc, jeu irréel. Ines avait quelque chose du Petit Prince. J’en garde un souvenir impérissable, onirique.

Ce soir Ines était bien réelle. Elle était là — ici — j’ai même cru la revoir, assise sous un lampadaire de l’Ilot fleuri, en retournant à ma voiture. Je la croiserai peut-être aussi demain, rue Arago, rue Du Pont — ou même sur la rue Cartier — comme je l’ai croisée dans l’escalier de la Chapelle, quelques minutes après 19h.

Merci d’avoir ramené cette pièce dans la vie, dans la ville, dans l’asphalte. Elle s’y trouve bien mieux qu’elle ne l’était dans mes souvenirs.

Merci Frédéric de t’être permis de remplacer les deux alexandrins militaires de Ducharme par une allusion à René Lévesque. C’était habile. Ça fait mal par où ça passe, mais il faut aimer ce que ça déplace — je t’ai bien lu.

Le texte m’a évidemment bouleversé, comme la première fois que je l’ai entendu. Merci Ducharme! Merci à Catherine Larochelle aussi — particulièrement. Mais c’est la scène finale, inoubliable, qui m’a le plus ému — aux larmes, vraiment. Merci Frédéric!

Ce caillou dans ma poche tout au long de la pièce… pendant qu’Inat collectionnait les papillons dans les siennes, c’était déjà très fort. Mais l’envie, spontanée, de me lever pour aller porter mon caillou sur la scène, ce l’était ben plus encore. Et c’est de la reconnaissance, très sincère, que j’ai ressentie ensuite, en réalisant que tu avais prévu le coup. Un soulagement — vraiment, je n’aurais pas aimé repartir avec ce caillou dans ma poche. Ç’aurait été lourd à porter.

Serais-je allé le porter sur scène sans invitation? je ne sais pas — je n’ose pas y croire — mais je le crois possible. Et je fais le pari qu’avec un complice dans la salle, les comédiens n’auraient pas à inviter les spectateurs à y aller, ils seraient nombreux à suivre silencieusement l’exemple.

J’étais ému aux larmes en voyant les estrades vides, Tout-le-monde en scène, dans un renversement génial où, déposant son caillou, chacun posait un geste d’amour ambigu: reconnaissant à la fois sa complicité dans le drame et choisissant d’apporter sa pierre à l’édifice (à la pièce) au lieu de jeter la pierre (aux protagonistes). C’était magique, rien de moins. 

Merci de nous avoir fait aussi personnages qu’Inès et Inat étaient réels.

Rien à ajouter, sinon que je souhaite le même moment de grâce à ceux et celles qui auront la chance de voir la pièce au cours des prochains jours.

Clément

—/ fin /—
Mise à jour du 23 août 2016: Le Soleil présente ce matin une photo de la pièce. Ça me rappelle à quel point Catherine Larochelle était extraordinaire dans le rôle d’Ines. 

Oser repenser l’identité


Je reviens de vacances avec la conviction qu’il faut réapprendre à parler d’identité au futur, plutôt qu’au présent, ou au passé. 

Et le texte de Fabrice Vil, dans Le Devoir d’aujourd’hui, me donne l’occasion de formuler quelques réflexions, encore incomplètes, qui me trottent dans la tête depuis quelques semaines. 

Il faut d’abord dire que je ne suis de retour de vacances que depuis hier soir — après trois semaines à l’étranger. C’est donc à distance, et de façon intermittente, selon les accès au réseau, que j’ai suivi le dossier des demandeurs d’asile à la frontière canadienne. Et les déclarations des politiciens québécois à leur sujet. Et que je m’en suis désolé.

C’est dans les mêmes conditions que j’ai suivi les événements raciaux aux États-Unis (avec leurs débordements au Québec).

Également dans ces conditions que j’ai soupiré en constatant que la rentrée politique québécoise semble encore vouloir se faire dans la polémique autour des questions de langue, de religion et d’immigration — rassemblées de façon commode sous le thème de l’identité.

Mais parlant d’identité, justement, de quoi parle-t-on? Il me semble que ça fait dix ans qu’on en parle avec un inconfort croissant.

Le problème réside peut-être dans notre façon d’aborder la question. Trop statique, comme si l’identité était quelque chose qui existait en dehors du temps et des mutations de la société et du monde. 

On perd peut-être trop souvent de vue que l’identité est quelque chose de dynamique. Quelque chose qui évolue. L’identité collective, comme l’identité personnelle. Ce n’est pas un repère immuable, c’est un projet — c’est une trajectoire, entre ce que je suis et ce que j’aspire à devenir.

J’ai l’impression que depuis dix ans (voire plus) on a laissé s’installer (consciemment, inconsciemment ou par maladresse) le débat autour de l’identité québécoise autour du «nous et du eux». Alors qu’il serait préférable de l’articuler autour d’un projet: ce que nous souhaitons que soit l’identité québécoise dans dix, vingt, cinquante ans. Et la place et le rôle de chacun dans cette identité.

L’identité, ce n’est pas quelque chose à laquelle on se fond. C’est quelque chose qu’on devient en adhérant à un projet de société, à un idéal. C’est quelque chose dans laquelle on se reconnaît parce qu’on sait qu’on peut aider à le réaliser; voire qu’il ne pourra pas se réaliser sans nous.

On ne devient pas Québécois comme on embarque dans un autobus. On le devient en contribuant à concrétiser un projet national fort et inspirant — en prenant part à un chantier, dont la réalisation sera aussi le fruit de nos efforts.

Aujourd’hui, je me dis que si on parle autant, et si maladroitement, d’identité (d’immigration, de religion, et de langue) depuis dix ans, c’est peut-être surtout parce que ce projet, et ses déclinaisons, ne sont pas clairement définies. Et c’est peut-être surtout à ça qu’on devrait consacrer nos efforts plutôt que de laisser le débat dégénérer, malgré des bonnes intentions de chacun.

En d’autres mots, je m’intéresse de moins en moins à savoir de quoi est faite l’identité québécoise aujourd’hui (ce qu’il faudrait défendre) qu’à savoir de quelle façon on souhaite qu’elle prenne forme dans le futur — et quels sont les projets qui nous permettront d’arriver à concrétiser cette vision.

C’est à ça que j’ai envie de travailler dans les prochains mois.

Fabrice Vil conclut son texte en disant que «la lutte contre la haine est une question transpartisane qui doit dépasser l’électoralisme.»

De la même façon, si on n’arrive pas à dépasser l’électoralisme sur les questions identitaires, il faudra peut-être en arriver au constat que la dynamique partisane actuelle est dans une impasse et cesser d’entretenir l’espoir que les solutions viendront de ce côté.

#sautu


À la sortie du métro Mont-Royal, à Montréal, plus tôt cette semaine. 

Un immense bonhomme légo. Visible de dos quand on sort de la station, il faut en faire le tour pour en découvrir les principaux traits. Une protestation artistique. Sans autres explications.

Les gens s’amusent, se prennent en photo avec l’œuvre dans toutes sortes de mises en scène. 

Un peu plus loin, un policier, un vrai, visiblement moins amusé.

Un mot-clic à la ceinture: #sautu. Une clé pour en savoir plus.

Après quelques recherches, je découvre un créateur — street artist, sculpteur

C’est sur Instagram qu’on peut le mieux découvrir son oeuvre. Je m’y suis évidemment abonné.

Cette œuvre m’a fait penser à cette œuvre de Wuek qui avait attiré mon attention, dans Saint-Roch, à Québec, il y a quelques années.

Le lendemain matin, l’œuvre avait malheureusement été vandalisée.

Le message n’en était pas moins fort. 


L’union fait la force


Je lis dans La Presse qu’en France, Le Monde et Le Figaro feront finalement alliance pour commercialiser plus efficacement leurs espaces publicitaires. Ils espérent retrouver ainsi un peu de force devant Google, Facebook, etc. qui avalent progressivement leurs revenus depuis des années.

Ça leur en aura pris du temps à comprendre! Il aura fallu être à genoux pour finir par unir leur force… parce que l’habitude de la concurrence était plus forte que la réalité émergente.

Dans combien d’autres domaines comme celui-là on résiste encore, on réclame à hauts cris l’aide de l’État pour soutenir des modèles d’affaire devenus désuets — parce qu’on s’entête à ne pas voir la vraie nature de la menace? 

Va bien falloir s’ouvrir les yeux: le plus souvent, les concurrents d’hier sont devenus d’indispensables alliés pour faire face à la concurrence, la vraie, celle des nouveaux géants internationaux qui échappent à nos lois et réglements (parce qu’on tarde aussi à les adapter à la nouvelle réalité).

Le rôle de l’État aujourd’hui, ça devrait être d’encourager et de soutenir de nouvelles formes d’alliances entre les entreprises. D’offrir un offrir un appui à celles qui posent des gestes audacieux pour transformer leurs modèles d’affaire dans le but d’affronter à un contexte concurrentiel radicalement différent. Ça ne devrait pas être de compenser des pertes de revenus devenus inévitables.

Il faut apprendre à innover dans l’utilisation des ressources et des pouvoirs de l’État: financiers, légaux, technologiques, etc. 

Ça exige plus de courage, je sais. Mais ce n’est plus une option.  

Je pense que les partis politiques qui n’auront pas été en mesure de faire la démonstration qu’ils ont compris ça d’ici octobre 2018 auront beaucoup de mal à établir leur crédibilité sur un grand nombre de questions économiques et sociales. Et ça deviendra impossible pour eux d’espérer former le gouvernement.

Parce que parler encore du numérique au futur aujourd’hui, c’est faire la démonstration qu’on est dépassé.

Parce que c’est maintenant que ça se passe.

Écrire n’importe où


Je me suis acheté un iPad il y a quelques mois. Je savais que j’aurais de nombreux déplacements à faire d’ici la fin de l’année. Je voulais diminuer le poids que j’aurais à trimbaler un peu partout. Je pensais au poids de l’ordinateur, mais aussi à celui du papier que j’aurais à transporter (documents, notes, etc.). Je voulais aussi améliorer mon autonomie du réseau électrique. 

J’espérais aussi que la souplesse du iPad m’amène à écrire un peu plus. À lire davantage. Voire à dessiner un peu.

Et jusqu’à présent, tous mes souhaits sont satisfaits. Je suis très content! Au point où je n’utilise pratiquement plus l’ordinateur, même quand je l’ai à la portée de la main (sinon pour quelques taches précises, pour lesquelles le iPad n’est pas encore tout à fait à point). Il m’a fallu un certain temps d’adaptation… mais ça y est… j’y suis presque!

J’écris beaucoup plus. Plus souvent surtout, même pour de très courtes périodes. Et dans des lieux beaucoup plus variés.

Les caractéristiques du iPad créé des conditions d’écriture intéressantes… 

La caméra frontale, par exemple… qui me permet d’accompagner mes notes personnelles dans DayOne d’une photo du lieu où j’écris… que je peux chaque fois prendre naturellement, sans devoir faire d’efforts pour la discrétion. 

Et j’ai l’impression qu’il y a tant à découvrir encore…