41 signataires

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Le Soleil publie ce matin un texte d’opinion pour lequel Louis-Frédéric Gaudet a tenu la plume et auquel j’ai donné un petit coup de main. 39 autres personnes s’y sont spontanément associées. Le HuffPost l’a aussi publié il y a quelques jours (avec l’amabilité d’ajouter la liste complète des signataires au bas du texte).

Il n’y a pas de grandes vedettes parmi ces signataires, mais tous sont animés par le même sentiment d’urgence que les 200 personnalités qui ont cosigné un cri d’alarme pour la planète, hier dans le journal Le Monde. Radio-Canada s’en est d’ailleurs fait l’écho.

«De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.»

La formule est efficace, et je pense que c’est une idée qui fait rapidement son chemin de toutes sortes de façons.

J’entendais justement hier quelqu’un de très engagé dire dans un podcast qu’il est toujours en faveur de l’indépendance du Québec, mais qu’il réalise que cet objectif n’a pas de sens si on n’aborde pas prioritairement la question de l’environnement et du réchauffement climatique. 

Je suis d’accord — et je suis chaque jours un peu plus convaincu qu’il va falloir pour ça oser repenser notre démocratie et la façon de faire la politique.

Qu’est-ce qu’on attend?

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Mon texte de mardi dernier, au sujet de la démission de Nicolas Hulot, se terminait par «Alors, qu’est-ce qu’on attend?». C’était un clin d’oeil.

Je me suis amusé un peu en terminant le texte comme ça parce que parce que je venais tout juste d’accepter d’être le conférencier invité pour la rencontre de Ciné-psy du mois octobre, qui sera consacré au film de Marie-Monique Robin: Qu’est-ce qu’on attend?

«[Le film] raconte comment une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants s’est lancée dans la démarche de transition vers l’après-pétrole en décidant de réduire son empreinte écologique. (…) [Son] programme de démocratie participative (…) englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. [C’est] un hommage à ces élus locaux, éclairés et courageux, qui savent mobiliser l’enthousiasme de leurs concitoyens dans le sens du bien commun.» (Source)

J’ai regardé le film une première fois il y a quelques jours et je peux déjà vous dire qu’il me parle beaucoup. Il soulève plusieurs questions fondamentales qui se posent évidemment aussi au Québec en 2018… et dont on parle trop peu.

Les citoyens d’Ungersheim sont l’incarnation vivante des propos de Cyril Dion dans son Petit manuel de résistance contemporaine. Ils nous présentent très humblement une manière, leur manière, de résoudre le paradoxe de l’action individuelle vs l’action collective. «Montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule», disait Gandhi — ce que le très sympathique maire d’Ungersheim nous  rappelle d’ailleurs.

Le film sera présenté au Clap à partir du 7 septembre.

Les informations nécessaires pour s’inscrire à la rencontre, au cours de laquelle je serai conférencier invité, sont au bas de cette page — ainsi que dans le magazine Le Clap (au bas de la page 13, ici en format PDF).

Faites-moi signe si vous vous inscrivez! Ce serait l’fun de vous voir…

AUSSI:

 

Mise à jour du 4 septembre: Le Devoir publie ce matin un texte qui présente très bien le film.

J’accuse Patrick Lagacé

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J’accuse! 

J’accuse Patrick Lagacé d’ironie criminelle.

Patrick Lagacé ne peut pas réellement penser ce qu’il écrit ce matin en commentant la démission de Nicolas Hulot.

Il nous dit qu’il ne parle jamais réchauffement climatique dans sa chronique parce que ça ne servirait à rien. Qu’il ne veut pas se mentir. Nous mentir.

Ça ne sert à rien d’en parler, dit-il, parce qu’on n’y peut rien. Il y a même un urbaniste britannique qui le dit, imaginez-vous. Parce que les êtres humains sont trop cons. Parce qu’il est trop tard. Parce qu’on va de toute façon devoir subir le réchauffement. On est cuit. Autant s’y faire. Et alors à quoi bon en parler?

Patrick ne peut pas réellement croire ce qu’il écrit ce matin. Parce que si son critère pour choisir un sujet était son utilité à changer le monde, il ne serait pas chroniqueur. La plupart de ses chroniques ne servent à rien.

J’accuse Patrick Lagacé de faire le DJ sur le pont du Titanic.

J’ose croire qu’il plaidera la provocation. La volonté de faire la démonstration par l’absurde de la vacuité des comportements politiciens et de la posture de nombreux médias. Ou simplement une crise de cynisme aigüe. Ça arrive. Je lui pardonnerais aisément.

J’accuse Patrick Lagacé d’ironie criminelle.

Et je propose qu’il soit condamné à écrire douze chroniques, une par mois, pour nous expliquer les conséquences du réchauffement climatique sur le Québec. Concrètement, avec tout le talent qu’on lui connaît.

Parce que s’il croit vraiment qu’on n’y peut rien, alors il est certainement utile qu’il nous aide à comprendre ce qui nous attend et ce qui attend nos enfants.

Je fais le pari qu’on découvra alors au fil des mois que, ah ben… finalement… il y a peut-être quelques petites choses qu’on peut faire… pour diminuer les impacts, pour s’y préparer, pour éviter le pire.

***

Alors Patrick… tu nous niaisais avec ce texte, c’est ça? Dis-moi que tu voulais juste t’amuser un peu en gâchant le début de journée de quelques personnes, qui comme moi, sont parfois un peu primes à réagir? Dis-moi que c’est ça… Je vais te pardonner tu sais, mais je trouve ça un peu puéril. Ce ne sont pas le gens comme moi qu’il faut faire réagir par les temps qui courent, ce sont ceux qui ne croient pas au réchauffement climatique, et tu le sais aussi bien que moi. Alors que là, tu leur a donné une belle tape dans le dos, juste pour le fun, pis ça me choque. C’est de ça que je t’accuse au fond.

Hulot: l’impasse partisane

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Ça s’est passé en France, mais ça nous concerne tous: la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre d’État à la transition écologique et solidaire du gouvernement d’Emmanuel Macron.

Le geste est spectaculaire, sans préavis, en direct à la radio, mais ce n’est certainement pas ça qu’il faut en retenir. 

Il ne faut pas se contenter du clip qui circule le plus, qui dure presque trois minutes, et encore moins de celui de 30 secondes. Il faut regarder et écouter attentivement au moins les 20 premières minutes de la version longue, qui en dure quarante au total. C’est vraiment très dur.

Son constat est implacable: la dynamique politique actuelle s’avère incapable de répondre aux enjeux écologiques auxquels nous sommes confrontés. 

Il ne comprends pas notre indifférence collective devant le réchauffement climatique, qu’il présente comme «la voie tragique dans laquelle s’est engagée l’humanité».

Et malgré la bonne volonté de ses ex-collègues (qu’il continue d’admirer et à qui il s’excuse d’imposer «un geste pas très amical») il arrive à la conclusion que le fonctionnement actuel du gouvernement est incompatible avec l’urgence de la situation (ce n’est manifestement pas différent ici).

«Je me suis surpris, des fois, par lassitude, à baisser les bras.»

Se sentant en danger de «se résigner aux petits pas», il a préféré démissionner — pour ne pas devenir complice d’une forme d’aveuglement devant l’ampleur et l’urgence du défi écologique.

«J’espère que mon geste ne sera pas inutile». 

Voyant cela, on ne peut pas faire autrement que de se demander ce qu’en pensent les chefs des partis politiques qui sollicitent notre confiance dans le but de former le prochain gouvernement du Québec.

Je pense même qu’on doit leur demander très directement ce qu’ils en pensent: en leur écrivant, en les interpelant sur les réseaux sociaux, en demandant aux journalistes de les interroger sur le sujet — et exigeant du consortium de télévision qui prépare le débat des chefs qu’il prévoit un segment sur le réchauffement climatique et ses conséquences prévisibles pour le Québec.

Et attention! Les chefs devraient éviter de tomber dans trop partisanerie. Ça les disqualifieraient parce que Hulot le dit clairement: l’attitude partisane n’est pas étrangère à l’impasse dans laquelle nous sommes.

«La diversité [des points de vue] est tellement importante dans notre société. [Il faut arriver à] s’enrichir de nos différences plutôt que de les confronter en permanence.»

En sommes, ce que Hulot nous dit aujourd’hui, c’est qu’on ne pourra pas se sortir du bourbier dans lequel on se trouve sans apprendre à mieux coopérer. En politique aussi. Surtout en politique, peut-être.

Alors, qu’est-ce qu’on attend?

Turing par l’absurde

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L’initiative de Radio-Canada a évidemment piqué ma curiosité: on a cloné les chefs.

L’idée est simple: utiliser un algorithme pour simuler les réponses des chefs à nos questions — à défaut de pouvoir le faire pour vrai.

Il faut l’essayer.

Première déception: on ne peut pas poser nos propres questions. Il faut choisir parmi une cinquantaine de questions préétablies. 

Malgré ça, je trouve que ça reste amusant, en particulier quand on nous propose de faire répondre les autres chefs à la même question — dans une forme de débat.

Sauf que je trouve qu’un malaise s’installe après quelques instants. 

On constate en effet rapidement que les réponses préparées à l’avance pour l’algorithme (des réponses en canne, quoi) ne sont pas vraiment différentes de celles qu’on peut entendre directement de la bouche des chefs à la radio et à la télévision dans les bilans de fin de journée. Hum…

En 1950, Alan Turing a conceptualisé un test qui permet de juger de l’efficacité d’un ordinateur à se faire passer pour un humain dans une conversation.

En 2018, on serait probablement dû pour conceptualiser un test qui permettrait d’évaluer la capacité d’un chef de parti à se distinguer d’un robot dans une conversation.

Je dis ça avec un grand clin d’oeil… et une pointe de sérieux!

Renverser la communication

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Antoine Robitaille publie ce matin sur son blogue de campagne (Le petit Robi sur la route) un texte très sévère au sujet des premières promesses de la campagne électorale — qui lui semblent très utilitaires et clientélistes. 

Cela révèlerait, de son point de vue, une forme d’éclatement de la nation. Peut-être… mais je n’en suis pas si sûr. Il faut peut-être aussi mettre ça en parallèle avec les crottes de chien de Harvey Milk.

Mais c’est la question finale du texte d’Antoine Robitaille qui me donne le plus envie de réagir:

«Cela engendre toutefois un cercle vicieux: nous trouvons que ces promesses étriquées manquent de «oumf», de panache, de rêve, d’horizon.

Nous concluons que la politique est «plate» et nous retournons à notre petite niche d’intérêt.

Bref, on est malpris. Comment en sortir selon vous?»

J’ose une hypothèse en guise de réponse:

Je pense que les partis politiques font de plus en plus souvent l’erreur de tenter de parler aux gens les plus déconnectés — au sens social: celles et ceux qui vivent dans une bulle (pour toutes sortes de bonnes raisons, sans doute) et qui ne se sentent reliés que de façon très indirecte aux enjeux collectifs.

Alors qu’il serait probablement beaucoup plus payant, politiquement, de s’offrir comme porte-voix pour celles et ceux qui sont les plus connectés, les plus engagés, celles et ceux qui animent et font vivre le collectif, qui inventent le Québec de demain et qui sont susceptibles d’inspirer, de donner le goût de se mobiliser à son tour.

«Comment en sortir selon-vous?»

Je pense qu’il va falloir renverser le sens de la communication politique.

Mettre les partis politiques au service de ceux et celles qui ont choisi de faire plutôt que de tenter de rejoindre les autres, qui se limitent à commenter.

Bâtir un pays, gérer un État, je pense que ça consiste d’abord et avant tout à aider les gens à coopérer pour réaliser leurs aspirations, individuelles et collectives. 

Pour s’en sortir, je pense qu’il va falloir qu’on accepte de repartir de là.

Photo: One and Three Chairs, une œuvre de Joseph Kosuth, vue au Musée Pompidou, à Paris,  à l’été 2017.

Petit manuel de résistance contemporaine

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J’ai lu hier, d’une traite, le Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion (aussi co-réalisateur du film Demain). 

J’en retiens quelques éléments: 

Devant l’ampleur des défis auxquels nous faisons face, le changement personnel est nécessaire, mais pas suffisant.

Le défi est donc de convaincre une majorité de personnes de prendre part à des changements collectifs.

La politique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, n’arrive plus à susciter cette mobilisation.

Il est nécessaire de trouver de nouvelles façons de se projeter dans l’avenir, donner forme à de nouveaux récits communs, auxquels les gens vont pouvoir s’associer et qui vont permettre d’inscrire les actions individuelles dans un mouvement.

D’où le titre, brillant, de la section 3: Changer d’histoire pour changer l’histoire et le rappel que le changement de la dynamique politique est d’abord et avant tout une bataille culturelle:

«Nous avons besoin de rêver, d’imaginer quelques maisons nous pourrons habiter, dans quelles villes nous pourrions évolue (…) de quelle façon nous pourrions vivre ensemble (…) Petit à petit [des] récits d’un genre nouveau pourraient mâtiner nos représentations, contaminer positivement les esprits et, s’ils sont largement partagés, se traduire structurellement dans des entreprises, des lois, des paysages… (…) Ces récits peuvent évidemment être portés par des artistes (…) mais les récits ne se bornent pas aux artistes. Chaque entrepreneur qui invente une nouvelle façon de conduire son activité, chaque ingénieur qui (…), chaque économiste qui (…), chaque élu qui (…), chaque personne qui (…) raconte à sa manière une histoire qui peut inspirer son entourage, si tant est qu’elle ne cherche ni à convaincre ni à évangéliser.»

Je vois dans la fin de cet extrait un rappel, pertinent et nécessaire, que le dogmatisme et le prosélytisme nuisent au changement plus qu’il ne l’aide.  

«Choisir est épanouissant. Inventer est fichtrement excitant. Sortir du conformisme renforce l’estime de soi. Être bien dans ses baskets est contagieux. Résister, en ce début de XXIe siècle commence donc, selon moi, par refuser la colonisation des esprit, la standardisation de l’imaginaire.»

La conclusion du livre m’a par ailleurs ramené à l’esprit une conviction que j’avais un peu mise de côté depuis quelques années — et qui me revient en force aujourd’hui: c’est au niveau des villes que les changements sont le plus susceptibles de naître. Mais comment?

«Nous savons qu’agir individuellement en sera pas suffisant et que nous ne pouvons pas compter sur la bonne volonté des responsables politiques. Ils n’ont que peu de pouvoir sans nous et nous avons un impact limité sans eux. Notre seule issue est de construire des espaces de coopération entre élus, entrepreneurs et citoyens. Pour cela, les récits, les histoires, sont certainement le catalyseur le plus efficace.»

Et le plus important:

«Notre énergie ne peut venir que de notre enthousiasme, de notre aptitude à être la bonne personne au bon endroit, à exprimer nos talents, à faire ce qui nous passionne et nous donne envie de nous lever, chaque matin.»

Québec 1989-2019, une semaine plus tard

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J’ai publié dimanche dernier mon histoire personnelle du Québec de 1989 à 2019. Comme une façon de réfléchir à haute voix sur mon état d’esprit politique à l’aube d’une nouvelle élection.

J’ai choisi d’en faire un site web autonome. Un ami m’a aussi rendu le service de convertir tout ce texte aussi en format ePub afin d’en faciliter la lecture dans les applications de lecture de livres numériques. 

Quel lectorat le texte a pu rejoindre une semaine plus tard? 

Pour le plaisir de partager — et de réfléchir ensemble à la diffusion des textes dans l’univers numérique — voici le bilan de la semaine: 

  • 218 personnes ont lu la première page.
  • 71 personnes ont lu la dernière page.
  • 35 personnes ont vraisemblablement lu le texte entier dans sa version web.
  • 13 personnes ont téléchargé le texte dans sa version ePub.

Ce résultat a été obtenu avec une diffusion très sobre, annoncée uniquement par une publication sur mon blogue et un tweet. Rien sur Facebook, où je ne suis plus.

Certains m’ont dit que j’aurais eu deux, cinq, voire dix fois plus de visiteurs/lecteurs si j’avais utilisé aussi Facebook pour faire connaître la publication. 

Peut-être. C’est un sujet de réflexion intéressant.

Crottes de chien

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Y’a des journées comme ça où le thème du jour s’impose à nous, malgré nous même! Aujourd’hui ce sont les crottes de chien.

Trois occurrences étonnantes dans mes pensées matinales:

Première: mes notes quotidiennes personnelles me rappellent que ce jour, l’an dernier, j’avais parlé de crotte de chien dans une entrevue à la radio de Radio-Canada — au sujet des trolls qui pourrissent les médias sociaux: pas chic, mais efficace.

Deuxième: les notes que j’ai prises en lisant hier le Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion. On peut y lire à la page 119 le rôle des crottes de chien dans le parcours politique de Harvey Milk:

«Sa première candidature [à la mairie de San Francisco] fut un échec cuisant. La seconde en 1975, même si elle échoua, lui permit d’obtenir une certaine visibilité (…) Il se lança [plus tard] dans la course pour siéger à l’Assemblée de Californie. Malgré une campagne efficace, il perdit à nouveau (…) Après ces trois échecs, Harvey changea son fusil d’épaule et en 1977, opposée à une candidate républicaine très populaire, chercha à comprendre ce qui pourrait faire l’unanimité chez les administrés de sa ville. Il étudia les sondages pour dénicher LE sujet qui cristallisait le mécontentement de toutes les couches de la population. Et le dénominateur commun qu’il vit émerger fut… les crottes de chien. (…) Il fallait organiser un système qui débarrasserait la ville de ce fléau. C’est donc derrière cet objectif, non clivant, pragmatique, facile à atteindre (démagogique, diraient certains) que Harvey les unit. (…) il remporta l’élection, devenant ainsi le premier conseiller municipal ouvertement gay du pays [et pu ensuite faire] voter une loi interdisant toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle.» 

Une belle leçon de politique.

Troisième: je planifie un souper d’échanges politiques avec des amis demain soir et je prévois pour l’entrée une légendaire (j’exagère à peine) recette de kefta d’agneau… qu’un autre ami surnomme affectueusement les crottes de chiens.

Avec une petite sauce au yogourt, lime et herbes fraîches… j’espère que ça nous aidera à réinventer le monde… un peu plus concrètement!

Quelle vision (numérique) pour le Québec?

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Mise à jour du 7 septembre: la démarche s’est poursuivie après la publication de ce texte. La formulation finale des questions, et les réponses qui auront été obtenues des partis politiques, devrait faire l’objet d’une publication au cours de la semaine du 17 septembre.

Yves Williams est un homme persévérant. Il fait partie de ceux et celles qui nous rappellent périodiquement, depuis plus de dix ans, qu’il est essentiel que le monde politique comprenne les enjeux liés au développement du numérique. Il le fait à nouveau cette année dans un texte intitulé Des élections et du numérique:

Au fil des ans, Yves a parfois été enthousiaste, résigné, voire déçu, mais cette fois, il se montre optimiste — et ça fait du bien. La présence parmi les candidats de Mario Asselin pour la CAQ, de Michelle Blanc pour le PQ et de Dominique Anglade pour le PLQ, lui fait croire qu’on a enfin des conditions favorables pour se parler franchement de la place du numérique dans l’avenir du Québec.

«Je suis tellement positif que j’espère même qu’on passe à l’étape suivante. (…) C’est-à-dire que les partis ne fassent pas qu’un long listage d’actions à inscrire au programme, mais qu’ils nous présentent leur vision politique de notre avenir numérique, qu’ils soient plus précis sur les options politiques contenues dans leurs propositions technologiques et numériques.

[Il faut que les partis politiques nous présentent] leur vision politique de notre avenir numérique, [qu’ils soient] plus précis sur les options politiques contenues dans leurs propositions technologiques et numériques.»

Je pense qu’il a raison de dire qu’on est encore généralement beaucoup trop naïfs de la transformation numérique de notre société, comme si elle allait nécessairement être positive, alors qu’on sait bien que ce ne sera pas forcément le cas:

«Nous souhaitons les changements numériques; nous trouvons qu’entreprises, État, organisations ne vont pas assez vite ni assez loin; nous voulons plus d’initiatives et d’allant, mais nous définissons rarement quels changements numériques nous espérons. (…)

[Il faudrait donc que] les aspirants députés, au moment de parler de numérique, nous décrivent leur projet de société, leurs convictions politiques et nous montrent comment le numérique est un allié dans leur projet.»

Effectivement, ce qu’il est important de comprendre aujourd’hui, c’est à quelle vision du Québec chacun compte mettre à contribution le numérique.

Je propose donc de bâtir ensemble un court questionnaire que nous pourrions éventuellement adresser aux porte-paroles numériques de chaque parti.

Il pourrait s’agir d’une douzaine de questions, forcément un peu dichotomiques, que chacun pourra nuancer à son aise. 

Par exemple:

Démocratie — S’il fallait choisir entre mettre en place le vote électronique ou une structure de consultation citoyenne, que privilégieriez vous? Pourquoi?

Éducation — L’apprentissage du numérique doit-il d’abord servir les besoins des entreprises ou le développement de la créativité? Pourquoi?

Culture — Croyez-vous que le numérique sera globalement positif ou négatif pour les créateurs québécois? En conséquence, quels principes devraient guider une éventuelle mise à jour des mesures de soutien à la culture au Québec?

Santé — Faut-il privilégier l’efficacité du système de santé ou la protection des renseignement personnels? Pourquoi?

Développement urbain — Une ville intelligente, c’est une ville où tout est informatisé, ou une ville où les citoyens peuvent interagir plus facilement avec les services municipaux? Qu’est-ce que ça veut dire concrètement?

Médias — Est-ce qu’il est possible de réglementer la diffusion d’informations? Si oui, en vertu de quels critères? 

Commerce — Faut-il taxer le commerce en ligne transfrontalier? Si oui, faut-il le faire surtout pour protéger les commerçant locaux, ou pour alimenter les coffres de l’états?

Innovation — Devant l’apparition de modèles économiques subversifs (Uber, Airbnb, etc.), est-ce que l’État doit prioritairement protéger les acteurs qui opèrent selon un modèle traditionnel, ou soutenir les acteurs qui prennent le risque d’adapter leur écosystème ou d’inventer un nouveau modèle?

Administration publique — Dans le prochain gouvernement, doit-on souhaiter la nomination d’un.e ministre responsable des technologies et du numérique ou d’un.e ministre responsable de la valorisation des données publiques? Quelle différence faites-vous entre les deux?

Accès à l’information — Serait-il souhaitable de définir par une loi-cadre que tous les documents produits par l’État québécois doivent être publics et accessibles sans restriction, à moins de justifications explicites? Pourquoi? 

Transport — Vous semble-t-il préférable d’investir dans le développement des véhicules électriques autonomes ou dans le développement de services (sur les téléphones cellulaires, par exemple) favorisant l’efficacité des transports collectifs (covoiturage, transport multimodal, etc.). Est-ce la même réponse pour Montréal, pour Québec et en région?

Accès à Internet — Ça fait vingt ans qu’on dit que tous les citoyens du Québec auront bientôt accès à l’Internet haute-vitesse. Quel moyen croyez-vous le plus efficace pour que cela devienne enfin une réalité: nationaliser les services d’accès à Internet? Subventionner les entreprises de télécommunication pour le faire? Pourquoi?

Si l’exercice vous plaît, je vous invite à m’aider à préciser les questions en formulant vos propositions dans les commentaires ci-dessous ou en contribuant directement à ce document Google.

Mario Asselin, Michelle Blanc, Dominique Anglade (et un.e éventuel.le porte-parole numérique de QS) pourront évidemment suivre l’élaboration des questions — voire y participer. Ben oui, pourquoi pas… si ça permet de rehausser le débat?

Je lève d’ailleurs mon chapeau à Mario Asselin, qui a posé un geste dans cet esprit-là aujourd’hui en partageant sur son blogue ses notes préparatoires en prévision d’un débat qui aura lieu demain sur l’éducation. Je trouve que c’est une initiative qu’on gagnerait tous à voir se reproduire plus souvent.

Ça va tout à fait dans le sens du type de leadership que je décrivais avant-hier en réponse à une question de Anne-Marie Dussault.

L’indifférence, oui mais…

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Éditorial intéressant de Paul Journet, dans La Presse de ce matin:

La vraie menace: l’indifférence

L’éditorialiste nous invite à porter un regard un peu plus intéressé (voire positif) sur notre monde pour ne pas céder au désabusement et au cynisme.

«Ces menaces partagent un point en commun : le désabusement des électeurs. C’est de cela qu’elles se nourrissent. Car plus on croit que les partis et les institutions sont tous pourris, plus on gobera les ragots et complots à leur sujet. Et c’est ainsi que la roue du cynisme tourne…»

Je suis évidemment tout à fait d’accord avec ça — et ça d’ailleurs été le principal sujet du texte avec lequel nous avons conclu nos 52 rendez-vous sandwich:

Pour en finir avec le cynisme systémique

Le hic, c’est que l’éditorialiste réussit le tour de force d’évoquer les sources de l’indifférence, du désabusement et du cynisme sans jamais évoquer le travail des médias (Facebook en prend pour son rhume, mais rien au sujet des médias traditionnels)…

Je trouverais intéressant qu’il y ait une suite à cet éditorial, dans lequel Paul Journet pourrait aussi porter un regard critique sur l’influence des bons vieux médias (journaux, radio, télévision) sur le regard que les citoyens portent sur leur milieu, sur le Québec et sur le monde en général. 

Il me semble tellement évident que les choix éditoriaux et la façon par laquelle on produit l’actualité aujourd’hui (instantanéité, répétition, multiplications des opinions et des faits divers, etc.) a des effets négatifs sur l’attitude des citoyens. Ils donnent souvent bien plus envie de baisser les bras et de s’en remettre aux politiciens et autres puissants que de se retrousser les manches et de s’engager socialement.

Il n’y a pas que les citoyens qui doivent porter un regard neuf sur la société. Les médias aussi.

Les qualités d’un.e leader

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Anne-Marie Dussault demande aujourd’hui sur Twitter:

Quelles qualités recherchez-vous chez un leader?

C’est une très bonne question, à laquelle j’ai envie de répondre librement, sans égard au contexte électoral actuel. J’interprète la question comme une réflexion générale sur le leadership, plutôt qu’une grille pour analyser les chefs de partis. C’est d’ailleurs une réflexion qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à la situation d’un.e simple député.e, dans son action locale, ou à celle d’un.e dirigeant.e d’entreprise ou de toute autre forme d’organisation.

Les trois qualités qui me semblent le plus essentielles chez un et une leader sont:

  • L’écoute;
  • La pédagogie;
  • La capacité de mobiliser.

Pour moi, un bon leader ou une bonne leader, c’est d’abord quelqu’un qui est attentif à la réalité de sa communauté et des gens qui la composent. C’est une condition nécessaire à sa légitimité.

C’est aussi quelqu’un qui est habile pour identifier les défis auxquels cette communauté est confrontée et qui est capable de les expliquer clairement, de manière à ce qu’ils soient bien compris par la majorité.

C’est finalement quelqu’un qui sait susciter l’adhésion et qui donne envie aux gens de se mobiliser pour relever ensemble ces défis. C’est quelqu’un qui comprend que son rôle est de faire émerger des solutions à partir de l’intelligence collective, et non pas de trouver des façons de faire accepter «sa solution».

Je trouve malheureusement encore très d’actualité ce texte écrit en 2007 — au moment du décès de la mairesse Boucher — dans lequel je souhaitais l’émergence d’une nouvelle forme de leadership au niveau municipal, encore marqué par une forme archaïque de leadership autoritaire.

Il m’apparaît aussi plus important que jamais de ne pas oublier que le leadership n’est rien si on n’évoque pas aussi le communautéship — soit la manière dont une communauté arrive à interagir avec son/ses leader/s (et ça aussi ça s’apprend, parce qu’il ne s’agit pas seulement de suivre aveuglement);

Et pour cette raison, j’aime toujours autant la métaphore du ski nautique pour décrire le leadership.

Ou, dit très simplement dans les mots de Malcom Knowles:

« …the highest function of leadership is releasing the energy of the people in the system and managing the process for giving that energy direction toward mutually beneficial goals. »

***

La réflexion est générale — mais il est vrai qu’il convient aussi de s’en servir pour juger des attitudes et des propositions des personnes qui sollicitent notre confiance dans le cadre de la prochaine élection.

En demandant par exemple aux candidats et candidates de notre circonscription s’ils/elles prévoient:

  • rencontrer régulièrement les citoyens dans une assemblée publique (au moins une fois par mois) notamment pour solliciter leurs points de vue sur les défis auxquels ils/elles feront face;
  • partager occasionnellement leurs idées et réflexions, et des versions préliminaires de certains documents, afin de pouvoir les enrichir des contributions des citoyens.

Ce que j’attends le plus d’un.e député.e et d’un leader politique aujourd’hui, c’est de savoir faire remonter les bonnes idées qui émergent de la population vers les instances décisionnelles, plutôt que de servir de courroie de transmission pour justifier des décisions impopulaires auprès de la population.

Québec 1989-2019

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Je viens de mettre en ligne un texte qui me tient particulièrement à cœur:

Québec 1989-2019: Cultiver l’optimisme quand y s’passe pas c’qu’y devrait s’passer

Le texte prend la forme d’un site Web qui regroupe l’équivalent d’une cinquantaine de pages. J’y formule une rétrospective de mon rapport à la politique et à la société québécoise dans son ensemble, de 1989 à aujourd’hui — c’est-à-dire de mes 16 ans à mes 45 ans. 

Je ne suis certainement pas le premier à partager un tel plongeon dans mes souvenirs, mais je pense que le fait de pouvoir m’appuyer très directement sur les quelques 1800 textes que j’ai publiés sur mon blogue depuis 2002 procure à l’exercice un caractère pas mal inédit. 

Bien qu’il s’agisse d’un point de vue éminemment personnel sur l’histoire récente du Québec, j’espère qu’il pourra contribuer à renouveler le regard qu’on porte sur l’état d’esprit de la génération à laquelle j’appartiens.

Je ne vous cacherai pas que c’est avec un certain vertige que je publie ce texte; mais aussi avec quelque chose comme un grand soulagement. La rédaction m’a permis de beaucoup mieux comprendre pourquoi je ressens aujourd’hui un aussi puissant besoin de changer de perspective sur l’avenir de mon pays.

J’ignore combien de personnes s’intéresseront suffisamment au récit pour le lire en entier, mais j’espère que certain.e.s prendront le temps de me faire part de quelques réflexions.

Et si, d’aventure, le récit s’avérait susceptible de nourrir quelques échanges dans un contexte éducatif (au secondaire? au cégep? voire à l’université!) ce sera avec un très grand plaisir que je me rendrai disponible pour y contribuer d’une façon ou d’une autre.

N’hésitez évidemment pas à partager ce texte.

***

Immense merci à Ana-Laura, avec qui je partage ma vie depuis 25 ans, et qui a été la première lectrice de la très grande majorité des 1800 textes qui servent de matériaux essentiels à cette rétrospective.

Merci également à Helene Jutras, qui a accepté le rôle de relectrice privilégiée (et réviseure) de Québec 1989-2019 — et d’être par le fait même complice d’un amusant clin d’œil à l’histoire.

 

AJOUT — 20 août 2018:

Mon ami Gilles Herman m’a fait cadeau d’une version ePub de l’ensemble du texte. Il est donc maintenant possible de lire (et annoter) le texte à partir d’une application comme iBooks, sur iPhone ou iPad. Très très grand merci Gilles!

Québec 1989-2019, en version ePub

J’ai aussi préparé une image qui résume les manipulations à faire pour importer le fichier dans iBooks sur un iPad. Elle est ici…

 

Photo: Clément et Étienne devant le Lac Léman, en juillet 2007

Pour rompre avec l’angoisse

Joseph Facal publie ce matin un texte dans lequel il évoque les angoisses avec lesquels seraient aux prises les souverainistes lucides.

Son texte résume très bien ce que j’entends abondamment autour de moi. Sauf que je trouve que c’est une erreur de présenter ça comme une impasse — comme un problème insoluble.

Je me demande si la grille d’analyse qui sous-tend ce raisonnement n’est pas désuète. Ou incomplète. Ou simplement piégée. Elle repose, je pense, sur l’hypothèse que l’arène partisane serait la seule capable de faire éventuellement se concrétiser l’indépendance du Québec.

Je me mets à penser que cette grille d’analyse fait partie du problème et contribue fortement à ce qu’on perçoive la situation comme une impasse.

Est-ce qu’il ne serait pas plus utile, et efficace, d’arrêter de penser que l’avenir du Québec sera déterminé par les partis politiques?

Est-ce qu’on ne devrait pas (re)commencer à se dire que les partis politiques n’ont pas pour but de décider où s’en va le Québec, mais de réaliser ce qu’on aura décidé d’en faire?

Faut-il s’étonner de ne pas savoir pour quel parti voter quand on ne sait pas à quel Québec on rêve?

Je pense qu’il va falloir arrêter de se perdre en conjonctures partisanes et recommencer à rêver, à imaginer le monde dans lequel on aimerait vivre; le monde qu’on souhaite laisser aux générations suivantes.

Il va falloir (re)commencer à partager ces rêves, à en faire des récits rassembleurs, à élaborer des projets et à faire en sorte que les partis politiques s’en saisissent pour pouvoir les transformer des réalités. C’est d’ailleurs ce que disait aussi Cyril Dion dans sa plus récente chronique publiée dans le Nouveau magazine littéraire.

En l’absence de rêves et de projets forts pour le Québec, ce sont forcément toujours ceux qui se présenteront, à tort ou à raison, comme les meilleurs administrateurs de l’État qui remporteront les élections. Quoi faire de mieux qu’administrer bêtement quand on a pas/plus de projets à réaliser?

L’impasse ce n’est pas la division du vote, ni même dans les bonnes ou mauvaises stratégies des partis politiques, elle se cache plutôt dans notre indifférence devant l’avenir.

Si on veut changer ça, je pense qu’il va d’abord falloir tout faire pour que les Québécoises et les Québécois reprennent confiance dans leur capacité à définir ce que va devenir le Québec.

Tant qu’on n’aura pas fait ça on va être condamné à lire une chronique comme celle de Joseph Facal avant chaque élection.

Pis ça ne me tente pas pantoute…

L’histoire de mes dents

Saviez-vous qu’à Cuba, au milieu du dix-neuvième siècle, il y avait des lecteurs dans les manufactures de tabac? En effet, «afin d’atténuer l’ennui du labeur répétitif, quelqu’un faisait la lecture à voie haute pour les autres travailleurs pendant qu’ils confectionnaient les cigares.»

C’est de cela que s’est inspiré Valeria Luiselli pour écrire L’histoire de mes dents:

«…j’ai décidé d’écrire pour les ouvriers un roman à épisodes, qui pourrait être lu au fur et à mesure à haute voix dans l’usine. (…) Les séances de lectures étaient enregistrées puis m’étaient envoyées à New York. Je les écoutais, notais les commentaires des ouvriers, leurs critiques et tout particulièrement leurs bavardages informels après la lecture et la discussion. J’écrivais ensuite l’épisode suivant, le leur envoyait et ainsi de suite. Ils ne me voyaient jamais, je ne les voyais jamais. Je les entendais et il me lisaient.»

Et c’est ainsi qu’est née l’aussi invraisemblable qu’amusante histoire de Gustavo Sánchez Sánchez, alias Grandroute — le meilleur commissaire-priseur au monde. La description qu’en fait l’éditeur sur son site Web donne une très bonne idée de l’originalité de l’histoire.

Alexandre Jardin aimerait sans aucun doute profondément ce personnage:

«Grandroute était un de ces esprits amples et éternels. Sa présence était parfois menaçante — non parce qu’il représentait une véritable menace pour qui que ce soit, mais parce que, comparés à sa féroce liberté, tous les paramètres que nous utilisons normalement pour mesurer nos actions paraissent triviaux. Grandroute avait plus de vie en lui que l’homme ordinaire.»

Je pense que Fred Pellerin aussi apprécierait aussi beaucoup ce livre.

Si c’était possible, il faudrait organiser un rendez-vous entre Grandroute et Wigrum, un autre extraordinaire personnage, lui aussi collectionneur d’objets et de récits, imaginé par Daniel Canty (j’ai adoré Wigrum, au sujet duquel j’avais écris ce texte il y a quatre ans). Ces deux personnages sont faits pour se rencontrer. Ces deux auteurs aussi, peut-être.

En résumé, j’ai tout aimé de ce livre: l’exentricité, l’humour, l’écriture et la description du processus de création, que j’ai trouvé très inspirant.

Ce livre terminé, je vais pouvoir aller faire mon tour à la Librairie Vaugeois pour participer à la fête annuelle du livre québécois, parce que c’est le 12 août!

AJOUTune heure après la publication:

Comment en pas m’émerveiller de l’invraisemblable coïncidence de découvrir maintenant cette vidéo qui présente une collection étonnante de la Bibliothèque publique de New York?