Retrouver la légitimité

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Très gros soupir en lisant la chronique de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal ce matin.

Au coeur de son propos, cette affirmation:

«Aux prochaines élections, un électeur nationaliste devrait spontanément se dire que s’il veut réduire le nombre d’immigrants, casser les accommodements raisonnables, imposer la laïcité, combattre l’islam radical, restaurer l’enseignement de l’histoire et défendre la langue française, il doit voter PQ.»

Méchant salmigondis!

Et il poursuit:

«Si le PQ ne parvient pas à créer automatiquement cette association d’idées dans l’esprit des électeurs, il ne parviendra pas à s’imposer.»

Je ne suis pas du tout d’accord avec cette affirmation.

Pas parce que je suis fermé à l’idée de réduire l’immigration. Pas non plus parce que j’aurais peur d’aborder les questions délicates associées à la laïcité et aux accommodements (dé)raisonnables. Et encore moins parce que je suis contre la restauration de l’enseignement de l’histoire et une promotion/protection plus vigoureuse de la langue française — évidemment!

Je ne suis pas d’accord avec Mathieu Bock-Côté parce que formulée ainsi, je trouve que son affirmation n’est qu’un leurre et ne fait qu’exciter inutilement les passions.

Le véritable enjeu est ailleurs.

Le principal défi du Parti Québécois pour les deux prochaines années, ce n’est pas de se focaliser sur les dossiers dits identitaires, c’est de démontrer qu’il regroupe les personnes qui comprennent le mieux le monde dans lequel on vit et quelles sont les forces qui sont en train de (re)modeler les sociétés occidentales.

Pour être crédible dans cette démonstration, le Parti Québécois devra être capable de formuler des propositions simples, concrètes et innovatrices qui permettront à la société québécoise de s’adapter aux influences qui s’exercent sur la société québécoise — en s’y adaptant, quand il le faut, et en en tirant avantage, aussi souvent que possible.

  • Comment aborder la transformation du monde du travail devant l’économie des plateformes (Uber, AirBnB, etc.) qui est en train de mettre à mal toutes nos lois et réglementations?
  • Quels seront les impacts de la robotisation et de l’automatisation de pans entiers de l’économie? Comment cela est susceptible d’affecter le filet de sécurité sociale dont nous nous sommes dotés dans les cinquante dernières années?
  • Comment le Québec peut-il s’adapter aux impacts des changements climatiques — qui sont désormais inévitables?
  • Comment repenser l’éducation dans un contexte aussi incertain?
  • Comment imaginer de nouvelles façons de gouverner, plus agiles, pour être en mesure de s’adapter plus aisément à des bouleversements de plus en plus violents?
  • Pour ne donner que quelques exemples…

C’est seulement en redevenant une source de propositions concrètes, dans tous les domaines, et avec l’ambition d’inventer le Québec du XXIe siècle (parce que je pense que nous sommes nombreux à avoir l’impression d’être englués dans le XXe) que le Parti québécois pourra retrouver une légitimité suffisante pour espérer former un gouvernement.

C’est en retrouvant cette légitimité dans l’esprit des électeurs que le Parti Québécois parviendra à s’imposer.

Pas seulement en parlant d’identité.

Sandwich #6

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C’est l’hiver. Il n’y a plus de doute. Malgré ça, nous étions une dizaine de personnes pour le sixième rendez-vous du sandwich du vendredi, dont deux nouveaux participants! Il faut aussi mentionner les premiers participants virtuels, qui ne pouvaient pas être avec nous, mais qui ont publié sur Facebook une photo du sandwich qu’ils ont mangé par solidarité, où ils étaient retenus (je pense que c’est un mode de participation qui va bien se développer!)

Mine de rien, ça fait certainement une trentaine de personnes qui sont venues à l’un ou l’autre des rendez-vous… et une forme de relais se met en place, parce que ce n’est évidemment pas possible pour tout le monde d’être là chaque semaine. C’est l’fun.

Comme c’est devenu notre habitude, nous avons fait un rapide survol de quelques événements de la semaine qui continue de justifier que nous poursuivions cette présence symbolique du mécontentement des citoyens devant l’Assemblée nationale. Selon les préoccupations de chacun: prétention de sauveur incompris du premier ministre, dysfonctionnement du système de justice, évaluation du système scolaire, loi sur les hydrocarbures (particulièrement choquant/odieux, avec l’imposition du bâillon, ce soir), etc.

Nous avons ensuite repris nos échanges sur le texte dont nous avons fait le projet la semaine dernière. Pour rappel:

Vendredi sandwich, 5e rendez-vous

Ça avait manifestement été une semaine chargée pour tout le monde… nous n’avons pas beaucoup avancé dans les derniers jours, mais j’ai confiance que nous ferons de grands pas d’ici la semaine prochaine (et nous savons maintenant quand nous le publierons!).

Il faudra participer (ne serait-ce que virtuellement) au rendez-vous du vendredi pour prendre part à la démarche et en savoir un peu plus…

Septième rendez-vous: la semaine prochaine, 16 décembre, de 12h à 12h30, devant l’Assemblée nationale (ou en publiant une photo de votre sandwich sur Facebook accompagné du mot clic #sandwichdredi!)

Mise à jour: Martine Rioux a partagé un texte à la suite de ce rendez-vous: Il n’y aura pas de sauveur.

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Crédit photo: Annie Morin

Vendredi sandwich, 5e rendez-vous

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C’était déjà le cinquième vendredi que je me rendais au pied de la Fontaine de Tourny pour manger mon sandwich et échanger un peu avec des personnes aussi exaspérées que moi par le contexte politique (surtout!) et médiatique (aussi!). Un rendez-vous symbolique pour faire sentir la présence des citoyens devant l’Assemblée nationale — de façon non partisane, sans discours ni pancarte.

J’ai trouvé que le rendez-vous de cette semaine avait été particulièrement vivifiant. Nous étions une douzaine de personnes (9 femmes, 3 hommes — on va avoir besoin de renfort les gars!) à discuter sous une belle petite neige. Des habitués contents de se revoir et quelques nouveaux visages (ça fait plaisir!).

Nous avons fait un survol des sources de mécontentement de la semaine (l’actualité est très riche pour nous garder motivés pour nous rendre à ce rendez-vous!) — et nous avons échangé sur les façons de transformer ce mécontentement en quelque chose de  constructif.

Nous sommes repartis, pour cela, d’où nous avions laissé la semaine dernière, avec la préoccupation suivante…

Comment être des citoyens responsables et engagés si, pour cela, il faut s’informer, mais que dans le contexte actuel, plus on s’informe, plus on devient cynique et moins on a envie de s’engager.

…et nous avons évoqué un premier projet dont nous ferons un suivi lors des prochaines rencontres — et d’ici-là par le groupe Facebook privé, qui est réservé à celles et ceux qui ont participé à au moins un rendez-vous.

Prochain rendez-vous: la semaine prochaine, vendredi 9 décembre, toujours de 12h à 12h30. Et d’ici-là, la page Facebook publique du rendez-vous…

***

NOTE: J’ai reçu la photo qui accompagne ce texte d’un ami qui était présent la semaine dernière mais qui ne pouvait pas se joindre à nous cette semaine parce qu’il était hors du pays. Ça m’a fait penser: peut-être qu’on pourrait étendre le rendez-vous à Facebook… et compter comme participants virtuels celles et ceux qui publieront une photo de sandwich accompagné d’un court texte entre 12h et 12h30 le vendredi?  Qu’est-ce que vous en pensez?

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Quand les esprits s’échauffent

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Samedi matin, rare silence dans la maison. Temps privilégié pour prendre un peu de recul sur la semaine qui vient de se terminer.

J’ai dit il y a quelques jours… j’ai commencé un projet d’écriture qui m’amène à être particulièrement attentif à l’environnement médiatico-politique dans lequel on vit actuellement, à ses effets sur la qualité des débats et sur notre moral (à commencer par le mien!). Ça a d’ailleurs fait partie de nos conversations devant l’Assemblée nationale hier midi (mon texte, texte de Martine Rioux).

Dans ce contexte, je relis les notes que j’ai prises au cours de la semaine et je suis forcé de constater que la semaine a été particulièrement toxique.

Un parti politique a fait sciemment usage du mensonge comme stratégie de communication sur les réseaux sociaux. Je pense que c’est la première fois qu’une telle stratégie est utilisée de façon aussi évidente au Québec. C’est inquiétant.

Un autre parti s’est empressé de réagir directement par toutes sortes de gestes qui avaient indirectement pour effet d’accroître la visibilité du mensonge — ce qui était précisément la réaction et l’effet désiré. Jusqu’à produire un carré-facebook s’adressant directement au chef du parti en question pour lui dire que le mensonge, c’est mal.

Je pense que personne ne gagne dans ce genre d’échanges Je crois que c’est même précisément ce qui détourne bien du monde de l’engagement politique — et même de l’exercice de leur droit de vote.

Je pense qu’il doit y avoir une sorte d’alarme qui sonne quand les partis politiques se mettent à s’interpeller directement l’un et l’autre — parce qu’on oublie forcément les citoyens quand on fait ça. Ce texte a été écrit dans cet esprit.

Heureusement, tout n’est pas mal non plus — parce qu’en parallèle des échanges que je déplore, de courtes vidéos, moins passionnées, plus pédagogiques, et (surtout!) qui s’adressent avec intelligence aux citoyens ont également été produites.

On gagnerait tous à ce que tous les partis politiques s’investissent davantage dans ce genre de communication positive plutôt que de se répondre l’un à l’autre dans un grand brouhaha auxquels ils sont les seuls à pouvoir donner un sens.

Tout cela me donne envie de revisiter ce texte que j’avais publié ici il y a plus de dix ans:

Ébauche d’un manifeste | 23 mai 2005

C’était délibérément un peu naïf, mais je trouve que plusieurs des idées qui sont là demeurent inspirantes — et peut-être même plus que jamais.

P.S. Pourquoi avoir utilisé les expressions «un parti», «un autre parti» et ne pas avoir donné d’exemple des communications auxquelles je fais référence? Précisément parce que je ne veux pas embarquer dans une dynamique de reproches et de polémiques. Ma réflexion est sereine et je souhaite qu’elle soit lue et interprétée de façon constructive. Toute réaction enflammée à son sujet m’apparaîtrait contraire à l’esprit qui a guidé sa rédaction.

P.P.S

Sandwich, prise 4

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De retour du quatrième rendez-vous hebdo pour le sandwich du vendredi midi. Nous étions sept, pour toutes sortes de raisons — et la neige en plus! Beaucoup de courriels et de «je suis avec vous en pensée» aussi. Les appuis ne manquent pas.

On s’est tous dit que la persévérance est plus importante que le nombre. La présence ne sera pas toujours assurée par les mêmes personnes, le nombre de personnes variera, mais il faut inscrire notre présence devant l’Assemblée nationale dans la durée.

J’avais préparé une feuille avec quelques idées pour alimenter la réflexion sur ce qu’on souhaite progressivement faire de ce rendez-vous (je reprends le texte ci-dessous).

En gros, pour moi, ce rendez-vous doit nous aider à sortir du cercle vicieux «il faut s’informer pour être de bons citoyens engagés, mais plus on s’informe plus on est frustré/découragé et moins on a le goût de se mobiliser».

On a échangé à partir de ça et d’autres choses et on a décidé d’ouvrir un groupe privé sur Facebook pour poursuivre les échanges amorcés lors des rencontres. Un groupe qui sera réservé aux gens qui auront participé au moins une fois au rendez-vous du vendredi. Nous souhaitons utiliser ce groupe pour mettre au point des actions qui pourront concrétiser nos conversations.

Et on s’est laissé, tout sourire, en se répétant que le plus important c’est de trouver des façons de cultiver notre bonne humeur malgré la colère.

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

 

 

* * *

(Texte de la feuille préparée pour le quatrième rendez-vous)

Un sandwich à la fois…

Le 3 novembre, en colère après la mise au jour d’un nième scandale, Clément s’est exclamé, dans son salon:

— ben là, ça va faire! Je suis vraiment tanné! Je pense que je vais aller manger un sandwich devant l’Assemblée nationale demain midi pour le faire savoir! Et toutes les semaines qui vont suivre s’il le faut…

Et il a été surpris d’entendre aussitôt sa fille de quatorze ans lui dire:

— Ok, mais fais-le pour vrai si tu es si fâché!

Plus le choix. Il fallait le faire. Par cohérence.

Et c’est ainsi qu’après un petit mot sur Facebook, nous étions quatre le lendemain au pied de la Fontaine de Tourny pour faire sentir notre présence et notre ras-le-bol devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich dans un rassemblement non-partisan, sans discours ni pancartes.

Nous étions onze la semaine suivante et treize au troisième rendez-vous. Tous bien déterminés à poursuivre dans les prochaines semaines, malgré l’arrivée de l’hiver — et avec l’envie naissante que des gestes encore plus concrets puissent éventuellement accompagner ces rendez-vous hebdomadaires.

Et c’est ainsi qu’à partir de ce midi — quatrième rendez-vous — nous pourrions partager, très simplement, des suggestions de gestes à poser au cours de la semaine suivante, afin de faire sentir notre présence d’autres façons, là où ça peut compter, ou en apportant notre appui à des initiatives qui mériteraient d’être encouragées.

Avec l’idée de faire de faire progressivement de ce rendez-vous hebdomadaire un moment dont on repart revigorés, avec la conviction qu’on n’est pas dépourvus de moyens pour transformer notre saine colère en quelque chose de plus constructif.

 

C’est (pas) bon pour le moral

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Voici un florilège de textes sur l’actualité québécoise qui me sont passés sous les yeux aujourd’hui. Oui, juste aujourd’hui! C’est d’une telle charge négative… Et j’aurais pu en ajouter plusieurs autres du même genre.

Il va vraiment falloir sortir de cette ambiance merdique sans trop tarder parce que le sentiment d’impuissance et le profond cynisme qui accompagnent tout ça sont pernicieux.

Il va falloir identifier des gestes concrets, réalistes pour le plus grand nombre, et dont les effets pourraient être visibles rapidement — pour que ce soit encourageant. On est plusieurs à en avoir besoin!

Alors pensons-y, partageons nos idées…

…ça pourrait aussi faire l’objet d’un remue-méninge à l’occasion de la quatrième édition du sandwich du vendredi.

***

Scandale à la SIQ: Jérôme-Forget dit ne pas avoir vu l’étude

«Mme Jérôme-Forget a déclaré par ailleurs qu’il n’est pas question qu’elle aille s’expliquer en commission parlementaire…»

Ministres manipulés par une organisation criminelle? demande Maltais

«Les révélations du Soleil sur l’existence de rapports défavorables à la vente d’immeubles de la SIQ soulèvent des questions sur l’influence d’une organisation criminelle auprès de ministres libéraux, estime la péquiste Agnès Maltais.»

La soeur de Sylvie Roy achetée par le PLQ? se demande Legault

«Un journaliste a par la suite paraphrasé ses déclarations récentes selon lesquelles les libéraux « offraient de l’argent » (…) pour attirer dans leur camp des caquistes. « Est-ce que c’est un cas comme ça ici », avec Mme Roy? a-t-on demandé à François Legault. « Il faut poser la question », a-t-il répondu.»

Sylvie Roy: Legault fait une «mise au point»

«M. Legault a simplement répondu aux journalistes qu’il fallait poser la question d’une hypothétique rémunération par le PLQ de ces personnes aux principaux concernés. M. Legault n’a jamais transposé ce questionnement à la situation de Mme Roy. Toute affirmation du contraire est sans fondement».

84% des personnes âgées préfèrent ne pas se faire changer la nuit selon le ministre Barrette

«Aujourd’hui on vit dans une ère de confrontation perpétuelle avec le monde syndical et je trouve ça dommage, alors qu’on devrait travailler ensemble…»

Barrette invité à passer une nuit avec une infirmière et ses patients

« »Il va voir ce que c’est d’avoir un nombre aussi élevé de patients et de ne plus être capable de dispenser les soins », a déclaré en conférence de presse Mme Laurent, qui faisait cette invitation au ministre en réponse a celle qu’il a faite la veille aux journalistes et aux élus d’aller déguster des repas de CHSLD mercredi au Centre des congrès.»

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

L’idéal démocratique

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Je me suis lancé il y a dix jours dans le projet un peu fou d’écrire un livre. Pour y arriver, je prends continuellement des notes sur l’environnement médiatique et politique dans lequel on vit, au Québec, en cette fin d’année 2016.
Et je dois dire que je trouve ça vraiment terriblement éprouvant. Bien plus que je ne l’aurais d’abord cru.
Évidemment, parce que le rythme auquel les nouvelles se succèdent est étourdissant. Mais aussi (surtout!) parce que la charge de cynisme que cela m’impose est accablante. Je souffre aussi de la désagréable impression que la frénésie médiatique a pour effet de détourner systématiquement mon attention de l’endroit où elle devrait se porter.
Au point où j’en viens à m’interroger: est-ce que l’idéal démocratique peut survivre dans un pareil contexte?

Sandwich, prise 3 (et du nouveau pour la semaine prochaine)

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C’était le troisième vendredi qu’il y avait rendez-vous sandwich devant l’Assemblée nationale. Malgré quelques absences annoncées au dernier moment, nous étions quand même treize. Le groupe continue de croître…

On a fait connaissance de nouveau monde, on a jasé un peu (fascinant de constater la variété des raisons de vouloir faire sentir sa présence), et on s’est à nouveau dit à la semaine prochaine!

En marchant, au retour, une amie m’a dit: «il faudrait qu’on ne tarde pas trop à utiliser ce rendez-vous pour générer quelque chose de plus concret, pour garder les participants motivés à venir d’une semaine à l’autre».

Je pense que c’est une bonne idée — je suis content qu’elle émerge de nos échanges plutôt que d’avoir été planifiée.

Je propose donc qu’à partir de la semaine prochaine ceux et celles qui le souhaitent prennent quelques minutes pour suggérer aux participants un geste à poser dans les jours suivant pour transformer notre présence en actions concrètes.

Ce midi, par exemple, j’aurais pu attirer plus formellement l’attention des gens sur l’initiative de Frédéric Poitras à l’égard des femmes autochtones de Val d’Or.

Toujours pas de discours: que de courtes propositions de gestes qu’il est réaliste de poser dans les jours suivants. Chacun/e pourra se rattacher à celles qui le/a rejoindront particulièrement.

Qu’en pensez-vous?

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Crédit photo: Rémy Charest

Le sandwich hebdomadaire

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Le 4 novembre, c’est en réaction à la diffusion de l’émission Enquête (qui nous révélait un autre scandale de fraude, d’une dimension jusque-là inégalée) que nous sommes allés pour la première fois manger un sandwich, le vendredi midi, devant l’Assemblée nationale. Nous étions quatre.

Les échanges, ce midi-là, et dans les jours qui ont suivi, nous ont amenés à répéter l’expérience le vendredi suivant — parce que l’actualité ne cesse de nous fournir des raisons de le faire! Nous nous étions dit que ce serait agréable d’être huit. Nous avons été onze… et nous avons eu droit à des biscuits maison apportés par une des participantes! C’est certainement la plus agréable façon pour exprimer notre mécontentement devant la dégénérescence de la situation sociale et politique. Et nous nous sommes évidemment dit à la semaine prochaine!

Nous avons donc rendez-vous, ce vendredi, de 12h à 12h30, devant l’Assemblée nationale, tout près de la fontaine. Tout le monde est évidemment invité à se joindre à nous. Surtout qu’on annonce vraiment une très belle température: soleil et 9º Celsius. Ce serait extra d’être au moins seize personnes cette fois-ci.

Et, comme les deux dernières semaines, il n’y aura ni discours ni pancartes. Ce sera juste une autre belle occasion de discuter une trentaine de minutes avec des gens qui sont bien sûr très mécontents, mais qui ont néanmoins envie de le manifester dans la bonne humeur.

Des gens qui ont aussi envie de contribuer, par leur présence, à donner un élan à quelque chose qui pourrait éventuellement faire boule de neige. Trente-deux personnes la semaine suivante? Pourquoi pas!

Alors, on se voit vendredi?

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Dîner conférence avec Alexandre Taillefer

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J’ai pris part ce midi à un dîner de la CDEC de Québec, à l’occasion duquel Alexandre Taillefer — que je trouve toujours très inspirant — était le conférencier invité.

Encore cette fois, j’ai beaucoup apprécié son allocution, sauf un tout petit passage… et un autre qui m’a laissé sur ma faim. J’en retiens aussi une idée forte, dont je me ferai dorénavant aussi le promoteur. À découvrir ci-dessous.

Je trouve dommage que Le Soleil rapporte seulement les propos d’Alexandre qui concernaient le dossier du SRB et du troisième lien (les plus polémiques, surtout quand on prend bien soin d’écrire le mot taxes dans le titre de l’article), parce qu’il avait pourtant bien pris la peine de les situer dans contexte beaucoup plus large, abordant notamment le thème de l’économie sociale et de la lutte aux inégalités.

C’est entre autres pour contribuer à lutter contre cette forme de sensationnalisme que je partages ici les notes que j’ai prises pendant la conférence.

***

D’entrée de jeu, Alexandre a présenté l’élection de Donald Trump comme une nouvelle manifestation de l’envie d’une partie de la population de faire tabula rasa de la politique et de l’économie telle qu’on la connaît depuis une trentaine d’années. Une envie qu’il est important de comprendre, mais qu’il ne partage pas. C’est même une chose qu’il lui apparaît absolument essentiel de contrer afin si on veut s’éviter le même genre de coup de gueule de l’électorat. Je suis bien d’accord avec lui.

Il a aussi rappelé que le Québec est une des sociétés où les inégalités entre les plus riches et les pauvres sont les plus faibles. «Il fallait être visionnaire, il y a trente ans, pour placer l’équité comme une des valeurs les plus importantes dans le développement de la société québécoise. Il ne faut pas perdre ça.» Et, pour lui, l’économie sociale est un des meilleurs atouts que nous avons pour ça. «Dans dix ans, l’économie sera sociale ou ne sera pas», dit-il. Il importe toutefois d’éviter le chant des sirènes du protectionnisme, a-t-il précisé. Reste à voir comment.

À son avis, le plus grand défi auquel est confronté la société québécoise consiste à sortir de la misère les gens qui vivent dans des conditions impossibles — à commencer par le monde du travail. D’où sa lutte en faveur d’une augmentation du salaire minimum à 15$. «Une société a des choix à faire: est-ce que c’est moralement acceptable d’offrir un salaire sous le seuil de la pauvreté à quelqu’un qui travaille à temps plein? Pour moi, c’est non.»

Pour cette raison, il faudra arriver à mieux documenter l’éthique des entreprises. Il propose pour cela de mettre en place «quelque chose comme la fiche nutritionnelle qu’on applique maintenant sur les aliments et qui nous permet de savoir ce qu’on mange… et de faire des choix». On pourrait y retrouver sur cette fiche-entreprise certaines infos sur la fiscalité des entreprises, leur empreinte écologique, les écarts dans la rémunération, etc. L’idée reste bien sûr très préliminaire, mais elle mérite certainement d’être promue.

Alexandre a témoigné du fait que c’est son incursion dans le monde du taxi qui l’a sensibilité à la réalité des travailleurs autonomes qui se retrouvent souvent dans des emplois qui deviennent rapidement des casiers à homards — des pièges dont ils deviennent prisonniers, parce qu’ils représentent leur seule source de revenus, mais qu’ils ne leur permettent pas de subvenir adéquatement à leurs besoins. Ses exemples étaient très concrets, éclairants.

C’est d’ailleurs ainsi que son propos s’est progressivement dirigé vers les questions de mobilité: notamment pour rappeler que la voiture est aujourd’hui le principal facteur d’appauvrissement individuel et collectif au Québec. Et que même s’il ne sera pas facile de renverser cette situation, ça apparaît plus indispensable que jamais.

De son point de vue, le projet de Service Rapide par Bus (SRB) de Québec est prioritaire à la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis. Une fois le projet déployé, et un service de très haute qualité bien en place, il faudra même envisager des mesures de tarification horaire pour l’usage des ponts (de manière à éviter une trop grande concentration aux heures de pointe) avant de projeter la construction d’une nouvelle infrastructure. Je crois qu’il y a possiblement des alternatives à la tarification, mais je crois qu’il a raison de soulever aussi cette question. Une chose est toutefois très claire: pour lui la dernière chose à faire aujourd’hui, c’est d’investir dans de nouvelles infrastructures routières. «Nous investissements c’est dans les écoles primaires et secondaires qu’on doit les faire.»

J’ai toujours apprécié tout particulièrement le fait qu’Alexandre a le courage plaider, sans trop de nuances ou de réserves, des idées qui déplaisent — et même des idées qu’il sait très bien qu’elles ne pourront jamais être populaires. Sa franchise me semble rafraichissante et je pense que c’est ce qui fait que les gens lui accordent aussi facilement leur attention.

Et c’est justement parce que je lui reconnais cette franchise, et que je l’estime au plus haut point, que je me permet de préciser le petit moment qui m’a un déplu dans sa présentation. Un moment où je l’ai senti inhabituellement vaseux.

Alexandre plaidait alors que le rôle le plus fondamental de la politique était de rendre la population heureuse. Ce avec quoi je suis d’accord. Puis, se référant aux critères du World Happiness Index (richesse collective, espérance de vie, manifestations de générosité, existence d’un filet social, liberté et absence de corruption), il a pointé la responsabilité des médias — qui ne doivent pas noircir inutilement la situation — et la nécessité de valoriser l’engagement des hommes et des femmes politique. Jusque-là, ça va.

Mais lorsqu’Alexandre a profité de l’occasion pour prendre la défense de Philippe Couillard, j’ai décroché. Il s’est appuyé pour ce faire sur le défi que le chef du Parti libéral a lancé cette fin de semaine: «Depuis que je suis chef, il ne s’est rien passé de condamnable, ou prouvez-moi le contraire!», disait-il. «Eh bien vous savez quoi, je le crois moi, a dit Alexandre. Il faut lui faire confiance, arrêter de se moquer des politiciens et cesser de faire preuve d’autant d’arrogance à leur endroit.»

Ça m’a déplu parce que je trouve ce plaidoyer était non seulement superflu, mais qu’il ne servait même pas son propos. Entretenir un climat de confiance, pour un politicien, c’est beaucoup plus que de ne pas être coupable soi-même. Et je suis convaincu qu’Alexandre le comprend très bien. Il ne faut pas confondre la confiance et la candeur.

Finalement, le moment qui m’a laissé sur ma faim est survenu à la période de questions — et cette fois Alexandre n’y est pour rien!

À son tour, un homme a soulevé le fait que Donald Trump avait été porté vers la victoire notamment par les travailleurs victimes de la délocalisation des emplois. «C’est un danger économique du passé, le prochain danger qui guette les travailleurs, c’est la robotisation et l’automatisation, et je pense que ce sera bien pire; qu’en pensez-vous M. Taillefer?».

Le manque de temps a forcé une réponse très brève — beaucoup trop brève! — essentiellement pour dire qu’en effet, aucun travailleur ne sera épargné… pas même les avocats et les chirurgiens.

J’aurais beaucoup aimé entendre Alexandre développer sa pensée sur ce sujet parce que c’est un enjeu qui m’apparaît absolument déterminant pour l’avenir du Québec… et devant lequel les politiciens actuels me semblent complètement démunis.

Ce sera pour une autre fois, j’espère.

Wake up call!

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Bon, ben, je pense que le plus important à partir de maintenant c’est de déployer tous les moyens à notre disposition pour que la démocratie québécoise ne suive pas la pente dangereuse que nous venons de constater chez nos voisins du Sud.

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement? Je ne suis pas sûr de le savoir ce soir.

Mais s’il y a une chose que je sais: la politique telle qu’on la fait actuellement, ici aussi, nous met plus en danger qu’elle nous protège d’un désastre comme celui-là.

Je me couche envahi par un profond sentiment d’urgence.

Ben voyons donc!

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Je suis bouche bée. Encore.

Si on résume l’actualité de la fin de journée: le SPVM aurait obtenu un mandat d’écoute électronique pour Patrick Lagacé et Vincent Larouche. Le chef de police de Montréal prétend toutefois ne jamais l’avoir exercé.

Des journalistes de La Presse n’ont pas été écoutés, selon le chef de police

Il est tout de même intéressant de noter qui est le juge qui a accordé le mandat au SPVM. Il s’agit du juge Marc Brisson — ce juge, dont on avait jugé que la nomination méritait une attention particulière lors de la Commission Bastarache.

Le choix de Marc Bisson en question | Radio Canada | 11 janvier 2011

«Marc Bellemare affirme ignorer les détails bureaucratiques entourant la nomination du juge Marc Bisson. Il soutient simplement que Jean Charest lui a dit de le nommer parce que Franco Fava l’encourageait à le faire. »

Franco Fava, encore lui. Le même qui fait l’objet des allégations de fraude cette semaine à la SIQ.

Voilà que les deux dossiers scandaleux de la semaine se rejoignent… Il va bientôt falloir  trouver un mot beaucoup plus fort que scandaleux, parce que pour le moment, chaque heure qui passe je suis un peu plus indigné.

Vendredi midi

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Jeudi midi j’ai vu un extrait de l’entrevue d’une candeur hallucinante (ce sont les mots de Michel David dans Le Devoir) que Monique Jérôme-Forget a accordée à Marie-Maude Denis de l’émission Enquête. Ça m’a tellement choqué que j’ai spontanément écrit ce texte, qui a beaucoup circulé depuis:

Écoeuré | 3 novembre 2016

Jeudi soir, après avoir visionné le reportage complet, j’étais encore plus profondément dégoûté. Gilbert Lavoie aussi si on en croit le début de sa chronique dans Le Soleil de ce matin:

«La fraude immobilière sur des immeubles gouvernementaux et impliquant des collecteurs de fonds du Parti libéral est tellement scandaleuse qu’on a peine à croire que ça puisse s’être passé ici, à deux pas de l’Assemblée nationale du Québec! (…) Je me demande comment se sentent les ministres et les députés du Parti libéral à la lumière d’un tel scandale. Comment peuvent-ils se regarder dans les yeux (…) Si j’étais un des leurs, j’irais siéger comme indépendant pendant quelques mois en guise de protestation, le temps d’évacuer l’odeur de purin qui empeste encore l’héritage de ces années libérales.»

J’ai regardé Enquête avec ma fille de quatorze ans. Elle avait manifestement peine à croire l’ampleur de ce qu’elle découvrait — et particulièrement la malhonnêteté de toutes ces personnes qui abusait effrontément de notre confiance (heureusement, il y avait Jean Vézina pour servir d’exemple de probité). C’était clairement un choc pour elle de réaliser que de telles magouilles puissent exister ici, dans son pays, dans sa ville. Je n’en étais que plus dégoûté.

Ça m’a ramené à l’esprit le texte cri du coeur que j’avais écrit le printemps dernier en réalisant à quel point les jeunes qui voteront pour la première fois en 2018 auront découvert le monde politique dans un contexte déplorable:

En finir (d’abord) avec le fatalisme | 19 mai 2016

En fermant la télévision, j’ai dit en boutade à ma fille: «Je pense que je vais aller manger mon sandwich devant l’Assemblée nationale demain midi pour protester». Je l’ai aussitôt entendu répondre: «Go! Fais-le.» Il fallait donc que je le fasse.

Et comme pour m’y obliger encore un peu plus, j’ai aussitôt écrit sur Facebook:

Bon ben… j’en ai vraiment assez. Le visionnement de l’émission complète d’Enquête de ce soir, c’en est trop.

Ça fait que le citoyen Laberge va aller manger un sandwich tranquillement devant l’Assemblée nationale demain midi. Et tant mieux si j’ai de la compagnie.

J’ai complété ce message de la façon suivante le lendemain matin après avoir reçu quelques questions:

Hier soir après l’émission Enquête, j’ai dit sur Facebook que, devant son écoeurement, le citoyen Laberge irait tranquillement manger un sandwich devant l’Assemblée nationale, ce midi — et que je serais heureux d’avoir de la compagnie.

Je n’ai pas diffusé davantage cette initiative et je ne compte pas le faire. C’est un geste spontané, de nature personnelle. Ça n’a rien de partisan. Il n’y aura pas de discours. Juste la présence silencieuse de quelques citoyens qui veulent seulement être certains de bien faire sentir que la moutarde commence à leur monter sérieusement au nez.

Résultat, nous étions quatre hier midi devant l’Assemblée nationale. Fâchés, mais souriant. Il faisait beau. On a jasé calmement, sandwich à la main. Et à 12h30 on s’est dit à la semaine prochaine.

Je serai encore là vendredi prochain. Je me plais à espérer que cette fois nous pourrions être huit. Et, qui sait, peut-être seize la semaine suivante, puis trente-deux… Et que ça devienne un rendez-vous hebdomadaire, purement citoyen, sans discours ni porte-parole.

Comme une sorte de compte à rebours adressé aux élus, pour bien leur faire sentir que la patience des citoyens est dorénavant épuisée et qu’ils ont intérêt à ne pas trop attendre pour rétablir la confiance nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie.

C’est d’ailleurs un peu aussi ce pour quoi plaidait Cathy Wong dans la chronique qu’elle signait vendredi dans Le Devoir:

Démocratiser la démocratie?

On tourne la page sur une semaine qui a été très dure pour le moral. J’espère qu’on pourra dire dans quelques années que c’est au cours de celle-ci qu’on a finalement touché le fond du baril. Parce que le moment est clairement venu de se donner un swing dans le fond pour enfin commencer à remonter.

Naïf? Peut-être. J’espère que non.

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Écoeuré

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Bon, ok, là, ça va faire!

L’extrait de l’entrevue que Monique Jérôme-Forget a accordée à Marie-Maude Denis que je viens de voir est la goutte qui fait déborder le vase. Je suis dégoûté (et je pèse mes mots!)

Extraits d’entrevue de Monique Jérôme-Forget sur la SIQ

J’ai besoin de crier haut et fort qu’y’a toujours ben un boutte à toutte. Et que là, franchement, ça suffit! Oui, ce qui suit est un coup de gueule et je l’assume.

Je trouve qu’on a franchit avec cette vidéo un nouveau seuil dans le mépris. Le seuil de l’inacceptable. J’ai du mal à m’en remettre. C’est comme si ça faisait remonter à la surface trop de choses que j’ai acceptées, avec plus ou moins de résignation, au cours des dernières années — trop de choses autour des commissions Gomery, Bastarach, Charbonneau, entre autres: le spectacle du mépris et de l’impunité, un jour à la fois, jusqu’à l’insensibilité.

Là, ça va faire!

Il y a dans cette vidéo un sans gêne indécent: un aveu particulièrement candide de Mme Jérôme-Forget qui témoigne que tout est permis à cette élite politique autoproclamée. Ou qu’elle se croit tout permis, même de dire avec le sourire qu’elle ne s’est pas occupée d’une responsabilité qui lui était confiée… parce que ça ne ne l’intéressait pas! Des milliards de dollars de notre argent, mais ça ne l’intéressait pas, parce que ce n’était pas assez prestigieux!

Je n’en reviens tout simplement pas! Après tout ces scandales. Iriez-vous, vous, sur le conseil d’administration de la SIQ?

Et moi qui accorde une grande importance au service public? Moi qui suis membre, bénévolement, du conseil d’administration d’une société d’état dans le domaine de la culture? Moi qui vient de recevoir une lettre d’un ministre qui souhaite que je poursuivre mon engagement, toujours bénévole, dans un conseil consultatif dont il a la responsabilité? Est-ce qu’il faut que je comprenne que je suis devenu le dindon de la farce, Mme Jérôme-Forget?

Mais même devant l’indignation que ses propos soulèveront, l’ex-ministre se dira probablement que ce n’est pas si grave: il faudra affronter vagues, mais le bon peuple est tellement occupé à débattre du bon goût des vêtements que Safia Nolin portait au gala de l’ADISQ que ce sera bien vite oublié. Comment lui reprocher puisque c’est comme ça depuis des années?

Et comme si ce n’était pas déjà assez… on découvre depuis quelques jours que la police se sentaient de plus en plus à l’aise depuis quelques années pour espionner même les journalistes de manière à s’assurer de bien garder le couvercle sur la marmite de l’inacceptable. C’est scandaleux.

Je dis non! Stop! Il faut que ça s’arrête. Maintenant.

J’en ai assez des discours politiques polis, des stratégies échappatoires, des plaidoyers enflammés jamais suivis d’effets et de la gestion au cas par cas. Tout ça alimente inutilement le fatalisme. Il faut arrêter de nous prendre pour des abrutis.

C’est à une grande réforme de nos institutions politiques qu’il faut en venir. Tout de suite. Ça presse.

La restauration de la confiance doit être le chantier le plus prioritaire de ce gouvernement — et de tous les élus — pour les prochaines années. Tant que ce ne sera pas réglé. Parce que notre capacité à mener tout autre projet ou toute autre réforme s’en trouve conditionnée.

L’Assemblée nationale doit confier la responsabilité de ce chantier à une personne d’une probité sans faille, capable d’exercer un très fort leadership.

Il faut poser rapidement des gestes vigoureux, décisifs, exemplaires.

Et nous, citoyens, il faut qu’on exige que les élus se consacrent prioritairement à ce chantier. Il faut que les médias en fassent aussi une priorité. Ce doit être un sujet de tous les jours. Plus seulement quand un scandale éclate.

On doit rejeter le cynisme et refuser la complaisance. Il faut, à partir de maintenant, que ça devienne impossible pour un élu de se présenter quelque part sans témoigner de ce qu’il fait, personnellement, pour qu’on retrouve confiance dans nos institutions.

Autant se le rappeler, c’est notre docilité qui permet à ces quelques profiteurs d’abuser de nos ressources collectives. Ils misent sur notre peur des pit-bulls et sur les pleines pages que les médias y consacrent pour assurer leur impunité. Ils se disent que la population jappe quelquefois très fort, mais qu’elle ne mord jamais.

Je pense que le moment est venu de montrer les crocs. Parce que je ne sais pas vous, mais moi je suis tanné.

Ben tanné. Ben ben tanné.

Écoeuré même.

Dylan, Hamelin, Couillard et Sévigny

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La remise du Nobel de littérature à Bob Dylan a beaucoup fait jaser cette semaine. La caisse de résonance médiatique est plus efficace que jamais.

Je n’ai pas d’opinion sur la décision de l’Académie Nobel — et je confesse un intérêt très limité pour ce débat — mais je me réjouis qu’elle contribue à (re)mettre à sous les projecteurs la question de la place de la littérature — sous toutes ses formes — dans l’espace public.

C’est d’ailleurs avec ça en tête que j’ai lu la courte entrevue de Louis Hamelin dans le Boréal Express reçu avec Le Devoir, au sujet de son plus récent livre Autour d’Éva:

«Le roman pourrait apporter quelque chose à la politique si les politiciens lisaient des romans. Dans un monde idéal, le roman pourrait même contribuer à former de meilleurs électeurs, en ouvrant l’imagination, en élargissant le spectre des possibles.»

«Le Québec n’est pas sage, il est satisfait. C’est bien pire. Pour ce qui est de la frilosité à la critique,on devrait se chicaner un peu plus souvent, ça nous ferait du bien.»

J’avais justement abordé la question du rapport que les politiciens entretiennent avec le roman, il y a une quinzaine de jours, notamment pour suggérer la création d’un club de lecture à l’intention des députés. En rappel:

L’automne, la lecture et la politique

Et comment, dans ce contexte, ne pas faire également référence à la délicieuse réponse de François Parenteau à la poésie-parce-que-ça-rime de Philippe Couillard?

Un billet de circonstance (audio)

Je retiens aussi de mes lectures matinales le projet de la Grande bibliothèque souterraine de Montréal, que m’a fait découvrir Fabien Deglise:

Une communauté souterraine de lecteurs

Un projet m’a rappelé la photo que j’avais publiée ici l’an dernier — et que j’aime particulièrement. En rappel, c’est l’en-tête de ce texte:

Lire vous transporte

***

Et question de plonger encore plus dans la rencontre du roman et de la politique, j’ai prévu entreprendre dans les prochaines heures la lecture de Sans terre, de Marie-Ève Sévigny, que j’ai acheté dès sa sortie… et dont je n’ai entendu que du bien depuis ce jour (sauf qu’il me restait des lectures à terminer avant de m’y lancer à mon tour!).

Sans terre | Marie-Ève Sévigny | Héliotrope Noir

À suivre, donc.