Écoeuré

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Bon, ok, là, ça va faire!

L’extrait de l’entrevue que Monique Jérôme-Forget a accordée à Marie-Maude Denis que je viens de voir est la goutte qui fait déborder le vase. Je suis dégoûté (et je pèse mes mots!)

Extraits d’entrevue de Monique Jérôme-Forget sur la SIQ

J’ai besoin de crier haut et fort qu’y’a toujours ben un boutte à toutte. Et que là, franchement, ça suffit! Oui, ce qui suit est un coup de gueule et je l’assume.

Je trouve qu’on a franchit avec cette vidéo un nouveau seuil dans le mépris. Le seuil de l’inacceptable. J’ai du mal à m’en remettre. C’est comme si ça faisait remonter à la surface trop de choses que j’ai acceptées, avec plus ou moins de résignation, au cours des dernières années — trop de choses autour des commissions Gomery, Bastarach, Charbonneau, entre autres: le spectacle du mépris et de l’impunité, un jour à la fois, jusqu’à l’insensibilité.

Là, ça va faire!

Il y a dans cette vidéo un sans gêne indécent: un aveu particulièrement candide de Mme Jérôme-Forget qui témoigne que tout est permis à cette élite politique autoproclamée. Ou qu’elle se croit tout permis, même de dire avec le sourire qu’elle ne s’est pas occupée d’une responsabilité qui lui était confiée… parce que ça ne ne l’intéressait pas! Des milliards de dollars de notre argent, mais ça ne l’intéressait pas, parce que ce n’était pas assez prestigieux!

Je n’en reviens tout simplement pas! Après tout ces scandales. Iriez-vous, vous, sur le conseil d’administration de la SIQ?

Et moi qui accorde une grande importance au service public? Moi qui suis membre, bénévolement, du conseil d’administration d’une société d’état dans le domaine de la culture? Moi qui vient de recevoir une lettre d’un ministre qui souhaite que je poursuivre mon engagement, toujours bénévole, dans un conseil consultatif dont il a la responsabilité? Est-ce qu’il faut que je comprenne que je suis devenu le dindon de la farce, Mme Jérôme-Forget?

Mais même devant l’indignation que ses propos soulèveront, l’ex-ministre se dira probablement que ce n’est pas si grave: il faudra affronter vagues, mais le bon peuple est tellement occupé à débattre du bon goût des vêtements que Safia Nolin portait au gala de l’ADISQ que ce sera bien vite oublié. Comment lui reprocher puisque c’est comme ça depuis des années?

Et comme si ce n’était pas déjà assez… on découvre depuis quelques jours que la police se sentaient de plus en plus à l’aise depuis quelques années pour espionner même les journalistes de manière à s’assurer de bien garder le couvercle sur la marmite de l’inacceptable. C’est scandaleux.

Je dis non! Stop! Il faut que ça s’arrête. Maintenant.

J’en ai assez des discours politiques polis, des stratégies échappatoires, des plaidoyers enflammés jamais suivis d’effets et de la gestion au cas par cas. Tout ça alimente inutilement le fatalisme. Il faut arrêter de nous prendre pour des abrutis.

C’est à une grande réforme de nos institutions politiques qu’il faut en venir. Tout de suite. Ça presse.

La restauration de la confiance doit être le chantier le plus prioritaire de ce gouvernement — et de tous les élus — pour les prochaines années. Tant que ce ne sera pas réglé. Parce que notre capacité à mener tout autre projet ou toute autre réforme s’en trouve conditionnée.

L’Assemblée nationale doit confier la responsabilité de ce chantier à une personne d’une probité sans faille, capable d’exercer un très fort leadership.

Il faut poser rapidement des gestes vigoureux, décisifs, exemplaires.

Et nous, citoyens, il faut qu’on exige que les élus se consacrent prioritairement à ce chantier. Il faut que les médias en fassent aussi une priorité. Ce doit être un sujet de tous les jours. Plus seulement quand un scandale éclate.

On doit rejeter le cynisme et refuser la complaisance. Il faut, à partir de maintenant, que ça devienne impossible pour un élu de se présenter quelque part sans témoigner de ce qu’il fait, personnellement, pour qu’on retrouve confiance dans nos institutions.

Autant se le rappeler, c’est notre docilité qui permet à ces quelques profiteurs d’abuser de nos ressources collectives. Ils misent sur notre peur des pit-bulls et sur les pleines pages que les médias y consacrent pour assurer leur impunité. Ils se disent que la population jappe quelquefois très fort, mais qu’elle ne mord jamais.

Je pense que le moment est venu de montrer les crocs. Parce que je ne sais pas vous, mais moi je suis tanné.

Ben tanné. Ben ben tanné.

Écoeuré même.

Désemparé

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J’ai publié plus de 1600 textes sur ce blogue depuis 14 ans.

Aucun n’a suscité autant de réactions que Merci Alice. Même pas proche. Plusieurs centaines de partages sur Facebook en seulement quelques heures. Des milliers de lectrices et de lecteurs. Des commentaires à la pelle. Et de toutes sortes.

Le commentaire le plus fréquent? La surprise que ce soit un homme qui ait écrit ce texte. Ça me rend profondément mal à l’aise.

Est-ce si étonnant qu’un homme dénonce les agressions sexuelles de cette façon? J’ai posé la question. On me dit que oui. En ajoutant généralement un gros merci — et surtout continue!

J’ai eu des confidences aussi: certaines brutales, d’autres à lire entre les lignes. J’ai pris ça comme autant de gestes de confiance — merci, ça me touche. J’ai aussi pris ça comme une nouvelle responsabilité: celle d’être à la hauteur pour la suite.

Je ne sais pas trop ce que tout l’invraisemblable tourbillon de la journée d’hier se trouve à révéler. Mais pour tout dire, je trouve ça un peu effrayant.

Je suis désemparé.

Et il y a Alice qui est sur la ligne de feu. Qui risque d’être broyée par les médias, parce que la machine est impitoyable — surtout quand elle s’emballe, comme les dernières heures se sont trouvées à nous le rappeler.

J’ai peur pour Alice.

***

J’ai parlé à une recherchiste de Radio-Canada hier après-midi. J’ai accepté de participer à une table ronde qui sera composée de quatre hommes, lundi matin, au sujet de la culture du viol.

La culture du viol.

C’est un terme devant lequel j’ai du mal à ne pas être désemparé. Je ne sais pas par quel bord prendre ça la culture du viol. Et je pense que je ne suis pas le seul.

C’est peut-être parce que je trouve que c’est un terme terriblement culpabilisateur. Parce que je déplore qu’il rassemble les gens en fonction d’un problème plutôt que d’une solution.

C’est un terme qui dit: toi, toi et toi — oui toi! — n’essayez pas de faire comme si vous ne faisiez pas partie du problème. C’est un terme qui rend tout le monde un peu complice des agressions. C’est un terme accusateur. Est-ce bien nécessaire?

Il me semble que ce serait plus facile d’avancer vers quelque chose de plus positif si on conviait plutôt tout le monde à faire partie d’une solution. Toi, toi et toi — oui toi! — vous avez le devoir de vous retrousser les manches avec nous; vous devez faire partie de la solution.

Je trouve que l’idée forte dans la culture du viol, c’est qu’on ne peut pas se limiter à identifier des agresseurs et des victimes. Il y a aussi ben d’autre monde dans une société — dont la majorité des hommes et des femmes, qui se côtoient dans une zone grise en marge des agressions. Dans une zone où il ne sont ni victimes ni agresseurs, mais pas sans moyens pour avoir une influence sur l’un ou l’autre.

Je fais l’hypothèse que c’est dans ces zones grises qu’il y a le plus à faire pour combattre la culture du viol.

Il faut agir dans les zones de silence. Dans les zones où on tolère malgré l’inconfort. Dans la zone où on est témoin, mais où on ne se sent pas responsable. Dans la zone des «ce n’est pas à moi de dénoncer ça» et des «mêle-toi donc de tes oignons».

Ce sont ces zones que les agresseurs savent si bien exploiter. Les zones qui leur permettent de sévir aussi longtemps. Les zones qui font que quand Alice prend le micro, les langues se délient tout à coup et qu’on découvre que ben du monde savait qu’il y avait un problème avec cet agresseur.

Je ne comprends pas que devant l’ampleur du problème qu’on constate aujourd’hui avec les agressions sexuelles, on laisse tellement de gens désemparés devant des situations qu’ils savent inacceptables même si elles ne les concernent pas directement.

Il faut trouver des moyens pour qu’ils puissent faire quelque chose.

Je comprends, bien sûr, qu’on ne peut pas porter plainte si la victime ne le souhaite pas.

Je comprends aussi que la police ne peut pas faire avancer une enquête sans que la victime soit prête à collaborer.

Mais je ne comprends pas qu’on puisse se retrouver sans moyen pour éviter des agressions répétitives.

Je n’accepte pas qu’Alice ait été amenée à croire — à tort ou à raison — que la tribune médiatique était la meilleure façon pour elle d’obtenir justice. Des alarmes n’ont pas sonné. Des gens auraient sans doute pu poser des gestes pour éviter qu’on en arrive là, mais ils ne l’ont pas fait. Parce qu’ils étaient désemparés, probablement.

Alors, concrètement, comment je peux faire moi, comme père, pour apprendre à mon fils et à mes filles les gestes à poser lorsqu’ils seront témoins de comportements qu’ils jugeront inacceptables? Parce que ne pas être agresseur soi-même, ce n’est certainement plus suffisant.

Aujourd’hui, je me trouve bien désemparé devant cette question. Comme je serais d’ailleurs moi-même désemparé devant une telle situation. Et comme l’ont été tellement de personnes dans l’entourage du député de Laurier-Dorion au cours des dernières années.

Je suis sûr qu’on peut mettre en place des mécanismes de prévention qui respecteront les droits de tout le monde. Lesquels? Je ne sais pas. Il faudra être ingénieux, s’inspirer de ce qui existe ailleurs, ou les inventer.

C’est un défi culturel devant lequel on ne pourra pas rester désemparé beaucoup plus longtemps.

Merci Alice

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Le gars était leader adjoint du gouvernement. Pas un député ordinaire: un officier nommé par le premier ministre, avec la confiance qui va avec. J’ai même découvert à mesure que la journée passait que beaucoup de monde entretenait depuis longtemps de la méfiance au sujet de son comportement. Autant des hommes que des femmes. Et pourtant, il est toujours resté intouchable. Pour mille et une mauvaises raisons, devant lesquelles le silence a toujours prévalu.

Ça fait des semaines qu’on parle tous les jours d’agressions sexuelles à la télévision et à pleines pages dans les journaux. Pourtant, malgré les partages et les retweets indignés, on n’arrive pas à ébranler durablement l’indifférence de nombreux dirigeants devant l’horreur. On continue trop souvent à banaliser les témoignages, à qualifier les agressions d’incidents, voire à suggérer l’existence d’une certaine responsabilité des victimes.

Mercredi soir, Alice en a eu assez.

Elle a pris le micro.

Boum.

***

Hier soir, au souper, j’ai choisi de raconter, sans aucune pudeur, la déplorable actualité de l’Assemblée nationale. Avec quatre filles dans la cuisine. 14 ans. 18 ans. 20 ans. 42 ans. Deux filles, une nièce, une épouse.

La courageuse dénonciation d’Alice.
L’odieuse réaction du député de Dubuc.
L’émouvant témoignage de l’amie d’Alice.
Les aléas de la couverture médiatique.
La timide réaction de la police;
celles des collègues de celui qu’on accuse;
et celle du premier ministre.

J’ai même fait écho à la complicité, évoquée par certains, d’un restaurateur qui exigeait apparemment des jeunes femmes qu’il emploie de tout faire pour satisfaire ses clients les plus importants. Rien que ça.

Eurk.

Court silence.

Mon indignation a évidemment été partagée par tout le monde. Sauf que cette indignation a rapidement fait place à une résignation que j’ai trouvée franchement déprimante. Comme si tout cela était, au fond, un peu inévitable.

Les trottoirs ne sont pas aussi confortables pour tout le monde la nuit. Même à Québec. Même en 2016. C’est comme ça.

«Et il ne faut surtout pas oublier de barrer nos portes, comme l’université nous l’a rappelé. Chacune est responsable de sa sécurité après tout…»

Cynisme.

Gros soupir.

Est-ce qu’on avance devant tout ça? Est-ce qu’on recule? Ou est-ce qu’on partait juste de beaucoup plus loin qu’on pouvait le croire? Tout ça n’est plus très clair dans mon esprit après la journée d’hier.

***

Franchement, je n’ai pas envie d’expliquer à mes filles qu’un emploi dans la restauration, ben, ça comporte certains risques, c’est comme ça, tsé… Pas envie d’expliquer comment gérer des mains baladeuses. Pas envie d’expliquer comment r’virer d’bord un gros colon.

Je n’ai pas envie de répéter que Marcel n’a pas le droit de ceci, que Donald n’a pas le droit de cela, que Gerry non plus n’a pas le droit, même s’il est un très très bon client du restaurant où tu travailles.

Pas envie d’expliquer que sans un oui, c’est non. Toujours. Et qu’un oui, suivi d’un non, ben c’est aussi un non. Instantanément. Point final. En toutes circonstances. Toujours. Même toute nue.

Je n’ai pas envie d’expliquer que certaines personnes agissent comme si elles étaient au-dessus des lois. Et qu’il ne faut jamais accepter cela. Jamais. Je n’ai pas envie d’expliquer que… et que… Je n’ai pas envie d’expliquer tout ça.

Pas envie d’expliquer que les policiers n’ont pas le droit de dissuader une femme de porter plainte pour agression sexuelle — que l’agresseur soit avocat de la défense ou même leader adjoint du gouvernement.

Je n’ai pas envie d’entretenir la peur chez mes filles parce que d’autres préfèrent regarder ailleurs et s’occuper d’autres choses; parce qu’ils ont mieux à faire que de s’attaquer au fléau des agressions sexuelles.

Je n’ai pas envie de devoir réexpliquer tout ça parce que le premier ministre a décidé de limiter ses commentaires à un communiqué laconique en plus d’exiger le silence de tous ses députés.

Je n’ai pas envie qu’on parle discrètement d’agressions sexuelles chacun chez-nous parce que l’intérêt du gouvernement nous empêche de profiter de l’occasion pour faire face à ce problème collectivement, avec l’engagement de tous, pour le mieux de toute la société (autant les hommes que les femmes!).

Alors, s’il vous plaît, sacrez-moi patience avec la pudeur qu’on devrait conserver sous prétexte de protéger la présomption d’innocence du député de Laurier-Dorion. Il aura droit à la présomption d’innocence et à un procès juste et équitable s’il est accusé. C’est le rôle de la Cour de s’en assurer, pas celui du premier ministre.

Dans un cas comme celui-ci, le rôle du premier ministre est de s’assurer que les citoyens gardent confiance dans leurs institutions — et dans l’Assemblée nationale, en tout premier lieu. Or, cette confiance n’est pas possible sans maintenir l’exemplarité des députés.

Ne nous trompons pas: c’est vers Alice qu’il faut diriger nos pensées. Il faut la croire. Il faut la soutenir.

Il faut aussi faire la même chose avec toutes les autres femmes qui osent dénoncer leurs agresseurs. C’est grâce à elles que nous finirons par changer le monde.

Merci Alice. Lâche pas. Tu peux compter sur nous.

La suite de ce texte: Désemparé.

Dylan, Hamelin, Couillard et Sévigny

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La remise du Nobel de littérature à Bob Dylan a beaucoup fait jaser cette semaine. La caisse de résonance médiatique est plus efficace que jamais.

Je n’ai pas d’opinion sur la décision de l’Académie Nobel — et je confesse un intérêt très limité pour ce débat — mais je me réjouis qu’elle contribue à (re)mettre à sous les projecteurs la question de la place de la littérature — sous toutes ses formes — dans l’espace public.

C’est d’ailleurs avec ça en tête que j’ai lu la courte entrevue de Louis Hamelin dans le Boréal Express reçu avec Le Devoir, au sujet de son plus récent livre Autour d’Éva:

«Le roman pourrait apporter quelque chose à la politique si les politiciens lisaient des romans. Dans un monde idéal, le roman pourrait même contribuer à former de meilleurs électeurs, en ouvrant l’imagination, en élargissant le spectre des possibles.»

«Le Québec n’est pas sage, il est satisfait. C’est bien pire. Pour ce qui est de la frilosité à la critique,on devrait se chicaner un peu plus souvent, ça nous ferait du bien.»

J’avais justement abordé la question du rapport que les politiciens entretiennent avec le roman, il y a une quinzaine de jours, notamment pour suggérer la création d’un club de lecture à l’intention des députés. En rappel:

L’automne, la lecture et la politique

Et comment, dans ce contexte, ne pas faire également référence à la délicieuse réponse de François Parenteau à la poésie-parce-que-ça-rime de Philippe Couillard?

Un billet de circonstance (audio)

Je retiens aussi de mes lectures matinales le projet de la Grande bibliothèque souterraine de Montréal, que m’a fait découvrir Fabien Deglise:

Une communauté souterraine de lecteurs

Un projet m’a rappelé la photo que j’avais publiée ici l’an dernier — et que j’aime particulièrement. En rappel, c’est l’en-tête de ce texte:

Lire vous transporte

***

Et question de plonger encore plus dans la rencontre du roman et de la politique, j’ai prévu entreprendre dans les prochaines heures la lecture de Sans terre, de Marie-Ève Sévigny, que j’ai acheté dès sa sortie… et dont je n’ai entendu que du bien depuis ce jour (sauf qu’il me restait des lectures à terminer avant de m’y lancer à mon tour!).

Sans terre | Marie-Ève Sévigny | Héliotrope Noir

À suivre, donc.

Le mystère est ailleurs

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Je le dis depuis plusieurs années: pour moi, le mystère Québec n’existe pas. Je pense que c’est un concept qui sert le plus souvent à camoufler le manque d’intérêt de ceux qui l’évoquent pour la dynamique sociale, économique et politique de la Capitale-nationale.

Franchement, s’il y a un mystère, il est ailleurs. Il est notamment dans la tête de ceux qui croient encore que l’économie de la région de Québec repose sur la présence de fonction publique (ce n’est que 15% du PIB de la région!) et, conséquemment, que Montréal est le seul vrai moteur économique du Québec.

Le mystère est dans la tête de Philippe Couillard et de Dominique Anglade. Je ne peux pas expliquer autrement la composition du Comité consultatif sur l’économie et l’innovation dont ils ont annoncé la création hier après-midi.

Le mandat de ce comité est de formuler des recommandations pour favoriser l’accroissement de l’innovation, de la recherche et de la compétitivité des entreprises.

Il est composé de vingt-sept membres, dont… aucun de la région de Québec!

Et ce n’est pas la seule aberration: pratiquement personne issue de la nouvelle économie numérique (Google? svp…); qui portera la voix des régions-ressources; aucun représentant des industries culturelles; bien peu d’entrepreneurs pour témoigner de la réalité des petites et moyennes entreprises; et, comme le signalait Pierre Langlois sur Facebook cet après-midi: aucun représentant des sciences économiques («le milieu des affaires et l’économie sont deux choses bien distinctes. L’un cherche le profit, l’autre le bien commun.»).

Apparemment, pour ce gouvernement, la croissance économique et l’innovation c’est à Montréal que ça se passe, dans les tours à bureaux du centre-ville.

Ce n’est apparemment pas les ressources naturelles.
Ce n’est pas non plus les industries culturelles.
Ce n’est pas le secteur des assurances et de la finance, particulièrement forte à Québec.
Ce n’est pas non plus le secteur de l’optique photonique, pour laquelle la région de Québec est particulièrement reconnue.

Ce ne sont là que quelques exemples de ce qui me semble être des négligences importantes. La croissance économique n’est pas seulement le fait du secteur privé non plus — mais c’est peut-être une autre histoire.

***

La région de Québec a une des plus fortes croissances au Québec, et le plus bas taux de chômage. Il doit bien y avoir ici quelques idées qui pourraient inspirer d’autres régions, voire Montréal, qui sait? Avec un peu d’humilité…

La création de ce comité est certainement une bonne idée. Les personnes qui y ont été nommées sont certainement des personnes très compétentes. Je ne remets pas ça en question. Mais la vision incroyablement centrée sur Montréal dont il témoigne me renverse complètement.

Il devient de plus en plus urgent de demander à ceux et celles qui nous dirigent pourquoi ils ignorent ainsi ce qui se passe à plus de 100km de Montréal, dans la Capitale-nationale et dans les autres régions du Québec. Ou pourquoi cela leur apparaît tellement négligeable (sauf pour quelques discours).

Certes, le Québec a besoin que l’économie de Montréal se porte bien. Mais ce n’est pas tout. Notre succès collectif suppose aussi que les régions se portent bien. Elles sont également source d’innovation. On ne pourra pas réussir sans l’apport de la région de Québec. La grande entreprise ne suffira pas non plus. Vive les PME! — qui sont elles aussi bien trop peu représenté sur ce comité.

La vision de l’économie et de l’innovation qui semble guider le gouvernement dans cette démarche m’apparait tellement dépassée qu’il me semble absolument nécessaire de la dénoncer dès maintenant, haut et fort. Je salue d’ailleurs la vigoureuse intervention de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec dans ce dossier.

J’ose croire qu’il n’est pas trop tard et que Dominique Anglade pourra ajuster le tir avant que le comité commence réellement ses travaux.

 

Belle soirée pour se parler

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J’ai participé ce soir à la première assemblée publique du mouvement Faut qu’on se parle, au Musée de la civilisation, à Québec. J’avais exprimé il y a quelques jours mon opinion initiale sur la démarche proposée.

Le grand hall du musée était rempli de tables autour desquelles une dizaine de chaises étaient disposées. Il y avait aussi sur chaque table une tablette numérique afin de permettre aux participants de transmettre des propositions et de répondre, très simplement, à quelques questions.

C’était salle comble. Je dirais autour de 300 personnes. Une belle foule, plus diversifiée que dans bien d’autres assemblées de ce type. Des hommes et des femmes de tous les âges, et de plusieurs milieux — il m’a semblé, du moins. Des gens volontaires, généreux de leurs idées et de leur parole. Les échanges ont été riches.

Quelques observations:

  • Gabriel Nadeau-Dubois a posé ainsi, d’entrée de jeu, le contexte de la démarche:

«On est bon nous, les progressistes, pour dire ce contre quoi on est, mais il faut bien reconnaître qu’on a souvent moins de réponses quand c’est le temps de proposer des choses concrètes… c’est pour quoi on est surtout à la recherche, ce soir, de propositions et de solutions pour débloquer le Québec».

Il y est revenu en conclusion:

«Cette démarche est nécessaire parce qu’il faut se réapproprier la politique, ne pas se contenter de laisser les chefs de partis parler en nom. C’est un scandale de laisser dormir le potentiel du Québec comme on le fait actuellement.»

  • Comme les intérêts manifestés par les participants au moment de leurs inscriptions portaient sur le climat, la démocratie et l’éducation, c’est autour de ces trois thèmes que se sont essentiellement déroulés les échanges.
  • À certains moments, on sentait très bien les points de vue des animateurs du mouvement. Je n’ai pas trouvé cela négatif, mais ce n’est pas neutre non plus.
  • Pas moins que 669 courtes propositions ont été soumises sur les trois thèmes au terme de 45 minutes de travail en ateliers. C’est impressionnant. Une synthèse préliminaire en a été fait au fur et à mesure des échanges afin de permettre une première rétroaction dans la deuxième partie de la soirée.
  • Il faut malheureusment reconnaître que la salle n’était finalement pas aussi diverse qu’elle en avait l’air à première vue. Des participants ont déplorés au cours des échanges — l’absence des nouveaux arrivants, des ouvriers… «et de ceux et celles qui ne pensent pas comme nous». Ce n’est pas banal, et ça restera un défi important pour le mouvement.
  • Je ne reviendrai pas spécifiquement sur chacun des thèmes abordés ce soir — d’autant que Faut qu’on se parle produira sans doute une forme de résumé au cours des prochaines semaines. À suivre.
  • Je ne peux toutefois pas m’empêcher de déplorer qu’on a encore associé à l’éducation une dimension purement institutionnelle. Parler d’éducation, c’est beaucoup plus que de parler de l’école, des CPE et de l’université. Ce doit aussi être l’occasion de parler de toutes les occasions d’apprendre que nous offre (et de plus en plus) la société, en dehors de l’école. Ça me semble particulièrement important dans le cadre une démarche qui se veut aussi ouverte à de nouvelles perspectives. Cette distorsion m’a donné envie de réactualiser certaines réflexions sur ce qui distingue l’économie du savoir de l’économie apprentissage.
  • Au sujet de la démocratie, les échanges me sont apparus un peu plus conventionnels. Où j’étais peut-être juste un peu moins attentif. Je lirai donc avec intérêt ce que d’autres en rapporteront peut-être.
  • Au sujet du climat, il a évidemment beaucoup été question d’aménagement du territoire, de transport en commun et d’électrification des transports. Des enjeux extrêmement importants, que nous n’avons pu que survoler — mais tout de même assez bien, il me semble, compte tenu du temps dont nous disposions.
  • De façon générale, et en particulier quand il était question d’environnement, j’ai trouvé que les solutions proposées reposaient malheureusement encore trop souvent sur l’instauration de nouvelles taxes. Il va vraiment falloir qu’on se défasse de ce réflexe si on ne veut pas systématiquement amener nos réflexions dans une impasse. Se contenter d’ajouter des taxes, c’est le degré zéro de l’innovation. On devrait notamment se demander, pour chacun des thèmes, de quelles façons les technologies numériques pourraient nous permettre d’aborder autrement certains des enjeux.
  • Concernant le statut du Québec, une participante a demandé à Jean-Martin Aussant si l’indépendance devait, à son avis, se faire à gauche, à droite ou ni l’un ni l’autre. Sa réponse m’a semblé très bonne:

« Ni l’un ni l’autre… forcément… parce que c’est seulement l’indépendance qui nous permettra de faire démocratiquement le choix de se doter d’un gouvernement plus à gauche ou plus à droite. Actuellement, ce choix nous est largement imposé par un gouvernement qu’on ne contrôle pas.»

***

Une réflexion à poursuivre:

Au terme de tous ces échanges, la question qui me reste en tête a été soulevée par une autre participante, dans la troisième partie de la soirée:

«Comment on aborde, à partir de maintenant, la question du courage politique? Parce qu’il faudra beaucoup de courage pour réaliser les idées qu’on évoque ce soir?

Il est urgent se demander qu’est-ce que c’est le courage politique? Comment ça se développe? Comment on peut porter au pouvoir ce courage?

À défaut de quoi on n’arrivera à rien.»

Ça m’apparaît effectivement une question déterminante pour la suite des choses — pour que toute cette démarche ne se termine pas simplement comme une initiative parmi tant d’autres.

Parce que, comme l’a dit Gabriel Nadeau-Dubois en toute fin de rencontre:

«Faut se parler, oui, mais il faut aussi se mettre à l’action.»

Alors, c’est quoi pour vous, le courage politique, en 2016?

***

Je souligne en terminant à quel point l’organisation a été remarquablement efficace: l’accueil, la disposition de la salle, les équipements, la gestion du temps.

Un très grand bravo à l’équipe de Faut qu’on se parle et à celle du Musée de la civilisation. Pour une première, c’était vraiment géré de main de maître.

J’ai passé une très très belle soirée.

Et je suis maintenant très curieux de voir ce qui va émerger des prochaines rencontres et comment — à quel rythme, et avec quelle efficacité — d’autres mouvements (et les partis politiques) pourront s’en inspirer.

Le monde de l’improbable

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La politique est un univers où les événements les plus improbables peuvent jouer un rôle déterminant dans le cours des choses. On l’a souvent dit: «six mois en politique, c’est une éternité». J’ai toujours vu dans ça une source d’espoir: même quand tout semble bloqué, il peut encore se passer quelque chose.

Se passer quoi? Allez savoir… puisque c’est la nature même de l’improbable!

C’est un peu ce qui s’est passé hier soir à Lévis avec l’élection de Jean-François Lisée.

J’aime profondément ces moments où le contexte change subitement. Où tout le monde doit soudainement s’adapter à des conditions radicalement différentes. Ça nous force à nous réinventer, à aborder les choses différemment — à se serrer les coudes, à revenir au jeu de base, à nos convictions, à ce qui nous anime vraiment.

Dans le nouveau contexte, ce ne sont pas les mêmes habiletés qui sont les plus précieuses et ce ne sont pas les mêmes façons de travailler qui sont les plus efficaces. Nos points de repères changent. L’imprévisible reprend aussi ses droits. Il faut accepter d’entrer progressivement dans autre chose.

La politique est une course à relais. Ce qui est une force à un moment donné peut devenir une faiblesse, et inversement. Chacun doit jouer son rôle au moment opportun.

Dans ces moments là, le leadership doit s’appuyer sur une lecture particulièrement clairvoyante de ces changements.

Dans ces moments-là, il faut être reconnaissant pour celles et ceux qui nous ont permis d’accomplir des avancées dans les phases précédentes.

Mais dans ces moments-là, je crois qu’il faut surtout ouvrir la voie à de nouvelles façons de faire. Parce que l’adaptation est indispensable. Parce qu’il faut impérativement aborder les choses différemment.

Et c’est là que je pense que l’exceptionnel talent de Paul Saint-Pierre-Plamondon pour la pédagogie politique pourra jouer un rôle important.

***

Il y a trois ans, j’ai noté ceci dans mon journal personnel:

8 octobre 2013
Dans Le Devoir d’aujourd’hui Michel David évoque une rumeur selon laquelle PKP envisagerait/se préparerait à se lancer en politique avec le PQ. Ça changerait tout.

On connaît la suite. Il s’en est passé des choses en 36 mois…

Aujourd’hui, avant même d’avoir relu la note ci-dessus (faut me croire!), j’ai écrit ceci:

8 octobre 2016
Hier soir Jean-François Lisée a été élu chef du PQ. Ça change tout.

L’improbable est encore venu bouleverser la réalité. On se prépare encore à entrer dans autre chose.

On voit bien que ça ne donne pas forcément toujours les résultats souhaités.

N’empêche, ça me redonne encore espoir… et le goût de me retrousser les manches encore un peu plus. Ce n’est pas banal.

***

En complément, je vous invite à lire la lettre que j’ai cosignée hier après-midi avec les seize autres présidentes et présidents régionaux du Parti Québécois:

Les présidentes et présidents régionaux appellent au ralliement | 7 octobre à 17h

L’humanisme têtu

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Je ne me souviens pas d’avoir évoqué ici les textes que Mélikah Abdelmoumen regroupe sur son blogue sous le titre Histoires de Roms. Elle a publié ce matin le 46e texte de la série, qui s’intitule Renoncements. C’est un texte qui ne peut tout simplement pas nous laisser indifférent.

Mélikah raconte dans chacun ses textes les efforts inouis qu’elle déploie depuis 2013 — avec quelques complices — pour aider une famille de Roms, en banlieue de Lyon. C’est dur, c’est beau, c’est plein d’amour. Plein d’espoirs aussi. Et de désespoirs, parfois.

Et c’est surtout profondément universel.

Les mots de Mélikah témoignent de l’humanisme qui unit, trop discrètement, ceux qui aident et ceux qui ont besoin d’aide. Un humanisme têtu qui s’acharne même quand la société l’abandonne (surtout quand la société l’abandonne).

Vous devez lire Renoncements. C’est important.

Mélikah traverse un moment difficile. Elle doit renoncer à l’espoir de changer la vie de Cendrillon, Fabien et Clara. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé…

«Et je dois me rendre à l’évidence: pour que ça ait une chance de fonctionner, c’est la manière globale dont notre société considère ses démunis qui est entièrement à reconstruire, et ça, nous sommes trop peu à le vouloir. Trop peu, et qui n’ont pas le pouvoir.»

«…je crois que je suis en train de comprendre ce que je n’avais jamais envisagé: peut-être qu’au fond, ils n’attendent absolument pas que leur vie change grâce à la présence ou au soutien des gens comme moi. Peut-être que ça, ce sont nos projets, pas les leurs.»

Le constat qu’elle dresse est important. Essentiel même.

Je crois que ce qu’elle vit comme un douloureux renoncement est aussi (surtout?) un cri du coeur qu’elle nous adresse.

La société ne peut pas se faire bonne conscience en s’appuyant sur quelques personnes plus sensibles ou plus généreuses que les autres. Quelle que soit l’aide qu’on pourrait apporter par leur intermédiaire, en s’appuyant sur leur engagement — jusqu’à en abuser, jusqu’à l’épuisement — il n’y aura jamais rien de plus important que la fraternité pour le salut de tout le monde.

«…peut-être qu’une nouvelle étape de notre relation peut commencer. Celle où je lui fiche la paix, celle où je me fiche la paix, celle où, à tâtons, nous essayons d’avancer côte à côte, chacune avec sa vie, ses limites, ses embûches, dans cette réalité pourrie et tellement décevante.»

Si les renoncements de Mélikah nous ouvrent les yeux sur la nécessité de mieux comprendre, de se rapprocher et de développer progressivement des relations plus fraternelles avec les gens qui, autour de nous, vivent des situations difficiles, nous en sortirons tous grandis.

Je pense évidemment aux plus démunis et aux nouveaux arrivants, mais aussi aux nations autochtones, dont nous ne connaissons trop souvent la réalité qu’à travers le prisme déformant des médias.

Merci Mélikah de persévérer dans ces difficiles séances d’écriture. En nous ouvrant ton coeur tu ouvres aussi les nôtres. Ils en ont bien besoin.

L’autoédition

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L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a publié hier une étude menée par Émilie Paquin au sujet des plateformes numériques d’autoédition.

Les plateformes numériques d’autoédition: état des lieux

Le bilan est assez simple:

  • Le phénomène est important;
  • Il intéresse beaucoup les écrivaines et les écrivains québécois;
  • L’autoédition ne s’oppose pas aux modèles plus traditionnels de l’édition — au contraire, elle les complète (de grands groupes éditoriaux mettent d’ailleurs sur pied leur propres plateformes d’autoédition);
  • Le Québec est très en retard dans ce domaine.

Le Devoir en parle d’ailleurs lui aussi ce matin.

L’étude rappelle que l’autoédition n’est pas un phénomène nouveau et qu’il est marqué par de nombreux préjugés. D’où l’importance d’en comprendre beaucoup mieux les tenants et les aboutissants (notamment au plan légal — voir la page 22, qui mériterait d’être éventuellement approfondie).

Les fiches descriptives et le tableau synthèse, qui rassemblent les principaux renseignements au sujet d’une vingtaine de plateformes sont particulièrement intéressants.

Je suggère par ailleurs de compléter lecture de cette étude par cell du texte suivant, rédigé par l’auteur Dominic Bellavance:

Autoédition vs Édition à compte d’auteur vs Édition traditionnelle

***

Accessibilité vs découvrabilité

L’étude souligne que «…le succès d’un livre n’est pas lié à sa production en format numérique ou imprimé ni à son accessibilité dans les librairies en ligne ou physiques, mais bien au travail intense de promotion qui doit être fait pour le porter à l’attention des lecteurs.»

C’est vrai que l’accessibilité d’un livre ne saurait en garantir le succès… mais on ne peut pas nier que c’est tout de même un facteur déterminant — et sans lequel le travail de promotion peut s’avérer inutile.

Pour cette raison, je pense qu’on devrait plutôt parler de découvrabilité — un concept qui allie le fait d’être accessible ET d’être visible au regard des clients/lecteurs potentiels. C’est d’ailleurs sur ce point que les plateformes d’autoédition se distinguent avec le plus de pertinence les unes des autres.

C’est aussi par rapport à cela qu’il y a le plus de travail à faire au Québec, rapidement (et pas n’importe comment!) si on souhaite rattraper le retard constaté dans le domaine de l’autoédition — voire en faire un facteur positif pour le développement (et la transformation) de l’ensemble de l’industrie du livre.

Du travail pionnier de la Fondation littéraire Fleur de Lys (depuis 2003!) au modèle de Librinova (avec qui je souhaite éventuellement collaborer parce que l’approche de Laure et Charlotte me semble particulièrement inspirante) en passant par les outils complètement automatisés des géants Amazon et Kobo, il y a là tout un monde de possibilités sur lequel l’UNEQ a eu bien raison de mettre sous les projecteurs.

Mieux vaut, en effet, (un peu) tard que jamais!

Le chaînon manquant

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On se déchaîne depuis quelques temps au sujet d’un troisième lien entre la rive sud et la rive nord de Québec. J’aimerais qu’on parle aussi du chaînon manquant: la gestion du temps collectif (et de nos infrastructures).

On peut bien parler d’un tunnel, d’un pont, d’élargir les autoroutes, de repenser le secteur de la tête des ponts… si on ne se penche pas d’abord sur les facteurs qui sont responsables de la congestion on n’arrivera pas à trouver les solutions que tout le monde espère.

Et même si la solution était la construction d’un troisième lien, nous aurions plusieurs années à devoir composer avec une situation difficile d’ici à ce que cela puisse devenir une réalité.

Alors, pourquoi ne pas se mettre sérieusement à l’ouvrage pour trouver des solutions, maintenant — avec un peu d’ouverture d’esprit.

François Bourque évoque une voie qui me semble prometteuse dans Le Soleil de ce matin: la mise en place d’un Bureau du temps. Il pourrait s’agir d’une structure légère, qui ne coûterait presque rien, et qui pourrait voire à suggérer des aménagements concrets dans les horaires des grands centre d’activités de la ville afin de réduire la pression sur le réseau routier aux heures de pointe, notamment. Son texte est ici:

Étaler l’heure de pointe

C’est une propositions moins sexy que de promettre de grands projets d’infrastructure, mais ce serait très certainement plus efficace à court et à moyen terme. C’est du moins ce que démontrent, très clairement, des initiatives semblables réalisées ailleurs dans le monde.

François Bourque avait déjà évoqué les bureaux du temps en 2013:

À la recherche du temps perdu

Cinq piste pour mieux organiser le temps à Québec

François Cardinal, devenu éditorialiste en chef de La Presse, en avait aussi parlé en 2004:

Je suis en r’tard

J’y faisais d’ailleurs référence sur ce blogue. C’était il y a douze ans!

Bureaux du temps…

Vous constaterez dans ce texte qu’on évoquait même à l’époque l’intégration de cette idée dans la loi sur la conciliation travail-famille.

Alors, après tout ce temps, et avec les inconvénients de la congestion qui empire chaque année, ce serait peut-être temps qu’on s’y mette… ne serait-ce qu’en marge des inévitables polémiques?

***

Je me souviens très bien d’avoir évoqué la création d’un bureau du temps pour la Capitale-nationale à l’occasion d’un remue-méninges en vue de définir la plateforme du Parti Québécois pour la campagne électorale de 2014 (ou était-ce même en 2012?).

Cela n’avait pas suscité un grand enthousiasme, c’est le moins qu’on puisse dire. On m’avait clairement fait comprendre que ce n’était pas une proposition gagnante. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir insisté davantage.

C’est cette idée que j’aimerais voir le prochain chef du Parti Québécois plaider activement dans les prochaines semaines. Ce serait une contribution de bon sens, qui m’apparaît utile pour la suite des choses — qu’on envisage, ou pas, la construction d’un troisième lien.

Voter simplement

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Mon texte de ce matin a suscité plusieurs réactions, certaines publiques — sur Facebook notamment — et d’autres en privé. Certains m’ont reproché de compliquer les choses.Je reviens donc pour préciser / clarifier un tout petit peu mon raisonnement:

Le fait d’inscrire Paul Saint-Pierre-Plamondon n’est absolument pas motivé par l’idée de «lui donner un prix de consolation», ni même de le remercier pour sa contribution. Il n’a pas besoin de ça. C’est un message au parti que je souhaite passer en votant de cette façon:

Il est indispensable de renouveler le parti, sans tarder, en allant dans la direction que Paul nous a indiquée.

C’est le premier message que je veux passer en votant. C’est le plus important.

Mon deuxième choix est guidé par le réalisme. Je suis conscient que Paul n’a pratiquement aucune chance d’être élu. Il faut donc que j’identifie parmi les autres candidats celui que je souhaite voir diriger le parti d’ici l’élection celui qui influencera réellement l’issue du vote. Et c’est Jean-François Lisée.

***

Certains ont vu dans mon texte l’expression d’un vote stratégique. Mon raisonnement n’est pas de cette nature.

On me dira que dans telle ou telle configuration du vote (on peut effectivement imaginer mille et un scénarios) cela pourrait changer l’issue de l’élection — voire permettre à un-e autre candidate de se faufiler devant Jean-François. C’est possible.

J’assume ce risque parce que, comme je le disais dans mon texte du 12 septembre:

«…je veux passer un message fort en faveur de Paul Saint-Pierre Plamondon — pour envoyer un message très clair que le PQ doit se renouveler dans la direction qu’il indique — et que je veux accorder mon appui à Jean-François Lisée. Dans cet ordre

C’est aussi simple que ça.

Et notez bien que ce texte et celui de ce matin, comme tous ceux que je publie sur mon blogue, visent essentiellement à alimenter la réflexion de celles et ceux qui prennent le temps de les lire.

Je n’ai absolument pas la prétention de pouvoir dire à qui que ce soit de quelle façon exercer son droit de vote.

À trois jours du vote

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Le 12 septembre j’ai publié ici un assez long texte pour expliquer où j’en étais dans mes réflexions par rapport à la course à la chefferie:

Chefferie: où j’en suis

J’évoquais dans ce texte le besoin de mieux expliquer le système de votation pour l’élection. Ce qui a été très bien fait par la suite par l’équipe du Parti Québécois. C’est ici:

Démystifier le scrutin préférentiel

Dans les jours suivants, j’ai signé le texte suivant en appui à la candidature de Jean-François Lisée:

Pourquoi j’appuie Jean-François Lisée

J’avais appuyé spontanément Véronique Hivon pour son habileté à aborder les problèmes sous un angle différent. Suite à son départ, j’ai dû prendre le temps de réfléchir aux objectifs que je poursuivais en exerçant mon droit de vote dans cette course. Je souhaite envoyer un message sur la nécessité de renouveler le parti, dans la direction que nous indique notamment Paul Saint-Pierre Plamondon. Je veux aussi qu’on remette le débat social au coeur de nos priorités et, pour cela, qu’on valorise la diversité des points de vue et qu’on reconnaisse le droit de changer d’idée. J’appuie Jean-François Lisée parce qu’il va créer cette dynamique, qui est essentielle pour que le Parti Québécois retrouve sa pertinence dans l’espace public — et sans laquelle il sera impossible de réaliser l’indépendance.

Et j’ai accepté, hier soir, de signer le texte suivant dans lequel je (ré)invite les gens à inscrire Paul Saint-Pierre-Plamondon comme premier choix, afin de faire entendre leur désir de renouvellement du Parti Québécois.

Chefferie du PQ: PSPP mérite notre premier choix

En complément, je vous invite à regarder le dernier vidéo de campagne de Paul:

Un dernier mot avant la fin de la #CoursePQ

Et la lettre qu’il signe dans Le Devoir de ce matin:

Il faut aussi qu’on cesse de se diviser

En résumé, voici donc comment j’enregistrerai mon vote jeudi:

1er choix: Paul Saint-Pierre Plamondon; parce que c’est la seule façon pour que son très important apport à la campagne soit officiellement reconnu.

2e choix: Jean-François Lisée; parce qu’au terme de la campagne à laquelle nous avons assisté, c’est celui que je souhaite voir diriger le Parti Québécois en prévision de la prochaine élection.

Ainsi, comme Paul sera vraisemblablement éliminé après le décompte des premiers choix, mon vote bénéficiera par la suite à Jean-François.

Je vous invite à revoir la vidéo explicative si vous ne comprenez pas ce raisonnement — ou pourquoi j’inscris Paul comme premier choix plutôt que comme second choix.

***

Je remercie en terminant les cinq candidats et candidates qui étaient sur la ligne de départ de la course — avec une pensée particulière pour Véronique Hivon, qui était mon tout premier choix et que j’espère revoir en pleine santé le plus rapidement possible.

Je compte sur celui ou celle qui remportera l’élection, vendredi soir, pour se mettre au travail dès le lendemain matin afin d’être en mesure de tirer rapidement profit des grandes forces de chacun de ses adversaires. Ça été une grande source d’espoir de les découvrir, ou de les redécouvrir, au cours des derniers mois.

On a besoin de tout le monde pour la suite.

Mise à jour:

J’ai complété/précisé mon raisonnement dans le texte suivant: Voter simplement.

 

 

L’automne, la lecture et la politique

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J’adore cette période de l’automne. Voir les arbres changer de couleurs, retrouver le plaisir de sortir avec une veste de laine, respirer l’air frais à pleins poumons, l’odeur de la compote de pommes dans la maison. Ça fait du bien! Même le goût du café est encore meilleur quand il contraste avec le froid qui se dégage de la fenêtre devant laquelle j’écris.

L’automne est une saison parfaite pour prendre le temps. Le temps de cuisiner, de lire, d’écrire. De penser aussi.

Le temps de penser. C’était le sujet de la chronique de Marc Allard, dans Le Soleil d’hier.

Du temps pour penser

Partant de l’exemple de Barack Obama, qui s’accorde régulièrement quelques heures de solitudes afin de rassembler ses pensées, il nous invite à trouver une façon pour plonger dans un travail profond:

«Travail profond: des activités professionnelles effectuées dans un état de concentration sans distraction qui poussent nos capacités cognitives à leur limite…»

«… dans notre monde hyperconnecté, la meilleure façon d’accomplir du travail profond [exige] la volonté de s’octroyer du temps à l’abri de nos semblables, d’une part, et des technologies de l’information, de l’autre.»

Parmi les tous les moyens de s’accorder ce temps de concentration sans distraction, la lecture est évidemment une des meilleures façons.

C’est d’ailleurs ce pourquoi le texte de Marc Allard m’a ramené à l’esprit un autre texte que j’avais mis de côté il y a quelques semaines, justement pour y revenir ici.

François Hollande ne lit jamais de romans, et ça se voit

Dans ce billet accusateur, Laurent Sagalovitsch énonce très clairement l’importance qu’il accorde à la lecture de romans pour nourrir l’empathie et pour développer une qualité de communication qui est particulièrement nécessaire aux hommes et aux femmes politiques.

Une qualité de communication sans laquelle « vous restez toujours en dehors des gens, à leur périphérie, dans une zone de confort dont vous échouez à vous départir.»

«…lire des romans ne vous rend pas plus savant mais développe en vous cette qualité qui devrait être la première de tout homme politique, à savoir la compassion, cette capacité à comprendre la souffrance de l’autre, cette possibilité d’entrer de plain-pied dans des consciences que par temps ordinaire vous ne connaîtrez jamais, d’entrouvrir la porte sur les mystères du cœur humain en conflit avec lui-même, sur les sortilèges de l’âme prise à son propre piège, sur tout ce qui constitue l’essence même de l’homme, qu’il fût un gueux ou une duchesse, un empereur ou un simple ouvrier, l’éternelle et impérieuse douleur de vivre de toute condition humaine.»

Je me disais un peu la même chose un peu avant minuit hier soir en posant sur ma table de chevet le roman que je suis sur le point de terminer.

Le Cercle, de Dave Eggers, est une histoire terriblement contemporaine, qui révèle très habilement l’impact plus ou moins perceptible des réseaux sociaux sur notre vie personnelle et professionnelle, comme sur l’évolution des règles du vivre-ensemble. C’est une puissante description romanesque de l’influence souterraine de Google et de Facebook sur l’évolution de notre société.

Il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’un homme ou une femme politique qui aurait lu ce roman aborderait avec une tout autre perspective plusieurs des enjeux qui seront soumis aux délibérations de l’Assemblée nationale (ou des conseils municipaux) au cours des prochaines semaines, mois, années.

Ça me fait aussi penser que la lecture de romans — et particulièrement ceux de jeunes auteurs contemporains — pourrait aussi éviter aussi à certains commentateurs de formuler des opinions inutilement pontifiantes au sujet de toute une génération, comme ce fut le cas la semaine dernière en réaction à une photo diffusée par l’entourage d’Hillary Clinton.

Par exemple ici, sous la plume de Raphaëlle Bacquée:

… heureusement aussitôt contredite par Hubert Guillaud:

Et pour une analyse plus complète du phénomène qui est en jeu sur cette photo, désormais célèbre, je suggère ce texte de Alexandre Léchenet, publié par Libération:

Un selfie de groupe avec Hillary Clinton n’est pas l’incarnation de la fin du monde

***

Laurent Sagalovitsch concluait son texte, cité précédemment, avec une amusante proposition:

«À l’heure où [la classe politique] souffre d’un désintérêt grandissant […] il serait grand temps pour nos hommes politiques de s’inscrire à la bibliothèque municipale de leurs circonscriptions. C’est le meilleur moyen, peut-être le seul, pour renouer un lien tangible et profond avec les citoyens.»

Je propose pour ma part la création d’un club de lecture à l’intention des députés.

Quelque chose de simple: une brève rencontre par semaine pour échanger, très librement (et pourquoi pas autour d’un café ou d’un verre de vin) au sujet de romans de jeunes auteurs d’ici et d’ailleurs. Ces rencontres pourraient être animées par des libraires et webdiffusées, très spontanément, comme c’est maintenant possible de le faire.

Ce serait la meilleure façon, il me semble pour faire entrer, à court terme, l’imaginaire — et le vécu — d’une nouvelle génération à l’Assemblée nationale…

Ça offrirait aussi aux députés volontaires une belle occasion pour s’accorder un peu de temps pour sortir de l’action et faire un peu de travail profond.

Il me semble que tout le monde y gagnerait!

Culture, technologie, identité

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Jean-François Lisée a présenté ce matin, sur son blogue, la vingt-et-unième proposition de sa campagne. J’avais beaucoup aimé la vingtième, sur l’économie, mais j’aime encore plus celle-ci, qui porte sur la culture.

Pour une vraie culture de la culture au Québec

Je crois que c’est sa proposition la plus déterminante de la campagne, même si ce ne sera sans doute pas la plus débattue. Et quelles que soient vos opinions dans cette course, ou vos autres convictions politiques, je vous invite à prendre le temps de la lire attentivement. Je pense que c’est important pour la suite des choses.

Pourquoi ce serait la plus déterminante?

Parce qu’elle nous replace (enfin!) dans une dynamique de pouvoir, de capacité — d’empowerment — devant les bouleversements qui accompagnent le développement des technologies numériques et de l’économie des plateformes.

Elle nous rappelle que nous ne sommes pas sans moyens pour faire face à ces changements, dans la mesure où on s’y reconnaît un autre rôle que l’adaptation.

C’est ce qui guide mes choix professionnels depuis longtemps et qui déterminera aussi mes prochaines étapes (toujours en gestation).

Et cela dépasse largement le domaine de la culture. C’est un état d’esprit qui est aussi nécessaire pour venir à bout des débats qui sont actuellement bien mal engagés autour de Uber, de AirBnB, etc. J’en fais même un enjeu d’identité — bien plus déterminant dans la réalité (des jeunes, en particulier) que toutes les questions de signes religieux plus ou moins ostentatoires.

Bien sûr que le vent souffle fort et qu’on ne pourra pas aller complètement à contre-courant — et pourquoi donc faudrait-il le faire? Puisque c’est un monde plein de promesses et d’opportunités pour nous aussi.

Il faut cesser de se voir en victime d’un monde qui changerait à notre insu. Autrement, pourquoi vouloir un pays?

Évidemment que les moyens d’interventions du passé ne pourront pas être bêtement transposés aujourd’hui.

Évidemment que nous n’avons jamais eu affaire à des acteurs aussi immenses et aussi puissants que Apple, Netflix, Google ou Amazon (parce qu’il n’y a pas que la musique et le cinéma… le livre et bien d’autres secteurs, y compris l’éducation, sont aussi bousculés).

Évidemment qu’il faudra être ingénieux, mais on peut y arriver. On doit y arriver. C’est d’ailleurs le courage d’aborder ce défi qu’on attend des hommes et des femmes politiques qui sollicitent notre confiance, pas seulement l’ambition de bien administrer les affaires courantes.

La solution ne sera certainement pas de subventionner davantage l’industrie culturelle (ou toute autre industrie) — ni de croire qu’on pourrait se satisfaire d’une meilleure collaboration des géants internationaux.

Il faut penser l’intervention de l’État autrement, parce qu’il n’y a pas de réponse plus efficace à l’innovation qu’une autre innovation.

Il faut que l’État trouve les moyens d’accompagner celles et ceux qui proposent des approches innovatrices, qu’il facilite leur développement et qu’il valorise la prise de risque des créateurs et des entrepreneurs — avec au moins autant de vigueur (et de moyens) qu’il continue de protéger les modèles plus conservateurs.

Il faut renouer avec la part de notre identité qui a fait de nous un peuple d’explorateurs, de bâtisseurs et de pionniers. La confiance.

Nos ancêtres draveurs avaient bien compris que c’est debout sur les billes de bois qu’il fallait se tenir pour maîtriser les cours d’eau, pas assis sur un radeau pour se laisser porter par le courant. Au risque de parfois tomber à l’eau…

***

La culture n’est pas un sujet parmi d’autre, c’est la trame de fond, à partir de laquelle toutes les décisions d’un gouvernement doivent s’arrimer les unes aux autres pour former un tout cohérent.

C’est pour ça que l’attitude avec laquelle on aborde les enjeux culturels m’apparaît aussi déterminante pour l’ensemble de la société — et pour tout un programme politique.

Passer le budget [du ministère] de la Culture de 1% à 2% du budget global de l’État, comme le propose Jean-François Lisée, c’est bien.

Adopter une attitude active et positive devant les défis qui se présentent à nous, dans le domaine culturel et beaucoup plus largement, c’est encore mieux.

 


P.S.: Je trouve amusant de constater que La Presse titre son article en utilisant le terme négatif «contre», alors que Jean-François Lisée utilise plutôt la formule positive «pour»:

Jean-François Lisée veut lancer une offensive contre Netflix et Apple | La Presse

Pour une vraie culture de la culture au Québec | Jean-François Lisée

Est-ce qu’être pour quelque chose, c’est forcément être contre autre chose?

Faut qu’on se parle


On me demande mon opinion sur l’initiative Faut qu’on se parle, lancée ce matin par Jean-Martin Aussant, Claire Bolduc, Gabriel Nadeau-Dubois, Maïtée Labrecque-Saganash et Alain Vadeboncoeur.

C’est très simple: je m’en réjouis. Je me suis inscrit à la consultation publique de Québec, le 11 octobre, et je souhaite que la démarche remporte un vif succès.

J’ai entendu et lu plusieurs doutes ici et là sur les réseaux sociaux: a-t-on vraiment besoin d’un autre groupe? d’une autre consultation? Est-ce que c’est une autre manifestation de diviser pour mieux régner? Pourquoi ces gens ne militent pas plutôt dans un parti existant, pour l’imprégner de leurs idées?

Je comprends ça — mais je crois qu’on doit passer par dessus toutes ces craintes. On a là des gens reconnus pour leur idées, leur jugement, leur engagement et leur charisme. Des gens généreux, qui vont consacrer, sur une base volontaire, de très nombreuses heures à alimenter et animer le débat public. Il faut surtout les remercier.

Aux plus craintifs, j’ai envie de dire que si le Parti Québécois n’est pas capable de tirer profit d’initiatives de ce genre-là, c’est à lui (à nous) qu’il faudra le reprocher.

Les bonnes idées ne naissent pas toujours dans les instances des partis politiques (j’oserais même dire que c’est rarement le cas!).

Les partis politiques les plus pertinents sont ceux qui savent s’inspirer des différents courants qui animent la société civile pour récupérer leurs propositions et les amener à l’Assemblée nationale afin de leur donner force de loi.

Je n’ai pas envie de militer dans un parti qui craint les initiatives de la société civile.

Le Parti Québécois auquel je crois est plus vigoureux que ça. Il a confiance en lui. Il croit profondément qu’il sera le meilleur véhicule pour concrétiser les meilleures idées qui ressortiront d’un exercice comme celui-là.

Moi aussi je pense qu’il faut qu’on se parle!