Huit questions sur le numérique pour les partis politiques

Le numérique n’est plus un dossier parmi tant d’autres. C’est une dimension essentielle de tous nos projets, individuels et collectifs.

Le numérique est partout. Il fait partie de notre quotidien. De notre culture.

On ne peut pas imaginer le Québec dans vingt ans sans s’interroger sur la place que nous souhaitons que les technologies numériques occupent en éducation, en santé, en transport, dans l’accès à la culture, dans le monde du travail, etc. Et quelles technologies? Propriétées/contrôlées par qui? Dans quel environnement réglementaire?

Malheureusement, l’environnement médiatique actuel offre peut d’occasions aux partis politiques pour expliquer la vision qu’ils ont de la place du numérique dans l’avenir du Québec. On semble condamné à une énumération de mesures ponctuelles, dont il est difficile de saisir le fil conducteur, la vision d’ensemble.

C’est la raison qui nous a amené — Yves, Martine et moi — à inviter les principaux partis politiques à prendre un peu de hauteur pour nous décrire la vision du numérique qui les guide au moment de prendre des décisions dans tous les domaines de notre vie collective. Parce que le numérique occupe déjà une place dans tous ces domaines de notre vie collective.

Nous leurs avons donc soumis huit questions, en leur proposant d’en choisir quatre ou cinq et d’y répondre très librement.

Voici ces questions. Nous publierons les réponses obtenues au cours des prochains jours, au fur et à mesure que nous les recevrons.

Mise à jour du 22 septembre: les réponses sont ici.

Ne vous gênez surtout pas pour y répondre aussi en utilisant l’espace commentaire au bas de la page.

***

A – INNOVATION

L’innovation est au cœur des discussions lorsqu’on parle de l’avenir numérique. Tout le monde y est favorable.

Sauf que quand de nouvelles pratiques économiques émergent à la suite de certaines innovations, les pouvoirs publics peuvent se trouver rapidement démunis.

On a qu’à penser à la difficulté du gouvernement à se faire une opinion sur la meilleure stratégie à prendre face à Uber. La question est d’actualité, car le projet-pilote qui devait durer une année (et qui en a finalement pris deux) arrive à terme en octobre, tout juste après les élections.

Que proposez-vous pour que les beaux discours en faveur de l’innovation ne s’évanouissent pas chaque fois que que l’innovation se transforme en très profonds et très rapides bouleversements sociaux ou industriels?

B- STRATÉGIE NUMÉRIQUE ET ADMINISTRATION PUBLIQUE

On entend beaucoup d’insatisfaction par rapport à la manière dont l’administration publique a intégré les technologies numériques jusqu’à présent. L’administration publique qui n’est pas particulièrement reconnue pour son agilité, sa transparence et son innovation. Est-ce justifié selon vous? Pourquoi? Quel geste faudra-t-il poser pour transformer le fonctionnement de l’État de manière à ce qu’il utilise plus efficacement le numérique?

[Question au PQ, à la CAQ et à QS]

Le gouvernement a déposé une stratégie numérique en décembre dernier. Ce document sera-t-il un point de départ pour votre action ou envisagez-vous déjà de mettre cette stratégie de côté pour établir de nouvelles orientations prioritaires? Le cas échéant, quelles seraient-elles?

[Question au PLQ]

Vous avez présenté la stratégie numérique en décembre. Comment évaluez-vous à ce stade l’atteinte de vos objectifs de transformation numérique? Comment comptez-vous aller plus loin si vous formez le prochain gouvernement?

C- ACCÈS À L’INFORMATION

C’est pas mal unanime: la loi d’accès à l’information, et les processus qui lui sont associés, sont de plus en plus désuets — et les plus récentes tentatives de mise à jour se sont soldées par un échec.

Dans ce contexte, ne serait-il pas plus simple de définir par une loi-cadre qui précise que que tous les documents produits par l’État québécois doivent être publics et accessibles sans restriction dans un délai raisonnable, à moins de justifications explicites? Et sinon, pourquoi?

En complément, y a-t-il un lien, de votre point de vue, entre la loi d’accès à l’information, une politique de données ouvertes et l’utilisation de logiciels à codes sources ouverts/libres par l’administration publique?

D- COMMERCE EN LIGNE

Le défi du commerce en ligne est complexe. Les difficultés actuelles ne tiennent pas seulement dans la timidité des commerçants locaux à faire le virage qui s’impose pour suivre leur clientèle. Le défi tient aussi à la concentration très forte dans le commerce en ligne dans les mains de quelques gros joueurs. Ex. 50% du commerce en ligne américain passe présentement par la plateforme Amazon.

Doit-on encourager en priorité la transformation numérique des commerçants par programmes d’accompagnement, de transfert de connaissances (et de compétences) avec un plus grand soutien financier?

ou

Doit-on plutôt encourager en priorité des solutions innovantes (privées ou publiques) qui misent sur la mutualisation de ressources et de services pour offrir aux commerçants des environnements logistiques qui les rendraient plus concurrentiels ?

ou

Doit-on au contraire laisser les entreprises s’adapter en fonction des forces du marché?

E- CULTURE

Croyez-vous que le numérique sera globalement positif ou négatif pour les créateurs québécois? Il s’agit plutôt d’une menace ou d’une opportunité pour notre culture nationale?

Dans ce contexte, comment les nouvelles formes de diffusion des produits culturels reconfigurent-elles notre identité culturelle? Doit-on revoir notre façon de penser et définir notre culture nationale?

Faut-il modifier les systèmes sur lesquels s’appuient nos industries culturelles (quotas, subventions, crédits d’impôt, etc.) pour tenir compte de cette nouvelle réalité?

F- DÉMOCRATIE

Nous sommes face à un étrange paradoxe : celui d’une société instruite comme jamais dans l’Histoire, mais en pleine crise de confiance face au pouvoir politique et ses institutions. Cela, malgré tous les outils de communication et de réseautage à notre disposition.

Comment le numérique peut favoriser l’engagement et la participation positive des citoyens dans la vie démocratique?

Comment la transformation du fonctionnement de l’État peut-elle aider à réduire cette crise de confiance?

G- ÉDUCATION

Un peu partout à travers le monde, on voit se multiplier de nouvelles institutions d’enseignement (principalement privées), de niveau collégial et universitaire.

Est-ce une bonne idée pour le Québec de répondre à cette tendance avec un service concurrent (type eCampus)? Pourquoi?

Et si, oui, quels devraient être les objectifs de ce service? Quelles priorités devraient guider son développement?

H. DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL

On parle peu de numérique et de développement régional, sauf en matière d’investissement pour l’emploi. Comment l’utilisation des technologies numériques peut-elle contribuer à soutenir et raffermir les économies régionales?

Concrètement, comment la mise en réseau d’informations, de ressources, de fournisseurs, de données, etc, pourrait créer de nouvelles opportunités économiques? Si oui, de quelle façon croyez-vous pouvoir soutenir ce type d’innovation? Quel rôle le gouvernement devrait-il avoir dans l’initiation de projets structurants qui pourraient consolider les économies locales?

Croyez-vous que le travail à distance et le travail autonome sont des alliés du développement régional? Si oui, comment proposez-vous d’agir pour soutenir le développement de ces nouvelles formes de main d’œuvre?

Photo: Trailer Queen, une oeuvre de Clint Neufeld, vue au Musée national des Beaux-Arts du Québec, à l’été 2018.

41 signataires

882BA991-8D32-47FD-ABA7-E73592D8AC80

Le Soleil publie ce matin un texte d’opinion pour lequel Louis-Frédéric Gaudet a tenu la plume et auquel j’ai donné un petit coup de main. 39 autres personnes s’y sont spontanément associées. Le HuffPost l’a aussi publié il y a quelques jours (avec l’amabilité d’ajouter la liste complète des signataires au bas du texte).

Il n’y a pas de grandes vedettes parmi ces signataires, mais tous sont animés par le même sentiment d’urgence que les 200 personnalités qui ont cosigné un cri d’alarme pour la planète, hier dans le journal Le Monde. Radio-Canada s’en est d’ailleurs fait l’écho.

«De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.»

La formule est efficace, et je pense que c’est une idée qui fait rapidement son chemin de toutes sortes de façons.

J’entendais justement hier quelqu’un de très engagé dire dans un podcast qu’il est toujours en faveur de l’indépendance du Québec, mais qu’il réalise que cet objectif n’a pas de sens si on n’aborde pas prioritairement la question de l’environnement et du réchauffement climatique. 

Je suis d’accord — et je suis chaque jours un peu plus convaincu qu’il va falloir pour ça oser repenser notre démocratie et la façon de faire la politique.

Qu’est-ce qu’on attend?

85F5F647-88F9-4CD6-837D-85073E5980F4

Mon texte de mardi dernier, au sujet de la démission de Nicolas Hulot, se terminait par «Alors, qu’est-ce qu’on attend?». C’était un clin d’oeil.

Je me suis amusé un peu en terminant le texte comme ça parce que parce que je venais tout juste d’accepter d’être le conférencier invité pour la rencontre de Ciné-psy du mois octobre, qui sera consacré au film de Marie-Monique Robin: Qu’est-ce qu’on attend?

«[Le film] raconte comment une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants s’est lancée dans la démarche de transition vers l’après-pétrole en décidant de réduire son empreinte écologique. (…) [Son] programme de démocratie participative (…) englobe tous les aspects de la vie quotidienne : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’école. [C’est] un hommage à ces élus locaux, éclairés et courageux, qui savent mobiliser l’enthousiasme de leurs concitoyens dans le sens du bien commun.» (Source)

J’ai regardé le film une première fois il y a quelques jours et je peux déjà vous dire qu’il me parle beaucoup. Il soulève plusieurs questions fondamentales qui se posent évidemment aussi au Québec en 2018… et dont on parle trop peu.

Les citoyens d’Ungersheim sont l’incarnation vivante des propos de Cyril Dion dans son Petit manuel de résistance contemporaine. Ils nous présentent très humblement une manière, leur manière, de résoudre le paradoxe de l’action individuelle vs l’action collective. «Montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule», disait Gandhi — ce que le très sympathique maire d’Ungersheim nous  rappelle d’ailleurs.

Le film sera présenté au Clap à partir du 7 septembre.

Les informations nécessaires pour s’inscrire à la rencontre, au cours de laquelle je serai conférencier invité, sont au bas de cette page — ainsi que dans le magazine Le Clap (au bas de la page 13, ici en format PDF).

Faites-moi signe si vous vous inscrivez! Ce serait l’fun de vous voir…

AUSSI:

 

Mise à jour du 4 septembre: Le Devoir publie ce matin un texte qui présente très bien le film.

Petit manuel de résistance contemporaine

A849064F-DFA6-41EC-A7C2-D2FEB1BA55CA

J’ai lu hier, d’une traite, le Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion (aussi co-réalisateur du film Demain). 

J’en retiens quelques éléments: 

Devant l’ampleur des défis auxquels nous faisons face, le changement personnel est nécessaire, mais pas suffisant.

Le défi est donc de convaincre une majorité de personnes de prendre part à des changements collectifs.

La politique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, n’arrive plus à susciter cette mobilisation.

Il est nécessaire de trouver de nouvelles façons de se projeter dans l’avenir, donner forme à de nouveaux récits communs, auxquels les gens vont pouvoir s’associer et qui vont permettre d’inscrire les actions individuelles dans un mouvement.

D’où le titre, brillant, de la section 3: Changer d’histoire pour changer l’histoire et le rappel que le changement de la dynamique politique est d’abord et avant tout une bataille culturelle:

«Nous avons besoin de rêver, d’imaginer quelques maisons nous pourrons habiter, dans quelles villes nous pourrions évolue (…) de quelle façon nous pourrions vivre ensemble (…) Petit à petit [des] récits d’un genre nouveau pourraient mâtiner nos représentations, contaminer positivement les esprits et, s’ils sont largement partagés, se traduire structurellement dans des entreprises, des lois, des paysages… (…) Ces récits peuvent évidemment être portés par des artistes (…) mais les récits ne se bornent pas aux artistes. Chaque entrepreneur qui invente une nouvelle façon de conduire son activité, chaque ingénieur qui (…), chaque économiste qui (…), chaque élu qui (…), chaque personne qui (…) raconte à sa manière une histoire qui peut inspirer son entourage, si tant est qu’elle ne cherche ni à convaincre ni à évangéliser.»

Je vois dans la fin de cet extrait un rappel, pertinent et nécessaire, que le dogmatisme et le prosélytisme nuisent au changement plus qu’il ne l’aide.  

«Choisir est épanouissant. Inventer est fichtrement excitant. Sortir du conformisme renforce l’estime de soi. Être bien dans ses baskets est contagieux. Résister, en ce début de XXIe siècle commence donc, selon moi, par refuser la colonisation des esprit, la standardisation de l’imaginaire.»

La conclusion du livre m’a par ailleurs ramené à l’esprit une conviction que j’avais un peu mise de côté depuis quelques années — et qui me revient en force aujourd’hui: c’est au niveau des villes que les changements sont le plus susceptibles de naître. Mais comment?

«Nous savons qu’agir individuellement en sera pas suffisant et que nous ne pouvons pas compter sur la bonne volonté des responsables politiques. Ils n’ont que peu de pouvoir sans nous et nous avons un impact limité sans eux. Notre seule issue est de construire des espaces de coopération entre élus, entrepreneurs et citoyens. Pour cela, les récits, les histoires, sont certainement le catalyseur le plus efficace.»

Et le plus important:

«Notre énergie ne peut venir que de notre enthousiasme, de notre aptitude à être la bonne personne au bon endroit, à exprimer nos talents, à faire ce qui nous passionne et nous donne envie de nous lever, chaque matin.»

Québec 1989-2019, une semaine plus tard

CE78656E-1D00-4A67-8455-CABBDDFA53BC

J’ai publié dimanche dernier mon histoire personnelle du Québec de 1989 à 2019. Comme une façon de réfléchir à haute voix sur mon état d’esprit politique à l’aube d’une nouvelle élection.

J’ai choisi d’en faire un site web autonome. Un ami m’a aussi rendu le service de convertir tout ce texte aussi en format ePub afin d’en faciliter la lecture dans les applications de lecture de livres numériques. 

Quel lectorat le texte a pu rejoindre une semaine plus tard? 

Pour le plaisir de partager — et de réfléchir ensemble à la diffusion des textes dans l’univers numérique — voici le bilan de la semaine: 

  • 218 personnes ont lu la première page.
  • 71 personnes ont lu la dernière page.
  • 35 personnes ont vraisemblablement lu le texte entier dans sa version web.
  • 13 personnes ont téléchargé le texte dans sa version ePub.

Ce résultat a été obtenu avec une diffusion très sobre, annoncée uniquement par une publication sur mon blogue et un tweet. Rien sur Facebook, où je ne suis plus.

Certains m’ont dit que j’aurais eu deux, cinq, voire dix fois plus de visiteurs/lecteurs si j’avais utilisé aussi Facebook pour faire connaître la publication. 

Peut-être. C’est un sujet de réflexion intéressant.

Les engagés publics

Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui découvrent mon blogue après avoir écouté le neuvième épisode des Engagés publics.

L’émission a été enregistrée hier soir. C’était ma première expérience de participation à une balado et j’y ai pris un très grand plaisir.

Un peu de préparation et beaucoup de spontanéité pour une heure de sujets sérieux ponctués de rire. Ce ne sera certainement pas la dernière fois!

D’ici-là, voici quelques liens en rapport avec les sujets que j’ai abordés au cours de l’émission:

Ma suggestion de lecture:

Quelques autres sujets évoqués:

Et un texte du site du MCC qui résume bien ce à quoi je travaille actuellement:

N’hésitez pas à utiliser la zone commentaires ci-dessous!

L’élargissement d’Henri IV… encore!

D’une élection à l’autre, de 2011 à 2018, pour des coûts évalués à un montant qui aura varié de 500M$ à 291M$, l’élargissement de l’autoroute Henri IV est devenu un thème obligé de la politique régionale.

Question de garder une trace de tout ce cirque, je place ici quelques articles sur une ligne du temps, accompagnés de quelques commentaires.

28 février 2011

L’élection approche…

4 septembre 2012

Élection au Québec: le Parti Québécois forme un gouvernement minoritaire

Il faudrait bien donner de bonnes nouvelles…

23 octobre 2012

29 mars 2013

7 avril 2014

Nouvelle élection au Québec: le PLQ forme un gouvernement majoritaire

Ce n’est peut-être plus aussi urgent au fond…

30 mai 2014

20 juin 2014

25 juin 2014

La fin de mandat du gouvernement approche, il faudrait bien bouger un peu…

27 avril 2017

Ouin, c’est peut-être un peu cher… faudrait revoir un peu les chiffres et confirmer l’élargissement…

28 août 2017

L’élection approche, faut faire une autre annonce pour dire la même chose…

14 mars 2018

L’élection est dans un mois, c’est le moment de prendre une photo — et d’annoncer une bonne nouvelle: ça va finalement coûter beaucoup moins cher que prévu…

8 août 2018

1er octobre 2018

Élection au Québec: résultats à venir…

Et reste à voir quand ce sera terminé et combien tout ça aura vraiment coûté…

QUESTION: Pourquoi la gestion du réseau routier est-il encore un sujet aussi politique au Québec en 2018? Ça ne fait pas un peu république de bananes?

Les technologies d’il y a 20 ans

Comme je le disais un peu plus tôt, j’ai aussi trouvé dans mon cabanon un exemplaire du cahier Dimanche magazine du Soleil du 28 juin 1998 — dans lequel on peut lire une section Techno / Média.

Sous la plume de Yves Bernier, on peut lire la chronique Sur les routes de l’Internet. Extrait:

Les portails s’ouvrent tout grand

D’immenses portails ou terminus sont en train d’être construits un peu partout sur le Web, une tendance qui devrait transformer considérablement la toile que l’on connaît depuis quelques années. De plus en plus de sites Web, en particulier ceux qui se spécialisent dans les contenus directement liés à l’Internet et aux nouvelles technologies, se transforment en plaques tournantes de contenus très diversifiés, mais à la disposition de leurs visiteurs. Des réseaux privés comme America Online (AOL) et Compuserve ont été les précurseurs de ces méga centres d’information. (…)

Yahoo! Existait déjà, mais n’était pas mentionné dans l’article. On évoquait les «channels» du portail de Microsoft, Netscape et les projets de Disney qui venait d’investir dans Infoseek. Google allait être créé en septembre 1998. On était encore loin de Facebook, qui n’apparaît qu’en 2004 (et encore, il n’a été ouvert au grand public qu’en 2007).

On peut aussi lire la chronique CD-ROM en stock, de Yves Therrien. Il présente dans cette édition un cédérom hybride MAC/PC sur la musique, et une encyclopédie médicale uniquement pour PC. Configuration minimale pour faire fonctionner cette encyclopédie: processeur 486 DX266, Windows 3.1 ou 95 avec 16Mo de mémoire vive et un écran 256 couleurs.

Un avertissement important toutefois:

Pour la liste des liens vers les sites Internet, il faut absolument que l’accès soit actif avant de démarrer la consultation sauf si l’activation du logiciel de navigation prévoit la mise en route de la connexion par modem.

Vous entendez le bruit du modem? Moi aussi!

Il y a également la chronique L’univers de l’électronique, signée par Michel Truchon. On y découvre le Toshiba Libretto:

… le plus petit portable complet qui existe. Révolutionnaire au point qu’il n’a jamais été imité et encore moins dépassé. (…)

… le clavier est plus petit que celui d’un bloc-notes, bien sûr, mais les touches sont suffisamment grosses pour qu’on puisse l’utiliser sans trop de problème avec une méthode de dactylographie. Le pointeur se déplace grâce à une petite touche que l’on manie avec le pouce, à la droite de l’écran, et les clics se font avec deux autres boutons, à l’arrière. Étrange au début, mais beaucoup plus pratique et confortable que les contrôleurs sur les blocs-notes.

Le prix de cette petite merveille? 3000$ pour la version de base (Pentium 120, 16 Mo de mémoire vive et un disque dur de 1,6 Go) et 3999$ pour la version plus puissante (Pentium 166, 32 Mo, 3,3 Go).

«Un véritable exploit technologique», conclut Michel Truchon.

Il y a aussi cette courte dépêche de l’AFP:

Nouvelle vocation pour les clochers d’église

BONN (AFP) — Les clochers d’église connaissent en Allemagne une nouvelle et très lucrative vocation grâce au développement exponentiel du téléphone portable, les édifices religieux pouvant héberger les stations-relais des opérateurs de télécoms. Abriter ces stations-relais d’environ un mètre de diamètre dans leur clochers rapportent aux églises au moins 4000$ de loyer par an et bien plus dans une région «névralgique». L’arrivée sur le marché d’un quatrième opérateur, Viag Interkom, renforce encore cette tendance: dans la seule région de Berlin-Brandebourg, pas moins de douze églises sont en négociation avec Viag Interkom. Le tout dans le respect de «l’esprit chrétien», car « qui pourrait croire que le Bon Dieu trouverait à redire si les gens se connaissent mieux et se rapprochent grâce à la communication», déclare le porte-parole de Viag Interkom, Michael Rebstock.

Selon la même logique, le Bon Dieu n’aurait probablement rien à redire non plus, vingt ans plus tard, sur les dérives de Facebook, et Twitter… N’en doutez pas.

Finalement, pour les sorties culturelles, sachez qu’il était possible de voir notamment les films Armageddon, Le Show Truman et Titanic. En particulier au cinéma Sainte-Foy (qui est fermé depuis longtemps) ou dans un des nombreux cinéparcs (en existe-t-il encore?).

Ah… j’oubliais… on apprenait aussi dans ce journal que l’industrie musicale était dans la tourmente:

L’industrie du disque dans la toile de l’araignée

Guerre en vue sur le web

LONDRES (AFP) — Le développement spectaculaire d’Internet donne des idées à certains producteurs de groupes pop, qui rêve de vendre directement leurs produits sur le Web, mais les distributeurs de disques menacés fourbissent déjà les armes.

Le nouveau prophète de l’apocalypse des maisons de disques est nul autre que Alan McGee, le producteur d’Oasis. «Il n’y aura plus de maintien de disques dans dix ou 20 ans, proclame-t-il dans un récent article. Il sera beaucoup plus intéressant pour les groupes de diffuser leur musique sur Internet, en se passant d’intermédiaires, pour l’adresser directement à leurs fans à un prix plus intéressant.» (…)

Alan McGee, lui-même à la tête d’une maison de disques — Création Records — est persuadé que le web prendra à terme le relais d’une industrie du disque qui montre déjà des signes de faiblesse. « On ne vend plus de disques. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs. Il y a une récession mondiale de l’industrie de la musique», professe-t-il. (…)

Incroyable, non? On pourrait pratiquement reprendre ce texte mot pour mot aujourd’hui… Comme quoi vingt ans c’est à la fois très long… et très court!

Fin de l’aventure archéologique dans mon cabanon.

La une complète du cahier Dimanche Magazine du 28 juin 1998:

AB5FB789-BF95-4E63-BFB1-301A16BFE713

Dix ans dans la vie de François Legault

En faisant le ménage du cabanon au cours des derniers jours, je suis tombé sur quelques vieux journaux, la plupart datés de l’été 2008… mais aussi un exemplaire de l’été 1998! J’ai pris une heure pour les feuilleter ce matin et j’en retiens quelques perles.

Le plus spectaculaire est probablement le texte de Gilbert Lavoie, publié dans Le Soleil du 21 août 2008. Extraits:

Cynisme ou réalisme?

Les vacances estivales ont ceci de bon qu’elles renvoient les députés sur le plancher des vaches. Loin de la bulle parlementaire, les élus sont confrontés à la réalité du quotidien de leurs concitoyens. C’est ce qui explique la déclaration du député François Legault à son arrivée au caucus du Parti québécois, hier matin.

Le cynisme des québécois est tel, selon lui, qu’il faut mieux trouver des solutions à nos problèmes comme la santé et l’économie avant de relancer un grand projet collectif comme la souveraineté. (…)

N’empêche que l’embarras créé par la déclaration de François Legault illustre une fois de plus les difficultés qui attendent Mme Marois dans la gestion des débats sur la souveraineté. (…)

Juste à côté de cette chronique, on peut lire un texte de Simon Boivin intitulé Legault contredit par Marois. Extraits:

Au premier jour d’un caucus péquiste dans la région du Cenre-du-Québec, le porte-parole en matière de finance a proposé une approche «en deux étapes» pour accéder à l’indépendance. Sans remettre en question la pertinence du projet souverainiste, il juge difficile d’y parvenir dans l’état actuel des choses.

«Il faut être réaliste, a dit M. Legault. Que ce soit en environnement, ou un grand projet comme la souveraineté, les gens sont très cyniques. Je l’ai senti cet été en me promenant un peu partout. (…) Il faut d’abord rebâtir la confiance, proposer une alternative, des projets de gouvernance pour régler les problèmes.»

Selon lui le cynisme de la population est «pire que jamais». Et les saga des hôpitaux universitaires à Montréal, du «fiasco» financier à l’UQAM ou du passage de l’ex-ministre Couillard au privé ne sont pas de nature à régler le problème.

Après la réunion de l’avant-midi, avant le point de presse de la chef Pauline Marois, les députés du Parti québécois appelés à réagir à ses propos fuyaient les micros tendus. (…)

Mme Marois, elle, a présenté une vision aux antipodes de celle de son député de Rousseau. Dans son analyse, le cynisme ambiant aurait plutôt l’effet «contraire». «Les gens recherchent de nouveaux défis, ils ont le goût de se mobiliser autour de nouveaux projets qui vont les emballer, a-t-elle argué. On a le goût de remettre le projet de souveraineté à l’ordre du jour le plus rapidement possible», a dit la chef péquiste. (…)

Je trouve que c’est une bien troublante mise en perspective de la situation politique actuelle, à un peu moins de deux mois des élections, pas vous?

Quelques autres perles à venir…

Pour lire les textes complets:

Dialoguer, mais encore?

J’ai publié ce matin un court texte pour partager mon appréciation de la chronique d’Odile Tremblay dans Le Devoir de ce matin. Ça n’a pas été très long avant que je reçoive de premières réactions — tant positives et négatives, en privé pour la plupart. Normal pour un sujet aussi controversé.

Cela a aussi donné l’occasion d’un échange avec mon beau-frère, René Audet, qui est professeur de littérature à l’Université Laval. J’en reprends ici l’essentiel, avec son autorisation.

Ça démarre sur un désaccord au sujet de la pertinence d’organiser des « États généraux de la culture » (suggestion formulée par Odile Tremblay, à laquelle je m’associe) et ça se termine (si un tel échange est jamais terminé !) sur une question reformulée… et une idée à laquelle il resterait à donner forme.

N’hésitez pas à commenter à votre tour !

***

René: « quartiers [états] généraux du monde culturel pour établir des balises de protection créatrice » : euh… pour laisser toute la place à la bien-pensance et à la rectitude, pour laver du linge (en partie) sale sur la place publique, peut-être. Mais ce genre de grand-messe pourra difficilement faire avancer les mœurs – ça sera plutôt un motif de jeter encore un peu plus d’huile sur le feu, de se limiter à la rhétorique de la faute antérieure irréparable. Il faut regarder par en avant, garder un regard ouvert sur les cohabitations culturelles, donner sa chance à chacun. Pas favoriser une attitude voulant policer les mœurs et les intentions… M’enfin, y’a de quoi s’y perdre.

Clément: Oh, la police des mœurs et des intentions : loin de moi cette idée. Mais est-ce que cette idée de temps d’arrêt collectif est contradictoire avec le vœu, que je partage, de « regarder en avant, garder un regard ouvert sur les cohabitations culturelles [et] donner sa chance à chacun » ? On serait condamné à une version cheap de la commission Bouchard-Taylor recevant la famille Pineault-Caron ? Je ne peux (veux) pas croire ça.

René: Les états généraux me font frémir. Parce qu’ils sont parfois noyautés par des visions politiques opportunistes, par des purs et durs qui veulent casser la baraque… et qu’ils rassemblent aussi des gens qui ne sont pas les premiers acteurs du domaine visé (parce que les acteurs sont plutôt sur le terrain, en train de bosser). On ne peut pas régler ce genre de trucs par une grand-messe, mais plutôt par du travail de terrain, sur le moyen terme, et peut-être aussi par des interventions solides de gens respectés qui pourront agir sur les modes de pensée. My 2¢…!

Clément: « Des interventions solides de gens respectés qui pourront agir sur les modes de pensée.» – bien sûr, c’est le meilleur scénario ! Mais où sont-ils ces gens ? Et quelles tribune auront-ils si on ne crée pas les conditions favorables à leur prise de parole ? Dans l’environnement médiatique actuel…

René: Peut-être, justement, ce n’est pas par les médias que ça doit passer, mais par de plus petites rencontres, loin des caméras. Je suis sûrement pessimiste et idéaliste sur ce coup. Mais je crois que l’affaire a beaucoup trop « bénéficié » du spin médiatique et que l’outil n’est pas approprié pour renverser la vapeur. Les acteurs du monde du théâtre s’en parleront intensément dans les prochains mois, les échos seront perceptibles dans le secteur du cinéma, de la télévision. Des gens poseront des questions, ne voudront pas être au centre d’une semblable polémique… Le travail se fera peu à peu dans les milieux, je crois.

Clément: Trop de spin médiatique : *assurément*. Mais à mon avis la question est maintenant plutôt de savoir si on peut faire la suite « à l’abri de la réalité médiatique », ou si on doit trouver moyen « de faire avec ».

René: Ou, plus précisément : si le monde médiatique est partie prenante de la suite ou simplement une instance de relais. Ça me semble assez différent. L’option 2 est peut-être illusoire (au sens où les médias sont de plus en plus interventionnistes), mais il est possible que le scénario vise d’abord à impliquer les gens concernés et que le spin médiatique vienne en appui, dans un deuxième temps…

Clément: Cela dit, je suis d’accord avec toi que la forme d’éventuels « états généraux » devrait aussi faire l’objet d’une réflexion approfondie. Ce ne peut pas être qu’une grande messe de quelques jours. Ce serait jouer le jeu des médias plutôt que de faire avec lui. Pensons à un événement plus participatif, plus sur le modèle de la co-construction que d’une série de dépositions devant un tribunal ou une commission d’enquête ; quelque chose qui se réalise sur une ou deux années plutôt que sur quelques semaines ou mois – avec des interventions réelles dans les milieux, entre des étapes un peu plus exposées publiquement/médiatiquement… Soyons ingénieux !

René: Ouep, en effet. Ça correspond davantage à mon idée de travail sur le terrain. Ceci dit, le succès réside dans la légitimité de l’instance qui prendra l’initiative (et la parole) – plusieurs instances se sont mouillées, avec une réaction plus ou moins consensuelle, alors que d’autres brillent par leur absence/silence. Qui pourra être bien perçu dans le comité d’organisation d’un tel projet ?

Clément: Pourquoi pas des « états généraux » dans le cadre desquels on demanderait aux musées (et aux musées nationaux, en particulier), aux bibliothèques (et à BAnQ, en particulier), ainsi qu’aux établissements scolaires, cégeps et universités, de participer ? Une démarche où les milieux de travail (publics et privés) auraient aussi la possibilité de se raccrocher ? Pourquoi pas une démarche très décentralisée, donc, qui serait aussi plus susceptible de rendre compte de la diversité des points de vue et des réalités régionales ? Tout cela pourrait par la suite être « ramassé » à l’occasion d’un événement-synthèse destiné à dégager des consensus (parce que oui, je crois toujours à l’importance des consensus, plus que jamais même).

René: Dans l’absolu oui, pourquoi pas. Mais quel serait le pitch, quelle serait la commande ? (de façon à ne pas seulement enfoncer le clou de l’auto-flagellation) Plutôt centrer la démarche autour de projets ou initiatives qui illustreraient là vers où on veut aller, et non centrer sur les travers à éviter ? Une définition de la culture commune/partagée ? Ça finira par être un projet de pays :)

Clément: Me voilà démasqué !

René: Cela dit, la question qui me paraît fondamentale est : quelle est la commande, l’orientation du truc ? Trop facile de se limiter à la seule rhétorique de la réconciliation (avec un arrière-plan de contrition piteuse), alors qu’on peut plutôt/aussi se demander comment on peut faire à l’avenir, tous ensemble.

Clément: Je suis d’accord, le mandat confié aux responsables de ce genre d’États généraux est déterminant. Une discussion à son sujet (forcément très politique – d’où le besoin d’un leadership dont on est toujours à la recherche !) est un passage obligé avant d’aller plus loin, à défaut de quoi je te concède qu’on en restera très probablement aux vœux pieux.

Dialoguer c’est bien. Développer des pratiques culturelles (et éducatives !) communes, partagées, c’est encore mieux !

Image: Vaduz (fragment), 1974, Bernard Heidsieck. Vu au Centre Georges-Pompidou en août 2017.

L’autre bord de la track

Juste un court texte ce soir pour faire une mise à jour sur ma participation à l’atelier d’écriture estival organisé par François Bon.

J’ai complété aujourd’hui la dixième étape d’écriture — concluant ainsi le cycle d’ouverture, qui s’intitulait un retour.

Il y aura maintenant quelques jours de pause avant qu’un nouveau cycle commence sous le thème errances. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre…

Une chose est certaine, j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à écrire ces quelques textes. J’espère que c’est un plaisir partagé à la lecture.

Rappels:

  • La page qui regroupe mes textes est ici.
  • La page qui regroupe les propositions à partir desquelles ils ont été écrits est là.

L’image ci-dessus donne aussi quelques repères pour situer, sur une carte contemporaine, l’emplacement des lieux qui ont inspirent les textes.

On peut aussi utiliser Google Maps pour explorer le secteur — il s’agit de suivre ce lien.

Un atelier d’écriture estival

Ça y est, je me suis lancé… avec un petit trac… et comme si ce n’était pas assez… je partage ça avec vous, sans même trop savoir où ça me mènera! Qu’importe (ou justement pour ça!).

Eh oui, j’ai décidé de participer à l’exercice estival d’écriture proposé par François Bon:

L’atelier d’été | construire une ville avec des mots

«Chaque année j’ai essayé une forme différente, et depuis 2 ans la vidéo a démultiplié l’échange, de même que l’édition de livres associés. Cet été je me propose le défi suivant : tout au long de l’été, une série de brèves vidéos proposant chaque fois un exercice pris au creative writing US, en explorant la vaste collection des livres writer’s help. (…)

Evidemment, aucune contrainte que vous répondiez tous les jours. À votre rythme, quand ça vous chante. Mais ça peut être une formidable opportunité d’avancer et d’explorer ensemble. Une belle opportunité aussi d’une sorte de stretching quotidien d’écriture. Et vous y consacrerez le temps que vous voulez, la vidéo n’excèdera pas les 6 ou 10 minutes, et ça pourra être fait en 20 minutes.

Bien sûr, je mettrai en ligne les contributions reçues. J’en lirai aussi des extraits. Progressivement, chaque participant.e construit une ville qui lui est propre…»

Pour suivre l’aventure, vous pourrez lire ici les textes que les propositions de François m’auront inspirés:

La page qui regroupe mes textes

La liste des propositions qui inspirent les textes

Si vous êtes encore plus curieux, vous pourrez aussi jeter un œil sur le carnet de bord du projet ainsi que sur le sommaire des contributions de l’ensemble des participant.e.s.

Vos commentaires sur mes textes seront évidemment toujours les bienvenus: ci-dessous ou par courriel.

Photo: Fragment de The Flux and the Puddle, une oeuvre de David Atlmejd qui peut être vue au Musée national des beaux-arts du Québec.

Infographies.Québec

Je m’intéresse depuis toujours aux représentations originales de différentes oeuvres, informations ou concepts.

J’ai par exemple dans mon salon une représentation d’Alice au pays des merveilles à travers sa ponctuation. Une mise en forme originale aussi du discours de John F. Kennedy qui annonce qu’un être humain posera son pied sur la lune avant la fin de la décennie (voir la photo: un cadeau de Marc, à mon retour de Paris). Et je suis très tenté par cette mise en forme du dialogue de Galilée repérée par Charlotte.

C’est avec le même intérêt que j’ai découvert le nouveau projet de Septentrion et de Gilles Laporte: infographies.quebec.

C’est un site qui regroupe des infographies historiques et sociales sur le Québec — une trentaine pour le moment, sur des sujets très variés. On peut les commander en version numérique et en version imprimée (elles seront alors imprimées à la demande et livrées en quelques jours, pour un prix plus que raisonnable).

Je trouve ça ben l’fun de voir enfin apparaître ici des services semblables. C’est simple, efficace et basé sur des moyens d’impression et de distribution modernes et économiques.

Je souhaite un grand succès à Septentrion avec cette expérience, qui devrait, il me semble, inspirer musées, ministères, entreprises…

Raconter des histoires

La lecture de Sentiers a encore une fois été très riche cette semaine. Le numéro 32 est ici.

Je retiens particulièrement trois textes qui se font d’ailleurs particulièrement bien échos les uns les autres:

Why humans need stories

What Are Snapchat, Instagram, and Facebook ‘Stories’?

Twitter history walk threads

Je ne sais pas si Patrick avait réalisé que l’utilisation des «threads» de Twitter qu’il cite en exemples sont la forme la plus proche des «stories» que permet Twitter — probablement, même si c’est resté implicite.

En tous cas, tout ça m’a convaincu de tenter l’utilisation de cette forme de publication sur Twitter au cours des prochaines semaines. À suivre.

Bon lundi!

Je suis Marie-Victorin

La lecture indispensable dans Le Devoir de ce matin est signée par Luc Chartrand dans la page Le Devoir d’histoire.

Êtes-vous Marie-Victorin ou Groulx?

Marie-Victorin et Lionel Groulx ont incarné deux courants — souvent divergents — de la pensée nationale qui continuent de coexister de nos jours

J’ai souvent fait référence au Frère Marie-Victorin sur mon blogue (exemples en 2002 et en 2016) et dans différentes interventions publiques (exemple en 2003).

C’est un homme que je trouve très inspirant. Je lui ai d’ailleurs déjà dit…

La lecture du texte de Luc Chartrand m’a amené à replonger dans quelques-uns de mes livres sur Marie-Victorin (grosse matinée dans ma bibliothèque!) et à analyser avec une nouvelle perspective certains des inconforts que j’ai parfois pu ressentir au cours des dernières années de mon engagement en politique partisane (maintenant en mode pause).

De la bien bonne matière pour alimenter une réflexion à poursuivre.

Ce serait aussi intéressant que Luc Chartrand approfondisse cette réflexion au-delà d’une simple page dans Le Devoir.