Les archives familiales

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Au hasard d’une conversation ce matin, Ana et moi sommes replongés dans les archives numériques de la famille. Nous avons très vite constaté qu’il devenait indispensable faire une cartographie de tout ça pour être en mesure d’identifier ce dont on dispose et où le trouver.

Premières notes

Nous avons commencé par tenter d’identifier où trouver l’information sur les souvenirs de voyage.

Concernant les photos:

2016 et 2017: les photos sont surtout sur les ordinateurs et iPhone de chacun des membres de la famille.

2010 à 2016: les photos surtout dans iPhoto sur le iMac familial (2008), trop lent pour donner envie de les consulter (ou même de vérifier l’état des lieux).

2006 à 2010: les photos sont sur des dizaines de cédéroms plus ou moins identifiés (et possiblement sur le iMac, mais il faudrait nous en assurer).

Avant 2006: nous n’avons vraiment pas grand-chose — le plus souvent dans des dossiers plus ou moins identifiés sur le iMac familial.

La chronologie est à peu près le seul classement de toutes ces photos.

Concrètement, si on souhaitait retrouver rapidement quelques photos d’un voyage en particulier, ce serait relativement rapide pour les deux dernières années, plus compliqué jusqu’en deux 2010, très compliqué jusqu’en 2006 et presque impossible avant ça.

Concernant les textes:

J’ai depuis longtemps l’habitude de tenir un journal de voyage pour partager le plaisir avec les parents et quelques amis.

Septembre 2012 à aujourd’hui: j’ai tous les textes de ce type bien organisés dans le journal personnel que je tiens dans l’application DayOne — jour après jour, pour chaque voyage.

Juillet 2007 à septembre 2012: c’est Gmail qui se trouve à être la meilleure source pour retrouver les textes. C’est parfois un peu ardu, mais on y arrive.

Avant que j’adopte Gmail à l’été 2007… c’est quasiment impossible de retrouver quoi que ce soit.

Ana a aussi écrit un journal parisien pendant notre séjour de presque trois ans en France. Dans ce cas:

Juillet 2007 à l’été 2008: les textes étaient publiés sur un blogue TypePad privé pour lequel nous avons toujours accès aux archives.

2006 et début 2007: on a retrouvé un dossier avec des versions pdf des courriels qu’Ana avait envoyés à la famille.

***

Je me doutais bien que l’achat du premier appareil photo numérique marquerait une étape clé dans la conservation des archives photographiques de la famille (et que les iPod et iPhone n’ont fait qu’accentuer).

Ce qui m’a toutefois surpris ce matin, c’est à quel point l’adoption de Gmail marque une frontière semblable pour la conservation des archives textuelles de la famille — du moins pour ce qui concerne les récits de voyage.

Comme quoi les premiers gestes de confiance dans «le cloud» ont changé, même imperceptiblement, bien des choses.

***

Au regard de tout ça, j’ai pris la résolution de pallier à ce fouillis au cours des prochains mois. On va s’équiper pour organiser nos archives de manière à pouvoir y accéder de façon efficace et, surtout, pour ne pas perdre des choses précieuses par simple négligence.

Solutions à l’étude…

Vous avez déjà réfléchi à cette question? Ça m’intéresse…

L’économie circulaire

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J’ai assisté ce midi à une conférence de Vincent Aurez qui avait pour titre L’économie circulaire, un désir ardent des territoires. L’événement était organisé par le Club économique de Québec, en collaboration avec le Réseau de l’économie circulaire (VRIc).

L’idée de base de l’économie circulaire, c’est que les déchets d’une entreprise devraient systématiquement être vus comme des ressources premières pour d’autres entreprises (contrairement à la perspective de l’économie linéaire, pour laquelle les déchets sont essentiellement des résidus de production dont il faut se débarrasser).

Ainsi guidé par un objectif de zéro déchet, et en regroupant des entreprises qui seront en symbiose sur un même territoire (utilisant tour à tour les déchets les unes des autres pour leurs activités respectives), on peut arriver à créer des conditions particulièrement favorables à leur développement.

Dans une perspective d’économie circulaire, une ville devient une sorte de mine. On y trouve des gisements de matières premières qui sont susceptibles d’être réutilisés, recyclés, transformés — et qui sont souvent beaucoup plus faciles et moins coûteuses à prélever que les ressources naturelles auxquelles elles peuvent se substituer. Le défi est de permettre aux entreprises de s’y approvisionner de façon efficace.

L’économie circulaire est une conception de l’économie qui n’est pas nouvelle. Elle se développe depuis depuis déjà plus quarante ans. Elle répond non seulement à des impératifs écologiques, mais aussi (surtout?) à stimuler la création d’emplois innovateurs qui seront intimement liés à un territoire et à un tissus d’entreprises — et donc plus difficilement délocalisables.

De tous les exemples, très variés, que Vincent Aurez nous a donnés, c’est celui de Bouygues, grand constructeur français du  le domaine immobilier, qui m’a le plus surpris.

L’entreprise a introduit depuis quelques années dans ses contrats des clauses qui prévoient que les matériaux qui sont utilisés dans les immeubles qu’elle construit ne cesseront jamais de lui appartenir… et qu’elle aura donc le droit de les récupérer lorsqu’ils seront éventuellement démolis.

De cette façon, l’entreprise constitue progressivement une banque de matériaux de construction au coeur des plus grandes villes — des matériaux qu’elle peut d’or et déjà valoriser, et dont elle a apparemment déjà commencé à planifier la réutilisation pour de futurs bâtiments, dans un horizon de trente, quarante ou cinquante ans.

«Des clauses de ce type sont discrètement intégrées dans les contrats de constructions et de vente des immeubles depuis quelques années. Les impacts de ces clauses seront majeurs dans l’avenir pour le développement des villes et les relations entre les entreprises de constructions», nous a dit M. Aurez.

Il est aussi important de comprendre que les entreprises n’adhèrent pas à l’économie circulaire seulement en réaction à une soudaine préoccupation écologique. Elles le font le plus souvent au terme d’une analyse approfondie des menaces qui pèsent, à plus ou moins long terme, sur leurs activités, leur plan d’affaires, et leur profitabilité.

L’exemple de Michelin qui commence à intégrer les principes de l’économie circulaire à ses activités parce qu’elle constate qu’elle vendra forcément de moins en moins de pneus dans le futur était intéressant.

L’exemple d’IKEA, qui prévoit expérimenter bientôt à Nice un nouveau modèle de magasins situé directement dans le centre-ville était aussi très inspirant. Le détaillant prévoit y associer un ensemble d’entreprises spécialisées dans la récupération, le recyclage ou la transformation des matériaux issus de ses produits.

***

Je m’arrête ici pour ce soir (j’avais promis un compte rendu à une amie — voilà c’est fait, je peux donc aller dormir) mais je reviendrai certainement bientôt sur le thème de l’économie circulaire parce que c’est une façon d’aborder le développement économique qui m’apparaît particulièrement prometteuse pour le Québec.

Parce qu’elle respecte mieux l’environnement que l’économie linéaire, bien sûr, mais aussi parce qu’elle pourrait nous amener à adopter une stratégie de développement régional beaucoup plus vigoureuse, avec l’importante décentralisation des pouvoirs que cela suppose évidemment (et dont le Québec a besoin depuis très longtemps!).

Les filles engagées

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J’avais entendu par hasard une pièce de Samuele sur Youtube il y a quelques mois. Coup de coeur.

Puis j’ai connu Jacynthe Plamondon-Émond dans le cadre du Forum Culture + Numérique, à Shawinigan, il y a quelques semaines. Autre coup de coeur.

Alors quand j’ai découvert qu’elles travaillaient ensemble. Je me suis dit que ce qui sortirait de cette collaboration ne pouvait qu’être extraordinaire.

J’écoute depuis hier l’album fraîchement sorti de Samuele et je vous le confirme.

Et ce matin, de tout ce que j’ai lu dans les journaux du samedi, ce sont les mots de Samuele, dans Le Devoir, que j’ai envie de garder en tête pour la fin de semaine:

« Ce que je pensais il y a six mois n’est pas la même chose que je pense aujourd’hui. Ma réflexion continue. Pour moi, c’est ça, être une personne engagée, je m’engage dans “être une meilleure personne”. »

L’école en réseau

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Ça a vraiment été un plaisir de revoir Thérèse Laferrière cet après-midi au WAQ. Ça devait bien faire une dizaine d’années que je ne l’avais pas vue (et dire que j’avais commencé une maîtrise avec elle il y a… vingt ans… ouf!).

Et le plus surprenant, c’est que j’ai quand même eu l’impression de reprendre une conversation qui n’aurait été suspendue que quelques instants. Fascinant!

La conviction de Thérèse, son engagement et sa détermination sont chaque fois une grande source d’inspiration. En prime: notre échange a fait remonter à mon esprit plusieurs concepts qui pourraient bien m’être utiles dans les prochains mois.

Pour résumer sa présentation en quelques mots:

Le plus important pour le développement de la culture de réseau dans une école c’est de passer d’un «qui sait?» individuel à une prise de conscience collective de «ce que la classe/communauté connaît» — et d’être capable de partir de là pour planifier l’apprentissage des élèves.

C’est quand il soutient ce processus que le numérique est le plus prometteur en éducation.

J’en suis convaincu.

Le fauteuil

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Le 13 juin dernier, Janine Sutto était à Québec pour recevoir l’Ordre des arts et des lettres. La cérémonie se déroulait à la Maison de la littérature.

À son arrivée, j’ai constaté qu’il n’y avait, curieusement, aucun fauteuil roulant disponible pour faciliter ses déplacements. Je lui ai promis de trouver une solution.

Il était un peu passé 17h30, je me suis dit que l’attaché de presse du maire était sûrement encore au travail. J’ai communiqué avec Paul-Christian Nolin par Facebook. Nous nous sommes rapidement parlé au téléphone et je suis parti à la course, sous la pluie, pour aller chercher le fauteuil roulant de l’Hôtel de Ville, situé à quelques minutes de là.

Mme Sutto a été très surprise de me voir revenir avec un fauteuil roulant prêté par Monsieur le Maire. Nous en avons ri ensemble à la fin de la cérémonie alors que j’attendais avec elle le véhicule qui devait la ramener à Montréal.

Quand elle est partie, je suis allé reporter le fauteuil à l’Hôtel de Ville, mais cette fois en marchant tranquillement sous la pluie, comme pour étirer le plus longtemps possible le beau moment que je venais de vivre avec cette très grande dame.

Il reste précieusement gravé dans ma mémoire.

Merci Madame Sutto.

Un sandwich… à Bruxelles!

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Je suis à Bruxelles aujourd’hui pour le EPUB Summit. C’est un très grand plaisir de retrouver plusieurs personnes avec qui j’ai collaboré au cours des dernières années et que je n’avais pas vu depuis trop longtemps!

Je ne serai donc pas présent, physiquement, pour le rendez-vous sandwich du vendredi — mais je participerai virtuellement, comme il se doit, en publiant une photo de sandwich autour de 12h. Merci à ceux et celles qui seront au rendez-vous!

Je prends tout de même quelques minutes pour transcrire quelques notes au sujet du rendez-vous de la semaine dernière (je n’avais pas eu le temps de le faire avant, bousculé par les préparatifs de mon départ).

  • Nous avons continué à discuter de l’actualité de la semaine, et de comment le traitement médiatique contribue au cynisme.
  • Nous avons réitéré l’intérêt que chacun partage (sur Facebook ou autrement) les gestes que nous posons pour agir sur le contexte (on a pas encore trouvé la façon adéquate pour le faire, on continue à réfléchir).
  • Le rendez-vous hebdomadaire de Bill Maher sur HBO (et YouTube) a été cité en exemple et on s’est dit que ce genre d’émission aurait sa place au Québec.
  • Nous sommes toujours à la recherche de façons pour rendre plus concrètes les actions qui découlent des rendez-vous du vendredi — mais on a confiance que ça viendra, et qu’entre temps, il faut persévérer et maintenir la continuité des rencontres.

Si j’oublie quelque chose d’important, j’espère que les autres participants l’ajouteront dans la section commentaire sous ce texte.

***

Je ne peux pas terminer sans dire que je constate que mes amis français sont nombreux à partager le même désarroi qui nous a amené à initier ce rendez-vous hebdomadaire. Un désarroi auquel s’ajoute une grande inquiétude à l’approche de l’élection présidentielle de mai prochain.

Ce serait bien qu’on n’en vienne pas à ce stade…

…et, pour ça, qu’on trouve des façons pour aborder de façon plus ingénieuse campagne électorale qui nous mènera au 1er octobre 2018.

Le numérique et la politique

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Vous aimeriez que les hommes et les femmes politiques parlent plus concrètement du numérique et de ses impacts sur l’évolution de la société. Qu’on arrête de parler et qu’on agisse enfin? Je vous propose une façon pour que nous tirions ensemble la politique québécoise dans cette direction.

Le Parti Québécois est en train de revoir son programme dans le cadre d’un processus particulièrement ouvert. Il s’agit d’une belle occasion pour pousser dans l’espace public un peu plus de concret en rapport avec le numérique — et, cela, quelles que soient vos affinités avec l’un ou l’autre des partis politiques québécois. C’est d’autant plus important, en fait, que si le Parti Québécois rehausse la barre en matière de numérique, ça forcera aussi les autres partis politiques à faire la même chose en prévision de la prochaine élection — et on y gagnera tous!

Alors voilà que je vous propose:

  • Nous collaborons dans les quinze prochains jours pour trouver des façons d’enrichir la Proposition principale du Parti Québécois (l’embryon du prochain programme du parti) pour tout ce qui concerne le numérique — et pour la rendre beaucoup plus précise et concrète.
  • Je fais ensuite une synthèse de nos échanges, que je reformulerai sous forme de propositions d’amendements à la Proposition principale. Je ferai évidemment cela de façon très transparente, avec vous, sur ce blogue.
  • Je présenterai ensuite personnellement ces propositions lors congrès de la circonscription de Jean-Talon (que je préside), le 26 mars, dans le but de les faire adopter par les membres.
  • Si les propositions sont adoptées, elles pourront ensuite faire leur chemin vers le congrès régional de la Capitale-nationale (le 7 mai) et éventuellement vers le congrès national (8, 9 et 10 septembre).
  • À chacune des étapes, j’aurai évidemment l’occasion de faire valoir ces propositions et d’expliquer leur importance. Je vous tiendrai informé de l’évolution des propositions.

Par où commencer?

  • J’ai préparé une version Google Doc de la section de la Proposition principale qui concerne la transition numérique. C’est ici:

 http://bit.ly/transitionnumerique

  • Le document est complètement ouvert. Tout le monde peut l’enrichir de ses commentaires, ajouter du texte, formuler des réflexions, etc.
  • Invitez des gens à participer à l’exercice.
  • Je vais faire périodiquement un retour sur tout ça sur mon blogue et les réseaux sociaux afin de mettre en évidence les éléments clés qui émergeront progressivement des échanges.

AG du PQ de Jean-Talon

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Mardi soir dernier c’était l’Assemblée générale annuelle du Parti Québécois de la circonscription de Jean-Talon.

Le contexte était très particulier étant donné la tragédie du Centre culturel islamique (qui est situé dans Jean-Talon), encore toute récente. Il devait y avoir une trentaine de personnes dans la salle, peut-être un peu plus.

Nous avons évidemment pris le temps de souligner la tragédie avant de commencer officiellement la rencontre. J’ai d’abord fait un court témoignage, puis j’ai passé la parole à autre membre de l’exécutif, qui est de confession musulmane et qui vit à Québec depuis six ans. Il s’est présenté à l’ensemble des personnes présentes et nous a expliqué pourquoi l’attaque l’avait surpris… et pourquoi, d’un autre côté, elle ne l’avait peut-être pas surpris tant que ça non plus — pourquoi ça faisait partie de ses craintes.

Il nous a invités à réfléchir à une phrase qu’il a entendue à maintes reprises à Québec: «Les musulmans [sont comme ci, ou comme ça], mais toi ce n’est pas pareil!». Ah bon? Pas pareil, pourquoi? Parce que vous me connaissez mieux que les autres?

Je ne pense pas me tromper en disant que ça a été un moment très important pour toutes les personnes qui étaient présentes — un moment qui s’est prolongé, pour certains, en allant porter quelques lampions devant le Centre culturel islamique au nom de notre groupe à la fin de la soirée.

***

Nous avons ensuite entrepris la partie plus formelle de l’Assemblée, notamment pour faire un bilan de l’année mouvementée (une autre!) qui vient de s’écouler et élire le prochain exécutif — que j’aurai à nouveau le privilège de présider. Un exécutif qui sera composé de gens d’expérience, avec qui j’ai un immense plaisir à travailler, et aussi de nouveaux visages.

Nous avons ensuite entrepris ce qui était le coeur de la rencontre: la présentation de la Proposition principale — l’ébauche du nouveau programme du Parti Québécois (le document peut-être téléchargé, en format pdf, en cliquant sur ce lien).

Pour chacune des sections, nous avons fait le tour des principaux éléments… et je me suis permis d’attirer l’attention des gens sur certains éléments plus spécifiques qui m’apparaissaient importants ou que je trouvais particulièrement stimulants (ou qui pourraient le devenir en y apportant certains amendements). Je pense particulièrement à des éléments concernant l’éducation, les technologies et l’économie (mais pas que ces sujets non plus!).

C’est un survol auquel nous avons consacré un peu plus d’une heure et demie, et dont je suis ressorti énergisé. C’est une démarche qui devrait se poursuivre avec la formation de petits groupes de travail dédiés à chacune des sections de la Proposition principale — en prévision du congrès local, de Jean-Talon, qui aura lieu le 26 mars.

***

Il est bien possible que j’aborde ici certains éléments de la Proposition principale au cours des prochains jours et les prochaines semaines, de manière à faire appel à vous, à mon réseau, pour enrichir ma réflexion.

Parce que, comme me le disait hier soir un ami lors du YULblog (une rencontre de blogueurs et blogueuses de la première heure):

«Si ce n’est pas maintenant que ton parti fait preuve d’audace (entre autres pour ce qui concerne le numérique), il risque fort de ne plus jamais avoir l’occasion de se reprendre… Alors osez bordel! Soyez ambitieux!»

Conseil national — 5 (suite et fin)

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Le discours que Jean-François Lisée a prononcé pour conclure le Conseil national a entièrement porté sur le nationalisme économique.

C’est un discours qui m’a vraiment enthousiasmé — et je pense que ne suis pas le seul! C’est un discours qui pose les bases d’un travail politique qui s’annonce extrêmement prometteur  — en particulier dans une région comme la Capitale-nationale.

Il faut aussi dire que le nouveau chef a un talent oratoire exceptionnel. Il sait surprendre, susciter l’attention, faire rire et expliquer: tout à la fois! C’est pédagogique sans être trop sérieux. Il réussit à faire appel à l’intelligence en conservant son petit côté badin qui fait qu’on ne s’ennuie jamais.

Je ne ferai pas un compte-rendu exhaustif de ce discours parce qu’il sera bientôt disponible sur le Web — et qu’il mérite amplement qu’on prenne le temps de le regarder en entier (on peut, d’ici-là, consulter le communiqué de presse associé au discours).

[Mise à jour: le discours est ici]

Néanmoins, quelques éléments:

«Il est temps de redéfinir ce que ça veut dire, concrètement, le nationalisme économique.»

«Il y a dans le gouvernement Couillard une naïveté néfaste devant la réalité du monde des affaires.»

«Autour de nous sur le continent, il n’y a pas que des enfants de chœur (…) il va falloir défendre notre économie — revendiquer, établir des rapports de forces.»

«Il faut continuer à aider et accompagner de façon active nos entreprises, mais de façon plus efficace et beaucoup plus ciblée.

«Nous allons favoriser l’entrepreneuriat sous toutes ses formes. En commençant par arrêter de leur nuire.»

«On impose beaucoup trop de paperasse aux entreprises… c’est une réalité intolérable. Il faut rapidement informatiser et simplifier tous les rapports entre les entreprises et le gouvernement.»

«Il faut aussi changer la culture en vigueur à Revenu Québec, qui présume toujours de la culpabilité des entrepreneurs.»

«La concertation est au coeur du modèle économique québécois.»

«La transformation économique qui a été faite dans la région de la Capitale-nationale au cours des vingt dernières années peut servir d’inspiration pour tout le Québec.»

«On ne veut pas de péréquation, on veut notre part des investissements efficaces dans l’économie canadienne — ou, comme le disait Dédé Fortin: « passe-moi’ puck pis j’vas en compter des buts.« »

«Nous allons toujours faire confiance au dynamisme des entrepreneurs.»

Ce sont seulement quelques-uns des passages qui ont particulièrement retenu mon attention. J’ai hâte de voir ce que les médias en auront retenu de leur côté!

***

C’était mon dernier texte pour ce Conseil national.

Je suis content d’avoir décidé de partager de cette façon notes et premières réflexions.

Je l’ai fait pour favoriser une communication spontanée, avec les collègues militants, mais aussi dans une volonté d’ouverture — avec les curieux et avec ceux qui souhaitent redécouvrir le Parti Québécois.

Pour démystifier aussi, un tant soit peu, ce genre de grands rendez-vous politiques qui sont au coeur de notre démocratie.

Ç’a été d’autant plus agréable que la fin de semaine a été particulièrement réussie… et très stimulante!

Prochaine étape: se plonger dans une lecture attentive de la proposition principale (je compte partager éventuellement certaines notes de lecture)  — et se préparer à en débattre… pendant les huit prochains mois.

On a un peu de temps devant nous…

Voir aussi: 

Conseil national — 2

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La première demi-journée du Conseil national du Parti Québécois a été consacrée à différents rapports d’activités (leader parlementaire, président du parti, etc.), à un premier discours du chef (essentiellement destiné aux membres), à la présentation de la proposition principale, ainsi qu’à un projet de révision des statuts du parti. Je partage de quelques notes.

Sur les rapports d’activités:

Il nous faut plus d’interventions enjouées comme celle de Mathieu Traversy. Parce que je suis convaincu que le plaisir est indispensable pour que tout projet soit couronné de succès (et peut-être encore plus en politique).

Je pense que rire ensemble c’est déjà faire un pas dans la bonne direction.

Sur le discours du chef (quelques citations, de façon approximative):

«…nous devrons être clairs, nets et constants.»

«Il faut privilégier les gestes efficaces et rassembleurs.»

«Il ne faut pas hésiter à aller là où on ne nous attend pas.»

«Nous devons être convaincus et convaincants, mais pas fermés; jamais rancuniers.»

«Il faut éviter d’en faire trop sur les réseaux sociaux… ne pas perdre de temps avec les gens que nous savons qu’il est impossible de convaincre.»

«Il faut être nous-mêmes, fiers, sans être abrasifs.»

«Il faut accepter que nous ne serons pas toujours d’accord sur tout… qu’on ne va pas tous au même rythme, et que ce qui est important c’est d’aller tous dans la même direction.»

Sur la présentation de la proposition principale:

Je reçois avec un très grand enthousiasme le document qui nous a été présenté.

J’aurai évidemment l’occasion d’en reparler abondamment dans les prochaines semaines.

D’ici là, si vous désirez pour en prendre connaissance, c’est ici, en format pdf, ou ici — en version Web, dans une plateforme qui nous permettra d’en débattre, de façon très ouverte, avec tous les Québécois, en parallèle des différentes étapes plus formelles qui doivent nous guider vers le XVIIe congrès national.

La révision des statuts, c’est pas mal de la poutine interne… pas de notes à partager ici.

Voir aussi: 

 

Véhicule autonome: le Québec a déjà un avantage

J’ai publié hier un texte dans lequel je déplorais notre attitude, comme société, devant l’innovation technologique. Je l’ai fait à partir de l’exemple de l’arrivée des voitures autonomes. Et voilà que je découvre que le Québec aurait déjà une longueur d’avance au plan juridique! — une avance imprévue qui ne demanderait qu’à être exploitée.

En effet, en réaction à mon texte, Pascal Girard m’a formulé le commentaire suivant sur Facebook:

«…la plus importante et la plus épineuse des questions touchant les véhicules autonomes est celle de la responsabilité du conducteur: qui commet la faute? Au Québec, je pense qu’on peut dire qu’on a réglé ça il y a presque 40 ans, avec le « no-fault ». D’une certaine manière, nous sommes en avance et les principaux changements législatifs que peinent à mettre en place les autres entités étatiques…»

Quelques recherches plus tard, il a attiré mon attention sur deux articles qui tendent effectivement à confirmer son hypothèse.

Le premier s’intitule Assurer le conducteur, la voiture et l’algorithme et vient du site de Axa, une des plus grandes compagnie d’assurance. On peut y lire:

«Aussi, beaucoup d’assureurs plaident-ils pour l’instauration d’un système dit de « responsabilité sans faute » (« no-fault liability »).»

Le deuxième, vient d’un média belge et on peut y lire les propos du pdg du groupe Belfius Insurance.

«L’arrivée de voitures autonomes ne fera pas davantage disparaître l’assurance automobile, mais celle-ci « changera de nature » et pourrait évoluer vers une assurance « no fault »»

Tout ça a suffisamment piqué ma curiosité pour que je poursuive la recherche de mon côté pendant la soirée. Et j’ai trouvé un document absolument remarquable qui fait un portrait exhaustif de la situation des véhicules autonomes en rapport avec la Loi sur l’assurance automobile du Québec (LAAQ).

Le document s’intitule: S’arrêter à l’intersection de la Loi sur l’assurance automobile du Québec et de la voiture autonome (format .doc). Il n’est pas signé, mais les propriétés du fichier, me portent à croire qu’il est le fruit du travail d’Alexis Hudon (je tenterai de lui faire confirmer). Le document n’est pas daté non plus, mais quelques indices me font croire qu’il a été rédigé au début de l’année 2016 dans le cadre d’une activité de l’Université McGill.

En voici quelques extraits:

«L’engouement des fabricants pour la VA se comprend par la radicalité des bénéfices qu’on en attend aux plans social, économique et environnemental. (…) [Pour toutes ces raisons, il faudrait] aborder l’analyse de l’interaction entre la VA et le droit positif avec un préjugé favorable à son introduction. (…)»

«L’enjeu de la responsabilité extracontractuelle rend l’arrivée des voitures autonomes (VA) aux États-Unis problématique. Le régime québécois, dans sa forme actuelle, évite ces problèmes… (…)»

Pour la victime, l’arrivée des VA ne change pas grand-chose au fonctionnement de la LAAQ. (…) Il serait juste que le fabricant soit considéré être le conducteur de la VA. Le fabricant et le propriétaire seraient alors solidairement responsables (…) Pour le fabricant, le régime de la LAAQ est légèrement bénéfique. (…)»

«Le régime de la LAAQ rencontre toutefois deux obstacles mineurs dans le contexte de la VA (: l’immunité du fabricant s’il constitue une personne qui réside au Québec et l’identité du conducteur (…) Un amendement à la LAAQ répondrait à ces deux problèmes… (…)»

«Le régime québécois a longtemps fait office de modèle en matière de no-fault . Peu de régimes vont aussi loin. (…)»

«Conclusion: Le régime de responsabilité mis en place par la LAAQ en 1977 répond à la plupart des problèmes posés par les VA.»

Ces quarante pages d’analyse, manifestement très bien documentée, confirment donc que le Québec peut représenter un espace juridiquement attrayant pour les fabricants de véhicules autonomes — sous réserve d’amendements mineurs à la loi de l’assurance automobile. On serait fou de ne pas en profiter… pendant que la très grande majorité des autres gouvernements se casseront la tête pour adapter leur réglementation de façon beaucoup plus importante!

J’y vois une raison de plus pour construire rapidement sur cet avantage en mettant en place rapidement certains des autres avantages que j’évoquais hier — pour prendre de l’avance…

Parce qu’il restera évidemment ensuite de nombreuses autres questions à régler autour des véhicules autonomes, comme le souligne Alexis Hudon dans la conclusion de son document:

«La question de la responsabilité et de l’indemnisation des victimes est loin d’être le seul obstacle juridique qui se dresse sur la route de la VA. De nombreuses questions se posent. Quels standards utiliser pour garantir leur fiabilité et leur sécurité? Quels pouvoirs donner à la police sur ces véhicules ? Puisqu’ils devront être connectés à internet, dans quelle mesure et de quelle façon la vie privée de leurs utilisateurs devrait être protégée? Comment prévenir leur piratage? Comment empêcher leur utilisation à des fins criminelles ou terroristes, pour livrer de la drogue ou porter une charge explosive, par exemple ? Ultimement, tous ces enjeux devront être considérés ensemble afin de déterminer comment encadrer cette innovation pour en minimiser les risques et en maximiser les bénéfices.»

C’est un très beau défi… pour lequel j’aimerais vraiment que le Québec soit aux premières loges.

Mise à jour du 11 janvier 2017: message reçu de Alexis Hudon sur LinkedIn:

Bonjour Clément,

Merci pour le message.

C’est bien moi qui en suis l’auteur. Le texte a été rédigé dans le cadre d’un cours de recherche de 3 crédits sous la supervision de la professeure Lara Khoury, à l’automne 2015, dans le cadre du bac en droit à McGill. J’ai le sentiment d’avoir bien fait la recherche – et j’en ai tiré un bon résultat! -, mais le texte n’ayant pas été publié, les sources n’ont pas été contre-vérifiées. C’est un écueil à garder en tête.

Par ailleurs, j’abonde dans le sens de votre analyse. À ce stade, il va donc de soi que les premières exceptions législatives ont lieu là où sont installés les manufacturiers / ceux qui développent la technologie. Au Canada, c’est l’Ontario. On approche rapidement de la commercialisation de masse de cette technologie et c’est alors que le Québec a, selon moi, un avantage important.

C’est également une cause qui me tient à coeur! N’hésitez pas à me contacter si vous voulez approfondir la question ou discuter de moyens pour faire avancer cet enjeu au Québec.

Bien à vous,

Alexis

 

 

L’architecture des écoles

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Le premier texte que j’ai lu en me levant ce matin m’a fait du bien. C’était l’éditorial de François Cardinal dans La Presse+: Pourquoi pas du beau pour nos enfants? Un texte positif, qui propose quelque chose de concret pour changer radicalement notre rapport avec l’école. Enfin.

L’idée centrale de François Cardinal: « Comme les bibliothèques, les écoles mériteraient d’être construites à l’issue de concours d’architecture. »

Je suis d’accord! Et je pense qu’il suffit pour s’en convaincre de voir comment les nouvelles bibliothèques suscitent l’enthousiasme, partout au Québec, à quel point elles sont instantanément adoptées par la population et deviennent, presque à coup sûr, un immeuble emblématique des communautés qu’elles desservent.

Ça apparaît de plus en plus comme une évidence: ce qui a de l’importance pour la société doit être beau. Les écoles doivent être belles.

***

Question d’approfondir un peu le sujet, je suis retourné dans le livre Demain — que j’ai acheté après avoir adoré le film. Je me souvenais qu’on y faisait référence à une école finlandaise à l’architecture particulièrement réussie. Il s’agit de l’école de Kirkkojärvi.

J’ai fait quelques recherches sur le Web pour en savoir plus, j’ai trouvé ça, ça et ça (vidéo). J’ai aussi trouvé de l’information au sujet de l’école Saunalahti, une autre bâtiment conçu par le même cabinet d’architecture. Deux écoles construites dans des climats semblables au nôtre. Ça fait rêver.

J’ai aussi pris le temps de regarder les vingt minutes d’une capsule vidéo produite l’année dernière par La Fabrique culturelle: L’atelier Pierre Thibault | L’école de demain.

J’ai bien ri quand, à 8 minutes 50 secondes, Jean-René Dufort dit que «s’il était ministre de l’Éducation…» l’architecture des écoles serait sa priorité prioritaire.

J’ai bien ri, parce que c’est en évoquant cette phrase que j’ai conclu mon texte d’hier… en référence à un exercice que j’avais fait en 2003 — sur lequel je m’apprête à revenir.

Mise à jour / complément: je découvre aussi l’organisme Kumulus, qui a pour mission «de sensibiliser le jeune et le grand public à l’importance du design et de l’architecture pour favoriser le développement et l’apprentissage.» Et je suivrai la publication de cette revue française, dont le numéro de février portera sur l’architecture des écoles.

La revue des blogues

Je pense que plusieurs forces convergent, en ce début 2017, pour que les blogues redeviennent les espaces vigoureux où se publient des textes d’une écriture spontanée et vivante, comme ils l’ont déjà été. Et je m’en réjouis.

J’ai aimé de voir renaître plusieurs blogues au cours des derniers jours (Martin Lessard a même appelé ça le défi Rémolino — voir ci-dessous!). Mais ce que j’ai vraiment apprécié le plus, c’est de voir des liens se faire d’un texte à l’autre, d’un blogue à l’autre. Parce que c’est surtout ça, pour moi, l’esprit des blogues: croiser nos réflexions, simplement, au quotidien, sans prétention, parce que c’est enrichissant… et que c’est l’fun.

Et comme on le faisait dans l’bon vieux temps, voici une sélection de quelques-uns des textes de blogues qui ont particulièrement retenu mon attention au cours de la semaine. Sans ordre particulier.

Des bilans et des résolutions. | Carl-Frédéric De Celles

«Le goût d’éliminer certains stress également, en s’organisant différemment. Etre un peu extrême dans certains choix même. Et toujours ce goût de partager plus de choses. Je ne vous fait pas de promesse d’écrire plus, mais j’ai trois billets en attente déjà pour cette semaine. Ne me reste qu’à les relire et les publier.»

NOTE: Les trois textes ont été publiés: ici, , et .

Quoi de neuf chez-vous? | Marie-José Reid

«Bon. Maintenant que Clément l’a annoncé et que plusieurs blogues ont été réanimés (coucou CFD et Martine!), il me faudra bien revenir à une discipline d’écriture. Ce qui pourrait s’avérer plus facile à dire (ou plutôt à écrire!) qu’à faire… (…) Bref, on parle de quoi, en 2017, quand on veut bloguer?»

Notes de chantiers | Martin Lessard

«2017. Je vais prendre au bond le «défi Rémolino» (…) — 2016, c’est l’année où j’ai eu plus de billets qui sont restés en brouillon, plutôt que d’être publiés. Ma résolution, dans mon cas, est de me réserver quelques minutes par semaine pour publier des billets, certes plus courts, beaucoup plus courts, mais qui verront au moins le jour.»

2016 –> 2017 | Ana-Laura Baz

«2017 sera l’année des blogues. C’est Clément qui le dit. Et il a déjà réussi à convaincre plusieurs personnes que c’est vrai. Alors voilà, j’aurai au moins un billet pour 2017!»

L’école du futur, ça part de 2007 | Mario Asselin

«2017 apporte déjà une bonne nouvelle (…) En quelques jours seulement, j’ai pu lire les billets de quelques vieux routiers du blogue qui profitent de ce début d’année pour se remettre avec entrain à la pratique carnetière. (…) Imitant Clément, je suis donc retourné dans mes archives de janvier 2007 pour y découvrir des choses fascinantes.»

Idée #94 | Alex Lauzon

«Bon. En 2017, la tendance semble être de publier du contenu intelligent comme nos téléphones et des sujets qui engagent la conversation. (…) Dernier jour de congé avant la dernière fin de semaine avant le retour dans la tanière de renards. Aussi bien en profiter pour publier une idée. Celle-ci me semble géniale et tellement porteuse: la gratuité de tous les transport en commun du grand métropolitain.»

Ralentir en 2017? | Martine Rioux

«Déjà, en 2016, j’ai recommencé à écrire plus souvent pour moi, à mettre mes idées en place sur différents sujets et à les publier sur mon blogue. Ça fait du bien! Je pense que ça me manquait. Le retour des blogues, hein, Clément?»

Lire | Maxime Tremblay

«Avez-vous souvenir du livre qui a déclenché chez vous la passion de la lecture? Moi, je me souviens de « Papillon » d’Henri Charrière qui a certainement été une révélation (et que j’ai probablement lu trop jeune). Une première histoire pour adulte, qui était présenté comme une « histoire vraie », avec un volet exotique, de l’aventure, de la souffrance, de l’injustice, écrit d’une façon magistrale par ce formidable raconteur. Je me souviens aussi de découvrir Pagnol, des Piliers de la terre de Follett, de la folie de Folco… et d’avoir enfilé les 4 premiers tomes d’Harry Potter en 10 jours.»

***

Le premier texte que j’ai publié sur sur mon blogue en 2017, se concluait ainsi:

«J’aimerais aussi de rebâtir quelques dialogues avec d’autres blogueurs, en s’interpellant d’un texte à l’autre, comme on le faisait si bien avant l’arrivée de Facebook.»

Je suis enchanté de constater qu’une semaine plus tard, ce voeu semble en bonne voie d’être exaucé.

Un PDG à l’écoute

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Je suis un habitué du train Québec-Montréal, que je prends quasiment une fois par semaine — toute l’année. Je me suis montré quelques fois critique du service, mais aujourd’hui c’est pour lancer des fleurs que je parlerai de Via Rail.

Cet après-midi, juste après le départ, quelque chose a attiré mon attention. Le message d’usage, entendu des centaines de fois, n’était pas tout à fait le même. Tendant l’oreille, j’entends:

Bonjour, je suis Yves Desjardins-Siciliano, PDG de Via Rail. Je voyage avec vous aujourd’hui jusqu’à Drummundville. Si vous souhaitez parler avec moi n’hésitez pas à le signaler à un des agents de bord.

Je n’allais certainement pas me priver de cette occasion!

Je me suis donc rendu dans le wagon #3 — en classe économie — pour rencontrer Monsieur Desjardins-Siciliano. Nous avons eu un excellent échange, d’une quinzaine de minutes. Un échange très franc, très simple et très constructif. J’ai été impressionné par sa cordialité et la qualité de son écoute. Je n’ai pas été convaincu par toutes ses réponses, mais je ne doute pas qu’il a bien entendu (et compris) les quelques messages que je souhaitais lui communiquer:

  • La gare de Sainte-Foy nécessite de très grandes améliorations (beaucoup plus que celles qui sont apportées actuellement).
  • La qualité des wagons qui sont en service depuis quelques mois est déplorable — d’un autre siècle. C’est une détérioration du service.
  • Les retards de plus en plus systématiques au départ de Montréal — et plus encore, la mauvaise information à leur sujet — sont très frustrants.
  • La qualité du réseau sans fil (et pire encore, celui des opérateurs de téléphonie) est inacceptable; il devrait y avoir une continuité de service sans faille entre Québec et Montréal.
  • Et — surtout! — l’idée d’imposer une correspondance aux voyageurs du futur train à grande fréquence avant d’arriver à Montréal est une très très très très très mauvaise idée. Ce n’est tout simplement pas possible.
  • Je lui ai suggéré, de façon générale, de ne pas hésiter à utiliser les usagers des services de Via pour faire pression sur qui il le faut de manière à améliorer le service et assurer un développement cohérent du train à grande fréquence (ou mieux, à grande vitesse) entre Québec et Montréal.

J’ai terminé en lui signalant, par ailleurs, l’excellence du service offert par les agents de bord et l’amélioration du site Web et des services qui lui sont associés au cours des dernières années. Parce qu’il n’y a pas que du négatif…

En lui serrant la main avant de retourner à mon siège, je lui ai dit que de la même façon que je m’étais déjà permis de déplorer publiquement la qualité du service, je me ferais cette fois un devoir de témoigner de son attitude et de l’ouverture qu’il avait manifesté aujourd’hui.

C’est tout à votre honneur Monsieur Desjardins-Siciliano.

P.S. Au moment de publier ce texte, on nous annonce un arrêt de 30 à 45 minutes à Drummondville à cause d’un train de marchandise du CN immobilisé sur la voie. Je n’ai rien à ajouter. Le PDG aura eu temps d’entendre l’annonce comme moi…

Dîner conférence avec Alexandre Taillefer

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J’ai pris part ce midi à un dîner de la CDEC de Québec, à l’occasion duquel Alexandre Taillefer — que je trouve toujours très inspirant — était le conférencier invité.

Encore cette fois, j’ai beaucoup apprécié son allocution, sauf un tout petit passage… et un autre qui m’a laissé sur ma faim. J’en retiens aussi une idée forte, dont je me ferai dorénavant aussi le promoteur. À découvrir ci-dessous.

Je trouve dommage que Le Soleil rapporte seulement les propos d’Alexandre qui concernaient le dossier du SRB et du troisième lien (les plus polémiques, surtout quand on prend bien soin d’écrire le mot taxes dans le titre de l’article), parce qu’il avait pourtant bien pris la peine de les situer dans contexte beaucoup plus large, abordant notamment le thème de l’économie sociale et de la lutte aux inégalités.

C’est entre autres pour contribuer à lutter contre cette forme de sensationnalisme que je partages ici les notes que j’ai prises pendant la conférence.

***

D’entrée de jeu, Alexandre a présenté l’élection de Donald Trump comme une nouvelle manifestation de l’envie d’une partie de la population de faire tabula rasa de la politique et de l’économie telle qu’on la connaît depuis une trentaine d’années. Une envie qu’il est important de comprendre, mais qu’il ne partage pas. C’est même une chose qu’il lui apparaît absolument essentiel de contrer afin si on veut s’éviter le même genre de coup de gueule de l’électorat. Je suis bien d’accord avec lui.

Il a aussi rappelé que le Québec est une des sociétés où les inégalités entre les plus riches et les pauvres sont les plus faibles. «Il fallait être visionnaire, il y a trente ans, pour placer l’équité comme une des valeurs les plus importantes dans le développement de la société québécoise. Il ne faut pas perdre ça.» Et, pour lui, l’économie sociale est un des meilleurs atouts que nous avons pour ça. «Dans dix ans, l’économie sera sociale ou ne sera pas», dit-il. Il importe toutefois d’éviter le chant des sirènes du protectionnisme, a-t-il précisé. Reste à voir comment.

À son avis, le plus grand défi auquel est confronté la société québécoise consiste à sortir de la misère les gens qui vivent dans des conditions impossibles — à commencer par le monde du travail. D’où sa lutte en faveur d’une augmentation du salaire minimum à 15$. «Une société a des choix à faire: est-ce que c’est moralement acceptable d’offrir un salaire sous le seuil de la pauvreté à quelqu’un qui travaille à temps plein? Pour moi, c’est non.»

Pour cette raison, il faudra arriver à mieux documenter l’éthique des entreprises. Il propose pour cela de mettre en place «quelque chose comme la fiche nutritionnelle qu’on applique maintenant sur les aliments et qui nous permet de savoir ce qu’on mange… et de faire des choix». On pourrait y retrouver sur cette fiche-entreprise certaines infos sur la fiscalité des entreprises, leur empreinte écologique, les écarts dans la rémunération, etc. L’idée reste bien sûr très préliminaire, mais elle mérite certainement d’être promue.

Alexandre a témoigné du fait que c’est son incursion dans le monde du taxi qui l’a sensibilité à la réalité des travailleurs autonomes qui se retrouvent souvent dans des emplois qui deviennent rapidement des casiers à homards — des pièges dont ils deviennent prisonniers, parce qu’ils représentent leur seule source de revenus, mais qu’ils ne leur permettent pas de subvenir adéquatement à leurs besoins. Ses exemples étaient très concrets, éclairants.

C’est d’ailleurs ainsi que son propos s’est progressivement dirigé vers les questions de mobilité: notamment pour rappeler que la voiture est aujourd’hui le principal facteur d’appauvrissement individuel et collectif au Québec. Et que même s’il ne sera pas facile de renverser cette situation, ça apparaît plus indispensable que jamais.

De son point de vue, le projet de Service Rapide par Bus (SRB) de Québec est prioritaire à la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis. Une fois le projet déployé, et un service de très haute qualité bien en place, il faudra même envisager des mesures de tarification horaire pour l’usage des ponts (de manière à éviter une trop grande concentration aux heures de pointe) avant de projeter la construction d’une nouvelle infrastructure. Je crois qu’il y a possiblement des alternatives à la tarification, mais je crois qu’il a raison de soulever aussi cette question. Une chose est toutefois très claire: pour lui la dernière chose à faire aujourd’hui, c’est d’investir dans de nouvelles infrastructures routières. «Nous investissements c’est dans les écoles primaires et secondaires qu’on doit les faire.»

J’ai toujours apprécié tout particulièrement le fait qu’Alexandre a le courage plaider, sans trop de nuances ou de réserves, des idées qui déplaisent — et même des idées qu’il sait très bien qu’elles ne pourront jamais être populaires. Sa franchise me semble rafraichissante et je pense que c’est ce qui fait que les gens lui accordent aussi facilement leur attention.

Et c’est justement parce que je lui reconnais cette franchise, et que je l’estime au plus haut point, que je me permet de préciser le petit moment qui m’a un déplu dans sa présentation. Un moment où je l’ai senti inhabituellement vaseux.

Alexandre plaidait alors que le rôle le plus fondamental de la politique était de rendre la population heureuse. Ce avec quoi je suis d’accord. Puis, se référant aux critères du World Happiness Index (richesse collective, espérance de vie, manifestations de générosité, existence d’un filet social, liberté et absence de corruption), il a pointé la responsabilité des médias — qui ne doivent pas noircir inutilement la situation — et la nécessité de valoriser l’engagement des hommes et des femmes politique. Jusque-là, ça va.

Mais lorsqu’Alexandre a profité de l’occasion pour prendre la défense de Philippe Couillard, j’ai décroché. Il s’est appuyé pour ce faire sur le défi que le chef du Parti libéral a lancé cette fin de semaine: «Depuis que je suis chef, il ne s’est rien passé de condamnable, ou prouvez-moi le contraire!», disait-il. «Eh bien vous savez quoi, je le crois moi, a dit Alexandre. Il faut lui faire confiance, arrêter de se moquer des politiciens et cesser de faire preuve d’autant d’arrogance à leur endroit.»

Ça m’a déplu parce que je trouve ce plaidoyer était non seulement superflu, mais qu’il ne servait même pas son propos. Entretenir un climat de confiance, pour un politicien, c’est beaucoup plus que de ne pas être coupable soi-même. Et je suis convaincu qu’Alexandre le comprend très bien. Il ne faut pas confondre la confiance et la candeur.

Finalement, le moment qui m’a laissé sur ma faim est survenu à la période de questions — et cette fois Alexandre n’y est pour rien!

À son tour, un homme a soulevé le fait que Donald Trump avait été porté vers la victoire notamment par les travailleurs victimes de la délocalisation des emplois. «C’est un danger économique du passé, le prochain danger qui guette les travailleurs, c’est la robotisation et l’automatisation, et je pense que ce sera bien pire; qu’en pensez-vous M. Taillefer?».

Le manque de temps a forcé une réponse très brève — beaucoup trop brève! — essentiellement pour dire qu’en effet, aucun travailleur ne sera épargné… pas même les avocats et les chirurgiens.

J’aurais beaucoup aimé entendre Alexandre développer sa pensée sur ce sujet parce que c’est un enjeu qui m’apparaît absolument déterminant pour l’avenir du Québec… et devant lequel les politiciens actuels me semblent complètement démunis.

Ce sera pour une autre fois, j’espère.