Faire confiance aux images?

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La manipulation de l’information est un enjeu de plus en plus important pour la démocratie. Ce n’est pas banal quand on se met à parler fréquemment d’ère post-factuelle et de l’apparition des démocratures. On n’est pas sorti du bois: c’est le moins que l’on puisse dire!

Comment réagirons-nous quand nous ne pourrons plus croire aucune photo ni aucune vidéo? Parce que la fin de la prétendue objectivité de l’image est sur le point de sonner — elle qui ne tenait, au fond, qu’à la difficulté de modifier des images sans que cela soit évident.

Dans le texte L’avenir de la désinformation, Hubert Guillaud illustre très bien à quel point il est devenu facile de créer l’illusion du vrai. Ce n’est pas encore parfait, mais ce n’est qu’une question de temps… de très peu de temps.

Prenez Smile Vector, un robot qui transforme automatiquement des photos pour rendre les gens souriants (et pourquoi pas d’autres changements?).

Et Face2Face, qui permet de modifier l’expression faciale de quelqu’un dans une vidéo, en temps réel — pour lui faire dire autre chose, par exemple.

Tout ça pose des défis inédits pour l’esprit critique. Cela soulève évidemment aussi des enjeux éducatifs essentiels — auxquels l’école n’est vraisemblablement pas adéquatement préparée.

Et il faut réaliser à quel point ce sont des bouleversements rapides!

Ces technologies de modifications d’image, qui s’appuient sur le développement de l’intelligence artificielle, ont déjà commencé à faire discrètement leur apparition dans les iPod, iPad et iPhone que les enfants utilisent.

C’est comme ça qu’il faut voir les filtres que SnapChat a popularisés, qui permettent d’ajouter automatiquement des chapeaux fantaisistes ou d’autres masques à des selfies: ce sont de puissants outils de modification d’images et de vidéos en temps réel. Dans ce cas, ils n’ont pas pour objectif de tromper, mais ce n’est pas parce qu’ils ne seraient pas en mesure de le faire.

Je pense que ce serait d’ailleurs un très bon point de départ pour sensibiliser les enfants (et les adultes!) à l’importance de l’esprit critique, et à ses nouvelles exigences, notamment à l’égard des images (même de celles que des amis nous envoient… voire celles que nous prenons nous-mêmes!).

Une réflexion à mettre en parallèle avec celle de Bruno Devauchelle, que j’évoquais hier: Quand la photo arrête le temps…

Je pense que je devrais proposer à l’École branchée un texte un peu plus concret sur tout ça…

Mise à jour: pour plonger encore plus loin dans l’inconfort / la perplexité, il faut poursuivre la lecture avec cet autre texte d’Hubert Guillaud: L’ère des images invisibles.

« Nous ne regardons plus les images : les images nous regardent. Elles ne représentent plus simplement des choses, mais interviennent activement dans la vie quotidienne. »

Israël

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Ce petit bol contient généralement de l’humus, des olives ou d’autres bonnes choses à manger avec les doigts. C’est un habitué de l’apéro sur la petite table du salon.

C’est Sophie qui nous l’a rapporté d’un voyage en Israël… il y a une vingtaine d’années, je crois. Aucune inscription au verso, aucun indice qui me permettrait d’en chercher une origine plus précise (à moins que Sophie s’en souvienne! Mise à jour: réponse ci-dessous dans les commentaires). Chose certaine, il attire l’attention chaque fois qu’on le pose sur une table.

Il semble fait à la main… et manifestement de façon très résistante! Parti de la Méditerranée, il a traversé l’Atlantique une première fois en avion, avec Sophie, puis l’a retraversé en bateau, dans un conteneur avec toutes nos affaires — quand la famille a déménagé à Paris — avant de nous suivre à nouveau lors de notre retour à Québec. Il a survécu aux mains d’enfants de tous les âges, aux nombreux partys et à toutes les piles de vaisselle chambranlantes qui les accompagnent.

Quand je le porte à mon oreille, comme on le fait avec les coquillages, j’ai parfois l’impression d’entendre le doux écho de toutes les conversations et de tous les rires qu’il a pu entendre au fil des ans.

NOTE: Ce texte est le neuvième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

C’était en janvier 2007

Dans la démarche que j’ai évoquée hier pour redonner de l’importance aux blogues dans mon univers intellectuel, j’ai décidé ce matin de revisiter les archives de mon propre blogue… il y a dix ans: janvier 2007.

C’est une période où je vivais en France. J’avais l’impression de ne pas avoir écrit beaucoup à cette période et, pourtant, j’y ai trouvé sept textes.

Après un premier survol, un constat s’impose: la très large majorité de liens vers les textes auxquels je faisais référence sont périmés… nième illustration des défis de la pérennité sur le Web. J’arrive à retrouver certains textes, mais pas tous.

Cela dit, je retiens particulièrement:

La définition du racisme de l’Abbé Pierre — et les commentaires au bas du texte, qui démontrent bien que le Québec patauge dans les questions identitaires depuis bien trop longtemps, faute de leadership (et très amusant de constater que l’auteur du premier commentaire vient justement souper à la maison ce soir!).

Le récit émerveillé de ma première expérience comme formateur, à distance, sur une plateforme collaborative. J’avais complètement oublié ça et hop! je me suis revu, assis sur le lit d’un petit hôtel de Londres en conversation avec des gens de partout au Québec, réunis par l’APOP. Ça vaut la peine de le lire pour voir le chemin que nous avons parcouru depuis ce temps… (et SVI qui continue à développer sa plateforme: bravo!).

Mon retour sur 2006 et prédictions 2007, écrit pour le Lien Multimédia. Ce n’était pas trop mal comme analyse, je trouve… même si dix ans plus tard, bien des choses restent encore à concrétiser, autour du concept de cité éducative, et de ça, par exemple:

«J’aimerais beaucoup voir se développer au Québec un mouvement politique qui appuie son discours et ses méthodes sur la possibilité d’engager plus étroitement qu’auparavant les citoyens dans la vie politique et ce, non pas seulement au moment des élections, mais au quotidien. Et pas seulement pour consulter quand ça lui convient ou pour mobiliser après avoir pris une décision, mais dans un véritable processus démocratique.»

Et je retiens surtout ce court billet intitulé Parole, blog, cité, légitimité…, qui redirige vers un texte de Bruno Devauchelle, dont j’ai (heureusement!) pu retrouver le lien. C’est un texte qui rejoint remarquablement mes préoccupations actuelles — et dont l’écho, dix ans plus tard, lui donne un effet encore plus saisissant.

«Non ce n’est pas possible. Aurai-je déserté le web ? N’arriverai-je plus à trouver le chemin de l’écriture et du partage sur le web ? (…) il me faut revenir sur la tenue de ce blog et les questionnements qu’il soulève pour son auteur.»

«Ainsi je me laisse à penser que les blogs sont avant tout de formidables miroirs à devenir pour leurs auteurs.

«Non, décidément, écrire n’est pas un engagement sérieux. C’est un engagement intéressé (…) Si je prends droit à participer à la vie de la cité, c’est que j’y ai un intérêt qui vaut surement autant que celui des autres.»

Le commentaire au bas du texte mérite aussi qu’on s’y attarde. Extrait:

«Je ne sais où est la légitimité mais c’est une bonne réflexion car il est clair que le passage de l’autorité à la popularité et de la pertinence à l’influence s’établit au sein de la blogosphère.»

Cette relecture de mes archives m’a fait réaliser que j’avais perdu de vue Bruno depuis longtemps. Pourquoi? Je ne sais pas trop, sans doute essentiellement les aléas de l’attention.

Je retrouve son blogue  avec un immense plaisir. Ses textes sont toujours aussi riches (plus de 500 textes, depuis janvier 2005). Celui-ci, par exemple, sur l’importance croissante de l’image dans la culture, l’impact de cela sur notre rapport au temps — et ce que ça implique d’un point de vue éducatif.

Et hop! — un blogueur retrouvé! Ça me confirme l’intérêt de poursuivre l’exploration de mes archives dans les prochaines semaines.

AJOUT — Ça peut paraître incroyable… mais je réalise qu’en janvier 2007, le cousin CFD avait écrit 45 courts textes (!) sur son blogue. On y retrouve l’expression ce cher Clément, du vin gaspillé, la cible de prix pour les actions d’Apple était à 120$, Carl y allait de ses prédiction pour le MacWorld… et une fois le Keynote terminé se disait soufflé (c’était l’annonce du iPhone! — que Rogers annonçait pour bientôt). Il dénonçait aussi la censure des Têtes à claque dans certaines écoles — et on apprenait aussi cinq choses étonnante sur le CFD. On planifiait aussi une première rencontre des blogueurs de Québec. Bien d’autres choses aussi, que je vous laisse le soin de découvrir!

 

 

Picton

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Nos amis Nicolas et Andrée ont eu leurs enfants presque en même temps que nous. Trois eux aussi. J’avais croisé Nicolas un jour, un peu avant le dernier accouchement d’Andrée, et je lui avais dit: «la prochaine fois qu’on se verra, nous serons dix!». Et nous nous étions regardés, ébahis devant une idée qui restait à apprivoiser. Dix!

Et l’idée a évidemment on chemin et nos habiletés de parents aussi! Jusqu’à nous permettre de faire le projet de partir en vacances ensemble — à dix! Les enfants avaient peu près six ans, quatre ans et deux ans.

Nous avions réservé une grande maison pour accueillir nos deux jeunes familles. À Picton, dans Prince-Edward County, en Ontario. Une grande maison, avec un escalier étroit et abrupt qui était très impressionnant pour les enfants (pour les parents aussi, surtout avec un enfant dans les bras!). J’ai retrouvé la maison sur Homelidays: Sommerhaus (on voit l’escalier sur la photo 8 de 24). Chaque photo me ramène des souvenirs à l’esprit: les repas sur la terrasse, les batailles d’épées en mousse fabriquées par Nicolas, les soirées de jeux de société et les conversations de fin de soirée, à voies basses, pour ne pas risquer de réveiller les enfants fraîchement endormis.

La journée de plage à Sandbanks avait été fantastique. On en avait rapporté une magnifique photographie des deux grandes filles devant un immense bateau sculpté dans le sable. Mais ce sont nos promenades sur les rues principales des villages des environs qui me restent particulièrement en mémoire.

Je pense que c’est dans la boutique d’un artisan de Wellington que nous avons acheté l’oeuvre qui m’aura servi ce matin à faire remonter tous ces souvenirs à la surface.

Au centre, un moulage d’argile de fossiles typiques de ceux qu’on retrouve dans Prince Edward County. L’argile est émaillée, cuite, et posée sur une plaque d’argile non cuite.

Je n’ai pas (encore) retrouvé avec précision la boutique et/ou le nom de l’artiste, mais ça viendra peut-être — je l’espère!

NOTE: Ce texte est le huitième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Castelnaudary

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Nous y étions avec Marc et Marie-Ève pour une des dernières escales de notre remontée du Canal du midi en pénichette. C’était en 2007. De très beaux souvenirs!

Nous avons mangé du cassoulet dans un petit resto de Castelnaudary. Un délice. Si je me souviens bien, nous avons ensuite pris le dessert sur la péniche: une énorme tarte aux pommes que nous avions achetée à un éclusier un peu plus tôt dans la journée.

Et au terme du voyage, après avoir rendu l’embarcation, nous avons passé une journée à Toulouse, avant de prendre l’avion pour retourner à Paris.

Évidemment, cassoulet à nouveau! Cette fois sur la terrasse d’un restaurant dont les napperons présentaient la recette traditionnelle de Castelnaudary. J’en ai évidemment conservé un précieusement!

Je ressors ce napperon tous les 30 décembre au matin depuis notre retour à Québec, en 2008.

Pour m’assurer de ne rien manquer, faire les dernières emplettes, faire tremper les fèves toute une nuit, et préparer tout ça tranquillement dans l’après-midi du 31. C’est devenu l’élément central de la soirée du Nouvel An, que nous organisons chez nous chaque année, avec famille et amis. J’y ai déjà fait référence ici et .

J’ai d’ailleurs trouvé celui d’hier soir particulièrement bon. Je pense même que c’était le meilleur de la lignée.

NOTE: Ce texte est le septième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Bilan écriture 2016

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J’ai écrit l’an dernier que je souhaitais écrire plus en 2016 que je ne l’avais fait en 2015 — en dehors de mes obligations professionnelles, évidemment. Est-ce que ça a bien été le cas? Voyons voir.

  • J’ai écrit 111 textes sur mon blogue (83 en 2015).
  • J’ai pris des notes dans mon journal personnel 327 jours dans l’année (250 en 2015).
  • J’ai écrit au cours de cette période 594 notes dans mon journal (335 en 2015) — pour un total de presque 88000 mots (76000 en 2015).

J’ai aussi été beaucoup plus actif sur Facebook — où j’ai encore l’impression (après 10 ans!) de devoir continuellement chercher le bon équilibre entre la puissance de diffusion et le temps consacré à cet environnement terriblement prédateur d’attention. J’ai toutefois été presque absent de Twitter. Je ne sais pas trop pourquoi. Pourtant, je pense que je devrais y reconsacrer un peu plus de temps.

Je formule à nouveau l’objectif d’écrire plus en 2017 — et encore plus spontanément — qu’importe le sujet ou la longueur des textes: l’important c’est d’écrire. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux et celles qui réussissent à écrire tous les jours sur leur blogue, comme Jean Provencher, et Larry Hodgson, par exemple. Ne serait-ce que des textes parfois très courts.

Je réitère cet objectif parce que je sais que plus j’écris, mieux je me sens et plus j’ai l’impression d’avoir les idées claires. Ce qui ne sera certainement pas un luxe dans les prochains mois.

Je formule aussi le souhait que d’autres personnes (re)trouvent l’envie d’écrire un peu plus. Et pourquoi pas que l’année soit marquée par un retour en force des blogues? — ces lieux d’écriture tellement plus libres et plus durables que ne le sont les réseaux sociaux (Facebook étant particulièrement déplorable à cet égard).

Je pense même que je vais, pour encourager un peu le mouvement en ce sens, faire le plus souvent possible des commentaires ou partager des réflexions au bas de textes de blogues plutôt que sur Facebook ou sur d’autres espaces plus éphémères.

J’aimerais aussi de rebâtir quelques dialogues avec d’autres blogueurs, en s’interpellant d’un texte à l’autre, comme on le faisait si bien avant l’arrivée de Facebook.

Buenos Aires

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Nous avons visité l’Argentine en famille en 2012. La visite du marché de San Telmo, le dernier jour, a certainement été un des moments forts du voyage.

Nous avons eu quelques mésaventures, il faisait terriblement chaud, mais (ou à cause de ça?) l’ambiance était vraiment magique. Et nous avions aussi un rendez-vous très important avec la statue de Mafalda — personnage encore plus mythique pour Ana que pour moi!

Ana avait acheté une magnifique photographie de sifònes de toutes les couleurs — pour mettre bien en vue dans la maison. Mais nous l’avons malheureusement oubliée au moment du départ. Zut!

Heureusement, Laurent et Denise ont visité l’Argentine depuis ce temps et ils ont eu la gentillesse de nous expédier ce véritable sifòn. Il n’a pas encore tout à fait trouvé sa place dans la maison (mais comme on a prévu de refaire la cuisine en 2017, on n’en est pas très loin).

Le sifòn sert à gazéifier un liquide à la maison. Il a été inventé en Argentine en 1965 (la gravure sur le colet de notre bouteille en témoigne d’ailleurs). Il fait depuis ce temps partie des quelques icônes de l’Argentine. C’est l’ancêtre du SodaStream qu’on a vu partout dans les grands magasins au cours des derniers jours.

J’y vois aussi, comme Mafalda, un moyen de rêver — parce que, malgré les difficultés, je reste convaincu qu’en 2017, comme au début de l’ère spatiale, todo es posible!

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NOTE: Ce texte est le sixième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Port-au-Prince

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Nous recevions hier soir les amis Michel et Marie-Josée, que nous n’avions pas vus depuis l’été. Après les échanges de nouvelles (santé, projets, travail — et un peu de politique, mais si peu!) nous nous sommes mis à table. Au menu: boeuf du Bengale. Une recette que j’adore.

Au moment du dessert, Michel a sorti de son sac une rare bouteille de Barbancourt, 15 ans d’âge — un rhum impossible à trouver au Québec à moins d’avoir de très bons amis haïtiens. C’est un liquide certainement aussi magique que le piment d’Alep quand c’est le temps de voyager… virtuellement!

Dès la première gorgée: traboulidon! Port-au-Prince comme si nous y étions. Ou presque: pour ce que nous en connaissons, du moins. C’est à dire si peu (et pourtant!): des amis, des histoires, quelques romans, la voix Dany Laferrière.

Et ces mots de l’immortel, que j’avais inséré in extremis au début d’une présentation que j’avais faite à la SODEC le 14 janvier 2010, deux jours après le séisme qui a dévasté Haïti:

«Quand tout tombe, il reste la culture.(…) Il ne faut pas se laisser submerger par l’événement.»

Me revient aussi à l’esprit ce texte de Stanley Péan (né à Port-au-Prince, grandi à Jonquière — et engagé comme peu d’autres artistes dans la défense et le développement de la culture québécoise) qui m’avait beaucoup marqué à la même période: Kenbe, pa lage (Tenez bon, n’abandonnez pas!)

Et cet autre texte, où il évoquait, en novembre 2010, la responsabilité de l’ONU dans l’épidémie de choléra qui a suivi le tremblement de terre — responsabilité pour laquelle l’ONU vient d’ailleurs tout juste de s’excuser.

Tout le travail de Rodney Saint-Éloi avec Mémoire d’encrier, aussi.

Il n’y aura pas de Barbancourt à la table ce soir, mais il y aura une amie de longue date (plus de 25 ans, déjà!) qui a vécu à Port-au-Prince quelques années et qui vit maintenant en Suisse.

Le monde est vraiment petit… à croire qu’on pourrait le faire entrer dans une bouteille (de Barbancourt, sans doute!).

NOTE: Ce texte est le cinquième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Alep

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L’alimentation est aussi une très de belle façon de voyager — pour peu qu’on soit prêt à sortir des sentiers battus.

Il y a des saveurs qui peuvent nous ramener sur les lieux des voyages qu’on a particulièrement appréciés. Il y a aussi des recettes qui peuvent nous faire rêver à de nouvelles destinations — même (et peut-être surtout) celles qui nous sont les plus inaccessibles.

Et les épices sont les ingrédients magiques du voyage culinaire.

Le piment d’Alep, par exemple.

Il n’y a rien comme un craquelin recouvert de muhammara (recette) pour faire rêver à la Syrie — celle d’avant cette indescriptible guerre. Ça goûte tellement intensément la civilisation, la beauté et le raffinement. J’ai l’impression que ça redonne même un peu de couleurs aux terribles images qui nous proviennent d’Alep — pour emprunter les mots de Nicole Ferroni.

Et maintenant qu’Ana en a fait un classique de la maison, ce goût unique est aussi associé à de beaux souvenirs de moments passés avec famille et amis.

Que demander de plus en attendant de visiter, un jour, peut-être, une ville d’Alep reconstruite?

Il faut y rêver.

NOTE: Ce texte est le quatrième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

San Francisco

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Je suis allé une seule fois à San Francisco — quelques jours à peine. Je rêve d’y retourner.

Mais ce n’est pas moi qui ai rapporté cette bouteille. C’est mon cousin Carl-Frédéric qui me l’a offerte en cadeau (lui, c’est un habitué de San Francisco!).

Elle a été achetée au 826 Valencia, un lieu qui m’inspire depuis longtemps (j’y faisais référence ici, par exemple — voir aussi les infos sur Wikipédia). C’est aussi l’initiative qui est à l’origine du Labo des histoires, que dirige mon ami Philippe Robinet. L’idée de créer quelque chose de semblable à Québec mijote depuis plusieurs années… qui sait?

Dans la bouteille il y un ruban de papier, un petit crayon et, plus important encore, la possibilité d’un message.

Je me demande aujourd’hui: qu’est-ce que je pourrais bien écrire dessus?

Je prends le crayon et j’écris:

« Arrête de te poser des questions et écris! »

 

NOTE: Ce texte est le troisième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Sans terre

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J’ai passé deux séjours d’été au Camp Saint-François, à l’Île d’Orléans. Lors du premier (j’avais onze ans) les moniteurs avaient inventé une histoire pour nous faire peur. Il y avait, disaient-ils, des malfaiteurs dans la forêt de la Pointe d’Argentenay. C’est ce qui expliquait le bras fracturé d’un des responsables de groupe qui s’était apparemment aventuré un peu trop loin du camp après la tombée du jour.

Leur histoire a tellement fonctionné, la peur s’est tellement installée chez les campeurs, qu’il a finalement fallu qu’ils arrêtent tout ça quelques jours plus tard: certains enfants ne dormaient plus, complètement terrorisés. Ça a d’ailleurs été assez pour que ma soeur refuse de retourner au camp l’année suivante. Moi j’y suis retourné, mais je garde un souvenir intense de cette frousse et des lieux où je l’ai vécue.

***

C’est dans ce souvenir de peur que Marie-Ève Sévigny m’a replongé, pour mon plus grand plaisir grâce à un roman qui a pour toile de fond l’Île d’Orléans, et en particulier… la Pointe d’Argentenay!

J’avais acheté Sans terre dès sa sortie, en octobre, mais d’une chose à l’autre… j’en ai reporté plusieurs fois la lecture. Je m’y suis finalement plongé le 25 décembre et je l’ai fini hier après-midi.

Quel excellent polar! Que c’est bien écrit! Les personnages sont attachants, l’intrigue est super bien ficelée… ça se passe au Québec, ça fait réfléchir, souvent et habilement, sans pour autant se prendre trop au sérieux. Vraiment, un gros coup de coeur. Un roman intelligent qu’on lit avec beaucoup de plaisir.

J’ai adoré parcourir l’Île d’Orléans avec le Chef, comme j’avais aimé parcourir les Cantons-de-l’Est avec Gamache, Venise avec le Brunetti ou la Suède avec Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. Je croise donc les doigts pour que ce soit la première d’une longue série.

Je me dis que si la lente déliquescence politique du Québec peut servir de terreau à des histoires aussi passionnantes que Sans terre… ben, au moins, on n’aura pas tout perdu! Il nous restera toujours le plaisir de lire les polars de Marie-Ève Sévigny.

«J’avais beau hurler sur toutes les tribunes, personne ne me prenait au sérieux. Les médias ont besoin de faits divers pour fouiller les dossiers politiques, tu es bien placé pour le savoir.»

«[il] n’aurait jamais agi tant que cela aurait pu lui nuire. Il a attendu la retraite […] où il n’y a plus de prix à payer pour la liberté de parole […] Nous sommes rendus là […] il faut attendre la mort sociale pour défendre des principes.»

«Mettez Google entre les mains de Léonard de Vinci, et il vous règle le problème de la faim dans le monde. Ou se suicide.»

P.S. Ne manquez pas non plus les remerciements de l’auteure, à la dernière page du livre. Ils font pratiquement partie de l’histoire, je trouve. Ils s’offrent comme un élégant trait-d’union entre la fiction et la réalité.

***

Et en complément: j’ai regardé hier soir, avec Ana, la minisérie islandaise Hraunið (Meurtre au pied du volcan / The Lava Field) — en version originale, sous-titrée en français ou en anglais. J’ai trouvé que ça complétait vraiment très bien ma lecture de la journée…

New York

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Cette petite main orangée faite de porcelaine a trouvé sa place sur ma table de chevet. Je l’ai rapporté de New York à l’occasion d’un voyage en famille à l’été 2013.

Nous l’avions acheté chez Fishs Eddy, un petit magasin fantastique tout près de notre hôtel (pas facile de trouver une chambre pour une famille de cinq personnes à New York — celle que nous avions cette fois-là n’avait même pas de fenêtre! Ouch!).

Il y avait plusieurs mains de porcelaine comme celle-là de toutes les grosseurs et de toutes les couleurs dans la boutique. La vitrine qui donne sur la 19e rue en faisait même un étalage spectaculaire que j’avais d’ailleurs photographié. Elle avait été assemblée de cette façon en hommage à Trayvon Martin, assassiné quelques mois plus tôt.

Cette petite main levée vers le ciel (comme un appel à l’aide? une reddition?) me rappelle chaque fois que je la vois la difficile cohabitation de certains groupes de la société avec les forces de l’ordre. À New York comme ailleurs. Ici aussi.

***

La recherche que j’ai faite dans les archives de mon blogue pour écrire ce texte m’a permis de réaliser que j’ai publié 27 textes faisant référence à New York depuis septembre 2002. Je les ai survolés très rapidement et j’en retiens particulièrement celui-ci, qui a été écrit en plein Printemps Érable, et qui comporte de nombreuses similitudes avec mon état d’esprit actuel:

Il ne s’agit plus de s’en sortir | 9 juin 2012

Le relire me donne aussi un peu l’impression que le Québec fait du surplace (au mieux!) depuis cinq ans, mais bon… ça, c’est une autre histoire (ou pas, d’ailleurs!).

NOTE: Ce texte est le deuxième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

Zagreb

Je ne suis jamais allé en Croatie, mais je tiens beaucoup à ces deux petits personnages de bois peint. Ils ont toujours été accrochés à la poignée d’une porte d’armoire dans la cuisine depuis notre retour de France, il y a huit ans.

Nous avons habité presque trois ans à Paris, dans le XIIe arrondissement, tout près du Parc de Bercy. Pour nous rendre sur la rue Taine ou sur la rue de Charenton pour faire nos courses, nous devions contourner la petite église de la Place Lachambeaudie, puis passer sous les rails qui menaient à la Gare de Lyon.

Sous les rails, à l’abri de la pluie, il y avait généralement un ou deux groupes de SDF (sans domicile fixe). Le plus souvent des immigrants dont l’origine nous était inconnue. Et évidemment pas toujours les mêmes. Ils étaient étonnamment installés, disposants parfois même quelques meubles. Leur présence était tolérée (je me demande si c’est encore le cas aujourd’hui, et si elle le sera encore demain).

Au début de notre séjour, leur présence nous impressionnait évidemment beaucoup. Nous accélérions le pas à leur abord, sans trop les regarder.

Mais avec le temps nous nous sommes habitués à leur présence. Nous avons échangé quelques sourires et nous leur avons souhaité bonne journée. Nous leur avons parfois donné quelques pièces de monnaie et il m’est arrivé d’aller leur porter quelques fruits achetés spécialement pour eux.

Ce jour-là, nous savions que c’était une des dernières fois que nous passions près d’eux parce que nous nous préparions à revenir au Québec. C’était manifestement une famille qui était là, avec deux jeunes enfants et quelques adultes.

Nous avons glissé quelques pièces de monnaie dans la main de chacun de nos trois enfants, qui les ont déposées tour à tour dans la petite boîte de conserve qui était placée sur un petit meuble. Et nous avons poursuivi notre route en appréciant la chance que nous avions de vivre avec autant de confort.

À peine quelques pas plus loin, une voix nous a interpellés, dans une langue qui nous était inconnue. Une voix de femme, portée par l’écho du viaduc.

Nous nous sommes retournés et nous avons marché vers cette petite femme, souriante qui nous tendait la main.

Elle tenait à nous remercier en donnant aux enfants ce petit objet — qu’elle avait pourtant trouvé assez précieux pour l’apporter avec elle dans son pénible périple à travers l’Europe. Nos mains se sont touchées. Nous étions émus. Les enfants étaient tout sourire.

Nous ne sommes jamais allés à Zagreb mais cet objet est précieux dans l’histoire familiale. Il nous relie à toutes les personnes qui sont forcées de quitter leur pays et de chercher un nouvel endroit pour être heureux.

Il nous rappelle notre devoir de solidarité.

Mise à jour: Ana me rappelle que ce n’était pas tout à fait ça… C’était vraiment le dernier jour de notre séjour à Paris et nous venions de leur apporter le reste de notre garde-manger (farine, huile, fruits et légumes, etc.). Comme quoi, la mémoire… mais l’histoire n’en est pas moins belle!

 

NOTE: Ce texte est le premier de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

 

Le tour du monde

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À pareille date l’an dernier je venais de quitter mon emploi et je me préparais pour une année comme travailleur autonome (dont je suis très fier, un an plus tard). J’avais publié à cette occasion une série de textes sur les objets qui habitaient mon nouvel espace de travail.

«Je vais essayer d’écrire un court texte (presque) chaque jour pendant le temps des Fêtes pour présenter un objet qui se trouve à une longueur de bras de mon poste de travail dans ce nouvel espace. Ça me permettra aussi d’apprivoiser l’espace et d’en saisir les influences.»

Mon (nouveau) bureau | 20 décembre 2015

J’avais beaucoup aimé cet exercice d’écriture, très libre, qui amène à (re)découvrir des objets de notre environnement qui sont parfois devenus invisibles à force de les côtoyer au quotidien.

Je me relance donc cette année avec le projet de faire un tour du monde à partir d’objets qui sont parsemés dans la maison. Toutes sortes d’objets — petits et grands, babioles ou trésors, clichés ou plus hétéroclites.

Je n’ai pas encore fait de liste, mais mon regard sur mon environnement n’est déjà plus le même. Je sens que je vais bien m’amuser.

Les textes seront progressivement regroupés dans la catégorie Le tour du monde.

Huitième vendredi sandwich

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Je me suis accordé le droit d’un peu plus de sommeil ce matin. Quand je me suis réveillé, seul dans la maison, j’avais en tête une phrase:

«Pour que la résistance soit efficace, il faut être optimiste.»

Matinée relaxe, puis j’ai pris la route de l’Assemblée nationale pour un huitième vendredi — animé par cette phrase, qui va guider mes prochaines semaines.

Nous étions huit, dont un nouveau participant encore cette semaine. L’actualité avait été un peu plus calme dans les derniers jours alors nous avons discuté, de façon très détendue, pendant une petite demi-heure. La température était parfaite.

Nous avons reparlé du texte à venir — de son contenu et de la forme qu’il prendra. J’ai promis de transmettre une première version dans le groupe Facebook privé que nous partageons, d’ici jeudi prochain — pour que nous puissions échanger de premières réactions la semaine prochaine.

Le calendrier de publication se confirme aussi. Nous allons essayer de nous inviter dans la rentrée politique.

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.