Le train de 5h53


J’aime travailler dans le train. Surtout quand il fait beau, comme aujourd’hui. 

La lumière est magique si tôt le matin. Par la fenêtre, tout est brillant. C’est inspirant. 

Le fleuve était particulièrement beau. À l’étale. Un miroir. 

Ce subtil reflet des lumières dans la fenêtre, comme une empreinte qui révèle que je suis dans un train… même si j’avais choisi de ne pas monter les rails, bien sûr!  Et l’ombre, de ce côté du train, qui trahit la direction que j’empruntais ce matin. On pourrait aussi déduire du paysage l’heure approximative où j’ai pris la photo. Ça parle beaucoup une photo. 

J’arrive à Montréal. 

La journée peut (vraiment) commencer.

Autour d’Èva (et de Station F)


J’ai terminé hier soir la lecture de Autour d’Èva, de Louis Hamelin. Une remarquable fable sur le Québec contemporain, où d’intrigants hommes d’affaire en mènent large, où on se mobilise spontanément contre des projets (le plus souvent sans succès), et où, en définitive, on fait collectivement du surplace. Négatif, moi? Peut-être un peu… Mais j’ai beaucoup aimé le roman.

Comme dans La constellation du lynx, la galerie de personnages que nous offre Louis Hamelin est fascinante et les référence plus ou moins cryptées à l’histoire du Québec contemporain sont nombreuses. Bienvenue à Maldoror, en Abitibi. 

***

C’était l’inauguration de Station F à Paris la semaine dernière. Un immense espace consacré aux startups, tout près de la Bibliothèque nationale (et à quelques minutes de marche d’où nous avons habité, pendant trois ans, à Paris). TechCrunch y était.

On pourrait parler de ce gigantesque projet avec de nombreuses perspectives: ses ambitions, son financement, son architecture, les limites du modèle startup, sa dimension politique, européenne, etc. 

Mais le texte qui me semble le plus indispensable de lire au sujet de Station F, aujourd’hui, c’est celui de mon amie Virginie:

Le Dernier Arrivé dans l’Immeuble

C’est un texte parfait, profondément humaniste, qui parle de la ville qui évolue autour des projets de ceux qui y vivent. J’y ai découvert une très belle expression «l’urbanisme invisible du monde des réseaux». 

Dans son texte, Virginie nous parle de la ville qui doit éviter le piège du «tout contre», sans pour autant perdre de vue qu’il y a parfois (souvent) des victimes dans ses transformations, même les plus extraordinaires, même celles pour lesquelles le Président de la République s’invite à l’inauguration.

Le Dernier Arrivé Dans l’Immeuble aurait très bien pu être un personnage d’Autour d’Eva.

Voiture autonome: il faut plus d’enthousiasme!


Le Soleil de ce matin reprend des textes publiés hier dans La Presse au sujet du développement de la voiture autonome. On y sent bien l’effervescence des scientifiques, des programmeurs et du monde économique. Alors que du côté des pouvoirs publics, on sent plutôt une très grande prudence (on pourrait même dire une certaine réserve). Je pense que c’est une erreur.

Vu l’importance de l’automobile dans l’aménagement et le fonctionnement de nos villes, le fait que les voitures pourront bientôt être programmées (et accumuler de l’information et apprendre de leurs déplacements) dépasse largement le fait qu’elles seront éventuellement conduites sans intervention humaine directe. Le potentiel est bien plus grand: planification des déplacements, optimisation des flux de circulation, amélioration du rendement énergétique, diminution de la pollution, meilleur partage de la flotte automobile (notamment par le partage), etc. C’est une transformation en profondeur de notre rapport avec la ville et la façon de s’y déplacer qui se prépare. Et ce n’est en rien contradictoire avec l’amélioration des transports collectifs, bien au contraire!

Les pouvoirs publics doivent être des acteurs de premier rang dans cette révolution!

Et le Québec est extraordinairement bien placé pour pouvoir en profiter! Avec des expertises de pointe dans la visualisation, dans l’intelligence artificielle et dans les jeux vidéo (ben oui, quoi?). De l’électricité à profusion aussi (il en faudra, et pas que dans les véhicules, dans le mobilier urbain aussi, qui devra échanger continuellement avec les véhicules). Et même un environnement légal avant-gardiste!

Pourtant, dans la série d’articles de La Presse, un porte-parole du ministère des Transports du Québec indique qu’on est «vraiment en mode observation pour voir ce qui va se passer». Je l’ai dit le 9 janvier, et je le répète aujourd’hui: ce n’est pas la bonne attitude! Il ne faut pas laisser passer cette chance et restant de simples spectateurs.

Il faut bouger rapidement: le Québec doit prendre l’initiative — comme il l’a fait pour le jeu vidéo, il y a vingt ans, et pour l’intelligence artificielle, plus récemment.

Qu’est-ce ça peut vouloir dire, concrètement? J’évoquais quelques idées dans mon texte du 9 janvier.

Pourquoi bloguer (en 2002)?


En remontant encore un peu plus les archives (voir le texte précédent), je retrouve un texte publié en octobre 2002 par une des blogueuses les plus inspirantes de l’époque: Lilia Efimova.

Why Blogging?

Je le trouve encore extrêmement pertinent.

Ça vaut la peine de lire sa présentation de l’époque et l’explication qu’elle faisait alors de sa démarche de blogueuse.

Son blogue est maintenant ici: Mathemagenic

Je viens de m’y réabonner.

Il y a dix ans…


Je m’étais pris une note il y a quelques semaines pour me rappeler que ce serait intéressant de prendre du temps cet été pour explorer les archives de mon blogue (plus de 2000 textes, sur une quinzaine d’années).

Alors voilà… 

1er juillet, fin d’après-midi: je décide de plonger pour aller voir ce que j’avais bien pu publier en juillet 2007. 

Et là, bam! Ça me frappe en plein visage! Les thèmes… si semblables!

Et pourtant, le contexte était terriblement différent: j’habitais en France, avec la famille. Facebook n’était ouvert à tous que depuis quelques mois. Le iPhone n’existait que depuis trois jours — on était encore très loin du iPad! 

J’ai publié quatre textes en juillet 2007:

Le premier pour évoquer les enjeux que les réseaux sociaux allaient représenter, en particulier dans un contexte éducatif.

Le deuxième pour présenter une courte vidéo destinée à projeter les éditeurs dans le futur et stimuler l’innovation. On y voit quelque chose comme un iPad.

Le troisième pour m’inquiéter de certains mécanismes à l’œuvre derrière Facebook (fascinant de relire avec le recul: je pense que c’était à la fois juste et candide). Et les commentaires qui suivent sont aussi intéressantes que le texte.

Le dernier texte pour me réjouir d’être bientôt en vacances et de pouvoir prendre un peu de temps pour lire et réfléchir sur l’éducation.

    Dix ans.

    C’était une autre époque.

    C’était il y a très longtemps. 

    Ou si peu. 

    Je ne le sais plus très bien…

    Ce qui me manque sans Facebook


    Je l’ai évoqué il y a quelques jours: j’ai décidé de prendre une pause de Facebook cet été. Essentiellement parce que je sentais le besoin de rompre avec l’incessante instantanéité qui était en train de bouffer toute mon attention. La pause m’offre aussi l’occasion de réfléchir à la place que Facebook occupe dans mon espace intellectuel.

    Après une semaine, pas de doute: ça me fait déjà beaucoup de bien!

    Je suis toutefois surpris de constater que ce qui me manque le plus, ce n’est pas l’actualité du réseau. Je ne souffre pas du tout de la peur de manquer quelque chose. Ce qui me manque, c’est un moyen efficace pour partager des trouvailles: des plaisirs de lectures, des phrases particulièrement bien tournées ou, parfois, des aberrations. 

    Hier, par exemple, quand j’ai terminé la lecture de cet texte incroyable du New Yorker au sujet du National Enquirer et de son président, David Pecker. Je me suis retrouvé bien désemparé: comment partager efficacement mon enthousiasme pour le texte sans utiliser Facebook?

    Même chose en lisant cet invraisemblable (indécent) euphémisme au sujet de la condition des communatés autochtones, dans le projet de nouvelle Politique culturelle:

    «Depuis l’adoption par l’Assemblée nationale d’une motion sur la reconnaissance de ces nations et de leurs droits, en 1985, le gouvernement du Québec a mis en oeuvre une série de mesures favorisant leur développement et leur épanouissement.

    Pourtant, encore aujourd’hui, il existe des secteurs où des progrès sont possibles (…)»

    Ou, de façon un peu plus banale, en lisant l’amusante phrase par laquelle se termine cette entrevue avec l’écrivain-camionneur Jean-François Caron, dans Le Devoir de ce matin:

    «Pis, t’sais, maîtriser une machine de cette grosseur-là, c’est grisant. Il y a un p’tit gars content qui se réveille dans ma tête chaque fois que je réussis à reculer ça dans un recoin serré.»

    Lire dans l’isolement, c’est pas mal moins l’fun!

    Bien sûr, il y a le blogue… mais ça reste insatisfaisant pour partager rapidement des choses simples — sans devoir forcément le mettre en contexte.

    En résumé, mon premier constat résultat de la pause Facebook

    L’habitude «d’aller lire ce qui se passe sur Facebook» me manque beaucoup moins que «la capacité de partager rapidement quelque chose avec mon réseau» (et, de la même façon, savoir ce que les gens lisent ou apprécient — beaucoup plus que ce qu’ils font ou ce qu’ils pensent de ceci ou de cela).

    Et la conclusion que je tire de ce constat: 

    Il faudra vraisemblablement que je retisse un peu différemment mon univers Facebook après l’été, de manière à ce qu’il me permette de partager spontanément et qu’il guide ma pensée vers de belles choses et des réflexions constructives — dans me laisser envahir par le brouhaha de l’instant et les plus récentes polémiques. 

    Beau défi en perspective!

    Paralysie


    Lu dans Le Soleil, ce matin:

    «Nous sommes dans une ère politique marquée par la paralysie partisane» — Michael Bloomberg

    Ça résume bien mon état d’esprit par les temps qui courent. Et mon inquiétude. Parce qu’il reste peu de temps pour trouver une issue à cette impasse d’ici les élections de 2018.

    Une chose m’apparaît évidente: ce n’est pas dans une surenchère de partisanerie, ou en polarisant inutilement les défis auxquels le Québec est confronté, que nous allons pouvoir changer la dynamique politique actuelle. C’est aussi une des raisons qui m’a amené à quitter Facebook pour l’été — pour m’éloigner des excès partisans et essayer de réfléchir autrement.

    Les partis politiques servent bien sûr à quelque chose — ils sont peut-être même plus indispensables que jamais si on veut échapper aux écueils du chacun pour soi. Sauf que pour rester pertinents, ils vont devoir se renouveler — ou à renouveler leurs façons d’agir.

    Il est fort probable que les partis qui ne le réaliseront pas à temps subiront le même sort que le Parti socialiste et Les Républicains, en France. 

    Je crois encore que le changement d’approche est possible. Et je continue d’y travailler… mais le temps presse!

    Aussi, à ce sujet:

    Et je m’arrête là dans la remontée des archives pour aujourd’hui, mais j’ai retrouvé dans les derniers jours des textes dans le même esprit aussi loin qu’en 2004… 

    J’ai fait le pari depuis dix ans de me retrousser les manches et de plonger au coeur du système pour essayer de contribuer à le changer un peu. Je ne regrette pas et je continue… mais le moment est probablement venu de m’interroger: est-ce que  mes efforts ont porté fruit? À la hauteur de l’énergie que j’y ai consacré? Et est-ce qu’il est réaliste d’espérer faire davantage? 

    Vacances (ou presque)


    Je ne suis pas encore en vacances. Reste quelques semaines de travail (et beaucoup de boulot à abattre!) avant d’être officiellement rendu là.

    Sauf  qu’être en vacances, ce n’est pas seulement «ne pas travailler». C’est aussi un état d’esprit recherché… et comme on ne peut pas trouver instantanément cet état d’esprit, autant s’y préparer un peu à l’avance.

    C’est avec ça en tête que j’ai décidé plus tôt aujourd’hui de faire une pause de Facebook — pour tout l’été. Je vais probablement aussi consacrer un peu moins de temps à l’actualité, pour prendre le temps de lire des textes un peu moins directement liés au moment présent. Pour prendre un peu de recul. Penser à d’autres choses. J’en ai bien besoin (je pense aussi qu’on en aurait collectivement besoin… mais ça, c’est une autre histoire!).

    Alors, progressivement, à partir des prochains jours: lire et écrire… de tout et de rien. Pour le plaisir. Pour m’aérer l’esprit. Pour faire faire une autre forme de gymnastique à la matière grise.

    Il ne faudra donc pas se surprendre de trouver toutes sortes de choses (ou rien du tout!) sur ce blogue au cours des prochaines semaines. Ce sera selon l’inspiration (ou pas!).

    Bon été!

    Les archives familiales

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    Au hasard d’une conversation ce matin, Ana et moi sommes replongés dans les archives numériques de la famille. Nous avons très vite constaté qu’il devenait indispensable faire une cartographie de tout ça pour être en mesure d’identifier ce dont on dispose et où le trouver.

    Premières notes

    Nous avons commencé par tenter d’identifier où trouver l’information sur les souvenirs de voyage.

    Concernant les photos:

    2016 et 2017: les photos sont surtout sur les ordinateurs et iPhone de chacun des membres de la famille.

    2010 à 2016: les photos surtout dans iPhoto sur le iMac familial (2008), trop lent pour donner envie de les consulter (ou même de vérifier l’état des lieux).

    2006 à 2010: les photos sont sur des dizaines de cédéroms plus ou moins identifiés (et possiblement sur le iMac, mais il faudrait nous en assurer).

    Avant 2006: nous n’avons vraiment pas grand-chose — le plus souvent dans des dossiers plus ou moins identifiés sur le iMac familial.

    La chronologie est à peu près le seul classement de toutes ces photos.

    Concrètement, si on souhaitait retrouver rapidement quelques photos d’un voyage en particulier, ce serait relativement rapide pour les deux dernières années, plus compliqué jusqu’en deux 2010, très compliqué jusqu’en 2006 et presque impossible avant ça.

    Concernant les textes:

    J’ai depuis longtemps l’habitude de tenir un journal de voyage pour partager le plaisir avec les parents et quelques amis.

    Septembre 2012 à aujourd’hui: j’ai tous les textes de ce type bien organisés dans le journal personnel que je tiens dans l’application DayOne — jour après jour, pour chaque voyage.

    Juillet 2007 à septembre 2012: c’est Gmail qui se trouve à être la meilleure source pour retrouver les textes. C’est parfois un peu ardu, mais on y arrive.

    Avant que j’adopte Gmail à l’été 2007… c’est quasiment impossible de retrouver quoi que ce soit.

    Ana a aussi écrit un journal parisien pendant notre séjour de presque trois ans en France. Dans ce cas:

    Juillet 2007 à l’été 2008: les textes étaient publiés sur un blogue TypePad privé pour lequel nous avons toujours accès aux archives.

    2006 et début 2007: on a retrouvé un dossier avec des versions pdf des courriels qu’Ana avait envoyés à la famille.

    ***

    Je me doutais bien que l’achat du premier appareil photo numérique marquerait une étape clé dans la conservation des archives photographiques de la famille (et que les iPod et iPhone n’ont fait qu’accentuer).

    Ce qui m’a toutefois surpris ce matin, c’est à quel point l’adoption de Gmail marque une frontière semblable pour la conservation des archives textuelles de la famille — du moins pour ce qui concerne les récits de voyage.

    Comme quoi les premiers gestes de confiance dans «le cloud» ont changé, même imperceptiblement, bien des choses.

    ***

    Au regard de tout ça, j’ai pris la résolution de pallier à ce fouillis au cours des prochains mois. On va s’équiper pour organiser nos archives de manière à pouvoir y accéder de façon efficace et, surtout, pour ne pas perdre des choses précieuses par simple négligence.

    Solutions à l’étude…

    Vous avez déjà réfléchi à cette question? Ça m’intéresse…

    L’appel du changement


    Hier, Gabriel Nadeau-Dubois a dit, parlant de Québec Solidaire: «nous sommes prêts à former un gouvernement». 

    Une amie a rapidement réagi: «Hey boy. Les deux pieds sur terre, toi.»

    Une autre a nuancé: «Au moins ils savent rêver. (…) C’est pas mal plus que les autres partis font». 

    Je trouve que c’est une belle occasion de suggérer une distinction entre «savoir rêver» et «être inspirant».

    De mon point de vue, ce n’est pas tant de rêves qu’il manque dans la politique québécoise, mais bien de projets inspirants. 

    Des projets qui font rêver c’est bien, certes, mais des projets qu’on peut croire possibles, réellement, à plus ou moins court terme, c’est encore mieux. Et c’est ce qu’une majorité de gens souhaitent, et attendent, de plus en plus impatiemment.

    Ce qu’il nous manque, ce sont des projets concrets, pour lesquels ont peut avoir le goût de se retrousser les manches. Des projets  qu’on peut croire possibles de se réaliser au lendemain d’une élection.

    Des projets qui valent qu’on se mobilise pour leur réalisation. Des projets assez stimulants pour qu’on soit motivé à aller voter, et pour qu’on ait envie d’inciter nos parents, nos amis, nos collègues à faire de même. 

    Des projets qui pourraient véritablement changer quelque chose.

    ***

    Un peu partout en occident, un nombre croissant de personnes jugent que la dynamique politique actuelle est une impasse. Le Québec ne fait pas exception.

    Dans ce contexte, ce n’est pas celui qui propose l’idéal le plus noble qui est le plus susceptible de gagner les élections, c’est plutôt celui qui propose le changement le plus plausible.

    On l’a vu avec les partisans du Brexit, avec Trump, avec Macron, et même Trudeau, d’une certaine façon. Ils ont tous bâti leur succès sur ce genre de dynamique.

    Le changement proposé doit être important, concret et plausible toutefois… pas seulement une série d’ajustements aux politiques en vigueur. Autrement, les électeurs préfèrent généralement le statu quo.

    Pour le moment, je ne vois aucun des partis présents à l’Assemblée nationale s’inscrire dans ce genre de dynamique en prévision de l’élection de 2018. Et de mon point de vue, c’est à ça que le Parti Québécois doit travailler, seulement à ça.

    Autrement, ça aura pour effet de laisser la voie libre au Libéraux… ou à quelqu’un qui sortira éventuellement de nulle part pour saisir l’opportunité et venir bouleverser l’échiquier politique de fond en comble.

    Un autre sandwich


    C’était encore du beau temps vendredi dernier pour le rendez-vous sandwich. Le petit groupe était toujours là pour échanger et réfléchir sur la semaine politique et tenter d’identifier des pistes d’action pour combattre le cynisme. 

    Nous avons convenu d’essayer d’accélérer un peu l’écriture des courts textes évoqués la semaine dernière (pourquoi participer à ce rendez-vous hebdomadaire?) et nous avons aussi décidé d’écrire au Président de l’Assemblée nationale pour l’inviter à venir manger un sandwich avec nous. 

    Nous nous étions réjouis de la mise en garde contre les excès de partisanerie qu’il a adressée aux parlementaires il y a quelques jours. Nous nous sommes dit que ce serait une bonne idée d’en parler avec lui. Nous avons pensé que notre démarche pourrait également l’intéresser. 

    J’ai donc pris la responsabilité de lui écrire dans les prochains jours.

    ***

    Je réfléchis par ailleurs sur une façon d’introduire une bonne dose de nos échanges du vendredi midi dans la réflexion sur les orientations / la réorientation du Parti Québécois suite au refus de Québec Solidaire. Ça me semble plus que jamais nécessaire. 

    Et je me dis que le conseil national spécial du 11 juin pourrait être une bonne occasion pour le faire.

    Un sandwich à la fois

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    La réflexion continue, des textes en cours de rédaction… et peut-être un projet en gestation!

    Le retour du beau temps rend les rendez-vous sandwich du vendredi encore plus agréable. Trente minutes chaque semaine pour réfléchir sur l’état de notre démocratie et sur les pistes pour l’améliorer, ce n’est certainement pas trop — surtout quand il fait beau!

    Le vendredi 5 mai, comme hier (28e rencontre, je crois), nous avons pu échanger des réflexions sur l’élection présidentielle française et l’illustration qu’elle offre de comment le contexte politique peut parfois changer très rapidement. Nous avons aussi discuté de la réflexion de Jacques Chagnon au sujet de la surpartisanerie à l’Assemblée nationale. Une intervention dont nous nous sommes évidemment réjouis.

    Le texte de Jean-Marc Salvet dans Le Soleil de ce matin aurait aussi bien pu alimenter nos échanges.

    ***

    Les participants poursuivent chacun de leur côté la rédaction d’un texte qui exprime, de façon très personnelle, leur motivation à participer à notre rendez-vous hebdomadaire. Nous les regrouperons éventuellement dans une publication dont la forme reste à définir.

    Nous envisageons aussi un texte collectif appelant les «partis d’opposition» à délaisser un peu le rôle de critique de l’action du gouvernement et à consacrer plus de temps à formuler et expliquer leur proposition pour améliorer le Québec. L’angle précis reste à trouver, mais l’idée est là.

    ***

    Autre idée qui est apparue la semaine dernière, inspirée de cette initiative française: mettre en place dans les prochains mois un site Web qui permettrait aux citoyens québécois d’expliquer leur choix lors de la prochaine élection.

    On part de l’hypothèse que de nombreux citoyens risque de faire le choix d’un vote stratégique en octobre 2018, mais qu’ils aimeraient que la personne qu’ils vont contribuer à élire, sache qu’ils n’ont pas voté pour son programme, mais plutôt contre le programme de celui de la personne qu’ils désiraient voir perdre l’élection.

    Le principe serait assez simple:

    La personne va s’inscrire sur le site, indique qu’elle est une électrice de la circonscription XYZ, qu’elle a voté pour Untel, mais qu’elle souhaite lui faire savoir qu’elle l’a fait de façon stratégique et qu’il doit savoir qu’elle n’appuie pas certains aspects de son programme. Elle peut ajouter un mot sur ce qui est important pour elle et qu’elle souhaite qu’il garde à l’esprit tout au cours de son mandat.

    Le système enverrait automatiquement une synthèse de ces commentaires à chaque élu après l’élection (avec ou sans les noms de chacun des électeurs participants — à leur choix).

    Un document synthèse serait aussi produit, publiquement, indiquant les circonscriptions où un député aura été élu avec une majorité inférieure aux nombres de votes enregistrés par le système — et où, par conséquent, les élus devraient être particulièrement humbles/prudents dans leur façon de se comporter de façon partisane au cours de leur mandat.

    Est-ce que c’est une idée à laquelle certains de mes lecteurs pourraient être intéressés à collaborer?

    À suivre…

    Un enjeu prioritaire

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    Une alliance circonstancielle du PQ, de la CAQ et de QS? Certainement! Pourquoi pas?

    Je serai bref, parce que je suis particulièrement occupé par les temps qui courent. Mais je ne peux pas m’empêcher de souligner une amusante coïncidence.

    Premier élément de la coïncidence: Facebook me rappelait ce matin que je publiais l’année dernière à pareille date un texte intitulé Se définir par l’audace dans lequel j’abordais certains défis auxquels le Parti Québécois est confronté.

    J’y citais notamment un ami qui m’avait dit:

    «Ce n’est pas la question nationale qui renouvellera la façon de faire de la politique, c’est une nouvelle façon de faire de la politique qui va renouveler la question nationale.»

    Trois jours plus tard, je précisais d’ailleurs certaines idées dans un autre texte. Extrait:

    «Le parti devrait s’engager formellement à ce que le système uninominal à un tour soit abandonné dès un premier mandat. Que l’élection de 2018 soit la dernière dans ce système. Et pour être crédible, il faut proposer sans tarder une démarche limpide en ce sens.»

    Deuxième élément de la coïncidence, je lis ce matin dans Le Journal de Montréal, sous la plume de Joseph Facal, un texte qui va dans le même sens, mais de façon encore plus concrète: Sortie de secours. Extrait:

    «Une seule chose les unit réellement [le PQ, la CAQ et QS]: leur désir commun de changer le mode de scrutin, authentique verrou qui empêche le désir de changement de se matérialiser.

    C’est leur seul dénominateur commun, mais c’est l’essentiel si on veut faire sauter ce verrou. […]

    Mais si les trois s’unissent, le temps d’une seule campagne électorale, avec l’unique engagement de changer le mode de scrutin, et qu’ils obtiennent une majorité de sièges, ça devient possible: le verrou peut sauter.»

    Troisième élément de la coïncidence: l’exécutif du Parti Québécois de La Prairie va dans le même sens, ce matin même, sur sa page Facebook.

    ***

    Voilà une idée très intéressante à mon avis. Je pense qu’on doit s’y pencher sérieusement. Et y voir un scénario plausible.

    Ça va dans le sens de mes souhaits d’il y a un an en tout cas: il faut sortir des sentiers battus. Plus qu’on l’a fait jusqu’à présent. Parce que c’est plus que jamais nécessaire.

    Qu’en pensez-vous?

    La loi 101 au cégep?

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    Je me réjouis que les congrès régionaux du Parti Québécois s’amorcent et que le débat s’anime enfin — même si j’aimerais mieux qu’il commence sur d’autres bases que ce que nous rapporte le Journal de Montréal ce matin:

    Plaidoyer pour la loi 101 au cégep

    Je m’oppose personnellement à cette proposition. Et ce n’est pas parce qu’elle serait trop controversée, comme le suggère l’article. C’est parce qu’elle incarne deux choses que je souhaite depuis longtemps voir disparaître des réflexes du Parti Québécois:

    • La tentation des solutions mur à mur;
    • Offrir l’apparence d’une revanche sur le passé.

    Est-ce qu’on peut reconnaître une fois pour toutes que la situation linguistique est radicalement différente à Montréal qu’ailleurs au Québec? Et imaginer, en conséquence, des réponses adaptées à la réalité de chaque région? Je pense que notre action serait beaucoup plus efficace.

    Je suis en faveur d’une distribution accrue des pouvoirs vers les régions. Et quand ce n’est pas possible, je pense que le gouvernement du Québec doit privilégier des solutions asymétriques, qui tiennent compte des spécificités de chaque région. Le dossier linguistique n’en est qu’un exemple.

    Je plaide pour que le Parti Québécois ait le programme le plus décentralisateur de tous ceux qui seront offerts aux Québécois lors de la prochaine élection.

    Telle que présentée, la proposition d’appliquer de la loi 101 au cégep ne va pas dans cette direction.

    Je pense qu’il faut aussi éviter de définir notre projet politique dans des termes qui donnent l’impression que nous souhaitons prendre une revanche sur le passé.

    Évidemment pas parce qu’il faut renoncer aux batailles entreprises dans le passé, mais bien parce qu’il est indispensable de faire la démonstration que nous sommes capables d’actualiser notre lecture des défis auxquels la société québécoise est confrontée et de proposer des façons innovatrices pour y répondre.

    Si on se présente à l’élection en s’exposant à la perception que nous sommes un parti qui puise dans les solutions du passé pour aborder les défis du Québec d’aujourd’hui et de demain, nous n’aurons pas les résultats espérés. Il faut sortir des sentiers battus.

    Telle que présentée, la proposition d’appliquer de la loi 101 au cégep ne va pas dans cette direction.

     

     

    Approfondir

    Nous avions une nouvelle participante pour le rendez-vous sandwich ce midi. Et elle avait apporté de la soupe: scandale! (un sandwich aussi, heureusement!). Il y avait deux revenants aussi, qui n’étaient pas venus depuis longtemps et que ça nous a fait plaisir de retrouver. Au total: sept personnes… à discuter joyeusement sous une petite bruine printanière

    Nous nous sommes demandé si ça avait été une bonne semaine pour ceux et celles qui tentent de combattre le cynisme. Les avis étaient partagés. Mais d’en parler et de confronter nos points de vue pour rester constructifs, ça aide!

    Nous sommes aussi revenus sur les échanges de la semaine dernière et le besoin de poser bientôt un autre geste concret (après la lettre de l’hiver) afin de compléter notre présence symbolique devant l’Assemblée nationale — et approfondir un peu la réflexion.

    La piste que nous avons explorée consiste à écrire, chacun de notre côté, un court texte pour témoigner de notre état d’esprit: pourquoi on participe au rendez-vous sandwich, ce qui alimente notre cynisme ou notre indignation, et ce qui, à l’inverse, contribue à nous donner espoir.

    On projette de faire éventuellement un recueil de ces textes.

    On a aussi évoqué de compléter ces textes par quelque chose dont la forme pourrait s’approcher d’un manifeste. Vraisemblablement pour appeler les «partis d’opposition» à délaisser (ou moins pour quelques mois) leur travail de critique de l’action du gouvernement afin de consacrer plus de temps à décrire leur vision du Québec et à formuler des propositions concrètes pour aller dans ce sens.

    Nous étions tous d’accord: ce n’est pas dans la critique de l’action du gouvernement que réside le potentiel de changement / de renouvellement du discours politique au Québec. C’est plutôt dans des propositions plus affirmées, plus clairement formulées, plus inspirantes.

    Et c’est dans cette direction-là qu’on va travailler dans les prochaines semaines.

    N’hésitez pas à vous joindre à nous vendredi prochain!