Conseil national — 3

J’ai pris part ce midi au dîner des présidents régionaux en compagnie du nouveau chef du parti. C’est un moment que je trouve chaque fois particulièrement précieux parce qu’il nous permet de prendre le pouls rapidement de la situation politique partout au Québec. Cette édition était particulièrement bonne: positive et stimulante.

Tout le monde semble recevoir la proposition principale avec enthousiasme. J’ai vraiment senti que tout le monde avait hâte d’entreprendre les débats qu’elle va évidemment provoquer — convaincus qu’on en sortira renforcé.

***

En après-midi, les participants étaient regroupés dans quatre ateliers. J’ai participé à l’atelier sur la communication et les médias sociaux.

J’ai beaucoup apprécié ce qui a été présenté: du concret, des idées, des exemples. Le message essentiel est simple: c’est plus indispensable que jamais de sortir de notre bulle — sur les réseaux sociaux, bien sûr!, mais aussi dans la réalité de chacune des circonscriptions. Ça peut avoir l’air évident… et pourtant! Et c’est là que le changement de ton auquel nous invite Jean-François Lisée (j’y faisais référence ce matin) peut faire toute la différence.

Je ne partagerai évidemment pas les trucs, outils et suggestions qui ont été présentés, mais je les évoque quand même ici pour que les militants qui n’ont pas pu participer à l’atelier sachent qu’ils existent et fassent le nécessaire pour les obtenir.

***

Une des réflexions que je me suis faite cet après-midi concerne la manière dont on parle des jeunes.

Je l’ai déjà évoqué dans les derniers mois, mais je crois qu’il n’est pas inutile de le rappeler:

C’est un piège d’évoquer les jeunes — comme si c’était un groupe homogène. On tombe encore trop souvent dans ce piège.

Il ne faut jamais perdre de vue que le groupe des 16 à 35 ans est (au moins) aussi diversifié que celui des 36 à 55 ans, par exemple.

Si on veut entrer en contact avec des jeunes, il va falloir apprendre à s’intéresser de façon beaucoup plus précise à ce qui les intéresse, à leurs aspirations et à ce qui les distingue des plus vieux, mais aussi d’autres jeunes de leur âge.

***

Ça va être tout pour le partage de mes notes et de mes réflexions de la première journée du Conseil national.

La suite demain.

Voir aussi: 

Et peut-être aussi:

 

Conseil national — 2

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La première demi-journée du Conseil national du Parti Québécois a été consacrée à différents rapports d’activités (leader parlementaire, président du parti, etc.), à un premier discours du chef (essentiellement destiné aux membres), à la présentation de la proposition principale, ainsi qu’à un projet de révision des statuts du parti. Je partage de quelques notes.

Sur les rapports d’activités:

Il nous faut plus d’interventions enjouées comme celle de Mathieu Traversy. Parce que je suis convaincu que le plaisir est indispensable pour que tout projet soit couronné de succès (et peut-être encore plus en politique).

Je pense que rire ensemble c’est déjà faire un pas dans la bonne direction.

Sur le discours du chef (quelques citations, de façon approximative):

«…nous devrons être clairs, nets et constants.»

«Il faut privilégier les gestes efficaces et rassembleurs.»

«Il ne faut pas hésiter à aller là où on ne nous attend pas.»

«Nous devons être convaincus et convaincants, mais pas fermés; jamais rancuniers.»

«Il faut éviter d’en faire trop sur les réseaux sociaux… ne pas perdre de temps avec les gens que nous savons qu’il est impossible de convaincre.»

«Il faut être nous-mêmes, fiers, sans être abrasifs.»

«Il faut accepter que nous ne serons pas toujours d’accord sur tout… qu’on ne va pas tous au même rythme, et que ce qui est important c’est d’aller tous dans la même direction.»

Sur la présentation de la proposition principale:

Je reçois avec un très grand enthousiasme le document qui nous a été présenté.

J’aurai évidemment l’occasion d’en reparler abondamment dans les prochaines semaines.

D’ici là, si vous désirez pour en prendre connaissance, c’est ici, en format pdf, ou ici — en version Web, dans une plateforme qui nous permettra d’en débattre, de façon très ouverte, avec tous les Québécois, en parallèle des différentes étapes plus formelles qui doivent nous guider vers le XVIIe congrès national.

La révision des statuts, c’est pas mal de la poutine interne… pas de notes à partager ici.

Voir aussi: 

 

Conseil national — 1

Je participe cette fin de semaine au Conseil national du Parti Québécois. Une rencontre importante au cours de laquelle la proposition principale sera présentée aux militants.

La proposition principale, c’est l’embryon du prochain programme. C’est le document de base, à partir duquel nous allons débattre pendant huit mois — dans des congrès locaux, des congrès régionaux, et finalement au congrès national, à la fin du mois de septembre.

Nous n’allons pas débattre formellement du document et des propositions qu’il contient cette fin de semaine. Nous allons simplement en prendre connaissance et partager nos premières impressions.

Certaines personnes se précipiteront évidemment devant les micros des journalistes pour donner leur avis sur telle ou telle proposition formulée par le nouveau chef. Ce seront probablement les personnes les plus connues, les figures les plus traditionnellement associées au parti. Ils voudront donner un spin sur la proposition. Ça fait partie du jeu.

Mais il ne faudra pas trop porter attention à ces spins. Il sera préférable de s’intéresser aux autres points de vue, probablement plus nuancés, qui s’exprimeront vraisemblablement au cours des prochaines semaines.

Il faudra s’intéresser particulièrement aux débats que les jeunes nous inviteront à faire au sein du parti. Parce qu’on va débattre, ça c’est sûr (et on est bon là-dedans!). C’est même précisément ça l’objectif des prochaines semaines et des prochains mois!

Je suis convaincu qu’une grande majorité des membres du Parti Québécois ont envie qu’on aborde les choses autrement au cours des prochaines années. Ils souhaitent que le parti adopte de nouvelles perspectives et qu’il évite de se laisser guider par les réflexes et les stratégies qui nous ont maintenu dans l’opposition depuis beaucoup trop longtemps.

Il va falloir, pour ça, se méfier de toutes les interventions qui nous sembleront guidées par la peur — de tout, de rien, qu’importe.

Il va falloir se faire confiance et innover.

Voir aussi: 

Trump et les médias

Scénario purement imaginaire:

  • Les médias institutionnels n’aiment pas Donald Trump: il est beaucoup trop indépendant à leur goût. Ils n’apprécient évidemment pas son mépris… ni le fait que son audience sur Twitter est beaucoup plus importante que le public de la plupart d’entre eux.
  • Donald Trump n’aime pas les médias: ils ne sont pas assez manipulables à son goût — ils n’acceptent pas de diffuser docilement son message.
  • Dans sa première conférence de presse officielle, il semonce publiquement un des médias les plus symboliques des États-Unis: «I will not anwser your question, you are fake news.»
  • De nombreux médias mettent la citation de Trump à la une de leur site Web et s’empressent de la diffuser sur les réseaux sociaux. Les partages se multiplient. Le message passe.
  • De nombreux journalistes, offusqués, s’empressent de partager la une de leur employeur sur Facebook et sur Twitter, accompagée d’un petit mot du genre «Quel con!». Le message continue de circuler…

Résultat:

  • Les médias s’indignent contre Trump mais participent à la diffusion de son message.
    Les journalistes sont outrés du mépris de Trump pour leur profession, mais prennent l’initiative de diffuser eux mêmes son message dans leurs réseaux sociaux.
  • En ouvrant Facebook et Twitter, des millions de personnes voient les noms des médias les plus réputés des États-Unis associés à «fake news». Des décennies de crédibilité s’effritent lentement mais sûrement.
  • Donald Trump est mort de rire. Il n’en demandait pas tant.

Conclusion:

  • On a clairement pas fini de tirer des leçons de ce qui s’est passé lors de la campagne présidentielle aux États-Unis.

L’optimisme, un geste à la fois

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Je le disais hier, je pense qu’il faut choisir d’adopter une attitude optimiste devant la situation sociale et politique. Ne pas se laisser abattre, résister au cynisme.

Ça ne veut évidemment pas dire de se mettre des lunettes roses et de se mettre à croire aux licornes — au contraire. Ce n’est pas nier la réalité. C’est, au contraire, un combat constant avec la réalité telle qu’elle se présente — tel qu’on tente de nous la présenter.

Je pense que ça commence par refuser l’idée «qu’on y peut rien». C’est miser sur le fait qu’on peut avoir une influence sur la situation — que l’engagement n’est pas vain. C’est croire que l’innovation est une force positive. C’est réitérer tous les jours sa conviction que ça pourrait aller mieux demain.

C’est ça qui me motive quand je travaille à la transformation numérique des industries culturelles — en particulier dans le monde du livre.

C’est ce qui motive mon engagement avec le Parti Québécois.

C’est ce qui m’amène à manger un sandwich devant l’Assemblée nationale chaque vendredi — dans une démarche citoyenne non partisane.

Et c’est aussi ce qui m’amène à apposer depuis quelques semaines de petits autocollants sur tous les dollars qui passent dans mes poches.

Il s’agit de quatre formes d’engagements variées — en nature et en intensité — qui sont pour moi tout à fait complémentaires et dont chacun a son importance.

Parce que je pense qu’on augmente nos chances de rester optimiste quand on diversifie la forme de ses engagements — et quand ils nous amènent à côtoyer des gens variés, qui ont des points de vue différents sur les défis auxquels notre société est confrontée.

***

C’est aussi dans cet état d’esprit que je vais participer en fin de semaine au Conseil national du Parti Québécois, qui se tient à Québec.

C’est ce qui va guider le regard que je vais poser sur la proposition principale (l’embryon du prochain programme) qui nous sera présentée à cette occasion.

C’est ce qui me fait souhaiter que le Parti Québécois:

  • adopte une attitude et un discours de plus en plus positifs;
  • manifeste une opinion favorable pour l’innovation, sous toutes ses formes;
  • et qu’il choisisse bien les batailles qu’il entend mener.

On s’en reparle en fin de semaine…

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Photo: une oeuvre de Geneviève De Celles.

L’optimisme, par choix

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S’il y a un passage qui m’a particulièrement marqué dans le remarquable discours que Barack Obama a prononcé hier soir, c’est celui-ci:

«I leave this stage tonight even more optimistic about this country than I was when we started. (…) This generation coming up — unselfish, altruistic, creative, patriotic — I’ve seen you in every corner of the country. You believe in a fair, just, inclusive America; you know that constant change has been America’s hallmark, something not to fear but to embrace, and you are willing to carry this hard work of democracy forward. You’ll soon outnumber any of us, and I believe as a result that the future is in good hands.»

Dans le contexte actuel, je pense qu’on peut dire sans risque de se tromper que l’optimisme dont il témoigne est un choix — beaucoup plus qu’un constat objectif. Obama a choisi d’être optimiste.

Il a choisi de faire dorénavant porter ses espoirs sur la génération suivante, de l’encourager et d’inviter ses concitoyens à faire de même. Il lance dans ce discours un appel pour aider, accompagner, et soutenir la jeunesse dans les prochaines années.

Il nous dit que notre devoir le plus essentiel sera dorénavant de leur ouvrir la voie. Parce que la tâche est colossale et qu’elle demandera du temps et des façons de voir radicalement différentes.

Il va falloir pour ça que nous choisissions, nous aussi, l’optimisme. Il va falloir que nous consacrions plus de temps à encourager des initiatives positives qu’à dénoncer ce qui va moins bien ou carrément mal. Partout, et peut-être encore plus sur les réseaux sociaux.

Parce que s’indigner en cliquant sur le l’émoji «en colère», ou en cliquant simplement sur «partager», ça ne fait pas beaucoup avancer les choses. Ça contribue même, au contraire, à alimenter une ambiance de plus en plus déprimante.

Pour cette raison, je pense que chaque fois que nous aurons le réflexe de partager une réaction sur une décision absurde de Donald Trump ou au sujet de son plus récent tweet excessif, nous devrions plutôt partager un lien vers un texte qui témoigne d’une initiative positive pour la société. 

De cette façon, nous contribuerons à faire mieux connaître des projets qui (re)donnent espoir dans l’avenir et nous encouragerons, concrètement, celles et ceux qui travaillent à les rendre possibles, le plus souvent dans l’ombre. C’est important, parce que l’activisme sur les réseaux sociaux c’est bien, mais c’est insuffisant pour faire réellement changer les choses.

Je pense que c’est en replaçant tout ce qui est source de cynisme par autant de sources d’espoir que notre lutte contre la bêtise a le plus de chance d’être efficace.

 

 

Voiture autonome: une opportunité pour le Québec (si…)

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Je m’intéresse de plus en plus aux enjeux associés au développement des voitures autonomes. Enjeux technologiques, bien sûr, enjeux éthiques, aussi — et en particulier à tous les impacts sur l’aménagement des milieux de vie.
L’article que Florence Sara G. Ferraris signe à ce sujet dans Le Devoir d’aujourd’hui est intéressant à plusieurs égards.

Intitulé Une révolution qui pourrait sauver des vies, le texte adopte un ton positif sur la voiture autonome:

«Dans cette logique, retirer l’être humain de derrière le volant pour le remplacer par une technologie de pointe pourrait faire chuter drastiquement le nombre d’accidents répertoriés.»

«…une commercialisation massive des véhicules autonomes pourrait, à terme, faire économiser très gros aux gouvernements du monde entier.»

«Surtout, note-t-il, le programme se perfectionne à mesure qu’on l’utilise. Plus encore, parce qu’il est connecté par Internet aux autres Tesla qui circulent dans le monde, il bénéficie des expériences de conduite des autres.»

C’est toutefois la conclusion du texte qui m’interpelle le plus, parce qu’elle témoigne d’une façon d’aborder les changements technologiques qui est beaucoup trop répandue au Québec: observer, attendre et s’adapter quand il ne sera plus possible de faire autrement.

«Au Québec, des changements majeurs devront encore être apportés au Code de la sécurité routière et à la Loi sur l’assurance automobile avant que des véhicules autonomes puissent circuler sur nos routes. Interrogée sur la question, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) précise toutefois qu’aucun changement n’est prévu dans un avenir rapproché. « Nous sommes vigilants, assure le porte-parole de la SAAQ Mario Vaillancourt, mais rien ne nous indique, pour le moment, que des modifications, seront, ou devront, être apportées rapidement. »»

Il faut rapidement changer cet état d’esprit: être vigilant, ça veut aussi dire de porter attention aux opportunités qui accompagnent le développement d’une nouvelle technologie. On doit apprendre à voir l’évolution des technologies d’abord et avant tout comme des opportunités; plus que comme des menaces.

Dans le cas des véhicules autonomes, par exemple, il me semble qu’on devrait faire du Québec un lieu privilégié d’expérimentation. On devrait accueillir à bras ouverts les fabricants — pour qui l’hiver représente un défi évident. Un défi qu’il faudra bien qu’ils relèvent si nous souhaitons pouvoir, nous aussi, profiter pleinement des véhicules autonomes.

On pourrait évidemment mettre en place des incitatifs financiers, comme on l’a fait avec plusieurs autres industries dans le passé. Mais on pourrait surtout créer un environnement politique, législatif et réglementaire particulièrement favorable.

  • On pourrait donner accès aux voies réservées aux véhicules autonomes;
  • On pourrait annoncer notre intention de rendre les moyens de transports collectifs autonomes sur une période de dix ou quinze ans;
  • On pourrait équiper le mobilier urbain de tous les équipements utiles pour que les véhicules se coordonnent plus efficacement entre eux — et avec la réalité urbaine;
  • On pourrait s’engager à ce que toute nouvelle infrastructure routière soit spécialement conçue de manière à favoriser le passage des véhicules autonomes;
  • On pourrait rassembler des conditions particulièrement attirantes pour les entrepreneurs de cette nouvelle ruée vers l’or;
  • etc.

Il faut que le Québec fasse rapidement la démonstration qu’il est non seulement ouvert aux véhicules autonomes, mais qu’il est intéressé à jouer un rôle de premier plan dans leur développement — en particulier pour ce qui concerne les conditions hivernales.

Il faut évidemment aussi, en parallèle, trouver des moyens pour que l’automatisation n’ait pas pour effet d’ajouter encore des véhicules sur les routes.

Il faudra être ingénieux pour explorer les possibilités de partage des véhicules autonomes, de manière à optimiser l’utilisation des automobiles — qui restent très polluantes (même quand elles sont électriques) et très coûteuses. C’est d’ailleurs la principale source d’appauvrissement de la population en Amérique du Nord, comme nous le rappelle fréquemment, avec raison, Alexandre Taillefer.

C’est un des défis importants auquel nous aurons à faire face dans les prochaines années

Si on ne joue pas un rôle actif dans le processus d’innovation, il ne faudra pas se surprendre que les technologies soient ultimement conçues en fonction des réalités et des intérêts des autres…

Je pense qu’on peut faire mieux. Qu’on doit faire mieux.

En complément: un texte précédent, en écho à une entrevue avec Michel Dallaire, dans laquelle il est abondamment question de voiture autonome: Ville, technologie, démocratie.

Les blogues comme des bouteilles à la mer

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Ce matin, Jean Provencher reprend sur son blogue un texte publié sur le site de Radio-Canada. On y apprend qu’une bouteille lancée à la mer à Terre-Neuve, il y a douze ans, vient d’être retrouvée en Irlande.

L’historien raconte à cette occasion qu’il a lui-même lancé plus de 400 bouteilles à la mer, dans le Saint-Laurent, de 1974 à 1976. Quelques-unes ont déjà été retrouvées, mais aucune de l’autre côté de l’océan. Saint-Pierre-et-Miquelon, c’était quand même bien parti.

Tout ça m’a fait penser qu’écrire un texte sur un blogue c’est aussi un peu jeter une bouteille à la mer. On dépose le texte dans le Web, on signale son existence dans les réseaux sociaux, on le voit flotter quelques jours… avant qu’il ne soit inévitablement submergé par l’invraisemblable quantité d’autres textes, statuts, gazouillis qui se déversent chaque jour sur la plage.

Puis, au moment où on s’y attend le moins, un de ces textes refait parfois surface. Parce que quelqu’un est retombé dessus au hasard d’une recherche sur Google, par exemple.

Parce que ce qui est bien avec les archives des blogues, c’est qu’elles restent accessibles longtemps. En comparaison, publier ses idées seulement sur Facebook, c’est comme tirer ses bouteilles à la mer directement sur les rochers. Aussitôt lancée, aussitôt cassée — perdue à jamais. C’est quasiment impossible que quelqu’un retrouve nos idées, encore plus improbable qu’il les remette en circulation quelques années plus tard.

Je m’émerveille toujours quand je constate que des textes publiés il y a plusieurs années sont toujours consultés sur mon blogue. Ils ne sont plus consultés que quelques fois par années, certes, mais ils plusieurs textes continuent à faire leur chemin: ils flottent. Un commentaire vient parfois même s’ajouter à un texte publié il y a plus de dix ans. C’est, chaque fois, un très grand plaisir — un petit voyage dans le temps.

À d’autres moment, c’est le blogueur lui-même qui retrouve une de ses propres bouteille. En explorant les archives de son propre blogue. Ça m’est arrivé quelques fois dans les dernières semaines — et de façon particulièrement spectaculaire au cours des deux derniers jours.

Joé Bussière, président de Libéo, venait de publier un court texte sur Facebook au sujet de cet article de Wired, dans lequel l’auteur fait l’hypothèse que Mark Zuckerberg, président de Facebook, se préparait à être candidat à l’élection présidentielle aux États-Unis en 2021.

Au cours des échanges qui ont suivi, je me suis fait la réflexion qu’il serait intéressant que Zuck publie un texte dans lequel il expliquerait ce qu’il ferait comme président — et particulièrement quelles sont les motivations l’amèneraient à faire un saut pareil.

Ça m’a ramené à l’esprit que j’avais eu à faire un exercice semblable il y a longtemps, à l’invitation du Conseil supérieur de l’éducation. Une présentation d’une trentaine de minutes sur le thème «Si j’étais ministre de l’Éducation…», si je me souvenais bien.

Recherche dans mes archives: je trouve bel et bien une référence à l’exercice. C’était le 30 mai 2004. Sauf que le lien qui devait me permettre de télécharger la version pdf du texte mon allocution ne fonctionne plus, à ma grande déception. Mais, heureusement, ce lien brisé me permettait tout de même de savoir le nom que portait le fichier à cette époque.

J’ai pris une chance en demandant à deux amis s’il était possible qu’ils aient encore un fichier portant ce nom sur le disque dur de leur ordinateur. Et, miracle!, Mario Asselin avait encore une copie du fichier… 13 ans plus tard. Merci Mario!

J’ai donc pu récupérer la bouteille, retirer le bouchon de liège, extraire le rouleau de texte avec précaution, détacher la petite ficelle, et me relire. Et, franchement, j’ai trouvé que ce n’était pas mal!

Ce sera le sujet d’un prochain texte.


Je fais un clin d’oeil, en terminant, au texte que j’ai publié ici le 28 décembre — et dont l’illustration était, justement… a message in a bottle!

Photo: montage à partir d’une oeuvre de Jackie Bassett.

Idée: Le Devoir en 2017

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Ana m’a suggéré dans les derniers jours de suivre l’exemple de mon cousin, qui a récemment publié sur son blogue des suggestions, simples et concrètes pour améliorer quelque chose (idée 1, idée 2 — d’autres à suivre?).

C’est justement ce que je vais faire ce matin, à la suite de la lecture d’un texte de Serge Truffaut, dans Le Devoir.

Dans ce texte, intitulé Amazon et le jazz, le journaliste décrit l’évolution de la stratégie du super commerçant. Partant de l’étonnante ouverture de magasins avec pignon sur rue (il pourrait y en avoir jusqu’à 250 en Amérique du Nord d’ici cinq ans), il décrit plusieurs effets indirects de cette stratégie — dont le résultat, pour l’amateur de jazz, serait un prix réduit de 6 à 7$ sur plusieurs albums.

Le survol que Serge Truffaut nous présente est très intéressant, mais il m’a parfois laissé sur ma faim — avec l’impression qu’il tourne parfois quelques coins ronds. J’aurais aimé pouvoir approfondir plusieurs aspects en prenant connaissance des articles que le journaliste a pu lire pour préparer son article.

Ce qui m’amène à l’idée, à ma suggestion.

Le Devoir (et les journaux québécois, en général) devraient (enfin!) prendre le tournant du Web, en ajoutant aux articles un lien pointant vers des références complémentaires, notamment celles qui ont été utilisées par les journalistes et chroniqueurs? Quelque chose de simple, comme un petit encadré, systématique, à la fin de chaque article, avec un lien qui pointe vers une liste de documents complémentaires sur le site du Devoir.

Évidemment, la version Web des articles devrait les présenter comme des hyperliens, à même le texte. Même chose dans l’application.

Ça peut paraître simple, voire simpliste… et pourtant!

Non seulement ça ajouterait du contenu au journal, mais ça contribuerait aussi à renforcer la crédibilité des médias… qui en ont bien besoin après cette année 2016 marquée par les erreurs et les fausses nouvelles.

On en parlait déjà en 1997 — et vingt ans plus tard, presque rien n’a changé de ce côté. Les journaux québécois ont leur site Web et leur application, mais ils n’ont pas encore intégré (ou trop timidement) la richesse primordiale du Web: les liens, qui sont au coeur de l’intelligence collective.

Il me semble que ça devrait même être le chantier prioritaire du Devoir dans les prochains mois: devenir le quotidien qui offre la meilleure porte d’entrée sur l’intelligence collective telle qu’elle se manifeste sur le Web québécois… et international.

Clin d’oeil: une lectrice du Devoir, Marie-Claude Delisle, rappelait justement, dans le temps des Fêtes, toute la richesse qui se cache dans les liens entre les textes. Le Devoir s’est même donné la peine d’intégrer des liens dans la version web de son texte, qui s’intitule: Faire des liens en lisant son «Devoir», ça crée du sens. Ça ne s’invente pas!

Mise à jour du 8 janvier 2017: En complément, cette entrevue avec Flaurent Daudens, qui explique Comment le quotidien Le Devoir s’organise pour effectuer son basculement numérique.

Ville, technologie, démocratie

J’ai été fasciné par l’entrevue que Jean-Nicolas Blanchet a réalisée avec Michel Dallaire et que le Journal de Québec a publiée il y a quelques jours. Le président du groupe Cominar y partage certaines des convictions qui guident ses choix comme entrepreneur dans le domaine de l’immobilier: sa vision de l’avenir de la ville.

Le titre de l’article donne déjà le ton: La vie de tout le monde va changer.

Michel Dallaire est notamment convaincu que la circulation va bientôt changer complètement:

«La journée où les autos se conduisent toutes seules, ça roulera plus vite et plus proche. (…) Avez-vous une idée à quel point on augmentera la capacité des autoroutes? (…) Nos voitures vont aller nous porter au travail et retourneront ensuite à la maison.

on en est rendu là. Nous n’aurons plus besoin de stationnements. (…) On s’en va là, c’est la réalité, ça existe et ça s’en vient vite.»

Je partage son enthousiasme pour les automobiles autonomes (même si l’hiver reste un obstacle majeur pour les technologies existantes) et je suis, moi aussi, convaincu que l’organisation des villes va en être bouleversée à très court terme (une génération). Je suis plus perplexe devant l’idée que des véhicules personnels nous déposeront au boulot pour retourner à la maison, mais qu’importe.

Ce qui m’a le plus fasciné en lisant cette entrevue, c’est de constater l’écart qui semble s’être créé entre la vision du plus important promoteur immobilier de Québec (et d’une partie de ses collègues, réunis dans l’Institut de développement urbain du Québec) et celle que nous avons, collectivement, de l’avenir de notre ville (de nos villes).

Est-ce que les élus ont aussi une vision claire de comment évoluera la ville en réaction aux changements technologiques qui se présentent à nous? Quelle est-elle? Comment comptent-ils susciter l’adhésion de la population à cette vision?

Pendant que les promoteurs immobiliers réfléchissent à l’impact des bouleversements technologiques et planifient leurs projets en conséquence, les pouvoirs publics n’assument pas la responsabilité du leadership d’une réflexion collective sur ces questions — pourtant de plus en plus fondamentales. Les médias ne semblent pas pressés non plus de s’engager dans cette voie.

Comment peut-on évoquer la construction d’un troisième lien interrives à Québec, par exemple, sans évoquer l’impact de l’avènement des automobiles autonomes? Surtout quand on sait que plus de temps nous sépare de l’inauguration d’un tel lien (quel qu’il soit), qu’il s’en est passé depuis le début des projets de Tesla (autour de 2010).

Est-ce que les ingénieurs du ministère des Transports qui repensent la circulation à la tête des ponts (entre autres dans la perspective de la construction du projet Le Phare, un projet de Cominar), ont intégré ces technologies à leurs divers scénarios? J’en doute. Bravo si tel est le cas, mais cela ne pourra pas toujours se faire derrière des portes closes, ou dans le cadre de négociation avec des promoteurs immobiliers.

Un débat public s’impose au sujet de la vision de la ville qui nous anime (et qui guidera les investissements publics). Les changements technologiques qui s’en viennent seront sans précédent, tant par leur ampleur que par la vitesse avec laquelle ils s’imposeront à nous. Dans un tel contexte, l’engagement et l’adhésion des citoyens est un impératif démocratique.

Il me semble que Michel Dallaire devrait pouvoir convaincre le maire Labeaume de ça — et exercer ensuite un rôle de leadership dans cette réflexion.

Facebook: de la critique à l’action

J’ai éprouvé un malaise en lisant le texte de Paul Journet dans La Presse de ce matin. Le procès de Facebook que l’éditorialiste souhaite faire me semble manquer de nuances parce qu’il occulte la dynamique qui lient les médias à Facebook.

Je comprends évidemment très bien la frustration de Paul Journet devant cette «machine à profit devenue si obèse et tentaculaire qu’on ignore comment la dompter» (mieux, je la partage!). Mais il est inutile de se moquer des vidéos de chats qu’on y trouve, c’est tout à fait anecdotique. C’est aussi contre-productif de prétendre que Facebook «s’est alliée aux mensonges et à la haine pour faire élire Donald Trump», c’est une affirmation trompeuse.

Facebook est une machine pour laquelle l’argent n’a pas d’odeur. Elle transforme tout simplement nos statuts, les partages qu’on en fait, nos commentaires et tous nos clics en argent sonnant et trébuchant — en vendant notre attention (de la publicité) et nos données personnelles (à toutes sortes d’entreprises).

Chaque fois qu’on clique sur «j’aime» on aide Facebook à nous connaître un peu mieux et on fait cadeau à la machine d’une foule d’informations qu’elle pourra revendre à notre insu (et pas toujours dans notre intérêt).

C’est pour ça que Facebook nous présente seulement des contenus qui sont susceptibles de nous intéresser — mieux de nous faire cliquer, encore et toujours. C’est pour ça que les fake news sont de l’or en barre pour Facebook: on clique pour voir si c’est vrai, on clique pour dire qu’on aime, ou pas, on commente pour dire que ça n’a pas d’allure… et pendant tout ce temps, Facebook s’enrichit.

Alors que si l’algorithme nous dirigeait vers des textes nuancés, qui demandent de longues minutes à lire et qui ne soulèvent pas autant de passion… eh ben, ce serait beaucoup moins payant… en clics, en commentaires… et donc en argent! Il n’y a pas de grand complot, c’est simple comme ça. Facebook fait son argent en nous faisant réagir, pas en nous rendant intelligents.

Paul Journet a certes raison de s’offusquer en constatant  que «le capitalisme techno [de Facebook] pille les médias traditionnels (…) les saigne puis les noie, en redonnant des miettes à la société.» Sauf que je trouve que les médias traditionnels ne sont pas des victimes innocentes de ce pillage, ils en sont aussi responsables quand ils choisissent d’appuyer une partie de leur modèle d’affaires sur celui de Facebook.

N’y a-t-il pas des boutons «partager sur Facebook» à côté de tous les articles de La Presse? Bien sûr, parce que sans Facebook pour ramener des lecteurs, La Presse n’aurait pas autant de revenus publicitaires. Est-ce que le parcours des lecteurs de La Presse+ (et même du site de La Presse) n’est pas analysé en détail, afin de guider la production éditoriale, comme le fait Facebook avec son algorithme? Est-ce que le choix de la gratuité pour La Presse+ n’est pas motivé par le même type de raisonnement que celui qui inspire Mark Zuckerberg avec son modèle Free Basics?

Je ne dis pas que tout cela est mal, je dis seulement qu’il faut en être conscient et que Paul Journet aurait dû en tenir compte.

Pour toutes ces raisons, je trouve que la conclusion de l’éditorial est malheureusement incomplète:

«Certes, le réseau social a de nombreux aspects positifs. Mais plus il se transforme en monopole, plus ces avantages s’effritent. Il n’est pas obligatoire de cliquer sur « j’aime ».»

Je pense qu’il est nécessaire de préciser que les médias doivent aussi interroger leur dépendance à Facebook. Il aurait peut-être même été utile d’ajouter, à l’intention des éditeurs de La Presse, qu’il n’est pas obligatoire, non plus, d’ajouter des boutons «partager sur Facebook» partout dans un média, surtout si on souhaite contribuer à dompter la machine Facebook.

Critiquer Facebook n’est pas suffisant, il faut surtout agir, lentement mais sûrement, en participant, par exemple, au développement d’espaces alternatifs pour accueillir des conversations de qualités, auxquels les gens auront envie de consacrer du temps plutôt que de passer de plus en plus de temps sur Facebook. Ou en explorant des modèles alternatifs à la publicité telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Ce n’est pas simple, je sais, mais pour paraphraser Paul Journet, à mesure que Facebook se transforme en monopole, plus ça devient important — voire essentiel pour l’avenir de la démocratie.

Faire confiance aux images?

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La manipulation de l’information est un enjeu de plus en plus important pour la démocratie. Ce n’est pas banal quand on se met à parler fréquemment d’ère post-factuelle et de l’apparition des démocratures. On n’est pas sorti du bois: c’est le moins que l’on puisse dire!

Comment réagirons-nous quand nous ne pourrons plus croire aucune photo ni aucune vidéo? Parce que la fin de la prétendue objectivité de l’image est sur le point de sonner — elle qui ne tenait, au fond, qu’à la difficulté de modifier des images sans que cela soit évident.

Dans le texte L’avenir de la désinformation, Hubert Guillaud illustre très bien à quel point il est devenu facile de créer l’illusion du vrai. Ce n’est pas encore parfait, mais ce n’est qu’une question de temps… de très peu de temps.

Prenez Smile Vector, un robot qui transforme automatiquement des photos pour rendre les gens souriants (et pourquoi pas d’autres changements?).

Et Face2Face, qui permet de modifier l’expression faciale de quelqu’un dans une vidéo, en temps réel — pour lui faire dire autre chose, par exemple.

Tout ça pose des défis inédits pour l’esprit critique. Cela soulève évidemment aussi des enjeux éducatifs essentiels — auxquels l’école n’est vraisemblablement pas adéquatement préparée.

Et il faut réaliser à quel point ce sont des bouleversements rapides!

Ces technologies de modifications d’image, qui s’appuient sur le développement de l’intelligence artificielle, ont déjà commencé à faire discrètement leur apparition dans les iPod, iPad et iPhone que les enfants utilisent.

C’est comme ça qu’il faut voir les filtres que SnapChat a popularisés, qui permettent d’ajouter automatiquement des chapeaux fantaisistes ou d’autres masques à des selfies: ce sont de puissants outils de modification d’images et de vidéos en temps réel. Dans ce cas, ils n’ont pas pour objectif de tromper, mais ce n’est pas parce qu’ils ne seraient pas en mesure de le faire.

Je pense que ce serait d’ailleurs un très bon point de départ pour sensibiliser les enfants (et les adultes!) à l’importance de l’esprit critique, et à ses nouvelles exigences, notamment à l’égard des images (même de celles que des amis nous envoient… voire celles que nous prenons nous-mêmes!).

Une réflexion à mettre en parallèle avec celle de Bruno Devauchelle, que j’évoquais hier: Quand la photo arrête le temps…

Je pense que je devrais proposer à l’École branchée un texte un peu plus concret sur tout ça…

Mise à jour: pour plonger encore plus loin dans l’inconfort / la perplexité, il faut poursuivre la lecture avec cet autre texte d’Hubert Guillaud: L’ère des images invisibles.

« Nous ne regardons plus les images : les images nous regardent. Elles ne représentent plus simplement des choses, mais interviennent activement dans la vie quotidienne. »

C’était en janvier 2007

Dans la démarche que j’ai évoquée hier pour redonner de l’importance aux blogues dans mon univers intellectuel, j’ai décidé ce matin de revisiter les archives de mon propre blogue… il y a dix ans: janvier 2007.

C’est une période où je vivais en France. J’avais l’impression de ne pas avoir écrit beaucoup à cette période et, pourtant, j’y ai trouvé sept textes.

Après un premier survol, un constat s’impose: la très large majorité de liens vers les textes auxquels je faisais référence sont périmés… nième illustration des défis de la pérennité sur le Web. J’arrive à retrouver certains textes, mais pas tous.

Cela dit, je retiens particulièrement:

La définition du racisme de l’Abbé Pierre — et les commentaires au bas du texte, qui démontrent bien que le Québec patauge dans les questions identitaires depuis bien trop longtemps, faute de leadership (et très amusant de constater que l’auteur du premier commentaire vient justement souper à la maison ce soir!).

Le récit émerveillé de ma première expérience comme formateur, à distance, sur une plateforme collaborative. J’avais complètement oublié ça et hop! je me suis revu, assis sur le lit d’un petit hôtel de Londres en conversation avec des gens de partout au Québec, réunis par l’APOP. Ça vaut la peine de le lire pour voir le chemin que nous avons parcouru depuis ce temps… (et SVI qui continue à développer sa plateforme: bravo!).

Mon retour sur 2006 et prédictions 2007, écrit pour le Lien Multimédia. Ce n’était pas trop mal comme analyse, je trouve… même si dix ans plus tard, bien des choses restent encore à concrétiser, autour du concept de cité éducative, et de ça, par exemple:

«J’aimerais beaucoup voir se développer au Québec un mouvement politique qui appuie son discours et ses méthodes sur la possibilité d’engager plus étroitement qu’auparavant les citoyens dans la vie politique et ce, non pas seulement au moment des élections, mais au quotidien. Et pas seulement pour consulter quand ça lui convient ou pour mobiliser après avoir pris une décision, mais dans un véritable processus démocratique.»

Et je retiens surtout ce court billet intitulé Parole, blog, cité, légitimité…, qui redirige vers un texte de Bruno Devauchelle, dont j’ai (heureusement!) pu retrouver le lien. C’est un texte qui rejoint remarquablement mes préoccupations actuelles — et dont l’écho, dix ans plus tard, lui donne un effet encore plus saisissant.

«Non ce n’est pas possible. Aurai-je déserté le web ? N’arriverai-je plus à trouver le chemin de l’écriture et du partage sur le web ? (…) il me faut revenir sur la tenue de ce blog et les questionnements qu’il soulève pour son auteur.»

«Ainsi je me laisse à penser que les blogs sont avant tout de formidables miroirs à devenir pour leurs auteurs.

«Non, décidément, écrire n’est pas un engagement sérieux. C’est un engagement intéressé (…) Si je prends droit à participer à la vie de la cité, c’est que j’y ai un intérêt qui vaut surement autant que celui des autres.»

Le commentaire au bas du texte mérite aussi qu’on s’y attarde. Extrait:

«Je ne sais où est la légitimité mais c’est une bonne réflexion car il est clair que le passage de l’autorité à la popularité et de la pertinence à l’influence s’établit au sein de la blogosphère.»

Cette relecture de mes archives m’a fait réaliser que j’avais perdu de vue Bruno depuis longtemps. Pourquoi? Je ne sais pas trop, sans doute essentiellement les aléas de l’attention.

Je retrouve son blogue  avec un immense plaisir. Ses textes sont toujours aussi riches (plus de 500 textes, depuis janvier 2005). Celui-ci, par exemple, sur l’importance croissante de l’image dans la culture, l’impact de cela sur notre rapport au temps — et ce que ça implique d’un point de vue éducatif.

Et hop! — un blogueur retrouvé! Ça me confirme l’intérêt de poursuivre l’exploration de mes archives dans les prochaines semaines.

AJOUT — Ça peut paraître incroyable… mais je réalise qu’en janvier 2007, le cousin CFD avait écrit 45 courts textes (!) sur son blogue. On y retrouve l’expression ce cher Clément, du vin gaspillé, la cible de prix pour les actions d’Apple était à 120$, Carl y allait de ses prédiction pour le MacWorld… et une fois le Keynote terminé se disait soufflé (c’était l’annonce du iPhone! — que Rogers annonçait pour bientôt). Il dénonçait aussi la censure des Têtes à claque dans certaines écoles — et on apprenait aussi cinq choses étonnante sur le CFD. On planifiait aussi une première rencontre des blogueurs de Québec. Bien d’autres choses aussi, que je vous laisse le soin de découvrir!

 

 

Bilan écriture 2016

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J’ai écrit l’an dernier que je souhaitais écrire plus en 2016 que je ne l’avais fait en 2015 — en dehors de mes obligations professionnelles, évidemment. Est-ce que ça a bien été le cas? Voyons voir.

  • J’ai écrit 111 textes sur mon blogue (83 en 2015).
  • J’ai pris des notes dans mon journal personnel 327 jours dans l’année (250 en 2015).
  • J’ai écrit au cours de cette période 594 notes dans mon journal (335 en 2015) — pour un total de presque 88000 mots (76000 en 2015).

J’ai aussi été beaucoup plus actif sur Facebook — où j’ai encore l’impression (après 10 ans!) de devoir continuellement chercher le bon équilibre entre la puissance de diffusion et le temps consacré à cet environnement terriblement prédateur d’attention. J’ai toutefois été presque absent de Twitter. Je ne sais pas trop pourquoi. Pourtant, je pense que je devrais y reconsacrer un peu plus de temps.

Je formule à nouveau l’objectif d’écrire plus en 2017 — et encore plus spontanément — qu’importe le sujet ou la longueur des textes: l’important c’est d’écrire. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux et celles qui réussissent à écrire tous les jours sur leur blogue, comme Jean Provencher, et Larry Hodgson, par exemple. Ne serait-ce que des textes parfois très courts.

Je réitère cet objectif parce que je sais que plus j’écris, mieux je me sens et plus j’ai l’impression d’avoir les idées claires. Ce qui ne sera certainement pas un luxe dans les prochains mois.

Je formule aussi le souhait que d’autres personnes (re)trouvent l’envie d’écrire un peu plus. Et pourquoi pas que l’année soit marquée par un retour en force des blogues? — ces lieux d’écriture tellement plus libres et plus durables que ne le sont les réseaux sociaux (Facebook étant particulièrement déplorable à cet égard).

Je pense même que je vais, pour encourager un peu le mouvement en ce sens, faire le plus souvent possible des commentaires ou partager des réflexions au bas de textes de blogues plutôt que sur Facebook ou sur d’autres espaces plus éphémères.

J’aimerais aussi de rebâtir quelques dialogues avec d’autres blogueurs, en s’interpellant d’un texte à l’autre, comme on le faisait si bien avant l’arrivée de Facebook.

Provincialisme

Ça part d’une bonne nouvelle: le gouvernement du Québec annonce qu’il consacrera un peu plus d’argent pour équiper les régions les plus éloignées d’un accès à Internet à plus haute vitesse.

Sauf que plusieurs choses qui entourent cette annonce me fatiguent un peu.

Selon le communiqué qui annonce le lancement du programme Québec branché:

  • la période de dépôt des projets s’échelonnera jusqu’au 13 mars 2017.
  • Le financement des projets se fera en complémentarité avec le nouveau programme du gouvernement fédéral, intitulé Brancher pour innover [et que| les deux ordres de gouvernement ont travaillé de concert pour arrimer leurs critères et leurs formulaires de demande d’aide financière.

On découvre toutefois sur le site Web du ministère que:

  • les documents ne sont pas prêts (il faut s’inscrire pour être informé de leur publication) — pourquoi donc annoncer aujourd’hui?

mais surtout que:

  • «votre demande de financement au programme Québec branché doit être déposée auprès du gouvernement fédéral, à moins que celle-ci ne soit adressée qu’au gouvernement provincial.»

Alors non seulement le retour en force du terme provincial — observé depuis quelques semaines dans les communications gouvernementales — semble vouloir se confirmer, mais en plus le ministère de l’Économie, Science et innovation semble maintenant prêt à déléguer la gestion de ses programmes au gouvernement fédéral. Misère…

Je terminerai décidément l’année en soupirant.